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interviewRMC (sur Podcast)· 27 mai 2026 61 min

PME : la fracture avec les politiques – 27/05

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Locuteur non identifié

Émission spéciale 4 PME sur BFM Business.

0:07
Présentateur

Bonsoir ou bonjour. On a vraiment eu des témoignages absolument formidables. Maintenant, on va essayer de voir qu'est-ce qu'en pense justement le politique. Est-ce qu'il est prêt à prendre des mesures ? Est-ce qu'il va essayer de sauver la France ? En tous les cas, c'est une tâche difficile. Mon invité, c'est donc Sébastien Martin, le ministre délégué en charge de l'industrie. Bonsoir Sébastien Martin.

0:27
Sébastien Martin

Bonsoir à vous.

0:28
Présentateur

Alors, vous regardez votre cravate, vous avez vu qu'il n'y en avait aucun avec une cravate ?

0:32
Sébastien Martin

Moi, je suis un peu old school.

0:34
Présentateur

D'accord, vous avez le droit de la garder. Beaucoup de questions à vous poser plus sérieusement. J'ai croisé un entrepreneur tout à l'heure et qui me dit, ah, vous recevez Sébastien Martin, dites-lui de faire au niveau de la France ce qu'il a fait au niveau de Chalon. Parce qu'il a réussi à faire venir des entreprises, il y avait Koda qui fermait et il a réussi une alchimie, il a réussi à les faire venir. Voilà, c'est ça qu'il faut réussir au niveau de la France. Vous voyez, la barre est assez haute.

Lorsqu'on regarde ce qui se passe, on voit qu'il y a des données qui sont difficiles, il y a des révisions de croissance à la baisse, il y a une crise économique, il y a un coût de l'énergie qui explose, il y a un nombre de faillites qui explose. Quelle est un peu votre vision, vous, de la situation au jour d'aujourd'hui ?

1:21
Sébastien Martin

Déjà, vous avez dépeint une situation apocalyptique. Non, c'est factuel. Non, mais qui explose, qui explose, qui explose. La situation, je ne vais pas vous dire qu'elle est simple, parce qu'il y a plein d'éléments qui font qu'elle n'est effectivement pas simple. particulièrement depuis, on va dire, fin 2024. Moi, je me souviens très bien, à l'époque, vous avez parlé de mon expérience quand j'étais élu local à Châlons-sur-Saône. Je faisais le même genre de forum en tant que président de mon agglomération. Je rencontrais les chefs d'entreprise. Et en gros, jusqu'à fin 2024, le principal sujet des chefs d'entreprise, c'était comment on recrute. Ce n'était pas il y a si longtemps.

Ce n'était pas il y a si longtemps. Ça ne veut pas dire que, bien évidemment, il faut nier la situation telle qu'elle est aujourd'hui. On a une croissance qui s'est ralentie. On a une situation internationale qui s'est aggravée avec la crise de l'Iran. Et on a, on voit bien, depuis notamment l'élection de M. Trump qui a fermé le marché américain, ce qu'on appelle des volumes supplémentaires, des surcapacités asiatiques qui arrivent sur le marché européen et qui mettent en difficulté un certain nombre de secteurs industriels. À côté de ça, on a aussi eu des exemples, vous les avez eus autour de la table tout à l'heure, de gens qui entreprennent, de gens qui y croient.

Et j'ai beaucoup aimé quelqu'un qui a rappelé, n'oubliez pas de continuer à expliquer que, oui, ce pays a une vocation industrielle. On ne peut pas croire qu'il y a un an et demi, le principal problème, c'était comment on va faire pour recruter, on n'y arrive pas, et qu'aujourd'hui, tout soit terminé. Moi, je me bats contre ça tous les jours. Oui, la situation, elle est compliquée, mais expliquer que tout est foutu, parce que la situation est difficile en ce moment, c'est un non-sens.

Parce qu'on ne va pas, on ne peut pas dans le même temps dire, il faut amener nos jeunes dans les usines, il faut qu'ils reconnaissent les métiers industriels, il faut que, et puis dans le même temps dire, tout est foutu, ce n'est pas vrai. Parce que c'est un combat de long terme. Pendant des décennies, on a dit, il n'y aura plus d'usines dans ce pays. Très bien, parfait, on a vu le résultat. Et maintenant, on veut que nos jeunes retournent dans les usines. Si on veut que nos jeunes retournent dans les usines, ça veut dire qu'il faut tenir sur le long terme. Et même si c'est difficile en même temps, il faut toujours fixer et se tenir le cap de l'objectif.

3:26
Présentateur

Oui, mais ce que disait Guy Oujibaud, le fondateur et le président du Slip français, il disait, il y a une espèce de... On n'aime pas l'industrie en France, on adore la tech, ici on est à la station F, on adore le digital, on adore les services, mais c'est presque un gros mot, l'industrie manufacturière. Donc il faut changer, changer de mentalité. C'est ce qu'il essaie de faire du reste, certains lobbies pour l'industrie. On voit que c'est difficile en France.

3:53
Sébastien Martin

C'est bien pour ça qu'il faut tenir le cap. Je veux dire par là que, effectivement, ce pays, pendant des décennies, et d'ailleurs, ce n'est pas forcément des politiques qui l'avaient dit. M. Turuc qui raconte que la France, sans usine, M. Turuc, à ce que je sache, il n'était pas député, il n'était pas ministre, c'est un industriel, et qui a dit, c'est très bien s'il n'y a plus d'usine dans ce pays. Je voudrais juste le rappeler des fois. Et qui a dit, c'est très bien s'il n'y a plus d'usine dans ce pays. Bon, très bien. Moi, j'ai 48 ans, 49 ans. Donc j'ai grandi, plutôt, dans toute cette période-là, dans toute cette époque-là. On a dit, ce n'est pas grave.

Et puis, on a dit, les gamins, allez donc en fac de droit, allez donc faire du commerce et du marketing, allez faire de la santé, allez faire tout ce que vous voulez, mais surtout, n'allez pas dans l'industrie. Et puis maintenant, du jour au lendemain, on croit que, clac, par un coup de baguette magique, tout va s'inverser, et que d'un coup, d'un seul, les gens vont ré-aimer l'industrie, de manière comme si c'était une grande déclaration d'amour. Non. Il faut du temps.

4:58
Présentateur

Oui, il faut du temps. J'ai envie de dire, simplement, on a quand même le président Macron, c'était quasiment sa première feuille de route, de ré-industrialiser la France. Ça fait quand même quelques années qu'il est là. Et que les chiffres sont là, je les ai devant moi. C'est la 2025 qui a été la pire année en termes des industrialisations. Si vous regardez les chiffres, il y a 57 usines en moins en 2025. Et quand on regarde le solde net, ouverture, fermeture, c'est plus 19, mais c'est des petits.

5:27
Sébastien Martin

Je peux vous poser des questions ? Oui, allez-y. Voilà, d'accord. Entre 2018 et 2024, je crois, on a recréé des emplois industriels dans ce pays. 180 000 emplois industriels recréés dans ce pays. Par contre, entre 2005 et 2015, combien on a détruit d'emplois industriels ? Parce que vous dites, c'est la pire des années, l'année 2025. On a détruit plus d'un million d'emplois industriels dans ce pays. On a détruit plus d'un million d'emplois industriels entre 2005 et 2015 dans ce pays. 2018, 2024, on a enfin inversé cette tendance. On a redonné, effectivement. Et d'ailleurs, je veux dire, on faisait les mêmes plateaux il y a deux ans et demi.

C'était « Vive la réindustrialisation, c'est parti, c'est génial ». Et donc, je veux dire par là, que sur le long terme, il y a toujours des moments de haut et des moments de bas. Toujours. Il ne faut pas s'ultra-enthousiasmer quand ça va bien. Il ne faut pas non plus dire que tout est foutu quand ça va mal. Parce que ce cap de la réindustrialisation, il n'est pas simplement nécessaire, il est indispensable à notre pays. Et ne croyons pas que ce pays n'est pas capable de faire beaucoup de choses.

6:32
Présentateur

Quelle est la part de l'industrie ? On est autour de 10% du PIB.

6:35
Sébastien Martin

Voilà. On est autour de 10% du PIB. Donc, c'est là où... On a stoppé... Je veux le dire. On reste un peu scotché. Le phénomène, il a été stoppé à un moment. Et en ce moment, quel est le visage de notre industrie ? Il faut regarder les choses telles qu'elles sont. On a des secteurs industriels qui, en France, cartonnent. Dans le domaine de l'énergie. Prenez le filière de l'énergie autour du nucléaire, mais aussi de certains secteurs du renouvelable. Prenez le secteur de la défense et de l'armement qui cartonnent également. Vous allez chez Alstom qui construit des trains, qui est un secteur qui cartonne également.

Vous prenez le luxe, même s'il y a des difficultés liées au Moyen-Orient, c'est un secteur qui cartonne également. Puis vous avez des secteurs qui connaissent des grandes difficultés. La métallurgie, l'automobile et puis aussi la chimie. Parce que ce sont trois secteurs qui sont extrêmement aussi ouverts à une concurrence internationale assez difficile. Je prends l'acier. Il y a des mesures de protection qui arrivent au 1er juillet. Et c'est heureux. Sur la chimie, on se bat aussi aux Neuros Européens sur le sujet. Sur l'automobile, il y a la transition vers l'électrique, mais pas que. Il y a plein d'éléments qui expliquent aussi que ce soit un moment difficile.

