Démission de Jack Lang : Éric Coquerel salue "la bonne décision" et réclame une commission sur l’affaire Epstein
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France Inter Toutes et à toutes, bienvenue dans Questions politiques. Cinq mois de combat au Parlement et le budget a donc été adopté à l'aide du 49-3. Aujourd'hui, dans un grand entretien à la presse quotidienne régionale, le Premier ministre dit son regret d'être revenu sur sa promesse de ne pas l'utiliser. Mais surtout, il dessine la suite pour son gouvernement. Ses grands choix de politique énergétique, la défense, l'agriculture, la décentralisation, l'immigration. Bref, Sébastien Lecornu s'installe à Matignon et il n'oublie pas de fustiger le Rassemblement National. Autant que LFI, des formations qui, à ses yeux, cherchent la crise de régime. Qu'en pose notre invité ?
C'est un historique de la France Insoumise qui, pour ses dix ans, oui, le mouvement a été fondé le 10 février 2016, se retrouve maintenant classé à l'extrême gauche par le ministère de l'Intérieur. Ce dimanche, nous recevons le député LFI de Seine-Saint-Denis. Il est aussi président de la Commission des Finances de l'Assemblée Nationale. Éric Coquerel est notre invité en direct sur France Inter, France Info, le canal 16 de la télé. Cette émission est en partenariat avec le journal Le Monde et nous sommes ensemble jusqu'à 13h. France Inter. Questions politiques. Alexandra Ben Saïd. Bonjour et bienvenue Éric Coquerel. Merci d'avoir accepté notre invitation.
A mes côtés, pour vous interviewer, je les salue, Alix Bouillaguet de France Télévisions. Hello, Alix. Bonjour Alexandra, bonjour à tous. Avec vous tout à l'heure, on fera le portrait d'Éric Coquerel. On fera le portrait d'Éric Coquerel. Effectivement, votre parcours est celui d'un autodidacte militant dès 14 ans qui, derrière une forme de bonhomie, cache une radicalité assumée. Vous êtes aussi le seul survivant d'une génération d'insoumis. Abel Mestre du journal Le Monde est également autour de cette table. Bonjour Abel. Bonjour Alexandra, bonjour à toutes et à tous. Avec vous, nous nous projetterons en 2027, comme tous les dimanches.
Vous ferez le point avec Éric Coquerel sur un thème important de la future campagne présidentielle. Oui, on parlera de géopolitique. Un nouvel ordre mondial se dessine et on s'interrogera. Quel rôle pour la France dans le concert des nations si LFI est à l'Elysée ? Cela sera vers 12h50. Pour l'heure, Éric Coquerel, 5 minutes d'actualité entre 4 yeux. Et je reviens sur l'affaire Epstein. La pression sur l'ancien ministre de la Culture. Jack Lang était très forte, convoqué au Quai d'Orsay pour ses liens supposés avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein. Le parquet financier a aussi ouvert une enquête pour blanchiment de fraude fiscale aggravée.
Et donc hier, Jack Lang a finalement jeté l'éponge. Il démissionne de l'Institut du Monde Arabe. Quelle est votre réaction ?
Bon, écoutez, je ne voyais pas comment il pouvait faire autrement. Je pense que c'était la bonne décision à faire plutôt qu'on l'y oblige. Notamment pour l'institution dont il préside. Vous avez parlé de liens présumés. Non, ce ne sont pas des liens présumés, c'est des liens avérés. Après, de quelle nature c'est autre chose ? Mais au moins de nature financière.
Il y a une enquête qui est ouverte.
Oui, d'accord, mais j'ai cru comprendre, puisqu'il y a quand même, cette semaine, plusieurs journaux ou médias en ligne qui se sont intéressés à toute la documentation qui commence à être produite aux Etats-Unis. Je pense à Frustration, Mediapart, le Monde également, qu'il y a des choses très concrètes. Donc, je voyais mal comment, à partir de là, Jacques Lang pouvait tenir. Et donc, je pense que c'était une bonne décision.
Il y a plus de 3,5 millions de documents qui ont été rendus publics. LFI demande une commission d'enquête transpartisane qui s'intéresserait à de potentielles victimes encore inconnues, mais aussi, ça c'est ce que vous expliquez, à d'éventuelles ingérences ou financements de partis politiques en France. Pourquoi est-ce que vous voulez mobiliser la représentation nationale ? Est-ce qu'il y a quelque chose qui vous met la puce à l'oreille et qu'on n'aurait pas encore vu ?
Ce qui nous met la puce à l'oreille, c'est que très clairement, dans ce qui apparaît, j'allais dire, de l'univers Epstein, il y a toute la question, et d'ailleurs, les deux sont malheureusement souvent liés, liés à la prostitution de mineurs, à la réduction en esclavage de mineurs, etc. Enfin, toutes ces parties-là pour lesquelles il a été condamné. Mais on voit bien aussi qu'il y a des questions d'influence financière. Par exemple, de ce que j'ai lu, je ne crois plus que c'était dans Le Monde ou ailleurs, mais les donnant-donnant, par exemple, avec Jacques Lang, c'est aussi d'ouvrir, à un moment donné, les portes de l'Élysée. Donc, on voit bien qu'il peut y avoir des influences.
Et c'est d'autant plus important, c'est que si maintenant je transfère ailleurs le sujet, c'est-à-dire vers Donald Trump, dans le document de stratégie nationale qu'ont fait le 5 décembre les États-Unis d'Amérique, il y a très clairement, par exemple, le fait de soutenir des partis dits patriotes en Europe pour appliquer une autre politique patriote étant extrême droite pour M. Trump. Donc, on voit bien que l'influence américaine, on parle beaucoup de l'influence russe, mais l'influence américaine, y compris dans nos élections, est quelque chose qui, à mon avis, ne doit pas être pris à la légère.
Et je trouve qu'à partir de là, une commission d'enquête sur ce qui s'est fait, mais ce qui peut aussi se préparer, n'est pas superflu.
Vous pensez que ça va se faire, cette commission d'enquête transpartisane ?
Ça va dépendre du bureau de l'Assemblée. Alors, ça avait été aussi proposé, au moment où Antoine Léomant avait proposé ça, ça avait été aussi proposé parce qu'il lui semblait qu'il y avait un peu un retard à l'allumage, notamment dans les médias français. Je vois constater que cette semaine, les choses ont commencé à être largement rectifiées.
Plus de 3 millions de documents, il faut aux journalistes le temps de ne pas dire de bêtises.
Je n'ai pas dit de problème, je n'ai rien dit de l'inverse. Donc, voilà. Mais je trouve que cette question d'influence très, très tentaculaire et qui concerne des milieux à la fois politiques, mais aussi des milieux économiques, je trouve que ça nécessitera une commission d'enquête. On en a fait une autre, d'ailleurs, actuellement, on en fait une autre avec Aurélie Trouvé, sur des sujets qui sont aussi la manière dont les fonds de pension vautours, notamment américains, mais pas que, peuvent avoir un rôle sur, j'allais dire, la désindustrialisation de notre pays, comment tout ça peut jouer à l'inverse de nos intérêts. Je trouve que c'est bien que la représentation nationale s'en occupe.
Éric Coquerel, vous avez sans doute lu le grand entretien de Sébastien Lecornu ce dimanche dans la PQR. Le Premier ministre annonce un décret qui met en place la très attendue programmation pluriannuelle pour l'énergie. Il évoque ses projets sur l'immigration, sur la décentralisation, la défense, l'agriculture, un remaniement à venir. En creux, on a l'impression que le Premier ministre dit, bon, le budget est adopté, la page est tournée, mais on peut avancer en attendant 2027. Est-ce que c'est le message que vous recevez ? Et si c'est le cas, qu'en pensez-vous ?
Oui, c'est le message que je reçois, mais il a oublié un petit détail. C'est qu'il n'a pas de majorité à l'Assemblée. C'est-à-dire qu'on a des gouvernements minoritaires. On est une des seules démocraties parlementaires, enfin, on n'est pas une démocratie parlementaire, enfin, une des seules démocraties en Europe, une grande démocratie, à pouvoir faire en sorte que depuis un an et demi, c'est des gouvernements minoritaires qui se présentent, qui ne demandent pas la confiance à l'Assemblée, et qui se permettent de penser qu'ils ont un programme qu'ils vont pouvoir appliquer comme ça. Donc, je serais, lui, je serais un peu plus humble par rapport à ces questions. Je pense notamment à la...
