Le cinéma est-il mort ?
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Cherche spectateur désespérément. Avec l'entrée en vigueur du pass sanitaire en juillet dernier, la fréquentation des salles a drastiquement baissé. Un public divisé par deux. Alors bien sûr, il faut nuancer. Certaines salles sont plus touchées que d'autres. Les multiplexes, par exemple. Et puis, certains films sont des boosters. Merci, Kaamelott. Il faut dire aussi que les plateformes Netflix, Amazon et Disney ont fait le plein pendant ce temps. Alors, concurrence déloyale ou saine émulation, Godard avait déjà prophétisé à sa façon la mort du cinéma. Il paraît que même Louis Lumière, son inventeur, ne lui voyait pas d'avenir.
S'il fallait donner un titre à cette émission, ce serait ni la dernière séance, ni Adieu ma concubine, mais plutôt No Time to Die, pas le temps de mourir. Le prochain James Bond sans cesse repoussé qu'on attend bientôt sur les écrans. Cinéma, clap de fin, point d'interrogation. C'est la question qu'on se pose aujourd'hui. Et bien sûr, on attend vos réactions sur le site ou sur l'appli de France Inter. Et comme tous les jours, on commence l'émission en ouvrant le journal. C'est Society qu'on feuillette ce matin avec un sujet coquin. Bonjour Hélène Coutard. Bonjour. Vous revenez dans les pages de Society sur la saga du Womanizer, le sex toy pour femmes, le plus vendu au monde.
Et vous avez rencontré son, et ça d'ailleurs, parce que sa femme a aussi travaillé sur la question, vous allez nous le raconter, son et sa créateur, créatrice.
Oui, tout à fait. Ça a été inventé par un Allemand de plus de 70 ans qui s'appelle Michael Manké, et en effet, sa femme, qui s'appelle Brigitte, c'est des Bavarois qui ne travaillaient pas du tout dans l'industrie du sex toy jusqu'à il y a peu. En fait, Michael, c'était un ingénieur agronome qui n'a pas fait ça pendant très longtemps, qui est ensuite devenu inventeur et qui a inventé toutes sortes de choses très différentes dans la luminothérapie, dans la cosmétique. En fait, il est devenu riche assez jeune, avant ses 30 ans, avec un procédé qui permet aux plantes de rester miniatures. Alors avec ça, il est devenu très riche.
Il aurait dû arrêter de travailler, mais il a décidé de continuer à inventer des choses et d'autres. Et jusqu'à 2013, où il découvre ce qu'on appelle l'orgasome gap, en anglais, le fossé de l'orgasme, qui définit, en fait, le fait que les femmes hétérosexuelles ont moins d'orgasmes que les hommes.
Et donc là, il se dit, il faut régler ce problème.
Oui, il se dit, en bon ingénieur, qu'il doit forcément une solution à ce problème. Et il va aller la chercher dans la technologie. Il va essayer d'inventer quelque chose qui va stimuler le pétorisme, puisque ses recherches l'ont fait comprendre que c'est par là que les femmes avaient un orgasme, en tout cas, la plupart du temps. C'est un organe qui a beaucoup de nerfs, donc il faut le stimuler, mais subtilement. Donc il va essayer de trouver un procédé qui marche comme ça. Donc il va se tourner vers quelque chose qui marche à air pulsé un peu. Sauf que, évidemment, Michael ne peut pas le tester. Donc c'est là que sa femme Brigitte va tester tous les procédés qu'il invente pendant deux ans.
En lui disant parfois, là, il y a un peu trop d'air, là, il n'y en a pas assez, parce que vous racontez, il est assez savoureux, mais comme il est midi, on ne va pas non plus trop en dire. Et ce qui est intéressant aussi, c'est que cet homme, donc Michael Lenke, n'a pas du tout conscience qu'il se joue là quelque chose de très féministe. Puisqu'on le sait, mais l'histoire du clitoris l'a montré, il a disparu des planches anatomiques dans les années 1920 à peu près, pour réapparaître qu'après les années 2010 en Occident.
Oui, Michael, j'en ai parlé avec lui lors de l'interview. Maintenant, il s'est fait assez qu'il est, mais à l'époque où il inventait le Womanizer, entre 2012, 2013, 2014, lui, il n'avait pas, il ne partait pas d'une réflexion féministe, il voulait juste trouver une solution à un problème. Depuis, évidemment, il a bien compris que son invention a eu une portée féministe. Déjà dans les années 60, les féministes de la seconde vague pensaient déjà que le sexe-tête pouvait être un outil de libération, puisqu'il était fin à une dépendance de l'homme et il permettait l'orgasme qui était considéré comme un droit fondamental.
Alors, Michael McKay était loin de toutes ses considérations, mais il a quand même inventé un exceptionnel.
Et qui concerne aujourd'hui 4 millions de femmes, en tout cas, qui a été vendu à plus de 4 millions d'exemplaires. Et ce qui est intéressant, c'est qu'on ne le trouve pas forcément dans les salons porno qu'on peut imaginer, mais plutôt dans des salons liés au bien-être. C'est là qu'il fait ses ventes.
Oui, ça c'était très important pour Michael et c'est devenu ensuite très important pour l'entreprise qui a racheté la technologie. Il ne voulait pas du tout que ce soit lié à la pornographie puisqu'il voulait vraiment que ce soit quelque chose de très accessible, de très accepté et que ce soit quelque chose qu'on puisse s'offrir en famille. Donc, il ne fallait pas que ce soit trop sexuel, ce qui est un peu paradoxal puisque ça reste un sex toy, mais en effet, il est vendu comme un produit lifestyle et quelque chose qui est bon pour la santé.
Eh bien, merci Hélène Coutin, car ce sujet sur le Womanizer est à retrouver dans les pages de Society.
