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interviewFrance Inter — Questions politiques· 2 novembre 2025 55 min

"Nous appelons toujours à la dissolution", affirme le député RN Sébastien Chenu

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

France Inter Bonjour à tous et bienvenue dans Questions Politiques. Une bataille après l'autre, c'est le titre du dernier excellent film de Paul Thomas Anderson avec notamment Leonardo DiCaprio mais ça pourrait aussi très bien être celui de la séquence politique du moment en France avec à l'Assemblée cette semaine la grande bataille du budget d'abord et ses premières escarmouches avec l'adoption d'une multitude de nouvelles taxes, elles ne s'appellent pas taxes Zuckman finalement mais taxes sur la fortune improductive, taxes sur les holdings ou taxes sur les multinationales.

Leur point commun, elles ont toutes été votées par le Rassemblement National qui tente pourtant en même temps de séduire les patrons de quoi brouiller un peu plus la ligne économique du RN. Le RN qui jeudi a peut-être aussi remporté une bataille décisive pour la première fois de son histoire. Le parti le péniste a fait voter l'un de ses textes à l'Assemblée pour réviser l'accord de 68 entre la France et l'Algérie peut-être la fin du cordon sanitaire avec l'extrême droite. Mais comment transformer l'essai au moment où tous les sondages ce matin encore font du RN le grand favori de la prochaine présidentielle qui pour mener la bataille finale pour l'Elysée.

Jordan Bardella s'y prépare de moins en moins discrètement en attendant de savoir en début d'année prochaine si la cour d'appel confirme ou non la condamnation de Marine Le Pen. Encore une bataille après l'autre, judiciaire celle-là. Notre invité est justement l'un des principaux lieutenants de la patronne du RN et vice-président de l'Assemblée Nationale. Sébastien Chenu est en direct sur France Inter mais aussi sur France Info, Canal 16 de la télé et en partenariat avec le journal Le Monde. Nous sommes ensemble jusqu'à 13h pour répondre à toutes les questions politiques du moment et elles sont nombreuses. France Inter. Questions politiques. Julien Némy. Bonjour Sébastien Chenu.

Bonjour Monsieur. Merci d'avoir accepté notre invitation à mes côtés pour vous interviewer aujourd'hui. D'abord Brigitte Boucher de France Télévisions. Bonjour Brigitte. Vous nous dresserez tout à l'heure le portrait de Sébastien Chenu.

1:54
Invité

Et oui, on s'intéressera à votre parcours, à votre franc-parler. Est-ce qu'à faire des bons mots, parfois, on les regrette.

1:58
Présentateur

Et Françoise Fressoz à vos côtés du journal Le Monde. Bonjour Françoise. Bonjour à toutes et tous. Avec vous, comme chaque dimanche, on va se projeter vers 2027 avec une question qui animera les débats. Et aujourd'hui ?

2:08
Invité

La lutte contre le réchauffement climatique. Une question absolument cruciale mais une question qui devient de plus en plus clivante. On l'a vu lors des dernières élections européennes de 2024.

2:17
Présentateur

Merci Françoise. Rendez-vous donc vers midi 50 pour votre chronique. Mais avant ça, plongeons tout de suite dans l'actualité du moment Sébastien Chenu. Et l'actu ce dimanche, c'est d'abord la relation entre la France et l'Algérie. On l'a dit jeudi à l'Assemblée. Une résolution du RN pour réviser l'accord migratoire de 1968 entre les deux pays a été adoptée à la surprise générale. La vôtre aussi, j'imagine ?

2:37
Invité

Oui, oui, oui. Parce que c'était a priori très serré.

2:39
Présentateur

Alors, on va le voir dans un instant. Et ce matin, dans Le Parisien, à ce sujet, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, vous répond, je cite, « Ceux qui font croire aux Français que le bras de fer et la méthode brutale sont la seule solution se trompent. La preuve, puisque le canal est totalement coupé aujourd'hui avec l'Algérie. » Fin de citation. Vous êtes sûr que ça marche vraiment, le bras de fer avec l'Algérie, Sébastien Chenu ?

2:58
Invité

Pour tenter un bras de fer, il faut un bras. Et ces accords sont un bras qui nous permet, en tous les cas, d'enclencher, si ce n'est un dialogue, en tous les cas, de montrer à l'Algérie que nous ne comptons pas nous laisser faire, nous la France. Je dis nous laisser faire parce que, d'abord, c'est avec le régime algérien. Moi, je ne confonds jamais... Les Algériens eux-mêmes.

Voilà, je ne confonds jamais les Algériens et ce régime anti-français, très hostile, qui parle très mal de la France chaque jour, qui retient deux de nos compatriotes, Boilem Sansal et Christophe Gleize, et qui ne reprend pas ses OQTF, qui refuse de reprendre ses délinquants, quand bien même ils n'ont plus rien à faire sur notre territoire.

3:42
Présentateur

Justement, sur les OQTF, ses obligations de quitter le territoire français, Bruno Retailleau, le prédécesseur de Laurent Nunes, Place Beauvau, a essayé pendant un an de jouer ce rapport de force que vous préconisez avec l'Algérie, avec ou sans résultat. En tout cas, Laurent Nunes le précise ce matin, il donne les chiffres, à fin octobre, seulement 500 citoyens algériens, donc sous OQTF, ont été renvoyés vers l'Algérie fin octobre. C'était plus de 1400 à la même époque l'an dernier. Il le dit, Laurent Nunes, ça ne marche pas dans aucun domaine.

4:07
Invité

Le problème, c'est que Bruno Retailleau, et nous l'avons dénoncé, et nous avons été critiqués pour le dénoncer, a parlé, mais n'a pas agi. Il n'a pas agi parce qu'il n'a pas rompu, c'est le président de la République, en réalité, qui peut rompre ses accords, mais qu'à aucun moment, d'ailleurs, les troupes des Républicains n'ont acté la nécessité, à l'époque, de rompre avec l'Algérie sur ses accords.

4:28
Présentateur

Qu'est-ce que vous dites au chef de l'État ce matin, alors ?

4:30
Invité

Qu'il faut qu'il applique la volonté populaire. La volonté populaire, elle est double. Il y a une majorité de Français, dans toutes les analyses, études, sondages, qui souhaitent qu'on puisse abroger ces accords de 1968, dont je dirais un mot, si vous le voulez bien, parce que peut-être que pour nos auditeurs, c'est assez abscon, et il y a désormais la représentation nationale, la représentation des Français, qui a adopté un texte du Rassemblement national, présenté par le Rassemblement national, demandant l'abrogation de ces accords. Donc, on dit au président de la République, c'est à vous d'appliquer le souhait des Français.

5:05
Présentateur

En un mot pour nos auditeurs et téléspectateurs, en effet, l'accord migratoire de 1968 entre Paris et Alger, c'est, après la guerre d'Algérie, six ans après sa fin, accordé des conditions très favorables aux Algériens pour migrer en France, en tout cas plus favorables que pour les autres pays.

5:18
Invité

C'est ça que vous voulez remettre en compte ? Oui, pas uniquement pour migrer. Tout le parcours migratoire est facilité pour un Algérien qui souhaiterait s'installer en France, mais la capacité à vivre dans notre pays, à percevoir des aides sociales, la capacité à ne pas être expulsé lorsqu'il y a un délinquant qui est algérien, est facilité par ces accords. Donc, c'est là où nous disons, il y a un levier pour entamer le bras de fer avec l'Algérie. Ce levier, il n'a pas été activé. Je veux bien que M. Nunez nous dise que ça ne marche pas. Nous ne l'avons pas essayé.

5:47
Présentateur

Bruno Retailleau a essayé pendant un an au ministère de l'Intérieur. Encore une fois, aujourd'hui, Boalem Sansal, vous l'avez cité, ça fait presque un an qu'il est emprisonné de façon totalement arbitraire par l'Algérie. Je parle aussi de Christophe Glez, notre confrère journaliste français depuis plus de quatre mois.

5:59
Invité

Ils sont toujours en prison malgré le bras de fer imposé par Bruno Retailleau. Il n'y a pas de bras de fer qui a été entamé. Cet accord, il n'a jamais été remis en cause jusqu'à cette semaine. C'est la première fois dans l'histoire de nos pays qu'il y a une majorité à l'Assemblée nationale pour remettre en cause cet accord. Ce n'est pas la peine de nous dire qu'on a tenté de le remettre en cause. Il n'a jamais été remis en cause. À aucun moment, il n'y a eu une majorité à l'Assemblée nationale avant le texte du Rassemblement national pour le remettre en cause. Donc, ça n'a pas été essayé. Donc, on va essayer. Mais bien entendu, pour reprendre les OQTF, il n'y a pas que cet accord.

6:30
Présentateur

Il faut suspendre tous les visas dès maintenant avec l'Algérie ?

6:32
Invité

C'est ça la mesure ? Non, suspendre l'accord de 68. Oui, mais concrètement, ça c'est la première chose. Maintenant, nous, le Rassemblement national, effectivement, nous demandons que nous puissions aller plus loin. On pourrait suspendre les visas. Pas uniquement d'ailleurs pour la nomenclature algérienne. On pourrait suspendre l'aide au développement. pour les personnes qui veulent venir, pour les citoyens qui voudraient... Vous savez, à un moment, quand on entreprend un bras de fer, ça veut dire quelque chose, un bras de fer. C'est un rapport de force avec un régime qui, jusqu'à présent, n'a rien entendu de nos demandes.

