France3 Interview de Violette Spillebout - 2 juin 2020
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
La politique à présent et c'est reparti pour un tour. Les candidats qui n'ont pas été élus le 15 mars entrent à nouveau en campagne. Bonsoir Hélène Tonnelier, merci d'avoir avec nous ce scrutin.
Et donc reprogrammé le 28 juin, alors combien de communes sont concernées Hélène ? Eh bien Céline, dans le Nord Pas-de-Calais, ce sont 247 communes qui doivent voter pour un second tour. Elles auront le choix entre plusieurs listes, entre 2 et 5 en théorie, mais en fait plutôt 4.
Alors petit rappel, toutes les listes qui ont obtenu plus de 10% au premier tour peuvent se maintenir, ce qui donne des situations de triangulaire ou de quadrangulaire, voire plus, mais évidemment, pour éviter que les voix ne s'éparpillent. Tout le monde essaie de faire des alliances, c'est le jeu des fusions qui a eu lieu jusqu'à ce soir. 18h, mais parfois les programmes sont incompatibles, les personnes irréconciliables, comme à Lille où la maire socialiste Martine Aubry n'a pas trouvé d'accord avec son ancien adjoint vert Stéphane Bally.
Ce sera donc une triangulaire avec Violette Spilboot. Une triangulaire qui s'annonce serrée, Hélène, et regardons justement ensemble les scores à l'issue du premier tour. La maire sortante avait récolté 29,8%, son concurrent écologiste 24,5%, alors que la candidate issue de la majorité présidentielle était loin derrière avec 17,5%.
Alors qu'est-ce qui va faire la différence dans les programmes ? Élément de réponse avec Laura Lévié, Jean-Bragvasco. Le divorce est consommé, sa liste est déposée, faute d'accord avec Martine Aubry, Stéphane Bally part seul.
Une première, alliée depuis 2001, aujourd'hui concurrent, les Verts-Lillois veulent affirmer leur différence. La méthode et le projet. La méthode, la co-construction, plutôt qu'un exercice finalement solitaire et autoritaire du pouvoir.
Le projet, le projet de partage de l'espace public, de respirer. On est dans une des villes de France les plus polluées. C'est le résultat de politiques menées depuis des décennies.
La question de la friche Saint-Sauveur, 2500 logements pour les uns, poumons verts pour les autres, a achevé de diviser socialistes et écolos purs et durs. Pour l'équipe de Martine Aubry, venue remettre sa liste en l'absence de la mère sortante, nul besoin de verts pour faire de l'écologie. Nous avons en tête, surtout au cœur, très accroché l'idée que l'écologie ne va pas sans le social.
Et que c'est donc deux piliers absolument indissociables des politiques que nous voulons mener, écologiques et sociales, parce que l'Inde n'a pas son nom. Le sujet qui revient, c'est celui évidemment de la capacité à loger les habitants dans cette ville, tout en offrant des conditions qui soient les bonnes. Et donc évidemment que ça fait partie des différences.
Mais le match se fera à trois et non à deux. La candidate macroniste a beau être loin derrière, au premier tour, elle est aussi préservée de ses querelles. Je pense aussi à la nature en ville.
Très clairement, il n'y a pas que le projet Saint-Sauveur pour lequel nous voulons un grand parc, mais il y a aussi dans tous les quartiers, recréer des espaces de nature propre, pouvoir près de chez soi, quand on sort de son domicile, avec ses enfants, paisiblement, en toute sécurité aussi, profiter de nos espaces verts qui se seront multipliés en ville. La transition écologique va-t-elle de pair avec une transition politique ? Est-elle au cœur des préoccupations des Lillois ?
Verdict le 28 juin, avec une triangulaire aussi inédite que périlleuse. C'est tendu à Lille. Hélène, on l'a bien vu.
Et où encore dans la région ? Sous-titrage Société Radio-Canada
Violette Spillebout