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interviewEurope 1 (sur YouTube)· 25 décembre 2025 16 min

Quel sens donner à la fête de Noël : «On veut effacer nos racines mais on ne peut pas» estime M

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

La grande interview EuropenC News Thomas Bonet. Mon invité ce matin dans la grande interview sur C News et Europ, c'est Monseigneur Patrick Chauvet. Bonjour, joyeux Noël à vous.

Vous êtes curé de la Madeleine, ancien recteur archiptre de la cathédrale Notred-Dame de Paris, également auteur de journal d'un curé de Paris. C'est aux éditions Fillard. on aura l'occasion d'y revenir.

D'abord, permettez-moi au nom de la rédaction de C News et de Europin de vous souhaiter à vous, à nos auditeurs, à nos téléspectateurs un très joyeux Noël. Et bien, réciproquement, je voudrais vous souhaiter aussi un très très joyeux Noël. Quel est le message que vous souhaitez porter ce matin à nos auditeurs, à nos téléspectateurs ?

Quel est le message que l'homme d'église que vous êtes veut passer à en cette journée de Noël ? Noël pour moi, c'est la fête de l'enfance. Et donc si j'avais un message à faire passer, retrouver cet esprit d'enfance.

Vous savez, je suis un petit peu bernanosien et donc Bernanos dit insiste beaucoup sur cet esprit d'enfance. Le monde nous a volé l'esprit d'enfance. Noël, c'est l'occasion de retrouver cet esprit d'enfance.

Et même quand on a un âge certain comme le mien, c'est toujours une joie de se retrouver devant une crèche et puis voilà, d'avoir les yeux qui pétillent de joie parce que c'est merveilleux. Avant de revenir sur les les premiers mots du pape Léon X qui a célébré hier sa première messe de Noël, je voulais qu'on s'arrête ce matin sur le sort de ces millions de chrétiens menacés, persécutés dans le monde entier. C'est l'occasion en cette journée de Noël de parler de ces 380 millions de chrétiens selon certaines estimations qui sont aujourd'hui menacés.

Comment vous expliquez cet état de fait ? Et que peut faire la France ? Que peuvent faire les autorités face à ce fléo ?

Je commencerai par ouvrir euh la Bible et entendre la parole de Jésus sur le monde des béatitude. Et donc, elle se termine par heureux serez-vous si vous êtes persécuté à cause de moi, à cause de mon nom. Et moi je pense que ces persécutions qui sont terribles parce que on ne le mérite pas mais je pense que ça produit beaucoup de fruits parce que la le sang des martyres et bien ça fait germer cette terre et et peut-être qu'aujourd'hui en France nous nous avons la grâce de voir ces fruits avec nos cathécumaines par exemple il y a un renouveau.

Vous savez, une église qui serait pas persécutée, c'est une église qui risque de s'endormir. Aujourd'hui, il faut nous réveiller et nous prêchons naturellement pour la paix. Nous portons à tous ces chrétiens qui sont persécutés parce que c'est une injustice et voilà, il n'empêche que, j'allais dire d'une manière chrétienne, je vous réponds comme cela.

Euh je pense que ça peut être aussi une grâce. Monseigneur Patrick Chauv le disait hier, le pape Léon XIV a célébré sa première messe de Noël au Vatican. Il a délivré un message de charité et d'espérance face, je cite, à une économie faussée qui conduit à traiter l'homme comme de la marchandise.

Et puis ce midi, il prononcera la traditionnelle bénédiction Urby et Torbi où il est généralement question des conflits internationaux. Quel regard portez-vous d'abord sur le message délivré hier et puis qu'attendez-vous de cette bénédiction qui aura lieu à midi ? Alors le message du pape, je crois qu'il a raison.

L'homme l'homme est menacé. L'homme est menacé par euh cette économie qui est uniquement de la production, uniquement de euh une économie où on est maltraité, faut le dire. Et puis euh je pense aussi par exemple à l'intelligence artificielle.

Le pape est un spécialiste, ce que je ne suis pas et donc un spécialiste et il voit bien toutes les dérives. Les dérives, c'est que l'homme perd son humanité et que nous devenons des robots et méfions-nous de ça parce que qu'est-ce qui est en jeu ? C'est notre liberté et la liberté intérieure.

