"La loi alimentation n’a rien changé pour les agriculteurs", estime Régis Lebrun, directeur général de Fleury Michon
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:24OuverteRéponse directe
Parlons d'abord de vos relations avec la grande distribution.
- 0:58RelanceRéponse partielle
La loi alimentation avait prévu de dégager des marges pour les agriculteurs.
- 1:46FerméeRéponse directe
Est-ce que vous avez augmenté le chèque que vous faites aux éleveurs ?
- 2:22OuverteRéponse partielle
Les ventes ont progressé de 1%, vos bénéfices de 67%. Les Français se remettent à consommer de la charcuterie ?
- 3:24OuverteRéponse directe
Pourquoi ne pas avoir lancé plus tôt le jambon sans nitrite ?
- 4:03OuverteRéponse directe
Est-ce que votre jambon est dans le sens de l'histoire ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:02PrésentateurFait
« La loi alimentation, la loi EGalim, avait prévu de dégager des marges qui devaient profiter aux agriculteurs. »
- 1:08InvitéFait
« Alors ça, c'était l'intention de départ. Je crois que c'était une très belle intention et une très belle initiative du président de la République. »
- 1:14InvitéFait
« On a vu au fur et à mesure des travaux qu'on s'éloignait petit à petit de cet objectif et qu'à la fin, les choses ne changeraient pas vraiment. »
- 2:25PrésentateurChiffre
« Les ventes ont progressé d'un peu plus d'un pourcent, vos bénéfices de 67%. »
- 3:01InvitéFait
« Nous mettons en marché nationalement un nouveau jambon qui est un jambon zéro nitrite. »
- 4:51InvitéFait
« On a décidé d'enlever tous les conservateurs de nos plats cuisinés. »
Temps de parole
- Invité70 %
- Présentateur28 %
- ?2 %
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Notre invité est un des géants de la charcuterie industrielle. Bonjour Régis Lebrun.
Bonjour.
Vous êtes directeur général de Fleury-Michon, charcutier bien sûr. Vous êtes célèbre pour vos jambons, dont vous êtes l'un des leaders en France, mais pas seulement parce que vous développez également des spécialités traiteurs. Vous venez de publier vos résultats. On va y venir, mais parlons d'abord de vos relations avec la grande distribution, si vous le voulez. Selon l'Association des industries alimentaires, les négociations avec les grandes centrales d'achat n'ont jamais été aussi dures. Elles viennent de s'achever. Vous confirmez
? Les
rapports sont difficiles, puisque l'environnement dans lequel nous nous situons, et particulièrement celui de nos clients, est très tendu, puisque notre secteur est en mutation. Je crois que ces relations tendues, c'est l'expression de la difficulté que rencontrent nos clients dans l'exercice de leur métier.
Mais
normalement, la loi alimentation, la loi EGalim, avait prévu de dégager des marges qui devaient profiter aux agriculteurs,
aux éleveurs. Ils n
'ont
pas joué le jeu ? Alors ça, c'était l'intention de départ. Je crois que c'était une très belle intention et une très belle initiative du président de la République. On a vu au fur et à mesure des travaux qu'on s'éloignait petit à petit de cet objectif et qu'à la fin, les choses ne changeraient pas vraiment. Donc les choses n'ont pas changé ? Non, les choses n
'ont
pas changé, parce que le secteur est en crise à l'heure actuelle. On est face à une mutation très très forte de la consommation. On a un poids grandissant des millenials, qui voient la consommation complètement différemment de celle de leurs aînés. Et il y a une pression forte qui est faite sur la grande distribution, qui perd des clients. On voit les résultats d'ailleurs des groupes. Alors la grande distribution n
'a
pas bougé ? Et vous,
est-ce que vous jouez le jeu ? Est-ce que vous avez augmenté le chèque que vous faites aux éleveurs
? Alors
nous, on traite directement avec nos clients pour la revente de nos produits. Ensuite, pour ce qui est des achats de matières premières, on n'est pas en relation directe avec les éleveurs. Dans la plupart des cas, on traite avec des abattoirs, des transformateurs. On a malgré tout des accords de filière, et notamment avec une entreprise qui s'appelle Valégrin, avec laquelle nous, nous garantissons un prix d'achat, et qui lui-même peut garantir ensuite un prix d'achat aux éleveurs.
Régis Lebrun, directeur général de Fleury-Michon, vous venez de publier vos résultats pour 2018. Les ventes ont progressé d'un peu plus d'un pourcent, vos bénéfices de 67%. Alors après une mauvaise année 2017, est-ce que ça veut dire que les Français se remettent à consommer de la charcuterie ?
