Futur gouvernement de Lecornu: l'interview en intégralité d'Othman Nasrou, secrétaire général des LR
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 45 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:14OuverteRéponse directe
Que se passe-t-il du côté des LR ? Est-ce que votre parti est en train d'imploser autour de cette question cruciale ?
- 0:21FerméeRéponse directe
Faut-il, oui ou non, participer à ce deuxième gouvernement de Sébastien Lecornu ?
- 0:48RelanceRéponse partielle
Quand vous dites que vous avez pris une décision, ça veut dire que tout le monde est d'accord au sein de votre parti ?
- 1:10FerméeÉludée
Ce point, ce n'est pas gagné du coup ?
- 1:28OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous concédez qu'aujourd'hui, ça a été très tendu au sein de votre parti ?
- 1:34RelanceRéponse directe
Et que ce soir encore, la question n'est pas réglée ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:40Invité politiqueFait
« Nous avons pris une décision, dans le cadre de nos instances, de ne pas participer à ce gouvernement. »
- 1:02Invité politiqueFait
« Nous voulons être un facteur de stabilité. Oui, nous ne sommes pas là pour faire tomber les gouvernements. »
- 1:06Invité politiqueFait
« Ce qu'on veut, c'est qu'il y ait un budget à la fin de l'année. Le meilleur budget est possible. »
- 1:24Invité politiqueFait
« Ce gouvernement était morné, que les retombées étaient catastrophiques et qu'il allait être censuré dans quelques jours. »
- 2:05Invité politiqueFait
« Nous voulons à la fois de la stabilité, mais nous ne voulons pas non plus voir appliquer le programme de la gauche. »
- 2:18Invité politiqueFait
« Nous faisons le choix d'être du côté de la stabilité, du soutien texte par texte, du soutien à un budget. »
- 2:41Invité politiqueFait
« Il y a d'un côté le Rassemblement National qui a décidé de tout censurer. »
- 2:59Invité politiqueFait
« Non seulement il a servi, mais il est allé aussi loin qu'il pouvait dans le cadre de sa mission. »
- 3:21Invité politiqueFait
« Nous avions négocié une feuille de route pour éviter la taxe Zucman, le retour de l'ISF. »
- 3:37Invité politiqueFait
« Pour nous, c'est compliqué d'assumer ce pas. C'était pas dimanche. »
- 3:43Invité politiqueFait
« Dimanche, il y a eu une rupture de confiance. »
- 6:42Invité politiqueFait
« Nous sommes entrés au gouvernement pour empêcher la gauche d'arriver au pouvoir. »
- 6:59Invité politiqueFait
« Cette confiance n'était plus au rendez-vous. »
- 9:09Invité politiqueFait
« Ce n'est pas simplement la réforme elle-même. C'est que ça veut dire que dans ce pays, on ne pourra plus jamais avoir une réforme structurelle. »
- 10:41Invité politiqueFait
« Nous, nous n'avons jamais été favorables à l'idée folle qui consiste à dire qu'il faut empiler des taxes et des impôts alors qu'on a déjà le record du monde des prélèvements obligatoires. »
- 11:27Invité politiqueChiffre
« L'ISF a fait partir 16 000 foyers dans notre pays et c'est probablement un impôt qui avait un rendement négatif. »
Temps de parole
- Othman Nasrou46 %
- Invité24 %
- Présentateur15 %
- Invité 26 %
- Invité 35 %
- Invité 44 %
≈ 4,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Notre prochain invité est Otman Nassrou. Bonsoir. Bonsoir. Secrétaire général des Républicains, vous êtes bien assis sur votre chaise, confortablement, parce qu'on a quelques questions à vous poser très importantes. Et on attend beaucoup de franchises de votre part. Que se passe-t-il du côté des LR ? Est-ce que votre parti est en train d'imploser autour de cette question cruciale ? Faut-il, oui ou non, participer à ce deuxième gouvernement de Sébastien Lecornu ?
Mais si on continue comme ça, c'est le pays qui est en train d'imploser. Parce que vous voyez bien qu'il y a énormément de confusion, cette situation n'est pas simple, et donc voilà, je comprends qu'il y ait beaucoup... Votre question est légitime. Non, nous ne sommes pas en train d'imploser. Nous avons pris une décision, dans le cadre de nos instances, de ne pas participer à ce gouvernement. Parce que nous avons considéré que les conditions et que la confiance n'étaient pas réunies pour une nouvelle participation.
