Joëlle Garriaud-Maylam concernant le Brexit : " Tout s’effondre, personne ne sait où on va"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Défensif 90 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:20OuverteRéponse directe
Que peut-il se passer maintenant ? Avec quelles conséquences pour la France ? Quelle est l'atmosphère au Royaume-Uni ?
- 2:21OuverteRéponse directe
Et de toutes les hypothèses pour la suite, qu'est-ce qui vous semble le plus probable ? Il y a un plan B ? Il y a un divorce sans accord ? Il y a un nouveau référendum ?
- 3:31OuverteRéponse directe
C'est quoi le coup près ? C'est les élections européennes ?
- 4:48OuverteRéponse directe
Vous qui vivez au Royaume-Uni, justement, là-bas, on ne parle que de ça ?
- 5:33OuverteRéponse directe
Il y a une inquiétude chez les expatriés ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:42Invité politiqueFait
« Absolument. Je crois que vraiment personne ne s'attendait à un tel résultat. »
- 0:52Invité politiqueFait
« On savait bien sûr que Theresa May risquait de ne pas arriver à faire passer cet accord. »
- 0:58Invité politiqueChiffre
« une telle différence de voix, 200 voix. C'est absolument énorme. »
- 1:10Invité politiqueFait
« Ils sont opposés au Brexit ou à ce Brexit tel qu'il a été négocié par Theresa May ? »
- 2:06Invité politiqueFait
« Je veux rendre hommage aussi à Michel Barnier, par exemple, qui s'est donné énormément de mal pour négocier cet accord qui était le moins mauvais possible dans les circonstances. »
- 2:17Invité politiqueFait
« Et aujourd'hui, tout s'effondre et personne ne sait où on va. »
- 2:28Invité politiqueFait
« Le plan B, c'est difficile. Les autorités européennes ont bien dit qu'elles ne pourraient pas aller au-delà des concessions qu'elles avaient déjà faites. »
- 4:15Invité politiqueFait
« Et puis, n'oublions pas non plus que la Cour européenne de justice a bien décrété qu'on pouvait parfaitement revenir sur l'article 50 et abolir l'article 50. »
- 6:06Invité politiqueChiffre
« Il y en a environ 250 000 officiellement. Sans doute beaucoup plus. »
- 6:10Invité politiqueChiffre
« C'est la même chose pour les Britanniques en France. On estime leur nombre à 300 000 personnes. »
- 6:18Invité politiqueChiffre
« Vous avez déjà 1 500 Britanniques fonctionnaires qui risquent de perdre leur poste. »
Temps de parole
- Invité politique83 %
- Présentateur17 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Big Bang au pays de Big Ben. La formule n'est pas de moi, je l'ai piquée à l'humanité, mais elle illustre bien, je trouve, la pagaille actuelle au Royaume-Uni. Les députés ont rejeté hier soir l'accord sur le Brexit, concocté par Theresa May et les dirigeants européens. Et dans la foulée, les travaillistes ont lancé une motion de censure contre le gouvernement conservateur. Le vote aura lieu ce soir. Que peut-il se passer maintenant ? Avec quelles conséquences pour la France ? Quelle est l'atmosphère au Royaume-Uni ? J'ai une liste de questions longues comme le bras à vous poser, Joël Garriot-Mélame. Bonjour. Bonjour.
Vous êtes sénatrice LR, vous représentez les Français de l'étranger, vous êtes également membre de la commission spéciale qui a été mise en place par le Sénat en vue du Brexit. Et puis vous vivez à Londres depuis plus de 30 ans. Là, on est dans le pire des scénarios possibles ?
Absolument. Je crois que vraiment personne ne s'attendait à un tel résultat. On savait bien sûr que Theresa May risquait de ne pas arriver à faire passer cet accord. Les signaux étaient clairs. Mais une telle différence de voix, 200 voix. C'est absolument énorme. Et ça ne lui laisse guère de possibilités. Alors bien évidemment, c'est la pagaille. Bon, on sait que les parlementaires, dans leur majorité, étaient opposés au Brexit. Ils sont opposés au Brexit ou à ce Brexit tel qu'il a été négocié par Theresa May ?
Alors, c'est ça qui est très intéressant parce que vous avez à la fois les travaillistes qui sont opposés parce qu'évidemment, beaucoup souhaiteraient en grande majorité le Remain et rêvent d'un deuxième référendum et rêvent aussi par la même occasion de se débarrasser de Theresa May et de changer le gouvernement. Le gouvernement. Et vous avez aussi, chez les conservateurs, beaucoup de députés qui sont opposés parce qu'ils estiment que l'accord n'est pas suffisamment bon parce que vous voulez vraiment le Brexit dur. Donc, en fait, c'est une alliance de contraires, d'oppositions. Mais le résultat est là.
Une défaite cuisante contre Theresa May sur laquelle tout le monde aujourd'hui s'acharne bien évidemment. Alors que je crois qu'il faut reconnaître qu'elle a essayé de faire du mieux qu'elle pouvait pour essayer de sauver la situation. Je veux rendre hommage aussi à Michel Barnier, par exemple, qui s'est donné énormément de mal pour négocier cet accord qui était le moins mauvais possible dans les circonstances. Et aujourd'hui, tout s'effondre et personne ne sait où on va.
Et de toutes les hypothèses pour la suite, qu'est-ce qui vous semble le plus probable ? Il y a un plan B ? Il y a un divorce sans accord ? Il y a un nouveau référendum ?
