Bertrand Bonello, réalisateur : "Pour que l'amour soit beau, il doit passer par l'abandon"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] jusqu'à 13h30 les midi de culture Nicolas herbaau Géraldine mosnvoir place à la rencontre aujourd'hui notre invité est réalisateur mercredi sortira dans les salles son 10e long métrage dire qu'il est l'adaptation libre du court roman d'Henry James la bête dans la jungle n'est peut-être pas suffisant alors certes du livre il reste l'angoisse sourde et irrépressible de la catastrophe le voisinage du pire l'imminence du drame celle que ressent l'héroïne Gabrielle Monier comme si une bête était tapie dans l'ombre mais dans ce film qui s'étire jusqu'en 2044 le temps n'est plus à l'angoisse mais à l'intelligence artificielle un temps sans douleur ni pressentiment un désert d'émotion Gabriel doit alors choisir se débarrasser de cette bête ou se jeter dans sa gueule batrand Bonéo bonjour bonjour bienvenue dans les midi de culture merci Bertrand Bonello quand est-ce que vous avez découvert ce court roman de d'enry James qui est connu lui qui a été beaucoup adapté ah c'est un roman qui m'a beaucoup accompagné que j'ai découvert peut-être je sais pas il y a une vingtaine d'années que j'ai relu régulièrement c'est un roman qui je je je crois qu'à l'endroit de de du mélodrame j'ai rarement lu quelque chose d'aussi précis déchirant beau émouvant tragique et voilà je pense que Henry James c'est quelqu'un qui qui qui c'est c'est vraiment ardif dans son dans son œuvre euh n'a pas son égal à un moment pour pour scruter l'âme humaine et et il a décrire vous avez dit que c'était une forme de d'excellence peut-être dans le dans le mélodrame euh vous y avez vu tout de suite une dimension psychanalytique ou parce que pour moi ce roman il parle de l'angoisse le roman parle de l'angoisse en fait c'est je je ce que j'aime beaucoup c'est que les deux sentiments dont le roman parle c'est l'amour et la peur h et que ce sont deux sentiments qui pour moi vont très très bien ensemble euh deux sentiments qui font qu'on se sent très vivant euh dans le cas de James c'est la peur d'aimer mais je veux dire la peur et l'amour ça peut être aussi la peur de la perte enfin il y a toute voilà et j'ai pousser c c ces deux curseurs en fait de la peur et l'amour très très très loin parce que du roman je n'ai pris que l'argument en fait euh l'argument qui est qui qui est assez simple qui est assez court et cetera et après je l'ai explosé en explosant le temps en explosant les époque en diffractant en diffractant tout ça mais en gardant ces deux sentiments très simples comme comme vecteur la peur et l'amour comment ça comment il travaille l'un avec l'autre euh la la peur qui est un sentiment qui est qui qui est magnifique aussi hein qu' qu'on qui est chassé en 2044 mais c'est ce que j'essaie de dire à ma fille tous les jours qui me dit qu'elle a peur je dis mais c'est bien d'avoir peur alors il y a deux sortes de peur alors dites-nous il y a une peur que je trouve très belle parce que elle fait qu'on est aux agaga comme un animal quoi et en étant au agé on est on on on est on perçoit le monde on le reçoit on perçoit on est présent à l'autre on est présent au monde on est plus lucide parce qu'on voit tout on regarde tout et cetera et après il y a une peur atroce qui est celle qui paralyse c'est celle-là dont il faut se débarrasser mais l'autre elle est elle est synonyme de de d'être vivant mais même celle qui paralyse elle est quand même intéressante Bertrand Bonello on peut pas les les les angoisses que ressent le personnage masculin chez Henry James mais que va ressentir hhéroï Gabrielle Mony interprétée par les sdou car c'est une inversion que vous faites aussi par rapport au texte d' Henry James vous n'explosez pas que le temps vous inversez aussi les rôles féminins et masculin même cette peur qu'elle ressent parfois et qui semble l'empétrer la la la pétrifier elle a quelque chose de de de magnifique c'est des moments en fait de latence de suspension on voit bien qu'il se produit des choses pendant ces moments-là de pétrification il se produit des choses et ça l'empêche de faire des choses ça l'empêche de s'abandonner ça l'empêche de s'abandonner à une grande histoire d'amour euh ça c'est pour la partie en 1910 et on peut dire qu'en 2014 des choses s'inversent puisque c'est lui euh qui même s'il ne le verbalise pas euh il verbalise d'une autre manière euh a peur de s'abandonner alors lui il le verbalise différemment il le verbalise par la haine en fait mais c'est c'est c'est c'est aussi l'époque qui n'est plus du tout la même il transforme sa peur d'aimer en elle ne veulent pas de moi donc je les déteste donc je vais les tuer on va revenir précisément sur cet argument parce que là vous allez vite sur ce personnage de Louis ou je rebondissais juste sur la peur VO voilà c'est ça donc