MADE IN MONTEBOURG - Arnaud Montebourg interroge Jean-Philippe Tanguy, député RN de la Somme, sur le programme du Rassemblement national
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Votre programme en 2024 avait fondu comme neige au soleil parce que vous aviez un candidat, M. Bardella, qui à chaque fois qu'il rencontrait un obstacle disait « Bon non, ça finalement, on va l'amender, on va le corriger ». Alors je comprends, vous aviez été pris par surprise par cette dissolution, mais en 2026, vous avez proposé un contre-budget, d'ailleurs je crois que vous en étiez le porteur, qui mélange à la fois des mesures sociales redistributrices et des propositions libérales pro-entreprise.
Alors, il y a un institut qui s'appelle le Cevipov, très sérieux, qui travaille depuis très longtemps à Sciences Po, qui a fait une analyse sur l'équilibre entre les mesures libérales pro-entreprise, c'est-à-dire en même temps que vous êtes en train de porter, d'ailleurs que vous venez d'énoncer, et il dit « Ben voilà, tout ce qui était libéral pro-entreprise en 2022, c'était 20% du programme, et en 2026, dernièrement, c'est 60% du programme ».
Donc il y a eu une espèce de glissement, et je sens, excusez-moi, comme tous les Français, d'abord une incertitude, une instabilité, une incompréhension sur ces deux pôles, qui n'arrivent pas forcément à se concilier facilement, pour des raisons historiques que vous avez énoncées, mais comment se fait-il qu'on n'a toujours pas un programme stable où vous pouvez dire à votre droite ceci, à votre gauche ceci, pour ne plus bouger ? Parce que le problème, c'est quand il n'y a pas de programme stable, il n'y a pas de contrat possible avec les électeurs.
Non, mais c'est une question intéressante, parce que moi… Je pose une question de fond. Non, mais bien sûr, à mon échelle, moi j'ai l'impression que nous sommes clairs, mais si nous ne sommes pas, on va falloir s'améliorer. Mais ce qui est certain, c'est que l'aggravation objective de la situation des finances publiques, la poursuite de la désindustrialisation, malheureusement, ou en tout cas l'absence de réindustrialisation, les grandes difficultés de l'agriculture, avec le fait que la France est devenue déficitaire sur sa balance agricole, ce qui devrait tous nous alerter, nous traumatiser.
Nous avons peut-être, et sans doute d'ailleurs, mis l'accent sur un certain nombre de mesures qui étaient moins visibles avant, mais qui étaient dans le programme. Là, bon, vous avez fait de la politique avant, M. Montebourg, vous savez que parfois il y a un programme, et puis il y a des mesures qu'on met en valeur. Et il y a aussi une forme de contrat démocratique avec les médias, qui aussi n'ont pas forcément une vision exhaustive des programmes, et en parlent d'un côté, et puis ne parlent pas de tout.
Il n'y a pas eu vraiment de changement depuis 2022, mais c'est vrai que les circonstances nous obligent à mettre en valeur un certain nombre de propositions favorables à la relance économique, qui n'étaient pas forcément peut-être visibles avant, ou couvertes de la même façon. Et ce qui est vrai, j'en finirai là, c'est aussi que le monde de l'entreprise s'intéresse plus, davantage, au programme du Rassemblement National qu'avant, et en fait découvre, ou font semblant de découvrir, des propositions que Marine Le Pen faisait, que Jordan Bardella faisait aussi en 2024.
Mais enfin, vous savez aussi, quand vous dites que le programme de Jordan Bardella, fondé comme Neige au solaire, c'est surtout qu'on avait fait face à un mur d'attaques assez injustes, parce que comme on était les favoris, évidemment, on avait subi beaucoup d'attaques, mais Jordan Bardella avait quand même défendu fortement le programme, et d'ailleurs, il avait quand même gagné le premier tour haut la main des législatives de 2024.
Jean-Philippe Tanguy