Accord États-Unis-Iran: «Il faut mettre la pression sur les pétroliers pour une baisse rapide des prix à la pompe», insiste François Kalfon, eurodéputé PS
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Bonjour François Calfon, bienvenue sur RFI alors que s'ouvre le G7 déviant avec l'annonce d'un protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à plus de trois mois de conflit au Moyen-Orient, que le pétrole coule à flot, s'est bruyamment réjoui le président Trump. Est-ce que vous partagez l'enthousiasme américain François Calfon et est-ce que les Européens, les Français peuvent enfin espérer une baisse des prix à la pompe ?
Il faut commencer par être prudent parce qu'avec M. Trump, les stop and go en matière de crise géopolitique, on s'y est habitué. Maintenant, on voit bien que personne n'a intérêt à la prolongation de ce conflit. Le G7 ouvre tout à l'heure, il voulait finalement une pause pour la Coupe du Monde. Les mid-terms arrivent, donc on voit que M. Trump finalement force la main pour la paix, que les Iraniens sont contents de cette perspective de paix qui apparaît suivant leur première réaction comme une forme de victoire.
Et nous, Français, nous devons souhaiter une stabilisation de la région qui passe par aussi le fait que les armes se taisent au Liban, entre le Hezbollah et Israël, car nous le savons, nous avons un lien particulier avec le Liban et qu'en aucune façon, finalement, la diplomatie de la canonnière n'est une solution politique. Alors sur le plan du pétrole... Oui, c'est un espoir pour nous, oui. C'est un espoir. C'est un espoir qui peut souhaiter que cette guerre sans but, de caprice pour M. Trump, puisse durablement, finalement, affaiblir la stabilité du monde et remettre en cause le pouvoir d'achat des Européens et des Français.
Et parlant du pétrole, les baisses devront être aussi rapides que les hausses l'ont été, a dit ce matin la porte-parole du gouvernement, Maude Bréjean. Vous êtes également sur cette demande vertueuse.
Bien sûr, c'est un vœu, mais vous savez, on sait très bien que les compagnies pétrolières anticipent fortement sur les hausses, même quand elles vendent du pétrole qu'elles ont acheté avant les crises, et elles prennent un temps infini à répercuter les baisses. Donc il va bien falloir, oui, mettre une pression permanente pour que les pétroliers ne soient pas doublement des profiteurs de crise, des profiteurs quand la crise est là et des profiteurs quand la crise, finalement, s'arrête, ce qui est heureux pour tout le monde.
Alors d'une guerre à l'autre, il n'y a, semble-t-il, toujours qu'un pas avec Donald Trump à peine amorcé cette esquisse de paix avec l'Iran. Ça ne sonne pas, en tout cas, à la fin de la guerre commerciale. Le président américain, décollant ce matin des États-Unis, a menacé d'imposer 100% de droits de douane sur les vins et champagnes français si Paris ne supprime pas sa taxe de 3% sur les géants du numérique. Dans ces conditions, François Calfon, est-ce qu'il fallait, comme va le faire le président Macron, dérouler véritablement le tapis rouge à Donald Trump ?
Écoutez, il y a plusieurs questions dans votre question. La première question, c'est est-ce qu'il faut, dans la durée, taxer les GAFAM ? Oui, parce qu'en réalité, il gagne, finalement, en Europe, des super profits. Par exemple, demain, avec l'intelligence artificielle, en détruisant de l'emploi, en pillant nos datas, qui ne sont jamais payées. Et tout simplement, tous ces profits partent aux États-Unis. Nous sommes en train de devenir une colonie numérique américaine. Donc, il est temps de rétablir une certaine forme de péréquation. Je constate, par l'attitude extrêmement agréative de M.
Trump, qu'il se comporte en employé d'Elon Musk, l'Union européenne, la France veut taxer justement les GAFAM. Eh bien, M. Trump, finalement, fronce les sourcils et menace l'Europe, et la France en particulier, de mesures de rétorsion. Donc, bien évidemment que le mouvement de taxation des GAFAM ne se passera pas en une fois. Mais c'est une longue détermination qu'il faut garder. Il faut garder ce cap-là, sans quoi nous dépendrons demain encore plus qu'aujourd'hui de toutes ces grandes entreprises américaines. Et je crois même que la capitalisation boursière, suite aux annonces de M. Musk, montre que l'État américain est maintenant dépendant d'Elon Musk, dépendant des GAFAM.
On le voit par son attitude. Alors, est-ce qu'il fallait recevoir M. Trump en grande pompe ? C'était votre question.