sur la peur pour vous il y en a une mauvaise et il y en a une bonne et celle qui est bonne il faut la conserver à tout prix celle qui est bonne pour moi elle est elle est elle est synonyme d'être aux aget du monde et ça c'est toujours c'est toujours bien moi je crois je garderai les deux allez on va écouter la bande annonce on va revenir justement sur ces trois périodes sur la manière dont vous avez explosé le cadre du roman d'Henry James votre projet personnel travailler vous avez beaucoup trop d'affect faut choisir entre travail et les affectes oui l'intelligence artificielle peut vous aider à vous débarrasser de vos affectes on purifiant votre ADN vous allez replonger dans vos vies antérieures pour nettoyer les traumatismes dont vous avez hérité depuis des siècles j'ai ce sentiment très profond que quelque chose de terrible va arriver vous vous souvenez n'est-ce pas de quoi nous nous sommes déjà rencontrés [Musique] [Musique] qu'il a un risque bien sûr il y a une bête prête à Bir quelqu'un va mourir peut-être vous peut-être un proche votre film s'appelle la bête Bertrand Bonello il sort mercredi dans les salles il est avec l sou qui interprète Gabrielle Monier Gabriel Monier qui est donc persuadé qu'une bête et tapis dans l'ombre on la découvre en 2044 dans un monde dominé par l'intelligence artificielle et pour pouvoir travailler elle doit faire un choix renoncer à ses émotions et donc passer une expérience de purification à travers laquelle dans un grand bain elle va en fait retrouver ses anciennes vies et va être propulsé en 1910 en 2014 et à chaque fois au prise avec Louis lewansski interprété par George macket première question Bertrand Bonello sur cette traversée des époque pourquoi avoir voulu exploser ce cadre là de la nouvelle d'enry James qui peut-être contenait tout qu'est-ce que qu'est-ce qu'elle avait de de si puissant à être explosé alors il y a il y a pas mal de raisons euh il y a aussi que je voulais du contemporain je voulais pas juste faire un film d'époque ça c'est une des raisons et je tenais je reviens à ce mélange de l'amour et et de la peur je voulais le pousser au point de mélanger aussi les genres euh donc il y a une partie 1910 qui est espèce de film d'époque un peu mélodramatique et cetera puis dans 2014 on bascule quasiment dans un genre plus horrifique en face ce qu'on peut appeler un slashheer c'estàd gros une une femme seule dans une maison avec quelqu'un à l'extérieur qui veut la tuer et 2044 un autre genre qui est la science-fiction pour aller vite euh sout-endu par aussi l'idée de terreur absolument partout et je voulais que dans les trois époques il est à la fois une catastrophe intime mais aussi une catastrophe plus collective ça me permettait de raconter aussi quelque part une histoire des sentiment il y a pas que l'histoire de Gabriel et de de Louis euh par exemple qu' 1910 les sentiments sont très exprimés il y a quelque chose qui est très très très dans le dialogue avec beaucoup de de malice d'intelligence de sous-entendu comme ça en 2014 ils sont complètement refoulés puisque Louis euh bon j'en ai fait un ce qu'on appelle un inscel un célibataire involontaire un célibataire involontaire travaillé par la par la par la haine et par la la le désir de de de détruire euh mais en fait c'est parce qu'il est totalement incapable de de d'exprimer ses sentiments ils sont refoulés et en 2044 ils sont carrément supprimés donc il y avait une espèce de de scénario secret comme ça au-delà d'Henry James qui était aussi une histoire des sentiments mais c'est très ambitieux Bertrand Bonello de faire une histoire des sentiments qu'est-ce qu'on peut raconter après ça c'est dire après avoir fait je vous demande pas ce que vous allez faire après ce film là on attend déjà que celui-ci soit sorti mais faire une histoire des sentiments c'est pas seulement pour le plaisir mais on y reviendra de de mêler formellement les genres mais c'est aussi d'avoir presque une thèse d'avoir une la volonté de démontrer quelqu quelque chose mais en fait je crois que jamais je me suis confronté aussi simplement à ces sentiments là c'est-à-dire l'amour la peur et cetera et là j'avais envie peut-être que il y a une complexité évidemment du récit qui qui est assez ludique hein c'est on passe par toutes les époques et cetera mais à l'intérieur de ça d'être plus ouais peut-être frontal comme je l'ai jamais été et et et donc évidemment on se confronte au sentiment donc on réfléchit au sentiment après qu' a une forme d'ambition tant mieux ne toujours à quelque chose mais je dis pas que c'est une forme de prétention mais je dis que il faut presque être très sûr de soi et avoir une idée très claire de ce qu'on veut dire quand on veut en plus se confronter frontalement justement à à à l'amour et pourtant si vous savez à quel point je doute ça ça je n'en doute pas non plus maise mais le doute