Qu'est-ce que vous voulez ? Moi, je suis avec ma feuille blanche vous aussi. Ma feuille blanche et mon stylo.

Et et voilà, j'essaie de penser. Je ne me sers pas de l'intelligence artificielle pour faire mes homéies. En cette journée où on célèbre l'incarnation, vous nous dites attention à la déshumanisation.

Ah oui, je pense que ça c'est un enjeu qui est grave pour notre monde d'aujourd'hui. Il faut que nous retrouvions cette intelligence du cœur. Je retrouvais tout à l'heure, je vous disais l'esprit d'enfance.

L'esprit d'enfance, il il travaille aussi avec son cœur. Et nous, il faut qu'on retrouve cette dimension du cœur. On est nous ne sommes pas des robots et j'ai pas du tout envie de devenir un robot en plus.

Mais vous voyez, c'est ce qui est important, c'est euh voilà, quelle anthropologie chrétienne, ça le pape il incise, on doit respecter l'homme de sa conception jusqu'au départ vers le royaume. Le pape qui a également adressé une lettre apostolique à l'ensemble des hommes d'église à travers le monde, une missive dans laquelle il adresse sa gratitude à tous ceux qui comme vous servent la la communion et et l'unité. Il dit également vouloir relancer les vocations au travers d'une pente-côte vocationnelle.

Est-ce que vous trouvez que c'est une bonne idée ? C'est une excellente idée, vous voulez dire, mais naturellement que c'est une bonne idée. Vous savez, on peut avoir un esprit un peu défétiste en disant "Bah voilà, il y a plus de prêt, les églises ferment, il y aura plus de chrétiens." Vous savez ça s'appelle mettre la clé sous le paillasson et puis on se tire.

Mais non, mais c'est pas ça. Il faut se dire, on a des jeunes qui reviennent dans l'église, peut-être qu'il y a un message pour leur dire "Mais viens, suis-moi." Non, pas moi, mais le Christ, vous avez bien compris.

Donc, mais je crois que c'est important d'avoir une vraiment et on l'a déjà, on a on n pas attendu le pape Léon X. Il n'empêche que lorsqu'un pape prend ce sujet après le corps, il peut susciter des vocations. Je pense à un homme comme Saint-Jean-Paul II ou à Benoît X qui ont suscité des vocations.

Il y aura la génération Jean-Paul II, moi je pense qu'il y aura la génération Léo XIV qui sera là parce que un homme voilà qui qui est prêt à dire "Oui, ça vaut le coup de vous donner. Moi, j'étais très touché par cette lettre parce qu'elle m'était adressée au fond à moi aussi. Et et c'est vrai que c'est bien que le pape puisse nous encourager, non seulement qu'il nous disent merci, ça c'est sympathique, mais qui nous remercie pour voilà pour nous donner encore plus.

Voilà, je crois qu'on peut toujours se donner. Vous savez, j'avais un père spirituel qui disait "Tant qu'on n pas tout donné, on n rien donné." Bon, j'arrive au bout de ma vie mais j'ai sûrement encore quelque chose à donner.

Vous en avez parlé, on a connu cette année 2025 un nombre important de cathécumaines. Beaucoup d'adultes se sont fait baptiser au moment de Pâqu. Est-ce que vous diriez qu'on assiste à un regain de la foi catholique aujourd'hui en France ?

Visiblement, en tout cas les chiffres en attest. Comment l'expliquer ce regain de foi et ce renouveau d'une certaine manière aussi avec ces adultes qui choisissent de se faire baptiser ? Alors, il y a d'abord ce mot du pape François qui disait "Laissez-vous surprendre." Ben, je pense que en France on se laisse surprendre parce qu'on s'attendait pas depuis la Covid, on s'attendait pas à avoir autant de de cque humaine.

Donc moi, je pense que c'est important de se laisser surprendre. Ensuite, c'est le travail de l'Esprit Saint et ça nous dépasse. Voilà.