Effectivement, ça fait longtemps qu'on attend une programmation pluriannuelle sur l'énergie. Les grands choix énergétiques de la France. Voilà, et notamment, il reparle de 6 EPR. Il ferait bien de... Je pense qu'il ferait un grand débat, effectivement, là-dessus. Et on pourrait utiliser, par exemple, le rapport de la Cour des comptes qui vient de sortir, qui note qu'on ne peut s'interroger sur la rentabilité économique du modèle EPR, qui note que les budgets sont totalement en train d'exploser. Ils sont passés depuis... Ils ont augmenté depuis 40% depuis 2022. On en est à 85 milliards, avec EDF qui est endetté jusqu'au coût.
Donc, tout ça semble un peu, j'allais dire, des phrases lancées comme ça, mais qui ne s'accrochent pas à quelque chose de concret.
Mais quand vous dites ça, ça veut dire que le décret, ça vous embête ? Vous êtes contre le fait que ça va se faire et par décret ? Il y a déjà eu beaucoup de débats, mais là, vous ajoutez des éléments...
En général, je suis contre les décrets, oui. Je préfère que l'Assemblée nationale puisse se prononcer sur des textes absolument essentiels pour l'avenir. D'ailleurs, on pourrait même penser que sur la question de l'avenir énergétique, nucléaire, 100% renouvelable et autres, moi, j'ai tendance à penser que ça fait longtemps qu'on aurait peut-être dû en faire un sujet de référendum, parce que c'est un sujet, on voit bien, où la représentation nationale a eu très peu, voire jamais l'occasion réellement de décider de cet avenir, et encore moins la population française.
On va ouvrir la parole, la discussion dans quelques minutes, à Alex Bouillaguet et à Belmestre. Encore une question, peut-être, sur cette interview du Premier ministre ce dimanche. Il fustige deux formations politiques. Le Rassemblement national est la vôtre. Qui, dit-il, ont choisi de s'opposer ensemble au fonctionnement même du Parlement ? Et donc, à nos institutions, est-ce que c'est vrai que vous cherchez la crise de régime ?
Mais ce n'est pas bien de faire du trumpisme comme ça. Je dis ça parce que c'est exactement ce que fait Sébastien Lecornu. Je vous rappelle que, quand je dis du Trumpiste, c'est-à-dire la manière de diaboliser quiconque ose s'opposer à un gouvernement. C'est ça. Et vous mettez dans le même sac absolument tous les mouvements. Qu'importe le tout, c'est les mots que vous utilisez. Alors, il nous a traité de saboteurs, je vous rappelle. Les mêmes oppositions, celles qui avaient osé le censurer. Alors, comme ça ne répond pas à sa stratégie du nini, il laisse de côté les écologistes et les communistes qui ont censuré avec nous de la même manière.
Mais quand on a voulu le censurer sur la question du Mercosur, il a dit que nous étions des saboteurs. Après, il a dit que nous étions des traîtres, c'est-à-dire des tireurs couchés qui attendions, j'allais dire, de tirer dans le dos du gouvernement qui lui offre pour l'intérêt général.
Alors, sur le Mercosur, Paris est contre.
Oui, oui, d'accord. Paris est contre, c'est ça le raisonnement. Je parle là des mots qui disqualifient l'opposition. Et là, alors là, j'aimerais bien nous dire en quoi on s'est opposés au fonctionnement de notre Parlement. Quand vous parlez de saboteurs. Non, mais j'aimerais bien, excusez-moi, c'est une vraie question que je lui pose. Parce qu'au moment où il avait défendu la non-censure, mais moi je vous réponds. Il avait dit, par exemple, Eren et LFI font une obstruction avec les amendements. Alors, manque de chance sur les 3500 amendements, tous les groupes qui étaient, entre guillemets, pour la censure, atteignaient à peine 40% des amendements.
Et la plupart des amendements venaient de son socle commun.
Vous parlez de diabolisation, Éric Coquerel. Oui, bien sûr, c'est ce qu'on fait. Donc, vous vous fêtez les 10 ans du mouvement, LFI, et vous vous retrouvez classé à l'extrême-gauche par le ministère de l'Intérieur. Oui, ça en fait partie. Voilà, vous considérez que c'est aussi une diabolisation ?
C'est carrément un scandale. Là, c'est carrément un délit d'opposition qui est créé. Parce que, vous avez vu, M. Nunez, qu'est-ce qu'il mettait comme argument pour justifier le fait de venir contre une décision du Conseil d'État de mars 2024, qui continue à nous classer à gauche. C'est que, théoriquement, quand vous classez des mouvements comme ça, c'est pour éclairer le débat politique. Donc, vous prenez en compte l'origine du mouvement, son histoire, son programme, la manière dont il estime appliquer son programme. Nous, c'est par exemple les urnes, vous le savez. Et puis, vous déterminez. Là, c'est nouveau. Là, ce qui nous est reproché, c'est des motions de censure.
Et c'est le fait de ne pas avoir voulu participer à des discussions pour négocier un budget qui était minoritaire.
Je vais le citer, Laurent Nunez, le ministre, refus de la discussion parlementaire, appel systématique à la censure, refus d'aller voir le gouvernement pour des réunions de travail.
Alors, refus de la discussion parlementaire, c'est quand même très très mal visé. Parce que le seul endroit où on a discuté de tout le budget, et où on a été jusqu'à, à chaque fois, mettre au vote le budget depuis trois ans, c'est ma commission. Donc, le moins qu'on puisse dire, c'est que la discussion parlementaire, on l'amène, on essaie d'amender, on a même réussi à s'amender. Ce qu'il nous reproche, c'est les discussions de couloir qu'il a décidées avec ceux qui étaient, soit ses partisans, soit le Parti socialiste, pour ne pas le nommer, qui étaient d'accord pour essayer de trouver une issue avec un budget qui reste un budget macroniste. Mais ça, on a le droit de le faire, que je sache.
Ça ne mérite pas, parce que, manifestement...
Ça vous dérange, Extrême Gaulle. On entend qu'Extrême Gaulle, et vous venez de la Ligue communiste révolutionnaire. Vous savez de quoi on parle.
Mais oui, mais bien sûr. Et il y a des organisations d'Extrême Gaulle, elles sont respectables. Nous, nous ne le sommes pas. Il y a le NPA, il y a l'Utte Ouvrière. Mais, en l'occurrence, vous savez très bien pourquoi c'est fait. C'est fait par rapport à des convenances politiques, qui est après de dire, il y a le nini. C'est-à-dire, il y a les deux extrêmes. Ça banalise l'extrême droite, d'ailleurs. En nous comparant avec l'extrême droite, c'est-à-dire avec un mouvement raciste. Et c'est quand même une première en France qu'on classe les formations politiques en fonction de convenances et de stratégies d'un gouvernement. Non, c'est une république bananière.
Selon vous, M. Coquerel, cet étiquetage, ça pourrait empêcher, en cas de second tour, mettons en 2027, avec la qualification de Jean-Luc Mélenchon, ça empêcherait un rassemblement plus large pour vous ? Ce serait une marque de l'infamie ? En tout cas, c'est fait pour ça. Et vous, c'est comme ça que vous l'analysez ?
Vous avez raison, c'est exactement fait pour ça. Je vous rassure que je pense que ça ne va pas avoir lieu. Parce qu'on a fait un recours au Conseil d'État. Et heureusement, je pense que le Conseil d'État est plus républicain, plus sage vis-à-vis des institutions que M. Nunez.
Imaginez que le Conseil d'État entérine la décision du ministère de l'Intérieur. Comment vous réagirez ? Pour l'instant, ce n'est pas le cas. Et donc, on verra bien s'il l'entérine.
On donnera les arguments. Mais vous avez raison de pointer que c'est exactement fait pour ça. C'est fait pour se servir d'un épouvantail pour banaliser l'extrême droite. C'est à ça que ça sert. Je vous rappelle que nous sommes un an et demi après que Jean-Luc Mélenchon ait proposé lui-même, on va dire, un bouclier républicain vis-à-vis de l'extrême droite. Qui a fonctionné, d'ailleurs, parce que là, beaucoup des élus macronistes, de droite, etc., ont été élus. Parce que nous avons retiré nos candidats arrivés troisième pour ne pas favoriser l'élection d'un RN. Et nous avons, d'une manière ou d'une autre, appelé à ne pas mettre un bulletin de vote pour le RN. C'est ça qui s'est mis en place.
