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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 6 octobre 2024 15 min

Guerre au Proche-Orient, budget... Le "8h30 franceinfo" de Jean-René Cazeneuve

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Jean-René Cazeneuve

Bonjour Jean-René Cazeneuve. On sent que c'est plutôt l'apaisement ce matin entre Israël et la France après les mots quand même assez durs de Benyamin Netanyahou hier soir Emmanuel Macron rabroué en clair par le premier ministre israélien après qu'il a dit qu'il fallait envisager de cesser les livraisons d'armes pour faire la guerre à Gaza. Quand même Jean-René Cazeneuve cette proposition à deux jours des commémorations du 7 octobre, est-ce que c'était vraiment une bonne idée ?

Il ne faut pas se méprendre sur le fond du président de la république vous savez, nous avons réaffirmé depuis sa création notre soutien indéfectible à l'état d'Israël Israël a été attaqué d'abord par le Hamas, puis par le Hezbollah, puis par l'Iran, et évidemment le droit d'Israël de se défendre est reconnu par tout le monde il y a trop de pays, trop de gens aujourd'hui qui veulent ni plus ni moins que la destruction de l'état d'Israël n'est pas compris. Donc la réaction d'Israël est parfaitement compréhensible.

Maintenant, il faut trouver une solution diplomatique il faut arriver quand même un jour ou l'autre à un cessez-le-feu il faut arriver quand même un jour ou l'autre à se parler et à remettre sur la table cette solution de deux états.

1:22
Présentateur

Mais la France était relativement neutre honnêtement, il ne faut pas minimiser ça ressemble à un revirement assez radical la position d'Emmanuel Macron hier et jamais, il n'avait dit et aucun pays occidentaux n'avait dit on arrête de livrer des armes.

1:35
Jean-René Cazeneuve

Je crois que ce que veut dire aussi le président de la République c'est qu'Israël a le droit de se défendre mais évidemment la violence de la réponse d'Israël aujourd'hui crée encore plus d'animosité crée des générations aujourd'hui de palestiniens qui lutteront demain ou après-demain contre Israël donc il faut sortir de cette spirale infernale donc voilà comment on en sort et c'est malgré tout c'est quand même important demain c'est le 7 octobre la position d'Emmanuel Macron elle peut être quand même comprise par certains comme il faut arrêter de livrer des armes à Israël et donc en Israël elle peut être comprise comme on ne va plus pouvoir se défendre vous entendez que ça puisse choquer mais on n'a jamais remis en cause le droit d'Israël à se défendre contre si on ne livre plus d'armes

2:18
Présentateur

c'est quand même une façon

2:18
Jean-René Cazeneuve

oui mais il faut ce que dit le président république c'est qu'il faut à terme trouver une solution diplomatique il faut arriver à un cessez-le-feu on ne peut pas continuer comme ça indéfiniment et les Israéliens le savent donc il faut trouver une issue politique à ce conflit à ce conflit militaire

2:35
Présentateur

est-ce que le président s'est concerté avec ses alliés avant de faire ses déclarations un Joe Biden qui est en pleine campagne enfin c'est quand même à la haris mais enfin à un mois du scrutin

2:43
Jean-René Cazeneuve

je ne sais pas je ne peux pas vous répondre mais la France ne livre pas d'armes à Israël donc c'est vrai que la déclaration du président de la république ne nous concerne pas c'est un message qu'il envoie aux Américains je crois que les Américains aujourd'hui en pleine campagne je ne les vois pas je ne les vois pas décider d'arrêter de soutenir leurs alliés israéliens donc je pense que c'est un vœu qui a peu de chances d'être suivi d'actions concrètes

3:10
Présentateur

et en même temps ce matin l'ambassadeur d'Israël en France Joshua Zarka qui était ici même confirme une offensive israélienne imminente à titre dissuasif contre l'Iran c'est normal imaginez qu'un pays donc on dit plus d'armes pour vous mais c'est normal je crois que ça n'est pas

3:28
Jean-René Cazeneuve

la même échéance c'est à dire que une fois de plus personne en France n'a remis en question le droit d'Israël de se défendre ils ont reçu plus de 200 missiles balistiques si vous voulez qui n'étaient absolument pas ciblés qui auraient pu faire de très nombreuses victimes civiles Israël a le droit de se défendre maintenant ils savent aussi les Israéliens savent aussi qu'il faut trouver inutile ne serait-ce que pour faire revenir les otages

