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Discours / meetingÉlysée (sur YouTube)· 5 novembre 2019 33 minAutoproduitFond programmatiqueÉconomie & entreprisesEurope & internationalEnvironnement & énergieNumérique

Chine | Ouverture de la Foire internationale de Shanghai

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00E. MacronChiffre
    « Une croissance réelle de 9% par an en moyenne, une multiplication par 25 du revenu par habitant, près de 800 millions de personnes sorties de la pauvreté. »
  • 4:00E. MacronFait
    « La Chine n'est plus aujourd'hui l'atelier du monde pour la production de produits à bas coût. »
  • 6:00E. MacronFait
    « La Chine a subi, lors de la crise de 2008, les conséquences de l'effondrement de la demande extérieure dans une économie fondée sur un modèle de rattrapage. »
  • 8:00E. MacronFait
    « En juin, lors du sommet du G20, le président Xi Jinping a annoncé la mise en place de mécanismes de plainte pour permettre aux investisseurs étrangers de mieux faire valoir leurs droits. »
  • 10:00E. MacronFait
    « La guerre commerciale ne fait que des perdants. »
  • 12:00E. MacronFait
    « La Chine d'aujourd'hui n'est pas celle de 1978. Elle a pu combler son retard et, par l'ouverture, dépasser largement dans de nombreux domaines ses concurrents internationaux. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

-E. Macron : M. le président de la République populaire de Chine, mesdames et messieurs les chefs d'Etat et de gouvernement, mesdames et messieurs les ministres, mesdames et messieurs les dirigeants d'organisations internationales, mesdames et messieurs commissaires, mesdames et messieurs les dirigeants d'entreprises, chers amis.

Je suis heureux d'être parmi vous aujourd'hui pour honorer l'engagement pris auprès de vous, cher président, d'être à vos côtés pour cette 2de édition de la foire de Shanghai. Nous poursuivons ici un dialogue engagé il y a presque 2 ans à Xi'an, dans l'antique capitale des routes de la soie, itinéraire terrestre des caravaniers chargés de marchandises reliant la Chine à l'Europe, en passant par l'Asie centrale et le Moyen-Orient. Et ce n'est pas un hasard si ce chemin se poursuit aujourd'hui à Shanghai.

Cet autre lieu de rencontre entre la Chine et le monde, entre la Chine et l'Europe par la mer qui a donné son nom à cette cité continentale à l'embouchure du fleuve Bleu. Shanghai, ville symbole de l'ouverture de la Chine, de son dialogue avec l'Occident qui connut les heures sombres des ambitions prédatrices comme les pages glorieuses de la découverte de soi dans le dialogue avec l'autre. Shanghai, d'où, il y a 100 ans cette année, partirent à quelques mois de distance 2 étudiants ouvriers, Zhou Enlai et Deng Xiaoping, sur un bateau à destination de Marseille.

Voilà un peu plus de 40 ans, la Chine s'engageait sur leur impulsion dans l'ouverture et la réforme. Ce mouvement progressif et pragmatique fut l'un des points de bascule de l'ordre mondial contemporain. L'une des immenses forces de la Chine est la conscience, précisément, du temps long.

Et il faut, je crois, toujours y revenir pour comprendre les ressorts profonds des défis que nous avons aujourd'hui à relever ensemble pour maintenir ce choix de l'ouverture au XXIe siècle que le président Xi vient une nouvelle fois de confirmer pour la Chine et qui est très profondément celui de l'Europe. Je tenais ici, en m'inscrivant dans ce temps long, et dans la confiance résolue et déterminée dans l'époque que nous traversons, partager 3 messages. Le 1er, c'est la reconnaissance de ce que l'ouverture de la Chine a représenté pour le monde et l'importance qu'elle poursuive dans cette voie au travers d'avancées tangibles.

Et je vous remercie, président, d'avoir à l'instant partagé, non seulement les avancées des 12 derniers mois entre la 1re et la 2e édition de ce forum, mais d'avoir confirmé cette vision et ce cap pour votre pays et plus largement la région. Ce choix, en effet, a révélé le génie de son peuple, de ses travailleurs, de ses étudiants, de ses penseurs. Il a permis ce qui est sans nul doute le changement économique et social le plus rapide et le plus massif de l'histoire de l'humanité.

