Alliances, Anne Hidalgo, police municipale à Paris... le "8h30 franceinfo de Cédric Villani"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Temps de parole
- Cédric Villani62 %
- Présentateur17 %
- Locuteur 110 %
- Locuteur 58 %
≈ 1,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour Cédric Villani, une tentative d'intrusion en fin de semaine dernière dans le théâtre parisien, on se trouvait Emmanuel Macron, le siège de la CFDT envahi, certains militants menacés. Est-ce que le climat vous inquiète particulièrement en ce début d'année ?
Il faut réaffirmer fortement que c'est juste inadmissible ce genre d'intrusion, de menaces physiques. C'est la République, c'est la démocratie, il y a beaucoup de moyens de faire valoir ces idées et on doit en rester au débat d'idées, pas à l'intimidation physique. Et je constate qu'il y a cette tension qui monte et qui doit se trouver son exutoire dans le débat d'idées, pas dans la menace physique. A quoi ou à qui vous l'attribuez cette montée de tension en ce moment en France ? La question ici c'est de savoir comment calmer les choses. Dialogue, discussion, nous en avons besoin.
Et sur la question de la réforme des retraites par exemple, maintenant qu'on a vu le gouvernement, la CFDT, l'UNSA trouver les conditions pour une discussion, c'est là, dans la négociation que doit se passer le débat.
Cette montée de la tension, le chef de file de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, en fait le constat. Et voici l'analyse de la situation qu'il émettait hier.
Dorénavant, quand il y a une situation d'impasse, de blocage, des actions, des initiatives d'un type inédit viennent prolonger les formes traditionnelles de l'action. Alors, aucun responsable politique ne peut dire bravo ou encore, mais il faut regarder les choses avec bonhomie. Et pas tout dramatiser, faire comme si ce pays était en état de guerre civile, parce que ce n'est pas le cas.
Est-ce qu'il faut relativiser ces incidents, comme le dit Jean-Luc Mélenchon ?
Je ne le crois pas. Il parle de bonhomie, il dit qu'il ne faut pas dramatiser. Je crois qu'il faut condamner très sévèrement toute tentative d'intimidation physique.
La réforme des retraites arrive en fin de semaine devant le Conseil des ministres, puis dans quelques semaines, au mois de février, à l'Assemblée nationale. Vous la voterez en l'état telle qu'elle est aujourd'hui ?
Comme on sait bien, il y a discussion qui va se faire avec les partenaires syndicaux. Et c'est ça que je vais regarder très attentivement, voir comment la négociation se fait. Vous ne savez pas aujourd'hui si vous pourrez voter le texte ? Excusez-moi, je n'ai pas vu le texte, puisqu'il est en partie, je n'ai pas vu le texte. Vous n'allez pas me demander de voter un texte en l'état sans que je l'ai vu. Donc vous ne savez pas pour l'instant si vous pourrez ? C'est normal. Quand on n'a pas vu le texte, on ne sait pas ce qu'on va faire.
On sait quand même heureusement déjà deux ou trois choses du contenu du texte qui va être présenté, et notamment le passage à la réforme par points, une vraie réforme systémique. Est-ce que vous êtes favorable à la retraite par points ? Est-ce que c'est pour vous un système plus juste comme le prétend le gouvernement ?
Je suis favorable à un système de retraite à points. Et ça faisait partie du programme pour lequel je me suis battu dans les élections législatives en 2017. Je suis favorable à ce principe d'un système à points pour plus d'universalité, de lisibilité, et aussi pour permettre des carrières qui puissent changer plus régulièrement.
Mais est-ce que vous comprenez que ce système semble en tout cas générer une angoisse dans un bon nombre de professions, de très nombreuses professions sont aujourd'hui dans le mouvement hostile, dans le mouvement d'hostilité à cette réforme par points, notamment de crainte qu'à terme le point baisse et que donc le niveau des pensions baisse.
