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interviewEurope 1· 15 décembre 2025 9 min

Dermatose nodulaire : "La ministre est très mal conseillée, elle ne veut pas évoluer"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

7h10 [musique] sur Europe Dimitri Pavlenco, vous recevez ce matin le président de la coordination rurale. Mais oui, les célèbres bonnet jaunes devenu lors des récentes élections dans les chambres d'agriculture. Le premier syndicat agricole français avec près de 30 % des suffrages.

Bonjour Bertrand Vtau. Bonjour. Bienvenue sur Europe 1.

Vous avez donc très récemment pris la présidence de la coordination rurale il y a il y a moins d'un mois. C'est une semaine de mobilisation intense qui s'ouvre pour vous avec des appels à la mobilisation dans de nombreuses villes. Le déclencheur, c'est cette donc campagne d'abattage total des troupeaux de Bovin en cas de dermatose nodulaire.

Alors justement, vous êtes-vous éleveur de vaches limousine, vous êtes à Saintrier la Perche, c'est au sud de Limoge, vous êtes contre cette politique de dépeuplement, comme on dit, d'abattage systématique quand un cadre dermatose a été identifié. Euh la Confédération paysane est euh sur la même ligne que vous. Pourquoi vous vous opposez à ce protocole sanitaire qui a été pourtant euh validé par trois fois depuis euh les premiers cas apparus au début de l'été ?

Euh Bertrand Venta ? Ben tout simplement parce que euh aujourd'hui ce protocole, il pourrait être fait totalement différemment. Dans les autres pays d'Europe, c'est pas du tout ce qui se passe, du moins dans cette ampleur et qu'on emmène et qu'on euthanisésie des animaux qui sont simples et qui pourraient se sortir de la maladie.

Donc c'est un drame pour les éleveurs, c'est une perte financière pour la filière et c'est une perte pour la balance commerciale. Ce qui est mis en place en France est basé uniquement sur le principe de précaution sans un recul par rapport à à l'effet que ça a sur les éleveurs et que ça a sur la filière et que ça a sur la balance commerciale. Depuis le début, la ministre est très mal conseillée.

La FNSA, sujet auquel elle ne comprend rien, appuie la ministre avec bien sûr la spirale qui est autour d'elle et les conseillers, la ministre qui sont des vétérinaires qui n'ont jamais pratiqué la rurale, c'est-à-dire vraiment avoir fait des actes praticiens et qui sont jamais allés faire le tour du monde pour voir les maladies. La conseille très mal et surtout le problème qu'il y a c'est que la ministre veut pas faire marche arrière, veut pas évoluer. Voilà, on a on a très concrètement les éleveurs ont la trouille que la maladie arrive chez eux d'être obligé de faire abattre leurs animaux.

Alors même qu'ils ont pu être comme dans le doux vaccinés si vous voulez. C'est c'est un drame ce qui est en train de se passer. Oui.

Alors, je suis pas vétérinaire, je suis pas spécialiste de ces maladies-là. Cela ce ceci dit Bertrand Ventau, le fameux parlement sanitaire qui a arrêté ce protocole donc au début de l'État réunissait bah notamment les syndicats agricoles. La coordination rurale que vous présidez avait validé ce ce protocole et en l'occurrence la maladie, on sait que les mal les les vaches qui survivent, malheureusement elles sont pas en très très bon état derrière.

Enfin, on a l'impression quand même que vous avez un peu changé retourné votre manteau dans cette histoire-là, retourner votre veste dans cette histoire. Bertrand Vtau, vous avez changé de point de vue, vous souteniez ce protocole coordination rurale et ça n'est plus le cas. Qu'est-ce qui s'est passé ?

Alors, qu'est-ce qui s'est passé ? Pour être très clair, on avait pour les chambres d'agriculteur qui étaient coordination rurale étaient les premiers à demander la vaccination. Qu'est-ce qui s'est passé ?