Une croissance réelle de 9% par an en moyenne, une multiplication par 25 du revenu par habitant, près de 800 millions de personnes sorties de la pauvreté. C'est cela, le résultat de cette politique d'ouverture. Ce succès, la Chine le doit à ses propres forces.

Elle le doit aussi à la mondialisation contemporaine, dont elle a bénéficié autant qu'elle l'a façonnée, tirant parti de sa main-d'oeuvre abondante, des investissements étrangers, des exportations de biens manufacturiers, en particulier depuis son accession à l'Organisation mondiale du commerce en 2001, déplaçant le centre névralgique de l'économie mondiale vers l'Asie, tirant la croissance mondiale vers le haut, montrant la voie à nombre de pays en développement. Aujourd'hui comme hier, la Chine a besoin de son ouverture, de cette ouverture au monde, comme le monde a besoin de l'ouverture de la Chine. L'économie chinoise s'est certes profondément transformée.

La Chine n'est plus aujourd'hui l'atelier du monde pour la production de produits à bas coût. Elle entend, à juste titre, développer son marché domestique, offrir des perspectives à ses classes moyennes, occuper les 1ers rangs dans la compétition mondiale sur les produits à haute valeur ajoutée technologique. Elle compte sur ses propres forces, mais elle a aussi besoin des compétences et des savoir-faire que les entreprises étrangères présentes à cette foire peuvent lui apporter.

Pour assurer la sécurité alimentaire de plus de 20% de la population mondiale sur 7% de la surface arable du globe. Pour relever le défi du vieillissement démographique, la prise en charge de la dépendance, les enjeux de la santé. Pour réussir la transition énergétique, son objectif de civilisation écologique, construire des villes durables dans un contexte où la population urbaine chinoise augmente de près de 18 millions de personnes chaque année.

Pour l'innovation, enfin, même si la Chine a rattrapé aujourd'hui une très grande partie de son retard et acquière un leadership dans plusieurs technologies de rupture. Car la Chine est un pays d'inventeurs. Hier, la poudre à canon et la boussole.

Aujourd'hui, l'intelligence artificielle et le calcul quantique. Nous aussi, nous avons besoin d'une plus grande ouverture de la Chine et de son marché domestique. Prenons l'agroalimentaire.

C'est le 3e poste des exportations françaises en Chine. Le 1er marché à l'export pour la viande porcine en dehors de l'Europe. Et de très nombreuses entreprises françaises m'accompagnent ici, des grands groupes comme des petites et moyennes entreprises, dans tous les secteurs, de l'énergie, de l'environnement, des transports, de la santé, du numérique, du tourisme, des industries culturelles et créatives.

Toutes ces entreprises françaises, allemandes, européennes, et elles nous l'ont rappelé hier à quelques-uns, attendent beaucoup des promesses de la Chine qui sont ici portées. Beaucoup a été fait ces dernières années avec 2 révisions des listes négatives pour les investissements étrangers, des programmes de réforme dans le secteur financier, la levée dans de nombreux secteurs des obligations de coentreprise. D'importantes réductions tarifaires ont également été consenties.

Nous appelons à leur consolidation et à leur approfondissement. Toutes ces mesures s'inscrivent très précisément dans le cadre défini par le président Xi Jinping dès le discours de Davos en janvier 2017. Vous y aviez fait aussi, M. le président, le constat d'une contestation montante de l'ordre commercial international, en citant Charles Dickens au lendemain de la révolution industrielle : "It was the best of times, it was the worst of times." Et je crois qu'il y a une profonde sagesse dans cette référence pour décrire la période que nous vivons.

Car d'un côté nous vivons encore sur les bénéfices de l'ordre économique et commercial dans lequel nous avons évolué au cours des dernières décennies, et d'un autre côté, nous voyons aussi monter partout une fracturation profonde de cet ordre. Mon 1er message, donc, est un message pour que ce travail d'ouverture, ce choix stratégique, soit consolidé, renforcé, et que tous et toutes, nous puissions y prendre notre part. Mon 2d message, c'est que si nous voulons préserver cette mondialisation ouverte dont nous avons tous ici bénéficié, nous n'avons pas d'autre choix que de redéfinir ensemble un ordre commercial ouvert plus équitable et plus coopératif.