On peut lui demander très gentiment, s'il vous plaît, monsieur, voulez-vous bien reprendre vos OQTF ? S'il vous plaît, voulez-vous bien parler correctement de la France, etc. Ça ne marche pas.

7:09
Présentateur

Vous voyez bien les conséquences de ce bras de fer. Ce n'est pas seulement les visas, c'est aussi la coopération en termes de sécurité, de l'une contre le terrorisme aussi. Moi, j'ai entendu... Laurent Nunez en parle encore ce matin. C'est très important de ne pas totalement rompre avec l'Algérie

7:19
Invité

pour ces raisons-là aussi. Oui, j'ai entendu Bruno Retailleau, lorsqu'il était ministre de l'Intérieur, nous dire que nous n'avions quasiment, déjà à l'époque, plus aucune coopération en matière de sécurité avec l'Algérie. C'est donc, en fait, un paravent derrière lequel se cache Laurent Nunez en disant, ah oui, mais on a des accords en matière de sécurité. La réalité, c'est qu'ils sont aujourd'hui extrêmement peu importants, extrêmement peu efficients. Et il ne faut pas se cacher derrière ça pour empêcher le rapport de force.

Moi, je crois qu'Emmanuel Macron ne veut pas du rapport de force parce que, pour des raisons cyniques, il pense qu'effectivement, ici en France, la diaspora franco-algérienne pourrait lui en vouloir, pourrait bouger, etc. Ce qui, à mon avis, n'a pas de raison d'être parce que ce n'est pas parce qu'on est franco-algérien qu'on est forcément favorable au régime d'Alger.

8:01
Présentateur

C'est pour des raisons électoralistes qu'ils refusent le rapport de force.

8:03
Invité

Mais bien sûr, mais bien entendu. Et quand vous avez entendu, d'ailleurs, l'extrême-gauche lors des débats dans l'hémicycle, on voyait bien que les députés France Insoumise le font pour bichonner une clientèle électorale.

8:16
Présentateur

Alors, Sébastien Chenu, l'autre actualité brûlante de cette fin de semaine, c'est le budget...

8:18
Invité

Mais c'est vrai que c'était une belle victoire du Rassemblement National. Je le souligne parce que c'est assez historique.

8:21
Présentateur

On va y revenir tout à l'heure avec Françoise et Brigitte. L'autre actualité brûlante de cette fin de semaine, je le disais, c'est le budget, bien sûr. Dans tous les journaux ce matin, le Premier ministre Sébastien Lecornu se confie sur sa stratégie, je cite, « des petits pas pour tenter d'aboutir à la fin à un budget de transition grâce au PS, espère-t-il, qui l'appelle à ne pas jouer la politique du pire ». Est-ce que vous, ce matin, vous pouvez nous dire que vous voyez un chemin pour que ce budget soit adopté d'ici la fin de l'année ?

8:41
Invité

Non, pas du tout. Pourquoi ? Ce budget, il est de briques et de brocs. Ce budget, il n'a aucune cohérence. Ce budget ne s'attaque pas aux dépenses toxiques de l'État. Ce budget, créé par la machine Bercy, échappotée par Sébastien Lecornu, vise à faire les poches des Français. Et ce budget ne porte en lui, finalement, aucune réforme en profondeur. Il crée beaucoup d'impôts aussi, on va en parler. Oui, il crée beaucoup d'impôts. Il ne s'attaque pas aux dépenses toxiques. C'est ça aussi, la réalité. Parce qu'en fait, des coups de rabot à travers des impôts, c'est inacceptable pour les Français qui font déjà beaucoup d'efforts, qui en ont déjà beaucoup fait.

Mais surtout, derrière, il n'y a pas d'attaque sur la dépense toxique. Ce budget ne s'attaque pas à la dépense de l'immigration. Ce budget ne s'attaque pas à la contribution à l'Union européenne. Ce budget ne s'attaque pas aux agences d'État. Ce budget ne s'attaque pas à l'aide au développement. Donc, si vous voulez, on peut continuer tout ça à l'infini et puis dire aux Français de se serrer jour après jour la ceinture, le cran supplémentaire. Eh bien, nous, nous n'acceptons pas ça.

9:38
Présentateur

On en a parlé des impôts il y a quelques instants. Ce matin, dans les colonnes du Parisien, le ministre de l'Économie, Roland Lescure, parle de sorcellerie fiscale. Il vous vise en particulier plus de 30 milliards d'impôts votés rien que cette semaine par les députés de votre groupe. Pourtant, dans le journal du dimanche, votre patron de parti, Jordan Bardella, parle, je cite, de choc fiscal positif pour les entreprises. On n'y comprend plus grand-chose à votre position sur les impôts.

9:58
Invité

On ne comprend pas grand-chose à ce que raconte ce gouvernement. D'ailleurs, M. Lescure, il ne devrait pas faire de leçon. Quand on laisse la France, quand on livre la France dans l'État dans lequel ils l'ont mise, avec plus de 1 000 milliards de dettes supplémentaires, avec des dépenses qui ont explosé dans tous les sens sans rien résoudre, avec des services publics exsangues, quand les macronistes, en 8 ans, ont mis la France dans cet État-là, la première des choses, ce n'est pas de donner de leçons aux autres. Et donc, je dirais à M. Lescure que sur ce point-là, il devrait se faire tout petit, petit.

Sur le reste, d'abord nous, avant de revendiquer peut-être un certain nombre de victoires.

10:33
Présentateur

On y reviendra en détail tout à l'heure sur ce qui s'est passé à l'Assemblée, sur le budget cette semaine, et sur la litanie de nouveaux impôts créés, y compris par les députés du Rassemblement National. Mais d'abord, poursuivons donc la discussion avec Françoise Fresseauze et Brigitte Boucher. Rebonjour à vous, mesdames. Et revenons d'abord donc sur ce qui s'est passé jeudi à l'Assemblée pendant ce qu'on appelle la niche parlementaire du RN, c'est-à-dire le jour où votre groupe décide quels textes sont examinés. Pour la première fois dans votre histoire, l'un d'eux a été adopté, on l'a dit, sur l'accord franco-algérien.

Alors même si cette résolution n'est qu'une déclaration d'intention, il n'a donc rien de contraignant, le symbole politique est puissant, c'est passé à une voix près, mais c'est passé, notamment grâce au vote des députés Horizon d'Edouard Philippe et des Républicains de Laurent Wauquiez.

11:10
Locuteur non identifié

Mais quand l'URN porte des projets ou des convictions que nous partageons, il n'y a aucune raison d'être dans des postures politiciennes et de ne pas voter ce que nous voulons pour notre pays.

11:21
Présentateur

Pour le plus grand plaisir, on va l'entendre de votre allié aussi, Éric Ciotti.

11:24
Locuteur non identifié

Je salue bien sûr le vote de l'alliance RN-UDR, mais aussi de tous les députés qui se soient joints à nous. Ils ont voté en cohérence avec ceux qu'ils ont toujours dit. On voit bien que les lignes bougent.

11:39
Présentateur

Les lignes bougent, dit Éric Ciotti, Sébastien Chenu, vous qui présidiez la séance jeudi. Est-ce que vous vous êtes dit au moment du vote, ça y est, le cordon sanitaire avec l'extrême droite, c'est terminé ?

11:47
Invité

Nous, nous ne sommes pas à l'extrême droite, donc je ne me sens pas concerné par votre expression.

11:50
Présentateur

Le Conseil d'État a confirmé qu'on pouvait qualifier l'URN d'extrême droite.

11:53
Invité

Oui, mais c'est une façon militante de le faire. Nous, nous représentons des millions de Français au-delà de la droite et au-delà de la gauche. D'ailleurs, Marine Le Pen l'a rappelé. Et la politique que nous menons, elle a été ostracisée pendant longtemps. En tous les cas, les députés ont été ostracisés pendant longtemps. J'ai tendance à penser que tout ça est un peu derrière nous. Pourquoi ? Parce que la proposition que nous avons faite, en tous les cas ici, en la matière, sur l'abrogation des accords de 68, elle est partagée par d'autres. Elle est d'abord partagée, je l'ai dit tout à l'heure, par l'opinion publique. Mais elle est surtout crédible.

Et je crois que les députés Horizon, il y a même eu des députés Modem et Lyot. Lyot, c'est un petit groupe d'indépendants qui ont, au-delà des députés LR, voté pour cette proposition. Donc elle dit de la crédibilité. Elle dit que nous ne sommes pas seuls. Elle dit qu'on peut travailler avec nous. Elle dit qu'il y a des chemins pour les politiques que nous proposons, que nous ne sommes pas ostracisés. Mais délibérément, toute la niche parlementaire qui a été prise par le Rassemblement national, c'était ça que vous vouliez démontrer. C'est-à-dire aller sur des terrains où vous aviez déjà remporté la bataille pour montrer que l'union des droites était possible. C'est ça votre objectif ?