Mais quand vous dites que vous avez pris une décision, ça veut dire que tout le monde est d'accord au sein de votre parti ?
Il n'y a pas un seul parti où tout le monde est d'accord. Bien sûr que non, bien sûr qu'il y a des nuances, bien sûr que nous ne sommes pas une caserne, bien sûr que nous ne sommes pas tous d'accord. Mais nous sommes d'accord sur un certain nombre de choses. D'abord, nous voulons être un facteur de stabilité. Oui, nous ne sommes pas là pour faire tomber les gouvernements. Et donc, ce qu'on veut, c'est qu'il y ait un budget à la fin de l'année. Le meilleur budget est possible.
Ce point, ce n'est pas gagné du coup ?
Pour ?
Vous avez fait tomber le premier gouvernement de Sébastien.
Parce que vous pensez qu'il suffit d'un tweet pour faire tomber un gouvernement. Je vous pense que vous avez plus, on a dit qu'on se parlait franchement, plus d'expertise politique pour savoir que ce gouvernement était morné, que les retombées étaient catastrophiques et qu'il allait être censuré dans quelques jours. Je ne crois pas.
Alors si on se parle franchement, Matt Nassrou, est-ce que vous concédez qu'aujourd'hui, ça a été très tendu au sein de votre parti ? Et que ce soir encore, la question n'est pas réglée ?
Mais je vous le dis très clairement, nous avons des débats qui peuvent être vifs, bien sûr. Mais vous avez vu ce qui s'est passé cette semaine ? Est-ce que ça se passe mieux chez Horizon ? Avec Edouard Philippe qui demande le départ du président. Non, mais d'accord, je sais, oui, mais je vous réponds. Pardon, vous avez vos questions, j'ai ma réponse. Ma réponse, elle est extrêmement claire. Bien sûr que c'est compliqué parce que le moment est compliqué. Bien sûr. Et moi, je comprends tout à fait nos députés qui sont en première ligne, qui ont entre les mains le pouvoir de censurer ou pas, qui sont courageux, qui font comme ils peuvent dans cette situation.
Il n'y a pas une bonne solution et une mauvaise. Nous voulons à la fois de la stabilité, mais nous ne voulons pas non plus voir appliquer le programme de la gauche. Nous ne voulons pas être dans un gouvernement qui va tout céder au Parti Socialiste. C'est là notre crainte. Et c'est pour ça que nous faisons le choix d'être du côté de la stabilité, du soutien texte par texte, du soutien à un budget. Mais nous ne voulons pas être dans un gouvernement qui risque, je le crains, et je ne le souhaite pas, tout céder à la gauche.
Pourquoi est-ce que tout le monde n'est pas d'accord avec cette consigne-là ?
Mais parce que certains, comme la question qui m'a été posée à l'instant, peuvent croire que ça va déstabiliser le gouvernement. Moi, je ne crois pas que pour tenir, le gouvernement ait besoin de ministres l'air. Pour tenir, le gouvernement a besoin de ne pas être censuré. Et ce que je regrette, c'est qu'il y a d'un côté le Rassemblement National qui a décidé de tout censurer. D'ailleurs, je trouve qu'il y a une grande indulgence dans les commentaires, parce que cette position est quand même invraisemblable. Elle ne permet pas d'avancer, ce n'est pas sérieux. Et puis, on a un parti socialiste qui est totalement extrémiste dans ses demandes.
Mais ce gouvernement n'a pas besoin de vous, donc il a servi à rien, Bruno Retailleau, au ministère de l'Intérieur ?
Mais non seulement il a servi, mais il est allé aussi loin qu'il pouvait dans le cadre de sa mission. Et d'ailleurs, le commentaire pourrait être aussi de se dire que, vous voyez, on ne court pas derrière les places. Il aurait été beaucoup plus confortable.
Mais pardon, mais il devait participer dimanche soir. Donc, il a été au bout de sa mission, ou est-ce que dimanche soir, il y a eu un désaccord dont on vit l'effet de séisme aujourd'hui ?
