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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 11 mai 2026 22 min

Hantavirus : une Française rapatriée positive, quatre autres hospitalisés et 22 cas contacts, annonce Stéphanie Rist

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Et grand entretien consacré ce matin à l'antavirus qui rappelle des mauvais souvenirs au monde entier. C'est un virus animal transmissible à l'homme avec un taux de mortalité élevé. Un cluster sur un bateau de croisière nous l'a fait connaître. Pour autant, le risque de propagation est extrêmement faible, dit l'OMS, au diapason des infectiologues. Il faut qu'on en parle pour comprendre ce matin avec deux invités, Benjamin.

0:25
Stéphanie Rist

Bonjour Stéphanie Riste.

0:26
Présentateur

Bonjour Benjamin Duhamel.

0:27
Stéphanie Rist

Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter. Vous êtes donc ministre de la Santé et vous supervisez le retour en France hier. C'est ce que vous avez fait des cinq passagers français de la croisière. On en parlera dans un instant avec vous Arnaud Fontanet. Bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous, directeur de l'unité d'épidémiologie des maladies émergentes à l'Institut Pasteur. Vous étiez membre du conseil scientifique au moment de l'épidémie de Covid-19.

0:49
Présentateur

Alors pour commencer Stéphanie Riste, les cinq Français qui étaient à bord du bateau ont été rapatriés hier de Ténérife. Ils sont en quarantaine à l'heure où nous parlons à l'hôpital Bichat à Paris. L'un d'entre eux, je crois que c'est une femme, donc l'une d'entre eux a présenté des symptômes pendant le voyage de retour. Comment va-t-elle ce matin ? Oui, alors dans les cinq Français, une des personnes pendant le voyage en avion a eu des symptômes. Elle s'est malheureusement dégradée cette nuit et je peux dire ce matin que les tests sont revenus positifs à l'antavirus.

Donc il s'agit d'une patiente avec un antavirus qui est dans un endroit, un hôpital spécialisé en maladies infectieuses, avec toute une technique dans les chambres qui est très protectrice pour éviter évidemment que le virus se propage. Donc la France compte ce matin son premier cas positif d'antavirus ? Oui, je dois le dire très clairement. Cette personne était sur le bateau de croisière, elle est revenue hier, elle s'est dégradée dans la nuit et elle est positive à l'antavirus.

1:50
Stéphanie Rist

C'est très important ce que vous nous dites ce matin. Vous parlez d'un état qui s'est dégradé. Est-ce que ça veut dire que son pronostic vital est engagé pour cette femme qui est donc positive à l'antavirus ?

2:02
Présentateur

Ce qu'on sait parce que c'est un virus qui est connu, c'est que quand on se dégrade avec ce virus, on peut avoir un pronostic vital engagé. C'est peut-être le cas de cette personne. Quels sont ses symptômes ? Elle a des symptômes qui sont équivalents et qui peuvent ressembler à l'antavirus. Mais encore une fois, le diagnostic est confirmé par les tests PCR qui ont été réalisés chez cette personne. Mais ce qu'on comprend là, c'est que cette personne qui ressent de premiers symptômes hier dans l'avion entre Ténérife et Paris-le-Bourget, quelques heures plus tard, se trouve dans une situation critique. Ça, c'est un des effets connus de ce virus, Arnaud Fontanet ?

2:43
Invité

Alors cette évolution est plus rapide que ce que l'on observe habituellement. Il y a généralement ce qu'on appelle des prodromes sur trois jours à peu près, où les patients vont se plaindre d'une fièvre, de douleurs musculaires, ils vont avoir des troubles digestifs aussi. Et c'est effectivement après trois jours que des symptômes pulmonaires apparaissent et signalent donc l'aggravation. Donc là, on est sur une évolution plutôt rapide.

