Pourquoi ce nouvel avion fait autant réagir
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« Le nombre d'avions serait alors de plus de 47 000 appareils en activité régulière contre 25 000 environ aujourd'hui. »
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« L'aérien tel qu'il est est aujourd'hui incompatible avec la lutte contre le changement climatique. »
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« Un Paris-Tokyo en avion représente par passager l'équivalent de 4 tonnes de CO2. »
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« Il faut réduire massivement et dès maintenant nos émissions de CO2. »
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Le transport aérien prévoit de se développer très fortement dans les années qui viennent et à l'occasion du salon du Bourget à Paris, consacré à l'aéronautique et au spatial, Emmanuel Macron a annoncé une série de mesures pour que la France devienne, je cite, « championne de l'avion ultra sobre écologiquement ». Mais alors, est-ce réellement possible ? L'avion est-il tout simplement compatible ou non avec la lutte contre le changement climatique ? Salut c'est Hugo, j'espère que vous allez bien. C'est donc le sujet à la une des actualités du jour aujourd'hui.
C'est un chiffre qui fait énormément parler les deux plus gros constructeurs d'avions, d'un côté Airbus franco-allemand et de l'autre Boeing américain, prévoient un doublement du nombre d'avions d'ici à 2050, un doublement donc d'ici 25 ans environ, avec évidemment en parallèle un nombre de passagers en forte hausse. Le nombre d'avions serait alors de plus de 47 000 appareils en activité régulière contre 25 000 environ aujourd'hui.
Pourtant, d'après le GIEC, le groupe d'experts de l'Organisation des Nations Unies sur le climat, l'aérien tel qu'il est est aujourd'hui incompatible avec la lutte contre le changement climatique, et incompatible notamment avec l'objectif fixé lors des accords de Paris, qui visent à limiter le réchauffement climatique en dessous de 2 degrés, voire de 1,5 degrés par rapport à l'ère pré-industrielle. Et pour vous donner un exemple, un Paris-Tokyo en avion représente par passager l'équivalent de 4 tonnes de CO2, or c'est déjà deux fois plus que le budget carbone qu'il ne faudrait pas dépasser par personne et par an pour respecter les accords de Paris.
Autrement dit donc, ça pèse beaucoup dans le budget carbone ou l'empreinte carbone de chacun. Alors face à cela, les acteurs de l'aviation affirment vouloir développer des avions qui seraient moins polluants, Et ce lundi, Emmanuel Macron a annoncé vouloir que la France devienne, je cite, championne de l'avion ultra-sobre, et ce, alors qu'on est l'un des pays où sont construits le plus d'avions, justement donc grâce à Airbus. Mais alors, est-ce que écologie et aviation, c'est compatible ? Emmanuel Macron a annoncé deux axes pour tenter de développer une aviation verte.
Le premier axe, c'est l'idée de développer la production et la distribution de carburants aériens durables, donc non fossiles. Alors on appelle ça les SAF pour Sustainable Aviation Flow. En gros, Emmanuel Macron veut créer une filière française de carburants, fait notamment à partir du retraitement d'huile usagée, ou encore de résidus agricoles ou de bois.
Le truc, c'est que même si la production de ce type de carburants durables devrait tripler cette année, selon l'Association du Transport Aérien International, ça devrait donc atteindre 300 millions de litres par an, mais ça reste une quantité très très minime par rapport aux 413 milliards de litres de carburants d'aviation qui ont été consommés l'an dernier. Autrement dit donc, oui c'est quelque chose qui se développe, mais on n'est même pas encore capable de produire 1% des besoins en carburants durables aujourd'hui. Par ailleurs, on peut noter que ça coûte très cher, environ 4 à 5 fois plus cher à produire que le kérosène qui est utilisé aujourd'hui.