Parce qu'on vendait à peu près, il y avait 2 200 000 immatriculations en 2019. Aujourd'hui, en fin 2025, on est à 1,6 million d'immatriculations. Ça veut dire qu'on a perdu à peu près 20% du marché. Sans doute qu'il y a une part vers est-ce que je vais vers la transition, est-ce que je vais vers l'électrique qui explique cela. Mais il y a d'autres éléments. Il y a aussi d'autres éléments qui expliquent cette difficulté de transformation du marché de l'automobile.

8:14
Présentateur

Oui. Il y a quand même une dimension européenne qui n'est pas négligeable. Vous êtes d'accord avec moi ? Sébastien Martin, sur l'automobile, des décisions qui ont été prises quand même à marche forcée fait qu'il y a une destruction d'emplois, notamment chez les constructeurs d'automobiles, mais aussi chez les sous-traitants. Non, en 2020... On n'a pas forcément mesuré l'impact. Il n'y avait pas eu l'étude d'impact. De la transition vers l'électrique ? Oui.

8:34
Sébastien Martin

De la transition vers l'électrique ? Aussi rapide, aussi rapide. En 2020, on vendait 1,2% de véhicules électriques. J'ai du mal à comprendre comment 1,2% de ventes seraient responsables de la chute globale du marché. Ah non, mais c'est... Il y a plein d'autres éléments. Il y a le coût des véhicules, la montagne... Non, non, non, non, non. C'est le fait de mettre un coup près le 2035 sur les volets thermiques. 2035, ce n'est pas... Aujourd'hui, si vous allez dans une concession, vous pouvez toujours acheter un véhicule thermique. Personne ne vous oblige à acheter un véhicule électrique.

Et d'ailleurs, j'ai plutôt l'impression qu'en ce moment, les gens ont envie d'acheter des véhicules électriques. En ce moment,

9:05
Présentateur

j'ai envie de dire merci Trump. C'est sûr qu'il y a eu une explosion. Je parlais hier avec Aurélien. Mais oui, merci Trump, parce que grâce à cette crise qui est quand même terrible... Moi, je n'ai pas très envie

9:14
Sébastien Martin

de dire merci à Trump quand même.

9:16
Présentateur

Je veux dire, tu as montré qu'il y a quand même un côté positif. Je sais bien que... Et du coup, on se précipite effectivement vers des véhicules électriques. Et puis, il y a aussi... Le taux d'immatriculation est absolument incroyable.

9:26
Sébastien Martin

Il y a aussi une meilleure, comment dirais-je, technologie. Oui. Et je le dis aussi, française, le véhicule électrique le plus vendu en France, il est fabriqué à Douai et c'est la R5 électrique. Il n'est pas fabriqué en Chine. Pourquoi aussi ? Parce que la France est un des rares pays au niveau européen à avoir mis en place, outre les droits de douane qui là existe au niveau européen sur le véhicule électrique.

On y reviendra sans doute tout à l'heure parce que ce n'est pas la même chose sur les véhicules hybrides et avoir mis en place l'éco-score qui fait qu'en France, quand vous avez une aide de l'État pour acheter un véhicule électrique, vous achetez un véhicule qui est made in Europe ou made in France. Ce n'est pas le cas dans tous les pays, je tiens à le préciser. Et qu'aujourd'hui, qu'est-ce qu'on voit le plus dans les rues ? Ce n'est pas forcément des véhicules chinois électriques. D'ailleurs, je le dis au passage, je trouve un peu dommage dans une émission et dans un forum qui défend l'usine française, le made in France, que ce soit partenaire BYD.

Je me permets de le dire au passage parce que ça m'a un peu choqué en arrivant. Mais, parenthèse fermée, oui c'est bien aussi qu'on soit tous raccord sur nos principes. Parenthèse fermée. Je le dis parce qu'aujourd'hui, quand on dit qu'il ne faut surtout pas de véhicules électriques, alors qu'en réalité, qu'est-ce qui est en train d'envahir le marché européen ? Personne ne dit ça. Non, non, je le dis, je le dis, je le dis. Qu'est-ce qui envahit surtout le marché ?

C'est plutôt des véhicules hybrides asiatiques que les véhicules électriques asiatiques qui envahissent le marché parce qu'il y a et des droits de douane et l'écoscore en France qui font qu'on favorise l'industrie française automobile électrique.

10:58
Présentateur

Alors, une question quand même, Sébastien Martin, si on, je ne sais pas, à la fin de votre mandat, dans un an, vous pensez qu'on pourra, vous aurez pu inverser la courbe d'industrialisation de la France ?

11:12
Sébastien Martin

Alors, je ne vais pas faire du François Hollandisme sur les inversions de la courbe. Parce que ça ne leur a pas réussi. Vous voyez ? Ce, par contre, moi, mon combat, c'est que ce cap-là, cette volonté politique exprimée, partagée, tout à l'heure, vous allez recevoir des parlementaires de tous bords. Oui, il y a même

11:33
Présentateur

François Ruffin que je salue, les parlementaires

11:36
Sébastien Martin

qui sont ici. Tout le monde ne partageait pas, il y a quelques années en arrière, j'ai fait des débats à l'Assemblée nationale ou au Sénat. Aujourd'hui, sur tous les bancs, tout le monde dit oui, ça a été une erreur par le passé, ce qui s'est passé. Tout le monde le dit. Et tout le monde dit oui, l'industrie est absolument indispensable pour notre pays. Et tout le monde dit aussi, effectivement, les formations scientifiques, les formations techniques, orienter plus de jeunes vers ces formations, c'est indispensable.

Et tout le monde est en train de se rendre compte aussi que contrairement à l'image d'Epinal que l'on avait, enfin, d'Epinal ou de Zola, de ce qu'était l'industrie, en réalité, chacune et chacun voit que l'industrie, c'est autre chose que cette image d'Epinal. Et surtout, et surtout, arrêtons aussi un peu parfois de nous sous-estimer. Je parlais du véhicule électrique, c'était peut-être compliqué, mais en France, on est capable de faire des véhicules électriques. On est capable de faire des ordinateurs quantiques, qui est un des trucs les plus compliqués. On est sans doute un des pays les plus en avance là-dessus. J'étais la semaine dernière à Cherbourg, absolument, chez Naval Group.

On m'a expliqué quand même que faire un sous-marin nucléaire, lanceur d'engin, c'est l'objet technologique le plus compliqué au monde à faire. Le plus compliqué au monde à faire. Dans un aussi petit espace, vous mélangez et des technologies de défense, et des technologies du nucléaire, et des questions d'énergie, et des questions de... Il y a tout aussi peu. Combien de pays au monde savent faire ça ? Combien ? La France, les Etats-Unis, la Russie, et il semblerait les Chinois. Avec les Chinois, on ne sait jamais exactement comment ça se passe.

13:13
Présentateur

Avec les Russes non plus.

13:14
Sébastien Martin

Et avec les Russes non plus. Mais il n'y a pas tant de pays que ça qui savent faire tout ce que nous savons faire. Il n'y en a pas tant que ça. Alors, le sujet, c'est bien évidemment de savoir protéger là où c'est nécessaire de protéger. C'est de savoir encourager là où c'est nécessaire d'encourager. C'est de ne pas être que dans les ruptures technologiques. Je suis assez d'accord avec ça. France 2030 est très marquée par les ruptures technologiques. Je pense qu'on a aussi besoin de plus de soutien à la modernisation de notre tissu industriel pour gagner en compétitivité.

Et d'ailleurs, je vais annoncer avec les régions un volet de France 2030 régionalisé dédié au volet modernisation de nos outils industriels dans les territoires.

13:54
Présentateur

Vous allez revisiter un peu les objectifs de France 2030.

13:57
Sébastien Martin

Je vais avoir avec les conseils régionaux parce que je pense que les régions aussi ont des outils pour accompagner la modernisation de notre tissu industriel. Un volet spécifique là-dessus. On a à peu près 200 millions d'euros qui peuvent être consacrés à ça. Un volet spécifique pour la modernisation des outils industriels. Parce que, pourquoi je dis ça ? On est ici à Cap PME. Vous savez, dans notre pays, il y a plein d'outils qui existent. Quand on est une start-up, il y a plein d'outils qui sont là. Quand on est un grand groupe, il y a aussi des outils qui sont là et on sait s'en saisir.

Mais vous êtes la PME industrielle qui est présente dans une sous-préfecture, une ville moyenne depuis des décennies. Des décennies. Qui ne demande jamais rien à personne. Et qui en plus n'a pas forcément les moyens de faire des dossiers, etc. Pour elle, il n'y a jamais vraiment grand-chose. Moi, j'ai envie, vous me demandiez si j'ai envie de faire quelque chose d'ici la fin de ce quinquennat, la responsabilité qui est la mienne. J'ai aussi envie d'envoyer le message à tout ce tissu de PME industrielle, de petites ETI qui font de l'aménagement du territoire

14:55
Présentateur

aussi qu'on est là pour eux. C'est qu'il faut essayer de sortir de cet enfer technocratique ou bureaucratique. Il faut simplifier les procédures. C'est ça dont elle rêve. Parce que tout est tellement compliqué que souvent, elle n'arrive même pas. C'est vrai en plus au niveau européen. C'est-à-dire qu'elles n'ont même pas accès aux aides parce que c'est trop compliqué. Elles n'ont pas un service juridique comme dans les grandes entreprises. Vous voyez ?