Eux, ils sont en train d'inventer un autre système qui est l'idée que, finalement, en France, les seuls entendables, c'est un espèce de centre de la raison qui irait de la droite au Parti Socialiste, et qui, quelque part, imposerait finalement une certaine vision politique et l'aurait de se rédiaboliser. Je trouve que c'est un mauvais service rendu à la démocratie. Et en plus, je vais vous dire, pour eux, tout ça est suicidaire. Parce que les républicains qui sont beaucoup là-dessus, c'est-à-dire même y compris qui, maintenant, sont plutôt du... Jamais les filles, le RN, peut-être, dans une espèce de coalition de grande droite.
Il faudra peut-être qu'ils réfléchissent à la manière dont ils ont perdu une élection partielle la semaine dernière, dans un fief, avec le fait au deuxième tour. Autrement dit, quand vous faites ni-ni, il ne faut pas, après, penser qu'il va y avoir un sursaut républicain pour faire en sorte de vous défendre vis-à-vis d'un candidat extrême-droite. Donc, en plus, à mon avis, c'est suicidaire, cette option.
En attendant, il y a les municipales, les scrutins 15 et 22 mars. Question d'Alex Bouillaguet. En 2020, la France Insoumise avait enjambé le scrutin municipal. Vous faites le contraire, cette année, avec de nombreuses candidatures partout sur le territoire. Est-ce que c'est un aveu d'échec ? Et qu'est-ce qui vous a fait changer d'avis ? Est-ce que vous pensez que c'est, finalement, vital pour mener une bonne présidentielle ?
Un aveu d'échec de quoi ?
De cette stratégie. C'est-à-dire, là, vous changez de pied. C'est-à-dire, 2020, vraiment très peu de candidatures. Et là, vous cherchez un véritable ancrage local. C'est ce qui vous manque pour une bonne présidentielle, si je puis dire ?
C'est nécessaire que la première formation de gauche, en nombre d'élus, au moins au niveau national, cherche à s'implanter localement et à faire en sorte d'avoir le maximum d'élus, voire des mairies, pour pouvoir appliquer son programme localement, en espérant ensuite l'appliquer nationalement. Ça me semble être assez logique, oui.
Pour l'heure, effectivement, la plus grande commune, qui est dirigée par un maire de la France insoumise, se trouve tout près de l'île, un fâche-tuménile, 18 000 habitants. En 2026, quels sont vos espoirs ? Quelles villes vous aimeriez pouvoir arracher ?
Très clairement, c'est de multiplier nos élus. C'est de gagner quelques villes. Ça sera dur, parce qu'on sait que les élections municipales, c'est pas seulement une élection nationale. Il va y avoir un côté élection nationale, parce qu'on va appeler à censurer le gouvernement et tous ceux qui lui ont permis de continuer à sévir. Mais il y a aussi une élection locale. Et on sait, par exemple, que les maires sortants, ils ont beaucoup d'avantages. Ils peuvent jouer sur leur bilan quand il est moyen, mais ils peuvent en ajouter en termes de communication. Ils ont toute la structure même de leur ville. Donc, c'est très difficile de gagner des villes. Roubaix ?
Je pense que Roubaix fait partie des villes qu'on peut gagner. Saint-Ny-Pierrefitte, deuxième ville d'Île-de-France, avec notre tête de liste Bali-Baga-Yoko, c'est aussi un objectif. Évry, je pense. Là, y compris les socialistes qui ont rejoint la liste de Farida Marni à...
Grande ville d'Essonne, Évry.
Qui ont d'ailleurs été sanctionnées par leur parti du fait de l'avoir fait, ce qui est quand même assez étonnant. Donc, il y a plusieurs grandes villes. Je pense qu'après, il y a peut-être des possibilités à Toulouse. Je ne vais pas vous toutes les égrener. On peut avoir plusieurs villes. On peut se retrouver le 15 et au deuxième tour, à l'issue du deuxième tour, avec des villes gagnées par les Insoumises. Et j'allais dire qu'avec beaucoup, beaucoup d'élus partout. C'est ça notre objectif.
Est-ce que la deuxième raison de cette stratégie nouvelle de la France Insoumise pour les municipales, ce n'est pas aussi de faire perdre les autres partis de gauche, je pense aux partis socialistes, et aujourd'hui, depuis quelques temps, aux écologistes, pour les affaiblir en vue de 2027 et mettre dans les meilleures conditions possibles Jean-Luc Mélenchon ?
Quelle mauvaise intention vous nous prêtez là.
Marine Tondelier, si je peux me permettre, je rajoute la tribune qui provoque la crise chez les écologistes, là, publiée sur Mediapart. Des militants écologistes qui critiquent la stratégie d'alliance avec le PS. Et sur France Info, c'était vendredi, la présidente du parti, Marine Tondelier, a estimé que c'était LFI qui avait tenu la plume.
– Ben, ce n'est pas LFI qui a tenu la plume, je vais vous dire, qu'est-ce qui tient la plume ? C'est le fait qu'il est quand même assez paradoxal qu'un mouvement et un groupe qui votent toutes les censures avec nous. Il y a un clivage sur cette histoire de censure, je reviens, c'est-à-dire que depuis février 2025, c'est-à-dire le fait d'avoir les possibilités à M. Béroud d'appliquer la politique macroniste, alors que les premières lignes de notre mandat, du programme UNFP, qui nous liaient tous, étaient de bête fin au macronisme.
Bon, depuis février 2025, il y a ceux qui n'ont pas voté la censure, qui lui ont permis, quelque part, aux macronistes de continuer à sévir, et puis il y a les autres. Et les autres, il y a le Parti communiste, les ultramarins, le groupe écologiste et nous. Donc, qu'est-ce qui se passe, je vais vous dire ? Ils n'ont pas besoin qu'on tienne la ligne. Moi, j'en ai vu, par exemple, j'étais en meeting à Reims, oui, c'était à Reims, il y a quelques semaines, et il y a deux écologistes qui ont rejoint la liste. Et ils disent tout simplement, ben, nous, voilà, on est du côté des gens qui censurent, on n'est pas du côté des soutiens sans participation au gouvernement. Éric Coquerel, expliquez-moi.
Mais je n'ai pas répondu, du coup, à vous. Oui, mais justement, je ne comprends pas, donc je vous relance. On voit deux cas de figure. On voit, par exemple, à Paris, Sophia Chiquirou, l'insoumise, qui a fermé la porte dès le mois de novembre à toute alliance avec Emmanuel Grégoire, le socialiste, en disant qu'il ne fallait pas qu'un socialiste soit maire de Paris. Donc, on peut le traduire comme plutôt d'attier la droite qu'un socialiste. En revanche, à Marseille, Sébastien Delogu, lui, il n'a pas fermé la porte au second tour avec une alliance avec Benoît Payon, le maire sortant. Donc, c'est quoi exactement la stratégie d'alliance ?
C'est bizarre parce que vous oubliez un épisode avant. L'épisode avant, c'est que les socialistes ont dit pas d'alliance au premier tour avec France Insoumise, pas d'alliance au deuxième tour. Et M. Grégoire, notamment, ce qui lui a d'ailleurs provoqué déjà des problèmes dans sa liste parce que, par exemple, les écologistes disent ben, nous, on n'est pas d'accord avec ça. Mais la question, c'est de vous, LFI. Non, mais d'accord, mais moi, je vous réponds.
Il est quand même paradoxal d'accuser LFI, quelque part, de dire, ben, pour vous présenter, pour faire perdre la gauche, alors que le parti, en tout cas, au moins dans les élections locales, c'est plus vrai nationalement, et c'est d'ailleurs son problème, mais localement, le parti qui a le plus de municipalités, le plus d'élus, le Parti socialiste, a, lui, exclu, depuis maintenant des mois, et c'est d'ailleurs en lien avec le fait qu'il ne censure pas les gouvernants macronistes, a exclu toute alliance avec nous. Est-ce que ça veut dire que ça va être à géométrie variable ? Comment ça, vous osez vous présenter ? Enfin, mais c'est normal qu'il y a une formation... Je prends un exemple.
Une formation, par exemple, qui, comme la nôtre, dans certaines villes de Seine-Saint-Denis, où toute alliance, de toute façon, a été exclue depuis des mois, fait 45-50% des voix au niveau des élections nationales, vous estimez normal qu'on essaye de voir si nos électeurs vont nous suivre aux élections locales. C'est la démocratie. Et donc, nous, c'est ce que nous avons dit. Mais vous, vraiment, qu'une chose vis-à-vis des socialistes ? Je voudrais quand même revenir à la règle. C'est que vis-à-vis des socialistes, nous, nous avons dit, si nous sommes en tête, au deuxième tour, on tendra la main à la liste de gauche arrivée derrière nous, sur notre programme, ça c'est normal.