La crise actuelle, les tensions contemporaines, ne sont malheureusement sans doute pas un phénomène conjoncturel et strictement passager. Les racines de ces tensions se trouvent dans les déséquilibres que nous n'avons pas su collectivement corriger. Déséquilibre lié à une mondialisation qui n'a pas su endiguer la montée des inégalités au sein de chacun de nos pays, la concentration des richesses dans les mains des plus riches et dans certains territoires, des désindustrialisations, la déstabilisation des classes moyennes dans beaucoup d'économies.

Nous n'avons pas toujours su créer les régulations nécessaires face aux bouleversements climatiques et numériques en cours. Je sais que cette question des inégalités est très présente en Chine, notamment entre les régions urbaines et rurales, et que c'est l'une des priorités des autorités, tout autant que le défi environnemental. Mais ces déséquilibres sont liés aussi au fait que les progrès considérables des dernières décennies ont dans le même temps engendré des transformations et des tensions dans nos sociétés.

Du fait de la désindustrialisation de nombreuses régions, des emplois détruits, des déficits commerciaux qui ont pu s'installer, ces évolutions ont entraîné aux Etats-Unis, en Europe, dans de nombreuses régions du globe, des peurs, parfois un besoin de protection, qui a pu se traduire par une tentation de repli. Alors, que devons-nous faire ? Considérer que le système commercial que nous avons bâti ensemble sein de l'Organisation mondiale du commerce, au motif qu'il n'a pas su apporter une réponse aussi efficace que nous le souhaitions aux distorsions du commerce international, devrait être liquidé ?

Qu'il n'y aurait pas d'autre choix que de recourir à l'action unilatérale, à l'utilisation de l'arme tarifaire, à la loi du plus fort ? (Applaudissements) (...) Je ne le crois pas.

Ce n'est pas le choix de la France, ce n'est pas le choix de l'Europe. La guerre commerciale ne fait que des perdants. Nous en voyons les effets.

Les tensions commerciales entre les 2 principales puissances économiques pèsent d'ores et déjà sur la croissance mondiale. Des discussions sont actuellement en cours, et je souhaite qu'elles puissent aboutir à un accord de nature à apaiser les tensions et qui préservent les intérêts des autres grands partenaires commerciaux de la Chine et des Etats-Unis, à commencer par l'Union européenne. Nous devons donc agir de manière très concrète et résolue.

D'abord, dans chacun de nos pays et pour chacun de nos pays. La Chine a subi, lors de la crise de 2008, les conséquences de l'effondrement de la demande extérieure dans une économie fondée sur un modèle de rattrapage. Elle a engagé, lors du 19e congrès, un important mouvement de réforme du côté de l'offre qui s'est traduit par une politique financière de contrôle des risques, un souci de mieux soutenir le financement du secteur privé, l'accélération de l'ouverture du marché chinois et une réduction de l'excédent courant.

C'est un choix important et ambitieux. Mais nous devons agir aussi ensemble. Nous ne pourrons pas répondre avec les cadres d'hier aux réalités d'aujourd'hui.

Le système commercial multilatéral est un bien commun qu'il nous faut préserver, mais il n'a pas été construit pour répondre aux déséquilibres actuels que j'ai décrits et qui l'ont fracturé. Agir d'abord en construisant le cadre d'une concurrence plus équitable. Nous avons beaucoup discuté au cours des derniers mois sur le point de savoir si nous étions ou non des rivaux.

La réalité, c'est que l'Europe et la Chine sont des partenaires de 1er plan dans les échanges internationaux, et en même temps des concurrents du fait du succès de la Chine dans son rattrapage, et que c'est ce cadre qu'il nous faut organiser. Créer de nouveaux liens d'équilibre suppose que les procédures d'entrée sur le marché chinois soient accélérées, rendues plus transparentes pour permettre aux entreprises étrangères, notamment aux entreprises innovantes, de s'installer en Chine avec confiance. C'est la poursuite de l'agenda que vous avez décrit et des 1ers résultats obtenus.

Cela suppose que nos entreprises puissent bénéficier de voies de recours, d'un traitement égal dans l'accès aux subventions et aux marchés publics. En juin, lors du sommet du G20, le président Xi Jinping a annoncé la mise en place de mécanismes de plainte pour permettre aux investisseurs étrangers de mieux faire valoir leurs droits et assurer une égalité de traitement pour tous les investisseurs. Je salue ces annonces qui sont importantes et les résultats, les réalisations concrètes, qui s'inscriront dans la foulée de celles-ci.