Vous ne voyez pas uniquement l'union des droites parce que quand on parle du Modem ou de Lyot, etc., ou Horizon qui, quand même, est dans le bloc central de soutien à Emmanuel Macron, ce n'est pas ce que j'appelle l'union des droites. Ça va quand même un peu au-delà. Nous, on a cherché à être utile. C'est-à-dire qu'on s'est dit comment on peut faire bouger les lignes ? Bouger les lignes sur l'accord de 68 parce qu'on pense que c'est utile pour notre pays. Eh bien, on a proposé ce texte. On l'a fait sur d'autres qui ont connu moins de succès. Est-ce que ça préfigure une union des droites, justement, ce rapprochement entre LR, RN et Horizon ?

Non, mais vous savez, c'est quoi l'union des droites ? C'est toujours pareil. Cette question, excusez-moi, mais c'est qui la droite aujourd'hui ? C'est Xavier Bertrand qui nous dit tous les quatre matins qu'il veut être candidat aux présidentielles et qu'il ne faut pas parler au Rassemblement National ? C'est Bruno Le Maire qui a ruiné le pays ? C'est Édouard Philippe ? C'est Gérald Darmanin ? C'est qui la droite ? C'est Bruno Retailleau qui a disparu dans la nature après avoir rien fait au ministère ? C'est qui la droite ? Mais vous n'avez pas de discussion avec des députés de droite ? Si, mais je vais y venir. Et surtout, pour quoi faire ?

Si c'est pour faire, comme on le voit, effectivement, l'abrogation des accords de 68, alors il y a un chemin. Si c'est pour faire une politique fiscale qui soit anti-pauvre, mort aux pauvres, il n'y aura pas de chemin avec nous. Si c'est pour faire des choses équilibrées, soutenir les PME, les TPE, alors il y a un chemin.

14:05
Présentateur

Mais avec qui concrètement, Sébastien Chenu ? Laurent Wauquiez, Bruno Retailleau ?

14:09
Invité

En soit Xavier Bellamy ? Eh bien avec ceux qui le voudront d'abord eux-mêmes, parce que je vous rappelle que ce sont eux qui ont fait élire des députés France Insoumise, qui ont fait élire des députés macronistes, qui ont, pour la plupart d'entre eux, voté Emmanuel Macron aux élections présidentielles. Donc la question, elle se pose d'abord à eux. Nous, notre offre politique. Mais vous leur tendez la main ? Notre offre politique, elle s'adresse à tout le monde. Pas uniquement à la droite, ce serait ridicule. Il y a des patriotes dans tous les camps. Mais est-ce que vous considérez que les Républicains peuvent être un point d'appui pour composer une majorité absolue en cas de dissolution ?

Certains, oui, probablement. Oui, il y a des gens avec lesquels... Donc vous avez envie de gouverner avec eux ? Gouverner avec eux ? Non, mais en tous les cas, ponctuellement, trouver des points d'appui. Vous avez dit le bon mot, la bonne phrase, la bonne formule. Des points d'appui pour faire progresser le pays sur une base qui soit claire. C'est-à-dire pas des accords d'arrière-cuisine, pas de la tambouille derrière pour ensuite ne s'entendre sur rien. se dire, voilà, sur quelques grandes orientations, on peut trouver des appuis. Eh bien, faisons ce qu'on peut faire ensemble puisqu'on n'est pas d'accord sur d'autres choses. Ce n'est pas un drame, c'est la vie politique.

Mais notre offre politique s'adresse à tous, pas uniquement... Mais ça, c'est ce que vous dites, mais... La preuve, vous avez vu, Horizon et le Modem ont voté notre proposition. Jusqu'à présent, Marine Le Pen disait plutôt, moi, c'est la vision bloc populaire contre élite. Et là, c'est plutôt, bah oui, on peut s'arranger avec la droite, on peut s'arranger... Je trouve ça horrible, ce mot. Bah oui, mais... Est-ce qu'on n'a pas quand même deux lignes en confrontation et qu'au fond, vous allez vers ce qui vous arrange le plus à un instant T ? Oui, oui, mais être pragmatique, ça me semble être une bonne idée vu l'état du pays. Madame Fresseuse, notre offre politique s'adresse à tous.

Vous avez bien vu que celle-ci, elle a remporté un succès. D'autres ont remporté, dans les propositions qu'il y avait dans notre niche, ce qu'on appelle une niche, ont eu moins de succès. Bon, c'est qu'il n'était pas d'accord. Mais ça veut dire qu'en fait, on ne cherche pas à s'enfermer avec un courant politique qui serait celui des Républicains, encore une fois. Quel Républicain ? Pardon, Jean-Marc Bardella

16:10
Présentateur

ne dit pas la même chose que Marine Le Pen a su cette semaine dans Le Parisien. Il tend la main, je cite, à la franche plus patriote des LR. Il ne parle pas de l'union des patriotes comme Marine Le Pen. Il y a effectivement, Françoise le dit, deux initiatives.

16:20
Invité

Et même, il a évoqué un accord de gouvernement, éventuellement, en cas d'affection au pouvoir pour le Rassemblement National. Un accord de gouvernement, ça se fait sur une base, sur une offre politique. Et c'est toujours à ça qu'il faut revenir. Parce que la politique, c'est Françoise Giroux qui dit ça, c'est choisir entre différents inconvénients. Donc vous ne pouvez pas être d'accord sur tout. Donc vous avez une proposition politique, c'est celle du bloc le plus large, le plus fort, le Rassemblement National. Et viennent sur cette offre politique ceux qui ont envie d'y venir.

16:45
Présentateur

Donc ce sera des satellites pour vous les Républicains ?

16:47
Invité

Je vois que des Républicains peuvent venir à certains moments. Et je m'en félicite. Je vois que des Modem peuvent venir. Je vois que des Liottes peuvent venir. Je vois que des Horizons peuvent venir. et je vois qu'il y a une gauche chevènementiste, si elle existe encore, en tous les cas une gauche patriote qui peut venir. On ne va pas s'interdire, on ne va pas se rabougrir. Les Accords 68, je ne l'ai pas vu, la gauche patriotique. Non, c'est vrai qu'à l'Assemblée, il n'y a plus vraiment de gauche patriote. Non, mais la gauche a unanimement fait bloc contre vous.

Mais ce que je veux dire, c'est qu'on ne va pas se restreindre, se rabougrir, s'enfermer dans un vocable dont des Français pourraient se sentir exclus. Donc les premiers qui peuvent travailler avec nous, probablement les plus proches, ça reste les Républicains, mais on peut aller très très loin au-delà. Mais on voit qu'il y a quand même une évolution dans le discours parce que Marine Le Pen, elle a toujours dit l'union des électeurs de la droite, du Rassemblement National et autres, alors que vous, vous êtes là plus proche d'une union des droites, plus proche d'un rapprochement avec aussi des États-majors de la droite. Madame, écoutez ce que je vous dis.

Je ne vous ai pas parlé d'accords programmatiques de partis. Je ne vous ai pas dit on va faire un accord de partis, on va faire un accord d'investiture, on va faire un accord de désistement, on va regarder proposition par proposition politique ce sur quoi nous pouvons avancer et faire majorité. Eh bien, moi je dis que notre offre, encore une fois, la main est tendue à tout le monde sans exclusive. On ne va pas se rétrécir alors qu'on est en train d'exploser les compteurs. Vous avez été capable

18:13
Présentateur

cette semaine de faire passer cette résolution sur l'accord franco-algérien, de faire passer un certain nombre de nouveaux impôts, de nouvelles taxes. de nouvelles taxes, pardon. Est-ce que vous appelez toujours à la dissolution parce que finalement, cette assemblée, elle vous convient assez bien ?

18:25
Invité

Bon d'abord, nous appelons toujours à la dissolution et nous voulons la dissolution parce que nous considérons que ce budget ne va évidemment ressembler à rien. C'était hier, le 1er novembre, Halloween. Ce n'est même plus un budget Frankenstein. C'est un budget qui fait peur. Il n'y a aucune cohérence. Ce qui est étonnant, c'est que vous obtenez des victoires. Alors, je vais y venir. Et qu'au fond, vous participez assez. On va y venir. Nous, on fait notre boulot. On fait notre boulot. C'est-à-dire que nous avons été élus, nos députés, Rassemblement National et nos alliés ont été élus sur un programme. La dissolution, nous la souhaitons parce que ça donnera une cohérence.

Oui, parce que ça donne une cohérence. Parce que je vais vous dire, ce qu'on a réussi à faire, on a fait passer des amendements. Il y a eu des accords de 68 de l'Algérie. On a fait passer un amendement anti-délocalisation. C'est important. C'est un marqueur fort pour d'où c'est dans notre programme. Emmanuel Taché, député de Camargue, a fait passer l'amendement anti-délocalisation. On a fait passer un amendement d'une taxe sur les rachats d'actions. Là aussi, un marqueur fort de notre politique fiscale qui vient par Kevin Mauvieux et on a empêché beaucoup de dingueries de la gauche.