Donc, par exemple, Paris, Sophia Chiquirou,
ce sera le cas.
Moi, j'ai entendu, nous, nous avons dit, si nous arrivons en tête, enfin, ce n'est pas moi qui l'ai dit, c'est notre mouvement, on arrivera en tête et on tendra la main, sauf exception, là où on aura affaire à des listes absolument insupportables et qui... Pour l'instant, elle a 10% d'attention de vote. C'est ce que nous avons fait. Dit, ce que j'ai entendu des socialistes, c'est pas question. Et ils l'ont répété. Donc, posez cette question aux socialistes. Et après, ne vous étonnez pas que... qu'on défend notre programme et nos candidatures, de manière un peu, on va passer...
De manière très concrète. Ça veut dire que Paris, Sophia Chiquirou, si elle atteint le second tour, si elle est à 10%, plus de 10%, si elle est en tête, enfin, on peut imaginer, d'après les sondages, qu'Emmanuel Grégoire soit quand même en tête. Peut-être, mais on verra. Mais imaginons qu'elle se maintienne, enfin, qu'elle soit possiblement au second tour, est-ce qu'elle se maintient quitte à faire perdre Emmanuel Grégoire ?
Attendez, si il n'y a aucune chose sur la table qui permette à la fois qu'on respecte nos électeurs, notre programme, etc., qui est mis sur la table, vous n'attendez pas à ce qu'on s'en aille et on dise, bah, nos électeurs, bah, écoutez, excusez-nous, vous avez voté pour nous, vous nous avez permis d'être au deuxième tour, les autres ne volent pas de nous de toute façon dans n'importe quelle consignation, donc on s'en va. Enfin, je veux dire, ça, c'est... Donc, encore une fois, demandez d'abord aux partis socialistes qui ont été les premiers depuis maintenant des mois, j'allais dire, à imposer partout la division. Qu'est-ce qu'ils feront ?
Je vous rappelle que, en octobre, quand il était question de dissolution fortement, nous, on a pris nos responsabilités. On a appelé tous les groupes parlementaires du NFP, on leur a dit, bon, écoutez, on a eu des bisbilles, des problèmes, etc., mais s'il y a une dissolution, on vous propose de repartir simplement sur le programme. Les socialistes sont venus, pardon, les écologistes sont venus, les communistes sont venus, les socialistes ont refusé de venir. Donc, c'est eux, en réalité, depuis des mois, parce qu'ils ont changé de ligne politique, que maintenant, finalement, ils sont compatibles avec le macronisme, et qu'ils envisagent une sortie du macronisme au centre-gauche, M.
Hollande, M. Glucksmann, qui, en réalité, divise ce qui s'était uni sur un programme de rupture au nom du NFP. Donc, il faut leur poser la question.
Alors, parlons du programme plutôt de LFI, puisque c'est vous, l'invité de questions politiques, ce dimanche. Et on parle du fond. Dans ce programme, il y a une idée centrale, en 2026. Jean-Luc Mélenchon en a parlé, c'était le 22 janvier dernier, à Toulouse, ça s'appelle la Nouvelle-France. Je cite Jean-Luc Mélenchon, nous avons besoin d'élections municipales qui puissent être une démonstration du niveau de conscience politique du peuple français, dans sa diversité, de la capacité de nos listes à incarner la Nouvelle-France, celle du grand remplacement, celle de la génération qui remplace l'autre, parce que c'est comme cela depuis la nuit des temps. Abel Mestre a une question pour vous.
Oui, quand Jean-Luc Mélenchon reprend l'expression grand remplacement, même s'il dit qu'il parle des jeunes générations qui remplacent les plus anciennes, est-ce qu'il n'y a pas un risque de légitimer une expression estampillée d'extrême droite que même Marine Le Pen ne veut pas utiliser ? On ne comprend pas très bien le but. Est-ce qu'il joue avec le feu ? Est-ce que c'est de la provocation ? Expliquez-nous.
Vous vous souvenez que c'était en réaction notamment avec des propos de M.
Bardella, qui estimait que quand, par exemple, nous revendiquons et nous le revendiquons toujours à partir du moment où nous pensons que la principale formation de gauche qui lutte contre toutes les discriminations doit faire en sorte de représenter les quartiers populaires et que dans les villes populaires, les quartiers populaires, si on les représente, ça va se voir, pour être très clair, c'est-à-dire tous ceux qui étaient invisibles depuis des décennies seront à nouveau visibles et je pense notamment aux gens qui sont, par exemple, noirs ou qui sont arabes, qui ont été très largement minorisés, eh bien, on a été accusés là-dessus de racialisme, de remplacement, ce que nous avons juste dit, c'est qu'en fait, tout ça, c'est évidemment un grand emplacement, certes, mais c'est le grand emplacement de la réception et du fait qu'on voit la Nouvelle-France et que la Nouvelle-France, vous savez, notamment, il y a un chiffre que nous donnons à chaque fois, c'est qu'en 58, année de ma naissance, il y avait un Français sur 10 qui avait un grand-parent étranger.
Aujourd'hui, c'est un sur quatre. Autrement dit, je veux dire, l'image, à certains moments, qu'on nous oppose, qui serait celle, par exemple, d'une classe ouvrière classique qui serait aile blanche par rapport à d'autres qui seraient des migrants, etc., tout ça n'existe plus, tout ça a explosé. Les principales concentrations ouvrières, par exemple, dans la région parisienne, elles sont en Seine-Saint-Denis. Les premières listes sont en Seine-Saint-Denis. Donc, c'est tout ce que nous avons dit. Et du coup, nous avons effectivement, Jean-Luc Mélenchon, à utiliser ce mot un peu pour provoquer, pour montrer que tout ça, c'était des bagarres d'arrière-garde.
Vous l'utilisez, vous, cette expression, vous êtes à l'aise avec ?
Je ne sais pas, Jean-Luc l'a utilisé, mais je ne suis pas mal à l'aise avec. La preuve, je vous l'explique.
Le danger que la France désindustrialisée des zones rurales sans immigration se sente visée et que plutôt que de combattre le grand remplacement, cela revienne à le nourrir. Est-ce que vous savez qui a dit ça ? C'est quelqu'un que vous avez bien connu ?
Bonsoir Ruffin.
Alexis Corbière, député comme vous de Seine-Saint-Denis. Est-ce que ce n'est pas dangereux de jouer avec cette notion de grand remplacement ? Est-ce que vous n'êtes pas en train d'exclure la France tout court
plutôt qu'une nouvelle France ? Ce qui est dangereux, je vous disais François Ruffin parce qu'il l'a fait à un certain moment. Ce qui est dangereux, c'est de penser qu'on doit parler des inégalités sociales, mais on ne doit pas parler des autres inégalités, toutes celles liées et qui sont souvent jointes, parce que dans notre histoire et notre pays, on s'aperçoit que les classes populaires, chaque génération, sont souvent d'abord produites par les migrants qui arrivent et qui font fonctionner nos usines. Ce n'est pas nouveau, c'est classique.
Non, depuis les années 60, c'est des gens qui sont issus de nos anciennes colonies et donc ça procure évidemment vis-à-vis d'eux des discriminations qui se perpétuent, qui introduisent quelque chose d'absolument nouveau et qui est aujourd'hui très travaillé, très relancé par les partis au pouvoir et l'extrême droite. Donc par rapport à ça, je m'oppose à tous ceux qui diraient qu'au nom de la lutte contre les inégalités sociales, il faut mettre de côté les autres. Parce que par exemple, ça digérerait la classe ouvrière. C'est ce qu'on véhicule
cette citation.
Oui, j'ai bien compris mais je pense que c'est très dangereux. Vous n'êtes pas en train
de le faire. Ce n'est pas ça que vous êtes en train de faire. Non, nous, on assume
les luttes contre toutes les discriminations et les inégalités parce qu'il faudra me dire si ce n'est pas la gauche qui le fait, qui le fait. Dans un moment où vous voyez bien que le racisme est véhiculé au plus haut sommet de l'État, on en parlera peut-être tout à l'heure sur le budget, par exemple avec des APL, etc.