Il est normal qu'un changement entraîne le besoin de garantie, le besoin de discussion, le besoin de se mettre d'accord sur tous les détails. C'est bien pour ça qu'il va y avoir des négociations et cette fameuse coordination, convention pour parler d'équilibre budgétaire sur le long terme.
La question des violences policières. Cédric Villani, vous avez sans doute vu cette vidéo qui circule depuis deux jours.
J'ai vu cette incroyable vidéo et j'en ai été choqué.
Je vais la décrire simplement pour ceux qui ne l'auraient pas vu comme vous. Un policier qui arrête un homme en marge d'une manifestation de gilets jaunes. C'était avant-hier à Paris et qui lui assène plusieurs coups de poing au visage. L'homme est allongé sur le sol. D'après le syndicat de police Alliance, l'homme aurait craché du sang au visage du policier. Ce qui pourrait, non pas expliquer, mais tenter d'expliquer la réaction. Quand vous avez vu cette vidéo, votre première réaction, qu'est-ce qu'elle a été ?
Quand j'ai vu la vidéo, j'ai été horrifié. Mais évidemment, je ne connais pas les détails. Il y a besoin d'une enquête, comme toujours. Et c'est toujours pareil. Il faut à la fois être là pour féliciter les forces de l'ordre quand elles parviennent à troubler, à assurer l'ordre républicain dans un contexte très difficile et de plus en plus violent. Et en même temps, condamner les violences disproportionnées.
Vous pensez que les forces de l'ordre, aujourd'hui, sont dépassées, épuisées, mal commandées ?
Les forces de l'ordre sont épuisées, c'est certain. Et on sait qu'il y a eu ce climat de violence, de tension depuis longtemps. Après toutes ces semaines et semaines et semaines de gilet jaune, on a vu les images aussi, d'autres images qui étaient choquantes. Quand on voyait la violence avec laquelle, dans certaines manifestations, les policiers se faisaient caillasser et attaquer.
Est-ce que ces incidents, ces brutalités policières se sont multipliées ces dernières semaines ? Est-ce que, selon vous, ce sont exclusivement des fautes individuelles, des dérives individuelles ? Ou est-ce qu'il y a des consignes aussi venues d'en haut, quel que soit le niveau, que ce soit la préfecture de police de Paris ou le ministère de l'Intérieur, qui sont en cause ?
Ce que nous avons vu, ce sont des vidéos. Une vidéo, une autre vidéo. Chacune de ces vidéos, évidemment, touche au cœur et parfois est horrible. Mais je ne peux pas vous dire s'il s'agit de choses individuelles.
Il n'y a pas de doctrine de maintien de l'ordre ? Est-ce qu'il faut que la police revoie sa doctrine en termes de maintien de l'ordre ? Renonce par exemple à l'usage de certaines armes comme les fameux LBD, les lanceurs de balles de défense ?
Comme vous le savez, il y a ici besoin d'enquête rigoureuse, sérieuse, avec des personnes qui s'y connaissent bien. Rien ne doit être laissé au hasard, aux doigts mouillés dans ce genre de choses. Sur d'autres questions, sur les sujets municipaux par rapport aux questions de sécurité, c'est Jean-Michel Fauver, l'ancien patron du RAID, qui s'occupe de me donner des conseils. Et je vois bien, en discutant avec lui, à quel point il y a besoin d'une très grande rigueur par rapport à cela. Et aussi bien, en particulier dans ces questions d'enquête, pour déterminer, pour démêler quelles sont les responsabilités. C'est très important.
On a besoin de rétablir toute la confiance, toute la confiance entre la nation, les citoyens, les forces de l'ordre. On répète, on l'a déjà dit, les forces de l'ordre accomplissent leur travail dans des conditions extrêmement difficiles. Et il y a besoin d'avoir à la fois le soutien et l'exemplarité.
Mais donc vous n'avez pas de position, vous, Cédric Villani, par exemple, sur le LBD ?