3:08
Stéphanie Rist

Stéphane Iris, il faut qu'on continue de parler très concrètement de ce qui va se passer en France. Cinq Français qui ont donc été rapatriés, une personne testée positive à l'antivirus dont l'État s'est dégradé dans la nuit. Qu'est-ce que vous pouvez nous dire des quatre autres Français qui sont à l'isolement ? Est-ce que les concernant, il n'y a pas pour l'instant de symptômes ?

3:27
Présentateur

Ils sont hospitalisés, je le redis, dans des chambres qui sont faites exprès avec des flux d'air qui permettent d'éviter la contamination, et des professionnels soignants que je salue et qui sont formés à prendre en charge des malades contagieux. Donc, ils sont évidemment isolés dans cet hôpital et resteront jusqu'à nouvel ordre dans cet hôpital.

3:50
Stéphanie Rist

Ils ont été testés à l'antivirus ?

3:52
Présentateur

Ils sont évidemment testés à l'antivirus, négatifs aujourd'hui, mais avec des contrôles qui vont se refaire. Est-ce qu'avec cette personne qui est malade parmi ces cinq Français, le protocole a changé ? Puisqu'au début, il était question de les garder à l'hôpital pendant 72 heures, puis de les renvoyer chez eux, où ils se seraient isolés eux-mêmes. Est-ce que le protocole a changé ? Est-ce que ça veut dire qu'on va garder ces gens plus longtemps à l'hôpital ? Ils sont à l'hôpital jusqu'à nouvel ordre. Nous avons besoin d'avoir des évolutions. Jusqu'à nouvel ordre, ça veut dire potentiellement au-delà des 72 heures prévues au départ. Au minimum 15 jours, je dirais, et nous réévaluerons.

Le décret pris par le Premier ministre hier soir nous permet de durcir ces isolements.

4:32
Stéphanie Rist

Un mot aussi, Stéphanie Iris, sur les cas contacts. Puisqu'on a appris ce matin, un certain nombre de médias, dont nos confrères de BFMTV, ont révélé qu'il y avait une vingtaine de cas contacts en France. Est-ce que là encore, vous pouvez nous préciser, non seulement le chiffre, combien précisément de cas contacts avez-vous identifié en France et les mesures qui sont prises là encore pour tenter de limiter au maximum le risque ?

4:53
Présentateur

Oui, il y a eu un vol le 25 avril, dans lequel il y avait huit Français, dans lequel la patiente a voyagé, qui est ensuite décédée après. Ces huit Français sont en isolement. Il y a un deuxième vol. Vous parlez d'un premier vol, Saint-Hélène-Johannesbourg. Exactement. Puis d'un second vol, Johannesburg-Amsterdam, c'est ça ? Oui, dans le deuxième vol, Johannesburg-Amsterdam, la patiente n'a pas fait le voyage. Et dans ce deuxième vol, il y a 14 Français qui ont été là aussi identifiés, qui ont reçu l'information et à qui, comme se l'est écrit dans le décret, nous demandons de se rapprocher aussi. Parce que ce décret va nous permettre de renforcer l'isolement de ces personnes.

5:40
Stéphanie Rist

Donc ça veut dire, Stéphanie Ries, 14 plus 8, ça veut dire 22 cas contacts ?

5:42
Présentateur

On a 22 cas contacts plus ou moins proches, mais cas contacts qui sont de ces vols. Ces gens, ils ont été prévenus quand ? Les huit Français, le premier vol, ont été mis en isolement rapidement il y a maintenant presque une semaine. Et le deuxième vol, nous avons envoyé des informations. Nous demandons aussi à ce qu'ils nous contactent, parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement. C'est ce que fait le décret qui a été pris. Vous n'avez pas encore eu de contact avec tous ces gens ? Tous ces gens ont eu l'information de se mettre en isolement, en auto-isolement. En auto-isolement, donc ça veut dire qu'eux ne sont pas soumis à l'hôpital.