Un cas d'école, le député LFI Sébastien Delogu, lors d'un déplacement pour soutenir Bali Bagayoko, ça c'était à Saint-Denis, c'était avant décembre, a parlé de l'opportunité qu'enfin racisé dirige ces villes pour faire en sorte, je le cite, que le réel peuple de France reprenne le pouvoir ici. Est-ce que ça veut dire que vous, Éric Coquerel, parce que vous êtes blanc, vous n'êtes pas le réel peuple de France ?
Vous savez, c'est étonnant ce que vous dites parce que j'étais à ce meeting et avant Sébastien Delogu, j'ai dit la même chose. Vous avez remarqué, moi on n'en parle pas. On parle de Sébastien Delogu qui vient des quartiers nord marseillais, mais moi on ne parle pas de ça. Mais sur le fond, Éric Coquerel. Moi ça fait longtemps, mais je vais vous dire une chose. En 2017, lors de notre université d'été insoumise, d'accord ? C'est moi qui ai expliqué parce qu'à l'époque, on avait, j'allais dire, une reproduction de classe sociale pour aller vers très classe moyenne qui était à peu près ce que faisait la gauche en général.
Et j'avais observé très curieusement que nous qui disions que nous voulions justement représenter en priorité tous ceux qui subissent toutes les discriminations, on avait une université qui ne ressemblait pas du tout à ça, qui n'était pas diverse. Et j'avais dit à l'époque que oui, il faudrait se donner comme objectif pas seulement d'avoir des militants, pas seulement d'avoir des conseillers municipaux dans les listes, ça s'est beaucoup fait y compris par la droite, par le parti socialiste en Seine-Saint-Denis, mais des maires qui soient noirs, qui soient arabes, c'est-à-dire qui visibilisent tous ceux qui ont été invisibilisés depuis les années. Je l'ai dit.
Pourquoi vous êtes représenté en Seine-Saint-Denis à ce moment-là ?
Pour une bonne raison, très simple, c'est qu'au moment en 2017, on a décidé justement de dire qu'il fallait qu'on aille travailler en Seine-Saint-Denis, notre mouvement justement n'avait pas cette représentation. Et ce, vous me connaissez, vous savez que c'est la réalité, ce que j'essaye de faire en Seine-Saint-Denis avec les autres députés, c'est justement de faire en sorte que nos militants, nos responsables soient de plus en plus issus des quartiers. Vous avez initié les rencontres des quartiers populaires en 2018. J'avais fait les rencontres nationales des quartiers populaires en 2018 et on est en train d'y arriver. Donc vous n'allez pas vous présenter aux prochaines législatives.
Donc aux prochaines législatives, vous allez laisser votre place ?
Ah mais ce n'est pas probable. Mais pas seulement en liant ça. Avant les législatives. Je pense qu'il faut aussi avoir un nombre de mandats assez... Mais oui, très certainement.
La présidentielle.
La question, attendez, je reviens là-dessus, parce que la question, ce n'est pas de dire que tous nos élus doivent être de couleur, Douar ou Arabe, etc. La question, c'est que si on entend représenter les quartiers populaires, leur diversité, quelque part, si d'une certaine manière on se retrouve uniquement entre représentants des classes moyennes et donc plutôt pour aller vite blanc, ça veut dire qu'on a absolument échoué. Donc par exemple, à pleine commune, à une exception près, tous nos têtes de liste seront racisés, comme on dit. L'utilisation, on peut parler plus ou moins du...
Pourquoi vous dites pas diversité ?
Comment ?
Pourquoi vous dites pas diversité ?
Racisés, c'est les gens qui, du fait de leur couleur de peau, sont victimes du racisme. C'est ça que ça veut dire. Bon, voilà. Donc c'est un terme qu'il est utilisé, y compris sociologiquement. Je trouve qu'il dit bien assez ce qui est dit, c'est-à-dire qu'on les racialise quelque part, alors que les races, d'un point de vue biologique, vous le savez, on est heureusement revenus sur ce genre de définition. Mais je trouve que ça colle assez. Et donc, pour revenir au fond, c'est pas quelque chose qui a été...
On n'a fait aucune sélection, mais simplement, il se trouve que toutes nos nouvelles couches de militants, etc., représentent plus les quartiers que de manière naturelle, du coup, parce qu'en Seine-Saint-Denis, c'est comme ça, eh bien, vous avez des gens qui sont... Plus de gens qui sont racisés, qui peuvent arriver aux responsabilités, et c'est ce qu'on va essayer de faire.
On parle de la présidentielle ?
Parce que je pense qu'un mouvement comme le nôtre doit le faire. De la même manière, je vous fais une comparaison, de la même manière que le Parti communiste en 1936 était le premier parti qui avait fait en rentrée des ouvriers à l'époque à l'Assemblée nationale, qui étaient, eux aussi, très invisibilisés. Et je pense qu'il a eu raison de le faire. Eh bien, nous, nous assumons de faire rentrer la Nouvelle-France toutes les discriminations, les victimes d'idéalités, discriminations, beaucoup plus d'ouvriers, d'employés, etc. Eric Coquerel,
on avance sur la présidentielle parce que le temps file, ça sera en 2027, et les mouvements seront sans doute nombreux dans le paysage politique à partir d'avril, mais déjà, ça commence à se recomposer à gauche. On écoute le député socialiste Jérôme Gage.
Je suis aujourd'hui candidat à l'élection présidentielle pour porter la voix d'une gauche républicaine, la voix d'une gauche européenne, la voix d'une gauche universaliste, laïque, d'une gauche sociale, écologiste. Pourquoi est-ce que je le fais aujourd'hui, à cet instant ? Parce que c'est la majorité du peuple de gauche qui partage cette orientation.
Jérôme Gage, socialiste, c'était jeudi sur France Inter, à Belmestre. Oui, est-ce que la multiplication des candidatures à gauche, ce n'est pas la meilleure nouvelle pour Jean-Luc Mélenchon, finalement, pour 2027 ? Puisque cette théorie, c'est d'être le dernier à tenir debout.
C'est une autre théorie. Non, notre théorie, c'est que si on est capable de rassembler tous ceux qui ont intérêt à ce que la gauche de rupture gagne, on va y arriver et on va être au deuxième tour et qu'on peut y gagner. Mais je réponds à votre question. Non, pas du tout, mais ça, quelque part, c'est un peu le problème de cette gauche-là. Je vous remarquais que... Cette gauche-là, c'est quoi ? C'est la gauche d'accompagnement, très clairement. Voilà, la gauche qui a donné Hollande, qui après Hollande a donné Macron, qui finalement s'entend avec Macron là pour le budget, donc ce n'est pas très étonnant.
Voilà, qui pense que on peut juste repeindre très légèrement les dégâts du système et que finalement, ça suffit comme ça. Bon, voilà, M. Guedj en fait partie, M. Hollande, M. Glucksmann, manifestement au Parti Socialiste qui repart vers cette... Malheureusement, je pense pour lui, je pense que c'est une grave erreur, mais ça, ça les regarde, qui repart vers cette ligne. Ils sont également plusieurs à mettre leur nom sur la table. Bon, voilà, ça, ça les regarde. Moi, ce qui m'intéresse là-dedans, c'est comment on essaye de faire en sorte... Ça, par contre, je pense que c'est important que ça ne s'épargne pas plus. Bon, et donc, nous, par exemple, on vient de faire une offre.
On a refait une offre, c'est-à-dire qu'on voit bien que la primaire a du plomb dans l'aile. Puisque là, j'ai vu que M. Vallaud la conteste maintenant, M. Guedj...
Primaire prévue le 11 octobre, normalement, hors LFI, hors place publique, hors Parti Communiste.
Voilà, mais elle ne peut pas fonctionner pour une bonne raison. Je vais vous expliquer très clairement et pourquoi nous, on fait notre offre fédérative. C'est que, imaginons par exemple que M. Glucksmann finisse, ou M. Guedj finisse par aller à cette primaire et qu'il l'emporte. Je me sens mal. Certains de mes anciens camarades ou certains qui votent les censures depuis février 2024 se disent, bah, ça peut être notre candidat, c'est pas très grave, il a un problème totalement différent, opposé à celui du NFP, mais ça peut être notre candidat.
Pour qu'ils s'entendent, il y a trop de différences entre les différentes...
D'ailleurs, à chaque fois que, rappelez-vous, l'épisode entre M. Valls et M. Hamon, c'est auquel la primaire a été terminée, M. Valls a dit, bon, je vais aller faire la campagne du candidat de droite. Donc, ça ne peut pas fonctionner. Et donc, à partir de là, nous, on se tourne vers tous ceux qui, par exemple, votent la censure avec nous.