Si, je n'ai pas de position sur le LBD. Et l'enquête, les enquêtes, le retour doivent permettre de dire exactement quelle est l'évolution à avoir sur les pratiques par rapport à la façon de contenir les manifestations.
On va évoquer la question des municipales à Paris. Cédric Villani, vous êtes candidat à un sondage paru hier, vous donne en cinquième position seulement. Vous nous direz ce que vous en pensez et comment vous espérez remonter le score d'ici au premier tour des municipales dans un peu moins de deux mois. Maintenant, ce sera juste après. A vous les dire un mot ?
Je vous dirai juste ce que vous évoquez à la cinquième position, rappelant que les places 3, 4, 5 sont dans un mouchoir de poche.
Mais ça, j'allais vous laisser le dire dans un instant, juste après le rappel des titres. Si vous voulez bien, Cédric Villani, avec Mélanie Delonnet qui vient de nous rejoindre.
Et ce chiffre, 2 milliards d'euros montant de la commande passée au chantier naval de Saint-Nazaire pour deux nouveaux paquebots de croisière. Le contrat est signé ce matin. Et cet après-midi, Emmanuel Macron reçoit 200 patrons du monde entier au château de Versailles. Des épreuves du bac en janvier, c'est la nouveauté de la réforme du lycée. Début ce matin des épreuves de contrôle continu pour les élèves de première. Les profs sont appelés à faire la grève de la surveillance pour dénoncer une réforme jugée mal préparée par les syndicats. Dans les transports, un trafic quasi normal ce matin à la SNCF. Quelques perturbations encore sur les lignes intercité et transiliens.
A Paris, après la suspension du préavis de grève du premier syndicat de la RATP, 11 lignes de métro fonctionnent normalement ainsi que le RERA. Le Paris Saint-Germain, qualifié sans briller pour les huitièmes de finale de la Coupe de France. 1-0 à Lorient, le prochain adversaire des footballeurs parisiens. Ce sera Pau, un club de troisième division. France Info, et tout est plus clair.
Benjamin Griveaux, un sondage IFOP publié hier dans les colonnes du journal du dimanche donne Anne Hidalgo en tête des intentions de vote pour les municipales à Paris.
Vous avez dit Benjamin Griveaux ? Oui.
Qu'est-ce que j'ai dit ? Vous avez dit Benjamin Griveaux. Moi je lui ai appelé Benjamin Griveaux.
Je crois que ce n'est pas exactement les mêmes parcours et les mêmes personnalités.
Pardon, c'est peut-être un lapsus. Vous nous direz si j'ai bien fait vous surnommé comme ça. Anne Hidalgo, je suis désolé. Anne Hidalgo donnez en tête donc avec 25% d'intention de vote. Devorachida Dati pour les Républicains à 19%. Benjamin Griveaux, cette fois c'est lui, serait à 15%. L'écologiste David Béliard à 14%. Et vous, Cédric Villani, à 13%. Est-ce que vous espérez toujours avec un sondage comme ça, à deux mois du premier tour, être maire à la fin du mois de mars ?
J'espère toujours être maire à la fin du mois de mars. Et je vois que ce sondage montre que je me suis maintenu depuis la déclaration de candidature, malgré le contexte où il a fallu tout faire soi-même en candidat indépendant. Monter des comités dans tous les arrondissements, mettre en place l'architecture, les plus de 200 bénévoles actifs qui aujourd'hui travaillent sur le programme, sur la mobilisation de terrain, s'occuper de lever les fonds par soi-même.
13% ça ne suffit pas pour être élu maire. Est-ce que vous espérez y arriver tout seul ou avec des alliances ?
Je crois que pour Paris, on a besoin à la fois d'être libre, indépendant et de réaliser les accords sur la base de projet, sur la base de projet et de vision d'avenir. Et j'insiste sur le fait que ce qui fait un fait marquant dans le sondage que vous évoquez, c'est qu'au-delà d'Anne Hidalgo et de Rachid Adati, les trois candidats qui suivent sont dans un mouchoir de poche.