15:18
Sébastien Martin

C'est bien pour ça que je me tourne aussi vers les PME. Je pense au partenariat avec les collectivités territoriales. On doit être encore mieux organisé. Vous avez parlé de mon expérience quand j'étais élu à Chalons-sur-Saône et quand j'étais président de l'agglo. Bah oui, j'ai fait sortir 10 usines de terre. Alors, c'était peut-être pas plus simple à Chalons-sur-Saône qu'ailleurs et pourtant on y est arrivé parce qu'il y a une question d'alignement et d'organisation. Il est indispensable que nous soyons mieux alignés et mieux organisés partout sur les territoires.

Il y a encore trop parfois et la CCI fait son truc et l'agglo fait son truc et la région fait son truc et les organisations patronales font leur truc. Ils font un meilleur alignement pour les chefs d'entreprise, pour les accompagner dans leurs projets et beaucoup de territoires s'organisent face à ça. Ne passons pas notre temps à dire qu'il n'y a que des trucs qui ne marchent pas. Il y a aussi plein de territoires qui savent se prendre en main, s'organiser. Pas partout, c'est parfois plus compliqué, on n'a parfois pas la même ingénierie, on n'a pas toujours les mêmes moyens mais il y a beaucoup de gens qui se prennent en main et qui arrivent à le faire.

16:13
Présentateur

Toute dernière question, ça fera le lien avec la table ronde suivante qui est autour de... Est-ce que les patrons et les politiques peuvent ensemble relever la France ?

16:23
Sébastien Martin

Oui.

16:24
Présentateur

Vous pensez que c'est possible ?

16:26
Sébastien Martin

C'est même indispensable.

16:27
Présentateur

Parce que les politiques ne connaissent pas beaucoup l'entreprise et j'ai envie de dire, même si ici on est à KPME, que c'est aussi un peu l'inverse.

16:35
Sébastien Martin

Vous dites qu'il y a plein de politiques qui ne connaissent pas l'entreprise. Le PME. Le PME. Oui. Ben écoutez...

16:43
Présentateur

Ah non, de politique, pardon.

16:44
Sébastien Martin

Oui, de politique. C'est ce que vous avez dit. Oui, oui, excusez-moi. C'est ce que vous avez dit. Bon. Moi, il se trouve que je connais aussi plein de politiques, élus locaux ou même parlementaires qui connaissent le monde de l'entreprise, qui visitent régulièrement des entreprises, qui dialoguent régulièrement avec des entreprises. Et c'est vrai que la confiance, ce n'est pas facile à construire. Je vous fais part de ma propre expérience. Au début, lorsque j'ai été élu, je voulais absolument que le monde politique dans mon territoire et le monde économique, nous allions ensemble.

Parce que vous ne pouvez pas attirer dans votre territoire si vous n'êtes pas unis et si vous n'avez pas des porte-parole que sont les chefs d'entreprise. Et donc, cette confiance, il faut la créer. Et je me souviens, au début, j'organisais des rencontres et des dîners à quelques chefs d'entreprise. Ils me demandaient pourquoi vous voulez nous inviter ? Juste parce que je pense qu'on a besoin de se parler. Et après, on a créé la confiance. Et quand vous créez la confiance, vous pouvez avancer. Et je sais qu'au niveau national, il y a aussi des enjeux.

17:41
Présentateur

Merci beaucoup Sébastien Martin. On va essayer de se parler. Merci beaucoup Sébastien Martin. Le ministre de l'Industrie était notre invité. Il y croit.

17:50
Locuteur non identifié

Émission spéciale Cap PME sur BFM Business.

17:55
Présentateur

Vous êtes bien toujours à Cap PME à la station OEF où on va parler de politique et d'entreprise. Et puis, on va essayer de voir si on peut, s'ils peuvent, ceux qui sont autour de moi, relever ensemble la France. Je vais peut-être commencer par les chefs d'entreprise qui sont à mes côtés. Marie-Sermardiras, entrepreneuse, dirigeante, investisseuse. Bonsoir Marie. Merci d'être avec nous. Bonsoir Elvige. Voilà. Vous avez un parcours un peu incroyable. Vous êtes une... Vous avez été membre du comité exécutif de L'Oréal et puis vous avez maintenant vous dirigez une entreprise.

18:27
Locuteur non identifié

Alors, pas de L'Oréal, malheureusement, mais d'une des divisions de L'Oréal. Et j'ai créé plusieurs start-up et j'en ai repris. Donc, entrepreneur au fond du fond.

18:38
Présentateur

Voilà. Et avec un NES donc. À vos côtés, Jean-Philippe Cartier qui est fondateur de H8 Invest. Bonsoir Jean-Philippe.

18:44
Invité

Bonsoir Edwige.

18:45
Présentateur

Bonsoir. Alors, vous êtes investisseur. Je crois que vous avez une quarantaine de participations. C'est ça ?

18:49
Invité

Je suis entrepreneur avant tout. Je crée une entreprise il y a maintenant plus de 30 ans que j'ai revendue et depuis, via mon leading personnel que je dirige, j'investis dans des tas de secteurs d'activité qui vont de la restauration, l'hôtellerie de luxe.

19:02
Présentateur

Et vous avez décidé... Il y a plein de choses. Oui. Et vous avez décidé de vous mettre un doigt de pied en politique, non ? On peut dire ça comme ça ?

19:08
Invité

Un doigt de pied en politique, non, parce que juste, encore une fois, quand on entend tout ce qu'on entend, on est obligé, nous, chefs d'entreprise, d'intervenir dans le débat dans le cadre de l'échéance 2027 puisque on a des entrepreneurs formidables. Vous les avez interviewés il y a moins d'une demi-heure et on a des politiques qui sont beaucoup trop souvent déconnectées de nos réalités.

Donc, je pense pour la première fois que tous, d'ailleurs, on le voit à travers des tas de mouvements qui sont en train de se créer, on veut absolument faire partie du débat pour que l'économie devienne vraiment un acte, un axe extrêmement fort de l'enjeu de 2027, peu importe quel sera le candidat final qui finira par gagner cette élection. Donc, pour peser, il faut parler et prendre la parole parce qu'évidemment, on a, Marie et moi-même puisqu'on travaille sur les mêmes idées, d'autres choses à faire à cette heure-ci, vous imaginez bien.

19:56
Présentateur

Vous êtes plutôt libérales, tous les deux, on peut dire ça ?

20:00
Invité

Plutôt libérales. Non, c'est juste comme ça, mon CEO. Il y a des idées que je partage de M. Ruffin.

20:04
Présentateur

D'où vous parlez ?

20:05
Invité

Non, non, je pense qu'il ne faut pas tout mélanger. On peut être libéral et ça veut dire quoi ? Vouloir de la liberté, vouloir pouvoir créer facilement, entreprendre facilement, mais on veut aussi vivre dans un monde social et qui permette de défendre nos salariés. Mon combat, juste pour finir, principal, c'est de pouvoir augmenter, payer mieux nos salariés. C'est avant tout notre sujet numéro un d'entrepreneurs de PME.

20:27
Présentateur

Eh bien, ça tombe bien, on va en parler, évidemment. Alors, maintenant, les politiques. Alors, il y en a trois, il y en a trois face à vous. Moi, je suis au milieu. On va voir, juste à côté de moi, François Ruffin, député de la Somme. Bonsoir, ou bonjour. Bonsoir. Merci d'être avec nous. Candidat éventuellement à l'élection présidentielle ?

20:44
Invité

Il y a deux candidats à gauche à l'élection présidentielle aujourd'hui. Il y a Jean-Luc Mélenchon et moi.

20:49
Présentateur

D'accord, ok. Donc, il est candidat, donc c'est bon. Alors, vous, votre fête gloire, puisqu'on parle d'entreprise, c'est ce fameux film. Ça fait tout juste dix ans, c'est ça ? Oui. En 2016. Merci patron. Donc, c'était sur Bernard Arnault. J'ai envie de dire, c'est ça en tous les cas qui, dans l'univers de l'économie, c'est ça qui vous a rendu célèbre, mais aussi en France.

21:10
Invité

Derrière le mot patron, enfin, vous savez, le mot patron, c'est comme le mot poisson. Dedans, il y a les requins et il y a les sardines. Et je ne confonds absolument pas les grands patrons de firmes multinationales telles LVMH et le patron de PME dans mon coin, Amiens.

21:24
Présentateur

D'accord, comme ça. Christine Labarde, à vos côtés, sénatrice Les Républicains des Hauts-de-Seine. Bonsoir. Bonsoir. Merci d'être avec nous. Vous êtes sénatrice depuis 2017. Vous êtes ingénieure dans le corps des ponts et chaussées. Et à la main, surtout, ce que j'ai regardé, vous faites du triathlon. Vous êtes vice-championne de France par équipe sur le format longue distance. Vous avez fait l'Ironman de Roth. Bref, vous êtes une championne toute catégorie.

