Questions de confiance : Jusqu'où va la laïcité de Fabien Roussel ? - 07/04
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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Fabien Roussel. Bonjour Apolline de Malher.
Merci de répondre à mes questions de confiance ce matin sur RMC et BFM TV. Vous êtes le candidat du Parti communiste, c'est votre première candidature à l'élection présidentielle. Et d'ailleurs, les deux dernières n'avaient pas eu de candidature officielle du Parti communiste, puisque le Parti communiste s'était rangé derrière ou avec Jean-Luc Mélenchon. Cette fois-ci, c'est deux candidatures distinctes. Vous avez axé beaucoup votre programme sur des mots qu'on retrouve régulièrement dans votre vocabulaire. Le mot de plaisir, le mot de bonheur, le mot de bonne bouffe. Une gauche décomplexée, dites-vous. Une gauche qui ne fait pas culpabiliser.
On va évidemment essayer de développer ensemble et de voir quelles sont les promesses que vous faites aux Français et si on peut vous faire confiance. Je veux incarner cette gauche qui rend hommage aux victimes de Charlie Hebdo, qui défend le droit à la sécurité, qui défend le mix énergétique, l'alimentation saine et nos agriculteurs. Voilà comment vous avez résumé votre campagne et votre candidature. Je voudrais qu'on commence par cette information aujourd'hui. La famille de Samuel Paty a décidé de porter plainte contre l'État. Sa mort aurait pu être évitée. Il a été sacrifié. Voilà ce que dit sa famille. Est-ce que vous le pensez aussi ?
Je partage en tout cas le souhait de la famille d'avoir des explications, de comprendre et de savoir si ce drame, cet horrible drame, aurait pu être évité. Parce que ne pas avoir de réponse aux questions qu'il pose, c'est ajouter de la douleur à de la douleur. Alors, il y a eu des alertes. La plateforme Pharos avait été saisie. Pourquoi il n'y a pas eu derrière de protection de l'enseignant ? Pourquoi la DGSI n'a pas mené plus loin son enquête ? Ils ont vu qu'un fichet S, un islamiste radicalisé, avait relayé sur les réseaux l'appel qui avait été fait devant le collège. Bref, il y avait des signes. Ce professeur a été décapité car il a été accusé d'islamophobie.
Parce qu'il a enseigné la liberté d'expression, le droit à la caricature qui est propre à notre pays, à notre république. Donc, jamais, jamais, nous n'aurions pu imaginer ça. Jamais, ça ne doit arriver. Jamais, ça ne devrait arriver. Et donc, oui, il faut comprendre. Aller jusqu'au bout pour que ça ne se reproduise jamais.
L'État a failli pendant ces dix jours où, effectivement, il y a eu des signalements, où Samuel Paty lui-même a dit sa crainte, a dit son angoisse, et où, finalement, en effet, aucune protection n'a été mise en place.
Mais c'est à la justice d'établir les faits, savoir si l'État a failli ou pas. Et je respecte trop le travail de la justice pour anticiper là-dessus. En tout cas, nous en avons débattu après ce drame, notamment dans le cadre de la loi séparatisme. Nous avons, nous, mon groupe à l'Assemblée nationale, et les sénateurs et sénatrices communistes au Sénat, nous avons soutenu ces amendements, ces articles qui visaient à protéger les enseignants, à faire en sorte que ce soit la hiérarchie qui prenne l'initiative de protéger leurs enseignants. On ne doit pas reculer sur la liberté d'expression. On ne doit pas reculer sur ces valeurs que nous enseignons à nos enfants. Sinon, c'est eux qui gagnent.
Est-ce que c'est sur les questions de laïcité que vous êtes le plus distinct de la candidature d'un Jean-Luc Mélenchon, par exemple ?