Vous venez sur votre magnétoscope d'enregistrer un film à la télévision. Le cinéma français est en péril de mort. Tout dépend comment on définit le cinéma. Peut-être que ce n'est pas seulement dans les salles ou sur les sites, les plateformes de cinéma qu'on continue le cinéma, mais peut-être dans un art qui est quand même assez voisin, qui est un peu un art jumeau, qui est celui de la série télé. Et c'est pourquoi le cinéma français va s'arrêter. Si les arts se refusent à être autre chose qu'un percepteur insatiable, il va tuer ce qui fut la seconde industrie française.
Si vous deviez faire un pari sur l'avenir, c'est-à-dire si vous aviez le choix entre cinéma et télévision, vous, Mireille Dark, et personne d'autre, qu'est-ce que vous prendriez ?
La télévision. Le futur du cinéma, malheureusement, il n'est plus là. C'est comme se battre pour qu'une espèce animale ne disparaisse pas. Les tigres vont disparaître, quoi qu'il se passe. Les salles de cinéma sont vouées à disparaître, quoi qu'il se passe.
Extrait d'un medley vidéo diffusé en mai dernier sur France Culture, sur le site internet de France Culture, avec la voix de Mathieu Kassovitz qu'on vient d'entendre en prophète qui termine cet extrait. Quatre invités pour parler du cinéma aujourd'hui. Nathalie Cosserdan, bonjour. Bonjour. Vous êtes directrice générale de la FEMIS. Sophie Robert, bonjour. Bonjour. Vous êtes coprésidente du cinéma Le Bretagne à Guichin. C'est bien comme ça qu'on prononce ? Guichin,
en Ile-et-Vilaine ? Oui, c'est bien ça.
Et merci aux techniciens à Radio France Armorique. Je pense que c'est à Radio France Armorique de nous permettre la liaison en duplex. Valérie Lépine-Carnic, bonjour. Bonjour Thomas. Vous êtes présidente de l'Union des producteurs de cinéma. Et enfin, Guy Métodicino, bonjour. Bonjour. Critique cinéma pour Télérama. Les auditeurs de France Inter vous connaissent bien. Je le disais en ouverture de l'émission, avec l'entrée en vigueur du pass dans les cinémas, la fréquentation a chuté de 50%. L'Observatoire européen de l'audiovisuel va encore plus loin puisque lui, il évoque une baisse pour l'année 2020 de 73% en termes de nombre d'entrées par rapport à 2019.
Comment ça se passe, Sophie Robert, qui coprésidait un cinéma en Bretagne pour vous ? Vous y êtes confrontée à cette chute de la fréquentation ?
Oui, comme tous les cinémas, toutes les salles de cinéma, ça s'illustre par vraiment une grosse, grosse perte de chiffre d'affaires et d'entrées, moins 70% sur l'année 2020 et puis 2021, je pense qu'on atteindra à peu près ce niveau-là également, malheureusement.
Vous pouvez nous décrire votre cinéma, à quoi il ressemble ?
Alors, mon cinéma, il est... Alors, mon cinéma, je ne dois pas dire ça, je ne suis pas propriétaire du cinéma, je ne suis qu'une modeste bénévole.
Mais c'est un attachement, c'est comme on dit mon chéri, vous n'êtes pas propriétaire de votre chéri non plus.
C'est ça. Donc, le cinéma de Bretagne à Guichin est implanté dans une petite commune au sud de Rennes qui s'appelle Guichin, donc 9000 habitants et c'est une association loi 1901 sans but lucratif qui est animée essentiellement par des bénévoles puisqu'il y a une soixantaine de bénévoles et une salariée à 25%.
Et comment vous avez vécu ce confinement ?
Ce qui a été le plus difficile et le plus douloureux pour tout le monde, c'était les temps de fermeture. Les temps où il a fallu s'adapter, faire face aux déprogrammations, faire face aux différentes contraintes de restrictions de jauge, de couvre-feu, ça, on a su s'adapter. On a été, je pense, comme toutes les salles, très réactifs et d'ailleurs, les spectateurs ont également, je trouve, se sont plutôt également plus bien adaptés mais là où on ne savait pas faire, c'est face à la fermeture.
J'ai croisé à titre personnel le jour du confinement, le premier confinement, la directrice du cinéma de la ville où je vis et elle était en larmes et vous avez dit mon cinéma, Sophie Robert, mais c'est vrai qu'il y a un attachement particulier, presque, je ne sais pas, amoureux, amical avec les gens qui passent des films dans les cinémas à guillemets au disino.
Oui, c'est vrai et puis c'est vrai que cette période de pandémie, après on reviendra sur le fait est-ce que la pandémie va tuer le cinéma ou pas, mais que les cinémas aient fermé, c'était une première historique. Même pendant la deuxième guerre mondiale, les cinémas ne fermaient pas, en tout cas pas tous. Là, c'est la première fois qu'on a vu une période pareille où les cinémas fermaient à cause à cause d'un mal extérieur. Donc ça, je pense que c'était très violent, d'abord évidemment pour les exploitants, pour tous ces bénévoles et puis pour les spectateurs.
Je pense que c'était violent de se dire que ces lieux qui sont des lieux ô combien communautaires et des lieux de partage, des lieux d'émotion partagée, n'étaient plus accessibles.
Est-ce qu'on peut se relever de ça ? Si on prend les chiffres en termes d'entrées, 213 millions d'entrées en 2019, 65 seulement en 2020. Valérie Lépine-Carny, est-ce qu'on peut se relever d'une baisse aussi drastique que celle-là ?
Ça a été un gros traumatisme comme vous venez de le dire pour les salles, pour les spectateurs et puis Et pour les producteurs aussi que vous représentez, j'imagine. Et pour les producteurs, bien évidemment, parce que tout ça est un ensemble de la production à la distribution à la sortie en salle. C'est un grand tout. Le financement des films dépend évidemment de la diffusion en salle. On a été tous en état de choc et la crainte que l'on a aujourd'hui, c'est celle de la désaffection des salles de cinéma. Est-ce que le public reviendra ? Le pass sanitaire a donné un coût supplémentaire à cette économie. Ça a été très mal vécu par les exploitants, par les professionnels dans leur ensemble.