21:48
Invité

sur la durée. Sur la durée, exactement. Vous aimez le long terme. L'éthique sportive a beaucoup à apprendre au monde de l'entreprise et au monde de la politique. Mais je voudrais aussi dire que les chefs d'entreprise savent aussi s'engager en politique. Et un exemple, moi, je suis élue aussi locale à Boulogne-Biancourt. Aux dernières élections municipales, on a deux chefs d'entreprise qui nous ont rejoints, dont Jules Simian. Donc, c'est un hasard puisqu'il était là juste avant. Et en fait, ils ont beaucoup à nous apprendre parce que gérer une collectivité, c'est comme gérer une PME. Et donc, finalement, si je n'ai pas une carrière dans l'entreprise, j'ai l'habitude d'en côtoyer.

J'ai été très heureuse la semaine dernière de passer plus de deux heures à voir les prix des entreprises innovantes des Hauts-de-Seine. Donc, on n'a pas forcément ce passé. Mais pour autant, on a des liens naturels entre les politiques et les entreprises, notamment les petites, qui sont la richesse de nos territoires.

22:37
Présentateur

Alors, on verra ça tout à l'heure. Alexandre Loubet, vous êtes au député Rassemblement National du Tarni-Garonne. Bonsoir. Ah bon ? De la Moselle. Ah !

22:46
Invité

Oui, pourquoi ? Terre d'industrie par excellence.

22:48
Présentateur

Absolument, de la Moselle, tout à fait. En plus, Terre d'industrie, oui. Enfin, il faut le dire vite parce que c'était vrai. C'est un tout petit peu moins vrai maintenant.

22:56
Invité

Sans laquelle jamais la France n'aurait connu l'essor économique qu'elle a pu avoir. Il reste une Terre d'industrie puisque j'ai l'honneur d'avoir dans ma circonscription l'une des plus importantes plateformes chimiques de France, la plateforme de Carlin dont je salue les industriels, notamment.

23:09
Présentateur

Est-ce que vous avez déjà fait un stage en entreprise ?

23:11
Invité

Oui, je vous remercie et vous.

23:15
Présentateur

De manière très concrète. En plus, moi, je travaille dans une entreprise mais ce n'est pas tout à fait la même, je suis d'accord, ce n'est pas de l'industrie.

23:22
Invité

Étant donné que vous avez présenté les autres politiques, j'ai eu le plaisir de mener pour le groupe que je représente le Rassemblement National une commission d'enquête sur les freins à la réindustrialisation de la France qui a duré près de 5 mois avec l'audition de près de 147 personnalités issues de tous les horizons à la fois des acteurs industriels comme les acteurs des pouvoirs publics ou même des représentants de start-up.

Afin d'identifier les principaux freins à la réindustrialisation de notre pays, à la relance économique et j'ai la conviction pour répondre au sujet de cette table ronde que politique et milieu économique doivent absolument, impérativement avancer de pair et il revient même aux politiques non pas de se substituer au monde économique mais bien de créer des conditions de réussite du monde économique.

24:09
Présentateur

Alors moi, ce que je propose c'est que j'ai posé la question aux deux chefs d'entreprise qu'est-ce qu'ils attendent des politiques notamment pour l'élection présidentielle en quelques minutes très très rapidement et après je vous demanderai vous qu'est-ce que vous attendez parce qu'après tout est-ce que l'entreprise qui est le rôle vous voyez pour les entrepreneurs dans le cadre de cette campagne présidentielle qu'est-ce qu'ils peuvent vous apporter qu'est-ce qu'ils peuvent apporter à la France ?

24:31
Locuteur non identifié

A vous Marie.

Alors moi je pense qu'il faut essayer d'inspirer au maximum des entreprises et des entrepreneurs au quotidien c'est-à-dire un entrepreneur a besoin d'une vision et on a l'impression que ces dernières années on n'a pas eu une vision très claire de la direction dans laquelle on allait et qui dit vision dit plan dit pilier stratégique dit arbitrage et dit budget et ce sont des choses qui nous ont beaucoup manqué j'ai l'impression ces dernières années on a l'impression qu'on ne fait pas d'arbitrage qu'on a envie de satisfaire de cocher toutes les cases plutôt que de renoncer à certaines choses on a l'impression que dans la case budget investissement et dépense sont mélangés un patron qui ferait le mélange entre les deux aurait un véritable problème et surtout dans les temps difficiles on a tendance à couper les dépenses pour essayer d'appuyer sur les investissements quand j'ai l'impression qu'on fait le contraire au niveau national et puis c'est surtout comprendre que l'économie ce n'est pas que des grands agrégats économiques ce n'est pas seulement des grands chiffres comme le chômage la dette c'est évidemment ça mais c'est aussi de la microéconomie et un terrain de PME qui a vraiment besoin en effet de réconcilier ses travailleurs et ses entrepreneurs et aujourd'hui j'ai l'impression qu'on est dans un monde où il y a de moins en moins de confiance entre les entrepreneurs leurs équipes et puis malheureusement les politiques

25:43
Invité

à vous Jean-Philippe c'est un peu ce que dit Marie c'est un peu dans le même sens c'est comment on peut réinventer un espèce de rêve français c'est-à-dire que depuis 35 ans moi j'ai commencé à entreprendre j'avais 17 ans comme Jules cher Christine qui fait partie du mouvement que j'ai monté qui s'appelle le port de l'action donc on aura la chance de le côtoyer tous les deux ils travailleraient à nos côtés donc de 7 à 77 ans nous aussi on travaille avec des plus jeunes en fait il y a 35 ans l'idée c'est pas de taper c'est pas l'idée il y a 35 ans de décision selon nous de plus en plus mauvaise pour la partie économique et quand j'entends même des jeunes comme Jules qui pensent régulièrement à partir ou à bouger mécaniquement il y a quelque chose qui va pas j'ai été en Chine j'invite vraiment tous les hommes politiques qui avaient passé 7 jours hors caméra hors champ pour aller comprendre on y était il y a 15 jours Jules était avec nous la seule information que je recevais sur mon WhatsApp français c'était allons-nous pouvoir travailler le 1er mai en France donc il y a quelque chose qui ne va plus du tout on est d'accord que le constat des 7 dernières années 8, enfin bientôt 10 n'a pas été mené tel qu'on pouvait l'imaginer et on est d'accord que les 20 prochaines années vont être tellement importantes moi j'ai 2 enfants de 4 et 12 ans il faut qu'on est obligé d'avoir des politiques qui intègrent notre volonté à savoir celles qui nous permettent de travailler plus simplement et qui entendent les j'aime pas le mot revendication mais les problématiques et je vais juste rebondir M.

Ruffin sur le mot patron je sais que c'est je vous le dis pas de manière désagréable mais il y a un peu une fixation moi j'appelle ça très souvent les créateurs d'emploi voilà très très très souvent alors vous avez une fixette sur Bernard Arnault moi j'aimerais qu'on en ait 20 en France ça c'est notre petit point de désaccord mais je pense qu'aujourd'hui dans tous les problèmes politiques que je vois j'étais avec une femme politique assez connue pas loin d'Edouard Philippe hier je ne vois aucune forme de vision aujourd'hui dans ce que je vois et je ne vois aucun projet qui nous permette soit par la retraite à 62 ans soit par des votes de budget de l'air extrêmement dangereux donc je pense avec Guillaume Gibault qui parle mieux que personne de la réindustrialisation française on avait un parfait ministre de l'industrie on a tout ce qu'il faut il faut s'inspirer du monde économique

27:52
Présentateur

juste un mot très rapide parce qu'après j'ai quand même la parole aux politiques est-ce que vous parlez quand vous parlez au nom des entrepreneurs mais justement est-ce que vous parlez aussi bien au nom des grandes entreprises des entrepreneurs qui dirigent des groupes du CAC 40 parce que souvent les politiques opposent les PME et les grandes entreprises en tous les cas ils font un distinguo

28:11
Invité

assez fort mais vous savez c'est mal qu'on connait l'entrepreneuriat français parce que les PME français c'est près de 7 à 8 millions d'emplois enfin 90% des gens avec qui on parle c'est des gens qui ont des entreprises 7, 8, 10, 15, 20, 40, 80 salariés alors on peut parler de Bernard Arnault toute la journée ou de Patrick Pouyanné qui n'est pas le propriétaire de son entreprise Patrick Pouyanné mais nous ce qu'on vit au quotidien quand on recroise nos informations on vit tous la même chose des complexités de recrutement absolu un coût du travail exorbitant une volonté de payer plus les gens c'est strictement impossible et un système dans sa globalité qui ne fonctionne plus

28:45
Présentateur

François Ruffin qu'est-ce que vous avez entendu je trouve qu'ils plaident bien leur cause en tous les cas ils expriment ce qu'ils attendraient de politique est-ce que vous comprenez leur message et après vous, vous avez vos réponses

28:58
Invité

d'abord dire que moi j'ai été un petit patron d'entreprise j'ai fondé ma boîte mon journal avec mon livret A et j'ai le mené pendant 20 ans et à la fin j'avais 7 salariés donc je sais ce que c'est que de recevoir du CICE je sais ce que c'est d'avoir un contrôle URSAF je connais ça par coeur et de l'intérieur dire que dans ma carrière de journaliste chaque fois que j'ai eu la possibilité de rencontrer un patron un entrepreneur et bien je l'ai fait pourquoi ?