Pour rester sur la dissolution, si effectivement elle a lieu, est-ce que en cas de majorité absolue, vous allez effectivement à Matignon ? Si vous ne l'avez pas, vous refusez Matignon ? En fait, ça dépend de la composition de l'Assemblée nationale. Nous, on pense qu'on peut avoir une majorité absolue avec nos alliés d'Éric Ciotti à nous seuls. C'est ce que nous pensons et ce qui va nous motiver à nous battre. S'il manque quelques voix, eh bien, ce n'est pas pareil s'il en manque 20 ou s'il en manque 150. Donc, on regardera la composition de l'Assemblée nationale que nous ignorons, que vous ignorez et on essaiera d'aller convaincre des députés Horizons, Modem, Liott, un socle de gouvernement.

20:07
Présentateur

Allez, on avance dans cette émission, Sébastien Chenu, avec la question qui a animé les débats budgétaires à l'Assemblée cette semaine. Comment taxer les plus riches ? Taxe Zuckman, finalement, non, mais oui, pour la taxe sur les holdings, taxe sur la fortune improductive, taxe sur les GAFAM, la créativité fiscale, on peut l'appeler comme ça, a été vive dans l'hémicycle avec en point d'orgue cette taxe sur les multinationales votée à la surprise générale mardi soir sur proposition de LFI avec les voix du RN. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que ça n'a pas beaucoup plu. Écoutez, au ministre de l'économie, Roland Lescure.

20:35
Locuteur non identifié

Je m'étonne quand même que des groupes parlementaires qui ont, en tout cas selon vocation, un gouverne à la France puissent tirer une balle dans le pied des entreprises françaises en ne respectant pas 125... Non mais bravo, vous pouvez être fiers de vous madame Le Pen. La France qui fait un bras d'honneur à 125 pays, bravo. La France qui tire une balle dans le pied des entreprises françaises qui rayonnent à l'étranger, bravo. La France qui attire des entreprises en France, bravo. On vivra pauvre, on vivra seul, mais au moins, on aura voté un bel amendement, bravo.

21:12
Présentateur

Cette taxe, Sébastien Chenu, elle a été inspirée notamment par le désormais fameux Gabriel Zuckman et en même temps, vous vous êtes opposé à la taxe Zuckman sur les patrimoines. Où est la cohérence ?

21:21
Invité

Bon, il y a plusieurs choses. D'abord, il y a toute la série de folies à laquelle nous nous sommes opposés venant de la gauche. La taxe Zuckman, vous l'avez indiqué. Sur laquelle vous étiez abstenu il y a quelques mois. Oui, pour permettre, on l'a déjà dit, pour permettre le débat. Donc il y a beaucoup de revirements aussi. Pour permettre le débat. Sur les multinationales, Sébastien Chenu. Non mais je veux quand même juste expliquer ce qu'on a rejeté, ce à quoi ont échappé les Français. La taxe Zuckman, la taxe sur les épargnes. Je vous rappelle que la France insoumise voulait même empêcher l'épargne populaire. La taxe sur les pourboires.

La gauche voulait taxer les pourboires que les serveurs entendent. Vous ne voulez pas apparaître comme des taxeurs professionnels bien compris. Je vous donne la vérité. Je dirais quand même ce que j'ai envie de dire. On a échappé aussi à une taxe sur les restaurants. M. Philippe Brun, l'économiste du PES, voulait passer la TVA à 20% pour tous les restaurateurs sauf la haute gastronomie. Mais vous, ça se chiffre à combien de milliards le nombre d'impôts que vous avez fait payer ? À un moment, il faut dire les choses. La deuxième chose, la philosophie sur les contributions des plus riches, en fait.

Il ne faut pas faire comme la gauche qui, lorsqu'elle entend le mot « immigration » devient dingue et ne peut pas ouvrir le dossier et se dire « il ne faut surtout pas en parler, etc. » Nous, on considère que la fiscalité, ce n'est pas un gros mot. Il y a une majorité immense de Français qui considèrent que la justice fiscale, elle est nécessaire et cette majorité, vous la retrouvez dans tous les partis politiques. Tous les partis politiques considèrent que la justice fiscale est nécessaire, nous aussi. La taxe qui a beaucoup choqué cette semaine,

22:44
Présentateur

notamment les patrons, c'est celle sur les multinationales. Expliquez-nous

22:47
Invité

pourquoi vous avez voté ça avec l'EFI. Il est normal que les multinationales qui utilisent nos infrastructures, les multinationales notamment étrangères, soient mises aussi à contribution. Si vous voulez, vous avez dans cette taxe GAFA, cette taxe multinationale, la nécessité d'ajuster, de mettre de la justice fiscale là où il n'y en avait pas. Dans votre projet, vous dites qu'il faut absolument favoriser la production. La production, elle est en partie aussi liée à l'attractivité. Non, la taxe GAFA, ce n'est pas ça. Pas seulement les GAFA, les multinationales.

Comment vous faites pour éviter qu'au fond, les investisseurs étrangers ne viennent plus parce qu'ils se disent qu'on n'est pas les bienvenus ? Il faut qu'on se mette d'accord sur quelque chose. J'entends matin, midi et soir que la France est le pays qui reçoit le plus d'investissements étrangers. Le problème, c'est que ça ne crée pas d'emplois. Le problème, c'est que ça ne crée pas d'emplois. Le problème, c'est que ça ne crée pas d'emplois. C'est un peu le chat qui se mord la queue, c'est-à-dire qu'on a des inconvénients sans en avoir des avantages. multinationales en France et on aura réglé notre problème. Ce n'est pas ça d'ailleurs.

Sur cette taxe, elle ne permettra, en tous les cas, elle ne sera pas forcément liée aux entreprises françaises. Elle ne prendra pas en considération les entreprises françaises. Au regard des conventions européennes, ce serait complètement inapplicable. C'est ce que dit le Premier ministre et le ministre des Finances. C'est inapplicable cette taxe. Alors si c'est inapplicable, en quoi ça les dérange ? Si c'est soi-disant inapplicable, en quoi ça les dérange ? Donc moi, ce que je vous dis, c'est que la justice fiscale, elle doit concerner tous ceux qui, aujourd'hui, sont bien contents de venir profiter de l'outil français, du cadre de vie français et que ceci a un coût.

Donc aujourd'hui, nous faisons, nous je crois, quelque chose d'assez équilibré dans les contributions que nous demandons, notamment, on va revenir, j'imagine, à l'amendement Matéi avec cette taxe sur la fortune. Mais dans tous les cas, après ce budget, on ne pourra pas dire que vous êtes un parti pro-entreprise. Et pourquoi ? Écoutez les chefs d'entreprise. Non mais nous, nous défendons les PME, les TPE prioritairement. Pourquoi ? Parce qu'elles créent de l'emploi. Est-ce que cette taxe, elle concerne les PME, les TPE ? Non. Pas du tout. A aucun moment. Donc nous, nous considérons... L'activité des PME, TPE, parfois, elle dépend aussi de l'activité des multinationales.

Donc, est-ce que c'est pas... Est-ce que vous ne sectorisez pas un peu ? Non, je crois que c'est assez équilibré. Tel qu'elle est, c'est assez équilibré. En tous les cas, nous, si nous la votons, la soutenons, c'est parce que nous considérons que beaucoup échappent, en tous les cas, à leurs obligations sociales et qu'effectivement, la France ne peut pas simplement être une plateforme d'atterrissage dans laquelle on ne s'acquitte pas, effectivement, d'un impôt quand on en profite.

25:15
Présentateur

Mais finalement, les Républicains ont raison. Ils disent que sur l'économie, vous êtes de gauche. Là, en votant cet amendement avec LFI, d'inspiration LFI, vous êtes de gauche

25:23
Invité

sur ce plan-là. D'abord, voter avec les uns ou avec les autres, tout le monde le fait à l'Assemblée Nationale. On vient de parler de l'amendement, enfin, de la résolution Algérie où effectivement, les LR ont voté avec nous. Pour le coup, les Républicains n'ont pas voté avec les LFI. Non mais attendez, j'y viens. Mais à un moment, dans cette Assemblée Nationale où il n'y a pas de majorité, tous les groupes politiques, à un moment, votent les uns avec les autres. Donc on peut jouer à ça, machin, à voter avec le PS, l'autre avec LFI, l'autre avec les LR. Ça arrive à tout le monde et nous, nous assumons très bien de voter des propositions que les libéraux, ils n'ont pas voté ces taxes.

Non mais les Républicains ne vont pas venir. Là encore, je suis désolé de les ramener à ce qu'ils sont. Ça fait huit ans qu'ils votent l'intégralité des dispositions économiques et financières des gouvernements Macron. Donc avec le résultat qu'on connaît. Donc ils peuvent, c'est toujours pareil, tous ces gens qui viennent donner la leçon avec un bilan qui est terrible devraient se faire bien modeste. Donc moi, je considère que les Républicains n'ont pas de leçon à donner. Alors c'est sûr qu'ils veulent être les champions de l'ultralibéralisme. Je leur laisse ce titre. Nous, on ne veut pas être les champions de l'ultralibéralisme. On veut être les champions de la justice fiscale.

On veut être les champions d'un pays qui permet à travers aussi une fiscalité rénovée de mener d'autres politiques. J'y viens parce que cet impôt matériel dont on va parler... Allons-y maintenant.