Justement, vous évoquez les candidats qui suivent. Le fait marquant dans ce sondage, c'est qu'Anne Hidalgo est en tête et qu'il y a donc deux candidats. Deux candidats à La République En Marche, on le sait, vous, Cédric Villani et puis Benjamin Griveaux. Voici le message que vous adresse Sibeth Ndiaye, la porte-parole du gouvernement.
On se met dans une situation où le fait d'avoir deux candidats, ça favorise la réélection d'Anne Hidalgo, ce que nous ne souhaitons pas. Et donc, je crois qu'il faut regarder le candidat qui est le mieux placé, de toute évidence, et qui a aussi la légitimité démocratique de son parti, c'est Benjamin Griveaux. Et je souhaite très vivement que Cédric Villani puisse se ranger derrière lui.
Alors, est-ce que vous allez accéder à cette requête et vous ranger derrière Benjamin Griveaux ?
Et je crois qu'il faut en finir avec cette idée selon laquelle, qui serait comme il y aurait un gâteau d'électeurs attachés à un certain mouvement, que ce partage de candidats, on le sait bien, les candidats, Benjamin Griveaux et moi-même, ce sont des profils différents, des courbes de Saint-Platus en différence.
En quoi, justement, vous êtes tous les deux députés La République En Marche, tous les deux membres de ce groupe qui est le groupe majoritaire à l'Assemblée Nationale, et vous soutenez tous les deux Emmanuel Macron. Pourquoi est-ce que vous n'arrivez pas à vous entendre ?
Et ce sont, nous avons, excusez-moi, des projets et des stratégies qui sont différentes. Et d'un côté, je reste complètement fidèle et aligné avec les valeurs pour lesquelles je me suis engagé En Marche en 2017. Un parti qui dépasse les clivages, un mouvement qui était là pour dépasser les clivages, apporter la communication entre la société civile et la vie politique, et pour prendre en main, accompagner les grandes transitions vers le futur. Dans le cadre des élections législatives, c'était par exemple la transition, la construction européenne, mon premier engagement politique. Et ici, à Paris, c'est pareil.
Je m'engage parce que le projet que j'ai conçu avec mon équipe est un projet de réconciliation entre société civile et vie politique. Et les têtes de liste, les chefs de file que j'ai investis dans tous les arrondissements, reflètent bien cette coloration société civile. Parce qu'il s'agit de dépasser les clivages et parce qu'il s'agit de parler des grands enjeux du futur. Comme dans l'ouvrage que je publie maintenant, Le Nouveau Paris, les grands enjeux, agrandir Paris pour résoudre enfin les problèmes que Paris, si petit, n'est pas en mesure de résoudre.
Apporter plus de démocratie, par exemple avec l'élection, avec une assemblée de citoyens qui sera en miroir du Conseil de Paris, dont des citoyens tirés au sort. Et puis travailler sur l'innovation, sur la recherche, sur le futur. Et la transition écologique et sociale s'appuyant sur la réalité scientifique. Cédric Villani, vous l'entendez tout de même ? Excusez-moi, est-ce que vous voyez la même chose dans les autres campagnes ? Est-ce que vous voyez la même chose dans les autres campagnes ? Moi, je vois au contraire une campagne La République en marche officielle qui est passée de 21% d'intention de vote en juillet à 15% d'intention de vote maintenant. Qui a fait campagne ?
Donc c'est lui qui doit se ranger derrière vous ? C'est Benjamin Gleveau qui doit se ranger derrière vous ?
Qui fait une campagne à droite. Et évidemment, comme l'original est toujours préféré à la copie, perd des points, perd des voix au profit de Rachid Adhati. Et qui, au lieu de dépasser les clivages, embauche, recrute beaucoup de monde qui est là pour participer à un clivage droite-gauche, des affrontements contre la mer sortante.
