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interviewSud Radio — L'invité politique· 25 mai 2026 20 min

L'invité politique Sud Radio - Avec Benjamin Lucas-Lundy, député Génération.s des Yvelines et candidat à la primaire unitaire de la gauche

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Sud Radio, l'invité politique, Benjamin Glaze.

0:07
Benjamin Lucas-Lundy

8h14, vous êtes bien sur Sud Radio, mon invité politique ce matin, c'est Benjamin Lucalendi, député Génération des Yvelines et candidat à la primaire unitaire de la gauche. Bonjour Benjamin Lucalendi. Bonjour à vous. Et merci d'être avec nous ce matin sur Sud Radio, au menu de cette interview, les aides ciblées du gouvernement sur les carburants, le projet de loi d'urgence agricole, on n'en parle pas assez, les débats promettent d'être encore rouleux cette semaine à l'Assemblée, mais d'abord la course à l'Elysée qui s'accélère, on est à moins d'un an de la présidentielle, on ne compte plus le nombre de candidats pour cette élection présidentielle.

Dernière en date, Gabriel Attal qui a officialisé sa candidature ce week-end à gauche, la question ce n'est pas de savoir qui est candidat, mais plutôt qui ne sera pas candidat vous-même. Benjamin Lucalendi, vous êtes l'un des candidats à la primaire de la gauche unitaire, les participants, Marine Tondelier, François Ruffin, Clémentine Autain, ce serait plus long de faire la liste de ceux qui ne veulent pas participer à cette primaire, est-ce qu'elle aura bien lieu cette primaire ?

1:00
Présentateur

J'espère, parce qu'on a besoin aujourd'hui de trouver des solutions, un cadre de débat démocratique, de donner la parole au peuple de gauche pour aboutir à une solution qui soit unitaire. Moi, j'ai présenté cette candidature dans l'idée d'être le porte-parole de cette génération Nouveau Front Populaire, qui a décidé en juillet 2024 d'empêcher l'extrême droite d'arriver au pouvoir, qui nous a donné une majorité relative à l'Assemblée nationale et avec elle une grande responsabilité. Donc, il faut que cette primaire soit une étape pour construire le rassemblement de toute la gauche et des écologistes, pas à moitié, pas au deux tiers, de toute la gauche et des écologistes.

C'est comme ça qu'on empêchera l'extrême droite de l'emporter. C'est comme ça qu'on changera ce pays. De qui à qui ? Tout le monde, comme on l'a fait avec le Nouveau Front Populaire. Dans le Nouveau Front Populaire, il y avait tout le monde, de place publique à la France Insoumise. Et moi, ça m'allait très bien parce que la gauche et les écologistes, rassemblés, unis, peuvent porter un programme de transformation radicale de la société parce qu'il y a des urgences aujourd'hui qu'ils nécessitent et peuvent l'emporter. C'est ça le chemin, la méthode.

1:47
Benjamin Lucas-Lundy

Vous savez très bien qu'elle n'aura pas lieu, cette primaire unitaire de la gauche. Vous le savez, Raphaël Glucksmann, François Hollande, Bernard Cazeneuve ne veulent pas entendre parler de cette primaire de la gauche. Les communistes ne vous ont pas suivi. Au PS, c'est les islamis. Olivier Faure y est favorable. Mais, mais, il est plus que jamais isolé dans son parti. Puis Jean-Luc Mélenchon, lui, est déjà candidat. À quoi ça sert ? À quoi ça sert cette primaire ?

2:10
Présentateur

Vous savez, le 9 juin 2024, il n'y a pas si longtemps que ça, c'était le soir des élections européennes. C'était quand le président de la République a décidé, à 21h01, de dissoudre l'Assemblée nationale. Vous avez eu toute la soirée sur les plateaux de télévision, y compris le lendemain matin, des gens, je pense par exemple à M. Glucksmann, qui disait « jamais d'alliance avec la France insoumise ». Vous aviez la moitié du Parti Socialiste, peut-être même un peu plus, la même qui aujourd'hui refuse la primaire, qui disait « il faudra s'affronter dans toutes les circonscriptions, pas d'union de la gauche et des écologistes ». Et puis, nous avons fait le nouveau Front Populaire. Pourquoi ?

