Francois-Xavier Bellamy plaide pour "un Premier ministre au-dessus des partis politiques"
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La France attend, après avoir voté trois dimanches, elle attend son gouvernement. Et avec les résultats des législatives, nul ne peut dire aujourd'hui qui sera à Matignon pour succéder à Gabriel Attal et de quel bord seront ses ministres. Alors pour en parler ce matin, la tête de liste des LR au Parlement européen, réélu le 9 juin dernier, François-Xavier Bellamy, bonjour. Bonjour. Vous êtes également vice-président des LR. Alors à qui doit revenir Matignon selon vous ?
Avant de répondre à cette question, je crois qu'il faut prendre un pas de recul pour prendre la mesure de la crise démocratique que notre pays traverse. Et cette crise démocratique, elle vient du fait que dans ces élections législatives, on a vu beaucoup de Français appeler à voter, qui ont d'abord essayé de faire barrage, de voter contre ce qui leur paraissait le plus inquiétant. Mais on ne s'en sortira pas avec des votes contre. Il faut recréer un espoir, il faut recréer une alternative. Et on voit bien que c'est cette alternative, c'est cette alternance qui est bloquée. Les Français ont un immense besoin de changement.
Ils veulent une réorientation profonde des politiques qui sont menées dans ce pays. Et moi, je crois profondément que ce changement, c'est une proposition politique de droite sérieuse, raisonnable, renouvelée, qui peut l'incarner. Aujourd'hui, nous ne sommes pas en mesure, nous ne pouvons pas prétendre que nous avons gagné ces élections législatives.
Vous avez une soixantaine de députés à l'Assemblée nationale.
Bien sûr, et nous avons tout à reconstruire. C'est avec beaucoup d'humilité que nous devons regarder la réalité de cette expression des Français. Mais ma conviction profonde, c'est que nous avons le devoir de reconstruire, parce que si cette offre n'est pas présente, alors nous resterons dans ce blocage. Finalement, nous vivons les conséquences de cette crise politique qui précède le macronisme, mais qu'Emmanuel Macron a aggravée par la promesse du « en même temps ». C'était le grand engagement d'Emmanuel Macron en 2017, celui de la fin des clivages, celui de la fin du clivage droite-gauche.
Moi, je crois, et je le vis tous les jours d'ailleurs au Parlement européen, je crois que la démocratie, c'est du pluralisme, c'est du clivage, c'est la reconstruction du désaccord intelligent, respectueux, raisonnable. C'est ce travail-là qui nous attend. Et c'est la raison pour laquelle, une manière de répondre à votre question, moi je crois qu'on doit, dans l'équation qui se construira au Parlement demain, refuser absolument le « en même temps ». refuser la compromission.
Les députés, les républicains qui ont été réélus dans un contexte extrêmement difficile et qui, avec beaucoup de courage, ont mené cette bataille pour une droite indépendante qui ne renonce pas à défendre ses couleurs, eh bien aujourd'hui, ils le disent avec force à l'Assemblée nationale, notre but n'est pas de chercher la compromission, la coalition, de chercher...
Pas de compromis alors ? Parce qu'Emmanuel Macron, il appelle à ça, il appelle au compromis, il appelle à ce que toutes les forces politiques, il n'y en a aucune qui est majoritaire, toutes sont minoritaires, mais il faut vous parler. Vous vous dites « non, il faut que ce soit marqué ». Il faut un gouvernement soit à droite, soit à gauche, c'est ça ?
Il faut de la clarté. La France a besoin de clarté. Les Français ont besoin de clarté. On a vécu trop de confusion, trop de contradictions, trop de reniements qui ont abîmé profondément la politique. Et notre famille politique, elle aussi, elle a besoin de se reconstruire et elle se reconstruira, je l'ai toujours dit, dans la clarté et dans la cohérence. Nous, nous ne sommes pas, évidemment, volontaires pour bloquer le pays, pour empêcher les choses d'avancer. Donc, ce que nous avons dit, très clairement, c'est que nous sommes prêts à déposer sur le bureau de l'Assemblée nationale nos propositions de loi sur les sujets majeurs dont la France a besoin.