est un moteur aussi hein qu'est-ce que vous voulez dire sur l'amour que ça se perd qu'on refoule trop ben que que que un moment cette ça ne peut passer pour être très beau que par l'abandon et c'est peut-être ça que on est en train de de de de de perdre euh et c'est pour ça qu'il y a aussi une histoire très forte dans le film entre l'humain et la technologie hein c'est que comment comment comment on place ça à l'intérieur de de de de de de ces nouveaux modes et cetera on est aujourd'hui à la fois extrêmement connecté et j'ai rarement vu autant de solitude euh je crois que le le tout tout l'épisode à Los Angeles en 2014 parle aussi de ça elle est toujours derrière son ordinateur lui derrière son iPhone et quelle solitude elle est seule dans cette maison et pourtant elle n'a même pas une belle solitude c'est-à-dire qu'elle est toujours regardé tout en étant seule voilà c'est toute cette espèce de de de chose que que fabrique aussi les les temps modernes que dont j'avais envie de parler une figure récurrente en 1910 en 2014 et en 2044 c'est la figure de la poupée en 1910 Gabrielle Monier est musicienne mais elle détient avec son mari une usine de de poupée c'est la poupée Sophie si je me souviens bien et qui a une expression neutre ce qui donne lieu à une scène formidable si il faut voir votre film il faut voir au moins cette scène au moins pour cette scène là de de l'aedou qui est extraordinaire qui tout à coup fait l'expression neutre quelle quelle expression on donne à une poupée elle dit bah neutre ni joyeuse ni peureuse ni rien neutre et tout à coup la caméra se fige sur elle comment vous avez eu cette idée Bertrand Bonello de de prendre cette figure de la poupée aujourd'hui on aurait dû on aurait pu parler de robot mais vous vous avez choisi la poupée ce qui est un peu différent alors les poupées c'est vrai que j'en ai il y en a dans pas mal de mes films dans La Polonie j'ai fait un cour métrage aour de ça c'est c'est mais c'est une figure qui m'intéresse beaucoup parce qu'elle est d'abord je la trouve très cinématographique on l'associe toujours à quelque chose d'enfantin et en même temps il y a quelque chose de terrifiant dans les on la voit beaucoup aussi dans les films d'horreur on la voit beaucoup dans les films d'horreur oui exactement il y a quelque chose de terrifiant mais qu'est-ce qui est terrifiant dans la poupée c'est que quand on la regarde on ne sait pas il y a pas d'expression justement il y a on sait pas ce qui se passe dans le derrière et j'avais envie que que que à un moment évidemment Léa fasse ça et et et c'est la c'est d'ailleurs le le premier plan qu'on a tourné du film la première on a fait c'est la première prise et je je je j'espérais on espère toujours hein que quand on prépare un film et que je je pensais pas qu'elle serait aussi marquante en faisant ça cette scène ouais enfin Léa en fait mais parce qu'elle a le visage parfait pour ça c'est-à-dire que évidemment cette espèce de de plan comme ça où elle se fige qui dure quand même quelques secondes hein euh on se dit ok elle est elle est ravissante comme une poupée mais en fait ça devient très vite terrifiant parce qu'on ne sait absolument pas à quoi elle pense et et ça c'est c'est merveilleux pour le pour le cinéma ce qui est intéressant parce que c'est aussi un film sur une actrice que vous faites alors parce que on voit les assz doux du début jusqu'à la fin et il y a bien cette différence on parle souvent parfois aussi d'héroïnes ou d'actrices comme étant presque des marionnettes au service d'un metteur en scène alors là précisément vous la mettez face à des poupées donc entre l'actrice et la poupée il y a une différence qui est flagrante et que vous faites dans ce film oui oui oui après c'est certain que même l'ouverture du film qui est une longue scène sur fond vert dans lequel elle est absolument seul c'est aussi une manière de dire voilà mon sujet c'est elle mon sujet c'est elle et c'est c'était un désir que j'avais j'ai jamais fait de film auparavant avec un personnage féminin central j'ai fait la polonide par exemple mais c'est c'est un gros et cetera mais là d'être d'être de de de coller de coller comme ça à ce point-là à une actrice et d'essayer de de presque de rentrer dans son cerveau parce que le film est toujours à sa hauteur il est jamais on n'est jamais devant elle on n'est jamais au-dessus d'elle et cetera on est vraiment de son point de vue et et et et on rentre petit à petit dans son cerveau dans ses dans ses peurs dans ses affects voilà ça ça faisait partie des des des désirs de base du projet ouais et on aurait pu croire aussi que ça allait être un film sur une relation amoureuse il y aurait une partie égale entre le rôle masculin et le rôle féminin à quel moment ça s'est décidé que le rôle féminin finalement serait celui qui dominerait le tout et que ce serait à la fois sur