Oui,
alors les Français mangent de la charcuterie un peu moins chaque année, mais surtout ils la mangent
différemment. Un peu
moins chaque année. Voilà, ils veulent des produits différents. Le marché est malheureusement en baisse. On a un très gros effort d'adaptation à faire. Par exemple, sur notre gamme, nous avons décidé de nous différencier pour répondre aux nouvelles attentes. Par exemple, on a réduit depuis le début de l'année la teneur en selle de l'ensemble de nos charcuteries pour amener encore un meilleur produit aux consommateurs. Et puis là, dans les prochains jours, nous mettons en marché nationalement un nouveau jambon qui est un jambon zéro nitrite, c'est
-à
-dire qui est un jambon à conservation complètement naturelle, qui aura une durée de conservation un peu plus courte, mais qui permettra d'être consommé très rapidement et surtout de ne pas avoir de conservateur. Alors
vous arrivez après votre grand concurrent, Erta, pour ne
pas
le nommer, sur ce marché du sang nitrite. Pardon cette question, mais pourquoi est-ce que vous ne
l
'avez pas fait plus tôt ? Parce que le nitrite, ce n
'est
pas bon dans le jambon.
Non,
le nitrite, il sert à conserver le produit et il sert à préserver la sécurité alimentaire, notamment du Clostridium botulinum. C'est un peu technique. Le grand changement, en fait, que nous sommes en train d'opérer, c'est d'amener un produit qui soit sécurisé, mais avec une durée de vie un peu plus courte. Le produit de notre concurrent est un peu différent du nôtre, puisque nous, nous avons fait le choix d'avoir un produit complètement naturel, zéro nitrite, et donc qui est, vous l'avez peut-être vu en magasin, légèrement différent, il a une couleur un peu différente, il est un peu moins rose, en fait.
Alors, il y
a
une petite musique persistante quand on écoute les consommateurs, pas seulement les millenials, d'ailleurs. Moins de courses en grande surface, moins de produits industriels, moins de viande.
Est
-ce que vous êtes sûr que votre jambon est dans le sens de l'histoire, encore
? Ce
que veulent les consommateurs, c'est d'abord savoir ce qu'ils achètent exactement, qu'on leur dise tout sur le produit, qu'on leur dise l'origine des viandes, qu'on leur dise comment on l'a transformé, qu'est-ce qu'on a mis dedans. Ils veulent de la transparence, ils veulent des produits naturels, ils veulent qu'on enlève les additifs, qu'on enlève les conservateurs. C'est exactement la stratégie que nous, nous avons décidée depuis 2014, et cette stratégie prend son plein effet en 2019. J'ai parlé du sel réduit tout à l'heure, on a le sang nitrite qui arrive ce mois-ci, on a décidé d'enlever tous les conservateurs de nos plats cuisinés, et c'est ça qu'ils veulent, les consommateurs.
Nous, ce qu'on attend des distributeurs, par exemple, c'est qu'ils mettent à disposition cette offre véritablement pour les consommateurs, qu'ils en fassent une large place et que ce soit construit autour de cette offre du Manger Mieux. Parce qu'aujourd'hui, trouver les produits du Manger Mieux en grande surface, c'est compliqué.
Mais l
'avenir de Fleur et Michon, ça reste la charcuterie ? Parce que vous vous développez beaucoup dans les plats cuisinés, dans les produits
boulangers. Tout à fait. Alors, l'avenir de Fleur et Michon, c'est la charcuterie que nous sommes en train de transformer, mais c'est également d'autres solutions repas. Et on a pris beaucoup d'initiatives ces derniers temps, notamment dans des produits ultra frais. C'est-à-dire qu'on voit une autre évolution, et là aussi, qui est encore portée par les Millenials, qui est une... Il n
'y a
plus de frontière aujourd'hui entre la distribution de proximité, vous savez, les petites enseignes de quartier, et puis la restauration rapide. Et en fait, on voit des magasins de proximité qui se transforment en lieux de restauration. Et nous, on a développé des nouvelles gammes, qui s'appellent Paris 6. Ce
sont
des produits ultra frais, faits avec des produits locaux, avec des DLC très courtes, de 4 ou 5 jours.
DLC,
c'est la date limite de
consommation.
Pardon,
excuse
-moi. Date limite de consommation. Donc, une durée de vie des produits qui est beaucoup plus courte, qui est de l'ordre de 5 jours, et qui permet aux consommateurs d'avoir accès à des produits faits comme à la maison, en fait.
Faits comme
à la maison, peut-être pas quand même ?
Ah si, si, si. En grande quantité, mais faits comme à la maison.
Bon, eh bien, on goûtera tout ça. Merci. Régis Lebrun, directeur général de Fleury-Michon. Merci d'avoir été l'invité de l'écho ce soir sur France Info.
Merci. Merci.