Tous ceux qui, finalement, respectent, eux, le programme sur lequel on a été élus et on leur fait une offre fédérative, présidentielle, et il nous semble qu'une offre fédérative où il y aurait un conseil du programme qui nous permettrait de retravailler le programme du NFP, de voir ce qu'on pourrait ajouter, un conseil de campagne qui permettrait de choisir, y compris les candidats jusqu'aux législatives, c'est quelque chose qui pourrait mettre un candidat de la gauche de rupture le plus en avant possible en capacité à notre deuxième tour. En tout cas, c'est l'offre que nous faisons.
Une petite question un peu parallèle à cette présidentielle avec la condamnation en appel à l'inimagibilité de Marine Le Pen. On sent que la porte de la présidentielle se ferme un peu plus près. C'est le réquisitoire du ministère public. C'est le réquisitoire. Il faut naturellement attendre la décision qui sera donnée avant l'été. Mais est-ce que pour vous, Marine Le Pen ou Jordan Bardella, c'est une campagne différente ou c'est la même chose ?
Non, ce n'est pas forcément la même chose. Je ne vais pas vous faire de langue de bois. Il me semble que, moi je le vois à l'Assemblée nationale, les deux sont très fidèles à tout ce qui est les caractéristiques de l'extrême droite dans le racisme dans tout ça. Mais par contre, économiquement, il y a deux lignes peut-être un peu différentes. On va dire, il y a une plus néolibérale, plus pro-patroname ou patroname même qui est celle de M. Bardella et puis même Le Pen qui a à certains moments qui prend quelques inclinaisons un peu plus sociales.
J'allais dire que celle, la première, parce que je pense qu'on a une population en France et ça s'est vu depuis très longtemps qui est très antilibéral parce que c'est un projet qui au fond se confronte à notre promesse républicaine est un candidat peut-être plus facile. Marie Le Pen. Non, je parle de M. Bardella est un candidat à mon avis un peu plus facile parce que je pense que le pays n'aime pas les candidats néolibéraux et que M. Bardella en est un, très clairement.
Éric Coquerel, vous êtes le président de la puissante commission des finances à l'Assemblée nationale. Parlons du budget. Je reviens à l'interview de Sébastien Lecornu qui se félicite. Il dit le résultat est là, la France a un budget qui tient un objectif de réduction de déficit à 5% sans hausse d'impôts. LFI, vous vous faites un recours. Vous en attendez quoi de ce recours ?
Déjà, on fait un recours sur la sincérité globale du budget parce qu'il y a quand même plusieurs problèmes. Je rentre juste dans un détail technique. Il y a ce qui s'appelle un article liminaire. Vous savez qu'il donne les grands chiffres d'équilibre du budget. Il est faux dans ce budget. Constitutionnellement, c'est un problème. Il est faux tout simplement parce que je ne sais pas si c'est l'empressement ou l'amateurisme mais il se trouve que quand ils ont fait le 49-3 et que le gouvernement a modifié du coup le budget avec le 49-3, ils ont oublié oublié totalement de changer cet article.
Et quand je dis que c'est anticonstitucional, ce n'est pas moi qui le dis, c'est le rapporteur général du Sénat qui est républicain, M. Husson. Donc par exemple, ce genre de mesures, l'utilisation aussi, c'est de façon un peu d'utiliser par exemple la loi spéciale qui pour moi est un vrai problème. Pourquoi ? Parce que la loi spéciale, c'est la possibilité de prendre le budget de l'année précédente et de le mettre en service sur l'année...
Sur le début, pendant quelques semaines ?
Non, non, non, il n'y a aucun texte qui dit quelques semaines. Les textes disent que ça ne peut pas être permanent, mais il n'y a aucun texte qui dit que c'est quelques semaines ou quelques mois. Mais la différence est fondamentale parce qu'on a un gouvernement qui depuis deux ans utilise cette loi spéciale en disant il faut vraiment libérer le budget absolument minimum, c'est-à-dire juste en gros de quoi payer les fonctionnaires. Donc on ne peut pas payer des munitions pour l'armée, on ne peut pas libérer ma prime rénov', etc. On ne peut pas faire en sorte que ça marche. Donc, vous avez compris, il faut très vite adopter un budget même s'il est mauvais.
Moi, ce que je dis, c'est que la loi spéciale, comme c'est le cas en Espagne depuis trois ans, pourrait, par exemple, aurait pu nous permettre de durer quelques mois de manière assez correcte, repartir aux urnes parce que ce gouvernement minoritaire essaie d'imposer une politique qui n'est pas majoritaire et que le peuple de France définisse enfin ce qu'il souhaite en termes économiques et sociaux. ça aurait été préférable.
Le recours,
ça peut donner quoi ? Ça peut être là-dessus où on met en question le budget de manière globale. Très sincèrement, j'ai un doute sur le fait que le Conseil Constituel nous suit, mais j'ai au moins des observations. Par contre, dans ce regours, il y a aussi des points précis. Et vous me permettrez d'en préciser un parce que ça montre un peu la manière dont ce gouvernement lorgne vers l'extrême droite et vers le programme de l'extrême droite. C'est qu'on a tout simplement transposé la préférence nationale qui était le programme de Jean-Marie Le Pen dans des mesures et par exemple celles sur les aides au logement, la PL, pour les extra communautaires, ceux qui ne sont pas européens.
Figurez-vous que c'est la première fois qu'on essaye de faire passer une aide sociale, donc pas sur votre statut social, mais sur votre nationalité. Ça, c'est la préférence nationale. Donc j'espère bien qu'on arrivera à faire sauter ce genre de mesures plus la multiplication du droit de timbre pour les étrangers qui est absolument scandaleux puisque l'idée, ça serait de les faire payer beaucoup plus cher des papiers dont ils ont besoin pour acquérir la nationalité française ou pour avoir les papiers en règle.
Allez, on passe au portrait. Éric Coquerel, vous êtes l'invité de Questions politiques. On va tenter de mieux vous connaître. France Inter Alexandra Ben Saïd Questions politiques Alex Bouillaguet
a remonté cette archive. Cette année-là, finalement, pour gagner la route du Rhum, il fallait être celui qui accepte d'être le plus lent. d'endosser les coups. Et c'est Miche qui, après sa victoire en Vendée Globe, finalement, va l'emporter parce qu'il est celui qui sait gérer le matériel. Dans ces cas-là, tu as quand même des chances qu'il y en ait un ou deux devant mais sinon, tu as des chances d'arriver. Et celui qui arrivait ce jour la gagnait et c'était le cas de Michel.
Certains, peut-être, peuvent être surpris ce matin de vous entendre parler de la route du Rhum avec passion parce que, oui, avant la politique, vous avez eu une autre vie. vous avez été un homme de com', celui de skipper comme Miche, comme vous l'appelez, Michel Desjoyeaux ou Isabelle Autissier, mais aussi celui du Vendée Globe, cette course autour du monde en solitaire avec, à la tête de votre agence, éphémère.
Est-ce que ce n'est pas paradoxal de venir d'un monde où l'on passe son temps à aller, finalement, chercher de l'argent privé, à séduire les sponsors, à valoriser des projets à plusieurs millions d'euros pour, aujourd'hui, incarner une gauche qui fait de l'argent et du capital son principal adversaire politique ?
Alors, je vais vous répondre. Déjà, vous faites une erreur. Vous dites, quelque part, qu'avant de faire de la politique... Alors, figurez-vous. Vous l'avez dit tout à l'heure, je suis engagé depuis l'âge de 14 ans.
Je vais y revenir.
Je suis engagé depuis l'âge de 14 ans. Vous êtes un militant depuis 14 ans. J'étais déjà engagé très fortement politiquement, sauf que ça ne se voyait pas. Donc, quelque part, ça ne gênait pas mon travail, ce qui, évidemment, est devenu un peu plus gênant quand ça a commencé à se voir. Donc, non... Vous n'aviez pas de mandat, mais vous étiez militant. Mais vous savez, tout ce que vous touchez, à partir du moment où vous êtes pour changer de système, etc., tout ce que vous touchez dans la société, ce que vous produisez, on peut considérer que, finalement, vous entretenez la société. Mais, à un moment donné, j'allais dire qu'il faut bien vivre.