6:23
Stéphanie Rist

Stéphanie Ries, on va, et avec évidemment Arnaud Fontanet, développer la façon dont on peut percevoir ce qui est en train de se passer et le risque qu'il peut y avoir. Mais pour ceux qui nous écoutent ce matin et qui écoutent le début de ce grand entretien, découvrent qu'il y a donc un premier cas positif à l'antavirus en France, que cette personne, cette malade est dans un état dégradé. Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui nous écoutent et qui sont inquiets ce matin et qui se disent que peut-être les paroles rassurantes que l'on a pu entendre sont peut-être quelque peu en décalage avec les nouvelles que vous nous donnez ce matin ?

6:57
Présentateur

Moi je suis là concentrée, je suis là en tant que ministre de la Santé pour informer. Ce qui est important, c'est d'agir tout au début. Et c'est là où on en est, c'est-à-dire de briser les chaînes de transmission du virus. C'est toute l'énergie et le travail qu'on fait avec le Premier ministre et notamment avec ce décret qui est sorti aujourd'hui qui va nous permettre de renforcer pour mettre les gens en quarantaine, les cas contacts en quarantaine pour éviter la transmission de ce virus. Alors il faut qu'on revienne sur ce qu'est cet antavirus des Andes. Avec vous Arnaud Fontanet, on rappelle qu'il a été identifié en 1995, c'est ça ce virus.

Nous, on ne le connaissait pas objectivement jusqu'à présent. Pourriez-vous en quelques phrases nous faire un portrait robot de cet antavirus et nous expliquer pourquoi malgré sa létalité qui est assez importante, il ne vous inquiète pas comme le Covid a pu vous inquiéter ?

7:52
Invité

Alors c'est un antavirus effectivement dont les premières descriptions datent de 1996. Il y a eu cinq clusters qui ont été publiés dans la presse scientifiques et qui nous permettent de comprendre les modalités de transmission. Il faut savoir qu'il y a chaque année entre 50 et 100 cas de cet antavirus en Argentine par exemple. Donc c'est quelque chose qui survient de façon très régulière. Simplement comme le rongeur qui est responsable de ce... qui est le réservoir de cet antavirus vit en zone rurale. Les cas auxquels on est confronté en Argentine et au Chili sont plutôt dans ces zones assez reculées. Et ça explique en partie pourquoi est-ce qu'il n'y a pas eu des clusters plus importants.

Alors il y a eu des circonstances qui nous ont permis d'étudier quand même sa transmission. Il y a eu notamment un article publié en 2018 qui raconte un anniversaire où il y avait 100 personnes et où un patient était présent. Ce qui est intéressant de noter dans cet article, c'est que les cinq personnes qui ont été infectées étaient celles qui étaient assises à côté du malade. Donc on voit bien que la transmission se fait de façon ce qu'on appelle rapprochée et d'une façon générale.

8:55
Stéphanie Rist

Il faut expliquer à Arnaud Fontaine, c'est-à-dire que là où le Covid, la transmission se faisait notamment par ce qu'on appelle les aérosols, là c'est plutôt par gouttelettes, c'est-à-dire que c'est beaucoup moins contagieux que ne l'était le Covid.

9:07
Invité

En tout cas, ce que l'on sait de ces études, c'est que ce sont des personnes qui étaient assises à côté et qui ont été infectées, ce sont les conjoints, ce sont les personnels soignants. Donc on voit quand même qu'on est sur des contacts qu'on appelle proches et répétés. Et ça, c'est un premier élément qui est important. Le deuxième élément qui est important, c'est que les personnes qui ont transmis la maladie étaient symptomatiques au moment où elles étaient contagieuses. Et ça veut dire aussi que si on arrive à identifier très rapidement les personnes symptomatiques et à les isoler, isolement et quarantaine des contacts vont permettre de stopper les chaînes de transmission.