Vous êtes irréconciliable aujourd'hui avec Benjamin Gleveau ? Ou il y a encore des contacts aujourd'hui entre vous ?
Que ce soit clair, je l'ai toujours dit, je suis un homme de dialogue et je travaille sur le projet.
Si vous appelez par exemple, vous vous prenez au téléphone ?
Ce qui m'importe, c'est le projet et parler à tout le monde qui est intéressé par une démarche éco-progressiste, écologie s'appuyant sur la rationalité, dépassant les clivages des sociétés civiles. Et si par exemple, le parti radical de gauche, après 40 ans d'alliance avec les socialistes, a décidé de me rallier, c'est précisément parce qu'il se reconnaissait dans mon projet. Je vous propose ma question. Vous êtes réconciliable ou pas avec Benjamin Gleveau ?
Ou ce sera lui et vous ? Est-ce qu'il ne pourrait y en avoir qu'un à la place de deux le 15 mars prochain ? Est-ce qu'il pourrait y avoir un seul candidat et pas deux ? Je ne me prononce pas sur le nom.
Vous parlez de réconciliation, j'ai toujours été adepte de la réconciliation. Vous me parlez de réconciliable ou pas, comme s'il s'agissait d'une question personnelle. Il s'agit d'une question de projet. Et quand je me lance, je suis toujours cohérent avec les valeurs pour lesquelles je me suis engagé.
Vous évoquez le projet, vous évoquez à l'instant votre projet écologique. Vous aviez tendu la main au candidat écologiste David Béliard il y a quelques semaines, mais la direction du parti Europe Écologie-Les Verts, vous avez dit, vous a répondu, vous a répondu, niette, il n'y aura pas d'entente avec les écologistes.
Excusez-moi, je me permets de nuancer. C'est David Béliard qui m'a tendu la main dans une interview de la mi-décembre en disant qu'il serait intéressant qu'il y ait une coalition climat dépassant les clivages.
C'est encore envisageable aujourd'hui ?
Et je crois que c'est encore envisageable aujourd'hui. Une discussion en particulier entre David Béliard et moi-même. Je vous rappelle que des personnes comme Yannick Jadot l'ont appelé de leur vœu.
Le parti vous a dit non. Le parti Europe Écologie-Les Verts vous a dit non. Julien Bayou, le secrétaire national du parti, a dit non.
David Béliard est le responsable de la campagne à Paris. Ce n'est pas mon rôle que de commenter les différentes prises de position au sein de l'Europe Écologie-Les Verts. Et ce qui m'importe, c'est de discuter de l'avenir de Paris. Le parti qui m'importe le plus, ce sont les Parisiens. Et la façon de leur apporter le meilleur projet dans lequel l'écologie, l'enjeu, l'enjeu majeur de l'humanité au XXIe siècle doit être présent. Je veux être le premier maire écologiste de Paris, écologiste s'appuyant sur les sciences et la rationalité. Et permettre de résoudre ainsi les problèmes du quotidien. la qualité de l'alimentation. Expliquez-nous cette phrase,
Cédric Védani, si vous voulez bien. En quoi votre expérience internationalement reconnue de mathématicien, de scientifique peut être utile aujourd'hui aux Parisiennes et aux Parisiens ? Je ne sais pas, prenons la question des transports. En quoi être un mathématicien est mieux qu'être un homme ou une femme politique depuis 20 ans qui a eu un autre métier que vous ?
Être mathématicien, c'est une école de raisonnement, de rigueur. Ça vous apprend à ordonner les choses et à travailler en équipe, va faire travailler des équipes pluridisciplinaires pour résoudre des problèmes complexes.
Par exemple, vous embaucherez des scientifiques à vos côtés à la mairie de Paris. Bien sûr.