Moi, je veux bien qu'on fasse des des études sociologiques, je sais pas quoi. Non, c'est l'esprit saint. Bon et là, il est en train de de faire une petite tempête dans notre vieille église qui était la fille aînée de l'église quand même la France.

Bon et ben c'est bien, on a une tempête. Troisièmement, quand on interroge ces jeunes et moi j'ai une trentaine de cathécumaines alors que je suis dans un quartier où n'y a plus d'habitant. Il n'empêche que curé de l'église de la Madeleine Patrick Chauv, je le rappelle à nos auditeurs de c'est très facile à retrouver parce que en face j'ai la chambre des députés et donc Dieu merci il y a la place de la Concorde avant ce qui fait que je peux pas me disputer avec eux parce que la Concorde est là.

Bon mais voyez quand j'interroge tous ces jeunes qui viennent chez nous je leur dis mais pourquoi vous demandez le baptême ? Et tout c'est on est dans un monde où il n'y a plus de sens. Donc voyez, il y a une recherche de de des valeurs, des valeurs et puis un sens pour leur vie en disant mais on peut pas continuer comme ça dans ce monde qui tourne à 180 à l'heure et qui fait que on ne sait pas où on va.

Donc vous voyez que un enracinement, moi je pense que c'est important les jeunes qui viennent, c'est pour s'enraciner dans une tradition, dans des valeurs, des valeurs qui sont les nôtres, qui sont les valeurs catholiques. C'est d'autant plus remarquable qu'en France, on a connu notamment ces derniers jours des débats, des polémiques autour des racines chrétiennes de la France. Le simple fait de dire joyeux Noël peut parfois être perçu comme un message.

La présence de crèche dans certains établissements publics fait toujours débat. Comment l'homme d'église que vous êtes observe ces débats, ces polémiques qui agitent, j'allais dire un microcosme ? Parce que quand on interroge la grande majorité des Français, ils sont très attachés au à la à la aux traditions de Noël.

J'ai relu avant de venir une lettre de Bernanos de 18 de 1947 et voilà, il imagine un dialogue avec quelqu'un qui rencontre dans la rue et il se dit tiens, c'est quel jour aujourd'hui ? C'est c'est le 26 le Saint-Étienne. Ah bon ?

Et hier c'était quoi ? Ah ben c'était Noël. Ah bon ?

C'était Noël. Et il disait en 47, on nous a volé cette fête de Noël en 47. Alors, pas pour les mêmes raisons parce que aujourd'hui ils sont des raisons idéologiques.

Mais à cette époque-là, c'était parce que on sortait de la guerre, que il y avait l'économie, les machines, les robots déjà parce que c'était une obsession chez chez Bernanos et que on nous enlève l'esprit d'enfance, j'y reviens. Et donc, voyez, aujourd'hui, je trouve ce débat un petit peu étrange parce que c'est une minorité. Bon, on veut effacer nos racines, mais on peut pas les effacer.

Qui peut effacer nos racines ? Monseigneur Patrick Chauet. Qui en veut aux racines chrétiennes ?

Pas vous, pas moi. Mais vous savez, il y a déjà longtemps le fait de de construire alors ça je n'engage que moi, vous savez, mais construire l'Europe sans les racines, je pense que si l'Europe va pas bien, ne va pas bien, c'est à cause de ça. Il faut inscrire par exemple les racines chrétiennes dans les traités européens, la Constitution française.

Pourquoi pas ? Vous êtes favorable ? Mais moi je suis favorable à ce que on construise une Europe avec d'abord des valeurs.

On a construit que sur l'économie. On construit pas uniquement un continent hein avec de l'économie. On a un projet.

Je dis pas que on détient la vérité. Je dis simplement que depuis 2000 ans, ce sont des valeurs qui font que on respecte la personne humaine, que on veut partager, qu'il y a des richesses. Vraiment, je trouve un petit peu étonnant, mais ça fait longtemps euh que je pense ça parce que plus je plus je regarde ce qui se passe, plus je me dis "Mais quand on parle de l'Europe, c'est uniquement des histoires de de budget de je ne sais quoi.

Je parle pas de nous, je parle de l'Europe, hein. Mais je me dis mais quel est le voilà quelles sont nos valeurs ? Qu'est-ce qu'on qu'est-ce qu'on veut faire avec l'Europe ?

