Nouvelles révélations sur les crimes au sein de la famille Barella
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Comment cela a-t-il pu arriver ? Liana, 11 ans, a été retrouvée morte en début de mois. Jérôme Barrella, le principal suspect, avait déjà été accusé de viol sur mineurs sans jamais avoir été inquiété. Et aujourd'hui, les premières enquêtes révèlent que son frère et son père sont également mis en cause dans d'autres affaires de pédocriminalité ou de violence. Attention, le sujet aujourd'hui n'est évidemment pas d'innocenté de tels actes, c'est à la justice de le faire ou non, mais on va analyser aujourd'hui factuellement ce qu'il s'est passé et comment de telles violences peuvent se reproduire aujourd'hui, presque impunément, en France. Salut, c'est Samy, j'espère que vous allez bien.
C'est le sujet à la une de ce format d'actu du jour, disponible sur YouTube et en podcast audio sur toutes les plateformes. Alors, on va pas revenir en détail sur toute l'affaire autour de la mort de Liana, mais pour rappel, rapidement, Jérôme Barrella était déjà visé par de multiples accusations de viol sur mineurs qui auraient déjà dû avertir la justice bien avant la disparition de Liana. Pourtant, Jérôme Barrella n'avait jamais été mis en examen avant la disparition de la jeune fille, ce qui a donc lancé de nombreuses polémiques autour de potentiels dysfonctionnements de la justice. On a déjà eu l'occasion d'en parler dans ce format, le lien est en description.
Et ce qu'on a appris ces derniers jours, c'est que Yannick Barrella, son frère, a aussi été mis en examen mercredi dernier. Deux de ses anciennes compagnes, dont l'une était âgée de 17 ans au début de leur relation, l'accusent de viols conjugaux. Mais ce n'est pas tout, Joël Barrella, leur père, âgé de 71 ans, est lui accusé par deux de ses petites filles par alliance d'agression sexuelle et viol qu'elles disent avoir subies alors qu'elles étaient mineures. L'une des plaintes a bénéficié d'un non-lieu, l'autre d'un classement sans suite, mais a été rouverte depuis les révélations. Juridiquement, un classement sans suite ou un non-lieu ne sont pas des certificats d'innocence.
Cela signifie que la justice a estimé qu'il n'y avait à ce moment-là pas suffisamment de preuves pour caractériser les crimes. Pour l'heure, les trois hommes sont donc présumés innocents, mais leurs antécédents judiciaires interrogent sur un contexte familial déjà marqué par plusieurs accusations de violence. Aujourd'hui, de très nombreux psychiatres et études montrent justement qu'il est fréquent que les violences sexuelles soient reproduites de génération en génération au sein d'une même famille.
Lorsqu'une personne est exposée, notamment durant l'enfance, à des violences ou y assistent, cela peut affecter la construction de ses repères et contribuer chez certains à une banalisation des actes avec justement des représentations distordues de ce qui est acceptable ou non. Maintenant, attention, à ce stade, on ne sait pas si Jérôme Barrella, son frère ou même leur père ont eux-mêmes été victimes ou témoins de violences sexuelles dans leur jeunesse. Rien ne permet non plus aujourd'hui d'affirmer l'existence d'un schéma incestueux au sein de la famille et on ne va pas inventer des causes psychologiques qu'on ne connaît pas.
Et là encore, il ne s'agit en aucun cas de justifier les actes qui leur sont reprochés. Mais indépendamment de cette affaire précise, les travaux des chercheurs montrent en fait plus largement qu'il s'agit d'un sujet bien plus large qui touche la société. En France, la CIVIS, la Commission Indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants, chiffre à 160 000 le nombre d'enfants victimes chaque année de viols ou d'agressions sexuelles. Pour qu'on se rende bien compte, l'ONU souligne qu'en France, toutes les 3 minutes, un enfant est victime d'inceste, de viols ou d'agressions sexuelles.
Dans ce contexte, la CIVIS, qui s'est appuyée sur près de 30 000 témoignages, avait il y a 2 ans et demi fourni 82 mesures au gouvernement pour par exemple mieux repérer les enfants victimes ou encore améliorer le traitement judiciaire dans ces situations. Et résultat, au milieu de l'affaire Liana, la CIVIS souligne que sur les 82 recommandations, 62 sont aujourd'hui mises en place ou en train de l'être. Mais dans le détail, 23 mesures seulement sont pleinement effectives. La CIVIS alerte notamment sur le fait que seules 3 des 17 mesures, jugées prioritaires dans le rapport, sont pleinement mises en œuvre.