d'abord par curiosité de voir le monde avec un autre regard que le mien et ensuite parce que je savais qu'il y avait enfin une alliance objective ma bataille c'est la bataille de l'industrie ma bataille c'est le retour de secteurs industriels dans notre pays et dès la première rencontre que j'ai eu par exemple avec Laurent Bernard qui était le patron de lui-même de la métallurgie dans la Somme et de l'office du piston français et qui me dit voilà regardez j'ai des ordres de mes clients donneurs d'ordre Forestia, Valeo qui me disent maintenant il faut partir dans les pays de l'Est et il faut faire mes boutiques ici et bien je comprends l'alliance qu'il peut y avoir entre les patrons de PME qui ont à subir ça et l'emploi industriel l'emploi ouvrier que je défends dans un territoire comme le mien et à mon sens vous voyez vous avez eu un président pro-business vous avez eu un président start-up nation vous avez eu un président banquier d'affaires pendant 10 ans et vous mesurez la déception à l'arrivée avec le taux la part de l'industrie dans le PIB qui est passée sous les 10%

30:27
Présentateur

non qui n'est pas passée sous les 10% qui est juste au niveau des 10%

30:30
Invité

elle est passée sous les 10% avec une dette publique de plus 1000 milliards d'euros et sans même que ça soit de l'investissement avec aujourd'hui une défaillance un taux de défaillance des petites entreprises qui est gigantesque et donc je veux vous le dire je considère que ceux qui voudraient faire du Macron après Macron du super Macron du Macron en grand et avoir un discours plus libéral au fond je ne pense pas qu'il vous rende service et je pense que des gens qui viennent dire aujourd'hui il y a besoin de grandes règles il y a besoin d'une vision de plan il y a besoin d'un plan il y a besoin je dirais d'un horizon et je pense que le pays il meurt matériellement quand on voit que les français sont maintenant plus pauvres que la moyenne européenne produisent moins que la moyenne européenne et qu'évidemment il y a pour moi un grand défi le défi productif dans notre pays qu'il y a on est passé l'inégalité dans notre pays et maintenant au-dessus de la moyenne européenne donc il y a un problème matériel mais à mon sens le problème presque pire c'est le problème spirituel chez mes grands-parents il y avait une assiette en porcelaine dans laquelle il était marqué s'aimer ce n'est pas se regarder l'un l'autre c'est regarder ensemble dans la même direction et Saint-Exupéry et à mon sens ce qui vaut pour un couple vaut aussi pour une nation

31:44
Présentateur

François Ruffin qui cite Saint-Exupéry

31:46
Invité

et sans difficulté mais si vous saviez comment j'embrasse large parce que la France elle est grande et elle ne se regarde pas sur un périmètre étroit mais ce qui vaut pour un couple vaut aussi pour une nation de se dire voilà il nous faut un horizon commun nous avons des défis à relever aujourd'hui le défi productif pas de grand pays sans grande industrie et sans grande agriculture le défi démographique de plus en plus de personnes âgées dont il faut s'occuper le défi enfin climatique on le voit aujourd'hui avec la canicule qui suppose de tout transformer logement déplachement culture agriculture industrie énergie je termine et tout ça ça repose sur une chose qui est le travail qui est le travail je suis le travail et dans ce travail je comprends à la fois le travail des salariés des fonctionnaires de l'hôpital des écoles et des entrepreneurs et je sais combien notre pays ne se relèvera pas par des grandes décisions des ministères mais ne se relèvera pas aussi de l'initiative privée parce qu'après c'est les locaux associations et entrepreneurs par contre je vais vous dire un truc vous avez bien fait de changer de carrière vous êtes excellent dans votre domaine et vous êtes complètement aligné avec le fait que vous avez un grand talent politique à aucun moment je pense que vous avez un grand talent journalistique mais je vais vous dire un truc à aucun moment à chaque fois que vous parlez des dirigeants quels qu'ils soient on parle du macronisme pour rappel Emmanuel Macron est quand même un homme politique depuis un certain nombre d'années était technocrate nous on est deux patrons de PME alors à chaque fois il y a toujours le grand discours la réindustrialisation le macronisme les pro-business nous on vous dit strictement l'inverse on vous dit en fait de droite comme de gauche on voudrait juste pouvoir travailler en fait vous connaissez tous le monde de l'entreprise mais vous ne la connaissez pas du tout moi j'en ai 40 40 je les ai créés j'ai eu mon PEL comme vous avec ma maman infirmière comme vous peut-être chaque fois il faut arriver vers le côté perso de la vie qui montre qu'on a une histoire un peu compliquée et ma maman en plus en ayant payé des millions d'euros d'impôts pas comme vous elle est morte à l'hôpital public pendant 7 heures d'attente il y a exactement un an et demi et ça m'a donné envie de m'engager d'autant plus en me sentant comment on a pu en arriver là donc le macronisme des 10 dernières années on aura au moins un point commun sur le fait que ce n'est pas une extrême victoire pour le pays France on a une énorme différence je termine on voyage beaucoup ça nous permet de comprendre ce qui se passe ailleurs donc nous la seule chose qu'on demande c'est assez simple c'est d'écouter ceux qui savent parce que le problème actuel du politique c'est qu'ils n'écoutent pas ceux qui savent je pense que vous n'êtes pas arrivé il y a une demi-heure c'est très dommage j'ai eu 4 entrepreneurs si j'étais là j'étais dans la salle et j'ai entendu les entrepreneurs auparavant du slip français des fonds d'investissement j'ai discuté avec eux avec une personne je pense que vous avez vous avez compris qu'on avait des très bons entrepreneurs et entrepreneuses et que redresser ce pays c'est quelques mesures pas très compliquées sur la partie économique je ne fais pas sur les autres après je vous laisserai parler pardonnez-moi donc j'espère moi je considère moi ma tribune elle part d'une sortie où j'ai dit je me bats ou je me barre c'est qu'à un moment donné on ne peut plus voir tout le monde partir et regarder le train qui passe ce n'est plus possible il faut que nos politiques de droite comme de gauche le comprennent dans l'intérêt du pays

34:42
Présentateur

Christine Lavard et après Alexandre Loubet et après c'est Marie alors pour faire tourner le micro qui répondra

34:49
Invité

alors juste je ne sais pas si j'ai le droit de poser deux questions à mon voisin mais je l'ai écouté avec attention je pense qu'il a oublié de dire qu'il s'est opposé au pacte d'Utreil et qu'il était prêt à le supprimer qu'il a porté la taxe Zuckman dont on sait bien qu'une des conséquences si elle était appliquée serait d'entraîner la vente de part des entreprises parce qu'on confond la richesse potentielle qui est liée à la valorisation boursière d'une société quelle que soit sa taille et la richesse réelle on a bien vu dans des mouvements antérieurs que la richesse potentielle elle peut s'écrouler d'un coup si jamais la technologie ne perdure pas donc voilà je lui adresse ces deux questions j'aurais pu être d'accord quasiment avec tout ce qu'il a dit parce que je suis d'accord comme lui notre vrai problème aujourd'hui c'est qu'il faut revaloriser le travail notamment pour avoir un narratif un récit pour pouvoir faire comprendre aux français que c'est dans leur intérêt qu'il faut prendre un certain nombre de mesures qui seront peut-être pas agréables à court terme mais qui vont permettre de redresser ce pays sur le long terme parce que j'ai bien aimé quand vous avez parlé de vos enfants moi aussi j'ai des jeunes enfants et tous les jours je suis en train de me dire on va leur léguer 3500 milliards de dettes tout ce qu'on ne fait pas aujourd'hui c'est finalement une dette qu'on leur lègue on fait juste que reporter à plus tard les efforts qu'on ne veut pas faire et c'est pour ça que par exemple moi j'ai porté des mesures pour aller diminuer les abattements sur les retraités aisés ça peut vous paraître bizarre je suis de droite et bien pourtant oui je le pense parce qu'il faut vraiment qu'on pense aux générations futures et pour vous dire plus tard qu'hier j'ai beaucoup travaillé sur la question du financement des PME et on a un vrai problème aujourd'hui comment se fait-il que le PEA PME soit accessible uniquement à 4500 entreprises il n'y a pas que 4500 PME dans notre pays on a tellement réduit les critères d'éligibilité qu'on en a complètement dénaturé l'objet j'entendais aussi des structures de financement avec lesquelles je travaillais qu'elles ont besoin de visibilité de long terme sur la trajectoire du pays pour pouvoir attirer des placements et des fonds quant à l'instant j'ai entendu le ministre nous dire que dans l'enveloppe de France 2030 on allait faire des réallocations pour créer des dispositifs régionaux mais en fait philosophiquement on se trompe France 2030 à l'origine c'était créé pour avoir des crédits et surtout c'était la suite des investissements d'avenir et les investissements d'avenir gardons ça en tête c'était des crédits extra budgétaires qui devaient échapper à la contingence du politique et des décisions on est en train de faire complètement autre chose quand on réalloue comme ça et qu'en fait on retravaille dans l'enveloppe fermée quand le président de la république annonce 2 milliards sur l'IA alors qu'en fait c'est que du recyclage et que c'est un moyen d'aller chercher certains projets plutôt que d'autres et qu'est-ce qui se passe sur France 2030 objectivement c'est ce qui fait l'objet de toutes les coupes budgétaires en fin d'année je vous dis juste un truc Christine pardon Marie France 2030 je connais à titre personnel deux entreprises qui ont touché 7 millions d'euros qui sont en dépôt de bilan il n'y a eu aucun contrôle de fait et leur business model est mort voilà on parle de 14 millions d'euros elles vont vivre dessus pendant 3 ans voilà c'est clair c'est net c'est compris je reviens sur le holding et le financement on oublie un paramètre moi j'ai des millions d'euros investis dans les PME françaises j'étais avec 3 députés sur une de vos émissions sur BFM je ne sais plus laquelle un samedi soir personne ne connaissait le fonctionnement de la holding personne on s'est fait taper dessus pendant 8 mois vous connaissez le réemploi 3 députés sur 3 ne savaient même pas de quoi en parler l'obligation de réemployer l'argent vous savez on ne le garde pas chez nous on ne le compte pas tous les matins en ce moment l'obligation de réemployer l'argent qu'on a gagné par notre travail je ne sais pas si ça vous dit donc je veux juste exprimer un point là-dessus c'est toujours un peu technique parce que vous dites les gens ils veulent de la simplicité on veut c'est simple et si on doit le défendre nous-mêmes on le défendra nous-mêmes on veut que le travail coûte moins cher on veut pouvoir mieux payer les gens on veut pouvoir les faire travailler plus simplement il y a 3 points importants c'est pas très compliqué je suis complètement d'accord avec vous mais ça j'ai pas problème après on aimerait que chaque dirigeant de PME qui monte sa première entreprise puisse avoir une exonération totale sur le premier emploi des choses basiques qu'on voit les dépenses qu'on voit les dettes abyssales le train de vie avec les gyrophares en permanence et je ne donnerai pas l'exemple j'en connais 40 parce que j'en connais beaucoup de votre environnement je suis en vélo donc les gyrophares et tout ça je vais vous dire il faut qu'à un moment donné l'exemple doit prévaloir et il faut comprendre que ceux qui gagnent en 2027 vous devrez faire avec ceux qui font tourner la boutique et ceux qui font tourner la boutique c'est les entrepreneurs femmes et hommes françaises et ça c'est la base