Sur la question de l'immigration, sur la question du pouvoir d'achat, avec la revalorisation du travail. Parce que l'une des grandes crises de ce pays, c'est que la France qui travaille, qui a travaillé toute sa vie, n'arrive plus à joindre les deux bouts. sur la question, évidemment, de la sécurité qu'il faut retrouver aujourd'hui.
Les enjeux sont forts, mais parlons quand même de la figure du Premier ministre. Parce que ça détermine tout le reste, en fait. Bruno Retailleau, il demande aujourd'hui un Premier ministre d'intérêt public. Qu'est-ce que ça peut être, un Premier ministre d'intérêt public ?
Moi, je suis d'accord avec Bruno Retailleau, quand il dit qu'une manière de s'en sortir serait de trouver, d'identifier, c'est la responsabilité du Président de la République, mais d'identifier un Premier ministre qui soit au-dessus des partis politiques. Parce qu'aujourd'hui, on voit bien, d'une certaine manière, qu'en effet, aucune formation politique ne peut prétendre revendiquer la victoire. Alors, c'est une figure de la société civile ? Pardon, mais j'entends le nouveau Front populaire qui nous fait croire qu'il a gagné cette élection. Mais c'est faux.
La vérité, c'est que 75% des Français disent aujourd'hui, comme le montre d'ailleurs le résultat de dimanche dernier, ne pas vouloir d'un gouvernement du nouveau Front populaire. Oui, mais c'est le nouveau Front populaire qui a le plus de députés aujourd'hui, 180.
C'est plus que le groupe ensemble et c'est plus que le groupe du Rassemblement national.
Oui, mais ça n'est pas une majorité. Et pour gouverner, il faut une majorité. Et donc, la vraie question aujourd'hui, et nous, nous disons clairement avec Les Républicains que, encore une fois, nous ne sommes pas là pour revendiquer des postes, des places. Nous n'avons aucune espèce d'intention de rentrer au gouvernement. Notre but n'est pas de chercher à négocier pour nous-mêmes. Et nous ne prétendons pas. Je crois qu'encore une fois, ce qui doit nous distinguer aujourd'hui, c'est l'humilité. Nous ne prétendons pas avoir gagné cette élection législative.
Mais nous disons, en revanche, qu'avec toute notre détermination, nous nous engagerons pour éviter que des forces minoritaires ne confisquent cette élection. Et notamment, pour éviter un gouvernement constitué de forces de gauche et d'extrême gauche qui abîmerait profondément le pays. Et c'est la raison pour laquelle, à la différence du Rassemblement national, dont on voit que sur ce sujet, comme sur d'autres, il est malheureusement d'une ambiguïté dangereuse, nous nous disons depuis le début que nous censurerons un gouvernement qui serait constitué par cette alliance de la gauche, parce que ça ne représente pas le pays.
Sur la censure, vous allez censurer un gouvernement RN et vous allez censurer également un gouvernement de gauche, donc vous censurez à peu près toutes les forces qui peuvent aujourd'hui proposer un gouvernement.
Non, encore une fois...
Qu'est-ce que vous ne censurerez pas, en fait ?
Il faut trouver une équation qui permette d'avancer pour la France, et je crois qu'il faut repartir du contenu. Vous savez, les Français, je pense qu'ils ont le tournis d'entendre parler depuis des jours, des semaines maintenant, de ces affaires de partis. La question qui compte le plus, c'est le résultat que les Français attendent, des politiques qu'il faut mener. On a des urgences dans ce pays. Je citais tout à l'heure la question de l'immigration, la question de la sécurité, la question du pouvoir d'achat. Tout à l'heure, Dominique Seux, à votre micro, rappelait qu'aujourd'hui, nous avons dans ce pays 9 millions de pauvres. C'est de ça qu'il faut parler.
On est prêts, nous, à porter à l'Assemblée nationale des propositions de textes, parce que c'est ça qui compte. C'est ça qui doit faire la proposition d'une force politique parlementaire.
Alors c'est qui, nous ? Parce que la droite, on ne s'y retrouve plus très bien aujourd'hui. Il y en a quand même beaucoup de nuances, après ce qui s'est passé avec Éric Ciotti. Combien il y a de nuances à droite ? Est-ce que vous vous reparlez aujourd'hui ?