3:52
Présentateur

juste d'un mot encore sur le ni site nucléaire ni champ pétrolier que demande Joe Biden aux Israéliens pour l'Iran est-ce que la France est sur la même ligne sur la ligne américaine

4:02
Jean-René Cazeneuve

je ne sais pas et je crois que le poids des uns et des autres sur Netanyahou est assez faible et je crois qu'il a montré qu'il faisait ce qu'il voulait dans le cadre de la sécurité de son pays Jean-René Cazeneuve nous revenons en France la France qui s'apprête à faire un effort budgétaire de 60 milliards d'euros Michel Barnier répète le mot crise financière malgré tout est-ce que la situation est critique au point d'aller vers une telle cure d'austérité oui la situation est grave incontestablement pourquoi elle est grave parce que nous avons traversé un nombre de crises sans commune mesure par rapport aux anciennes périodes nous avons évidemment la crise des gilets jaunes la crise du Covid la crise de l'Ukraine et hélas on a aussi depuis maintenant une bonne année un ralentissement de la croissance en Europe et dans le monde si on avait comme c'était prévu dans la loi de programmation des finances publiques une croissance de 3% de 3,5% on n'aurait pas de problème aujourd'hui mais nous n'avons plus de croissance en tous les cas elle est très faible elle est d'or de 1% donc effectivement après avoir très bien protégé les français mais aussi les entreprises nous devons maîtriser notre dépense publique on va casser l'activité la croissance s'inquiète Gérald Darmanin vous comprenez son inquiétude non mais il a raison c'est à dire qu'il faut trouver là vous partagez son inquiétude mais vous n'êtes pas tout à fait d'accord je suis un homme de nuance c'est vrai que c'est un peu compliqué en politique et mieux vaut être d'un côté ou de l'autre mais il faut trouver ce juste équilibre entre maîtriser notre trajectoire pour baisser notre dette pourquoi on baisse notre dette c'est pas pour faire plaisir à un tel ou un tel on baisse notre dette parce que plus notre dette est importante plus les intérêts de la dette sont importants plus ça pèse sur nos finances publiques et ça nous enlève des marges de manœuvre pour financer la transition écologique d'autres conséquences d'aléas climatiques donc il faut trouver cet équilibre à quelle vitesse on réduit notre déficit et quel impact ça peut avoir si effectivement on augmente les impôts ou si on réduit la dépense ça a aussi un impact sur la croissance donc tout ça c'est un sujet de réglage

6:14
Présentateur

mais le constat beaucoup le font vous vous souvenez de ce qu'on disait au moment du plan d'austérité en Grèce en 2010 ça va relancer l'activité or même le chef économiste du FMI Olivier Belanchard dit que ça n'a pas marché en 2010 ça a été un peu l'effet inverse

6:29
Jean-René Cazeneuve

c'est ce qu'on à la sortie du Covid on n'a pas freiné brutalement les dépenses il y a eu le plan de relance parce que justement on avait ça en tête mais là on y va

6:38
Présentateur

60 milliards dont 40 milliards de coupes

6:41
Jean-René Cazeneuve

il faut hélas parce qu'aujourd'hui on a un déficit qui va être supérieur à 6% donc on est atypique par rapport vraiment à nos voisins européens donc oui il faut prendre des mesures difficiles mais il faut le faire là où ça va le moins impacter la croissance

6:56
Présentateur

comment on en est arrivé là ? vous convenez qu'il y a eu des erreurs de prévision de la part du gouvernement quand vous dites 6 ça a démarré à 4,1 ça a été à 4,4 ça a été 4,7 ça a été 5,1 pour cent du PIB

7:07
Jean-René Cazeneuve

il y a en tous les cas un modèle de prévision à revoir c'est vrai donc la mauvaise surprise vous savez il n'y a pas de mensonge en décembre non il n'y a pas de mensonge non non il n'y a pas de mensonge

7:19
Présentateur

à revoir c'est intéressant

7:20
Jean-René Cazeneuve

la première mauvaise nouvelle c'était en décembre de l'année dernière j'étais rapporteur général du budget je m'en souviens bien évidemment le gouvernement d'ailleurs a tout de suite pris un certain nombre de décisions on se souvient des 10 milliards annulés dès le début de l'année et les mauvaises nouvelles se sont enchaînées donc il y a des gens très intelligents à Bercy qui font ces modèles de prévision c'est un exercice difficile vous voyez après coup c'est un peu facile de dire ils auraient dû prévoir ceci

7:48
Présentateur

il faut revoir la prévision qu'est-ce que vous entendez par là

7:50
Jean-René Cazeneuve

je dis par là que les modèles qui sont utilisés par les hauts fonctionnaires à Bercy pour prévoir à la fois la croissance l'inflation les recettes la dynamique des recettes ils se sont trompés cette année clairement ils se sont trompés donc qu'est-ce qu'on change pour avoir un outil plus fiable et ce matin

8:11
Présentateur

Jean-René Cazeneuve député ensemble du GERS membre de la commission des finances Michel Barnier présentera donc jeudi le budget la réindication des retraites sur l'inflation qui on le sait déjà qui est repoussée de 6 mois ça concerne 13 millions de personnes on va essayer d'être concret les retraites sont trop élevées en France aujourd'hui ?