26:32
Présentateur

L'impôt sur la fortune improductive, c'est le nouveau terme à la mode depuis quelques jours, depuis vendredi soir, d'inspiration du Modem en effet. Mais vous l'avez voté, entre autres, avec d'autres groupes à l'Assemblée. En un mot pour nos auditeurs et téléspectateurs, ce nouvel impôt intègre de nouveaux actifs par rapport à l'actuel impôt sur la fortune immobilière. C'est une sorte de nouvel ISF. Vous mettez les yachts, les œuvres d'art, l'or, les pièces de monnaie, mais aussi les actifs financiers dont les placements. Vous nous expliquez quelle est la cohérence là-dedans ? Il ne faut pas investir dans les entreprises françaises ?

27:00
Invité

Non, non, pas du tout. Il y a des placements qui sont intégrés dans cet impôt. Ce n'est pas un nouvel ISF. Si ça avait été un nouvel ISF, la France Insoumise l'aurait voté. Or, la France Insoumise ne l'a pas voté. Donc là aussi, on va nous dire de temps en temps que vous votez avec les filles, là, ils ne l'ont pas voté, la France Insoumise. Donc, ce n'est pas un nouvel ISF. C'est un outil qui vient d'abord remplacer l'impôt sur la fortune immobilière. C'est-à-dire, et c'est pour ça qu'on l'a voté, vous tuez d'un côté un impôt, vous éteignez un impôt et vous créez un impôt que vous pensez être plus juste. Cet impôt, il ressemble à l'impôt Matéi, je ne sais pas comment on peut l'appeler.

Mais vous êtes fiers de votre bébé parce que, écoutez, les conditions de soins d'adoption, c'était le vendredi soir avec des amendements, des sous-amendements, le modem, le PS, vous, au fond, on a l'impression au bout du compte que ça n'a aucune logique cet impôt. Je prends un exemple. On exonère la résidence principale, on enlève la résidence principale qui est quand même de l'actif pas très productif et on va taxer les placements. Les placements qui sont quand même qui participent à l'activité. Où est la logique ? J'y viens, parce qu'en fait, il faut dire des choses précisément.

Nous, on l'a voté parce que ça ressemble à notre proposition, celle qu'on porte dans notre contre-budget d'impôt sur la fortune financière. Ça y ressemble. Ce n'est pas tout à fait exactement la même chose. Mais c'est améliorable. Alors, je suis d'accord avec vous, c'est améliorable. D'ailleurs, il y aura une navette, donc on va l'améliorer. Par exemple... En fait, vous pensez que ça va être supprimé ? Je vous donne un exemple sur les œuvres d'art que vous avez citées. Nous, on est favorable à ce que les œuvres d'art achetées au-delà de 10 ans puissent sortir de l'assiette.

Les œuvres d'art achetées plus récemment, elles servent souvent à faire, j'allais dire, fructifier un marché d'apparence, en tous les cas. Donc ça, par exemple, nous, on est tout à fait favorable sur les sortes de l'assiette. Mais cet impôt-là, il va aussi taxer les fonds en euros, c'est-à-dire les obligations, c'est-à-dire c'est des titres de dette français, c'est ce qui finance notre économie. J'y viens, j'y viens, j'y viens. D'abord, à combien, à partir de combien on entre dans cet impôt ? 1,3 million. 1,3 million. 1,3 million. Ça va toucher combien de personnes en France ?

29:00
Présentateur

Ah, bonne question. Merci, ne sait pas le dire encore.

29:03
Invité

Moins d'un pour cent. Écoutez, nous, on avait fait l'étude. Mais ça va rapporter combien ? J'y viens. Entre 3 et 5 milliards, ça dépend entre... Alors, il y a une... Nous, parce que... Je me base, pardon. Sur notre impôt sur la fortune financière qui ressemblait, on l'avait évalué à 3 milliards. Peut-être que celui-ci rapportera un peu moins d'ailleurs, que son rendement sera un peu moindre. Parce que, de toute façon, on y entre à 1,3 million hors résidence principale. Enfin, vous vous rendez compte de ce que c'est. Hors résidence principale. Vous rentrez à 1,3 million hors résidence principale.

Vous rentrez à 1,3 million sans les outils professionnels, bien entendu, parce que ça, c'était la taxe Zuckman. Donc, ça, c'est important de le dire. Et, le rendement, on l'a dit, mais son taux, il est aujourd'hui d'un pour cent. Nous, on avait un taux qui pouvait bouger. Alors, attendez. Ce qui n'était pas d'un pour cent. Avançons, Françoise. Le taux est à 1 pour cent alors qu'avant, le barème était progressif. Donc, en fait, vous taxez les petits millionnaires plutôt que taxer les grandes fortunes. C'est la raison pour laquelle... Non, mais nous, ce qu'on défendait, c'était un taux progressif avec une entrée en douceur à partir d'un million trois. Bon, ce n'est pas le cas.

Donc, c'est améliorable. Ce n'est pas notre dispositif, mais il va dans le bon sens. On a bien compris votre position. Il vise à taxer aussi les fonds qui sont non alloués à l'investissement productif. On met dedans, effectivement, vous l'avez dit, les yachts, les avions, les objets précieux, etc. Mais on entre à 1,3 million hors résidence principale. Qui a 1,3 million hors résidence principale ? Moi, je veux bien que vous battiez, Mme Fressot, Mme Boucher, pour défendre... Non, je ne dis pas ça si on a l'impression que vous ne défendez pas ce que vous avez voté. Mais une politique fiscale qui touche des gens... Elle avait voté, hein ? Oui, mais qui touche des gens qui... Moi, je l'assume.

Mais je veux dire, je n'ai pas de problème à dire que lorsqu'on a plus d'1,3 million hors résidence principale,

30:37
Présentateur

on peut faire un effort, oui. Passons à la suite. Il y a une autre information importante ce matin. Vous avez forcément lu ce sondage à la une de la tribune dimanche pour la prochaine élection présidentielle en 2027 ou avant. On verra. Jordan Bardella est très largement en tête. 35% des intentions de vote. Devant Marine Le Pen, si c'est elle qui se présente à nouveau pour votre parti, 34%. Comment vous interprétez ce sondage ? Est-ce que vous assumez le statut de favori qui est toujours un peu inconfortable ?

31:00
Invité

C'est vrai qu'il est inconfortable ce statut de favori et c'est la première fois que nous devons faire avec ce statut. Moi, j'ai l'habitude de dire que pendant très longtemps, ce qui nous manquait, c'était d'être des candidats porteurs d'espoir. On véhiculait la contestation d'un système politique, on portait le souverainisme. On porte toujours tout ça. La contestation, le souverainisme, etc. Mais désormais, on incarne un espoir et on ne gagne pas une bataille politique lorsqu'on n'incarne pas un espoir. L'espoir que ça aille mieux demain. L'espoir qu'il y ait plus de sécurité, moins d'immigration, plus de justice. Nous portons cet espoir.

31:36
Présentateur

Alors, quand vous dites nous, ça veut dire qui ? C'est Jordan Bardal ou Marine Le Pen ?

31:40
Invité

Et Marine Le Pen. Pourquoi ? Parce que ce ne sont pas des candidats interchangeables. Mais ils se battent pour la même chose. Ils se battent pour une France souveraine. Ils se battent pour une France dans laquelle la sécurité soit restaurée comme la première des libertés.

31:53
Présentateur

de cette question parce qu'il y a un doute quand on en parle même avec les futurs potentiels candidats du Bloc central et à gauche. Ils se disent tous Marine Le Pen, c'est fini en fait. Ils se préparent tous à affronter Jordan Bardella à la prochaine présidentielle à cause des ennuis judiciaires de Marine Le Pen. Le procès en appelle en début d'année prochaine. Le Conseil d'État a d'ailleurs débouté Marine Le Pen de son recours il y a quelques jours. Est-ce que franchement Marine Le Pen a encore des chances d'être sur la ligne de départ ?

32:14
Invité

Oui, je crois. Oui, je crois. Mais comme vous n'êtes pas, je l'espère, en tous les cas mieux informé que moi en ce qui concerne ce que vont produire comme décision les juristes. Moi, je crois qu'il y a encore des voix et Marine Le Pen va plaider en appel. Elle est considérée comme innocente sur notamment sa bonne foi, son innocence et je pense que les lignes peuvent encore bouger. D'abord, si je pensais l'inverse, je vous le dirais. Donc, nous avons dit des choses très simples. Marine Le Pen est notre candidate pour 2027.

Si elle venait à être empêchée pour des raisons que nous ne maîtrisons pas, ce n'est pas nous qui les maîtrisons, eh bien, Jordan Bardella porterait nos idées, porterait notre programme, porterait nos couleurs. Jordan Bardella qui a fait deux livres, qui fait des déplacements sur le terrain, qui a une forte présence médiatique, notamment Ambition Intime sur M6. Cette ambition-là, il ne la cache plus vraiment aujourd'hui. Pourquoi il la cache ? Mais nous, on est transparent vis-à-vis des Français. On leur dit Marine Le Pen est notre candidate. Jordan Bardella se prépare pour Matignon. Si Marine Le Pen est empêchée, demain, elle ne peut pas. La justice l'en empêche.

Ce sera évidemment un scandale monumental. Mais notre candidat sera à ce moment-là Jordan Bardella qui prendra la relève.