Et je dois ajouter un élément supplémentaire, c'est que le public des salles de cinéma, et on en reparlera certainement, est vieillissant. Ce n'est pas un phénomène nouveau, c'est quelque chose qui a été relevé dans un rapport qui a été rendu au Centre du cinéma en 2016 par Jean-Marie Durat. L'âge moyen, 41% des spectateurs ont plus de 50 ans. Est-ce que ces gens reviendront en salles ? C'est une vraie question.
Alors, peut-être que les jeunes désaffectent les salles de cinéma, mais en tout cas, ils se bousculent au portillon pour rentrer à la FEMIS, l'une des écoles les plus importantes du cinéma en France, et même d'ailleurs reconnue à l'international. Nathalie Coste-Serdan, vous êtes directrice générale de la FEMIS. Il y a un engouement, et vous nous l'avez dit quand on a préparé l'émission, les jeunes sont de plus en plus nombreux à vouloir passer le concours pour rentrer dans cette école.
Tout à fait, et ce qu'il faut peut-être souligner, c'est que comme la France est vraiment une terre de cinéma, elle a considéré que c'était une chose suffisamment importante, le cinéma, pour que l'État prenne en charge une école de cinéma à haut niveau, et donc, chaque année, c'est 50 étudiants qui sont des vrais passionnés, qui ont passé un concours difficile, qui peuvent donc accéder à cette école publique quasiment gratuite, qui ne viennent donc pas forcément de familles de cinéma, et qui effectivement, comme vous le dites, sont de plus en plus nombreux à tenter leur chance pour ce concours, et à exercer ensuite donc des métiers auxquels forme cette école, puisque sa particularité, c'est de former à tous les métiers du cinéma, sur toute la chaîne de fabrication, puis sur la diffusion des films, donc on prépare aussi bien des scénaristes, des réalisateurs, des monteurs, des ingénieurs du son, des chefs opérateurs, opératrices, il faut toujours féminiser les noms, et aussi des exploitants et des distributeurs.
Donc, tout ça fait partie effectivement des métiers auxquels les étudiants que nous formons peuvent prétendre à la sortie en bénéficiant d'un effet un peu accélérateur par rapport à un parcours d'autodidacte qui est toujours possible, évidemment.
Et à ce sujet, la récente palme d'or de Julia Ducourneau pour son film Titane, c'est aussi une palme d'or qui pourrait être attribuée à la Fémis puisqu'une grande partie de l'équipe du film est passée par la Fémis.
On peut dire qu'on était très très fiers que cette jeune réalisateur et toute l'équipe dont une grande majorité provenait aussi de l'école et reçut une telle reconnaissance, donc on en a pris une petite part, parce que je crois que justement l'un des principes de cette école, c'est d'essayer de faire en sorte que la pratique soit importante, c'est-à-dire qu'on ne vient pas seulement assister à des cours, on dit souvent que la Fémis c'est une école sans cours ni professeurs, puisque les professeurs sont des professionnels en activité qui acceptent de donner une partie de leur temps pour transmettre leur savoir-faire et qu'ensuite, donc, ils fabriquent des films ensemble.
c'est très important, c'est-à-dire qu'ils conçoivent des œuvres, ils les écrivent, ils les tournent, ils les produisent, ils les ensemble et ça crée en fait plein d'affinités entre ces gens d'une même génération et ce qui fait que longtemps après la sortie de l'école, ils continuent à avancer comme ça par bande pour produire des films. C'est un des effets très vertueux en fait de la pédagogie de l'école que de favoriser ces rencontres au moment où ces jeunes gens rêvent de cinéma et arrivent à en faire au début dans le cadre de l'école.
Guilmette Odissino, c'est pas pour autant que ça va remplir les salles qui pour l'instant sont à moitié pleines des salles françaises.
Oui, mais on a été étonnés par exemple par les très bons chiffres de Titan en salle qui pourtant en plus est un film quand même qui peut être considéré comme difficile d'accès puisqu'il est à la fois horrifique. Elle joue sur plein de registres. Elle joue sur plein de registres. C'est un film qui peut un peu affoler. Donc d'abord, un, on voit quand même qu'un cinéma excitant reste désirable y compris en salle. Vous savez, cet endroit où on va voir un film tous ensemble. Que la palme d'or reste un petit plus qui excite aussi les spectateurs pour aller voir les films.
En fait, la chose, c'est que je pense que le cinéma, lui, restera attractif ever, désirable, que des gens ont toujours envie de voir des films que des gens auront toujours aussi envie d'en faire, de raconter des histoires. Il y aura toujours des gens pour faire des histoires et des gens pour les regarder. Après, évidemment, la question majeure, c'est où ? Où et comment ? Alors, parce que quand vous dites qu'effectivement, là, en ce moment, dans les salles, c'est atroce, les spectateurs sont en baisse, mais on partait... Je n'ai pas dit
que c'est atroce.
On le pense tous. Mais on partait d'un chiffre de 2019 qui, lui, était record en positif. C'est-à-dire, en 2019, il y a eu des chiffres d'entrées incroyables en France. Donc, on voit quand même qu'en période, disons, lumineuse, les gens vont au cinéma.
Et puis, quand on regarde les chiffres du box-office, on a, par exemple, pour Kaamelott, 2 millions, plus de 2 millions de téléspectateurs. Donc,
quand le désir est fort, quand même, là, les gens font la démarche.
Valérie, j'ai dit, oui, j'ai dit téléspectateurs, pardon. Ah bah voilà, bravo. c'est pas malin. Valérie Lépine-Carville.
Oui, oui, bien sûr, il y aura toujours des contenus, il y aura toujours des histoires à raconter. Mais, le film de cinéma, c'est un film qui va au cinéma. Oui. Et, tout est organisé en France pour que ces deux choses aillent ensemble. C'est-à-dire, la réglementation, tout ce qui fait aujourd'hui l'écosystème de financement, etc. Un film de cinéma, c'est un film qui va au cinéma.