Vous savez, pour faire la guerre, malheureusement, on est deux.
Sur ses droits de loi. Non, mais je vais vous répondre. Et pour faire la paix, qu'elle soit guerrière ou commerciale, il faut être deux également. Donc, il faut bien discuter. Moi, je ne réprouve pas le fait que nous discutions avec M. Trump. De toute façon, on n'a pas le choix. On était dans une relation bilatérale. Et puis, voilà, vous savez, c'est aussi un monstre au pied d'argile. Souvenez-vous de la grande campagne tarifaire. Il devait nous imposer des 40 %, des 30 %. Alors, certes, le deal de la relation américano-européenne n'est pas équilibré. Mais enfin, on est bien loin de ses premières annonces dans le bureau Oval avec le tableau des taxes qu'il voulait nous imposer.
Donc, je pense qu'il faut avoir une main de fer dans un gant de velours et continuer à discuter avec les responsables américains, en l'occurrence, le locataire de la Maison-Blanche.
Et cette brutalité américaine, en tout cas, relance le débat sur la nécessaire souveraineté que le pays doit retrouver. C'est en tout cas ce qu'apprenait Raphaël Glucksmann, le patron de place publique lors de son premier grand meeting de campagne devant 4000 personnes samedi dernier au Bervilliers. Vous y étiez, François Calfon. Il y avait de l'ambiance ?
Absolument. Une ambiance. Et puis, je vais continuer sur le fond, puisque vous parlez de souveraineté, ça fait le lien avec notre agenda précédent. Écoutez, M. Glucksmann, qui représente la gauche démocratique, est aussi l'un des meilleurs combattants de la souveraineté européenne. Il a pointé du doigt les accointances d'un certain nombre de partis populistes, le Rassemblement National, pour ne pas le nommer, qui, au Parlement européen, n'a jamais voté les paquets de sanctions finalement à la Russie et alliés aussi avec les amis de M. Orban au Parlement européen, ont bloqué le plan d'aide à l'Ukraine. C'est ce même M.
Bardella qui souhaitait finalement que le prix Sakharov, qui distingue finalement quelqu'un qui a beaucoup agi pour la paix, soit distribué à M. Musk. Donc, vous voyez bien à quel point le fond et la forme se rejoignent. Oui, il irait beaucoup de monde. Et je trouve que Raphaël Glucksmann allie un agenda social qui sonne agréablement aux oreilles de la gauche, ainsi qu'un agenda de souveraineté sur lequel nous venons d'échanger, qui est tout à fait crucial.
Et vous venez d'évoquer l'extrême droite, le Rassemblement National. En quoi Raphaël Glucksmann ferait-il un meilleur candidat que Jean-Luc Mélenchon pour barrer la route aujourd'hui à l'extrême droite ?
Le problème, c'est que Mélenchon a déclenché, si j'ose dire, un front républicain contre lui. Et qu'embrassant ou voguant sur les méandres du populisme, lui-même a créé une surréaction contre lui. Tous les sondages le disent. M. Mélenchon est le moins bon candidat face à l'extrême droite au second tour. Il aurait comme ça un maximum 30% des voix, alors que les autres candidats, dont M. Glucksmann, ont une capacité de rayonnement, de rassemblement de la gauche et au-delà. Il faudra aussi qu'au-delà nous puissions rassembler, qui est plus importante.
C'est tout l'enjeu de ce premier rassemblement. Comment on rassemble quand il y a déjà 14 candidats à gauche pour faire concurrence à Jean-Luc Mélenchon ?
En ce qui concerne les candidats issus du Parti socialiste ou du Parti socialiste, j'ai rassuré tout de suite nos auditeurs, il n'y aura à l'arrivée qu'un seul candidat socialiste ou social-démocrate. On parle de Bernard Cazeneuve, on parle de François Hollande, de Jérôme Guedj ou de Karim Bouhamad. Aucun d'eux ne sera candidat si Raphaël Glucksmann devait être retenu par le Parti socialiste. On en a supprimé quelques-uns pour vous répondre. Et puis nous souhaitons, avec Yannick Jadot, d'autres, que le processus de convergence à gauche puisse dépasser le simple cadre de la famille socialiste et social-démocrate et s'élargir, pourquoi pas, des écologistes.
J'ai entendu un Raphaël Glucksmann extrêmement offensif sur le sujet de la décarbonation.
Voilà, et les écologistes très courtisés. à la fois par Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann. Merci François Calfon. Bonne journée.
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François Kalfon