33:23
Présentateur

Jordan Bardella, est-ce qu'il n'est pas en train de tuer la mer ?

33:25
Invité

Il cite une seule fois

33:26
Présentateur

Marine Le Pen en 400 pages

33:27
Invité

dans son dernier livre. Quel autre mouvement politique éclaire sur son candidat ? C'est qui le candidat du Bloc Central ? C'est qui le candidat DLR ? C'est qui le candidat socialiste ? Non mais, tous ces gens qui viennent nous dire oulala, mais nous, on en a deux possiblement candidats. Marine Le Pen, la candidate logique, historique, légitime, si la justice empêche à Marine Le Pen la possibilité à Marine Le Pen de rencontrer les Français, Jordan Bardella prendra la relève. C'est assez simple à comprendre. Marine Le Pen qui dit que Jordan Bardella ne connaît rien au dossier ultramarin.

Non mais, c'était sur un point précis et il ne faut pas en faire une polémique à ce moment-là et je crois que tout ça est derrière nous.

34:02
Présentateur

Est-ce que, pour revenir au sondage de ce matin dans la tribune dimanche, est-ce que vous assumez de dire que votre candidat, votre adversaire préféré, j'allais dire, ou idéal au second tour, c'est Jean-Luc Mélenchon ?

34:12
Invité

Pas certainement parce que moi, je pense que ce qui est important, c'est le choix de société qu'on véhicule et qu'on propose. Édouard Philippe, s'il venait à être candidat, je crois que ce serait un très mauvais candidat, mais il porterait un choix de société qui est celui de la continuité des politiques économiques, libérales, de soumission à l'Union Européenne dont on a vu les dégâts et ce serait très intéressant de le confronter au choix de société du Rassemblement National.

34:36
Présentateur

Mais c'est face à Jean-Luc Mélenchon que vous avez plus de chances de gagner à la fin, non ? Ah non, je ne peux pas. Vous pouvez le dire ?

34:40
Invité

Plutôt qu'un candidat du bloc central ? Je peux vous dire que face à Édouard Philippe ou Gabriel Attal, on aurait de grandes chances de pouvoir l'emporter. D'abord, je vais vous dire, je pense que nous aurions de grandes chances de l'emporter. Pourquoi selon vous Jean-Luc Mélenchon serait plus difficile à battre ? Parce que Jean-Luc Mélenchon, il est aussi un candidat qui porte les espoirs, je suis désolé de le dire, d'un certain nombre de nos compatriotes et je le regrette. Oui, Jean-Luc Mélenchon porte les espoirs. Souvent, il faut voir où ses députés sont élus, de banlieue, souvent d'une certaine jeunesse quand nous, nous portons l'espoir d'une autre jeunesse.

Oui, il porte aussi des espoirs. Jean-Luc Mélenchon, c'est une réalité. Quels espoirs porte Édouard Philippe ? Quels espoirs incarne Raphaël Glucksmann ? Il n'y a pas un Français qui espère l'arrivée de ces gens-là. Vous ne pensez pas que le front républicain reste quand même un obstacle pour vous à l'accession au pouvoir ?

Je pense qu'il y a un front dit républicain qui est pavlovien chez un certain nombre d'électeurs de gauche comme un réflexe, c'est-à-dire qu'en fait on s'empêche de réfléchir et de regarder un programme et sereinement de se dire qu'est-ce qui est le moins mauvais ou le mieux pour mon pays et de façon pavlovienne s'opposer au Rassemblement National mais je pense que ce front dit républicain il est largement usé, largement érodé et il n'a produit en réalité que des catastrophes.

35:50
Présentateur

Sébastien Chenu, vous êtes l'invité de Questions politiques et tout de suite on va tenter de mieux vous connaître avec Brigitte. France Inter Questions politiques Julien Nenni Et celle qui dévoile nos invités comme tous les dimanches c'est donc vous Brigitte Boucher notre spécialiste des biographies et des archives.

36:10
Invité

Le PS capable aujourd'hui de demander jusqu'à la suspension de la loi Touraine sa propre loi pour éviter l'élection. Pauvre Madame Touraine qui doit se retourner dans sa tombe pardon elle est encore vivante.

On vient de vous entendre Sébastien Chenu à l'Assemblée le 14 octobre en réponse au discours de politique générale de Sébastien Lecornu ce franc-parler c'est votre marque de fabrique jamais avare de bons mots votre style à fab vous permet de parler à tout le monde bien connu des huissiers à l'Assemblée vous faites passer des petits mots parfois tendancieux à vos adversaires politiques vous aimez plaire on vous décrit souvent comme un mondain avec de l'entre-jean au carnet d'adresses bien rempli il a l'aisance d'un Jean-Claude Briali en pleine cérémonie des Césars dit de vous un député insoumis drôle et pressé arriviste diront certains après avoir fait vos classes à l'UMP et fondé Gaylib une association qui milite pour les personnes lesbiennes gays ou bisexuelles vous vous tournez vers l'extrême droite en 2014 alors que Jean-Marie Le Pen est toujours président d'honneur du Front National et condamné pour négationnisme alors pourquoi ?

pourquoi ? par ambition ou par conviction ?

j'ai déjà entendu ça il y a bien longtemps vous savez moi la première fois que j'ai voté j'ai voté contre Maastricht et toute ma vie j'ai voté dans les scrutins contre cette construction européenne qui vise à écraser la France vise à écraser les peuples il y avait une voix il y avait des voix à l'époque à droite Philippe Séguin Charles Pasqua Philippe de Villiers qui portaient ce souverainisme quand je me suis il y a bien longtemps maintenant rangé aux côtés de Marine Le Pen car c'est Marine Le Pen qui m'a intéressé et non pas Jean-Marie Le Pen pour qui je n'avais jamais voté mais je n'ai pas autre chose à dire que cela je n'avais jamais voté pour lui et c'est Marine Le Pen qui a emporté mon adhésion je l'ai fait parce que je pensais d'abord qu'elle était courageuse qu'elle était authentiquement républicaine qu'elle portait la voix du souverainisme de tout ce qu'avait abandonné la droite qui n'était plus qu'un petit parti à l'anglo-saxonne c'est à dire des mouvements ultra libéraux en matière économique et ultra conservateurs en matière sociétale ce que nous ne sommes pas au rassemblement national quand j'ai entendu ces procès sur l'arrivisme etc vous savez moi quand je m'engage en 2014 au Front National je milite dans l'Oise comment imaginer qu'en 2017 les électeurs du Nord de Denain me feront confiance en mélisant premier député rassemblement national du Nord en 2017 donc c'est un long chemin j'aurais dû le faire plus tôt je vais vous dire c'était pas un problème de DRH à l'UMP on a dit que vous étiez pas sur la liste de Nathalie Kosciusko-Morizet à Paris et que vous avez trouvé un point de chute et que vous s'est trouvé au rassemblement national écoutez ce point de chute je l'ai payé cher en termes d'insultes à l'époque parce que j'étais bien seul à m'engager aux côtés de Marine Le Pen mais j'aurais dû le faire plus tôt parce qu'en fait Marine Le Pen a raison depuis très longtemps parce qu'en fait l'analyse qu'elle porte et les solutions qu'elle porte sont les bonnes pour le pays et elle a repris elle est allée au-delà tout ce que la droite avait lâchement abandonné je l'ai dit le souverainisme mais aussi une certaine culture du gaullisme social qui moi m'intéresse donc voilà moi je pense que on n'est pas des ultra conservateurs on n'est pas des ultra libéraux on n'est pas des ultra en réalité au rassemblement national et on met ce que les républicains ont abandonné depuis longtemps mais la France au-dessus de tout et ça ça m'a beaucoup plu on l'a entendu vous avez un petit côté langue de vipère qu'on vous connaît non vous riez tous les uns et les autres est-ce que vous ne regrettez pas ces propos de Marisol Touraine c'est quand même le bal des faux cul est-ce que vous ne regrettez pas ces propos sur Marisol Touraine vous êtes vraiment tous pareils mais parce que vous êtes là à me dire sur les antennes oh quand même quelle langue de vipère puis vous êtes un peu un mondain mais je vous croise tous partout les uns et les autres les politiques les journées je veux vous croiser on se croise tous ailleurs donc ça c'est pour l'aspect mondanité je ne suis pas plus mondain que n'importe qui je suis élu je suis élu d'une des circonscriptions les plus populaires de France donc je peux vous dire qu'en matière de mondanité je sais atterrir à qui vous écrivez à l'Assemblée ?

pour le reste moi j'aime la culture Charlie Hebdo vous savez nous sommes Charlie je suis Charlie tous ceux qui ont abandonné ça qui le disaient comme un slogan mais qui ne le font pas vivre je pense que dans cette culture il y a quelque chose qui m'a beaucoup marqué que m'avait dit un jour Jean-Jacques Perroni qui écrit les textes de Laurent Gérard on a les références qu'on peut il m'avait dit les seules choses qui soient drôles ce sont les choses méchantes et de mauvais goût c'est vrai je pense que les seules choses qui en tous les cas soient drôles me font rire et visiblement en font rire certains c'est les choses méchantes et de mauvais goût d'où l'illustration concernant Marisol Touraine c'est ça qu'il y a dans les petits mots que vous écrivez à vos collègues c'est pire ?