l'amour mais en fait l'amour du point de vue d'une personne qui décide à un moment donné de ne se de se lancer ou pas dans l'amour bah ça ça s'est décidé assez tôt parce que c'est vrai que dans un film soit on adopte plusieurs points de vue soit on décide on est uniquement avec un personnage donc ça c'était le choix c'était d'être uniquement avec D le début vous aviez cette idéel que euh le personnage je l' assez douce serait le moteur de de votre histoire ou le début et et encore une fois la première scène que j'ai écrite c'est ce prologue sur fond vert qui montre bien que voilà il y aura rien d'autre que ce sera on sera le horchamp et cetera enfin tout tout est dit en fait dans le prologue quelque part et après il se décline il se décline avec avec toutes les scènes mais tout est dit très tôt ouais salut c'est Elliot Roger bien voilà c'est ma dernière vidéo ça doit se finir comme ça demain c'est le jour du châtiment le jour où j'aurai ma vengeance contre l'humanité contre vous tous pendant les dernières années de ma vie depuis ma puberté j'ai été forcé d'endurer une vie de solitude de rejet de désir inassouvis tout ça parce que les filles n'ont jamais été attirées par moi les filles ont donné leur affection du sexe et leur amour à d'autres hommes mais jamais à moi j'ai 22 ans et je suis toujours vierge la voix d'iot Roger donc le 22 mai 2014 vidéo que l'on peut trouver sur internet ou tout simplementellotog qui est l'auteur de la tu de M qui perpéé 23 mai 2014 c'était en Californie c'est ce qu'on appelle un Insel un célibataire involontaire et c'est à partir de ce personnage là que vous êtes inspiré du personnage de Louis pour la période de 2014 pourquoi avoir été puisé aussi proche de nous et notamment en fait dans ce phénomène là euh voilà qui sont parce qu' à la fois en fait internet la tuerie de masse et puis la solitude extrême euh de certains hommes alors c'est en fait moi j'ai découvert bon comme pas mal de gens hein ces vidéos en 2014 euh et elles m'ont absolument mais extrêmement marqué alors au-delà au-delà de l'atrocité de la tuerie et du fait que après bon il poste les vidéos puis suicide et cetera mais en fait ce sont les vidéos elles-mêmes qui m'ont marqué et là ça rien qu'en les réécoutant je les ai pas entendu depuis longtemps mais ce qui m'avait marqué c'est c'est le c'est presque la douceur euh il y a pas il y a pas de folie enfin il y a de la folie dans ce qui qui raconte évidemment mais il y a pas c'est pas Jack Nicholson dans Shining il y a quelque chose comme ça de très calme comme ça et qui est encore plus terrifiant donc c'est vrai que j'avais noté ça dans un coin de ma tête et quand j'étais en train de de d'écrire le scénario et que je cherchais un un basculement c'est-à-dire que ce soit une dans une période plus contemporaine lui qui est une peur d'aimer je me suis dit bah en fait voilà il y a derrière derrière cette C ce discours atroce il y a peut-être aussi la peur de s'abandonner et c'est le moment dans votre film ou Bertrand Monello dans dans dans votre film la bête où presque tout bascule c'est-à-dire on a l'impression d'être dans un film d'époque on se dit qu'on va être transféré à une autre époque on l'impression que ça va être presque un catalogue d'époque avec la même problématique mais il y a quelque chose qui prend de l'ampleur avec avec et je ne saurais comment le dire j' pas comprendre en fait comment vous basculez justeement finalement les personnages ne changent pas tellement en revanche ce sont les époques qui changent et qui fabriquent les personnages on voit bien que en 1910 il a une c'est une époque qui est prise dans dans les conventions de l'époque et donc ça fabrique aussi euh le le les attitudes des personnages et leur décision en 2014 euh ce dont on parlait tout à l'heure de la de de l'extrême connexion qui fabrique une extrême solitude euh en plus dans un pays comme les États-Unis avec les les les armes en vente libre avec la mise en scène de soi et cetera fabrique ce genre de personnage c'est pour ça que j'ai j'ai j'ai j'ai fait cette partie en anglais et et aux États-Unis parce que c'est il y a force il y a évid des insell partout dans le monde et et des hommes qui désirent tuer des femmes partout dans le monde mais cette manière de se mettre en scène pour moi elle est c'est un produit de la culture américaine mais lui finalement il est il est presque le même qu'en 1900 on le quitte en 1910 Gabriel se refuse à lui scène d'après il est en 2014 il dit aucune femme ne veut de moi voilà il est aussi le produit de ce qu'il a été c'est c'est c'est toute la construction du film qui qui est un petit peu faite comme ça et puis à travers d'autres films comme je pense à coma par exemple qui date de 2000 201 où là vous suiviez une jeune fille qui justement vit dans ce monde de 2019 avec des vidéos avec des vidéos YouTube des images des tutos