Parce que chacun y a été contraint. Parce qu'il y avait une aspiration venue des citoyennes et des citoyens à dire « on ne va quand même pas laisser ce pays à l'extrême droite et à son projet de préférence nationale, qui est un projet d'apartheid raciste dans toute la société ». Et nous nous sommes rassemblés, et nous avons fait la démonstration qu'on pouvait aller chercher des victoires dans beaucoup plus de circonscriptions qu'il n'aurait été possible de le faire si nous avions été divisés. Donc moi, jusqu'au bout, j'y croirais. Mon objectif, ce n'est pas les dates de la primaire, mon objectif, ce n'est pas l'automne.

3:00
Benjamin Lucas-Lundy

On a vu que pour le coup, l'unité de la gauche, elle essaie à désirer.

3:02
Présentateur

Elle s'est faite au deuxième tour dans beaucoup de villes, y compris chez ceux qui disaient « je ne m'allierai pas avec les uns ou avec les autres ». Mon objectif, c'est qu'au premier tour de l'élection présidentielle, nous ayons un seul bulletin de vote de la gauche et des écologistes pour empêcher l'extrême droite de l'emporter, pour être présent au second tour et pour gagner le second tour de l'élection présidentielle. Parce qu'aujourd'hui, il y a un besoin de changement dans ce pays. Il y a besoin de partager les richesses, il y a besoin d'égalité, il y a besoin de mener le combat contre le racisme et les discriminations. Bref, c'est à la gauche et aux écologistes de porter ça.

Il faut qu'on soit responsable, qu'on soit à la hauteur. C'est dans les semaines qui viennent, dans les mois qui viennent, que ça se joue.

3:29
Benjamin Lucas-Lundy

Ça veut dire que vous avez une date pour cette primaire unitaire de la gauche ?

3:32
Présentateur

On a prévu le 11 octobre, ça laisse du temps. Si elle a lieu et qu'il y a tout le monde, c'est tant mieux, ça règle le problème le 11 octobre, si je puis dire. S'il n'y a pas tout le monde, elle constituera, je l'espère, un point d'étape. Et moi, ce que je veux porter dans cette primaire, si elle a lieu, c'est l'idée non pas de la construire comme la fin d'un processus, mais de la construire comme une étape pour ensuite aller dialoguer avec tous les autres pour construire le rassemblement.

Encore une fois, il faut un seul bulletin de vote de la gauche et de l'écologie à l'élection présidentielle pour augmenter nos chances de victoire et pour construire le programme de transformation radicale de la société dont on a besoin pour tourner la page de 10 ans de macronisme quand même qui ont abîmé le pays. Puis ce week-end, vous voyez, il fait très chaud. Alors quand on a, comme moi, la chance d'avoir un petit bout de jardin, on est bien, il fait frais, etc.

Mais pour des millions de nos compatriotes qui aujourd'hui vivent dans des bouilloires thermiques, qui souffrent de la chaleur, des personnes âgées, des enfants, des familles qui suffoquent aujourd'hui, la question de la bifurcation écologique, elle ne peut pas attendre que nous, on ait réglé nos problèmes entre nous. Il faut engager la transition écologique massive très rapidement. On a déjà pris 10 ans de retard avec Emmanuel Macron. Il faut accélérer. Et de ce point de vue-là, il n'y a que la gauche et les écologistes qui peuvent être au rendez-vous de cela.

4:30
Benjamin Lucas-Lundy

Un mot sur François Ruffin. Il fait partie des candidats pour cette primaire unitaire de la gauche qui doit se dérouler donc, si on vous suit bien, qui aura lieu en octobre prochain. Il a fait polémique avec sa BD qui est sortie. Est-ce qu'il est discrédité dans cette élection à vos yeux ?