Non mais nous sommes absolument unis avec les députés, les républicains qui ont été réélus, élus dans cette élection législative particulièrement difficile, en ayant défendu les couleurs, la parole d'une droite indépendante. Une droite qui assume ses convictions. Une droite qui a refusé de baisser pavillon et de se compromettre encore une fois par des accords d'appareils qui n'avaient pas de sens. Et moi, je voudrais dire d'ailleurs à tous les Français qui ont confié leur colère au Rassemblement national qu'on voit bien aujourd'hui, dans le résultat de ces élections, que le Rassemblement national n'est pas une alternative, que ce n'est pas une force d'alternance.
Parce que la vérité de cette élection législative, c'est que les Français ne veulent pas, dans leur grande majorité, lui confier les clés du pays. Contrairement à ce que tous les observateurs avaient prédit, contrairement à ce que certains ont été cherchés peut-être par une forme de calcul. Non. Et cette élection, elle montre plus que jamais, c'est peut-être paradoxal évidemment, j'ai conscience que c'est difficile de le dire, mais cette élection montre plus que jamais qu'on a besoin de reconstruire un vrai clivage droite-gauche, un clivage clair, assumé, cohérent. Encore une fois, comme on le vit dans la plupart des pays européens.
Chez nos voisins, moi je le vois tous les jours dans le travail que nous faisons à Bruxelles, à Strasbourg, depuis l'élection européenne, je suis au Parlement européen tous les jours pour faire entendre la voix des Français, comme je m'y étais engagé avec les élus de notre délégation. Et bien chez nos voisins européens, on le voit bien, c'est aujourd'hui des forces de droite gouvernementales qui reprennent partout leurs responsabilités, qui sont aujourd'hui en responsabilité ou qui sont sur le point de réunir une majorité, comme en Espagne, en Allemagne.
On voit bien que c'est de cette proposition politique que la France a besoin aussi, même si aujourd'hui elle traverse une crise profonde comme notre vie démocratique.
Emmanuel Macron, dans sa lettre aux Français, il entend laisser un petit peu de temps. Alors déjà, est-ce qu'on a le temps ? Est-ce qu'on peut, par exemple, enjamber les Jeux Olympiques, les Jeux Paralympiques et laisser filer plusieurs semaines jusqu'à la rentrée pour avoir un nouveau gouvernement ? Vous parliez d'urgence tout à l'heure.
Oui, je crois qu'on n'a pas la possibilité de perdre trois ans. On ne peut pas se résigner à ce que les trois ans qui nous séparent de la prochaine élection présidentielle soient trois ans perdus pour le pays. La France n'est pas dans une situation où elle pourrait se permettre de perdre ce temps précieux. En revanche, on le voit bien aujourd'hui. Dans l'immédiat, de toute façon, il n'y a pas de solution. Donc il va bien falloir en trouver une. Je crois que le président de la République ne peut pas faire durer indéfiniment cette période de transition. Mais s'il n'y a pas de solution, il faut en prendre acte dans l'immédiat.
Emmanuel Macron entend aussi laisser un petit peu de temps en force politique pour bâtir des compromis. Alors vous qui travaillez au Parlement européen, une terre de compromis, est-ce que vous pensez que la France en est capable de ces compromis ?
Mais la vraie question, encore une fois, c'est le contenu. Vous savez, nous, on est en train de préparer justement le prochain mandat européen. Et comment ça se passe concrètement ? On a pris une semaine entière, la semaine dernière, avec notre groupe, le groupe de la droite européenne, le groupe du PPE, et on s'est réunis pour écrire le projet que nous voulons à la fin de cette campagne européenne, le projet que nous voulons porter en Europe dans les cinq prochaines années. Et c'est sur la base de ce texte, c'est sur la base de ce projet que nous allons maintenant rentrer dans le débat parlementaire.
Mais nous, nous disons en France que nous sommes prêts à faire le même exercice avec les Républicains, avec cette droite indépendante. Eh bien, nous avons des propositions à faire aux autres formations politiques et notamment, évidemment, au Président de la République. Et encore une fois, notre but n'est pas de négocier des postes ou des places. Les Français ne veulent plus de cela. Notre but, il est de dire quelle est l'urgence pour le pays sans rien vouloir pour nous-mêmes, sans rien vouloir pour un parti, mais tout pour ce pays qui a tellement besoin d'action.
Alors justement, on va aller tout de suite au standard retrouvé. Charles, bonjour Charles.