Ça fait partie des sujets sur lesquels je me suis exprimé clairement. Ma main ne tremble pas là-dessus. Les propositions, les expressions que j'ai eues sont claires. C'est une des raisons pour lesquelles j'ai souhaité rendre hommage aux journalistes de Charlie Hebdo, qui étaient toutes et tous des hommes, des femmes progressistes, sincèrement engagés pour l'égalité, la fraternité humaine. Ils ont été tués, tués sauvagement par un islamisme radical qui ne supporte pas la liberté de création, la liberté d'expression. Et moi, je ne veux pas mettre d'adverbe ou d'adjectif derrière. C'est la liberté de création, la liberté d'expression, toute et entière.
Ce n'est pas la liberté. Mais sur les questions de laïcité, elle va jusqu'où, votre laïcité ? Est-ce qu'elle va jusqu'à l'idée d'interdire le voile dans l'espace public, par exemple ?
Mais il y a des lois aujourd'hui qui existent, qui sont mises en œuvre. Ne les touchons pas. À chaque fois, c'est rouvrir la boîte de Pandore et rallumer encore des débats. Donc il y a ce qu'il faut. Mais oui, aujourd'hui, ce n'est pas ça qui est rempli le frigo des Français. On a des questions de pouvoir d'achat de vie chère.
C'est étrange que ce soit vous qui disiez ça. Vous faites de la laïcité un combat et en même temps vous dites que ce n'est pas si agréable, que ce n'est pas si important.
L'important, c'est ce qu'il y a dans le frigo. Vous voyez bien qu'aujourd'hui, rouvrir le débat sur le voile, alors que ce qui nous préoccupe, ce n'est pas ce qu'on a sur la tête, c'est ce qu'on a dans le ventre et si on peut manger quand même. Et l'enseignement, ce qu'on a dans la tête aussi.
Vous avez parlé beaucoup de ce qu'on peut manger ou ne pas manger. On va revenir sur ces questions de pouvoir d'achat. Mais sur les questions quand même de sécurité, un mot encore de défense et d'Ukraine. Vous voulez toujours sortir de l'OTAN ?
C'est une proposition que nous formulons et nous voyons bien que quand il y aura la paix, ce que je souhaite le plus ardemment possible, il faudra jeter les bases d'une nouvelle organisation, une nouvelle coopération avec les 50 pays membres de ce continent européen. Nous vivons tous ensemble ici.
Vous le mettez juste où le continent européen ?
De l'Atlantique à l'Oural, comme disait le général. Mais parce que nous formons un continent, nous vivons ensemble. Je fais la différence entre la Russie, le peuple russe et Poutine. Il n'est pas éternel, heureusement. Et donc, nous vivons ensemble sur ce continent.
Donc pour vous, il faudrait une grande alliance tous ensemble sans les Etats-Unis ?
Le traité de Paris de 1990, qui avait permis de jeter les bases avec ces 50 Etats, en pleine guerre froide d'ailleurs, avait prévu des mécanismes pour régler nos désaccords et nos différends sans utiliser l'arme. Eh bien, nous devons pousser ce débat et aller jusque-là. Alors, aujourd'hui, je le dis, ce n'est pas l'ordre du jour de sortir de l'OTAN. Ce n'est pas le sujet. Il y a une guerre qui se passe ici, à quelques heures de vol de Paris. Donc on doit mettre tous les moyens en œuvre pour obtenir un cessez-le-feu, pour obtenir un accord de paix, pour contraindre Poutine à reculer. Voilà, c'est ça qu'il faut faire. C'est tous les efforts. D'ailleurs, je m'étonne...
Donc vous soutenez les sanctions ?
Mais il n'y en a pas assez. Il a réuni autour de lui 37 oligarques russes pour les prévenir qu'il allait faire la guerre. Parmi ces 37, aujourd'hui, seuls 13 ont été sanctionnés par l'Union Européenne. Seulement 13, parce qu'il y a des pays de l'Union Européenne qui ne sont pas pour sanctionner tous ces oligarques. Moi, président de la République, je m'engage. Je m'engage à ce que cette liste des 37, elle soit connue, et à ce qu'ils soient sanctionnés. Tous, et la France prendra des sanctions à l'encontre des Français.
Avec gel, voire même confiscation.
Gel et confiscation. Et puis, il y a ces passeports européens, accordés à des riches russes. Le droit européen le permet...
