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interviewBLAST· 13 septembre 2025 21 min

MACRON, LECORNU : LA STRATÉGIE DU PIRE ET DU CHAOS

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] Bonjour et bienvenue dans Dissolution. Le soir même de la démission de François Baï, mardi 9 septembre 2025, Sébastien Lecornu est devenu notre nouveau premier ministre. Cette nomination n'est pas sortie de nulle part.

Nous vous en avions déjà parlé lors de la saga qui a précédé la nomination de Bairou en décembre dernier. Le Béarnet, convoqué le vendredi matin à 8h30 aurait appris dans son entretien présidentiel qu'il ne serait pas nommé à Matignon. Emmanuel Macron lui aurait préféré un macroniste pur sucre, l'ex-ministre des armées, Sébastien Lecnu.

Comme quoi, les meilleurs conflits macronistes se font vraiment dans les vieilles casseroles. Alors, bien sûr, la classe dominante a sorti Sitanie habituelle. Mais donnez-lui sa chance, il a encore rien fait.

On peut au moins attendre de voir quel compromis il va proposer. Non, dans la vie, il faut toujours goûter ce qu'on ne connaît pas. Sinon, on finit B.

Bah, c'est toi qui caconne. Je vais quand même pas gerber pour te faire plaisir. Alors, qui est donc notre nouveau premier ministre ? une véritable nouveauté ou encore un sale coup de notre capitaine de carnaval ?

C'est ce qu'on va voir tout de suite dans ce nouveau numéro de dissolution. Je dis donc ce soir l'Assemblée nationale. Encore plus qu'avec Michel Barnier ou François Bairou, l'arrivée de Lecornueu à Matignon, c'est au fond l'arrivée de Macron à Matignon.

S'il a été choisi, c'est parce qu'il est très à droite. Et quand on prend du recul sur cette séquence, on se rend compte que la stratégie de Macron est simple. Le chaos pour préserver sa politique économique.

Alors, d'abord, le cornu c'est qui ? L'ancien ministre des armées est un fidèle macroniste, excellaire, rallé au marcheur quand François Fillon a été mis en examen dans l'affaire de l'emploi fictif de sa femme. Surprenant, hein ?

En marche, c'est quoi ? C'est des traites de gauche, des traites de droite. Des traites de gauche, Non, mais c'est des gens qu'on trait des traites ou des traîtres ?

Non, mais c'est des gens qui trahiit. à gauche et des gens trahi à droite. Une fois rallé au macronisme, Sébastien Lecornu a été d'une loyauté sans faille et a été de tous les gouvernements.

C'est le macroniste avec la plus grande longévité gouvernementale et ça s'explique. Alors oui, bon déjà c'est vrai que c'était le commandant de pleut de Benala mais c'est pas pour ça que la presse People en a fait la cocluche de Brigitte qui apprécierait plutôt sa discrétion, son sens de l'état et ses petites blagues. En s'étant rapproché du couple présidentiel, le cornu a aussi intégré la petite qui servent la soupe au président, son boys club.

Ce petit groupe charmant où il s'échange dans un esprit fléri d'eux-mêm, des répliques d'udiar et se complaise dans une atmosphère faussement populaire mais vraiment fétide. Deuxème question sur Donald Trump, vous qui êtes amateur d'Odar, vous rappelez la fameuse phrase hein quand si on peut s'ouvurire un instant quand les quand les les types de 130 kg parlent. Vous connaissez la suite ?

Les les mecs de 60 les écoutent. Le cornu a bien écouté lui aussi et ce serait un pilier de ce club charmant. Et au vu de ses déclarations précédentes, ce n'est pas très étonnant.

Il est vraiment très à droite, déclarant que le communautarisme gay l'exaspère autant que l'homophobie, tombant dans une vision toute homophobe du complot gay dès qu'une revendication d'égalité sociale est avancée. Pour couronner le tout, c'est aussi un fervant chasseur. Il a d'ailleurs en tant que secrétaire d'état auprès du ministre de la transition écologique baissé le prix du permis national de chasse et défendu les techniques traditionnelles de chasse.