Rappelez-vous qu'avec la Covid, on pouvait être contagieux avant le début des symptômes et du coup l'isolement et la mise en quarantaine des contacts étaient beaucoup moins efficaces. Donc ça, c'est deux éléments qui sont plutôt favorables en termes de risque de dissémination. Les éléments en revanche péjoratifs, c'est ce taux de létalité extrêmement élevé. C'est-à-dire ? Entre 30 et 50% des personnes infectées décèdent. Donc comme vous le voyez, c'est une maladie qui malheureusement tue beaucoup. Et ici, c'est le contexte. Ce virus est arrivé dans un bateau de croisière, ce qui est très inhabituel.

Je vous rappelle que les cas constatés en Argentine ou en Chili, c'était plutôt dans des zones rurales assez reculées. Et dans ce bateau de croisière, vous aviez une centaine de passagers, 23 nationalités et tout le casse-tête d'aujourd'hui qui est de retracer le parcours de toutes ces personnes qui sont reparties plus ou moins dans leurs pays respectifs. Et il faut savoir par quels moyens ils sont repartis, avec qui ils étaient en contact. Et tout le travail qui est fait avec les Français qui viennent vous être décrits en retraçant les avions qui ont pu être, par exemple, partagés avec des patients et le suivi de ces contacts, les autres pays le font.

Et c'est ce travail-là qui va être très important.

10:44
Stéphanie Rist

Juste un mot à tous les deux sur la question de la létalité. Par rapport à ce que vous venez de nous annoncer, Stéphanie Risse, sur le fait qu'une Française avait vu son état se dégrader très nettement. Est-ce que c'est une personne qui avait des comorbidités, des prédispositions à se retrouver en risque face à un virus ? Ou est-ce qu'au fond, selon qu'on est septuagénaire ou trentenaire, on est en quelque sorte à égalité face à ce virus, Stéphanie Risse ?

11:09
Présentateur

Les études, mais sous le contrôle d'Arnaud Fontanet, montrent qu'avec ce virus, il ne ressort pas de prédispositions par rapport à des comorbidités. Mais je laisserai cette confirmation.

11:20
Stéphanie Rist

Mais donc, simplement, dans le cas d'espèce de la Française dont l'état s'est dégradé cette nuit, il n'y avait pas de prédisposition particulière à un risque face à un virus ?

11:29
Présentateur

Alors, je n'ai pas les détails de ce cas particulier, évidemment. Et si je les avais, il s'agit d'un secret médical. Ce que je peux dire aujourd'hui, c'est que cette personne est testée positive à l'antavirus et que son état s'est dégradé dans la nuit.

11:42
Invité

Ce que je pourrais rajouter, c'est que sur un bateau de croisière, vous avez souvent des personnes qui sont un peu plus âgées. Donc, ça explique aussi l'âge moyen des personnes qui ont été infectées. Et on a vu, il y a eu déjà trois décès dans les débuts de cette épidémie. Maintenant, pour les personnes qui travaillent, et notamment j'en discutais avec nos collègues de l'Institut Pasteur de Guyane, qui ont le centre de référence des antivirus pour l'Amérique latine et qui connaissent très bien cette pathologie, ils voient aussi des sujets jeunes qui peuvent faire des formes graves.

Donc, tout le monde est à risque de formes graves, même si on peut imaginer que l'âge et les comorbidités puissent être des facteurs aggravants. Le point que je voulais signaler quand même, par rapport à ce qui nous arrive aujourd'hui, c'est qu'au-delà de la complexité de devoir suivre des personnes qui, comme je le disais, se sont maintenant réparties dans les 23 pays dont ils sont originaires, il y a aussi la durée d'incubation qui est longue. En moyenne, il faut deux à trois semaines entre le moment où vous avez été en contact et le moment où vous développez des symptômes. Ça peut aller jusqu'à six semaines.

Et quand on regarde l'évolution des clusters qui ont été publiés en Argentine ou au Chili, c'est des histoires qui durent sur trois mois avec quatre chaînes de transmission.