Un portugais, par exemple, dont on découvre qu'on peut l'acheter, en quelque sorte, pour avoir une nationalité européenne.
Ou le passeport chypriote. Pour 2 millions d'euros, un riche, un oligarque russe, peut s'acheter la citoyenneté chypriote, et donc la citoyenneté européenne, pour 2 millions d'euros, en investissant dans des banques qui font l'opacité totale, totale sur l'argent qui est planqué là-dedans, et on laisse faire. Alors, oui, nous avons des leviers supplémentaires pour taper dans leur porte-monnaie à eux, et éviter de taper dans le nôtre de porte-monnaie. C'est aussi ça, les sanctions économiques. C'est de taper ceux qui sont à l'origine de cette guerre, cette oligarchie, cette minorité autour de Poutine, plutôt que d'aller faire mal dans le porte-monnaie des Français et des Européens.
Fabien Roussel, vous disiez, on sort de l'OTAN dans l'absolu, pas maintenant, on a bien compris, mais on redessine cette alliance, on la redessine, du coup, ici, sans les Américains, et en plus, on n'utilise plus l'arme nucléaire ?
La question de l'arme nucléaire... Là, est-ce que vous n'allez pas quand même un tout petit peu nous mettre nus ? Non, non, non, non, non, non, non, je n'ai jamais dit ça, d'ailleurs. Alors, précisez les choses. Notre combat international, de l'ensemble des pays, d'ailleurs détenteurs de l'arme nucléaire, c'est de faire ensemble, de se mettre tous ensemble autour d'une table, et de décider ensemble, multilatéralement, de désarmer la planète. Nous devons faire les choix ensemble. Ensemble, il y a déjà eu...
Vous croyez vraiment que les autres vont dire « Ok, allez, on va lâcher, on a l'arme atomique, mais vous avez raison, allez, on dépose les armes. »
Mais je préfère être un président de la République qui, demain, met ce sujet-là à l'ordre du jour, plutôt que d'être un président de la République qui dit « Allez, open bar, on continue à investir tous ensemble dans cette poudrière sur laquelle nous vivons. » On parle du défi climatique, on parle de l'enjeu de cette planète qui est en train de brûler, mais en quelques secondes, elle peut être effacée par l'arme nucléaire. Alors, oui, un traité international de non-prolifération des armes nucléaires est à l'ordre du jour. Donc, si je comprends bien, vous ne dites pas que nous, Français,
on renonce à l'arme nucléaire, vous dites qu'on n'y renonce que si tout le monde y renonce.
Nous n'avons jamais dit ça, et ça n'a jamais été dans notre histoire notre position.
Les choses sont donc très claires. Le parquet national financier Fabien Roussel a ouvert le 31 mars dernier une enquête préliminaire pour blanchiment aggravé de fraude fiscale après les accusations de la commission d'enquête du Sénat, notamment sous l'égide d'une sénatrice communiste, sur l'influence des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques. Est-ce que vous êtes satisfait de l'ouverture de cette enquête ?
Mais enfin, enfin, cette fraude fiscale qui coûte 100 milliards d'euros au budget de la nation, au budget de la France, est mise à l'ordre du jour de cette élection présidentielle. Comme vous l'avez souligné, grâce au groupe communiste républicain et citoyen du Sénat, il y a un assassin, sa présidente, puisque ce sont eux, c'est elle, qui a décidé de mener une commission d'enquête sur ce sujet des cabinets de conseil. Ce qui est scandaleux, c'est qu'un gouvernement avec notre argent, l'argent public, décide de donner, de faire des commandes publiques à un cabinet dont ils savent pertinemment que le siège social se trouve dans un paradis fiscal. Le Delaware. Le Delaware.
où il y a, je le précise pour vos téléspectateurs, 900 000 habitants dans cet État américain, mais il y a 1 100 000 entreprises enregistrées. C'est un truc de dingue. Il y a 900 000 habitants et 1 100 000 entreprises. Autant vous dire que c'est des boîtes à l'aide.