Bien sûr qu'il y a eu un changement depuis dimanche, évidemment, puisque nous avions négocié une feuille de route pour éviter la taxe Zucman, le retour de l'ISF, à chaque fois, c'est la droite qui fait ce travail-là, d'être un rempart, de ne pas continuer à aller dans les déficits, dans la dépense publique, dans la hausse de la fiscalité. Et donc, il y a eu cette feuille de route, et puis ensuite, on a vu apparaître la suspension, par exemple, de la réforme des retraites, qui n'était pas dans cette feuille de route. Et pardon, pour nous, c'est compliqué d'assumer ce pas. C'était pas dimanche. Oui, mais il y a toute une semaine, je vous fais le fil de la semaine.
Dimanche, il y a eu une rupture de confiance.
Vous êtes en train de me dire que vous avez aussi vos lignes rouges, et on va en reparler, mais Tugdual-Denis, peut-être quand même un éclairage sur ce qui se passe du côté des LR aujourd'hui. On sent bien qu'il y a les rivalités entre Laurent Wauquiez et Brune Retailleau, mais aussi des rivalités entre sénateurs et députés. Les militants LR, qu'est-ce qu'ils disent de cela ?
Écoutez, je le dis avec toute l'amitié personnelle que je peux avoir pour Ottman Nassrou, mais les Républicains, et vous, donc, collectivement, êtes en train de faire absolument n'importe quoi depuis une semaine. Vous prenez des décisions contradictoires et incompréhensibles pour votre électorat. Bruno Retailleau refuse de participer à un gouvernement sous prétexte qu'il y a Bruno Le Maire, ça fait dix mois qu'il est assis tous les mercredis en Conseil des ministres à côté d'Elisabeth Borne et de Jean-Noël Barraud, ou d'Éric Lombard, qui vient du Parti Socialiste.
Il refuse de participer au gouvernement Le Cornu 2, alors qu'il était tout à fait disposé, sur le fond, à participer au gouvernement Le Cornu 1. Et aujourd'hui, vous signez un communiqué pathétique à la sortie d'une réunion qui devait l'être tout autant, puisqu'on a appris que vous étiez tous engueulés à l'intérieur et que Bruno Retailleau n'arrive pas à cheffer, alors qu'il a fait 75% des voix contre Laurent Wauquiez il y a quelques mois, et que ça aurait dû asseoir son autorité. Et vous faites un communiqué absolument pathétique, puisque vous expliquez, dedans, avec les mêmes éléments de langage que M.
Saint-Martin, qui vous a précédé sur ce plateau, et qui est macroniste, issu du Parti Socialiste, qu'il ne faut pas être les artisans du chaos. Mais vous ne croyez pas que le chaos, il est maintenant, M. Othman Nassrou ?
Vous ne croyez pas que, en fait, les électeurs de droite, et nous, on a un sondage qui le montre, ils en ont absolument marre que vous soyez la béquille des macronistes qui sont absolument en train de sombrer, et qui ont montré à la fois leur malhonnêteté intellectuelle, puisque Le Cornu a menti les yeux dans les yeux à Bruno Retailleau, à Matignon, dans son bureau de Matignon, il y a une semaine, et à la fois totalement divergent de vous sur le plan idéologique, puisqu'ils sont en train de vous amener vers une suspension de la réforme des retraites. Je ne prendrai que cet exemple. Et donc, aujourd'hui, non seulement... On va laisser répondre à votre malnêteté. Je finis.
Ce n'est pas vraiment une question, mesieurs. Non seulement, il y a effectivement la perfidie, entre guillemets, de l'envoqué qui chauffe ses députés à blanc pour affébire Bruno Retailleau, et en voulant participer carrément à ce gouvernement, mais en plus, il y a quand même l'inanité de vous, de Bruno Retailleau et de je ne sais qui, à l'intérieur du parti, qui parle quand même encore de soutien. Il n'y a rien à soutenir. Aujourd'hui, les Français, ils veulent une dissolution, ils veulent censurer tout ce qui bouge, et les électeurs des Républicains, ils sont comme tout le reste des Français, ils veulent qu'on arrête cette farce et cette pantalonale.
Hothman Nassrou, c'est vrai que c'est compliqué, c'est difficile de suivre ce qui se passe dans votre parti, là, depuis une semaine.
Oui, mais c'est parce que la situation est difficile, et j'ai de l'amitié aussi pour Tugue Duhal-Denis, je n'ai pas le même sens de la nuance, et moi je présenterai les choses un peu différemment, si vous me le permettez. Parce que pourquoi est-ce qu'on était dans ce gouvernement jusque-là ? Ils auraient été ravis qu'on se lave les mains de cette situation, comme le fait l'ERN, qu'on se dise que nous, on va rester loin des difficultés, et on va laisser la gauche arriver au pouvoir. Nous sommes entrés au gouvernement pour empêcher la gauche d'arriver au pouvoir, par contre, empêcher la gauche d'arriver au pouvoir, ça ne peut pas être appliqué sans programme.