Elle souligne aussi que les efforts de l'État ont surtout porté sur ce qui touche au repérage et à la prévention, et qu'il existe toujours un décalage entre les enjeux de protection de l'enfant et la réponse judiciaire. Elle affirme, je cite, qu'à peine 3% des viols et agressions sexuelles commis chaque année sur des enfants aboutissent à une condamnation, un chiffre qui tombe à 1% dans les cas d'inceste. C'est pourquoi la Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants appelle aujourd'hui, je cite, à passer à la vitesse supérieure, avec notamment la mise en place de plus de moyens dans le secteur.
Maintenant, est-ce que l'application de ces mesures aurait pu empêcher la disparition de Liana ? Difficile à dire, mais cela peut au moins en partie expliquer certains dysfonctionnements qui devront davantage être mis en lumière dans les prochains jours. En tout cas, si jamais vous êtes victime ou que vous soupçonnez des cas de violences sexuelles, vous pouvez appeler le 119, c'est le numéro national d'appel d'urgence, qui est gratuit et confidentiel, et qui permet de demander conseil 24h sur 24 et 7 jours sur 7. De l'autre côté, on continuera évidemment de suivre tout ça et de parler de tous ces enjeux. Je vous laisse avec Alban pour le reste de l'actualité importante du jour.
Merci Samy, et bonjour à toutes et à tous. On commence avec un point sur la situation au Moyen-Orient. Pour la première fois depuis deux mois, des navires iraniens ont réussi à franchir le détroit d'Hormuz, un passage maritime stratégique pour le commerce mondial. En fait, ce détroit était bloqué depuis le début de la guerre entre l'Iran et les Etats-Unis. L'Iran avait décidé de le verrouiller complètement, et en réponse, les Etats-Unis avaient mis en place un blocus visant les navires iraniens dans une partie du détroit. Mais ce mercredi, trois bateaux iraniens, transportant 4,8 millions de barils de pétrole brut, ont franchi le blocus américain.
En Iran, les médias ont également confirmé une reprise du trafic des pétroliers iraniens. Alors attention, le détroit n'est pas encore entièrement ouvert. Seuls les navires iraniens réussissent à transiter pour le moment. La levée progressive du blocus dans le détroit fait suite à l'accord qui a été conclu ce dimanche entre les Etats-Unis et l'Iran. L'une des conditions de cette entente était justement la réouverture du passage. Donald Trump a assuré que le détroit d'Hormuz serait, je cite, complètement ouvert dès que l'accord sera signé ce vendredi. On vous tiendra évidemment informés de l'évolution de la situation.
Deuxième actu, trois associations dénoncent la multiplication des amendes discriminatoires visant les jeunes noirs et arabes en France. Dans un rapport publié ce mercredi, Human Rights Watch, Reclaim et la maison communautaire pour un développement solidaire, pointent du doigt ce qu'elles considèrent comme une pratique policière en augmentation. Elles dénoncent des contraventions infligées injustement et de manière répétée à de jeunes hommes noirs et arabes présents dans l'espace public. Pour réaliser cette enquête, les associations ont recueilli les témoignages de jeunes, de parents et d'éducateurs à Paris, Lyon et Grenoble.
Selon elles, ces amendes abusives concernent principalement trois infractions, le tapage, donc le bruit, le dépôt de déchets sur la voie publique et le déversement de liquides insalubres comme des crachats. Les associations alertent aussi sur les conséquences financières. Les amendes peuvent aller de 135 à 375 euros et s'accumuler rapidement. Le rapport évoque des situations de surendettement et de pauvreté. Certaines personnes interrogées affirment avoir fermé leurs comptes bancaires, quitté leur emploi ou travaillé illégalement pour éviter les saisies liées à leurs dettes.
Les associations soulignent également des conséquences psychologiques pour les personnes concernées mais aussi pour leurs familles. Les trois organisations demandent la suppression des trois infractions que je vous ai citées juste avant et l'annulation des amendes impayées liées à ces motifs. Sollicité par les associations début juin, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, conteste les conclusions de leur étude. Troisième actue, les ministres et les employés des ministères devront faire des tests antidrogues, annoncés le Premier ministre Sébastien Lecornu dans une note envoyée à ses ministres ce mardi.