39:14
Présentateur

à mon avis il faut aussi que vous fassiez une conversion comme celle de François Ruffin parce que vous n'êtes pas mauvais aussi ah c'est prévu bon d'accord ok Alexandre Loubet député Moselle donc enfin je vous passe la parole vous comment est-ce que vous avez répondu aux différentes interpellations

39:28
Invité

la France manque d'une vision économique d'un véritable cap on l'a bien vu avec le saupoudrage des aides à travers le plan France 2030 on le voit bien avec les altermoiements les va-et-vient par exemple sur la question du nucléaire et je pourrais donner beaucoup d'autres exemples donc il faut un se donner et se doter d'une stratégie nationale de réindustrialisation de relance de la croissance économique deux se donner les moyens de ses ambitions un relancer la croissance économique par une stratégie cette stratégie à mes yeux elle doit reposer sur trois impératifs le premier impératif c'est celui de puissance c'est-à-dire qu'il faut développer les innovations de rupture pour réussir dans la mondialisation sans quoi on loupera le train justement de la technologie de la course technologique dans le monde deux après la puissance l'indépendance parce qu'aujourd'hui en France malheureusement on se retrouve avec un déficit commercial dramatique de près de 70 milliards d'euros l'année dernière il faut développer les filières de substitution aux importations sur le sol national lorsque c'est possible et sécuriser les chaînes d'approvisionnement de nos industries essentiellement stratégiques trois il faut moderniser l'appareil productif c'est d'ailleurs l'une des conclusions de la commission d'enquête que j'avais menée en critiquant le plan France 2030 dont l'intention initiale est tout à fait louable d'aller soutenir évidemment les innovations de rupture mais il ne faut pas oublier ce sur quoi reposent les deux tiers du potentiel de réindustrialisation de la France c'est à dire nos PME et nos ETI pour s'en donner les moyens trois leviers essentiels il y en aurait beaucoup d'autres premier levier revoir les politiques d'achat de public justement en libérant les règles de la commande publique il faut assumer de favoriser le made in France la préférence nationale et la préférence européenne mais la vraie pas celle qui est en train de nous vendre la commission européenne actuellement deux si je peux me permettre de manager le rayon deux il faut libérer les financements nécessaires à notre économie pour réindustrialiser la France de 9 à 15% du PIB en 10 ans ce qui semble très difficile voire impossible il faudrait 20 milliards d'euros par an ça représente à peine et trois c'est qu'on puisse vous répondre ça représente à peine 1% de l'encours de l'assurance vie et du PER troisième point un véritable choc de compétitivité pour créer les conditions de la réussite des entreprises d'abord en baissant la fiscalité de production et en renforçant le pacte d'Utreil ensuite en rétablissant un prix français d'énergie parce qu'aujourd'hui les entreprises paient une électricité qui est 2,8 fois plus chère que ce qu'elle nous coûte à produire en France c'est un scandale 3,3 un véritable chantier de simplification non je réponds juste après un véritable chantier de simplification normative et à ce titre Marine Le Pen et Jean-Dane Bardella nous ont demandé de faire le tour de l'ensemble des filières professionnelles pour recenser les normes parce que c'est pas nous qui connaissons ces normes c'est vous qui les connaissez par conséquent nous les recensons pour les faire sauter

42:21
Présentateur

qu'est-ce que vous répondez à tout ce qui a été les propos qui ont été tenus sur le fond puis après je voudrais qu'on prenne 3 dossiers alors il y a beaucoup de choses oui il y a beaucoup c'est pour ça que je vous laisse

42:30
Locuteur non identifié

justement il y a beaucoup et si on veut une vision encore une fois il va falloir qu'on ait des choses très simples donc je vais revenir sur ce que disait Jean-Philippe mais le premier problème que j'entends c'est comment est-ce qu'on peut payer davantage les gens qui portent notre économie aujourd'hui les valoriser davantage et je me permets de reprendre monsieur Huffin là-dessus mais comment on leur apporte de la joie aujourd'hui moi ce qui me heurte le plus c'est que j'ai l'impression que les gens ne sont pas heureux en France on a toutes les raisons d'être heureux on est un des plus beaux pays du monde et on est un foutu d'être heureux travailler c'est dur mais on peut y trouver du sens et je pense j'ai espoir qu'on puisse le trouver dans tous les métiers donc la première chose c'est de revaloriser ces personnes-là pardonnez-moi de nouveau monsieur Huffin mais vous parliez de petits patrons pour moi il n'y a pas de petits patrons il n'y a pas de petits métiers il n'y a que des toutes les personnes qui travaillent elles se valent tous les patrons se valent tous les salariés aussi dire petits finalement ça les dévalorise je trouve et on a plutôt envie de rassembler donc pour moi le premier message c'est déjà est-ce qu'on arrive à trouver un moyen de rassembler tout le monde et de faire en sorte qu'on arrive à davantage communiquer entre politique et monde entrepreneurial est-ce qu'on arrive à créer des liens davantage entre les patrons et leurs salariés est-ce qu'on arrive à mieux les payer pour recréer de l'harmonie aujourd'hui je trouve que c'est ça la première chose qui manque si on a envie de construire et de mettre en place toutes les mesures dont vous discutiez je pense qu'il va falloir qu'on ait davantage d'harmonie et pour cette harmonie-là la première chose c'est qu'aujourd'hui on puisse payer mieux les gens et qu'ils commencent à reprendre du sens dans leur travail

43:51
Présentateur

rapprocher le brut du net c'est effectivement le net du total chargé que ce soit pas un vase déverseur dans l'un que ce soit l'un juste sur la question petit patron François Ruffin c'est une expression que vous employez vous comprenez que c'est un côté un peu péjoratif

44:09
Invité

je le perçois pas pour moi et pour comme péjoratif en tout cas je ne le suis pas de cette manière-là mais oui j'opère un distinguo et je vois même une stratégie des grands groupes et des grands patrons de venir comme c'était le cas sous l'ancien régime on avait l'archevêque qui baignait dans le strupe et la luxure et qui se venait se cacher derrière la vertu du petit curé de campagne et bien aujourd'hui on a le grand patron qui se prend des stocks options et qui se paye en millions et qui vient se cacher derrière la vertu du patron de PME et vous dire qu'il y a quand même une différence entre les deux on a d'un côté des firmes qui aujourd'hui payent moins d'impôts en proportion que les PME on a des firmes qui captent davantage d'aide et on a des firmes qui sur 10 ans ont supprimé 200 000 emplois tandis que de l'autre côté on a des PME ETI qui touchent moins d'aide qui payent davantage d'impôts et qui ont créé plus d'un million d'emplois donc là on a une différence entre les deux et pour moi une large captation de la plus-value par quelques sociétés de tête qui ont pu l'année dernière augmenter les dividendes pour leurs actionnaires de 10% et donc en laissant moins pour les salariés en laissant moins pour l'investissement mais en laissant moins aussi pour les entreprises sous-traitantes et sous-traitantes