Et ce qui s'est passé cette semaine, la rupture de la confiance, vous l'avez évoqué vous-même, à l'instant, il y a eu une rupture de confiance, on a senti qu'on ne pouvait pas continuer dans cette direction-là, et qu'en plus, l'EPS allait imposer ses vues.
Il y a eu confiance à le Cornu 2, vous croyez que le Cornu 2, il manque moins que le Cornu 1.
Mais si pas au gouvernement, vous voulez qu'on fasse quoi ? Mais vous censurez, vous demandez une dissolution, comme tous les Français lave. Vous savez, la censure, c'est quand on est en capacité de proposer une majorité alternative, d'abord. Non mais c'est vrai, c'est un instrument qui est utilisé, quand on a une alternative, c'est pas en censure systématiquement. Les gens n'ont marre aussi de ce spectacle-là. Pourquoi vous ne voulez pas rendre la parole au peuple ? Pourquoi vous ne voulez pas que les électeurs votent, ils choisissent à votre place ? Si le président de la République...
Si le président de la République décide de dissoudre,
il le fera, et nous irons aux élections, il n'y a pas de problème. Mais n'attendez pas de nous, qu'à chaque fois, on précipite le pays dans la crise. Mais la crise n'ont marre ! Des changements de gouvernement ! Ben oui, je sais bien, mais pas par notre faute ! Nous, on aimerait bien en sortir de la crise.
Et ben, est-ce qu'on fait partie de la solution,
plutôt que de continuer ? Ben, la solution pour nous, aujourd'hui, encore une fois, c'est de préférer parfois la moins pire des solutions. Ce pays a besoin d'un budget. Les taux d'intérêt s'envolent. Tout le monde entier nous regarde comme si nous étions une farce. C'est ça, la réalité d'aujourd'hui. Vous attendez que nous, on vienne, nous aussi, rajouter du désordre ? Ce sera pas ce qu'il a attendu des Républicains, ce n'est pas ce qu'il arrive.
Pardon, mais je pense que c'est important qu'on comprenne quand même quelle est la colonne vertébrale de ce qui se passe ce soir. C'est-à-dire que dimanche soir, on avait un gouvernement qui, a priori, n'avait pas mis la suspension de la réforme des retraites sur la table. Et donc, justement, comme vous dites, on n'était pas encore à l'ouverture à la gauche. Sauf que cette semaine, cette déconstruction de ce gouvernement, le corps du 1, elle amène à ce qu'on s'ouvre à la gauche. Donc, au fond, la suspension de la réforme des retraites nous semble être sur la table de la non-censure par l'EPS. Est-ce que ça, c'est une position qui a été discutée par les LR ?
Participer ou pas participer à la rigueur ? Bon, au moins, on comprend qu'il y a une division là-dessus. Mais sur la question du soutien à une mesure de gauche, puisque vous dites, finalement, nous, on a fait ça pour que la gauche n'arrive pas au pouvoir ni programmatiquement, ni physiquement. Donc, si là, il y a cette mesure-là, qu'est-ce qu'on fait au niveau du soutien, au moins ?
Eh bien, je vous réponds très clairement. Nous, nous ne voulons pas que cette réforme des retraites soit suspendue. Et c'est une des raisons pour lesquelles... Ça veut dire quoi ? Ça veut dire censure ? Ça veut dire censure ? Non, mais attendez, il ne faut pas commencer à vous dire censure quand on n'a pas de solution derrière. Donc, non, le but n'est pas de censurer à tout prix. J'espère que ça ne va pas arriver. J'espère qu'ils vont la retirer. J'espère qu'elle ne sera...
Quel est le projet de loi de financement de la Sécurité sociale ?
Eh bien, nous allons discuter à ce moment-là et nous prendrons une position à ce moment-là. Quelles sont vos exigences ?
Pas de suspension de la réforme des retraites ? Quoi d'autre ? Quelles sont vos exigences ?