Il leur demande d'organiser des dépistages aléatoires et obligatoires sous forme de tests salivaires. Sont concernés les membres des cabinets des ministres, les membres du gouvernement et les personnes occupant des postes à responsabilité au gouvernement. L'objectif est de, je cite, vérifier que les intéressés ne sont pas consommateurs de produits stupéfiants ni de façon ponctuelle ni dans un cadre privé. A noter que ces tests pourront être réalisés avant l'embauche ou auprès de salariés déjà en poste. Sébastien Lecornu a précisé que si des personnes étaient testées positives, plusieurs sanctions pourraient être appliquées.
Elles pourront ne pas être recrutées, être obligées de suivre des soins ou même licenciées. Le Premier ministre espère également étendre ce projet de test antidrogue à d'autres secteurs, par exemple aux employés du bâtiment. Selon les informations du Parisien, des conseillers du Premier ministre ont déjà été testés par surprise ce lundi. Quatrième actu, les épreuves orales du bac pourront être décalées de quelques jours au cas par cas selon les communes à cause de la canicule qui touche la France cette semaine. C'est ce qu'a annoncé le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, ce mardi. Il n'a pas précisé à partir de quelle température un oral peut être décalé.
Alors attention, les examens ne sont pas reportés partout en France. Il y aura seulement des ajustements locaux dans les régions où la chaleur rendrait les conditions d'examen trop difficiles. Les oraux de français et le grand oral doivent commencer ce lundi au moment où un pic de chaleur est attendu. Pour l'instant, seuls les élèves convoqués ce lundi 22 juin sont concernés par ces possibles reports. Si leurs épreuves sont bien reportées, ils seront prévenus d'ici jeudi ou vendredi. Sinon, toujours au sujet des fortes chaleurs, 14 trains de la ligne Paris-Orléans-Limoche-Toulouse seront supprimés ces jeudis et vendredis.
Selon la SNCF, l'objectif est d'éviter des problèmes liés à la climatisation. En effet, certains trains sont anciens et même s'ils sont équipés, des pannes peuvent arriver. Et dans certains wagons, moins bien isolés, la température peut rapidement devenir très élevée. Cinquième actu, toujours lié à la canicule, il faut absolument éviter certains médicaments qui peuvent augmenter les risques pour la santé liés aux fortes chaleurs. C'est ce que rappelle l'Agence nationale de sécurité du médicament. En effet, certaines substances peuvent accentuer la déshydratation, c'est le cas des diurétiques et des laxatifs.
D'autres, comme les antidépresseurs ou les antipsychotiques, peuvent augmenter la température corporelle. Certains anti-inflammatoires, antibiotiques et l'aspirine peuvent aussi perturber le fonctionnement des reins. L'ANSM indique aussi qu'en cas de mal de tête, après une exposition à de fortes chaleurs, il ne faut pas prendre de paracétamol car il pourrait aggraver les symptômes d'un coup de chaleur. L'Agence conseille aussi de conserver certains médicaments dans des endroits plus frais pour éviter qu'ils soient abîmés par la chaleur. Pour ça, on vous invite à vérifier les conditions de conservation indiquées sur les boîtes.
A noter que ces recommandations s'ajoutent aux gestes habituels en cas de fortes chaleurs. Il est important de boire régulièrement, de garder son logement au frais, d'éviter de sortir aux heures les plus chaudes et de limiter les efforts physiques. Et on termine avec cette bonne nouvelle, les émissions de CO2 en 2024 et en 2025 ont baissé plus qu'anticipé en France selon le CITPA. Plus précisément, les émissions de gaz à effet de serre, responsables du changement climatique, ont baissé de 3% en 2024 et de 2,1% en 2025 alors que la dernière estimation envisageait plutôt des baisses de l'ordre de 1,8% et de 1,5%.
Cette baisse s'explique notamment par la production d'électricité largement décarbonée en France, le recul de l'utilisation du charbon, du pétrole et du gaz, donc les énergies fossiles, ainsi que par certains changements dans les transports, le bâtiment et l'industrie. Les révisions statistiques ont aussi permis de mieux mesurer certaines émissions, ce qui a conduit à un bilan plus favorable que les premières estimations. Alors attention, ces bons résultats ne signifient pas que la France est assurée d'atteindre ses objectifs climatiques.
Malgré cette baisse plus forte qu'anticipée, le rythme de réduction des émissions devra encore s'accélérer dans les prochaines années pour respecter les engagements de neutralité carbone à l'horizon 2050.
Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. Merci encore de nous suivre chaque jour sur YouTube et en podcast, mais aussi sur nos réseaux sociaux, que ce soit sur TikTok, Instagram ou encore sur notre format newsletter. Comme d'habitude, n'hésitez pas à vous abonner, prenez soin de vous, prenez soin de vos proches et on vous dit à demain.