45:28
Locuteur non identifié

il y a évidemment une différence mais pour avoir été sous-traitantes ces gens-là moi je suis heureuse qu'il y en ait en France parce qu'ils nous nourrissent aussi nous petites PME et il en faut et la deuxième chose c'est que je pense qu'on n'a jamais réussi à s'enrichir en appauvrissant les riches je pense sincèrement qu'on a besoin de ces riches et que plus il y en a et plus ils apporteront en revanche qu'on crée une harmonie qu'on crée des règles pour faire en sorte que certains ne s'approprient pas la richesse de tous oui mais je pense qu'on n'en est pas encore là

45:57
Invité

mon souhait est un rééquilibrage et en particulier sur les aides publiques je pense que les aides publiques qui ont fait l'objet d'un arrosage et d'un arrosage tout à fait colossal depuis des décennies en particulier le CICE devraient faire l'objet d'un ciblage et je demande que ça soit ciblé en deux directions sur l'industrie de manière générale parce qu'elle est de fait en compétition à l'international et que ça soit ciblé sur les PME pourquoi ?

parce qu'on sait que le potentiel de création d'entreprise il n'est pas un groupe existant ou qui s'il touche 10 000, 50 000 1 million d'euros supplémentaires ça ne fera pas la différence tandis que sur une PME ça peut faire la différence donc je demande moi à ce qu'en particulier dans les aides publiques ça fasse l'objet d'un ciblage quand je vois que sur les crédits impôts compétitivité emploi les trois principaux bénéficiaires étaient Auchan Casino et Carrefour je dis tout ça n'a pas de sens je me permets pour rebondir sur ce qu'a dit Marie il y a une phrase que j'aime bien que disait mon papa quand les gros poissons maigrissent les petits poissons crèvent donc en général ce n'est pas parce que les gros s'appauvrisent que ça va enrichir ceux du dessous ça c'est une certitude absolue d'un chef d'entreprise je vous invite à me suivre une semaine vous allez faire un reportage très intéressant venez avec moi vous verrez ce n'est pas tout à fait la même histoire sur le reste encore une fois j'entends il y a des enjeux je ne sais pas si vous suivez peut-être monsieur Retailleau j'en ai aucune idée je n'ai pas suivi LR donc ou le RN qui potentiellement en passe d'être potentiellement élu en tous les cas il y a plein de phrases dites c'est quoi le sujet que vous voulez dire qu'est-ce que vous êtes prêt à adresser au PME si demain monsieur Retailleau monsieur Bardella madame Le Pen monsieur Ruffin c'est quoi le sujet parce que là il n'y a personne qui a compris est-ce qu'un entrepreneur qui part en disant si vous gagnez vous gagnez vous gagnez alors c'est 20% de baisse sur le coût du travail jusqu'à 3000 euros brut c'est plus de CGRDS pour les moins de 30 ans par contre en contrepartie c'est plus 18 mois de chômage c'est 6 ou 8 parce qu'il faut remettre les gens au travail parce que je ne vais pas encore une fois vous raconter ma vie mais comme j'ai beaucoup de salariés quand dans l'hôtellerie notamment les gens s'arrêtent le 15 octobre vous voulez qu'ils reviennent le 15 mars mais ils ne veulent pas parce qu'ils sont trop bien à Bali et qu'ils reviennent le 15 juin et qu'ils touchent chacun 1800 euros par mois fois deux un couple formidable ça c'est nos impôts ça me dérange c'est aussi l'impôt des petits salariés c'est l'impôt de tout le monde

48:07
Présentateur

mais en fait

48:08
Invité

je vais vous expliquer quelque chose Edwige en fait les français ils ne sont pas idiots il faut arrêter de les prendre pour des débiles ni des feignants en fait ils ont compris qu'en travaillant moins c'était plus ou prou la même chose que travailler donc ils comprennent tous pas plus tard qu'il y a trois semaines en bas de mon bureau j'entends une jeune femme dire génial j'ai réussi à négocier ma rupture conventionnelle et je ne reprendrai jamais avant septembre quoi qu'il arrive je veux juste terminer ce point c'est un point fondamental mais c'est un point fondamental des enjeux de demain comment remettre les gens au travail comment les faire réunir leur travail comment faire l'actionnariat salarié fondamental nous dans nos entreprises nous intéressons les gens moi je reçois un nombre de messages depuis qu'on a notre action de gens qui ont envie qui nous avaient raison on a envie de bosser mais par contre ceux qui ne foutent rien qui reviennent au bout de sept mois et qui ont toujours un problème ceux-là ils nous dévalorisent notre travail comment on fait personne ne donne envie de suivre un projet donc donnez-nous alors j'ai envie de vous dire allez-y et après vous devriez suivre avec plus d'attention ce que font les LR puisque en décembre 2025 il y a un document qui est sorti et qui s'appelle travail gagnant et un des premiers actes c'est mieux rémunérer le travail trois propositions seuil de cotisation à 1623 heures au-delà plus aucune cotisation ce qui a été qui se traduit par 3500 euros net de plus par an pour un salarié médian et 35% de coût en moins pour l'employeur je poursuis et vous avez dit il faut développer l'actionnariat salarié et bien il s'avère que j'ai été co-auteur d'une proposition de loi qui a été adoptée au Sénat justement pour venir revaloriser l'actionnariat salarié donc aujourd'hui le texte il est dans la navette il sera peut-être un jour étudié à l'Assemblée nationale mais si vous regardez bien c'est un sujet je suis 200% d'accord avec ce que vous dites on essaie par petites touches d'instiller des changements mais quand vous voyez que de l'autre côté vous êtes pour l'actionnariat salarié François Ruffin il faut une révolution mais là pour l'instant c'est un programme présidentiel c'est le programme présidentiel vous me dites est-ce que vous avez fait des choses avant j'essaie de vous dire que oui on essaie de faire des choses avant avec les moyens qui sont à notre disposition et là où je vous rejoins c'est que tous les sujets dont on parle aujourd'hui ils doivent être débattus entre ceux qui seront candidats de manière à ce que le président élu en avril 2027 par son élection il ait un mandat démocratique qui lui permette d'entreprendre de vraies réformes et dans ces vraies réformes il y en aura forcément certaines qui auront aussi un impact négatif sur certains il faut avoir le courage de le dire parce qu'aujourd'hui la situation de finance publique c'est pas open bar on pourra pas tout financer pour tout le monde partout donc celui qui sera au lieu aura défini des priorités j'espère qu'il aura eu l'honnêteté d'avoir un programme finançable et de dire comment il le finance je pense aussi qu'il faut dire qu'aujourd'hui penser qu'on va équilibrer un programme politique par la lutte contre la fraude fiscale et la lutte contre la fraude sociale c'est faux penser à dire qu'on va financer un programme politique en allant supprimer les agences et les opérateurs de l'état c'est faux il faut dire qu'on supprime des politiques publiques voilà je dis ça et ensuite on pourra avoir un débat

51:05
Présentateur

on revient quand même le côté de la confrontation quand même entre les entreprises et les politiques c'est drôle que les politiques vous êtes toujours dans votre campagne c'est normal c'est votre métier oui mais enfin vous êtes LR et on a compris que vous étiez LR

51:17
Invité

c'est pas une confrontation c'est qu'aujourd'hui il y a un chiffre qui est important c'est qu'il y a 9% des français qui font confiance dans leurs hommes politiques je le dis souvent mais si nous il y avait 9% des gens qui c'est confiance dans ma manière de diriger mes entreprises ça ferait longtemps je serais parti Alexandre Loubet c'est un point clé c'est qu'on a besoin de comprendre l'enjeu politique de 2027

51:36
Présentateur

et bien c'est ce qu'on essaie de faire mais on va pas faire ça en 3 quarts d'heure

51:41
Invité

bien je réagis sur un point que vous avez évoqué monsieur Cartier ne présentez pas le programme avant de vous répondre non mais je tiens juste à préciser vous m'avez dit qu'on ne pouvait pas percevoir ce qu'attendrait les PME les entreprises si l'URN est arrivé au pouvoir c'est que vous ne m'avez pas écouté ou que vous n'avez pas été attentif puisque je voulais précisément décliner ensuite deuxième élément je parle sur le coût du travail deuxième élément sur le coût du travail répétez-le alors sur le coût du travail je n'ai pas entendu alors répétez-le moi sur le coût du travail je vous demande de dire ce que vous avez annoncé que je n'ai pas entendu sur le coût du travail j'espère que vous êtes conseillant avec vos salariés que vous les laissez parler en l'occurrence renseignez-vous en l'occurrence monsieur Cartier laissez-moi répondre je vous prie un, d'abord ce n'est pas nous qui avons renchéri le coût du travail ceux qui ont renchéri le coût du travail ce sont ceux j'entends mais ce sont ceux qui ont supprimé des exonérations pour les apprentis et qui viennent de geler le barème des exonérations des cotisations patronales on s'y oppose ensuite le deuxième sujet c'est que pour justement regarder demain nous ce que nous avons proposé depuis 2022 nous sommes en train d'étudier d'autres propositions mais je vous évoque celle-là c'est de donner la possibilité aux employeurs qui le souhaitent comme c'est votre cas de pouvoir augmenter le salaire de ses salariés jusqu'à 10% en contrepartie d'exonérations de charges patronales jusqu'à 3 fois le SMIC pour qu'il n'y ait pas trop d'abus mais si je peux me permettre le problème est bien plus profond il faut remettre la France au travail parce que de manière objective aujourd'hui on est toujours en train de taxer la France qui travaille ou la France qui a travaillé ou qui veut travailler et la réalité c'est qu'on se retrouve avec un taux d'emploi dans notre pays à 69% 69% si on avait le même taux d'emploi que les Pays-Bas qui sont à plus de 80% le déficit des retraites serait largement comblé et le système serait largement à l'équilibre j'ajoute un dernier élément dans l'un des points que j'ai évoqué tout à l'heure dans l'un des points que j'ai évoqué tout à l'heure monsieur Cartier j'ai évoqué brièvement la nécessité de libérer les financements pour réindustrialiser le pays et soutenir l'économie réelle l'innovation ça passe notamment par la création d'un fonds souverain il nous reste 5 minutes il permettrait la capitalisation collective des français autrement dit qu'ils le veulent je le précise parce qu'on va piocher l'épargne des gens autrement dit sur la base du volontariat madame Chevrillon les français pourront capitaliser dans l'économie réelle dans l'innovation pour avoir de l'épargne long terme qui permettra justement