Et même si on n'est pas inquiet au même sens qu'on a pu l'être pour la Covid parce que la contagiosité est plus faible et que surtout les moyens isolement des cas et quarantaine des contacts permettent de contrôler cette épidémie, il faut quand même s'attendre à ce que l'on puisse voir dans les semaines à venir des cas isolés apparaître parce que ce suivi des contacts sur l'ensemble de la planète va être très fastidieux à mener et doit être fait de façon extrêmement rigoureuse comme cela a été expliqué pour les sujets français.

13:19
Présentateur

Alors ce qu'on comprend, c'est que ce cluster, enfin en tout cas cette épidémie sur un bateau, c'est un cas d'école qui ne ressemble pas à ce qui a été étudié jusqu'ici dans ces clusters sud-américains. Ce qu'il faut que vous nous disiez, c'est combien une personne malade peut-elle contaminer d'autres personnes, d'une part. Et d'autre part, est-ce que, comme Antoine Flau, épidémiologiste aussi dans le Parisien, le dit dans le Parisien ce matin, vous pensez comme lui que ce virus est aussi grave qu'Ebola ?

13:51
Invité

Alors, je n'irai pas faire des comparaisons avec Ebola parce que les modes de transmission sont différents. La létalité d'Ebola est extrêmement élevée, plutôt de l'ordre de 80%. Je pense que les contextes sont différents. Mais par rapport à votre première question, qui est de savoir quel est le nombre de reproductions, le nombre de cas secondaires par personne infectée, tout dépend du contexte dans lequel vous vous trouvez.

Ici encore, le bateau de croisière, ce sont des espaces confinés, et on peut expliquer qu'au début, il y a eu, on voit la chronologie, il y a un premier patient qui a ses symptômes le 6 avril, c'est celui qui est décédé le 11 avril, et on voit apparaître, 15 jours plus tard, 3 cas. Donc ça, c'est effectivement la durée d'incubation de 15 jours, 3 personnes qui ont été infectées, ça vous donne un peu une idée, c'est des chiffres moyens, mais ce qui est très important, c'est qu'avec des mesures d'isolement des cas, dès qu'ils sont symptomatiques, on arrive à casser cette chaîne de transmission. Et c'est ça qui va changer la donne.

Ce qui est très important dans cette aventure, et c'est aussi un point que je voulais signaler, c'est le rôle que l'OMS est en train de jouer. Parce que le 2 mai, un ressortisant britannique a été diagnostiqué, et le Royaume-Uni a immédiatement, selon le règlement sanitaire international, prévenu l'OMS. Et c'est en prévenant l'OMS qu'ils ont permis d'avoir une action concertée qui concerne l'ensemble des pays touchés. Et c'est un moment où quand même l'OMS s'est très critiquée, on a vu les Etats-Unis qui ont choisi de quitter l'OMS, l'Argentine aussi.

Il est intéressant de voir comment l'OMS a permis une coordination qui était nécessaire par rapport à une épidémie qui peut toucher l'ensemble de la planète. Et le rôle de ces organisations internationales reste très important.

15:23
Présentateur

Ça veut dire que l'OMS continue à fonctionner correctement, malgré le départ des Etats-Unis, qui est quand même la première puissance scientifique du monde.

15:31
Invité

Et je trouve que c'est important, et vous avez vu d'ailleurs que le directeur général de l'OMS était hier au Canary pour bien marquer le coup.

15:36
Stéphanie Rist

Stéphanie Rist, il faut effectivement reprendre les mots prononcés par le patron de l'OMS à Tenerife, qui dit qu'il ne s'agit pas d'un nouveau Covid, le risque actuel pour la santé publique reste faible. Et on voit bien ce matin les différences significatives qui peuvent exister entre l'antavirus et le Covid-19. Pour autant, qu'est-ce que vous dites à ce matin, ceux qui se disent ? De la même manière, au tout début du Covid-19, on entendait des discours d'autorité, des discours gouvernementaux, des discours de médecins qui expliquaient qu'il n'y avait pas tant à s'inquiéter que cela. La différence fondamentale, c'est quoi ?