les réseaux sociaux c'est un autre type d'image on a parlé de la forme ce qui vous plaisait aussi dans ce film et dans cette traversée des époques c'était de confronter un film historique à de la dystopie à de la science-fiction à un slasher mais qu'est-ce que c'est le type d'image que produit internet alors c'est je prends la question à l'envers c'est-à-dire que on on on est on vit aujourd'hui dans un monde où où on est entouré d'images abreuvé de tout côtés absolument tout côté la question c'est enfin que moi je me pose hein c'est quoi une image de cinéma en fait à l'intérieur de ce de ce flot d'image c'est comment on pourrait se dire comment faire pour que ce ne soit pas une image de plus mais une image quand même euh vraiment du cinéma ça veut pas dire qu'elle doit être plus jolie ça veut pas dire qu'elle doit être oui mis en scène oui mais c'est pas et toutes ces images qui nous entourent comment les accueillir dans le cinéma donc y a une hybridité comme ça dans le film parce que j'accueille aussi ces images qui nous entourent et j'essaie d'en faire des images aussi de cinéma tout en respectant leur nature que ce soit esthétique ou que donc voilà ça ça a été c'était vraiment un des enjeux aussi de de toute la partie en 2014 et comment le film dont vous parlez en effet il n'est fait que de ça il n'est fait que de de de d'hybridité comme ça de d'imag mais qui sont notre notre contemporain aussi mais vous qui êtes cinéaste Bertrand Bonello et qui a qui travaillit en fait on dit de vos films qu'ils sont extrêmement mis en scène extrêmement maîtrisés vous avez une attention particulière quand même alors j'imagine que c'est sur bon sûrement le cas de d'une foule de de Cinéas peut-être l'envie première mais pour vous comment vous décririez le type d'esthétique qui se dégage euh dans par exemple un un un un monologue F caméra une prise de vue réelle d'un helliot Roger est-ce que c'est ça la nouvelle esthétique quelle est sa force où est sa puissance c'est quoi le type de mise en scène enfin décryptez-moi une image de Liot Roger pour moi Bertrand mon bah Elot Roger oui pour le coup il y a de la mise en scène de soi hein c'est mais c'est c'est c'est aussi ce que ce que fabrique ce la la la la surpuissance des réseaux sociaux c'est qu'on se met en scène voilà donc ilot Roger il a ce discours et c'est bien que vous ayez mis une archive parce qu'on voit bien la douceur de sa voix comme ça et il va toujours chercher un cadre très particulier avec un coucher de soleil dans sa voiture et il y a des vidéos la plage vidéo il parle de ses vêtements il dit j'ai des lunettes de soleil qui coûte 300 dollars pourquoi les filles ne veulent pas de moi enfin c'est c'est c'est c'est c'est dingue ce que ça peut raconter en fait sur sur sur sur sur l'époque il est plutôt mignon enfin il y a quelque chose comme ça on n'est pas du tout dans la ni dans la colère et ce calme atroce avant la tuerie moi il m'avait vraiment vraiment terrifié mais oui c'est mis en scène c'est mis en scène et d'ailleurs après avoir tué il poste il poste pour bien montrer qui il a été c'est ce qui veut dire que vous vous servez du des matériaux vous l'avez dit he bertr on est des produits de notre époque les images aussi en sont à la fois des produits et des reflets c'est des symptômes qu'on peut analyser ce qui veut dire que votre film qui situe 1910 on l'a dit 2014 2044 aujourd'hui on est en 2024 est-ce que c'est un film que vous vouliez aussi faire sur le présent oui parce que je pense que alors quand on fait donc il y a une partie science-fiction futur qui est très proche 2024 c'est 20 ans donc c'est vraiment un futur qu'on touche du doigt c'est demain c'est vraiment demain et et vu comme l'intelligence artificielle a pris un énorme une énorme place dans l'année qui s'est écoulé je je je JEI mon film était fini mais j'aurais peut-être dû mettre 2029 quoi mais je pense que la science-fiction c'est une manière c'est a plusieurs avantages ça permet d'avoir des concepts on on invente des concepts on invente un futur donc on invente des concepts là par exemple le fait que l'humanité a échoué et que l'intelligence artificielle a entre guillemets réussi euh le concept qui qui qui qui qui préfigure enfin qui est au début du film à savoir Gabriel qui doit choisir entre un travail à la hauteur de son intelligence ou pouvoir aimer enfin avoir des sentiments enfin c'est des concepts que que la la science-fiction permet mais je crois aussi que ça permet de de parler de nos peurs du présent en parlant du futur on parle de nos peurs du présent et et le film évidemment il parle de de de de ce que je peux ressentir comme comme comme peur sur sur l'époque qu'on traverse mais des peurs qui sont liées à cette peur de l'abandon comme vous le disiez ou peur de la disparition des des émotions est-ce que c'est en plus on on on il y en a beaucoup des