Oui, bonjour France Inter. Bonjour M. Bellamy.
Posez votre question.
Bonjour. En fait, ce qui m'a fait tilter, c'est dès le début de l'entretien de ce bel ami, il disait que la France avait besoin d'une alternance à droite. Mais franchement, depuis sept ans, la politique, elle est clairement à droite. La flexibilisation du marché du travail, la loi immigration, la réforme des retraites, 80% des lois, vous auriez pu les voter au LR. Est-ce que ce n'est pas plus une question de boutique, en fait ?
Alors moi, je suis en désaccord absolu avec vous, Charles, sur le diagnostic. La vérité, c'est que je crois que depuis 2012, la France n'a pas réellement connu d'alternance. La loi immigration que vous évoquiez, elle a été envoyée par le président lui-même au Conseil constitutionnel et elle a été censurée dans une très grande partie. Tous les efforts que nous avions faits pour contribuer à ce travail ont été malheureusement rayés d'un trait de plume. Et je crois que ça contribue au malaise démocratique qui a mené à cette élection législative. Pour le reste, quel est le bilan de ces sept dernières années ?
Quel est le bilan
des sept dernières années ? C'est mille milliards d'euros de dettes supplémentaires. C'est une école qui continue son effondrement. C'est finalement la politique des années François Hollande qui ont été poursuivies dans l'éducation nationale. Je suis professeur moi-même. Ça fait des années que je dénonce la fragilisation de la transmission des savoirs fondamentaux. Et cette politique de la gauche, elle a été malheureusement poursuivie dans les années qui ont suivi. Emmanuel Macron
est un président de gauche, vous dites-vous.
Bien sûr, derrière le en même temps, il y a en fait le fait de, et c'est ce qui conduit encore une fois, je le redis, à ce malaise démocratique parce que moi j'assume d'être de tempérament, de caractère, de conviction attaché à ce que défend la famille politique d'une droite qui j'espère a quelque chose à proposer pour reconstruire un espoir pour ce pays. Mais je crois qu'on a besoin d'un clivage, on a besoin d'un débat avec une gauche qui elle aussi assume ses convictions. Et je crois que le en même temps a été au cœur de la crise démocratique que nous vivons parce que le en même temps, ça voulait dire comme la droite, mais en réalité, agir comme la gauche.
On le voit sur le bilan en termes migratoires, finalement, on n'a jamais eu autant d'immigration légale dans ce pays et ça correspond plutôt à une politique de gauche. On le voit sur les sujets de sécurité, d'ordre public, de justice. En réalité, je crois que non, la France n'a pas connu l'alternance depuis maintenant 12 ans et c'est ce qui crée la situation de malaise profond dans laquelle nous nous trouvons.
On retourne au standard tout de suite, retrouver Angelo. Bonjour Angelo.
Bonjour France Inter, monsieur Bellamy, bonjour. Bonjour. Alors, maintenant que je vous écoute parler, je comprends mieux votre attitude avant le premier tour même des élections législatives. Comment arrivez-vous à concilier le fait un jour de condamner Éric Ciotti pour son ralliement au RN et vous, avant même le premier tour, dire moi, en cas de deuxième tour, RN, insoumis au Front Populaire, je ne sais plus, je voterai RN. quelle est l'activité de dire ça avant le premier tour si ce n'est un gros clin d'œil au RN ? D'autre part, je vous remercie de m'apprendre que Macron est de gauche, ça c'est une vraie trouvaille.
Mais c'est certainement en tous les cas dans son parcours un élément sur lequel on peut s'accorder. Il vient de la gauche et je crois qu'en réalité il a poursuivi cette trajectoire quelles que soient les apparences. Sur la question de ce choix de deuxième tour, moi je crois à la clarté, je vous le disais, je pense qu'il faut assumer. J'ai assumé de défendre les couleurs de la droite qui ne doit pas, je crois, se dissoudre dans le RN. J'en suis convaincu parce que le RN n'est pas une offre politique de droite, ça ne l'est pas. Une offre politique sérieuse qui prenne la France au sérieux, qui prenne les Français au sérieux et qui puisse préparer une alternance.