4:46
Présentateur

Écoutez, je l'ai entendu, je crois, samedi soir, reconnaître une erreur. Moi, je pense que c'est une faute. Et plusieurs points qui se suivent forment une ligne. Et la ligne de François Ruffin, on l'a vue avec la question de l'immigration de travail, dite de travail, on le voit aujourd'hui avec cette bande dessinée, elle pose problème. Pourquoi elle pose problème ?

Parce que je ne crois pas qu'on, face à l'offensive raciste, xénophobe, réactionnaire, qui existe partout dans le monde, mais y compris en France, on ne combattra pas cette haine raciste, cette vague raciste, nationaliste, xénophobe, qui submerge notre pays dans les médias, dans le débat public, jusque dans les couloirs de l'Assemblée nationale et dans l'hémicycle avec le vote de la loi immigration il y a quelques années, où main dans la main, la Macronie et le RN ont voté le programme de Jean-Marie Le Pen.

On ne la combattra pas en n'étant pas très fort, très solide sur ses appuis, sur la question du combat antiraciste, en faisant des erreurs qui deviennent des fautes, parce que dans ce combat qui est une lutte à mort pour l'existence de notre République et de ses valeurs, on ne peut pas faire la moindre erreur. Je considère qu'il a fait aujourd'hui des erreurs qui sont problématiques. Il n'est pas légitime aujourd'hui.

Tout le monde est légitime, enfin pardon, tout le monde est légitime et je combats la ligne qu'il porte sur ces sujets-là, pas sur d'autres, mais en l'occurrence, on a besoin d'être exemplaires sur le combat antiraciste, sur la lutte contre les discriminations, parce qu'aujourd'hui, c'est une question centrale. Il se joue l'avenir de notre République et de ses valeurs dans cet affrontement avec l'extrême droite, il faut en prendre la mesure et donc, en conséquence, être au clair sur ce que l'on a à dire et sur ce que l'on a à faire ensemble.

6:08
Benjamin Lucas-Lundy

Vous dites qu'il faut trouver l'union de la gauche pour réussir, ne serait-ce déjà qu'à se qualifier pour le second tour de l'élection présidentielle, mais vous en avez déjà un, deux candidats, Jean-Luc Mélenchon. Est-ce que ce n'est pas le seul, finalement, à pouvoir amener la gauche au second tour de la présidentielle ? Fondateur de votre parti, Benoît Hamon, estime qu'il est le seul candidat organisé et structuré à gauche. Est-ce que vous pensez que le leader de la France Insoumise est l'unique chance pour votre camp, pour la gauche, de se qualifier au second tour ?

6:34
Présentateur

C'est pourquoi je l'ai invité à venir participer à cette primaire et que s'il la gagne, il est notre candidat. Moi, je ne fais pas partie de ceux qui veulent construire la gauche non-mélenchoniste. Je n'ai aucune difficulté à être allié de la France Insoumise. D'ailleurs, à l'Assemblée nationale, avec mon groupe, le groupe écologiste et social, nous votons, je crois, 80 ou 90% des textes, des amendements en commun. Nous avons une même aspiration à faire de cette société une société plus juste, une société de l'égalité, à engager une bifurcation écologique, sociale, démocratique, radicale. Donc, je n'ai aucune difficulté avec ça.

Et s'il venait dans cette primaire, qu'il l'a remporté, je le soutiendrai avec grand plaisir et enthousiasme, comme nous l'avons fait tous, d'ailleurs, socialistes, écologistes, communistes, au moment des législatives de 2022, où nous avions tous Mélenchon Premier ministre sur nos affiches. Donc, pas de difficulté de ce point de vue-là. Il y a aujourd'hui une difficulté qui est posée à toute la gauche. C'est qu'aujourd'hui, nous n'avons pas réussi à faire la démonstration qu'un seul d'entre nous était capable de gagner face à l'extrême droite au second tour. Pour cela, on a besoin d'être tous ensemble. Et donc, il faut inlassablement construire ce rassemblement.