Et, on va certainement revenir sur ce point, mais c'est quelque chose qui est aujourd'hui particulièrement contesté par les plateformes, puisque Netflix aura tendance à considérer qu'un film de cinéma, c'est un unitaire comme Balle Perdue qui a fait des records hallucinants de clics et de visualisations, plus de 30 millions si je ne me trompe pas. Un film de cinéma, c'est un film que l'on va voir ensemble au cinéma et pas uniquement derrière un petit écran.
La mort du cinéma est-elle programmée ? C'est la question qu'on se pose dans le débat de midi aujourd'hui et on attend toujours vos commentaires, vos réactions sur le site de France Inter. Un débat qu'on continue en musique avec une chanson qui sonne comme un titre de film.
La vie est belle,
une chanson signée fixe s'il est midi 26.
Le débat de midi à retrouver pendant tout l'été à midi sur France Inter et en podcast sur France Inter.fr
Quatre invités pour parler de la mort programmée ou non du cinéma aujourd'hui. Nathalie Cosserdan qui est directrice générale de la FEMIS, une des plus grandes écoles de cinéma. Sophie Robert qui est coprésidente d'un cinéma en Bretagne à Guichin en Ile-et-Vilaine Valérie Lépine-Carnic qui est présidente de l'Union des producteurs de cinéma et Guimet Odissino critique cinéma pour Télérama et puis ces messages qui nous arrivent sur France Inter.fr ou sur l'appli de France Inter. Gilles nous dit Netflix ne pourra jamais remplacer l'expérience magique d'aller voir un film au cinéma. Le cinéma a survécu aux cassettes vidéo, au DVD, il survivra à Internet.
Yann, désolé mais le seul problème et seul est écrit en lettres capitales, le seul problème du cinéma c'est le prix, c'est devenu un luxe donc seuls les vieux peuvent se le payer. Maël est dans le même sens. On parle du vieillissement des spectateurs mais n'est-il pas à mettre en corrélation avec l'évolution des prix d'une place de cinéma ?
Et enfin, François qui est assez radical dans sa démarche je ne vais plus au cinéma depuis des années, les salles sont sales, les sièges emplis de débris, de popcorn, entre autres nourriture et on est entouré de gens qui s'empiffrent durant la séance, commentent le film à voix haute ou allument leur téléphone pour masquer tout ça et ça augmente le volume sonore. C'est insupportable nous dit François. Il y a quand même des différences. Alors on a parlé de la baisse de fréquentation mais curieusement ce sont justement ces multiplexes dont parle François qui sont plus touchés que les autres Valérie Lépine-Carnic.
Alors il semblerait effectivement que les multiplexes aient le plus souffert de la crise. Je rappellerais quand même que les cinémas ont été fermés pendant 162 jours en 2020. C'est énorme, gigantesque.
Évidemment, ce sont des grandes machines qui ont des coûts de fonctionnement très lourds et que peut-être aujourd'hui les salles de proximité comme les supérettes de centre-ville ou de ville moyenne ont un avenir je ne dirais peut-être pas réjouissant mais en tout cas meilleur, plus souriant et puis il y aura certainement dans les années à venir un effet et un effort de proximité de connaissance du spectateur que font déjà aujourd'hui beaucoup de salles mais c'est certainement une chose que demanderont les spectateurs encore plus à l'avenir.
Sophie Robert à Guichin donc dans votre cinéma sont des spectateurs qui sont habitués vous nous avez dit petite salle petit village qui viennent là comme on va dans la librairie de quartier chez son épicier du coin ?
Alors je vais réagir à ce que j'ai entendu sur les messages que vous avez reçus parce que évidemment moi je ne me retrouve pas du tout dans les messages nous on a une politique de prix alors c'est vrai que mes charges de fonctionnement elles sont minimes puisque la charge salariale elle est minime j'ai la chance le cinéma de Bretagne n'a pas de loyer il est propriétaire de ses murs il n'y a pas d'emprunt en cours donc voilà les besoins en fonctionnement sont nettement moins importants qu'une salle privée
C'est à dire ça coûte combien quand on va au cinéma chez vous ?