Oui, mais enfin, ce n'est pas nous qui allons décider des lois américaines.
Non, mais ils produisent que dalle. Je suis bien d'accord. Ce que je veux dire simplement,
c'est que ça, ça concerne les Américains. Ce qui nous concerne, nous...
Oui, mais nous, Français, enfin, moi, Président de la République, jamais, jamais, je passerai des commandes publiques avec des entreprises dont je sais que le siège social se trouve dans un paradis fiscal. C'est bien la raison pour laquelle j'ai déposé un texte de loi établissant une véritable liste des paradis fiscaux qui existent dans le monde.
Et avoir une telle liste des paradis fiscaux dans le monde, c'est la possibilité de dire que dans les appels d'offres, dans les commandes, dans les marchés publics, eh bien, il ne peut pas y avoir de marché public confié à des entreprises dont le siège est dans un paradis fiscal, dont le siège est dans un pays qui fait de la pratique fiscale dommageable, comme il le dit dans le jargon.
Dans ces cabinets de conseil, il y a évidemment McKinsey qui est très symptomatique et qui est devenu presque le symbole, mais il y a aussi des cabinets qui sont des cabinets français. Il y a des cabinets européens, il y a Capgemini, il y a le cabinet français Roland Berger, dont on apprend aujourd'hui qu'il a touché 425 000 euros pour travailler en parallèle de la commission Boris Cyrulnik sur les 1000 premiers jours de l'enfant. Est-ce que ça, vous pourrez le contrer autrement ? Là, pour le coup, il n'y a pas de paradis fiscal. Ce sont des cabinets français.
Là, moi, je vous parle de fraude fiscale. Je vous parle de cabinets, d'entreprises. Mais il n'y a pas que les cabinets qu'on sait, il n'y a pas que les McKinsey. Il y en a d'autres. Enfin, Amazon, Google, Facebook, Apple, on sait qu'ils ont leur siège dans des paradis fiscaux. Renault et Peugeot, Stellantis aujourd'hui, deux fleurons de notre industrie nationale, dont nous sommes si fiers. Ces deux groupes ont décidé de mettre leur siège aux Pays-Bas. Peugeot l'a fait il y a deux ans et Renault l'a fait à l'époque de Carlos Ghosn. Vous savez, celui qui se déplace en malle. Ils ont mis leur siège aux Pays-Bas. Pourquoi ils font ça ?
Mais parce que là-bas, ils bénéficient des taxes rolling, c'est-à-dire qu'ils négocient les impôts sur leurs bénéfices. Ça s'appelle le sandwich hollandais. C'est deux tartines. D'un côté, on négocie son impôt. De l'autre, ça ne se sait pas. C'est l'opacité. C'est connu. C'est connu. C'est nos entreprises. L'État est actionnaire. Donc vous, vous imposeriez aux entreprises
dans lesquelles l'État a une participation
d'avoir leur siège en France ? Moi, je veux récupérer l'argent. Je veux récupérer cet argent. Ces salariés de Renault et de Peugeot. Je pense que ceux dont l'emploi est menacé à la SAM, dans l'Aveyron, à l'offenderie du Poitou, aujourd'hui sont sous le coup d'une menace sur leur propre emploi. Et la maison, le donneur d'ordre, fait de l'optimisation fiscale. Moi, ça me fout les tripes en l'air.
Je vais vous dire franchement, madame Apolline de Malherbe, quand j'entends ces salariés se battre pour leur emploi, quand je dis qu'on doit se battre pour notre industrie, quand j'en entends dire l'industrie, l'industrie, mais qu'il a ses pratiques d'optimisation fiscale, oui, ça me fout les tripes en l'air. Mais je vais vous dire autre chose. Quand hier, je vais sur le marché de Gentilly et que je rencontre des retraités, m'expliquez qu'au mois de mars, ils ont vu leur retraite baisser. La retraite d'une partie de nos retraités a baissé parce qu'ils ont vu leur taux de CSG augmenter. Emmanuel Macron a dit, sans les prendre compte, et rien d'exer, ses pensions...