Jean-Luc Mélenchon a su le faire en 2022. Après avoir fait 22% à la présidentielle, il a proposé la NUPES, où il y avait les socialistes, les communistes, les écologistes, Génération et la France insoumise. Il faut qu'on retrouve ce chemin-là. Vous dites quoi ?

7:36
Benjamin Lucas-Lundy

Que Jean-Luc Mélenchon seul ne peut pas y arriver ?

7:39
Présentateur

Personne ne peut réussir seul. Enfin, pardon, si la gauche est divisée, soit elle ne sera pas au second tour, soit elle n'aura pas construit dès le premier tour la dynamique et la force populaire citoyenne suffisante pour gagner au second tour et pour convaincre une majorité de Françaises et de Français. On ne peut pas gagner seul, quel que soit celui d'ailleurs qui prétend le faire.

7:56
Benjamin Lucas-Lundy

La France insoumise reste tout de même un repoussoir, même à gauche. Certains qualifient ce parti de non-républicain. Ce n'est pas votre avis ?

8:05
Présentateur

Absolument pas. C'est une honte. D'ailleurs, il y a une opération qui dure depuis des années qui vise à diaboliser la France insoumise, mais c'est vrai aussi à certains moments pour les écologistes, c'était vrai pour les communistes il y a quelques années ou quelques décennies. Il y a toujours eu la tentation de la part d'une partie, on peut dire le MEDEF, du Grand Patronat, de la droite, etc., de juger la gauche illégitime à gouverner. Et donc de la caricaturer, de la stigmatiser, de la criminaliser. Et tout ça vise à faire quoi en réalité ? Tout ça vise à banaliser, à légitimer l'extrême droite raciste et xénophobe de Mme Le Pen et de M.

Bardella, et à dire que finalement ça devient, vous savez, un extrême comme les autres, entre guillemets. Non, il n'y a pas les extrêmes. Il y a une extrême droite qui est un danger pour notre République et puis il y a des forces qui veulent protéger la République, qui ont un projet de transformation, oui, de transformation radicale, parfois on peut juger le programme de la France insoumise radical, on peut juger les propos de Jean-Luc Mélenchon, trop ceci ou pas, c'est cela. La réalité c'est qu'il y a aujourd'hui des forces républicaines qui ont appelé à faire le barrage en 2024 face à l'extrême droite, dont la France insoumise, donc toutes les forces de gauche et écologistes.

Ce qui n'a pas été le cas d'ailleurs des macronistes partout.

8:58
Benjamin Lucas-Lundy

Et si le RN arrive au pouvoir en 2027, on a le maire de Saint-Denis, très en vue, qui parlait et qui évoquait une insurrection populaire.

9:07
Présentateur

Vous êtes d'accord avec lui ? Moi je veux tout faire pour qu'on évite que l'extrême droite l'emporte en 2027 et donc que cette insurrection, elle soit citoyenne, elle soit civique, elle soit pacifique et qu'elle se passe dans les urnes. Et pour ça, il faut un bulletin de vote de l'union de la gauche et des écologistes.

9:18
Benjamin Lucas-Lundy

L'autre homme fort de la gauche, c'est Raphaël Glucksmann qui ne veut pas participer à votre primaire. Il sera très en vue cette semaine. Un 20h de TF1, un livre apparaît de jeudi, un premier meeting à Aubervilliers. Ensuite, ce sera le 13 juin. La France insoumise le qualifie de nouveau Macron. C'est votre avis ou pas ?

9:34
Présentateur

Vous en pensez quoi de ça ? Moi je m'efforce, je vous dis que je voulais l'union de tout le monde. Donc je m'efforce de me dire du mal des personnes. C'est mal parti. Non mais je m'efforce, moi, c'est mon éthique à moi, c'est ma responsabilité à moi de ne pas donner des arguments à nos adversaires communs. Ce que je sais, c'est que oui, j'ai, mais comme avec d'autres, des désaccords avec Raphaël Glucksmann, par exemple, quand il dit qu'il faudra travailler plus. Par exemple, quand il dit qu'on ne travaille pas assez aujourd'hui, on ne produit pas assez. Ce n'est pas mon logiciel, ce n'est pas ma façon de concevoir. Je vois qu'il propose un service national obligatoire.