8:29
Jean-René Cazeneuve

Non elles ne sont pas trop élevées c'est le résultat de toute une vie si on décime

8:33
Présentateur

qu'on peut reporter la hausse c'est qu'il y a de la marge

8:34
Jean-René Cazeneuve

Oui pourquoi ? parce que nous avons augmenté c'est la dépense la plus importante 350 milliards d'euros chaque année nous avons augmenté les retraites de 5,3% le 1er janvier de cette année et nous avons aussi dans le cadre de la réforme des retraites augmenté les petites retraites d'environ un peu plus de 1 million de retraités donc oui aujourd'hui reculer simplement c'est reculer de 6 mois l'augmentation prévue des retraites je pense que c'est un effort qui est acceptable

9:06
Présentateur

L'idée c'est que les salaires ont augmenté moins vite que les retraites c'est ça le constat qui est fait à peu près par tout le monde c'est pour ça que je vous demande est-ce qu'elles sont trop élevées

9:12
Jean-René Cazeneuve

en fait ? quand il y a un gain de pouvoir d'achat les salaires augmentent plus vite que les retraites mais c'est vrai que depuis 2 ans ça n'est pas le cas l'inflation fait que le pouvoir d'achat des français a plutôt baissé oui donc c'est un effort je crois qui est demandé aux retraités même chose le débat parlementaire va peut-être pouvoir permettre de moduler cet effort peut-être qu'il est proposé peut-être en fonction du niveau des retraites c'est quelque chose c'est faisable ça ?

c'est faisable oui c'est faisable sur les baisses de dépenses Jean-René Cazeneuve alors c'est vrai qu'on connaît davantage pour l'instant plutôt les hausses d'impôts que les baisses de dépenses il y a les lois de programmation défense, justice, recherche elles prévoient des hausses de moyens sur 5 ans est-ce qu'on peut les toucher ? même chose il faut faire la politique c'est choisir et la raison pour laquelle on veut aussi baisser nos dépenses c'est qu'on veut se créer de nouvelles marges de manœuvre c'est extrêmement important il faut que les j'entends mais on a du mal à voir où se trouvent les marges de manœuvre

10:07
Présentateur

et surtout on a des engagements sur 5 ans c'est à un moment

10:09
Jean-René Cazeneuve

nous n'avons quasi plus de marge de manœuvre c'est la raison pourquoi il faut baisser bosser nos dépenses donc il faut faire des choix il faut faire des choix quels sont les choix clairs aujourd'hui du gouvernement Barnier et de la majorité relative sur la santé par exemple il y a des baisses de dépenses envisageables où on n'y touche pas sur la santé il y a vous savez tous les français dans le cadre de leur foyer toutes les entreprises toutes les associations se posent chaque année la question d'optimisation de leurs dépenses qu'est-ce qu'on peut faire différemment ? est-ce qu'on peut baisser comme type de dépenses ?

évidemment mais regardez en matière d'indemnité journalière de jours de carence il y a des choses à faire on a une augmentation aujourd'hui trop importante de l'absentéisme un peu partout un alignement des jours de carence des fonctionnaires sur le privé par exemple il faut se poser cette question-là il faut qu'effectivement cette décision se fasse au plus près du terrain que les entreprises se posent des questions et que les administrations se posent des questions sur le taux d'absentéisme qui augmentent et donc qui est une responsabilisation des acteurs locaux parce que ça n'a pas de sens que ce soit l'assurance maladie qui paye en permanence toutes ces absences

11:17
Présentateur

Michel Barnier dans la tribune dimanche ce matin parle à nouveau de l'allocation sociale unique c'est pas pour demain matin mais c'est pour quand même d'ici 2027 ça veut dire quoi ? il entend quoi ? il dit pour que les personnes au travail gagnent plus que les autres c'est quoi cette allocation sociale unique ?