Et enfin, on peut noter qu'aujourd'hui ils ne sont utilisables qu'à 50% dans les avions actuels. Ça veut dire qu'il faut mélanger ce carburant qui est plus durable avec du kérosène. Bon là-dessus cette année, un premier vol reliant Londres à New York sera testé en étant uniquement propulsé avec du carburant non fossile. Évidemment, on suivra ça. Premier axe donc, c'est la question du carburant. Le deuxième axe maintenant qui a été proposé par le président de la République française, c'est l'idée de développer un avion nouvelle génération en utilisant donc la technologie.
Pour ça, l'État a par exemple annoncé soutenir un projet développé en France qui vise à créer un moteur qui permettrait de consommer 20% de carburant en moins que les réacteurs actuels. Il souhaite aussi à plus long terme développer des moteurs capables de fonctionner à l'hydrogène. L'hydrogène qui à terme n'entraînerait pas d'émissions de gaz à effet de serre. C'est l'ambition d'Airbus qui espère commercialiser un premier avion à l'hydrogène en 2035. Donc dans 12 ans. Le problème, c'est qu'aujourd'hui, la quasi-totalité de l'hydrogène est produit à partir de sources fossiles. Autrement dit, pour l'instant, ça reste quelque chose de polluant.
Mais au-delà de toutes ces recherches et de ces innovations en cours, et c'est peut-être là d'ailleurs le point le plus important, selon les scientifiques du GIEC, l'innovation technologique qui est prônée donc, entre autres ici par Emmanuel Macron, ne permettra pas de combattre le changement climatique. Tout simplement parce que ça va mettre trop de temps avant de pouvoir être déployé à grande échelle et que pendant ce temps, des avions fonctionnant au kérosène vont continuer de se vendre et d'être en service pendant longtemps. Autrement dit, selon un consensus des scientifiques, aujourd'hui, il faut réduire massivement et dès maintenant nos émissions de CO2.
Il ne faut pas donc attendre 2035. Et donc, au-delà des éventuelles solutions technologiques, il faut absolument dès maintenant un enjeu de sobriété, selon les scientifiques. Ça impliquerait notamment une réduction massive du nombre de voyages en avion. Pour résumer, selon les scientifiques du GIEC, si un jour il y a une technologie révolutionnaire, tant mieux. Mais ça reste très incertain aujourd'hui et on ne peut pas attendre pour le moment. Bref, sujet forcément important dont on pourrait parler pendant des heures. Je vous mets des liens en description pour en savoir plus. Par ailleurs, on a fait une vidéo dédiée à la question des bases des notions du changement climatique.
Pour la découvrir, vous tapez HugoDécrypte Changement Climatique sur YouTube. C'est sur notre chaîne YouTube principale que je vous mets directement en description. La vidéo s'appelle « Le plus grand défi de l'humanité expliquée ». Je laisse la parole à Paul pour les actualités en bref et je reviens juste après. Merci Hugo. Salut tout le monde. Première actu, c'est la visite en Chine d'Anthony Blinken, le chef de la diplomatie américaine, l'équivalent du ministre américain des affaires étrangères. Il a rencontré le ministre chinois des affaires étrangères, King Gang, puis le président chinois de Xi Jinping, ce qui n'était pas prévu au départ. Et alors pourquoi cette visite est si marquante ?
Eh bien parce qu'il s'agit de la visite diplomatique américaine de plus haut niveau en Chine depuis 5 ans. Et elle intervient dans un contexte où les relations entre les Etats-Unis et la Chine sont au plus bas depuis 1979, selon le propre aveu ce dimanche du ministre chinois des affaires étrangères. Et la preuve de ces tensions, c'est d'ailleurs que cette visite d'Anthony Blinken à Pékin, elle devait avoir lieu initialement en février, mais elle avait été annulée à cause de l'affaire du ballon espion chinois qui avait survolé les Etats-Unis.