Par exemple, vous parlez de transport et de mobilité. Bien sûr qu'il y a de la marge de progression par rapport à la régulation de la circulation, par rapport aux algorithmes qui régissent les feux rouges. Aujourd'hui, nous ne sommes pas à niveau à Paris. Est-ce que c'est normal dans une ville qui concentre en son sein des plus peut-être d'expertise en mathématiques et en algorithme que n'importe quelle ville dans le monde ? Aujourd'hui, nous ne parvenons pas à organiser nos transports de façon rationnelle.
C'est d'abord un problème d'algorithme à vos yeux ? La question des transports, de la circulation à Paris ?
C'est un problème d'humain, de règles, d'algorithmes et de coordination. Et un problème dans lequel on a tellement souffert de la lutte entre Paris et la région. Paris, l'entente entre les différentes couches du millefeuille administratif est indispensable. Pour résoudre les problèmes de Paris, il faut raisonner en dehors de Paris aussi. Il faut regarder les choses en face. En travaillant juste sur ce qui se passe dans Paris, vous ne pourrez pas résoudre les embouteillages. Il vous faut par exemple un plan métropolitain, il vous faut des parkings aux portes de Paris mais aussi loin de Paris à 5, 10, 15 kilomètres de Paris.
Tout cela fait partie d'un grand plan coordonné qui doit être pensé avec les différents acteurs, avec la technologie. Je vais vous donner un autre exemple. Regardez la façon dont les Vélibs se sont organisés et réorganisés.
Le service de location de vélo qui a été à Fiasco à Paris ces dernières années.
Ce n'est d'ailleurs pas une grande réussite de la municipalité sortante. Vous prenez vos Vélibs et ils sont sans arrêt. il y a tant de fois qu'ils sont en panne ou que...
Qu'est-ce que vous n'auriez fait ? qu'Anne Hidalgo n'a pas pu faire là-dessus ?
Ici, d'abord, à aborder les choses avec rigueur, avec une gestion qui ne fasse pas preuve, comme ça a été le cas sur plusieurs dossiers d'amateurisme. On a besoin de rigueur dans la passation de marché, dans la façon de tester. On a besoin aussi de vérifier, de voir comment les opérateurs traitent à niveau, avec toute la technologie disponible, le service qui doit être rendu. sur tous ces sujets, que ce soit les mobilités, que ce soit l'alimentation, que ce soit les émissions carbone, on a besoin de mesures, on a besoin de faits, on a besoin de rationalité et d'utiliser toutes les ressources de la technologie et d'innovation qui sont à Paris. Paris, c'est la ville lumière.
C'est une ville qui contient en son sein le plus de sciences que n'importe quelle autre ville dans le monde. Est-ce qu'on l'utilise à niveau ? Est-ce que c'est normal que des écoles extraordinairement inventives comme le SPCI ne soient pas utilisées pour apporter à Paris l'innovation qui permettra
d'inventer le futur ? Cédric Véléni, ce n'est pas à vous que je vais apprendre la précision des chiffres. Quand il est 8h51 sur cette horloge, je dois vous interrompre le temps du rappel de l'actualité. On parlera du logement dans un instant qui est un problème pour les Parisiens, pour les Franciliens et pour des millions de Français. D'abord l'actualité, résumée en une minute. Il y a un problème aussi sur lequel nous aurons besoin de voir les choses en grand. Bon, on va quand même faire les titres et on en parle dans une minute. Mélanie Delaunay.
Des élèves de première stressée et des profs remontés contre le nouveau bac. Des syndicats les appellent à refuser de surveiller les examens ou de corriger les copies des nouvelles épreuves de contrôle en continu qui commencent aujourd'hui. 4 milliards d'euros d'investissement annoncés avant la réception de 200 patrons au château de Versailles par Emmanuel Macron. Investissement de Coca-Cola, AstraZeneca, le sourire aussi sur les chantiers navals de Saint-Nazaire. 2 milliards d'euros de commandes pour construire 2 paquebots de croisière. Notre collègue a réagi comme il pouvait dans un contexte de violence.