peurs on a on a de quoi mais par exemple même la peur de la mort c'est qu' on l'a vu pendant le covid et le confinement c'est qu'il y avait une sécurité extrême qui était mise en place on avait peur de mourir et c'était dit très clairement et tout a été mis en œuvre pour qu'on ne puisse pas mourir euh est-ce que c'était aussi une manière de dire avec ce film laissez-vous aller à l'amour d'accord mais en fait prenez des risques euh un plaéidoyer presque pour le risque pour le mal l'existence du mal alors ça ça je l'aurais toujours et j'ai fait quand même quelques films qui sont qui sont sur l'idée de de de de oui de prendre un risque parce que comme le dit la voyante jouée par Elena lowenson dans le film un risque c'est beau c'est c'est vivant enfin c'est vrai euh et c'est vrai que le le le le le risque est quelque chose qu'on je dis pas qu'il disparaît enfin en tout cas que que qui est très cadré bordé enfin c'est euh donc oui dans dans les mais après dans les peurs contemporaines ça peut aller en effet du rapport entre la technologie et et l'humain on va dire euh à quel point les affects sont quand même déjà très mal menés euh pas de la manière dont on parle en 2044 mais ils sont quand même très mal menés euh à quel point la la le le le le narcissisme aussi a pris a été tellement devenu un un mal du siècle que que que que il y a plus de bon sens en fait euh donc voilà qu ce ce ce cette description du futur parle aussi de de de de de cette catastrophe du présent aujourd'hui est-ce que vous avez le sentiment bertrom monolo de faire des films générationnels c'est-à-dire sur des générations avec cette traversée des époques mais on pourrait parler aussi d'autres films que vous avez il y a vous avez fait un film sur Rif Saint-Laurent c'était un certain moment de sa vie entre la fin des années 60 et le milieu des années 70 je pense à Nocturama aussi qui s'adresse qui parle en tout cas d'une jeunesse je pense aussi à l'apolonide où là vous mettez en regard des générations on voit des prostituées dans une maison close les dernières images sont des images d'une prostituée sur le sur le périf est-ce que vous avez l'impression de faire des films du coup générationnels euh c'est pas évident que enfin c'est plutôt à d'autres gens de répondre pas plus qu'à moi ce dont je me suis aperçu depuis une dizaine d'années c'est que mon public s'est beaucoup rajeuni je vois quand je me déplace et cetera énormément rajeuni je pense que Nocturama est pour beaucoup qui a un film qui a été un peu compliqué à sa s sorti parce qu'il était concomitant avec des attentats alors que ce n'était pas le sujet du film je rappelle que c'était l'histoire d'une bande de jeunes qui décidait de poser des bombes dans un grand magasin qui posait quatre bombes dans Paris simultané et j'étais en plein montage quand il y a eu les les les quatre attentat simultané et cetera donc la sortie du film a été un peu fagocité par par l'actualité euh mais c'est vrai qu'aujourd'hui c'est c'est peut-être le film dont on me parle le plus et que c'est vraiment une une génération assez jeune en fait euh donc est-ce que je fais des films générationnels euh je crois que que les jeunes qui viennent me parler ils sont assez touchés aussi par le rapport à la musique dans le film qui leur parle beaucoup à la forme à s'amuser un peu avec les temporalités vous parliez de la polonide qui se passe en 1900 et tout d'un coup il y a un épilogue qui se passe en 2010 enfin c'est voilà tous ces jeux formels je crois que il ils séduisent un public assez jeune ouais et puis vous travaillez quand même des problématiques très très actuel c'est que le le fait de prendre on le disait des images en prise de vue réelle enfin des des réseaux sociaux le fait de de de de se reconnaître en fait c'estd que Gabriel moniel est assez doux c'est c'est nous en fait oui oui oui c'est j'essaie quand même aussi de de toujours inscrire ça dans notre contemporain peu importe que le film se passe en 1910 en 2014 ou en 2044 je sais qu'il raisonne aussi avec le contemporain c'est la grande la grande angoisse qu'on a quand on fait un film d'époque moi je l'ai eu avec La Polonie depuis avec Laurent et je l'ai aussi en travaillant la parti en 1910 c'est comment faire pour que ce soit pas quelque chose de passé de poussiéreux de de de de que ce soit pas un musée mais que ça raisonne complètement avec ce qu'on peut les questions qu'on peut se poser ou les ou les émotions qu'on a envie de ressentir aujourd'hui Bertrand Bonello vous parliez de musique justement on va écouter tout de suite la musique [Musique] les midi de culture jusqu'à 13h30 Géraldine mosnavis Nicolas herb on fait plus que d'écouter de la musique puisqu'on écoute une musique que vous avez composé Bertrand Bonello de l'apolonide souvenir de la Maison Close pourquoi cette importance accordée à la musique Bertrand Bonello