un exemple à qui vous écrivez d'ailleurs ? j'écris bien pire et je reçois bien pire et vous recevez bien pire ?

c'est pour ça que je dis que ce bal des faux cul de ces gens qui font semblant de s'offusquer et qui en privé en réalité ont exactement si ce n'est le même sens de l'humour mais moi je ne fais pas la différence entre une parole privée non assumée une parole publique non assumée je pense qu'il faut assumer qui on est et vous l'avez dit moi j'assume qui je suis assumer ses engagements assumer ses inclinaisons assumer un sens de l'humour que certains peuvent trouver de mauvais goût mais peu importe ça c'est secondaire alors le soir de la victoire de Nicolas Sarkozy en 2007 vous êtes entre Faudel et Enrico Macias un petit côté paillette que vous semblez aimer il n'y a que moi qui ai survécu visiblement médiatiquement à cette soirée est-ce que vous aimeriez devenir ministre de la culture ?

non pas du tout d'abord ça ne vous intéresse pas ? non mais ce n'est pas ça moi je suis au service de Marine Le Pen et les idées qu'elle porte elle saura très bien me faire faire ce qu'elle pensera utile si elle pense que je peux lui être utile si nous accédons aux responsabilités pour le reste j'en profite pour dire un mot et vous moi j'assume aussi mes engagements quand j'ai quitté l'UMP je l'ai fait parce que j'avais un désaccord politique très fort mais je n'ai pas oublié les années avec Nicolas Sarkozy à qui j'adresse un message de soutien amical s'il nous écoute aujourd'hui vous irez le voir en prison ? je ne cherche pas à utiliser à instrumentaliser quoi que ce soit

41:55
Présentateur

Sébastien Chenu nous vous avons demandé avant de venir dans cette émission de venir avec un sujet sur lequel vous voulez braquer les projecteurs dont on entend un peu moins parler en particulier au Rassemblement National c'est ce qu'on appelle dans cette émission votre gros plan on vous écoute

42:08
Invité

oui c'est sur les féminicides j'ai vu les derniers chiffres de femmes qui sont tuées par leur conjoint et ils sont encore en hausse ces chiffres plus 11% en ce qui concerne les derniers chiffres et avec un focus particulier moi je suis député du Nord et dans les Hauts-de-France on est là aussi malheureusement très en tête avec des chiffres qui sont désolants en la matière vous diriez que vous êtes féministe ?

oui je crois en tous les cas moi je suis très attaché à l'égalité homme-femme dans tous les domaines qu'elle soit salariale ou qu'elle soit sociale et on a encore beaucoup de progrès à faire dans notre pays on avait voté je le rappelle le Rassemblement National avait fait voter comme quoi c'est pas que des textes sur l'immigration une aide financière pour les femmes victimes de violences conjugales il y a quelques années en 2022 alors vous parlez de vote ça tombe bien

43:00
Présentateur

le Sénat cette semaine a voté définitivement la redéfinition de la notion de viol en incluant la notion de consentement c'est encore autre chose ben oui mais c'est important et ça concerne évidemment les féminicides aussi quelques semaines auparavant à l'Assemblée le RN avait été le seul groupe à ne pas voter cette nouvelle définition du viol est-ce que c'est vraiment une position féministe ?

43:19
Invité

vous mélangez deux choses et en la matière il faut être un peu subtil non c'est pas lié les femmes victimes de violences conjugales ne sont pas forcément des femmes victimes de viol c'est pour ça que vous demandez c'est du féministe les femmes violées ne sont pas forcément victimes de violences conjugales on est sur deux choses différentes mais je vais venir sur le consentement parce que c'est un sujet très sensible je dis simplement oui à votre question je me sens féministe oui le RN a porté une loi sur une aide financière aux femmes victimes de violences conjugales Emmanuel Taché l'avait défendu avait convaincu nos collègues de la Vauté et oui en la matière en France pour terminer après je viens sur le consentement si vous me le permettez la France peut mieux faire il y a eu un Grenelle il y a eu des assises il y a eu des plans et je vois que ça patauge toujours il y a des pays qui vont plus loin j'ai regardé justement je regarde un peu ce que font par exemple j'ai vu que l'Espagne et plus étonnant la Corée du Sud sont des pays qui ont des combos plus pertinents que les nôtres entre la sanction la protection l'éloignement je pense que la multiplication des bracelets anti-éloignement elle est très faible c'est très éparse dans notre pays pour les auteurs on leur met un bracelet anti-approche ils n'ont plus le droit d'approcher leurs victimes sur ça on n'est pas au point dans le pays il faut mettre des moyens la protection des femmes qui sont victimes de violences c'est-à-dire pouvoir les isoler les mettre en protection absolument qu'ils ne les approchent pas on devrait sanctuariser l'atteinte à l'intégrité physique c'est-à-dire que vous avez procédé à l'intégrité physique de quelqu'un vous avez touché à l'intégrité physique de quelqu'un avec des circonstances aggravantes si c'est votre conjoint ou votre conjointe et vous devez ne pas avoir d'aménagement de peine vous avez décrité des amendements en ce sens dans le budget ?

oui enfin là sur l'intégrité physique c'est pas dans le budget non non mais sur les aides aux femmes victimes de violences là on s'est occupé du budget le cornu c'est pas le nôtre de budget non mais les amendements c'est pour ça c'est pour la meilleure c'est un contre-budget il y a une dizaine de jours oui mais c'est un contre-budget attention j'ai rien vu là-dessus non mais j'y viens c'est parce que ce n'est pas et ce sera dans le cadre de l'élection présidentielle qu'on aura toute une série de propositions à faire vivre moi j'ai du moins 3 milliards 2

45:21
Présentateur

sur les subventions aux associations vous dites ne reprend pas de l'intérêt général mais oui mais c'est autre chose est-ce que les associations féministes relèvent de l'intérêt général ?

45:27
Invité

si elles relèvent de l'intérêt général elles auront des subventions 3 milliards 2 en moins

45:31
Présentateur

c'est considérable pour les associations

45:32
Invité

mais vous parlez d'associations que nous jugeons comme étant politisées par exemple les associations qui permettent l'installation de migrants qui n'ont pas l'intérêt général on parle des violences

45:39
Présentateur

faites aux femmes

45:40
Invité

donc ça n'entre pas là-dedans est-ce qu'elles continuent de recevoir vos subventions si vous êtes au pouvoir ? mais évidemment ça mérite d'être clair évidemment il y avait un doute enfin non il n'y avait un doute que dans votre tête parce que je peux vraiment avoir un esprit un peu tordu pour imaginer ça Jean-Philippe Tanguy

45:52
Présentateur

pendant la conférence de présentation a cité tout un nombre d'associations notamment des associations écologistes on en parlera dans un instant et aussi des associations féministes qui ne relèvent pas qui ne relèvent pas selon lui selon lui non sans citer d'exemple qui ne relèvent pas selon lui de l'intérêt général

46:06
Invité

il a parlé d'associations qui ne relèvent pas de l'intérêt général et on en connait beaucoup qui sont juste des instruments politisés mais qui n'ont rien à voir avec le sujet qui nous parle sur le consentement j'y viens la loi qui a été votée à mon avis elle est très grave parce qu'elle inverse la charge de la preuve vous allez être obligé d'apporter la preuve du non-consentement de la victime c'est à dire qu'en réalité c'est très compliqué et vous entrez dans ce qu'on appelle la loi du soupçon c'est très compliqué d'apporter la preuve du non-consentement aujourd'hui et tant mieux dans la définition du viol il y a toute une série d'éléments par contrainte par surprise etc.

qui existent et qui permettent de sanctionner très fortement il faut faire très fortement les auteurs mais entrer dans la loi du soupçon cette instrumentalisation que la gauche fait me semble aller à l'encontre de l'intérêt de la société et des femmes

46:54
Présentateur

Merci pour cette carte blanche donc Sébastien Chenu on avance dans cette émission il reste une petite dizaine de minutes comme chaque semaine Françoise Fresso c'est votre tour interroge donc une question qui sera au coeur du débat public on l'a dit et de la présidentielle dans deux ans ce matin Françoise l'environnement donc

47:08
Invité

la lutte contre le réchauffement climatique donc première question dans une semaine au Brésil va s'ouvrir la COP30 en l'absence des Etats-Unis si l'ERN était au pouvoir aujourd'hui est-ce que la France boycotterait elle aussi cette COP ?