Nous devons aussi poursuivre le travail partagé de réforme de l'Organisation mondiale du commerce pour répondre dans un cadre coopératif aux questions de transparence, de surcapacité, de subventions d'Etat. Ces questions sont toutes à discuter. Et pour toutes, il existe des solutions qui sont à bâtir dans un cadre multilatéral, transparent, efficace, rapide.

Je me félicite de la ministérielle de cet après-midi. Mais je nous appelle tous collectivement, Chinois, Européens, Américains, puissances du monde entier présentes ici, à oeuvrer et à prendre nos responsabilités pour parachever ce travail de modernisation et de transformation de l'OMC. Nous devons aussi démontrer ensemble que l'esprit de coopération permet d'obtenir des résultats.

Plus que l'esprit de confrontation. La conclusion positive des négociations entre l'Union européenne et la Chine sur l'accord sur les indications géographiques signé demain à Pékin est à cet égard une étape décisive, car il s'agit pour l'Union européenne d'un accord d'intérêt systémique longtemps recherché. Nous devons poursuivre sur cette dynamique positive dans le cadre des négociations en cours entre l'Union européenne et la Chine pour la conclusion d'un accord global d'investissement ambitieux en 2020. 2020 doit marquer la finalisation d'un tel accord.

Le sommet entre la Chine et l'Union européenne doit permettre de consacrer un tel cadre d'investissement bilatéral qui soit positif, exigeant de part et d'autre, et prenne précisément en considération les défis stratégiques de propriété intellectuelle, de cadre d'investissement auquel nous tenons. Je crois très profondément que nous pouvons saisir l'opportunité offerte par les prochains mois pour bâtir, justement, le cadre d'investissement et de commerce entre l'Union européenne et la Chine qui soit mutuellement bénéfique. Et ainsi oeuvrer à la modernisation, la transformation du cadre commercial mondial.

Enfin, et c'est le 3e message que je voulais porter, nous ne parviendrons à cela que si la Chine et l'Union européenne bâtissent aussi, et dans le même temps, un ordre international d'équilibre durable. Je crois, en effet, que l'ouverture, que la consolidation et la poursuite de ce mouvement du commerce international ne peuvent persister dans le temps que si nous parvenons ensemble à mieux maîtriser le cours du monde et ses conséquences sur nos peuples. C'est pourquoi notre agenda d'ouverture, d'échange, ne peut être durable que s'il est harmonieux.

Que s'il permet à chacun de faire face à ses défis et s'il permet à chacun de mieux maîtriser son destin et retrouver un peu le sens de celui-ci. C'est-à-dire si nous parvenons, par nos coopérations, nos échanges, à répondre aux désordres économiques, sociaux, climatiques que j'évoquais il y a un instant. Quel jeune Chinois peut être convaincu de l'intérêt de l'ouverture, de la force du commerce international si cela ne l'aide pas à vivre mieux, à se nourrir mieux ?

Quel jeune Français peut être convaincu de l'intérêt de l'ouverture si elle le rend plus dépendant de choix technologiques faits ailleurs et moins maître de son destin ? Quel habitant de Marseille ou Shanghai peut penser que l'ouverture, le commerce international, sont de bonnes choses si ça ne lui permet pas de respirer chaque jour un air meilleur ? C'est cela la question, aussi, qui nous est posée.

Et cette ouverture que nous prenons, cet agenda de poursuite du commerce international plus équitable, plus équilibré, plus ouvert, suppose aussi que nous parvenions à en bâtir les règles harmonieuses et donc, que nous ne perdions pas de vue qu'il ne s'agit pas simplement d'entreprises, d'argent, de biens et services, mais d'échanges, de femmes et d'hommes. Et donc, au final, d'un agenda de confiance et d'équilibre à bâtir. De confiance et d'équilibre, oui.

En particulier entre l'Union européenne et la Chine. Et ce sont ces nouvelles règles de la confiance qu'il nous faut, entre nous, consolider. Elles sont la base, le fondement de cette ouverture et du commerce.