Oui, parce que les taux de CSG sont passés d'une tranche à une autre. Ceux qui n'en payaient pas, en payent aujourd'hui. Ils perdent 10, 15, 20 euros par mois quand les factures s'envolent. Et on me dit, mais ce n'est pas possible d'augmenter, ça coûte cher. Moi, je veux supprimer, je vous l'annonce, le taux de CSG sur les retraités pour que toutes les retraites augmentent. Toutes les retraites augmentent.
Vous supprimez la CSG sur toutes les retraites.
Les deux premiers taux de CSG, on va commencer par ceux-là, à 3 et à 6%, en dessous de 2 000 euros nets par mois. Nous les supprimons. Ça coûte, c'est un investissement, de 10 milliards d'euros de pouvoir d'achat que nous rendons aux retraités. Comment vous allez financer la sécurité sociale de l'autre côté ? Vous savez ce que c'est, 10 milliards d'euros ? C'est 10% de l'évasion fiscale.
Qui nous manque à notre prix. Vous allez avoir besoin de sa crème en dessous. Parce que, j'ai fait le calcul, vous voulez recruter 500 000 fonctionnaires, sur 5 ans, 90 000 profs, 30 000 policiers, 300 000 infirmiers et infirmières en EHPAD, 100 000 aides à domicile. Ça fait quand même beaucoup de monde à trouver et à payer.
Mais je vous interroge, vous ne pensez pas ? Vous faites des reportages tous les jours là-dessus. Vous ne pensez pas qu'il en manque des aides à domicile ? Vous ne pensez pas qu'il en manque des soignants ? Vous ne pensez pas qu'il manque justement des contrôleurs fiscaux ?
Mais il en manque aussi parce qu'on a du mal à les recruter aujourd'hui.
Arrêtez, dites-moi pas qu'on a du mal à recruter. Quand on est mal payé, mal considéré, on a du mal à recruter. Mais quand on dit justement que l'essentiel dans notre pays, ce sont tous ces métiers. Quand je dis moi, pour reconstruire la France des jours heureux, nous avons besoin de salariés heureux, épanouis, bien payés, bien considérés, pas épuisés. À qui on ne dit pas baissez votre chauffage, à qui on ne dit pas vous n'aurez plus le droit d'utiliser votre voiture, à qui on ne dit pas la viande c'est terminé, tout ça. Tout ce qu'on leur fait tomber dessus, enfin ce qu'on leur fait tomber dessus. C'est le GIEC qui en a en l'occurrence. Non, non, non, non, non, non, non, non, non, non.
Le GIEC, il dit investissez dans les énergies renouvelables et dans le nucléaire pour pouvoir tenir vos objectifs climatiques. Alors il ne parle pas du nucléaire,
mais en effet, il ne condamne pas le nucléaire,
mais il n'en parle pas. Il dit sortez des énergies fossiles. Vous prenez ce qui vous arrange quand même. Non, je dis sortez des énergies fossiles. On ne sort pas des énergies fossiles, on ne se prive pas du charbon et du pétrole sans investir dans l'électricité. Et l'électricité, c'est le renouvelable et le nucléaire. Mais je reviens à la France. La France que l'on doit reconstruire. On reconstruira une France heureuse avec du travail pour tous, mais en créant les conditions de créer des emplois partout. J'ai parlé de l'industrie et dans nos services publics.
Si on veut la meilleure école pour nos enfants, si on veut le plus grand soin pour nos aînés, si on veut investir dans la santé, mais bien sûr qu'on en a besoin de tous ces salariés qui sont essentiels. Et puis certains vont redevenir. Mais un trader, ça ne sert à rien. Et ça coûte cher. Une essentielle, une enseignante, ça c'est important et ça a besoin d'être augmenté. C'est ça qu'il faut faire. C'est maintenant qu'il faut investir. Lutter contre la fraude fiscale. Vous croyez qu'on fait ça sur Facebook comme proposait un jour Darmanin ? Enfin, on a besoin de contrôleurs fiscaux pour faire la pêche au gros. Pas pour aller taper sur les petits.