5 euros 5 euros en plein tarif 4 euros 10 lorsqu'on a une carte de fidélité et on en vend vraiment beaucoup beaucoup 4 euros évidemment quand on est à moins de 14 ans et donc voilà la politique tarifaire fait que nous on a des spectateurs vraiment extrêmement fidèles on connait nos spectateurs on adapte la programmation à nos spectateurs la notion de proximité prend tout son sens finalement tout son sens
4 euros 10 c'est vrai que quand on le compare au prix des places dans les multiplexes guillemets au Dicino il y a une vraie fourchette un décalage énorme
c'est absolument gigantesque mais en fait les messages des auditeurs sont extrêmement intéressants parce que si on en fait la synthèse il y a un mot qui surgit en fait c'est cinéphilie excusez-moi je prononce un gros mot on est sur France Inter il est midi et demi oui voilà mais parce que en fait les multiplexes attirent comme ça des gens qui soudainement ont un désir d'aller voir un blockbuster alors en ce moment en plus avec le pass sanitaire et souvent les blockbusters ou les films comme ça de divertissement concernent un public jeune qui n'est pas forcément vacciné donc évidemment le pass sanitaire ça pose un problème le multiplexe ne propose pas la même expérience de cinéma tandis qu'effectivement la salle de proximité les salles arrêtées elles elles concernent un public cinéphile fidèle qui fait une démarche vraiment consciente d'aller au cinéma c'est un rendez-vous pour eux c'est important donc pas de problème d'avoir pour ça à montrer un pass sanitaire il y a une démarche une volonté vers le film qui n'est pas la même après quand la pandémie sera derrière nous quand le pass sanitaire sera derrière nous la démarche générale vers le cinéma que ce soit comme ça un désir éphémère rapide qui ne demande aucun pass ou que ce soit encore la fidélité cinéphile envers les petites salles tout ça va devenir une démarche identique mais pour le moment il y a vraiment en fait la seule chose qui fait pass c'est la cinéphilie
alors on a commencé à le dire mais les jeunes manquent aussi dans les salles alors ils continuent évidemment d'aller au cinéma mais la fréquentation des 15-25 ans a baissé de 17 millions d'entrées sur les années 2010-2019 17 millions c'est pas rien et par ailleurs c'est un public qui va rarement voir les films français plutôt les gros blockbusters américains comment Valérie Lépine Carnic on peut faire revenir cette jeunesse qui a disparu des salles enfin qui est en train de disparaître des salles
c'est un sujet qui est considéré par le centre national du cinéma de façon très très sérieuse son président Boutona a à coeur de faire revenir les jeunes spectateurs ça passe ça passe par des politiques tarifaires il propose d'ailleurs
un programme pour faire revenir les jeunes au cinéma le CNC a mis en place oui absolument
et ça passe aussi par une politique tarifaire maintenant je voudrais quand même battre en brèche l'idée reçue sur laquelle le cinéma est un loisir cher le prix moyen de la place c'est plus près de 5 euros en moyenne que de 10 euros il faut le savoir quand même par le biais des abonnements des cartes etc c'est quand même pas le loisir le plus cher du monde loin s'en faut donc c'est pas nécessairement pour les jeunes un problème de prix c'est un problème aussi de temps d'écran parce que comme vous l'avez dit les jeunes passent beaucoup beaucoup de temps devant leur écran dans leur chambre donc il faut les faire sortir c'est une démarche qui passe par l'éducation l'éducation des parents l'éducation à l'image et c'est un ensemble auquel on doit être très très vigilant évidemment
Nathalie Cosserdan la famille c'est peut-être justement en formant une jeune génération de cinéastes avec aussi des nouveaux codes des cinéastes qu'ont digéré TikTok qu'ont digéré les séries qu'on ramènera les jeunes devant le grand écran et les faire sortir de leur petit écran comme le dit Valérie Lépine-Garnic
oui tout à fait je pense que c'est très important que des jeunes réussissent à faire du cinéma avant d'être trop vieux parce que la tradition dans le cinéma français et mondial en général c'est qu'on devient un réalisateur assez tard la moyenne je crois en France s'établit à près de 50 ans le premier film donc l'idée c'est de pouvoir rajeunir pour parler de choses qui sont compréhensibles de ces jeunes publics et je crois que pour compléter ce qui a été dit précédemment c'est vrai que il faut inventer des gens des nouveaux genres il faut faire que le cinéma se renouvelle dans ses formes dans ses supports et je crois que c'est ce qu'on essaie d'enseigner ici à l'école l'hybride c'est quelque chose qui parle beaucoup aux jeunes d'aujourd'hui et par ailleurs pour prolonger aussi ce qui concerne l'expérience de la salle nous on a des jeunes à l'école dans la section exploitation qui réfléchissent justement dans leur mémoire de fin d'étude à la manière de faire revenir le public jeune en salle après cette pandémie et indépendamment de toutes les tendances structurelles qu'on a dessinées et il s'avère qu'à la fois il y a cette importance de transmettre la passion c'est à dire tout ce qui fait la richesse du tissu de médiateurs de cinéma les journalistes les critiques les enseignants cette France qui se différencie beaucoup de ses homologues européens par le maintien de tout ce tissu extrêmement diversifié ça il faut absolument qu'on le maintienne et chez nous c'est vraiment un leitmotiv très fort et d'autre part que les salles réussissent à utiliser les armes de ce qu'elles considèrent comme leur adversaire à savoir l'utilisation des données c'est à dire arriver à fidéliser les jeunes spectateurs en connaissant mieux leur goût et en essayant aussi de travailler sur des programmations qui les concernent
donc utiliser les algorithmes pour faire revenir les gens au cinéma
comme le fait Google on a depuis très très longtemps des cartes de fidélité qui comportent énormément d'informations aussi sur les goûts et les envies des spectateurs de cinéma et c'est vrai que sans doute il faut que se mettre et c'est d'ailleurs en cours que se mettent en oeuvre des analyses assez poussées pour essayer de faire en sorte qu'on réponde davantage dans la salle au désir de cinéma des jeunes spectateurs mais vous avez raison au départ c'est aussi arriver à faire des films qui les concernent et qui les ramènent en salle vers le cinéma français notamment
Stéphanie Robert en Bretagne donc à Guichon dans votre cinéma alors il n'y a pas que les visiteurs du soir si je puis dire il y a aussi les spectateurs Sophie Robert pardon il y a aussi les spectateurs qui viennent en journée notamment les scolaires et là aussi faire venir des scolaires dans le cinéma c'est une façon d'apprendre peut-être aux jeunes à franchir la porte du cinéma
oui complètement et les fermetures justement n'ont pas permis ça et notamment en 2019 le cinéma de Bretagne avait accueilli 5000 scolaires et en 2020 à peine 1500 et c'est vrai qu'on a une vraie mission d'éducation à l'image et de faire venir les enfants dès le primaire en fait dès même la maternelle au cinéma de Bretagne on a un petit festival qui s'appelle Cinéma Lise qui est proposé à tous les enseignants et toutes les écoles du secteur et c'est c'est c'est vraiment à partir de 3 ans et généralement dès 3 ans oui dès 3 ans on a une programmation on fait vraiment très très attention à ce que l'on peut ce sont souvent d'ailleurs des programmes de court métrage et puis on fait donc très attention à cette programmation là on travaille avec les enseignantes évidemment et tout ce secteur en plus les scolaires répondent très très bien là le troisième trimestre lorsque les scolaires ont pu revenir dans les salles on a nous on a été obligés de multiplier les séances et de trouver des bénévoles qui pouvaient projeter en journée parce que c'est aussi une problématique qui existe au cinéma de Bretagne c'est de trouver des bénévoles disponibles en journée parce que la majorité moi des bénévoles sont actifs travail voilà mais oui l'éducation à l'image et l'accueil des scolaires elle est primordiale primordiale
sur l'appli de France Inter Alain nous dit soyons optimistes pour le cinéma français il est de qualité les gens ont besoin de culture et de rêve nul doute que le cinéma a de beaux jours devant lui Nadine nous dit je confirme le cinéma c'est aussi une sortie pour ne pas rester enfermé c'est aussi un partage avec des amis ou de la famille Frédéric j'ai découvert des films de Godard ou de Bergman avec Netflix il y a aussi Arte mais je continue à aller au ciné pour les vrais films comme le dernier l'Eoscar X dernièrement et puis enfin Daniel un film de cinéma doit répondre aux attentes des spectateurs le choix devrait être laissé au spectateur de regarder son film sur sa plateforme préférée ou au cinéma c'est le choix fait par Disney aux Etats-Unis et ça semble fonctionner alors voilà on y vient le sujet des plateformes et l'influence des plateformes sur le cinéma Guy Mettodicino
Oui alors d'abord juste pour parler de... en fait c'est vraiment aussi une question quand on parle d'éducation à l'image c'est aussi l'éducation à l'émotion de l'image c'est-à-dire que quand on regarde un film sur...