Ce n'est pas non plus ma conception de la place de la jeunesse qui doit d'abord éprouver les valeurs de la République et qu'on construit l'adhésion, l'amour de la nation par l'adhésion, pas par la contrainte et l'injonction. Voilà, j'ai des désaccords, mais j'ai des désaccords. Raphaël Glucksmann, selon vous ? Ce n'est pas ma gauche, c'est une gauche beaucoup plus light, beaucoup plus modérée, mais c'est de gauche. On partage un certain nombre de valeurs. Je ne vais pas dire que Raphaël Glucksmann, c'est la droite. Sinon, il y a beaucoup de monde qui est de droite dans ce pays. Or, j'ose espérer que nous avons de quoi construire une majorité.

Ce que je souhaite, moi, c'est qu'on ait à l'élection présidentielle puis aux élections législatives un projet de gauche qui soit, comme on l'a fait avec la NUPES ou le nouveau Front Populaire, un projet de rupture, un projet de transformation de la société, un projet qui aille loin, par exemple, pour remettre en cause la rente, l'héritage, le fait qu'aujourd'hui, le patrimoine reste dans les mains d'un tout petit nombre de milliardaires, de multimillionnaires, et que ça, c'est une inégalité considérable. Et donc, pour ça, effectivement, il faut une gauche qui n'est pas la gauche de François Hollande et de Raphaël Glucksmann.

Évidemment, il faut une gauche qui assume une confrontation avec le monde libéral, une gauche qui veut transformer radicalement la société. Or, M. Glucksmann, il donne plus souvent l'impression, quand même, de chercher à draguer ce qui reste de la Macronie plutôt qu'à reconstruire le lien de confiance entre le peuple et la gauche. C'est le nouveau Macron, pour vous ? Non, non, parce qu'il n'inscrit pas du tout sa démarche de la même façon qu'Emmanuel Macron. On a déjà souffert dix ans de macronisme. Je ne vais pas inventer des macrons là où il n'y en a pas. M. Attal est un nouveau Macron, par exemple. M.

Glucksmann, encore une fois, c'est une gauche qui n'est pas la mienne, mais ça reste la gauche.

11:19
Benjamin Lucas-Lundy

J'aimerais qu'on avance, Benjamin Lucas, je rappelle, député Génération des Yvelines, et donc candidat à cette primaire unitaire de la gauche. J'aimerais qu'on parle de l'envolée des prix à la pompe, avec ces aides annoncées en fin de semaine dernière par Sébastien Lecornu. Primes carburants défiscalisées, socialisées, doublées, revalorisation des indemnités kilométriques, et puis les aides ciblées prolongées pour les agriculteurs, les pêcheurs, les transporteurs et les grands rouleurs. Est-ce que la politique du gouvernement à ce niveau est bonne, selon vous ? C'est la bonne politique ?

11:42
Présentateur

Non, elle n'est pas bonne, parce que, d'ailleurs, on le voit, les Français et les Français continuent à tirer la langue quand ils vont faire le plein à la pompe. Parce qu'on voit aujourd'hui des annonces dont on ne voit pas la couleur concrètement sur notre pouvoir d'achat, notamment pour les classes moyennes et les classes populaires qui ont besoin de leur véhicule pour aller travailler, pour aller chercher leurs enfants à l'école, etc. C'est quoi votre solution miracle, à l'heure à ce niveau ? Justement, c'est qu'on se trompe de diagnostic. Le gouvernement... D'ailleurs, je leur en veux, je tiens quand même à le dire. On savait que ces chocs pétroliers, ils allaient arriver.