Et en plus de ça, il se trouve que le bateau, sur ce que vous dites, il y avait quand même un gros avantage dans ce sport-là. C'est que le moins compliqué, c'est quand on regardait, par exemple, les revenus des skippers, des marins, de leurs préparateurs, etc., ce n'est pas un monde, j'allais dire, qui explosait sous l'argent et qui, en plus de ça, véhiculait certaines valeurs, continue à les faire, d'ailleurs, autour de l'écologie, par exemple, autour, justement, de solidarité en mer que je trouve, finalement, pas vraiment décalée par rapport à ce que je défends aujourd'hui.
Trois hommes vous ont accompagnés tout au long de votre vie. Alain Crivine, figure de la Ligue communiste révolutionnaire pour laquelle vous militez, effectivement, dès 14 ans, en 1983. Jean-Pierre Chevènement, lorsque vous adhérez au MRC, Mouvement Républicain des Citoyens, en 1998. Et enfin, Jean-Luc Mélenchon, avec qui vous cofondez, en 2008, le Parti de Gauche, qui est l'ancêtre, en quelque sorte, de la France insoumise. Ils ont un point commun, ces hommes de votre vie ?
Un point commun, oui, c'est des gens de conviction, ça, c'est absolument certain, et qui ont su, à un moment donné, prendre des décisions ou exprimer certaines choses qui ont fait en sorte qu'ils soient entendus. Alors, c'est des personnages différents. Vous parlez d'Alain Crivine, je n'ai pas eu le même rapport à Alain que j'ai pu avoir avec Jean-Pierre Chevènement, encore moins avec Jean-Luc Mélenchon. C'était plus le cadre collectif de la LCR, une organisation trotskiste, révolutionnaire, effectivement, où j'ai passé plusieurs décennies. Jean-Pierre Chevènement, moi, je trouve qu'il y a un point commun avec Jean-Luc. Il y a deux points communs avec Jean-Luc Mélenchon.
Un, c'est, il a la République chevillée au corps et notamment, la question d'une République sociale laquelle moi, dont je m'inspire, personne sur lequel je me reconnais le plus et j'aurai, pour aller vite. Et puis, une deuxième chose, c'est la question, justement aussi, de la souveraineté, c'est-à-dire l'importance de la souveraineté populaire. Bon, je pense que, Jean-Pierre Chevènement, c'est pour ça que j'étais parti, a eu le tort au bout d'un moment, de la considérer qu'il était possible de le faire en ignorant les clivages gauche-droite et donc les clivages sociaux. Quant à Jean-Luc Mélenchon, vous l'avez dit, là c'est assez différent, on a cofondé ensemble le parti.
Vous avez cofondé, vous le rencontrez en 2003, compagnon âge de plus de 20 ans. Aujourd'hui, vous, à 67 ans, vous êtes finalement le rare, le seul sexagénaire de l'équipe, le seul rescapé de votre génération, même, tous ont été quand même chassés du parti. Vous êtes entouré de trentenaires, Mathilde Panot, Manuel Bompard, Clémence Guettet pour ne citer qu'eux. Pourquoi ? Parce que vous êtes toujours là.
C'est aussi un peu la pyramide des âges que vous racontez là.
Non, mais enfin, je veux dire, M. Corbière, Daniel Simonnet, enfin voilà, tous ceux de votre génération ont disparu. Pourquoi ?
Ils n'ont pas disparu, ils continuent à faire de la politique.
Oui, mais ils ne sont plus aux insoumis.
Non, ils ne sont plus aux insoumis. Pourquoi vous,
vous y êtes toujours ? C'est parce que vous tenez la vie, quoi qu'il en coûte ?
Non, parce que je considère que... Vous savez, quand vous avez essayé de construire toute votre vie une force politique capable de faire en sorte de gouverner en France, d'ailleurs d'être majoritaire et de gouverner sur un programme de rupture et que cette force, vous êtes parvenu à la co-construire avec d'autres de façon à ce que elle est un candidat à la présidentielle qui non seulement soit largement devant justement la gauche d'accompagnement mais même tutoie le deuxième tour, être capable d'y aller, être capable d'avoir le plus gros groupe à l'Assemblée.
Très sincèrement, vous réfléchissez à deux fois avant de partir, il faudrait vraiment des très gros arguments que moi je n'ai pas trouvé pour partir d'un tel outil et l'outil France Insoumise c'est celui qui peut nous permettre parce que c'est aujourd'hui la formation qui a le plus de militants dans ce pays, le plus de sympathisants, le plus de députés qui fait les plus gros résultats aux élections nationales, c'est celle qui nous permet d'appliquer notre programme de rupture.
Vous priez que la relève Jean-Luc Mélenchon ? Et qui n'est pas... Attendez, Olivier Faure qui vient de dire que vous n'êtes pas d'extrême-gauche, vous appréciez ?
J'apprécie, je préfère qu'ils disent ça plutôt que l'inverse.
Nous vous avons demandé de venir avec une carte blanche, vous avez une minute pour braquer les projecteurs sur un sujet.
Ah oui, j'y tiens beaucoup. Mon sujet, c'est tout simplement, malheureusement, la montée du climato-scepticisme, quoi. Moi qui me terrifie. Moi je pense que l'urgence absolue, c'est pas de... c'est pas la dette financière, elle est importante, etc. c'est la dette écologique, c'est-à-dire celle dont nos enfants et nos petits-enfants ne vont pas se remettre. Et on a vécu depuis une vingtaine d'années avec le fait qu'on n'allait pas assez vite, c'était pas assez fort, c'était pas assez haut niveau, mais au moins n'était pas remis en question la nécessité d'agir sur la question environnementale, biodiversité.
Et là, le vent qui nous vient des États-Unis avec Trump, c'est-à-dire la remise en question de financement, de recherche, la censure même sur tout ce qui est environnemental dans la recherche, le fait de baisser les aides au développement à hauteur de 7 milliards, le fait de relancer toutes les énergies fossiles comme il l'a fait, en plus, j'ai pas besoin un peu de trop décrire la personne, est quelque chose d'inquiétant. Mais malheureusement, ça commence à venir en France très largement.
Pourquoi vous avez voté contre les ZFE, la pollution de l'air ? Ça fait 40 000 décès prématurés par an ?
Juste pourquoi ça commence à venir en France ? Allez-y. D'accord, et puis vous allez me poser, je peux répondre à votre question. Ça commence à venir en France
que ça fait deux ans
alors qu'il faudrait 37 milliards de budget de l'État, c'est pas moi qui le dit, c'est un économiste pisaniféri qui était l'économiste de Macron au départ. Il faudrait 37 milliards de plus d'investissements publics pour respecter les accords de Paris. Ça fait deux ans qu'on baisse les budgets de l'environnement, qu'on attaque l'Office français de la biodiversité, qu'on attaque l'ADEME, qu'on attaque Météo France, qu'on attaque les opérateurs, etc., etc., qu'on propose des lois du plomb qui réintroduisent les pesticides cancérigènes et autres. Et moi, ça me terrifie parce qu'on voit bien les effets absolument catastrophiques.
Et le premier effet, je termine là-dessus, je vais répondre aux effets, le premier effet, c'est qu'on n'est plus qu'à 1,6% de baisse en pourcentage du gaz à effet de serre, alors qu'on s'est approché des 5-6% qui sont nécessaires pour respecter les accords de Paris.
Et que fait LFI ? C'est la question des zones à faible émission. Oui, il n'y a pas une forme de contradiction parce que vous dites que c'est terrifiant ce qui arrive. Mais enfin, les ZFE, c'est 40 000 décès prématurés chaque année.
Oui, mais moi je crois que...
La pollution de l'air. Exactement. Et vous avez votre vote
contre ? Si vous opposez fin du mois et fin du monde, ça ne peut pas fonctionner. Autrement dit, l'écologie, elle ne peut pas commencer par le fait d'attaquer ceux qui ont le moins.
C'est discriminatoire finalement d'empêcher les plus modestes d'aller dans les centres-villes
avec leurs voitures. Dans le même temps, vous ne renforcez pas les services publics ferroviaires, par exemple, de transport. Vous ne donnez pas les moyens aux gens de se déplacer. Vous supprimez les garrions. Vous ne donnez pas aux gens les moyens de se priver de leur voiture. Donc je trouve que c'est une double peine. C'est-à-dire que vous forcez les gens. Ils sont obligés de continuer, mais ils ne peuvent pas s'acheter la voiture qui va aller bien et qui d'ailleurs à certains moments est tout aussi polluante parce qu'elle pèse très très lourd même si elle est hybride. Donc tout ça, à mon avis, est exactement ce qu'il ne faut pas faire.