Mais ça n'empêche pas qu'aujourd'hui, je suis désolé de vous le dire Angelo, mais quand j'entends en effet la France insoumise, quand j'entends Jean-Luc Mélenchon, quand j'entends des figures de cette formation politique qui malheureusement se compromettent avec l'antisémitisme, qui sont prêts à justifier la violence politique, qui assument finalement de rompre avec les éléments fondamentaux du parlementarisme et de la tradition démocratique. Oui, je considère qu'il y a là un danger immense pour le pays. Et je le redis tout à l'heure, ce n'est pas comme ça, bien sûr, qu'on va retrouver de l'espoir.
Ce n'est pas en faisant barrage qu'on va proposer aux Français le chemin d'espérance dont le pays a tant besoin. Mais malgré tout, il faut aussi assumer de chercher dans des deuxièmes tours à éviter le pire. Je le redis aujourd'hui, les candidats, et c'est ce que je disais avant le premier tour d'ailleurs, si vous m'avez bien écouté, les candidats qui avaient le plus de chances de réunir les Français au deuxième tour pour éviter cette dérive de l'extrême gauche, comme pour apporter une alternance que le Rassemblement National n'est pas, c'étaient les candidats de la droite indépendante, de cette droite courageuse, sérieuse, solide.
Et ils l'ont montré d'ailleurs parce que, alors qu'on promettait à ce groupe parlementaire, le groupe LR, une disparition totale dans cette élection, ils sont en réalité revenus plus nombreux qu'avant à l'Assemblée Nationale.
Et moi, je voudrais leur dire
mon admiration pour le combat qu'ils ont mené à ces parlementaires, à ces candidats des Républicains qui ont assumé de s'engager avec beaucoup de courage et de détermination dans une élection que tout le monde leur promettait est perdue d'avance et qui ont montré que les Français, en réalité, savaient leur faire confiance pour le travail qu'ils mènent tous les jours.
Mais à propos des Insoumis, Marine Le Pen a promis hier que le RN censurerait tout gouvernement, comprenant des ministres issus de la France Insoumise ou des écologistes. Donc vous dites la même chose, vous êtes sur la même ligne que Marine Le Pen.
Alors, la différence, c'est que moi, je n'ai rien compris à ce que dit le Rassemblement National. Parce que dans la même journée, ils ont dit deux choses totalement contradictoires. La première chose ce qu'ils ont dit, c'est qu'ils ne censureraient pas un gouvernement du Nouveau Front Populaire ou un gouvernement composé d'élus de la France Insoumise.
Marine Le Pen a clarifié un petit peu après en disant qu'il y aurait censure.
Moi, je n'appelle pas tellement ça une clarification, j'appelle ça une sorte d'improbable revirement, peut-être, devant la levée de boucliers que leur expression a suscité. La vérité, c'est qu'ils ont commencé par dire qu'ils étaient prêts à voter des mesures proposées par la France Insoumise si elles allaient dans le bon sens, que ça ne leur poserait pas de problème de travailler avec un gouvernement de gauche ou d'extrême-gauche.
Moi, encore une fois, je le redis, je crois à la nécessaire clarté, je crois à la constance, je crois à la cohérence et nous nous disons depuis le début, comme d'ailleurs certains députés macronistes l'ont dit également, que des ministres qui viendraient de la France Insoumise dans ce gouvernement feraient pour nous l'objet d'une motion de censure immédiate.
Mais on a l'impression pour vous, le plus grave danger aujourd'hui, c'est plus la gauche que l'extrême-droite.
Mais je le redis encore une fois, quand je regarde la France Insoumise, y compris au Parlement européen, quand j'entends au Parlement européen des collègues de la France Insoumise qui pendant des mois ont refusé de dire que le Hamas était une organisation terroriste. Pardon, mais oui, on ne peut pas dire qu'on défend la République contre la montée de l'antisémitisme et fermer les yeux sur cette dérive de la France Insoumise. Et j'observe d'ailleurs que la gauche qui reconstruit une offre politique décente et capable de réunir de l'autre côté de la Manche, c'est une gauche qui a choisi avec beaucoup de détermination de rompre avec cette dérive de l'antisémitisme, de rompre avec la démagogie.
Et je crois malheureusement qu'aujourd'hui, la gauche française ne prend pas ce chemin-là.
Laurent Wauquiez, c'est l'avenir de la droite républicaine aujourd'hui ?