hormis le fait que vous avez ét musiciens ne répond pas ou non non non mais c'est vrai que c'est un peues mes premiers amours et et voir mon premier métier hein euh mais c'est je suis quand même obsédé avec l'idée que dès l'écriture du scénario enfin vous avez déjà la musique en tête ben en tout cas oui je commence déjà à enregistrer des choses j'ai mon bureau et à côté j'ai un petit studio et ceera et je commence déjà à enregistrer des choses le que l'idée que le l'image et le son doivent travailler ensemble et non pas séparément l'idée que la musique ne doit pas être illustrative mais elle doit raconter quelque chose donc c'est pour ça que j'aime bien y penser dès le stade du du du scénario mais alors par le morceau que vous venez de passer donc c'est c'est qui c'est dans l'apolonide H et ça vient je me souviens très bien j'étais en train de tourner et je ne trouve c'était des scè de salon donc avec des clients et des prostituées et j'arrivais pas à trouver dans la mise en scène le le le bon niveau de voix c'est-à-dire que soit les gens parlaient trop fort et ça faisait un petit peu cliché du début de début de siècle j'aimais pas soit il parlait très doucement on aurait dit une église alors qu'on est quand même dans un bordel et je suis rentré chez moi après cette première journée de tournage dans les salons je il y a un truc qui va pas c'est le son le son le son le son et je me suis dit qu'est-ce qui peut être assez doux sans que ça fasse église j'ai pensé à l'opium en fait j'ai pensé à la drogue et donc j'ai qui rythme d'ailleurs aussi exactement qui rythme beaucoup le F film et cetera et donc j'ai commencé pendant la nuit avant la prochaine journée de tournage à enregistrer à enregistrer ça avec des des violons chinois et trouver une ambiance opiacée qui permettait de la de la de la douceur sans que ce soit non plus une église donc voilà parfois la musique elle vient aussi répondre à à quelque chose presque de narratif ou de ou de l'ordre de la mise en scène ça vous donne aussi des des réponses presque sur la manière dont les comédiens les acteurs et les actrices doivent parler doivent jouer ben oui c'est vrai que je je comme j'arrive sur le plateau que les musiques sont je dis pas qu'elles sont finalisé mais je veux dire j'ai quand même beaucoup de choses parfois il peut m'arriver de faire écouter un acteur une actrice mais voir un technicien je sais que la chefératrice des fois je lui fait écouter la musique qui aura et tout d'un coup ça ça ça lui indique la vitesse de son panoramique ou de de son mouvement de caméra enfin c'est c'est c'est et ça met toute une équipe dans une ambiance finalement voilà et ça fait travailler les choses en même temps en fait moi j'ai j'ai j'arrive enfin j'aime pas quand il y a le scénario puis la mise en scène puis la musique tout est dissocié j'aime bien penser les choses comme un comme un tout et pour ça que dis toujours je n'écris pas un scénario mais j'écris un film donc j'ai pensé les choses comme un tout et qu'elle travaille vraiment ensemble est-ce que il y a des moments où où ù où la musique vous vouliez telle musique telle ambiance et et et en fait ça ne collait pas avec le propos que que vous aviez est-ce que vous avez eu presque des conflits internes intérieurs entre vous et vous-même là-dessus c'estd vous teniez une chanson parce qu'il y a aussi des musiques que vous composez mais il y a aussi une une bande son avec des chansons des titres populaires qu'on peut connaître euh et là vous AZ dit je veux cette chanson là mais vraiment ça ne colle pas du tout avec avec ce que je veux avec ce que je veux dire il y a quelque chose qui est trop décalé là non en fait je je les les les les morceaux qui ne sont pas de moi que je mets qui sont souvent des morceaux pour les scènes de boîes de nuit moi j'aime bien les scènes de boîes de nuit j'aisou euh en fait je mets très longtemps très longtemps à les décidé c'est pas juste ah j'aime bien ce morceau je vais le mettre je mets très longtemps parce que je je je je il faut vraiment qu'il arrive à raconter quelque chose soit sur le personnage soit sur le sur le récit soit sur et et donc comme je mets du temps logiquement je voilà je j'ai jamais eu de conflit et puis en fait je m'entends assez bien avec moi-même vous avez de la chance euh et ces scènes de de boîte de nuit alors parce que on on il y en a plusieurs je pense à Saint-Laurent des scènes de danse de fête dans dans la polonide et là dans la bête il y a cette boîte de nuit que vous imaginez une boîte de nuit géniale qui fait rappelle beaucoup d'ailleurs le serveur a fait beaucoup penser à Lynch c'est à à à à ce nain dans Twin Peaks avec les rideaux rouges il est toujours là euh c'est un lieu un peu mystérieux on sait pas où il est et puis c'est une boîte de nuit et puis un jour c'est une boîte de nuit qui s'appelle 1972 on ne diffuse que des