Le plan B, c'est difficile. Les autorités européennes ont bien dit qu'elles ne pourraient pas aller au-delà des concessions qu'elles avaient déjà faites. Theresa May risque de perdre son poste, mais ça m'étonnerait quand même parce que beaucoup de conservateurs qui ont voté contre son plan ne veulent pas prendre le risque de perdre eux-mêmes leur poste dans un nouveau vote, dans cette motion de défiance. Donc ça, je n'y crois pas trop, mais vous savez, aujourd'hui, tout peut arriver.
Et évidemment, l'idéal pour nous, europhiles, ce serait un deuxième référendum, mais avec aussi des difficultés, dans la mesure où le premier a déjà créé de telles divisions au sein de cette société britannique, jusqu'alors plutôt consensuelle, au sein même des familles. Ça a été quelque chose de terrible, avec vraiment beaucoup de tensions, et on voit bien que cette atmosphère continue, empire. Les Britanniques n'en peuvent plus de ces discussions sur le Brexit.
Et ce qui complique la chose, c'est qu'il y a une date butoir. Il y a le 29 mars, ça c'est la date prévue pour le divorce. Il y a aussi les élections européennes du 26 mai. C'est quoi le coup près ? C'est les élections européennes ? De toute façon, on n'ira pas au-delà ? Parce que sinon, il faut quoi ? Il faut qu'il y ait de nouveau des élections en Angleterre ?
Absolument, parce qu'il faudrait que les Britanniques, s'ils restaient, puissent voter. Il faut vraiment qu'il y ait un accord qui ait lieu, ou peut-être effectivement un deuxième référendum. Et on a le temps d'organiser avant le 26 mai un deuxième référendum ? C'est difficile, mais pourquoi pas ? Vous savez, beaucoup de jeunes ont été privés de vote. Deux ans plus tard, ils se disent qu'ils sont concernés, eux. Ils ont envie de participer, ils n'ont pas eu cette possibilité-là. Il y a pas mal d'arguments. Et puis, n'oublions pas non plus que la Cour européenne de justice a bien décrété qu'on pouvait parfaitement revenir sur l'article 50 et abolir l'article 50.
Mais il y a aussi un risque qui est le risque de populisme, puisqu'on les voit pointer leur nez. Certains conservateurs disent « Ah mais pourquoi pas avoir Boris Johnson qui reprendrait les reines du gouvernement ? » Ce qui serait quand même assez catastrophique, parce que nous avons besoin de travailler ensemble avec le Royaume-Uni. Nous avons besoin de mettre en place une sortie ordonnée. Vous qui vivez au Royaume-Uni, justement, là-bas, on ne parle que de ça ? On ne parle que de ça. C'est cauchemardesque. Et les gens, vraiment, n'en peuvent plus. Le grand souhait pendant les fêtes de Noël, par exemple, c'était surtout, s'il vous plaît, ne parlons pas de Brexit pendant quelques jours.
Pour ne pas gâcher les fêtes de fin d'année, pour ne pas qu'on s'échappe en famille. C'est exactement ça. Et je crois vraiment qu'il y a une lassitude profonde. Il y a même certains Remainers, certains membres. Je pense à un directeur de Chatham House qui s'était battu pour le Remain, qui me disait « Mais maintenant, je n'en peux plus. Il faut que ce soit un Brexit, qu'on passe à autre chose. Tant pis, je soutiens l'accord. Il faut qu'on en sorte à tout prix. »
Joël Garriot-Mélame, je rappelle que vous représentez les Français, l'étranger. Vous êtes sénatrice. Il y a une inquiétude chez les expatriés ?
Évidemment. Évidemment, parce qu'il y a eu des promesses. Bien évidemment que la situation ne changerait pas, bien sûr. Mais aujourd'hui, personne ne sait. S'il y a un Brexit dur, personne ne sait ce qui va se passer pour les expatriés. Bon, évidemment, il y a des choses qui sont mises en place. C'est un certain statut. Mais enfin, tout peut être remis en question. Et ça, c'est un sujet qui est extrêmement important. Parce que je pense aux Français de Grande-Bretagne. Il y en a combien ? Je pense aussi aux Britanniques en France. Il y en a environ 250 000 officiellement. Sans doute beaucoup plus. C'est la même chose pour les Britanniques en France. On estime leur nombre à 300 000 personnes.
Et on se trouve avec des situations extrêmement graves. Vous avez déjà 1 500 Britanniques fonctionnaires qui risquent de perdre leur poste. Et en Grande-Bretagne, on ne sait pas. Parce que là encore, vous avez des familles qui sont totalement fracturées. Alors, c'est pour cela que j'ai demandé, dans le cas de la commission de travail Brexit, mais au sein aussi pour le Conseil franco-britannique, j'estime qu'il est très important de mettre en place des comités de suivi. Par exemple, le sort en cas de non-accord. Le sort des Français de Grande-Bretagne sera vu sur un principe de réciprocité avec, bien sûr, la situation des Britanniques en France.
Mais il y aura forcément de très gros problèmes. Et donc, il est très important de mettre en place une structure, un comité composé de Français, de Britanniques, à part égale, de parlementaires, mais aussi de représentants de la société civile, pour pouvoir exercer cette vigilance et proposer des situations pour essayer de résoudre certains cas qui seront dramatiques.
Merci beaucoup Joël Garriot-Mellam, sénatrice. Vous représentez les Français de l'étranger. Vous étiez l'invité du 5-7 ce matin.