Non, mais je veux juste rajouter quelque chose sur la réforme des retraites. Pourquoi c'est si important que ça ? Parce que ce n'est pas simplement la réforme elle-même. C'est que ça veut dire que dans ce pays, on ne pourra plus jamais avoir une réforme structurelle. Parce que si on fait voter une réforme et qu'après, sous la pression, on finit par céder, aucune réforme ne tiendra. Voilà ce qui va se passer. Donc, c'est important de ne pas reculer. Si vous êtes cohérent que les censurer,
si la réforme est suspendue ? Eh bien, vous savez, c'est un pouvoir
qui appartient à nos députés. Nous en discutons le moment venu. Moi, je ne souhaite pas qu'on ait à nouveau une crise, une nouvelle démission du gouvernement. Je souhaite que le gouvernement tienne, qu'il y ait un budget. Le budget est le moins pire possible et nos députés et nos sénateurs vont y travailler. Mais je vous le dis encore une fois, on ne peut pas participer dans ces conditions-là. Donc, on va te faire jusqu'au bout pour éviter la suspension. Mais nous nous battrons pour que le budget
n'aille pas trop à gauche. Ce n'est pas un motif de censure, du coup.
Je vous répondrai sur cette question-là quand ce sera sur la table et que nos parlementaires...
Donc, vous ferez des compromis budgétaires avec les écologistes, avec Olivier Faure, avec des gens qui pensent l'inverse de vous sur à peu près tous les sujets.
Mais je vous le dis, dans le même temps, vous avez le Rassemblement National qui, en censure en tout, met la gauche au centre du jeu. Ça, ça n'a pas l'air de vous déranger, parce que... Excusez-moi. Vous savez très bien que si... Mais c'est la réalité. Pourquoi est-ce que le gouvernement se tourne vers le PS ? Vous savez très bien
que petit 1, Emmanuel Macron ne mettra pas Olivier Faure à Matignon et que petit 2, si de toute façon d'aventure c'était un gouvernement socialiste ou socialiste ou avec quelques écologistes, il serait censuré. Bon, pour l'instant,
en tout cas, on n'y est pas. Vous avez beaucoup de certitude. Vous avez dit, pas de suspension de la réforme des retraites. Il y a une autre ligne rouge que vous avez fixée. Ce n'est pas de hausse de la fiscalité. Même pour les plus riches, vous refuserez une fiscalité plus forte, plus importante sur les Français les plus riches ?
Nous, nous n'avons jamais été favorables à l'idée folle qui consiste à dire qu'il faut empiler des taxes et des impôts alors qu'on a déjà le record du monde des prélèvements obligatoires. Je ne peux pas être plus clair que cela. Et d'ailleurs, dans son premier entretien aux Parisiens, Sébastien Lecornu avait dit qu'il y aurait une stabilité des prélèvements obligatoires, ce qui n'était pas présent dans la feuille de route. Mais je ne suis pas en train de vous parler de ligne rouge. Je suis en train de vous dire le travail parlementaire que nous allons faire, que nos députés et nos sénateurs, je n'en suis pas, vont faire.
Effectivement, nous ne voulons pas qu'il y ait une hausse de la fiscalité.
Même pour les plus riches, est-ce que vous ne reconnaissez pas qu'il faut une meilleure répartition de l'effort ?
Moi, je ne partage pas cette analyse-là. Je ne crois pas que le problème du pays aujourd'hui, ce soit un problème de moindre imposition des plus riches. Je conteste cette analyse-là et je pense qu'on va faire fuir les investisseurs. Je vous rappelle que l'ISF a fait partir 16 000 foyers dans notre pays et c'est probablement un impôt qui avait un rendement négatif. On perdait plus que ce qu'il ne rapportait en réalité. Donc, je n'irai jamais dans ce sens-là. Maintenant, je ne vous parle pas de ligne rouge. Il y aura un débat budgétaire et nous ferons valoir l'opposition.
On a bien compris que vous n'aviez pas encore basculé à gauche, hautement de Nassau.
Ça ne risque pas d'arriver.
Est-ce qu'au fond, vous n'en voulez pas un petit peu quand même à Bruno Retailleau ? Parce que finalement, vous avez censuré, en tout cas, vous avez dit non à un Lecornu 1 parce qu'il y avait trop de macronistes. Maintenant, vous allez dire pourquoi pas un Lecornu 2 avec des socialistes ou en tout cas avec des mesures socialistes. C'est un petit peu ça aujourd'hui. Il n'y a pas eu un petit... Enfin, un mauvais calcul.