Moi, je suis très admiratif du choix qu'a fait Laurent Wauquiez de s'engager dans cette élection législative. Il était président de région, il aurait pu rester à distance, regarder la situation. Il a choisi de s'engager, de prendre ce risque. À l'époque, il y a trois semaines, c'était évidemment dans une situation extrêmement difficile et c'était un pari extrêmement courageux. Il est président du groupe. Aujourd'hui, il revient à l'Assemblée nationale. On a la chance d'entendre sa voix, elle va compter et comme président de groupe Les Républicains à l'Assemblée nationale, il va jouer un rôle déterminant.
Alors, il a changé le nom, ça s'appelle maintenant la droite républicaine. Qu'est-ce que vous en pensez de ce nom ?
Je vous le redis, je suis parfaitement d'accord avec cette évolution parce qu'elle dit finalement la nécessaire clarté retrouvée. Encore une fois, la démocratie, c'est un clivage, c'est du pluralisme et je crois qu'il faut aimer à nouveau ce pluralisme. Il faut retrouver la jubilation d'un désaccord respectueux, intelligent, construit.
Il y a dans ce pays, il y a une gauche qui assume ses convictions, mais il faut qu'il y ait aussi une droite qui assume d'avoir une proposition à faire au pays, d'être la promesse que la France attend pour pouvoir se reconstruire et le fait de s'assumer comme tel à l'Assemblée nationale, c'est un signe de cette clarté retrouvée dont nous avons tellement besoin.
Et Laurent Wauquiez, ce sera votre candidat en 2027 ?
En 2027, c'est un autre jour, mais en tous les cas, cet engagement compte et on a besoin de lui.
On va aller au standard peut-être entendre Jean-Denis. Bonjour Jean-Denis.
Oui, bonjour.
Je vous en prie, posez votre question.
Merci pour la qualité de votre émission et merci France Inter. Bonjour M. Bellamy. Bonjour. Merci avant tout pour votre clarté concernant le RN. Maintenant, voilà la situation. Est-ce que ça peut être justement un déclic et profiter de cette situation pour éventuellement, comme le président l'a demandé, essayer de travailler ensemble avec des noms forts du côté PS, côté Macron, côté LR et vraiment créer un gouvernement fort, républicain et essayer de se parler. J'ai bien compris qu'il faut un LR, maintenant une droite républicaine, fort et droit dans ses bottes. mais nous allons devoir travailler ensemble. C'est obligé. Sinon, on va devoir rester dans cette position. Ça va être impossible.
Je pense qu'il faut mettre de côté le RN, LFI. Je pense que tout le monde est d'accord pour ça. Donc pourquoi le PS, les macronistes et LR ne pourraient pas essayer de travailler ensemble ?
Merci pour cette question si franche et elle est importante, bien sûr. Moi, je vous le redis, encore une fois, nous ne voulons pas bloquer le pays, nous ne voulons pas l'abîmer dans des jeux partisans, dans des querelles inutiles. Nous, nous devons reconstruire un débat intelligible pour les Français. Et donc, ce que nous disons, c'est que nous sommes prêts, encore une fois, à mettre sur la table des propositions de texte, des propositions de loi et ensuite, charge à chacun de se déterminer. C'est ce qu'on fait, encore une fois, je le redis tous les jours aussi dans le travail parlementaire européen.
Mais je ne crois pas qu'on sauvera le pays en prolongeant et en aggravant le « en même temps ». Ce qui nous a mis dans cette situation aujourd'hui, c'est la confusion, c'est le « en même temps ». Il faut sortir, au contraire, du « en même temps ». C'est ce que les Français nous demandent. Il faut retrouver de la clarté. Et ça, ça veut dire qu'on ne peut pas imaginer essayer de faire des compromis au prix de cette nécessaire transparence d'une offre politique qui doit se reconstruire maintenant sur des bases qui soient claires. Et je le redis, nous, nous ne demandons rien pour nous-mêmes, nous ne voulons rien pour un parti.
Nous voulons tout pour le pays et tout pour cette clarté retrouvée dont la France a tellement besoin.
C'est bien compris. Merci beaucoup, François-Xavier Bellamy, d'avoir été l'invité de la matinale de France Inter. Bonne journée à vous.
François-Xavier Bellamy