11:31
Jean-René Cazeneuve

il y a aujourd'hui pour des tas de raisons un manque de visibilité sur l'ensemble des prestations sociales qui sont touchées par les uns et par les autres ça peut créer des effets d'aubaine ça peut créer des effets de trappe mais certaines ne sont pas justifiées

11:51
Présentateur

c'est ça que ça sous-entend ?

11:52
Jean-René Cazeneuve

pardon ? certaines ne sont pas justifiées

11:53
Présentateur

c'est ça que ça sous-entend ?

11:54
Jean-René Cazeneuve

parce qu'il y en a tellement que quand vous les cumulez ils n'ont jamais les mêmes critères ils n'ont jamais les mêmes seuils ils ne s'adressent jamais aux mêmes personnes donc effectivement vous pouvez avoir un certain nombre de concitoyens qui ne touchent pas assez qui ont des allocations qui sont trop faibles et d'autres qui probablement ont des allocations plus importantes donc avoir une visibilité globale ça permettrait de piloter mieux l'aide qui est apportée aux français les plus démunis et surtout ça permettrait de casser un peu ce fantasme qu'ont beaucoup de nos concitoyens sur ces français qui seraient assistés la question des impôts Gérald Darmanin on va revenir dans le détail mais Gérald Darmanin dit moi je ne voterai pas un budget dans lequel il y aurait des hausses d'impôts c'est de la posture les négociations parlementaires commencent honnêtement vous partagez cette position on s'est battus moi j'appartiens à un mouvement politique et je suis député depuis 2017 vous connaissez bien le budget nous avons baissé les impôts nous avons baissé de 50 millions les impôts c'est pas pour faire plaisir aux uns aux autres c'est pour donner c'est pas non plus pour faire plaisir qu'on les augmente ça n'est pas avec plaisir que nous les augmentons effectivement si nous devons les augmenter donc on a baissé les impôts pour les particuliers c'est du pouvoir d'achat qu'on a redonné aux français nous avons baissé les impôts pour les entreprises ça a relancé notre économie ça a permis de faire baisser et surtout est-ce que vous

13:13
Présentateur

vous allez le voter si c'est ça puisque votre doctrine est assez claire là

13:16
Jean-René Cazeneuve

maintenant bien sûr je crois que

13:19
Présentateur

bien sûr je vais le voter

13:20
Jean-René Cazeneuve

oui je vais voter le budget pour peu que la discussion non mais j'appartiens à cette majorité et les français j'étais encore dans le Gers hier qu'est-ce qu'ils me disent autour du terrain de rugby ils me disent trouver une solution calmez-vous parlez-vous et tant plus

13:38
Présentateur

si on augmente les impôts

13:39
Jean-René Cazeneuve

c'est pas de gaieté de coeur mais ils comprennent bien que si certains doivent faire des efforts c'est bien l'effort que nous demandons va être ce parti quand même sur les grandes entreprises sur les plus grandes entreprises et sur les français les plus fortunés donc il faut le faire le plus modérément possible pour plein de raisons quand vous augmentez les impôts vous avez un gain court terme c'est sûr ça rentre dans les caisses mais vous avez un coût moyen terme mais j'ai toujours du mal Jean-René Cazeneuve à comprendre pourquoi certains dans votre camp disent nous on les votera pas alors que tout le monde est conscient de la situation budgétaire parce que nous sommes le pays où le niveau d'imposition est le plus fort avec les prélèvements obligatoires le plus fort donc ça n'est pas la solution que nous privilégions nous sommes contre l'augmentation des impôts très clairement nous devons porter nos efforts sur la baisse de la dépense maintenant pour que cette équation budgétaire puisse aller à son terme peut-être qu'il faut ce mixte entre un certain nombre d'impôts très ciblés très provisoires et une baisse évidemment très importante

14:37
Présentateur

vraiment deux mots autour du terrain de rugby la surveillance du RN

14:40
Jean-René Cazeneuve

qu'est-ce qu'ils vous disent là-dessus ? ils sont surtout choqués aujourd'hui par le comportement de la France insoumise et ce blocage systématique cette motion de censure qui arrive qui a été décidée avant même que le discours de politique générale a été fait par le Premier ministre il n'en peut plus il y a eu 35 motions de censure en deux ans sous le mandat précédent merci Jean-René Cazeneuve député ensemble du GERS d'avoir été l'invité du 830 France Info merci Bérangère Bon je pense qu'il n'y a pas

15:10
Locuteur

d'avoir été l'invité du 830 France Info je pense qu'il n'y a pas été l'invité du 930 France Info