C'est que l'antavirus, on le connaît, là où le Covid-19, au début, on ne connaissait pas ce virus ?

16:13
Présentateur

Il y a deux différences, mais il y a une différence qui est effectivement que ce virus est connu. La deuxième différence, c'est comme cela vient d'être dit, il y a eu une coordination internationale très très précoce par rapport à ce qu'on avait pu connaître.

16:26
Stéphanie Rist

C'est-à-dire qu'on a tiré les leçons de ce qui s'était passé pendant le Covid ?

16:28
Présentateur

Je crois que là, on est vraiment au moment où il faut briser cette chaîne de transmission. Ce virus connu, comme cela a été dit, on sait aussi que si on arrive à mettre les gens en quarantaine, en isolement, on peut briser cette chaîne de transmission. C'est là tout l'enjeu des jours. Il faut prendre les mesures dès le début, c'est ce que nous faisons là.

16:46
Stéphanie Rist

Et en même temps, Arnaud Fontanet, démarche peut-être d'humilité, non seulement des gouvernants, mais aussi des médecins comme vous. Est-ce qu'on est si sûr de tout savoir sur cet antavirus, puisqu'il y a encore un certain nombre de zones de flou, on en a évoqué quelques-unes, sur la durée d'incubation, sur le fait de savoir s'y avoir des comorbidités vous met plus en risque ou pas ? Est-ce qu'on en sait au final tant que cela ? Le principe d'un virus, c'est qu'il mute. Ce n'est pas parce qu'on a pu étudier à la fin des années 2010 en Argentine un cluster que pour autant, on peut tout à fait anticiper la façon dont ce virus va évoluer.

17:18
Invité

Notre travail de chercheur, de toute façon, c'est de se remettre en question en permanence et justement d'utiliser des épisodes comme celui-là pour challenger tout le savoir qu'on a. Donc, il y a effectivement un travail scientifique très important qui va être fait sur cette épidémie pour comprendre et vérifier ce que l'on savait, mais également apprendre des nouveaux éléments qui vont être mis à notre disposition. Et je pense qu'effectivement, on doit rester toujours très humble dans ce type de situation. Les gens ont néanmoins besoin d'avoir des perspectives.

Ce que l'on peut vous dire aujourd'hui, et c'est le sentiment quand même qu'on a, c'est que c'est une histoire qui ne va pas nous amener vers un nouvel épisode comme la Covid. Je vous le disais, une fois de plus, il y a encore quand même chaque année 50 à 100 cas de ce tata virus en Argentine. Le virus lui-même a déjà été séquencé. Les Suisses ont publié la séquence. Il est très proche de celui qu'on connaît du réservoir animal. Donc, les questions de mutations, etc., sont suivies très près et on va évidemment regarder l'évolution du virus.

En revanche, il faut s'attendre à qu'on ait tout de même une épidémie qui va aller dans la durée parce que cette très longue durée d'incubation qui peut aller jusqu'à six semaines fait qu'on n'est pas à l'abri vu l'ensemble des cas qui ont été disséminés à l'échelle de la planète de voir ressortir ce virus à des endroits improbables et c'est ce suivi qui va être très important et qui va permettre d'éteindre tous les foyers et seulement dans quelques semaines pourra-t-on dire, espérons-le, que l'ensemble des foyers a été éteint.

18:50
Présentateur

Alors justement, on a appris ce matin qu'un passager américain du bateau était également positif à l'antavirus. Il est rentré dans son pays et beaucoup de spécialistes Arnaud Fontanet se sont étonnés de l'absence des Américains et notamment des centres de prévention et de lutte contre les maladies, les CDC aux Etats-Unis qui ont été particulièrement discrets et absents depuis le début de cette crise. Vous l'avez observé vous aussi ce silence, cette discrétion des Américains ?