Ce qu'il faut retenir donc, c'est que cette rencontre est vue par plusieurs analystes comme une tentative des Etats-Unis d'amorcer un dégel diplomatique. Et ça se ressent d'ailleurs dans le langage diplomatique qui a été utilisé. Les Etats-Unis ont évoqué des discussions constructives et honnêtes. Et Anthony Blinken a invité le ministre chinois des affaires étrangères à lui se rendre aux Etats-Unis prochainement, ce qu'il a accepté. Mais alors derrière ce relatif rapprochement dans les mots, il n'y a eu aucun véritable rapprochement sur les dossiers de tension, et notamment sur la question de l'île de Taïwan, l'un des plus grands différents aujourd'hui entre la Chine et les Etats-Unis.
Au contraire, la Chine a déclaré ce dimanche qu'elle ne ferait, je cite, aucun compromis ni aucune concession sur Taïwan, qu'elle considère comme l'une de ses provinces. Deuxième actu, c'est une autre grosse actu diplomatique. Une délégation de dirigeants africains s'est rendue en Ukraine et en Russie pour tenter une médiation pour mettre fin à la guerre en Ukraine. Alors parmi eux, il y avait le président de l'Afrique du Sud, Cyril Ramaphosa, ou encore le président du Sénégal, Makissal. Ils se sont rendus d'abord en Ukraine samedi, où ils ont rencontré le président ukrainien Volodymyr Zelensky, puis en Russie ce dimanche, où ils ont rencontré Vladimir Poutine.
Et alors pourquoi une tentative de médiation africaine dans la guerre en Ukraine ? Et bien parce que l'Afrique est l'un des continents qui est le plus durement touché par l'augmentation des prix à la fois des denrées alimentaires et de l'énergie qui est provoquée par la guerre en Ukraine. Et alors une fois qu'on a dit ça, il faut bien noter que cette tentative de médiation, elle n'était pas organisée au nom de l'Union africaine, donc au nom de toute l'Afrique. C'était juste une initiative de plusieurs dirigeants. Et alors ce qu'il faut retenir, et bien c'est que cette tentative de médiation, elle ne devrait aboutir sur aucune véritable avancée.
Car si d'un côté le président russe Vladimir Poutine s'y est dit ouvert, de l'autre côté le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'y est dit opposé, il voit là-dedans une tromperie de la Russie en pleine contre-offensive ukrainienne sur le terrain, alors notamment que l'Afrique du Sud s'est montrée récemment proche de la Russie et n'a jamais condamné l'invasion russe. Troisième info, direction l'Afrique justement et l'Ouganda, à l'est du continent. Au moins 41 personnes ont été tuées dans une attaque djihadiste qui a visé un lycée à la frontière avec la République démocratique du Congo. Parmi ces 41 victimes, il y a 37 élèves.
Il faut noter aussi qu'il y a des élèves qui sont portés disparus et que 6 ont été enlevés. Ça s'est passé dans la nuit de vendredi à samedi. Et alors selon l'armée ougandaise, l'attaque a été perpétrée par une milice islamique qui a prêté allégeance à l'organisation État islamique. Une milice qui est appelée les Forces démocratiques alliées et qui commet régulièrement des attaques en RDC et en Ouganda ces dernières années. Et en tout cas avec 41 victimes, il s'agit de la pire attaque en Ouganda depuis 13 ans. Le double attentat dans la ville de Kampala en 2010 par un groupe islamiste qui avait fait lui 76 morts.
Quatrième info, on reste en Afrique, au Mali cette fois, sur une nouvelle constitution, une nouvelle loi suprême du pays. Et c'est marquant parce que c'est la première fois que les Maliens revotaient depuis que des militaires ont pris le pouvoir par un coup d'État en 2020. Alors concrètement, l'enjeu principal de ce référendum, c'était de demander aux Maliens s'ils étaient pour ou contre renforcer les pouvoirs du président militaire Assimi Goïta qui a pris donc le pouvoir en 2020.