On connaît depuis des décennies notre dépendance aux énergies fossiles. On a perdu 10 ans, avec 10 ans de macronisme, où on n'a pas engagé suffisamment fortement la transition écologique. Et on est encore dépendant des énergies fossiles, du pétrole, du gaz. Le plan de l'électrification, ça y est, lancé. Mais oui, il est lancé... Enfin, on a perdu 10 ans. Quand même, M. Macron, il s'est fait élire sur la promesse d'une révolution, sur la promesse d'un nouveau monde. Or, il est resté dans la main des lobbies pétroliers. Et c'est justement ça, aujourd'hui, l'erreur du gouvernement.

C'est qu'il ne va pas chercher l'argent, notamment dans les profits totales, qui a augmenté considérablement ses dividendes au dernier trimestre. Ça, c'est scandaleux. Et aujourd'hui, c'est le profiteur de guerre et le profiteur de crise. Aujourd'hui, en tout cas, dans la politique qui est la leur, ils servent concrètement les intérêts des multinationales, des pétroliers. Parce que si on veut agir aujourd'hui sur les prix à la pompe, il faut bloquer les prix, puis contrôler les prix. Il n'y a pas de tabou. M. Lecornu, pardon, il fait la manche auprès de Total. Il demande si éventuellement on ne peut pas avoir une politique de réduction, etc. Or, M. Lecornu, il a des instruments.

C'est quand même... Le gouvernement de la France, ce n'est pas rien. On peut décider de bloquer les prix temporairement et de soulager le portefeuille de nos concitoyens. On peut décider d'aller chercher dans les super profits, d'aller chercher dans les dividendes des actionnaires de Total aujourd'hui qui s'enrichissent sur le dos de celles et ceux qui font le plein pour aller travailler, pour aller déposer leurs enfants à l'école. C'est là qu'il faut aller chercher la ressource suffisante pour partager la richesse et pour soulager le portefeuille de nos concitoyens.

13:26
Benjamin Lucas-Lundy

En attendant, Sébastien Lecornu dit qu'il va falloir remettre à jour les 6 milliards d'euros d'économie prévus pour compenser l'impact de la guerre au Moyen-Orient. Est-ce que vous demandez au gouvernement de faire une loi de finances rectificative

13:38
Présentateur

pour que les parlementaires puissent se saisir du sujet ? Il faut que le Parlement décide, mais nous avons un désaccord philosophique majeur avec M. Lecornu. Lui considère que face aux crises que nous avons, face à l'urgence aussi de réduire les déficits et la dette, lui considère qu'il faut baisser la dépense publique. C'est-à-dire, parce qu'on va se dire les choses clairement, ça veut dire réduire les services publics. Ça veut dire réduire les solidarités dans notre pays.

Ça veut dire que dans un pays où il y a déjà de la misère, de la pauvreté, des inégalités qui s'amplifient, notamment du fait de l'héritage, du patrimoine, de la rendre, où les ultra-riches n'ont jamais été aussi riches de notre histoire et où la pauvreté continue à s'amplifier, lui considère qu'il faut baisser l'offre de services publics, de protection des Françaises et des Français. C'est ça la réalité. Nous nous considérons qu'il faut augmenter les dépenses pour avoir besoin urgent.

14:21
Benjamin Lucas-Lundy

Des économies structurelles

14:22
Présentateur

à réaliser dans les ministères. Il y en a à faire. Nous nous considérons, je vais y venir, qu'il faut augmenter les dépenses là où c'est nécessaire parce qu'il y a aujourd'hui des urgences sociales, écologiques, par exemple, en matière d'accès aux services publics notamment, d'accès aux droits et que pour cela, il faut aller chercher dans les recettes, c'est-à-dire chez les milliardaires, chez les ultra-riches. Moi, je propose par exemple aussi un héritage maximum fixé à 10 millions d'euros parce qu'il y a aujourd'hui quelque chose d'indécent à se dire que vous pouvez naître le jour de votre naissance avec de quoi vivre 82 ans à 10 000 euros par mois. C'est ça les chiffres.