Mais il n'y a pas eu de calcul. Nous, nous avons essayé de travailler en confiance pour faire pencher la balance la plus à droite possible. Cette confiance n'était plus au rendez-vous.
Mais là, c'est moins à droite.
Non, mais regardez, vous vous rendez compte, il aurait pu simplement... Qu'est-ce que vous auriez dit s'il s'était contenté de ne pas faire de commentaire, d'accepter ce gouvernement en l'État, d'accepter la remise en cause de la réforme des retraites ? Vous auriez tous dit que nous n'étions là que pour les postes.
Mais justement, est-ce que vous ne dormiriez pas mieux ce soir ?
Mais non, mais vous auriez tous dit que nous n'étions là que pour les postes. Nous choisissons de renoncer à nos postes pour essayer précisément de jouer notre rôle.
Pourquoi il ne va pas jusqu'au bout
de sa rupture ? Mais attendez, pardon, c'est déjà une vraie rupture que de dire... Non, que de nous... Nous renonçons à être au gouvernement et nous allons au Parlement faire tout ce que nous pouvons pour que la copie budgétaire, parce que nous avons néanmoins un besoin d'un budget... Mais pas dire que soutien égale rupture. Actuellement, je ne peux pas accepter que ce pays n'ait pas de budget. Voilà. Je ne peux pas accepter... Il aura un budget, il aura un budget de 2025. Vous avez beaucoup de certitude, moi j'ai beaucoup d'inquiétude aujourd'hui.
Si des membres des Républicains vont au gouvernement, vous faites quoi ?
Non, je ne peux pas l'imaginer. On a pris une décision collective.
Visiblement, ça s'imagine très bien dans l'esprit d'un certain nombre d'entre eux.
Eh bien écoutez...
Vous les excluez ? Ils seront exclus, des Républicains ?
Mais nous verrons le moment venu. La chose que je peux vous dire, c'est qu'on a arrêté une position qui est cohérente avec nos adhérents, avec nos électeurs, avec nos élus, nos cadres. Et je comprends que le moment soit difficile et soit confus, mais notre responsabilité c'est d'être clair. Et moi je vous le dis très clairement. Voilà ce qu'on défend. Et voilà pourquoi nous ne participons pas à ce gouvernement. Et ce n'est pas la position la plus facile.
Jean-Claude Nastro, on est bien d'accord qu'il va y avoir un vote des militants LR organisés, c'est ça, cette semaine, pour aussi les entendre sur cette question ?
C'est une option que nous sommes en train de regarder si jamais il y a besoin encore de clarifier le débat. La majorité assez nette du bureau politique a tranché. Je sais qu'il y a des divergences. Peut-être que nous consulterons nos adhérents.
Et s'ils disent le contraire de ce que vous avez décidé ?
Chez nous, ce sont toujours
les adhérents qui ont le dernier mot. Vous dites que c'est une option, ça a été annoncé de manière un peu plus claire. On nous a annoncé un vote mercredi. Moi ce que je ne comprends pas votre manasse rouge, c'est que vous êtes à contresens de l'histoire. C'est-à-dire qu'à l'heure où en Italie, il y a une alliance des droites qui est opérationnelle et qui a beaucoup de succès sur le plan électoral, vous êtes en train encore de vous raccrocher à la fin du macronisme et de facto à quelques socialistes.
Moi je pense, je pense que vous ne partagerez pas mon analyse, mais que vous n'avez plus aucune autre solution que d'accepter la main tendue par Jordan Bardella sur le plateau de Apolline de Malherbe cette semaine. Enfin oui, on est samedi, c'est ça, on s'y perd. Donc il y a quelques jours. Et qui tendait la main à certains LR. Je suis regret de constater comme vous, mais que le RN est une force centrale aujourd'hui.
Vous ne pouvez pas dire qu'il draine des millions d'électeurs à chaque élection et qu'aujourd'hui vous êtes minuscules comparés à eux et qu'il ne leur reste que comme solution d'accepter dans un pacte de gouvernement de faire alliance avec Reconquête, l'UDR, le Rassemblement National, d'essayer de les évangéliser comme vous essayez d'évangéliser aujourd'hui sans aucun succès les macronistes et que c'est le sens de l'histoire et c'est ce que vous demandent vos électeurs.