Ce qu'il faut faire, c'est qu'il faut faire une vraie planification écologique, c'est-à-dire orienter notre économie sur la règle verte, c'est-à-dire ne pas produire et consommer plus que la terre ne peut absorber. C'est de l'isolation thermique, c'est du 100% renouvelable et en plus, ça crée de l'emploi. Ça nous emmène vers 2027. C'est l'inverse du budget et c'est une des raisons pour lesquelles ce budget est notamment très mauvais.
À Belmestre, France 2027, c'est le grand thème que vous voulez creuser aujourd'hui. On va parler du positionnement insoumis sur l'international. Jean-Luc Mélenchon, on a tracé les principales lignes mercredi dans une conférence consacrée au sujet. Donc dans ce monde bousculé avec l'arrivée de Trump au pouvoir, la guerre en Ukraine, le conflit au Proche-Orient, on voit qu'un nouvel ordre mondial se dessine. Face à cela, la France insoumise prône une doctrine de non-alignement. C'est l'expression. Qu'est-ce que c'est exactement ? Est-ce qu'il n'y a pas un risque de voir la Russie et la Chine ?
Non, je ne crois pas. Je crois qu'au contraire, ça peut être le fait d'avoir une France mieux entendue et qui pèse davantage qu'elle ne pèse aujourd'hui parce qu'aujourd'hui, elle ne pèse pas. Pour comprendre le moment et la dangerosité de ce moment, on a eu depuis des décennies un capitalisme qui s'est construit sur le libre-échange et qui du coup maintenant est face à un nouveau modèle, notamment depuis l'élection de M. Trump, qui est l'affrontement entre des blocs politico-économiques qui misent en plus sur l'industrie de défense, l'armement, pour relancer leur industrie. Donc on voit que cette confrontation, elle peut être très dangereuse.
Ça a donné la garde 14, je le rappelle, qui est venue après la première période de mondialisation capitaliste. Donc c'est dire le moment dans lequel nous sommes. Je ne crois pas que la France a intérêt à cotiser à ça. Je ne crois pas que la France ait intérêt soit à être alignée à des blocs, alors là on voit en plus que ça ne sert plus à rien puisque M. Trump nous considère quasiment maintenant comme des adversaires. C'est le document de stratégie nationale qu'il a donné. et de la même manière, je ne crois pas non plus qu'on doit être afféodé, que ce soit la Chine, que ce soit la Russie, par rapport à ça. Donc on doit être incapable de se faire entendre sur un nouveau projet.
Pourquoi vous ne prenez pas
une Europe de la Défense, par exemple, à ce moment-là, comme pôle alternatif à ces trois grandes puissances ? Pourquoi vous ne prenez pas une Europe de la Défense, par exemple, comme pôle alternatif à ces trois impérialistes ?
Mais parce que justement, il se trouve que l'Union Européenne, la Défense, le voit avec la manière dont par exemple Mme von der Leyen a signé un accord du Mercosur alors que la France est opposée, on voit bien que l'Europe, la manière dont ça se construit, ne nous protège pas de l'inféodation vis-à-vis des États-Unis. On n'a pas forcément les mêmes intérêts. Donc, je ne crois pas que ce soit cette constitution. Et même, je ne crois pas non plus à l'idée qu'il faudrait quelque part que l'Europe se retrouve en rapport de force également, c'est-à-dire dans cette espèce de course justement à l'armement, à la confrontation avec les autres blocs.
Je crois davantage, pour vous donner un exemple par exemple précis récent, de ce que la France aurait dû faire, ce que l'Espagne a fait. Au moment où le président vénézuélien a été enlevé, kidnappé par les États-Unis d'Amérique contre tout droit international, l'Espagne a pris la responsabilité de par ses liens historiques avec plusieurs pays d'Amérique latine de faire un front du refus.
Nous, par exemple, cette nouvelle politique que nous proposons aurait pu nous conduire, parce qu'en plus, il se trouve qu'on est aussi un pays latino-américain par la Guyane et par les îles, aurait pu nous conduire à travailler, à avoir des coopérations renforcées, à certains moments, si c'est toute l'Europe, tant mieux, mais des coopérations renforcées toujours avec l'objectif de la paix et aussi le sujet dont je parlais tout à l'heure. Est-ce qu'il n'y a pas
un front du refus ? Comment ? Est-ce qu'il n'y a pas un front du refus que, pour reprendre votre expression, que la France mène avec la coalition des volontaires sur la guerre en Ukraine ? Volodymyr Zelensky, le président ukrainien, a dit vendredi que les Américains proposaient à la Russie et à l'Ukraine de mettre fin à la guerre d'ici le début de l'été et qu'ils exerceront probablement des pressions sur elle pour qu'elle respecte ce calendrier. Est-ce que l'Europe, la France, n'a pas un rôle à jouer sur cette question ?
Si le rôle de l'Europe, c'est d'accepter le diktat américain que tous les pays européens fassent mettre 3,5% de leur PIB sur la défense et aillent en Ukraine, envoyant des troupes en Ukraine et fassent, j'allais dire, la voiture balaie d'un accord imposé en plus, on ne sait même pas qu'en pensent les peuples, notamment le peuple ukrainien, je ne suis pas sûr que ce soit la meilleure chose que nous ayons à faire.
Je crois que aider l'Ukraine, soutenir l'Ukraine, notamment en termes d'armement, est nécessaire et je pense que la France aurait dû davantage se mettre en position qu'elle n'a plus aujourd'hui d'être l'interlocutrice pour une sortie diplomatique de cette histoire, ce que font maintenant les Etats-Unis avec des positions, on le voit, où ils n'entendent que leurs intérêts parce que la question pour eux, c'est les terres rares, exactement comme ils le font vis-à-vis de l'Iran. Donc je crois que la France n'a pas forcément intérêt à être la force d'appoint d'une stratégie américaine sur cette histoire.
La situation de tension dans le monde, c'est l'Iran. Alors la France insoumise soutient le mouvement en Iran. D'ailleurs, il y a eu une déclaration de Jean-Luc Mélenchon, un communiqué. Beaucoup d'autres formations de gauche le font aussi. On appelait des rassemblements il y a une quinzaine de jours. Mais on a l'impression quand même que cette mobilisation peine à prendre en France par rapport, par exemple, à ce qui s'est passé pour la Palestine. Comment vous expliquez cette... pas cette indifférence, mais en tout cas, cette non prise de conscience dans la population et notamment parmi la France de gauche ? Je peux vous assurer. Enfin, en tout cas... Les organisations sont là.
Ça fait des décennies qu'on s'oppose au régime des Mola de manière très forte à chaque fois. Notamment, du communiqué. Voilà. Non, mais même la France insoumise, on a été à chaque fois dans toutes les mobilisations. Il faut continuer à le faire. Peut-être parce que... J'allais dire, c'est peut-être l'impuissance qui... dans cette affaire qui prédomine. Pourquoi ? Parce que vous voyez bien que la solution, c'est pas que les États-Unis interviennent. S'ils interviennent, on sait ce qu'ils sont en train de faire avec les rangs, c'est uniquement par rapport à l'approvisionnement du pétrole en Chine. C'est ça qui les préoccupe pas, qui les préoccupe.
Ils n'en ont rien à faire de la répression féroce du régime iranien. Et du coup, c'est l'impression que la France, là aussi, est un peu impuissante. Moi, je pense que, par exemple, on devrait faire ce qui a été fait avec l'Israël de M. Netanyahou et le Hamas, c'est-à-dire déposer, par exemple, devant la Cour de justice internationale une plainte avec une décision de l'appliquer immédiatement comme ça avait été fait. Voilà, je pense qu'on devrait prendre des mesures comme ça vis-à-vis du régime iranien et peut-être que ça mobiliserait aussi davantage la population derrière des choses concrètes. En tout cas, je l'engrède comme vous.
Éric Cochrane, il nous reste 30 secondes pour un vrai-faux. Vous êtes prêts ? Ah oui. Allez, il faut se préparer à un choc avec la Russie d'ici 3 à 4 ans. Vrai ou faux ? Faux. La France aurait tout à perdre à sortir de la zone euro. Vrai ou faux ?
Vrai.
Vous vous verriez bien, candidat LFI à la présidentielle de 2032. Vrai ou faux ? Faux. Éric Cochrane, merci d'avoir répondu à nos questions politiques et merci aux téléspectateurs, aux auditeurs de nous avoir suivis.
Éric Coquerel