Non il n'y a pas de raison de boycotter une COP nous par exemple on garde toujours comme objectif d'atteindre ceux définis par les accords de Paris ça reste un objectif attention à deux choses la France n'est pas un trou noir dans lequel il ne se passerait rien et qui serait un pays très dangereux pour la planète on est un pays qui est très peu responsable des émissions de CO2 0,7% on est un pays dans lequel ne figure aucune grande ville parmi les 500 villes les plus polluées au monde donc on ne fait rien pas du tout non mais pas du tout mais je veux dire il ne faut pas faire culpabiliser inutilement les Français il y a beaucoup de choses à faire mais ce qu'il faut éviter c'est l'écologie que nous nous appelons punitive ce qu'il faut donner c'est la priorité au local et la priorité au nucléaire avant évidemment de s'orienter vers des politiques écologiques d'intermittence qui coûtent très cher et n'apportent pas grand chose Jordan Bardella l'a encore rappelé dans une récente interview l'une des premières mesures que prendrait le RN c'est au fond de baisser le taux de TVA sur les énergies ça coûte très cher 12 milliards d'euros et au fond c'est une incroyable prime aux énergies fossiles le gaz le pétrole qui sont la plupart du temps importés donc où est la logique comment vous pouvez vous prétendre écologie et faire une mesure faire cette première mesure comme ça bon nous avons en France la capacité à produire du nucléaire il faudrait construire d'ailleurs d'autres EPR Marine Le Pen l'a indiqué elle propose qu'on puisse construire d'ailleurs dans un premier temps 6 EPR supplémentaires bien sûr mais ça va prendre un temps fou on n'est pas sous de Gaulle donc nous nous considérons qu'une autre priorité qui pourrait prendre moins de temps c'est de sortir du marché européen de l'électricité pourquoi ?

pour payer notre énergie au prix auquel nous la produisons et non pas au prix finalement auquel elle est adossée à cause des allemands ça nécessite une épreuve de force avec Bruxelles ? vous n'êtes pas sûre du tout de la remporter ? oui et non madame d'autres pays le font et l'ont fait de façon temporaire donc pourquoi est-ce que d'autres pays réussiraient à le faire et pourquoi est-ce qu'on le refuserait à la France ?

donc nous nous disons il faut revenir à un prix de l'énergie qui soit convenable en France parce que nous avons développé et nous avons cette chance d'avoir par des choix politiques historiques qui ont été faits par de Gaulle développé le nucléaire donc nous nous pensons que c'est vers le nucléaire qu'il faut aller pas uniquement il y a un certain nombre et c'est pour ça qu'on veut créer aussi un fonds souverain de possibilités dans l'hydrogène dans la biomasse c'est que toutes les énergies renouvelables c'est-à-dire les énergies propres l'éolien le solaire qui sont en train de devenir rentables au niveau mondial vous dites non surtout pas est-ce que là c'est pas un aveuglement total ?

si on nous dit que ces énergies elles sont matures qu'elles sont formidables alors pourquoi est-ce que il faudrait continuer à les subventionner ? pourquoi est-ce qu'il faudrait continuer à leur faire profiter de taux de pratiques financières qui les avantages qui soit disant mais qu'est-ce qui vous gêne dans le développement des énergies renouvelables ?

c'est qu'elles soient d'abord c'est qu'elles soient intermittentes c'est-à-dire qu'en fait elles ne fonctionnent pas tout le temps qu'elles coûtent très cher très cher en subvention c'est pour ça que nous nous considérons qu'il faut revenir notamment dans notre politique fiscale surtout de ce subventionnement intermittente intermittente veut dire qu'elles abîment souvent notre patrimoine énergétique une centrale nucléaire qui est relancée qui est arrêtée etc pour prendre la suite le relais de ces énergies intermittentes et bien elles s'abîment beaucoup plus on abîme les sols on abîme les paysages ça c'est aussi le patrimoine que nous avons en commun et elle coûte je vous le disais très cher donc oui nous on est pour un moratoire il faut arrêter avec ça et puis en plus je vais vous le dire dans le plan pluriannuel de l'énergie de mémoire on subventionne enfin le gouvernement est pré-subventionné pour 300 milliards cumulés évidemment dans le temps d'énergie intermittente à la Chine enfin je veux dire les panneaux photovoltaïques le solaire tout ça qui le produit aujourd'hui c'est la Chine donc si vous voulez 1 ça compte cher c'est pas mis assez tôt que la Chine c'est exactement comme l'automobile européenne non c'est parce qu'on a fait les mauvais choix madame et je vous dis qu'il y a d'autres choix à faire l'énergie dont je vous ai parlé notamment l'hydrogène notamment la biomasse notamment toutes ces énergies sur lesquelles il n'y a pas d'investissement dans notre pays allez regarder combien la Chine d'ailleurs investit dans l'hydrogène et vous verrez qu'on est déjà en train de prendre du retard donc on fait les mauvais choix et bien entendu le nucléaire

51:23
Présentateur

je reviens sur votre contre-budget il y a une dizaine de jours avant de conclure l'émission vous présentez plusieurs milliards d'euros en moins pour la cause écologique par exemple je vois moins 10 milliards pour les programmes d'aide à la rénovation énergétique des bâtiments MaPrimeRénov par exemple moins 72 millions de subventions aux associations relevant de la mission écologie et développement durable vous êtes vraiment écolo ?

51:41
Invité

Non mais vous mélangez des tas de choses en fait MaPrimeRénov

51:43
Présentateur

Non c'est la lutte contre le réchauffement climatique

51:44
Invité

Mais non mais MaPrimeRénov on essaye de faire des choses cohérentes qui a du sens MaPrimeRénov c'est un gouffre donc on la transforme en quoi ? On est prêt à taux zéro donc on continue à accompagner les gens qui veulent rénover énergétiquement leur logement mais nous on n'est pas pour la société préhistorique on peut revenir fantasmer sur la société préhistorique C'est un variant préhistorique On a l'impression qu'on va être quand même dans un combat contre les écologiques il y a parfois il y a presque de la arme Ah oui contre l'écologie punitive je vous le confirme contre l'écologie punitive contre l'écologie qui empêche la croissance oui nous sommes dans ce combat là oui évidemment

52:15
Présentateur

On va passer à la dernière séquence plus rapide de cette émission ça s'appelle Le vrai ou faux Sébastien Chenu vous connaissez le principe je vous propose des affirmations certaines très sérieuses d'autres un peu plus triviales vous nous dites vrai ou faux c'est censé aller vite Première proposition vous avez déjà proposé vos services à la socialiste Anne Hidalgo à Paris

52:30
Invité

Non non non mais je lui avais souhaité de gagner face à Kossusko Morizet parce que je considérais que si on évacuait les programmes Anne Hidalgo à l'époque avait probablement un peu plus de sens moral que Nathalie Kossusko Morizet C'est vrai ou c'est faux ? Donc j'ai pas proposé mes services

52:43
Présentateur

C'est pas ce que dit un article du Monde de 2015

52:45
Invité

au moment des municipales de 2014 Vous auriez proposé vos services Et vous savez qui alimentait ça ? C'était l'ancien premier adjoint d'Anne Hidalgo qui l'a quitté avec perte et fracas en la traitant de tous les noms donc la crédibilité elle est moyenne

52:57
Présentateur

Allez autre proposition vous servez d'entremetteur entre le RN et LR pour de futurs débauchages

53:01
Invité

Pas besoin de moi Comment ça ? Bah on parle On parle à tout le monde On parle à tout le monde C'est à vous de me le dire à quoi je sers ?

53:07
Présentateur

Troisième proposition en ratant sa sortie du gouvernement Bruno Retailleau a dilapidé ses chances pour la prochaine présidentielle Vrai ou faux ?

53:13
Invité

Oui mais même en entrant enfin c'est pas juste sur sa sortie qu'il a dilapidé ses chances c'est en y entrant et même en y pensant parce qu'il n'a jamais eu aucune chance d'incarner quoi que ce soit à la présidentielle

53:23
Présentateur

Vous êtes soulagé qu'il baisse dans les sondages là depuis sa sortie ?

53:25
Invité

Écoutez à longueur de plateau j'ai dit que Bruno Retailleau n'avait rien à faire dans ce gouvernement et ne représentait pas pour nous la politique que nous souhaitions suivre

53:32
Présentateur

Allez une autre dernière proposition il y a des sujets sur lesquels le RN doit davantage travailler pour espérer gagner la prochaine présidentielle Vrai ou faux ?

53:38
Invité

Oui bien sûr Lesquels ? Bien sûr Je pense qu'on n'est pas encore assez audibles en matière de santé de logement de culture il y a plein de sujets sur lesquels il faut qu'on ait plein d'autres nouvelles propositions on va pas décalquer le programme de 2022 donc on travaille

53:52
Présentateur

J'ai trois secondes pour une dernière pour la prochaine présidentielle le plan A du RN c'est donc Marine Le Pen plan B comme Bardella plan C comme Chenu vous avez déjà pensé ? Au secours Au secours Laissez-moi Jamais ? Vous dites jamais ? N'importe quoi Jamais ?

Non jamais Allez merci beaucoup d'avoir participé à cette émission Sébastien Chenu merci d'avoir répondu à nos questions politiques merci aussi à vous Brigitte Boucher Françoise Fresseuse de m'avoir accompagné merci aussi à tous ceux qui m'ont aidé à préparer cette émission je peux pas tous les citer Fabienne Lemoyle Alexandre Gillardi Philippe Corbet Elodie Forêt et Amoride Bauchet auditeurs, téléspectateurs je vous dis à la semaine prochaine et un salut amical évidemment à Alexandra Bensaïd qui profitait aujourd'hui d'un repos bien mérité bonne semaine à tous

54:29
Invité

et à Marisol Touraine

54:30
Présentateur

et à Marisol Touraine ça vous appartient qui est toujours vivante donc c'est pour ça c'est confirmé bonne semaine à tous et vive la politique d'un repos bien mérité

54:37
Locuteur

d'un repos en