Est-ce que c'est là pour déclencher des guerres ? Non, on veut archiprêtre de la cathédrale Notred-Dame de Paris et puis vous avez publié Journal d'un curé de Paris aux éditions Fillard. Et alors, malgré ce contexte que vous nous décrivez ce matin, vous nous donnez des raisons d'être optimiste.

Vous dites "J'ai la conviction que les raisons de son de s'enchanter sont toujours aussi nombreuses qu'elles pouvait être lors de ma chère jeunesse." Quelles sont ces raisons de s'enchanter, mon seigneur ? Et bien euh c'est d'oser regarder autrement le monde.

Alors, vous allez me dire "Bah oui, le pauvre père, il est un peu naïf, il veut pas regarder tout ce qui va mal." Si si, je vois bien tout ce qui va mal et ça me révolte. En revanche, il y a toujours des signes, des petites des vous savez des petites flammes d'espérance.

Il suffit de Mais ça on en parle pas beaucoup si ici sûrement on en parle mais on parle pas beaucoup de tous ces gens qui se donnent qui sont au service des plus des plus déshérités des personnes âgées qui sont toutes seules. Je pense à ell he Noël c'est terrible pour elles parce que elles sont seules et peut-être qu'il y aura personne pour leur dire bonjour ou leur souhaiter un bon Noël. Et donc là, il y a des petites choses qui moi qui me qui m'émerveillent qui m'émerveillent mais je pensais j'ai vu ça dans l'actualité, cette maison qui a brûlé deux deux hommes qui sont là pour qui risquent leur vie pour sauver.

Je me dis voilà, on est quand même dans un autre monde que le monde de l'égoïsme. Le monde de l'amour, c'est quand même pour moi euh voilà ce qui me donne mes raisons de vivre avec le Seigneur naturellement. Mais vous comprenez euh qu'est-ce qu'il y a de c'estes cathécumaines que nous voyons.

Voilà notre pape. Voilà ça aussi c'est une raison d'espérer. Il il nous vient du ciel celui-là.

On s'y attendait pas. Dit sirambique sur le pape Léon XIV sur les premiers mois de son pon. Je trouve que euh Oui oui oui si si j'avais à lui non je suis pas là pour lui donner une note. [rires] Non mais je pense que voilà il touche les cœurs cet homme.

Il sait simple ce qu'il dit hein. Il est proche des gens. Il est proche des gens.

à la différence de moi, c'est un grand sportif, donc c'est bien, on a besoin sur un poste quand même qui est difficile mais je dis voilà, ça ce sont des signes. Bon et puis je vous je pense qu'il faut changer notre regard sur le monde. Il faut pas voir tout ce qui ce qui ne marche pas parce que là vous terminez avec un anxiolitique.

Dernière question Monseigneur Patrick Chauvet autre raison de s'enchanter peut-être vous allez me le dire la réouverture de Notre-Dame le succès de la cathédrale Notre-Dame de Paris après l'incendie. Je rappelle, vous avez été recteur archiptre de la de la cathédrale. Vous êtes satisfait aujourd'hui de voir que le public est au rendez-vous, les fidèles sont au rendez-vous ?

Je suis particulièrement heureux de voir que d'abord la renaissance de la cathédrale, hein, parce que au départ, je voulais faire des travaux extérieurs d'ailleurs et je ne pensais pas que elle serait aussi belle. Bon, il y a eu ce drame que j'ai vécu mais aujourd'hui je vois une renaissance et je vois ces millions de fidèles qui viennent admirer, prier, se convertir, hein. Faut pas oublier, on dit il y a des visiteurs, mais vous savez, on est saisi dans la cathédrale, même avant les travaux, on était saisi.

Et donc, c'est la Vierge Marie qui vous prend au collet, hop, et qui vous conduit vers son fils en disant "Allez, change de vie." Merci beaucoup monseigneur Patrick Chauvet, vous étiez invité de la grande interview en direct sur C News et sur Europein. Encore un très joyeux Noël à vous aux auditeurs d'Européens et aux téléspectateurs de CUs.