Confiance d'abord pour nourrir la planète de manière durable. L'agenda alimentaire sera structurant pour les décennies à venir. C'est un défi démographique et sanitaire.

Et nous avons, par nos partenariats, par notre exigence, par nos politiques sanitaires, par nos innovations, nos exigences et nos savoir-faire, la possibilité d'y répondre. Cet agenda de confiance alimentaire est un pilier de cette relation harmonieuse. Agenda ensuite technologique et d'innovation.

Vous l'avez dit, M. le président. Vous croyez dans l'innovation et la poursuite de celle-ci.

Je l'ai dit tout à l'heure, la Chine d'aujourd'hui n'est pas celle de 1978. Elle a pu combler son retard et, par l'ouverture, dépasser largement dans de nombreux domaines ses concurrents internationaux. Mais là aussi, il nous faut bâtir les règles d'un nouveau dialogue de confiance.

Nous avons besoin, partout, de construire par l'innovation les connectivités contemporaines. Qu'elles soient portuaires, par les câbles, par les réseaux technologiques nouveaux, l'innovation et la technologie sont au coeur de nos défis contemporains. Notre coopération, la coopération entre l'Union européenne et la Chine, est décisive pour permettre le déploiement accéléré de ces nouvelles technologies, pour permettre, premièrement, leur diffusion la plus rapide et la plus harmonieuse, vous l'avez dit, pour permettre deuxièmement le juste respect de la propriété intellectuelle sans laquelle il n'y a plus innovation, parce qu'elle vient récompenser celui ou celle qui a inventé, mais de manière juste et équitable.

Et enfin, sans la construction d'un cadre de confiance transparent de souveraineté. Soyons clairs. Nous devons savoir faire en matière technologique ce que nous avons parfois su faire en matière de nucléaire civil ou d'autres technologies.

Construire un véritable agenda de confiance transparent où nous saurons distinguer ce qui relève de l'innovation, du commercial, et de ce qui est souverain, le plus stratégique. Où nous décidons de faire ensemble pour développer plus vite, mais en étant conscients et lucides sur ce que nous devons préserver pour nous-mêmes, car il en est de nos intérêts stratégiques vitaux les plus existentiels. L'ouverture ne peut pas aller avec l'abolition des différences.

Elle va dans le juste respect des perceptions stratégiques et des positions stratégiques de chacun. Cet agenda de technologie et d'innovation doit donc être tout à la fois un agenda scientifique, mais aussi un agenda stratégique et de souveraineté. Entre la Chine et l'Union européenne, qui donnera le cadre de nos développements conjoints, le cadre de nos coopérations maîtrisées, le cadre de nos volontés présentes et futures pour faire ici davantage.

C'est, je crois, très profondément la clé pour un développement harmonieux des technologies et éviter ou les blocages, ou les antagonismes, ou les empiétements de souveraineté qui ne seraient bons pour personne dans la durée. Cet agenda technologique doit être décisif au sein de l'Union européenne et discuté entre l'Union européenne et la Chine dans les prochains mois. Enfin, cet agenda d'ouverture harmonieuse est aussi écologique et climatique.

Je le disais tout à l'heure, c'est l'un des défis contemporains, et c'est l'une des clés de notre ouverture. Nos manières de produire doivent apporter des réponses concrètes au réchauffement climatique. L'organisation de nos villes, et nous sommes ici, vous me le disiez hier, M. le président, dans la plus grande ville de Chine qui, chaque jour, a inventé des technologies, des solutions contemporaines pour faire face aux défis des mobilités, tenant compte de celui du réchauffement climatique.

Nos modes de déplacement, nos manières de consommer, tout dans notre quotidien, nos innovations, doit prendre en compte le défi climatique qui est le nôtre. La politique industrielle, nos normes, nos diplomaties, doivent mettre au coeur de leur agenda, d'une part, la lutte pour la biodiversité, d'autre part, la lutte contre le réchauffement climatique. Et je le dis ici avec beaucoup de force et de confiance, parce que ce n'est pas un agenda qui serait séparé de l'agenda commercial ou économique.

Il est en son coeur. Il est ce qui rendra l'agenda économique durable et acceptable pour nos peuples. Il passe là aussi par de l'innovation et une organisation collective.