Vous arrêtez quand même un instant. Fabien Roussel, je pense que ce à quoi vous faites référence, c'était l'idée aussi qu'il fallait regarder en effet sur Facebook ou sur Instagram ce que postaient les gens pour voir si quand ils disent qu'ils n'ont pas de piscine, ils ont une piscine, etc. Ce n'est pas non plus juste Facebook qui va dire qu'il y a un contrôle fiscal.
Les gros bonnets sont bien tranquilles et ils restent au chaud.
Il faudra toujours un fonctionnaire pour regarder ces photos.
Je dis que les gros doivent payer gros, les petits doivent payer petits. Et que si on décide de s'attaquer justement à ceux-là, ceux qui font de la délinquance en col blanc et en bande organisée, ceux qui échappent à l'impôt par dizaines de milliards d'euros. Les prix de transfert, la magouille McKinsey, c'est les prix de transfert. Rien que ça, quand on fait remonter les bénéfices via de la... C'est quoi les prix de transfert ? Redite-le précisément pour ceux qui nous écoutent et qui nous regardent. dont le siège est aux Etats-Unis et qui a ses filiales en France ou ailleurs. Il fait remonter ses bénéfices par de la surfacturation. Voilà, McDo le fait, Peugeot, Renault le font.
C'est de la surfacturation interne au groupe. C'est connu, reconnu. Il y en a même qui enseignent ça à l'école. C'est honteux. Le parquet national financier en 4 ans. Ça coûte. Il y a eu des estimations par le FMI. Ça coûte 10 milliards d'euros à la France. Rien que ça. Rien que les prix de transfert. C'est le coût de la baisse de la CSG pour les retraités de moins de 2 000 euros. Fabien Roussel,
vous voulez aussi recréer des fonctionnaires au fond puisque vous voulez renationaliser pleinement la SNCF, EDF, ENGIE, La Poste, Orange et nationaliser les principales grandes banques.
Mais je veux retrouver le pouvoir sur ces grandes entreprises dont les Français ont besoin pour pouvoir vivre dignement, pour pouvoir restaurer des services publics dans nos campagnes, dans nos villages, faire en sorte qu'il n'y ait plus un seul bureau de poste qui ferme parce que ce n'est pas aux mairies à qui on doit déléguer le soin de faire le courrier ou même de donner de l'argent en liquide sur son compte postal. Il nous faut retrouver des services publics et des services publics humains. C'est-à-dire pas un numéro de téléphone où on attend pendant notre diplôme d'avoir quelqu'un au bout du fil et qui vous dit au final prenez rendez-vous dans 6 mois. Non.
Des services publics humains partout, sur tout le territoire, accessibles, qu'on n'ait pas à faire une heure de route pour aller se soigner. mais je mettrai fin à la fermeture de toutes ces maternités et services d'urgence qui sont aujourd'hui menacés. On a besoin de maintenir ces services publics. Je pense aux trésoreries municipales qui est un lieu où on peut justement aller demander des renseignements sur ces impôts. Ce sont des lieux publics où on en a besoin partout.
Vous voulez passer pour tout le monde
aux 32 heures ? Non. Je souhaite le mettre en place par la négociation, par filière et notamment dans ces métiers où les métiers sont pénibles et difficiles. Ça se fait déjà maintenant, notamment dans l'hôtellerie. Il y a des patrons de grands restos qui ont décidé pour rendre attractif leur métier de faire la semaine des 4 jours parce qu'il y a des horaires décalés. Mais la vache, moi je signe de demain, on va vous soutenir pour faire ça. Si ça peut permettre de rendre attractifs des métiers, si ça peut permettre d'embaucher derrière.
Mais allons-y mille fois, vous pensez que les infirmières doivent faire 60 heures qu'il ne faut pas leur garantir justement un métier qui est moins pénible pour elles, beaucoup plus attractif en allant justement vers la réduction du temps de travail.
Réduction du temps de travail, départ à la retraite à 60 ans, garantie pour tous ?