53:56
Présentateur

est-ce qu'on paye trop d'impôts en France de constituer un revenu complémentaire

54:00
Invité

pour leur retraite

54:00
Présentateur

François Ruffin c'est en tous les cas ce que disent les chefs d'entreprise c'est que la fiscalité

54:05
Invité

pas simple avec les retraites à 62 ans

54:07
Présentateur

pas simple

54:08
Invité

pardonnez-moi monsieur Cartier vous voulez mieux payer vos salariés très bien mais vous savez que l'âge effectif de départ à la retraite aujourd'hui en France c'est 63 ans en Allemagne c'est 67 ans l'âge légal mais l'âge effectif c'est 63 ans et demi autrement dit si vous décalez l'âge de départ à la retraite comme vous semblez vouloir le préconiser vous prétendez vouloir mieux payer vos salariés aujourd'hui mais ils seront moins bien payés demain lorsqu'ils seront à la retraite parce qu'ils partiront aujourd'hui ça veut dire 20 milliards d'euros au moins de fiscalité supplémentaire sur les entreprises Alexandre Loubet

54:43
Présentateur

François Ruffin sur la question de la retraite puisqu'ils sont partis sur la question de la retraite moi je voulais absolument qu'on parle quand même de fiscalité parce que je pense que c'est un sujet important pour les chefs d'entreprise et là je crois qu'on n'a pas le temps restons sur la réforme des retraites vous préconisez quoi ?

54:59
Invité

écoutez moi je viens je vais vous dire plusieurs choses d'abord que dans le temps de crise qui est le nôtre ça ce n'est que successif on a eu la crise des gilets jaunes la crise covid la guerre en Ukraine maintenant c'est le détroit d'Ormuz et en vérité par dessus ça on a une crise climatique qui est installée dans la durée je pense que la discussion entre dirigeants politiques et dirigeants économiques doit être quel est le rôle de l'état là dedans et le rôle de l'état ça ne peut pas être juste reculer reculer reculer je pense qu'il y a la nécessité d'avoir un état stratège à l'intérieur de tout ça un état qui aide par exemple sur les questions de formation qui me paraît une question centrale quand on va avoir affaire face à la crise démographique ça veut dire des pénuries de personnel potentiellement donc quelle est la stratégie qu'on met en place pour avoir des formations qui correspondent ça veut dire un état qui pense à l'usage du capital quand on a 2000 milliards d'assurance vie dans notre pays comment ça se fait qu'il n'y a que 3 ou 4% qui sont orientés vers les PME et à mon sens une discussion qui se limite à regarder les cotisations et moi je suis prêt à avoir des grands non mais parce que ça

56:09
Présentateur

justement ça permet d'alléger à ce moment les cotisations qui peuvent peser sur les salaires donc ça peut donner plus de pouvoir d'achat mais il faut quand même financer ses dépenses sociales donc vous voyez on rentre dans une machine je vais vous dire je ne suis pas parce qu'on est la solution en 2017

56:25
Invité

nous avons un état qui est devenu de plus en plus un état subvention subvention aux entreprises subvention à l'agriculture subvention au logement subvention à la prime d'activité et qui en fait du coup prend beaucoup mais non pas pour être un état action donc il faut se recentrer sur un état action mais un autre point quand on parle de pouvoir d'achat il y a deux manières de résoudre le problème il faut augmenter les salaires et je suis favorable à une indexation des salaires sur l'inflation qui fasse que quand il y a l'essence qui monte mais derrière c'est l'alimentation qui monte c'est à peu près tout qui monte et bien naturellement il en soit de même pour les salaires j'entends que ça ne vous plaise pas mais le deuxième volet pour maintenir le pouvoir d'achat en vérité la grande question qui devrait être la nôtre votre mot et possiblement on a un chemin de rapprochement c'est la question du logement la question du logement quand on parle pouvoir d'achat

57:15
Présentateur

là François Ruffin je suis désolée j'aurais adoré qu'on puisse continuer mais là on était en direct

57:20
Invité

laissez-moi une minute mais oui mais d'accord alors attendez c'est incroyable que quand on prononce le mot logement soit interrompu quand la question du pouvoir d'achat est centralement la question du logement quand la question de la natalité c'est la question du logement et même quand la question de la mobilité professionnelle c'est pour ça que vous voulez

57:36
Présentateur

rester sur des sujets parce que la natalité je suis sûre que ça les concerne l'échelle d'entreprise évidemment mais c'est pas au coeur du sujet

57:43
Invité

si je vous dis que je vous dis madame que c'est au coeur du sujet parce qu'il y a deux moyens d'augmenter le pouvoir d'achat des salariés il y a un premier moyen c'est de jouer sur la hausse des salaires et du coup on voit les difficultés qui peuvent être les vôtres et il y a un deuxième moyen c'est de peser sur les dépenses contraintes et la première des dépenses contraintes c'est le logement le logement est toujours un noeud c'est un kyste pour les français parce que c'est un tiers dans la moyenne des français mais en vérité on est à la moitié voire les deux tiers pour un certain nombre de personnes déprétées

58:12
Présentateur

il faudrait que chacun arrive à me faire très rapidement on fait déjà des gros yeux un mot de conclusion un mot si vous avez un message c'est quoi ? un mot

58:22
Invité

tout simplement qu'au Rassemblement National nous avons la conviction que la France a tous les atouts pour redevenir une puissance économique encore faut-il le vouloir encore faut-il travailler avec les chefs d'entreprise qui le veuillent mais aussi les salariés nous y sommes prêts nous le faisons alors moi j'aurais pas un mot mais j'inviterais plutôt monsieur Cartier à venir discuter avec moi dans le détail pour mettre en oeuvre des propositions parce que notamment sur cette question la mise en oeuvre de l'actionnariat salarié et du financement de retraite je pense qu'aujourd'hui effectivement il y a des choses à aller faire du côté des PME parce qu'aujourd'hui tous nos dispositifs sont conçus notamment pour des salariés qui sont fiscalisés c'est là où il y a des incitations pour se tourner vers des dispositifs de capitalisation et il faut qu'on fasse entrer les entreprises dans la donne parce que c'est ce qui va nous sauver et en tout cas sauver notre système social

59:05
Présentateur

vous avez déjà parlé vous avez déjà parlé quand même

59:08
Invité

je vais crier à la censure attention

59:11
Présentateur

je crois que vous pourrez crier mais j'ai pas mal de témoins je pense

59:14
Locuteur non identifié

allez-y moi j'en ai deux mots j'en ai un qui est le principe de réalité c'est-à-dire qu'il va falloir qu'on se fixe un vrai principe de réalité il y a plein de choses qui seraient chouettes à faire mais il y a plein de choses qui sont impossibles et en tant qu'entrepreneur on joue avec un jeu de contraintes il faudrait que nos hommes politiques et nos femmes politiques fassent pareil et le second c'est de pas trouver de bouc émissaire j'ai l'impression qu'on cherche trop de bouc émissaire et nous les premiers la preuve on a dit les politiques les politiques et c'est pas bien pardonnez-nous pour ça mais les entrepreneurs les patrons quels qu'ils soient peuvent pas être les bouc émissaires permanents de tout ce qui va pas il faudrait augmenter les charges il faudrait ceci il faudrait cela on peut pas être les bouc émissaires permanents ça serait pas sain pour notre économie non plus

59:48
Présentateur

Jean-Philippe alors vraiment un mot parce qu'on est très rapide pas à la fin François Ruffin s'il vous plaît

59:53
Invité

encore une fois on espère de tout coeur que les 35 ans de mauvaises décisions politiques vont évoluer dans le bon sens dans les 12 prochains mois à commencer par 2027 pour ceux que ça intéresse j'invite Christine également on a travaillé avec Jules avec Marie avec tout un certain nombre d'entrepreneurs entrepreneuses femmes et salariés impliqués sur 12 réformes économiques sur notre temps hors travail le soir qui s'appelle le pouvoir de l'action et on fera tout ce qu'on peut pour être écoutés parce que les chefs d'entreprise et les PME françaises vont pas très bien le pouvoir de l'action

1:00:22
Présentateur

merci beaucoup merci

1:00:24
Locuteur non identifié

émission spéciale 4 PME sur BFM Business

PME : la fracture avec les politiques – 27/05 — Sébastien Martin · Pourquijevote