enfin quand on regarde pas un cinéphile évidemment mais et je comprends très bien que ce soit agréable de découvrir si on ne l'a pas fait encore des films de Truffaut ou de Godard sur Netflix tant mieux tant mieux si en plus ils se mettent un tout petit peu à célébrer le patrimoine mais en revanche pour un adolescent ou un enfant qui découvre le cinéma le découvrir sur Netflix ou sur n'importe quelle plateforme ça ne hiérarchise rien c'est-à-dire qu'il va regarder un manga pourri une série moyenne un film d'adolescent nul et un Godard au milieu enfin...
et il ne va pas s'apercevoir en fait de la différence c'est-à-dire que par définition sur le côté lisse de sa tablette ou de son ordinateur tout a la même valeur y compris dans les profondeurs de champ et donc ça c'est vraiment quelque chose qui pose problème que des gens qui aiment le cinéma de tout temps et en plus et qui vont en salle et en plus la possibilité de visionner certaines choses sur Netflix tant mieux si Netflix devient le seul pourvoyeur d'images des générations futures ça ça pose vraiment alors un problème y compris dans la notion de juger le cinéma quoi ça c'est vraiment problématique
Valérie Lépine Carni qu'est-ce que ces plateformes concurrence le grand écran ?
Le terme concurrence c'est peut-être pas celui qui s'applique le mieux aux plateformes il faut dire qu'aujourd'hui les plateformes déboulent dans notre dans notre paysage audiovisuel enfin ça fait déjà quelques années mais enfin bon là depuis le mois de juin un décret a été pris pour que ces plateformes contribuent effectivement au financement des oeuvres françaises tant audiovisuel donc que cinéma alors ça ça chamboule complètement notre modèle économique ça chamboule aussi les contenus c'est-à-dire que aujourd'hui ce qui fait la diversité du cinéma français sa pluralité c'est que il y a beaucoup de gens qui financent un film il y a des chaînes de télévision payantes privées il y a des aides publiques demain on risque d'aller vers une uniformisation des contenus au travers d'un financier très doté financièrement et d'avoir demain des propositions alors si on parle de Netflix qui sont des propositions teen movie Amazon on sait pas très bien encore mais il faut aussi dire que Amazon a contribué à un film qui a été présenté à Cannes à Net donc on voit qu'il y a un mélange des genres c'est pour ça quand vous parlez de concurrence
c'est pas forcément de la concurrence
c'est pas de la concurrence c'est peut-être de la concurrence mais en tout cas il y a un vrai mélange des genres
à quelle hauteur le financement de ces plateformes pour le cinéma
alors aujourd'hui on est en phase d'approche comme je vous le disais le décret il a été pris en juin il n'est pas encore totalement opérationnel loin s'en faut tous les professionnels sont en train de négocier ce que demain sera l'audiovisuel et le cinéma mais ce que Netflix a dit c'est que en 2022-23 il contribuerait à hauteur de 40 millions pour l'audiovisuel et le cinéma c'est quand même à rapprocher de 140 millions pour Canal Plus uniquement pour le cinéma donc vous voyez il y a quand même des proportions très très très différentes et tout ça est à rapprocher aussi à la chronologie des médias puisqu'on sait que plus on contribue plus Canal contribue au cinéma c'est normal plus vite il arrive après la salle de cinéma il est très vite en exclusivité donc tout ça vous voyez c'est une espèce de bouleversement majeur depuis en fait la dernière loi audiovisuelle majeure qui date de 1986 donc là on va vers un grand grand grand bouleversement
Nathalie Cosserdan comment vous abordez justement la place des plateformes à l'école qui est la FEMIS
l'idée c'est de ne pas être dans une bulle totalement isolée du monde qui nous entoure donc bien évidemment vu la place que prennent ces plateformes dans le visionnage des oeuvres je dis visionnage dans la consommation des oeuvres il est évident que probablement nombre de nos étudiants demain auront l'expérience d'une collaboration avec l'une des plateformes donc nous avons des accords comme nous en avons avec les diffuseurs artiens classiques avec Netflix avec Amazon avec l'idée de chaque fois faire en sorte que chacun occupe une place qui ne soit pas dominante ce que voulons c'est travailler avec des partenaires et non pas être soumis à des courants trop puissants et je dirais peut-être pour compléter ce qui a été dit c'est que finalement le coeur de l'offre de ces plateformes c'est avant tout la série qui présente l'avantage d'être une forme d'expression audiovisuelle fidélisante qui donc habitue ses spectateurs à revenir très fréquemment et qui constitue le coeur de la programmation donc l'enjeu des évolutions de la réglementation telles que elles ont été dessinées récemment c'est d'espérer que ces plateformes ont aussi consacré une partie de leurs efforts dans le cinéma mais il restera que mondialement le coeur de leur programmation c'est quand même la fiction et la série avec de nombreux épisodes avec des avec des avec des
des reprises des suites des préquels des quels des saisons de tirer sur la bobine quoi voilà
et donc l'école n'est pas non plus totalement indifférente à cet surgissement de la série parce que je pense qu'il nous reste un quart d'heure d'émission et que c'est un peu ça déjà avec ce qu'on interpelle comme étant la mort possible du cinéma à laquelle je ne crois pas du tout c'est que la série est arrivée dans le dans le paysage dans le paysage culturel français notamment avec une mise à niveau très très très profitable en fait des fictions qui sont réalisées sur le territoire français et que et que voilà donc ça fait désormais partie de de l'offre
du paysage
de l'offre culturelle et
pardon je ne veux pas vous couper
que nous y préparions nos étudiants voilà
