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interviewEurope 1· 15 juillet 2025 4 min

François Bayrou : l'homme qui cherchait 40 milliards

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

L'édito politique de Carl Meus. Bonjour Carl. Bonjour Alexandre.

Ce matin, vous nous parlez de ce rendez-vous fixé tout à l'heure par le Premier ministre qui va annoncer cet après-midi ses mesures pour réaliser 40 milliards de d'économie en 2026. Alors pour vous Carl, François Bairou n'a pas d'autre choix que d'annoncer des mesures fortes en tout cas s'il ne veut pas perdre sa crédibilité politique. Rien que ça.

Oui parce que c'est François Baou lui-même qui a scénarisé les enjeux de cette séquence. C'est en quelque sorte notre Alfred Cock de la politique, le le maître du suspense. Depuis son arrivée à Matignon, il explique aux Français que le pays ne peut plus continuer sur cette voie et qu'il faut prendre des mesures drastiques pour réduire la dette et les déficits du budget et de la sécurité sociale.

Il en a même fixé le montant, 40 milliards d'économies en 2026, vous l'avez dit, mais il s'est bien gardé de préciser comment il comptait les réaliser. Sa conférence de presse le 15 avril n'était qu'un moyen de faire prendre conscience aux Français, disait-il, de la gravité de la situation du pays. Comme s'ils n'en avaient aucune conscience, eux qui ont un taux d'épargne plus élevé que celui de leurs voisins.

Preuve qu'ils savent parfaitement qu'ils ont intérêt à mettre de l'argent de côté. Depuis le 15 avril, François Bairou n'a rien dévoilé de ses intentions, laissant craindre le pire pour ceux qui l'accusent d'immobilisme. Il y a bien eu quelques ballons d'essai voire quelques fuites sur l'année blanche ou la possibilité de taxer les plus riches, mais rien sur les indispensables réformes à engager pour péréniser les économies.

C'est pourtant sur ces points que le Premier ministre est attendu. Je sais pas, on vous sent dubitatif euh sur euh la capacité du premier ministre à engager de vraies réformes de structure. Disons que les sept premiers mois à Matignon ont montré un chef du gouvernement plus préoccupé par repousser les problèmes qu'à tenter de les régler.

à sa décharge. Il n'est pas aidé par une assemblée nationale où il ne dispose pas de majorité absolue, par des leaders du socle commun qui regroupent avec son parti le modem Renaissance Horizon et les Républicains qui lui glissent gentiment des pots de banane sur sa route sans oublier le locataire de l'Élysée qui reste en embuscade. Mais bon, il a absolument voulu le job.

C'est donc à lui qu'il revient de prendre les décisions. Quand il est arrivé Rud Varen, il a expliqué aux français qu'il se trouvait face à un Himalaya de difficulté comparant sa mission à cette chaîne de montagne qui comprend 10 sommets de plus de 8000 m. Depuis, on a quand même l'impression qu'il n'est toujours pas parti à la conquête de ces fameux sommets.

Est-il même arrivé au premier camp de base à plus de 5000 m ? Il aimerait qu'on le croit mais les Français en doutent. La preuve, sa côte de conscience de confiance est l'une des plus basses des premiers ministres de la 5e République au niveau d'Edit Crresson et de Jean-Marcot.

Bon, si on veut filer la métaphore euh Carl Méus, peut-être redoute-t-il d'être privé d'oxygène en cours d'ascension. Il y en a plus beaucoup quand on arrive à 8000 m. Oui, oui, il y a sûrement de ça, vous avez raison.

François Baot est un homme prudent qui n'avance que s'il est sûr de la stabilité de sa position. Seulement voilà, aujourd'hui il ne peut plus reculer. Il s'est installé en premier de cordé et doit maintenant lancer le mouvement.

Les Français ne comprendraient pas qu'il convoquent encore les partenaires sociaux, voire les forces vives, renvoient des décisions à la rentrée. L'échec du conclave sur les retraites est encore dans toutes les têtes. Et même si le Premier ministre refuse de le qualifier d'échec, il a perdu une partie de son crédit politique dans cette affaire.

Un succès lui aurait permis de vanter sa méthode, l'absence de conclusion la privée de ce gain qui lui aurait donné la possibilité d'arriver le 15 juillet en position de force. Doutant que si on continue la métaphore himayenne comme vous le faites, si on admet qu'il a quitté le camp de base, on a l'impression que François Baou se retrouve sur une arête particulièrement dangereuse. Ah !

Alors, quelle arrête ? L'arrête des impôts. Elle est pas répertoriée dans les cartes, mais on la connaît.

Le macronisme s'est construit sur une promesse, pas d'augmentation d'impôts, voire des baisses régulières. La taxe d'habitation, la renevance. Ces derniers jours, le discours de François Baou n'est pas exactement le même.

Il dit qu'il n'y aura pas de hausse généralisée, mais des efforts particuliers, qu'il n'y aura aucune mesure d'impôts nouveau, mais qu'il veut que tout le monde participe. François Baïou est-il vraiment sûr que les Français sont prêts à entamer l'ascension des 8000 de l'Himalaya par leur face nord comme il semble s'apprêter à le faire ? Merci Carl Meus rédacteur en chef au Figaro magazine.

C'était votre édito politique sur Europin à la une du Figaro ce mardi 15 juillet. La dette et les déficites justement l'heure de vérité pour François Bairou. Bienvenue à tous. qu'il est 8h-5.

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