19:21
Invité

Oui, tout à fait. Dans une crise pareille, habituellement, le CDC d'Atlanta, qui est un grand organisme de surveillance des maladies infectieuses pour les Etats-Unis mais également à l'échelle de la planète, était très présent aux côtés de l'OMS dans le suivi et là, on les a très peu entendus. C'est le fait des coupes budgétaires qui ont été décidées par le gouvernement américain et 20% du staff du CDC d'Atlanta a été limogé. Les personnes qui étaient en charge justement, notamment de tous ces sujets bateaux de croisière, etc., ont été limogés donc on en paye les conséquences.

J'espère qu'ils vont réaliser à la faveur de cette épidémie à quel point ce type de suivi est important et prendre les mesures qu'il faut. Parce que potentiellement,

20:05
Présentateur

ça peut être problématique dans les mois, les années à venir pour le fonctionnement de l'OMS et pour la collaboration scientifique internationale ?

20:13
Invité

Ça peut tout à fait l'être. Alors vous savez que les Etats-Unis ont demandé leur retrait. Il faut un an pour que ce soit acté. Bon, on va voir ce qu'il faut se passer.

20:22
Stéphanie Rist

Pour terminer, Stéphanie Ries, deux points très concrets là encore qui résonnent avec des interrogations d'auditeurs. D'abord, sur les stocks de masques à la fois chirurgicaux mais aussi les masques FFP2 qui protègent la personne qui est en face de quelqu'un potentiellement contaminé. Est-ce que, du point de vue des stocks, la France est prête à faire face s'il y avait des besoins importants, massifs, en termes de masques chirurgicaux et de masques FFP2 ?

20:45
Présentateur

Oui, la réponse est oui en termes de masques, en termes de tests, tests PCR notamment, en termes aussi de médicaments d'usage symptomatique. Donc vous pouvez nous dire

20:54
Stéphanie Rist

par exemple à combien s'élèvent les stocks de masques chirurgicaux et de masques FFP2 ?

20:59
Présentateur

J'ai évidemment demandé un état des lieux qui permet de confirmer que nous en avons assez.

21:04
Stéphanie Rist

Confirmer, c'est-à-dire confirmer qu'il y en a assez ? C'est-à-dire que vous savez qu'il y en a assez ?

21:09
Présentateur

L'organisation, vous savez, depuis le Covid a permis à faire en sorte que nous avons assez de stocks de masques, de stocks de tests et de permettre aussi des médicaments

21:18
Stéphanie Rist

nécessaires. Et encore un point qui est la question de Christian sur l'application qui demande s'il y a un traitement pour ce virus Stéphanie Riste. Est-ce que, là encore, il y a des recherches qui vont peut-être recommencer pour un éventuel vaccin ? Qu'est-ce que vous pouvez nous dire ce matin ?

21:34
Présentateur

Alors, il n'y a pas de médicaments à ce jour recommandés pour ce virus. Il y a des études très débutantes de vaccination qui sont dans les études de tout début.

21:46
Invité

Je voudrais juste signaler à ce propos qu'il y a cet après-midi avec l'ANRS et milieu une réunion qui est l'agence française qui finance les recherches sur les maladies infectieuses émergentes, une réunion de tous les acteurs français auxquels participera évidemment l'Institut Pasteur mais aussi tous nos collègues, notamment sur les thématiques de traitement et vaccins pour faire un état des lieux d'où nous en sommes pour répondre à des crises de ce type.

22:09
Présentateur

Et j'ajoute que le Premier ministre tiendra cet après-midi une nouvelle réunion au sujet de cet antavirus. Merci beaucoup Stéphanie Risse et Arnaud Fontanet d'avoir été au micro de France Inter ce matin.

Hantavirus : une Française rapatriée positive, quatre autres hospitalisés et 22 cas contacts, annonce Stéphanie Rist — Stéphanie Rist · Pourquijevote