Honnêtement, notre représentante a été mal informée parce queà l'époque les les comment vous dire le service en interne n'a pas fonctionné sur le positionnement. Les chambres avaient un avis depuis le début qui était sur la vaccination. Euh la croix transmission marchait pas avec le syndicat.

Bon, depuis que les élections sont passées en interne et que les choses sont plus claires, ça a permis de se positionner comme il faut. Je pense que notre représentante à l'époque a été influencée en erreur par les conseils qu'il y avaient. Le retour en interne n'était pas là, mais en tout cas, les chambres d'agriculture ont été très claires et on a rectifié très vite le positionnement derrière.

C'est une erreur qui qui s'est passé, qui a eu lieu, mais en tout cas le positionnement de la, je vous le répète, des chambres d'agriculture CR qui étaient à l'époque un peu loin de la structure nationale a toujours été pour la vaccination aujourd'hui euh et le développement de la vaccination sur le châtel souche. Donc voilà, ça a été une erreur, elle est là. C'est on peut être sous pression des fois quand on est au milieu de 20 personnes qui sont contre vous.

C'est ce qui s'est passé, le tir est rectifié, les demandes sont claires et aujourd'hui on assume totalement ce qui s'est passé. Malgré tout, on veut avancer. on va avancer pour essayer de sauver un maximum d'éleveurs, un maximum de vaches à venir.

La peur qu'on a, mais très concrètement, c'est que la maladie se réponde plus vite que la vaccination et qu'on soit en train de courir à cette maladie ben à fin d'hiver, début, printemps, peut-être même pendant l'hiver et qu'on nit pas pu l'enrayer parce que ben ce positionnement de la ministre qui n'a pas changé, qui a pas su être anticipé. C'est ce que je disais l'autre jour. Je dis déployer massivement la vaccination parce que ça nous permettra de sortir euh ben très rapidement de cette crise, sinon on va avoir un sacré bazar au printemps et les éleveurs vont vont devenir fous.

C'est c'est ça la réalité. H alors je crois que c'est un million et demi de vaches qui vont être vaccinés là dans les les prochaines semaines. C'est long une campagne de vaccination, je lisais que c'est 7 à 12 mois s'il fallait vacciner l'ensemble du cheptel français. 15 à 16 millions de de de bêtes, c'est quand même extrêmement long.

Le temps joue contre tout le monde là dans cette histoire là. Non. Alors non, là une fois de plus, qu'est-ce qui a été demandé à la ministre ?

On est en période de prophylaxie. C'est-à-dire que c'est la période l'hiver où on enfin d'octobre à avril où on détecte, on recherche les maladies hautes que la DNC, bon je vais pas entrer dans le détail et où les vétérinaires viennent nous faire des prises de sang sur nos animaux, sur nos vaches. Donc en fait, ce n'est pas un problème de déployer ça pendant la prophylaxie.

C'est même la solution. C'est ce qu'on a demandé à la ministre pour lu dire "Écoutez, ça va pas être compliqué. On attrape les animaux.

Donc les attraper une fois pour regarder ce qu'ils ont, autant faire la vaccination à ce moment-là et ça peut aller très vite. Après, je pense qu'il y a un réel problème de dose vaccinale. C'est je pense que c'est un des plus gros sujets en fait parce que les vaccins viennent apparemment d'Afrique du Sud, mais on est en capacité d'avoir des laboratoires en France qui sont capables de faire ça.

Donc c'est juste à la ministre de ses services d'ordonner la fabrication des vaccins déployer ça. C'est pas dans un mois qu'il faudra qu'elle le fasse Annie Jeunev, c'est maintenant et c'est sur ça où elle bloque et et là c'est vraiment problématique. Faut vraiment qu'elle se réveille et qu'elle mette ses services à faire le travail.