La retraite à 60 ans, c'est la possibilité pour tous les jeunes d'avoir tout de suite un pied au travail quand ils vont aller remplacer un salarié, une salariée qui partira à 60 ans. Ce que je souhaite, ce n'est pas allonger le chômage des plus de 60 ans, c'est allonger, permettre le travail des plus jeunes. La retraite à 60 ans, c'est une mesure de progrès social. Si vous voulez, ça fait des années qu'on nous dit qu'il va falloir faire des efforts, il va falloir travailler plus longtemps, et il va falloir travailler plus.
Et je crois que beaucoup de Français ont fait beaucoup d'efforts et qu'il est temps qu'il est temps que le partage, le temps du partage et du bonheur partagé soient accessibles à tous. À partir de 60 ans, on a le droit de vivre heureux, d'avoir accès au plaisir. Oui, j'en parle du plaisir. À 60 ans, on a une vie devant soi. On a le droit d'aimer, de faire du sport, de la muscu, de se déplacer, de voyager. Mais permettons ça aux plus de 60 ans. Parfois,
je vous trouve un peu décalé. Je vous trouve merveilleux. Évidemment, on a tous envie de vous écouter avec votre grand sourire, dire que le monde va être heureux, que ça va être les jours heureux. Mais quand on est dans un moment aussi pénible et douloureux que ce qu'on vit en France depuis maintenant quand même plusieurs années avec le Covid, relisez l'histoire, madame Apolline de Malerne,
relisez l'histoire. Le Conseil National de la Résistance, non, le Conseil National de la Résistance en 1943, quand la France est occupée, ils se réunissent clandestinement et ils écrivent ensemble, à 16, le programme des jours heureux. Il vient de là, le programme des jours heureux. Bien sûr, il a été revisité à notre époque, mais dans une France occupée, dans un pays en ruine, gaullistes et communistes, ensemble, ils ont reconstruit la France. Pendant l'occupation, ils ont réussi à rêver la France dans laquelle ils voulaient vivre.
Eh bien, aujourd'hui, bien sûr, nous ne sommes pas un pays occupé, je ne fais pas de parallèle, mais quand vous me dites, enfin, vous ne voyez pas tout ce qui se passe, la pandémie, la guerre, machin, d'accord, mais justement, toutes les richesses que nous produisons, énormes, regardez ce PIB qui a été multiplié par 5 depuis 1980, en 40 ans, ces richesses, elles nous échappent, elles partent dans les paradis fiscaux, elles sont concentrées dans les mains des 350 000 familles les plus riches qui ne payent plus d'impôts sur la fortune et nous, vous nous privez de rêver d'avoir droit aux loisirs du quotidien, de pouvoir profiter de la vie après 60 ans quand on a le corps cassé pour avoir travaillé 40 ans, carreleur, couvreur, électricien, ouvrier dans les usines.
Quand vous entendez, Fabien,
vous avez un certain nombre de personnalités de droite qui montrent une forme de sympathie pour vous, est-ce que vous ne vous dites pas que vous êtes trompé de cible ?
Je parle à tous les Français. Je ne regarde pas les... Je ne demande pas aux gens à qui je parle et quand j'ai fait du porte-à-porte comme je l'ai fait à Malakoff, je ne leur demande pas ce qu'ils ont voté avant mais je suis trop respectueux des Français. Je sais qu'un jour, ils ont voté à droite, je sais qu'un jour, ils ont voté à gauche, je sais que certains ne votent plus et ça me fend le cœur, j'ai tellement envie de leur dire mais utilisez votre bulletin de vote pour vous donner de la force et pour me donner de la force, donner de la force aux idées que j'ai été le seul à défendre dans cette campagne. Et vous avez pu les défendre
ce matin encore dans ces questions de confiance. Merci Fabien Roussel d'avoir répondu à mes questions sur RMC et BFM TV. Demain, c'est Jean-Luc Mélenchon qui répondra à mes questions de confiance à ce même micro. Vous avez raison, il a annulé d'autres médias mais normalement pas de nôtres.
Fabien Roussel