Et du coup, selon les opposants à cette nouvelle constitution, c'est une façon pour lui de garder le pouvoir même après la présidentielle prévue en février 2024 alors que pourtant les militaires avaient promis qu'ils rendraient le pouvoir à des civils à ce moment-là en 2024. Et alors ce référendum ne s'est pas déroulé comme prévu. Dans plusieurs villes du nord et du centre du Mali, le vote n'a pas pu avoir lieu à cause de l'opposition de groupes armés. Les résultats sont néanmoins attendus d'ici à mercredi. On vous tiendra au coin. Cinquième info, c'est un autre vote qui avait lieu dans Le Monde ce dimanche, en Europe, en Suisse précisément.
Et alors dans ce cadre de ce vote, les Suisses ont voté en large majorité en faveur d'une loi pour que la Suisse atteigne la neutralité carbone en 2050. Donc un équilibre entre ces émissions de CO2 et l'absorption du carbone dans l'atmosphère, que ce soit des arbres ou des technologies de captage. La Suisse prend donc finalement le même engagement que l'Union Européenne qui vise déjà la neutralité carbone en 2050 depuis 2021. Alors ceci étant, il faut nuancer cet engagement suisse. Déjà la loi qui a été votée par les Suisses n'inclut aucune contrainte ni aucune taxation.
Et elle n'inclut pas non plus l'abandon des énergies fossiles comme le charbon, le gaz, le pétrole qui était dans une première version de la loi. En résumé, la loi fixe donc un cap, une ambition, mais sans les mesures qui permettent effectivement d'y arriver qui devront donc être adoptées plus tard dans d'autres lois. Et alors on continue avec une autre actu tant qu'on parle de climat et c'est une bonne nouvelle sur le climat, c'est rare. L'ONU a adopté officiellement ce lundi le premier traité international pour protéger la haute mer, une zone qui représente plus de 60% de la surface des océans.
Les zones maritimes qui sont en fait au-delà des zones de souveraineté des états, donc au-delà de 370 km au-delà des côtes. Et cette haute mer, elle n'était soumise jusqu'ici à presque aucune règle, ce qui mettait en danger la biodiversité, laissait place potentiellement à des projets très polluants. Et alors c'est un gros accomplissement parce que ça fait suite à plus de 15 ans de négociations avant finalement que les états membres de l'ONU finissent par se mettre d'accord sur une version commune d'un texte en mars dernier. Vous en avez parlé d'ailleurs à l'époque.
Concrètement, ce nouveau traité, il va permettre notamment la création d'aires maritimes protégées en haute mer où certaines activités humaines seront limitées voire interdites. Ceci dit, il faut noter que son application va encore prendre plusieurs années, notamment parce que le texte doit maintenant être ratifié. Il faut qu'il y ait au moins 60 pays qui le signent pour qu'il entre en vigueur. On termine avec une dernière actu en France, ça s'est passé ce dimanche. Emmanuel Macron a officialisé l'entrée au Panthéon du résistant Michak Manoukian et de son épouse Méliné à l'occasion de la commémoration de l'appel du général de Gaulle depuis Londres le 18 juin 40.
Michak Manoukian, c'est un rescapé du génocide arménien qui s'était réfugié en France en 1925. Il était ouvrier, poète. Il s'était engagé comme volontaire dans l'armée française pendant la Deuxième Guerre mondiale où il s'était illustré dans la résistance avant d'être fusillé en février 1944 au Mont-Valérien. C'est historique car c'est le premier résistant étranger et communiste à entrer au Panthéon où l'on dépose donc les restes de ceux qui ont illustré la patrie. Merci beaucoup Paul. Alors il n'y a pas de débat hier, il n'y a pas de débat aujourd'hui non plus. Désolé, ce sera tout du coup pour aujourd'hui. Rendez-vous sur Instagram, je vais me vouler plus d'actualités au quotidien.
Le nom du compte c'est HugoDécrypte, vous le savez. Ce format est aussi disponible en version podcast. Je vous répète ça tous les jours mais c'est pour ceux qui peut-être passent comme ça sur la chaîne et veulent en savoir plus. Prenez soin de vous, prenez soin de vos proches et puis je vous dis à demain pour une nouvelle vidéo. Sous-titrage ST' 501