Si vous avez 10 millions d'euros d'héritage, on pourrait par exemple fixer un héritage maximum et utiliser cet argent pour financer un service public de la petite enfance, la solidarité, nos services publics dont on a besoin aujourd'hui. C'est ça ce sur quoi porte notre désaccord fondamental. Et si le Premier ministre veut faire des économies, il y a 211 milliards d'aides publiques aux grandes entreprises qui ne sont ni conditionnées, ni contrôlées, ni plafonnées. On pourrait peut-être aller y regarder pour faire mieux, mieux gérer l'argent public. Je ne dis pas supprimer les aides publiques.

15:11
Benjamin Lucas-Lundy

Un rabotage des allégements de charges sur les bas salaires pour les entreprises, ça c'est un effort demandé aux entreprises.

15:15
Présentateur

Oui, mais on demande, on quémande, on suppose. Il faut aujourd'hui une puissance publique qui agisse s'il y a besoin d'un choc de partage et d'égalité dans ce pays. Les inégalités telles qu'elles s'amplifient, les injustices, la brutalité, la violence sociale des injustices aujourd'hui mettent à mal notre capacité à faire société, notre cohésion sociale. Si on ne réussit pas une grande politique d'égalité, de redistribution des richesses, de partage et de fraternité, alors on ira vers l'explosion de la société. C'est ce qu'a organisé M. Macron pendant 10 ans et c'est ce qu'attend l'extrême droite.

15:41
Benjamin Lucas-Lundy

Benjamin Lucas, député Génération, je le rappelle, candidat à la primaire unitaire de la gauche. Est-ce que vous voterez en faveur de la loi d'urgence agricole le 2 juin prochain ?

15:50
Présentateur

Non, parce que ce n'est pas une loi qui répond aux vraies urgences des agricultrices et des agriculteurs. Ce n'est pas une loi qui va augmenter leur capacité à vivre dignement. C'est une loi qui a été dictée comme beaucoup de textes dans les deux quinquennats Macron par les lobbies, le lobby de l'agro-industrie. Ce n'est pas le modèle que nous voulons. Nous voulons une agriculture paysanne, une agriculture qui est un moteur de la transition écologique aujourd'hui, sortir de la dépendance aux pesticides, sortir des politiques absurdes en matière, par exemple, de gestion de l'eau, de ces politiques de méga-mastine.

Nous voyons sur beaucoup de sujets l'incapacité de ce gouvernement à comprendre le moment écologique dans lequel nous sommes. Je parlais de la canicule qu'on vit en ce moment. Je pourrais parler de l'extinction de la biodiversité. Je pourrais parler de la raréfaction de l'eau, de la ressource en eau. Face à tout ça, Mme Genevard, la ministre de l'Agriculture, elle a des réponses des années 80 en 90. C'est un logiciel qui est complètement dépassé. On ne peut pas y souscrire. Il faut aujourd'hui une vraie politique pour aller chercher...

16:41
Benjamin Lucas-Lundy

Simplifier les démarches administratives. C'est quelque chose d'important. C'est du quotidien. C'est du concret pour les agriculteurs. C'est forcément néfaste avec l'écologie ?

16:49
Présentateur

Ça ne peut pas aller avec ? Ça dépend de quelles normes et ça dépend de quelles démarches. Or, aujourd'hui, c'est pour les plus gros qu'elle veut simplifier les démarches, cette loi. C'est pour les industries. Ce n'est pas pour les paysannes et les paysans qui, d'ailleurs, demandent, eux, comme principale revendication de vivre dignement de leur travail et que, donc, on aille regarder du côté des marges de la grande distribution qui demandent qu'on aille regarder, par exemple, sur la capacité à les rémunérer dignement pour qu'ils puissent prendre leur retraite et transmettre leur exploitation.

C'est ça, aujourd'hui, les urgences qui sont celles du monde agricole et ce n'est pas les obsessions dites de simplification qui sont, en réalité, des obsessions de détricotage de tout ce qui protège notre environnement et nos droits sociaux.