guillemets Odissino est-ce qu'on peut dire qu'il faut justement apprendre il faut que le cinéma apprenne aussi à travailler avec ces plateformes et puis les voir comme un ennemi mais un partenaire
ben disons que je retournerai la phrase il faudrait que il faudrait que ces plateformes ne se comportent pas en ennemi mais en partenaire plutôt parce que le problème c'est surtout aussi c'est la question de la diffusion on parlait d'Annette tout à l'heure alors je ne sais pas si Amazon continue le dernier film de l'Oscar Hague je ne sais pas si Amazon continuera à avoir ce genre de pratique enfin de bonne pratique mais je crois que les accords avec Amazon c'était que le film sortait d'abord et avant tout en majesté en salle en France pour faire une carrière en salle et ensuite arriver plus tard sur la plateforme Amazon ou peut-être un peu à l'étranger un peu plus tôt sur sa plateforme mais en tous les cas laisser vivre le film d'abord en salle c'est ça qu'il faut aussi genre si Netflix met des sous dans les films il ne faut absolument pas que l'une par exemple des conditions soit que les sorties soient en même temps dans les salles et sur la plateforme enfin il y a plein de choses qu'il faut surveiller c'est à dire c'est vraiment une question d'endroit en fait c'est d'endroit où va exister le film
sur franceinter.fr Marie-Claire nous dit impossible pour moi de comparer un film qui ne passe pas en salle de cinéma avec un film qui passe à la télé ou sur portable l'écran l'atmosphère les sièges les entrées mystérieuses parfois le rêve dans le noir le fait de se croire dans l'action et j'en passe j'espère que je mourrai avant de voir la disparition du cinéma à laquelle je ne crois pas cinéma clap de fin c'est la question qu'on se pose dans le débat de midi aujourd'hui on attend toujours vos commentaires vos réactions sur le site de France Inter bel été à vous il est midi 47 esta ambición desmedida
por las mujeres la pasta y los pocos me está quitando la vida poquito a poco a poquito a poco me pregunta la prensa Puchito cuál es la maña sin cantar ni al final pa' que me escuche tu a España es un veneno que llevo dentro en la sangre metido que va a hacer que me mate sin que me haya siquiera querido lo hice por ti lo hice por ti y yo lo hice por ti por ti mami yo lo hice por ti vamos vamos
y yo lo hice por ti para que me quieras yo lo hice por ti
yo he nacido boda mía pero tu amor me ha cambiado me ha cambiado y ahora quiero triunfar y ganar y salir en la tele y la radio y la radio es un veneno proli violento que estáis alimentando
que va a hacer que me mate mientras todos seguís ahí mirando lo hice por ti recuerdo al chaval hambriento
que no invitaba a irse al baile antes cuando era inocente antes pero antes yo no era nadie y ahora todo el día metido en farra escapando pa'lante intentando olvidar es un veneno que llevo dentro en la sangre metido que va a hacer que me mate sin que me haya siquiera querido es un veneno que llevo dentro en la sangre metido que va a hacer que me mate sin que me haya siquiera querido
eso il est jeune mais il aime bien travailler avec l'ancienne génération il a bossé avec les Gypsy Kings mais aussi José Feliciano un guitariste portoricain c'est lui d'ailleurs qu'on vient d'entendre c'est Tangana c'est son nom un veneno le titre de la chanson Thomas Chauvino le débat de midi
le système a changé aujourd'hui on ne consomme pas les images de la même manière c'est à dire que aujourd'hui j'ai envie de te dire entre le cinéma et le téléphone c'est juste une question de taille d'écran le public on n'a rien à foutre si les contrats entre Canal Plus et TF1 on ne peut pas le voir le DVD va sortir il faut attendre pour le streaming on s'en fout il n'est pas disponible on le pirate aujourd'hui le cinéma c'est vente des pop-corn littéralement c'est pas la qualité du film c'est combien de personnes vont venir le voir et donc combien de litres de coca combien de pop-corn et combien de Haribo pour vendre du pop-corn il faut faire des films easy faciles qui ne prennent pas trop la tête où les gens n'ont pas peur où on dit rien sur les femmes rien sur les noirs rien sur les juifs rien sur les pd rien sur n'importe quoi ok ce qui se passe c'est qu'on est formaté et ça c'est la mort
Vincent Cassel qui ne mâche pas ses mots interviewé en janvier 2020 sur Combini 4 invités aujourd'hui pour parler du cinéma et de la mort du cinéma du moins selon Vincent Cassel Nathalie Cosserdan directrice générale de la FEMI Sophie Robert qui est coprésidente d'un cinéma en Bretagne Valérie Lépine-Carnik présidente de l'Union des producteurs de cinéma et guillemette odyssinocritique pour le cinéma Valérie Lépine-Carnik est-ce que justement avec ces mastodontes comme Disney ou Netflix on ne prend pas le risque qu'ils financent de plus en plus le cinéma vous allez nous le dire qu'on ne prend pas le risque d'imposer des films codifiés et qu'il n'y ait plus la place pour des films inventifs des films surprenants
Le spécialiste des médias Alain Le Diberder parle de trous noirs j'aime bien l'idée en parlant des plateformes c'est des puissances qui sont attractives et aussi destructives destructrices voilà le risque il a déjà été évoqué c'est l'uniformisation des contenus à terme et et une perte de je ne dirais pas de qualité mais en tout cas de proposition de cinéma et de et de contenu pour l'instant on n'y est pas on n'y est pas confronté on voit bien qu'il y a une politique de la part notamment de Netflix ce qui est une politique très good guy je rentre je fais des accords notamment avec la Fémis ou avec la Cinémathèque pour restaurer des films d'Abel Gans tout ça sur le papier très sympa je ne vous cache pas qu'on est un petit peu inquiet quand même des propositions à venir oui bien sûr
Guimet Odissineau vous partagez cette inquiétude ?