chansons de l'année 1972 puis après c'est 1980 donc que des chansons de 1980 quel est le plaisir que quel est le plaisir que vous avez à à filmer ces moments de danse collective alors le barman moi il me faisait penser au barman de Shining en fait mais oui c'est la deuxième fois que vous parlez de Shining oui oui euh non mais je trouve que c'est alors les boîtes de nuit c'est quelque chose de d'assez difficile à faire et je crois que le secret c'est vraiment faire très attention à la figuration parce que c'est ça qui fait qu'à un moment on est dedans ou pas et puis après savoir vraiment comment mixé très fort sans assommer les gens mais mais j'aime beaucoup les scènes de de de de danse parce que je trouve qu'elle raconte beaucoup d'un personnage euh elles sont c'est extrêmement impudique de danser devant la caméra et je trouve que les c'est autant sur une scène d'amour bon voilà je je mais une scène de danse je trouve que c'est encore plus impudique qu'une qu'une scène d'amour on on on on donne beaucoup de soi on montre beaucoup de soi quand vraiment on se laisse aller hein et et donc c'est des fois je trouve qu'une scène de danse se raconte plus que beaucoup de dialogues et donc je voou j'ai dans la bête il y a il y a au moins quatre quatre ou C scènes de de boîte de nuit mais même les scènes en 2014 avec lesass douou elle raconte énormément un d'elle de sa solitude sur la première de sa de du moment elle lâche tout sur la sur la seconde enfin c'est c'est des choses qu'on on pourrait peut-être pas exprimer avec les mots et pourquoi avoir choisi 1972 1980 et puis la boîte en en 2014 ça c'était pour le pur plaisir d'avoir des moments de dansse très fort avec des musiques très distinctes et des même des gestes très différents de l'une à l'autre bah alors c'est c'est c'est dans cette année 2044 où les gens sont quand même très très très seuls apparemment dans ce peu en fait oui il y a j'ai inventer cette espèce de lieu qui est comme un sas où on on peut se laisser aller et donc il revisite le passé mais c'est un peu comme si le présent était quand même en 2044 tellement dur que le passé devenait un refuge aussi donc en effet c'est ces boîtes de nuit à thème j'ai mis 1972 parce que je voulais à un moment une danse un peu chaude comme ça avec de la de La Saule et cetera 1980 pour sa froideur aussi si on traverse un petit peu aussi ce qu'on a pu traverser et 63 parce que je tenais à TER ouais je tenais à terminer par ce morceau de Roy Orbison qui est de 1963 parce que le texte raconte le film enfin c'est espèce de de d'amour qui traverserait toutes les saisons et tous les âges qui serait toujours toujours toujours vert c'est un petit peu ce à quoi aspire les asszou est-ce que vous avez l'impression Bertrand Bonello pendant ces scènes de danse que vous filmez que c'est un des des à la vois un moment très impudique mais que c'est aussi un moment presque de de fusion ou de trans avec une équipe que c'est presque un des des moments parce qu'il y a très peu de scènes de danse en fait dans les films ENF j'ai pas l'impression d'être tant frappé que ça par des réalisateurs qui font beaucoup de scènes de danse est-ce que on sent qu'il y a une un plaisir pour vous à le filmer est-ce que c'est un moment de jubilation collective oui c'est vrai que c'est un ce sont des scènes que que l'équipe adore faire faire euh parce que c'est c'est quand même pas simple donc c'est quand les scènes sont difficiles à un moment tout le monde est beaucoup plus concentré quelque part que faire un champ contrechamp dans une cuisine des fois ça se déconcentre mais quand on tournait la scène de l'incendie ou la scène de la noyade ou les scènes de boîtes de nuit on sent toute l'équipe très motivée et puis ça va aussi avec des mouvements de caméra quand même assez complexes assez difficile à faire donc oui tout le monde est très sur le coup comme on dit merci beaucoup Bertrand Bonello de vous avec lesassdou et GE on pourra voir donc la bête ce sera mercredi dans les salles et c'est en partenariat avec France Culture nous terminons chaque émission en musique vous avez le choix entre deux chansons qui sont dans votre film Evergreen ou Madame Butterfly laquelle choisissez-vous [Musique] Evergreen hours in summer it will grow the A in the wi when the cold wind begin toow but Everen [Musique] en will the [Musique] and when love is [Musique] gre green like love for you so hold my hand and tell me you'll be mine through laughter or through tear then let the Roy orbon Evergreen on en a parlé avec vous encore merci Bertrand Bonell un grand merci auss à l'équipe culture qui sont préparé par marchand lauraz et de la selle réalisation Nicolas berger prise de son marieaire Ouad pour écouter cette émission rendez-vous sur le site de France Culture ou sur l'application Radio France merci beaucoup Nicolas à demain demainal
Xavier Bertrand