17:25
Benjamin Lucas-Lundy

Benjamin, Lucas, lundi, deux questions rapides pour conclure. Tout d'abord, le chanteur Patrick Bruel visé par plusieurs enquêtes pour viol et agression sexuelle. Il est toujours présumé innocent. C'est important de le rappeler. Aujourd'hui, est-ce qu'il faut annuler ces concerts comme certains le demandent ou est-ce que vous appelez au boycott de ces concerts ?

17:40
Présentateur

Oui, il faut annuler ces concerts. J'appelle toutes celles et tous ceux qui ont la conviction chevillée au corps qu'on ne peut pas tolérer les violences sexistes et sexuelles, qu'on ne peut pas tolérer l'impunité dont jouissent un certain nombre de grandes personnalités à ne pas, évidemment, se rendre à ces concerts à les boycotter. C'est une évidence. Même s'il est présumé innocent ? Mais la présomption d'innocence, elle s'applique du point de vue du droit. Je ne la remets pas en cause. Là, on parle d'aller à des concerts. On parle donc d'une démarche qui donne à Patrick Bruel de la force aussi pour imposer son récit et pour banaliser, pour maltraiter, mépriser la parole des victimes.

Il faut d'abord dire aux victimes que nous les croyons, que nous les soutenons et qu'évidemment, le droit doit suivre son cours mais avant le droit, il y a la morale, il y a l'éthique aussi des uns et des autres. Bruel devrait annuler ses concerts, il ne le fait pas et donc il ne faut pas y aller. Moi, je soutiens les collectivités qui, espèrent, demandent l'interdiction en tout cas que ces concerts n'aient pas lieu dans leur commune.

18:27
Benjamin Lucas-Lundy

Dernière question rapidement, oui ou non, est-ce qu'il faut un référendum sur le nucléaire ? C'est ce que demande Sandrine Rousseau. Vous y êtes favorable ?

18:32
Présentateur

Ce qui est certain, c'est qu'il faut un grand débat sur l'avenir de notre énergie. Est-ce qu'il faut un référendum ? Je ne le sais pas mais en tout cas, il faut évidemment poser la question de notre mix énergétique et engager la bifurcation écologique et la décarbonation. De ce point de vue-là, la question du nucléaire qui est complexe mérite effectivement un grand débat public et des réponses apaisées, sereines et intelligentes.

18:50
Benjamin Lucas-Lundy

Le choix du nucléaire, c'est quelque chose que vous validez ?

18:53
Présentateur

Moi je suis idéologiquement anti-nucléaire, c'est une énergie dangereuse mais je constate aussi qu'on a besoin de décarboner rapidement, qu'aujourd'hui la France fait partie de notre modèle. On ne sortira pas du nucléaire dans le prochain quinquennat à mon avis et je ne crois pas que ce soit souhaitable d'ailleurs si c'est la question que vous me posez.

19:06
Benjamin Lucas-Lundy

Un grand merci, on est bien d'avoir été avec nous ce matin sur Sud Radio Benjamin-Luc Alandie, je le rappelle, député génération des Yvelines, vous êtes candidat à la primaire unitaire de la gauche qui doit se tenir, vous nous l'avez dit, le 11 octobre prochain, ça aura bien lieu.

19:18
Présentateur

On espère et sinon on trouvera d'autres moyens de se rassembler.

19:20
Benjamin Lucas-Lundy

On verra ça, on en parlera d'ici là. Merci à vous, passez une très belle journée, merci d'être passé ce matin dans le studio de Sud Radio. Il est 8h33, dans un instant, vous nous appelez 0826 300 300, Françoise de Goua nous rejoint et puis vous également, vous nous appelez au standard, c'est Aude qui vous attend, primaire ou pas primaire, on a l'impression un petit peu que c'est passé de mode cette année les primaires, est-ce que c'est une déception, c'est un regret pour vous ? Est-ce que vous espérez qu'on va pouvoir se saisir véritablement de la question cette année encore ? 0826 300 300, à tout de suite.

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