L'année 2020 sera, à ce titre, vitale. Nous avons commencé à porter ensemble de premiers projets de développement conjoint, en particulier en Afrique, pour mettre en cohérence votre agenda de développement, notre agenda de développement et la préoccupation climatique. Et je me félicite de cette 1re signature d'accord.

Mais en 2020, nous avons plusieurs rendez-vous qui nous attendent à cet égard. Si nous voulons être dans le respect de l'accord de Paris, il nous faudra, l'année prochaine, rehausser nos engagements en matière de réduction d'émission. Il nous faudra, l'année prochaine, confirmer de nouveaux engagements pour 2030 et 2050.

Et la coopération à ce titre entre la Chine et l'Union européenne est décisive. La place que la Chine, le gouvernement, l'ensemble des provinces, l'ensemble des investisseurs et des entreprises ont joué a été décisive ces 2 dernières années. Il nous faut, l'année prochaine que, dans l'agenda de rehaussement, nous soyons aussi collectivement au rendez-vous.

Et puis, le 2e élément clé, c'est la lutte pour la biodiversité. La Chine aura à accueillir la COP15 et nous aurons, communauté internationale, à prendre des engagements inédits en la matière. Cette COP doit être un succès, et nous devons vous y aider.

Et c'est essentiel pour toutes les entreprises et investisseurs ici présents, car c'est la condition d'une alimentation saine, durable, soutenable. C'est la condition de la stabilité de nombreux pays ici présents, de nos écosystèmes productifs et de vie. Et le fait que la Chine ait pris cette responsabilité, ce leadership, est décisif.

Et nous vous aiderons à y réussir. C'est pourquoi je souhaite que l'année 2020 soit marquée par une coopération aussi accrue en matière de lutte contre le réchauffement climatique et de lutte pour la biodiversité, et que d'ici au sommet entre l'Union européenne et la Chine, nous ayons un agenda très concret, des résultats à construire ensemble. Cet ordre international d'équilibre et d'harmonie, c'est au fond celui de nos dépendances choisies dans le respect de l'autre et la cohérence de nos fins.

Viser l'autarcie n'est une bonne solution pour personne et n'est pas possible pour tout le monde. Et c'est la racine des conflits de demain. Viser de rendre l'autre totalement dépendant ou trop dépendant d'une technologie ou d'un secteur crée les déséquilibres de demain qui généreront la frustration, les tensions.

Choisir des dépendances partagées, concertées, dans un cadre harmonieux, c'est, sur le plan technologique, sur le plan alimentaire, sur le plan climatique, cet agenda d'harmonie que je souhaite que nous puissions bâtir ensemble, en particulier entre la Chine et l'Union européenne. Voilà quelques messages et quelques convictions, monsieur le président, mesdames et messieurs, que je voulais partager avec vous aujourd'hui. L'ouverture, le commerce et cet agenda de coopération et d'harmonie pour notre planète et nos économies.

Il n'y a qu'une méthode pour cela: la coopération, le dialogue, le respect, l'écoute. Les choses prennent parfois du temps. Nous avons des différences.

Elles sont parfois profondes. Chercher à les réduire ou les supprimer trop vite, chercher à les nier ou en quelque sorte à les résoudre par le conflit, est, je pense, une erreur. Non.

Nous avons besoin, dans le temps, en nous donnant une visibilité pleine et entière, de poursuivre ce lent travail de compréhension, d'ouverture, de construction. Nous avons besoin d'avoir d'autres jeunes étudiants qui prendront le bateau de Shanghai à Marseille et de Marseille à Shanghai et qui, quelques décennies plus tard, bâtiront les nouvelles ouvertures et les nouvelles compréhensions communes. Parce qu'il n'est d'ouvertures, d'échanges, que dans ces histoires humaines, que dans ces voyages au long cours, que dans la patience de la compréhension réciproque, de la part d'altérité et de la part de commun.

C'est pourquoi, monsieur le président, mesdames, messieurs les chefs d'Etat et de gouvernement, je vous souhaite une excellente 2e édition de ce forum, et qu'au fond, au-delà des investissements, des importations, du commerce, nous parlons bien là d'histoires de femmes et d'hommes qui décident parfois de voyager et qui décident de prendre des années ou des décennies pour récolter les fruits de ces voyages. Parce que nous parlons là d'histoires de respect et d'amitié profonde. Je vous remercie. (Applaudissements) (Musique)