Le délégué général du syndicat de police Alliance sur France Info ce matin, après la vidéo montrant un policier en train de frapper un manifestant déjà à terre. Samedi à Paris, il affirme que l'homme a craché du sang au visage du policier. Deux enquêtes sont ouvertes. L'épidémie se propage et fait un troisième mort en Chine pour la première fois des cas de coronavirus sont signalés dans d'autres villes, Shenzhen et Pékin. Un cas également en Corée du Sud. France Info et tout est plus clair.
Cédric Villani, conséquence de la flambée des prix de l'immobilier, de nombreux parisiens sont obligés de vivre dans des appartements trop petits. D'autres quittent Paris pour s'installer en banlieue. C'est une question qui intéresse la capitale mais aussi de très nombreuses grandes villes en France. Quelle est la mesure que vous, maire de Paris, vous mettriez en place qui n'a pas encore été mise en place ces dernières années ?
Cette crise du logement que vous évoquez est majeure. Ça dévitalise Paris, ça force des classes moyennes à quitter la capitale et ça fait partie de ce qui a vidé, de ce qui a fait que la population de Paris ces dernières années baisse. On parle de 12 000 habitants en moins chaque année. Et c'est à prendre extrêmement au sérieux. On a vu tout un cortège de mesures qui ont été adoptées ces dernières années, d'autres qui n'ont pas pu l'être même si elles ont été proposées. Il y a la question du Airbnb sur laquelle je pense que nous devons être plus fermes et limiter davantage le nombre de nuitées qui est possible.
Limiter, interdire dans certains arrondissements ?
Limiter, voire interdire dans certains arrondissements et rien que limiter, j'ai fait partie des collègues qui à l'Assemblée nationale ont proposé qu'on réduise de 120 à 60 jours par an le nombre de nuitées autorisées. Ça, ce sera dans votre programme ? Ça a été sans succès. Ce sera dans mon programme. Ce sera dans mon programme des contrôles plus sévères et une régulation plus sévère
de Airbnb. Est-ce qu'on peut envisager Cédric Villani de bloquer les loyers comme elle a fait une grande capitale pas très loin de chez nous, c'est Berlin ? Je voudrais juste ajouter
il faut toujours garder en tête sur ces questions de loyers le chiffre majeur les plus de 200 000 logements qui sont aujourd'hui vacants ou très peu occupés à Paris. Comment est-ce qu'on les remet sur le marché ces logements-là ? Et c'est une combinaison d'incitation à louer de renforcement de la pression mais on ne peut pas passer à côté de cette énorme ressource. Maintenant, il faut voir les choses en face aussi et si je peux dire quelque chose que la municipalité précédente n'a jamais mis sur le tapis le besoin de travailler sur ce sujet au-delà de Paris pas juste à l'échelle parisienne.
Paris, c'est 20 000 habitants au kilomètre carré c'est plus dense que New Delhi c'est plus dense que New York c'est plus dense que toutes les villes auxquelles vous allez penser. En revanche, si on regarde ce qui se passe en couronne tout de suite la densité tombe. On est à moins de 6 000 habitants au kilomètre carré en première couronne. Et ici, on voit comment nous payons ce qui est anormal dans Paris. Le fait qu'elle soit si petite, Paris.
C'est une forme d'égoïsme de la gestion de l'équipe sortante d'égoïsme municipal d'Anne Hidalgo que vous critiquez ?
Je critique l'incapacité à travailler sur ce genre de sujet de concert avec la métropole avec la région. Et le fait que nous devons voir les choses en grand pour le logement aussi. Les réserves...
Est-ce que vous regrettez, Cédric Villani, d'avoir présidé le comité de soutien à Anne Hidalgo en 2014 ?
Je ne regrette pas d'avoir présidé ce comité de soutien parce que le projet était le bon. Un projet qui a insisté sur l'écologie, un projet qui a insisté sur l'innovation, un projet dans lequel je me reconnaissais. C'est l'exécution.