Oui évidemment que c'est inquiétant si ces comportements disons un peu un peu noble cachent si cet arbre cache une forêt de dévastation à venir après là où je ne sais pas pourquoi mais j'ai une confiance un peu aveugle ce qui pour le cinéma est quand même emmerdant mais j'ai la confiance aveugle justement dans la force de la cinéphilie c'est à dire qu'à un moment une plateforme qui va vouloir concerner le plus grand monde ne pourra pas bizarrement faire l'économie des cinéphiles et des vrais amateurs de cinéma c'est bien mignon peut-être qu'au début ils se diront allez on va produire du super héros on va produire du feel good on va produire des trucs avec des ados on va produire des trucs mous qui se consomment facilement les films dont parlait Vincent Cassel à l'instant c'est à dire du digeste mais au bout d'un moment le digeste ça ne suffit pas il y a quand même une grosse part des gens et les messages des auditeurs le montrent bien qui ont envie d'un cinéma de qualité qui ont envie qu'on leur fasse des propositions d'abord il y a beaucoup d'auditeurs de France Inter ça fait bien au moins 1 million 2 millions 3 millions 4 millions de personnes donc si déjà on parle de ça pour aller au cinéma ça fait du monde non mais je pense que la qualité et que le désir qu'on nous raconte des histoires étonnantes et qui parlent justement donc puisque Vincent Cassel en parle qui parlent des pd des femmes des juifs des noirs des arabes avec des sujets passionnants oui je pense que ça ça ne peut pas mourir en fait
Sophie Robert qui est coprésidente du cinéma de la Bretagne à Guichin donc en Ile-et-Vilaine comment vous choisissez les films qui sont qui passent dans votre cinéma
alors je voudrais quand même ajouter que le cinéma de la Bretagne est labellisé ARS depuis 1999 donc on a vous devez passer
un certain type de films aussi
voilà ça représente pratiquement 40% de notre programmation c'est aussi l'avantage d'avoir deux salles pour la programmation et bien il y a une commission de programmation au sein de l'équipe des bénévoles il y a 6 personnes et donc on discute on s'informe et ensuite on est en lien direct avec une structure qui s'appelle Cine et Diffusion qui elle va être l'intermédiaire entre les distributeurs et nous et puis avec eux on va bâtir notre notre programmation généralement sur 3 semaines 4 semaines et puis on va également garder ce qu'on appelle nous notre âme c'est à dire qu'on va continuer de proposer des films chaque mois on a un documentaire à proposer on a des séances qu'on appelle des lundis pas comme les autres des films qui vous plaisent
Nathalie Cosserdan directrice de la FEMIS j'étais surpris en regardant les chiffres alors il y a beaucoup de monde qui veut rentrer à la FEMIS on l'a dit il y a beaucoup de monde qui ne rentre pas à la FEMIS seul 1% des gens qui veulent faire réalisateur par exemple et qui passent le concours sont admis
oui c'est le principe d'une école qu'il faut beaucoup désirer puisqu'elle est financée justement par des fonds publics donc forcément ce concours il régule énormément d'envie d'y accéder je dirais que pour autant ce n'est pas parce qu'on ne fait pas la FEMIS qu'on ne peut pas faire du cinéma il y a toute la place de la formation par le terrain qui continue d'exister et il y a des jeunes réalisateurs qui émergent sans du tout avoir fait la FEMIS donc ce que je disais tout à l'heure c'est juste un petit accélérateur de parcours et pour rebondir sur ce qui vient d'être dit sans doute que c'est vrai que c'est très important que dans cette école se maintienne une croyance très forte dans les nécessités de cinéma les désirs personnels de ces jeunes créateurs c'est-à-dire qu'en aucun cas nous on ne cherche à imposer des lignes éditoriales de diffuseurs de plateformes pour faire émerger les films et que donc j'ai l'impression que dans les projets de nos étudiants toutes les préoccupations du monde contemporain les vibrations de l'époque sont présentes qu'il s'agisse des utopies ou dystopies écologiques les violences policières les effets du confinement et comme le disait Guimet les places dévolues aux hommes aux femmes aux minorités sexuelles tout ça c'est très très présent dans les projets de création en aucun cas en tout cas on essaie de brider ces libertés-là et je pense que ces jeunes créateurs qui vont fabriquer le cinéma de demain ils ont toute la place pour exister et toute la bienveillance d'un secteur qui en France il faut quand même le souligner pour conclure et quand même un pays complètement à part dans le monde du cinéma de par l'excellence en fait de toute sa filière de la régulation qui a été mise en oeuvre pour financer les projets de demain à partir de la consommation d'aujourd'hui
jusqu'aux écoles dont vous êtes la représentante et bien merci à toutes les quatre d'avoir été en direct avec nous le débat de midi c'est fini mais on se retrouve demain on parlera urgence médiatique et on attend déjà vos commentaires et vos réactions sur l'appli de France Inter d'avoir regardé cette vidéo