Alors, on sait qu'il y a d'autres sujets aussi Bertrand Vantaux qui pèse lourd dans la balance. la baisse annoncée du budget de la PAC européenne et puis il y a l'accord commercial UE Mercossû qui devrait être acté dans la semaine. Vous avez vu que le gouvernement français hier a demandé en catastrophe le report des échéances là des des prochains jours.

J'imagine que c'est plutôt ce que vous souhaitez chez vous à la coordination rurale. Bon bien évidemment qu'on dénonce où est traité de libre échange mais si vous voulez si c'est juste repoussé pour qu'il soit quand même validé au final c'est une manœuvre pour essayer de calmer la colère agricole ça ne marchera pas. Les paysans de la base ont très bien compris que l'accord du Mercosour allait être signé parce que la France ne pèse plus dans les négociations avec ses partenaires européens.

On nous dit que ça va repousser, qu'il y aura des clauses mirror et tout. Le gros de l'accord passera. Il sera acté et c'est un traité parmi d'autres.

On a eu le le CTA également. Aujourd'hui, la la vraie solution Non, mais aujourd'hui la vraie solution, c'est que quand vous regardez les grandes puissances, l'OMC quand ils vont discuter, ils disent "Ce secteurlà, on y touche pas, sinon je vous taxe." Donc ce qu'il faut que la France et l'Europe fassent, c'est qu'on soit qu'on ait vraiment des représentants qui qui aillent entre guillemets ferraillés avec les grandes puissances et qui disent par exemple la partie beauin viande, c'est pas négociable, on y touche pas, il y a plus d'accord et c'est sacré chez nous.

Hm hm. Euh Bertrand Ventau, je profite de vous avoir au téléphone aussi parce que euh lors de votre discours euh inaugural de de président il y a quelques semaines, vous avez dit "Les écolos, la décroissance veulent nous crever. Nous agriculteurs, nous devons leur faire la peau." Est-ce que vous pouvez vous expliquer pour ces mots qui vous valent aujourd'hui d'être attaqués en justice ? sont des mots quand même extrêmement forts et violents quoi.

Étit mal reçu, hein. Oui. Oui.

Ben écoutez, je vais vous dire, on a on a du franco-français, des règles franco-françaises qui sont la déclinaison du principe de précaution, de la décroissance et la DLC en fait partie d'ailleurs. Sa gestion, c'est basé sur le principe de précaution. Donc en fait, l'écologie punitive a infusé toutes les strates de décision étatiqu euh des collectivités territoriales et et des agences et des offices d'État. et et j'assume pleinement ce que j'ai dit, c'est-à-dire qu'aujourd'hui ben si la la production agricole française a chuté beaucoup plus que celle qui est au niveau européen dans d'autres pays européens, mais bien évidemment c'est la faute de l'écologie punitive et de ces représentants qui ont un fusé partout et qui nous entravent au quotidien euh nous les producteurs, c'est-à-dire qu'on soit en production animale ou en production végétale parce qu'on nous a entravé, parce qu'on nous a retiré des matières actives, soit-elles phytosanitaires ou vétérinaires, parce qu'on nous a empêché et compliqué la vie pour avoir accès à l'eau parce qu'on a eu chaque fois qu'on a voulu faire une réserve d'eau monter un bâtiment, on a eu des associations qui sont arrivées derrière ou des choses qui nous ont bloqué en interne par les services de l'État à demander plus de réglementation, à faire plus de demandes et quand vous avez un projet, vous mettez au lieu comme en Espagne ou ailleurs mettre 1 an ou deux maximum.

Ici ça prend 5 à 10 ans si on a des recours qu'on est attaqué en justique et ça coûte de l'argent et les paysans ils ont pas l'argent nécessaire pour tenir sur des procédures pendant 10 ans. C'est ça la réalité. Merci Bertrand Vtau, donc le président de la coordination rurale d'avoir été ce matin en direct avec nous sur sur Europe.

Dermatose nodulaire : "La ministre est très mal conseillée, elle ne veut pas évoluer" — Xavier Bertrand · Pourquijevote