Elle a mis en place son projet depuis.
C'est l'exécution. C'est la méthode qui a été défaillante.
Est-ce qu'elle a bien mis en place son projet, Anne Hidalgo ?
Je crois que l'exécution n'a pas été à la hauteur. On a vu une équipe qui a changé d'avis, qui a louvoyé sur bien des sujets, que ce soit les Jeux olympiques, la police municipale, l'exposition universelle ou encore, prenez le dossier en ce moment de rénovation de la gare du Nord. Pendant des années, la municipalité accompagne le projet et le travail avec les équipes, avec les cabinets qui planchent dessus. Et puis, alors qu'on arrive à terme, dit que finalement, ce projet n'est pas du tout au niveau et qu'il faut le revoir de fond en comble. Est-ce que c'est une gestion sérieuse ? Je ne le crois pas. Vous n'avez pas répondu sur le blocage des loyers. Vous y êtes favorable ou pas ?
En l'état actuel, je ne suis pas convaincu que le blocage des loyers soit la réponse. Je suis favorable à l'encadrement des loyers.
Ce dont je suis convaincu, c'est que... En fait, vous faites la même chose qu'Anne Hidalgo. On encadre les loyers comme Anne Hidalgo. On limite Airbnb comme elle également. Il n'y a rien de plus dans ce que vous annoncez, à part qu'il faut réfléchir au-delà des limites de Paris.
Mais c'est capital. Mais c'est capital. Le jour où nous aurons une métropole ponée, le jour où les départements, les communes limitrophes de Paris seront reliées à Paris sur une communauté de projet, avec des transports qui seront bien à niveau, avec un encadrement scolaire, un encadrement médical qui sera à niveau, ce ne sera plus un problème d'habiter dans ce Paris élargi. C'est cela le grand défi que nous avons. Et si on prétend qu'on va résoudre tous les problèmes de Paris en travaillant juste dans le périmètre parisien, c'est juste un mensonge.
Un autre enjeu qui touche aussi la vie quotidienne des Parisiens, celui de la sécurité. Est-ce que vous êtes favorable à l'installation, l'installation d'une police municipale à Paris ?
Je suis favorable à l'installation d'une police municipale à Paris. Une police de proximité, une police dans laquelle on aura fait des efforts, dans laquelle on aura de façon considérable mis sur le tapis la formation, la définition des tâches et la coordination. Tout à l'heure, vous évoquiez la question de l'armement. Derrière la question de l'armement, il y a la question fondamentale de la formation. Quels gestes ? Quelles procédures ? Quel comportement ? Et c'est ça le grand défi que nous avons pour la police municipale. Et pour moi, une partie aura un rôle d'intervention, une partie sera là en présence pour sécuriser le voisinage.
Ce sera une police municipale armée ou pas pour vous ?
Une partie sera armée, une partie qui sera en intervention et une autre partie ne le sera pas. Qu'on soit bien clair, dans une police municipale, il y a différentes fonctions. Il y a des fonctions support, il y a une partie qui est là pour verbaliser. Quand certains parlent d'armer, d'armer subitement 5000 policiers à Paris avec des armes létales, c'est cela que je trouve quelque peu effrayant. Vous avez là-dedans, dans cette police municipale, l'actuelle DPSP, une grande partie qui ont été uniquement formées à de la verbalisation. pas du tout formées à un port d'armes. Et il faut, là aussi, agir en responsabilité. On veut l'armement approprié, l'équipement approprié
pour les missions appropriées. Merci à vous, Cédric Villani, candidat et encore candidat à la mairie de Paris. Et l'info politique, n'oubliez pas, c'est aussi un podcast original sur France Info. Paris, la bataille, le feuilleton des municipales. Un nouvel épisode tous les vendredis. Un podcast à écouter sur franceinfo.fr, disponible aussi sur l'application Radio France.
Cédric Villani