Il y a un appel qui a été lancé dans ce sens encore aujourd'hui par Éric Ciotti cette fois et qui s'adresse aux élus les républicains. On va regarder ce qu'il dit, Éric Ciotti. Il dit « Je sais que pour certains une alliance avec le Rassemblement National n'est ni naturelle ni facile » mais il ajoute, Éric Ciotti, président du DR, c'est dans les colonnes du journal du dimanche, qu'en gros il est temps d'arrêter. Mais dans les périodes où l'histoire accélère et où le destin de notre patrie bascule, nous devons nous débarrasser de nos clichés respectifs et voir l'essentiel.
En substance, l'idée c'est d'arrêter de travailler avec les macronistes et de se rapprocher enfin du Rassemblement National. Je ne vais pas vous poser la question à vous mais est-ce que ces mots Thierry Arnault sont susceptibles de parler... Mais si vous me le permettez, j'aimerais bien dire quelque chose. J'imagine que vous répondrez. Oui, vous répondrez. Mais d'abord, peut-être un état des lieux Thierry Arnault, est-ce que ces mots sont susceptibles de parler à de plus en plus d'adhérents les Républicains ?
Quand on interroge les adhérents des Républicains dans les sondages, on voit bien qu'il y a une proportion croissante d'entre eux qui appellent de leur vœu cette alliance des droites. Alors que ce n'est pas la totalité. On avait cette discussion tout à l'heure hors antenne avec Duc de Hall sur les tendances des derniers sondages. Mais il y a une évolution qui est claire et qui montre que de plus en plus d'adhérents des Républicains en effet souhaitent cette alliance des droites mais pas la totalité non plus. Et on voit bien que c'est tout ce qui crée la difficulté. Pourquoi est-ce qu'il y a autant de tensions ? Pourquoi est-ce qu'il y a ces réunions marathon ?
Pourquoi est-ce qu'il y a ces engueulades dans les instances des Républicains ? C'est bien parce que on sent bien qu'il y a une partie de la nomenclature du parti et il y a une partie des adhérents qui veut cette alliance des droites et il y a une proportion qui reste à déterminer. Certains comme tu dois le considèrent que c'est une petite minorité mais elle existe toujours. On voit bien que...
Il se trouve pour être très franc que nous on a demandé un sondage à un grand institut de sondage et qu'on va publier dans les heures qui viennent et qu'il montre qu'il y a une écrasante majorité des électeurs LR non pas qu'ils veulent une union ou une fusion des droites mais qu'ils veulent une coalition un partenaire un partenaire un partenaire un partenaire un partenaire un partenaire Est-ce que vous allez vous laisser tenter ?
Non je vais vous dire pourquoi d'abord je suis très surpris qu'on parle d'union des droites parce que moi je ne vois pas les droites coalition coalition Non mais appelez ça comme vous voulez On lui demande qui est le préférant entre Bruno Retaille et Olivier Faure elle refuse de choisir et c'est à nous que vous nous demandez à chaque fois cette question pourquoi vous refusez de vous donner Il y a aussi une amie qui disait qu'il ne savait pas qu'il votait entre Manuel Bonfort et Marion Marichard Il faut choisir à un moment l'angle ça ne peut pas être à la fois nous sommes responsables maintenant de la fin du macronisme et puis en même temps on est encore les derniers sur le radeau de la méduse il faudrait choisir nous on est sur notre ligne on est de droit et je veux dire que l'on irait à le même programme économique que la gauche Monsieur Bonpart qui apprend la parole chez vous et en quelques instants probablement on vous dira l'inverse mais la réalité dans le détail des mesures nous sommes les seuls à défendre la rigueur budgétaire les économies qu'il faut faire la baisse de la dépense publique la revalorisation du travail le problème c'est la déconnexion
vraiment une seconde Oui mais vous avez déjà beaucoup parlé après je me tairai et puis on va peut-être saluer notre nouvelle invitée ça devient impoli pour finir le problème c'est la déconnexion entre la nomenclatura de ces deux parties que ce soit vous ou le Rassemblement National et leur électorat l'électorat du Rassemblement National se déclare de droite à 70% et je vous constate que les dirigeants c'est pas forcément le cas j'ai entendu Jean-Philippe Tanguy insulter Bruno Retailleau et je pense que c'est pas comme ça que vous arriverez à une coalition mais en revanche vos électorats la réglent Est-ce que vous
Othman Nasrou