S'ensuite alors une mise à mort douloureuse qui semble sortie d'un autre âge. Quand les oiseaux se prennent, ils sont censés les détacher immédiatement, mais on a des vidéos qui témoignent que les oiseaux peuvent y rester au moins une demi-heure si ce n'est plus, puisqu'on retrouve des oiseaux morts sur des verguettes, hein, donc euh qu'ils n'ont pas qu'ils n'ont pas ramassé. Hm, quelle délice !

Bref, c'est un homme très conservateur, directement branché aux réseau les plus réactionnaires. Mais rassurez-vous, pour les chiens de garde du régime, c'est pas vraiment un macroniste. Vous allez voir, la preuve est saisissante.

On dit "C'est le bébé Macron par excellence. Ça fait 8 ans qu'il est au gouvernement. Oui, mais ça c'est la presse, bien sûr.

Mais mais euh euh vous voyez bien que par exemple il fait pas de com. C'est c'est de ce point de vue, il y a plein de bébés Macron parce qu'ils sont tous à faire de la com. Lui, pas du tout.

Euh d'ailleurs, je sais pas les interviews de le corn se compte sur les doigts de la main et puis alors franchement, il y a jamais rien de personnel quoi. Complètement en dehors de tout. Bon, on s'attend vraiment à rien venant de Giseberg mais là quand même très très voyant.

Alors lui, au lieu de voir dans l'effacement de le cornu une nouvelle forme d'allégence à Macron pour lui laisser toute la place, il y voit une différence politique. Ça montre bien à quel point même les éditocrates de régime sont conscients que Macron c'est du vent, c'est que de la com au point que même voit dans une différence de style de communication une différence de fond. Bon et alors en plus sur la forme, il est pas si différent de Macron.

En tous les cas, il a su en garder le mépris. Finalement, quel quel projet pour les énergies renouvelables ? Vous l'avez dit dans votre interview, une écologie qui ne veut rien dire.

Bonne question parce que mais ne prenez pas les choses sur le terrain de la polémique s'il vous plaît et soyez fier d'être Guyanaise ce soir sur la transition énergétique. En terme de biomas, c'est le territoire sur lequel ça avance le plus. Oui, monsieur le ministre, ne prenez pas tout sur le terrain de la polémique.

Soyez fier d'être macroniste. Parce que fier de le cornu, les macronistes le sont et ils ont essayé d'installer une petite rangaine médiatique. Il s'est discuté et il va avoir besoin de ce talent de de discussion et d'écoute pour réussir à trouver un accord dans des circonstances dont il faut bien reconnaître qu'elles sont assez compliquées.

Il y en a même qui ont ressuscité le cabache pour légitimer le corps nu. à plusieurs reprises d'ailleurs, mais il m'a dit c'est quand même le meilleur, faut que tu le vois, faut que tu le vois, c'est le meilleur. Il avait du pif Jean-Pierre hein.

Ça reconnais ou et donc si vous voulez il y a ce côté arrangeur chez lui, voyez qui changerait un peu parce que Macron est tout sauf un arrangeur. Ah, ça c'est sûr. Mais à côté de Macron, une porte de prison passerait pour arrangeante.

Et c'est ainsi installé le rit que le cornu serait un grand négociateur capable d'arranger tous les bidons comme il faut. Il va falloir des ruptures et pas que sur la forme et pas que dans la méthode, des ruptures aussi. sur le fond.

Sur le fond, comme avec chaque premier ministre macronien, ça commence avec la promesse de lendemain nouveau et ça se finit en are boudin. Sur la forme, on sait que le cornu a su s'inspirer des canons macronistes. Ben, si vous le prenez sur ce ton agressif, madame, ce n'est pas la peine de poser que ce qu'on voit avec la nomination de le cornus, c'est qu'à mesure que le parlement censure les premiers ministres de Macron, ce dernier nomme le suivant toujours plus proche de lui.

Macron se replie sur son carré de fidèle comme pour punir une assemblée indisciplinée qui ne se soumet pas à ses soi-disant tentatives de compromis. Bref, Macron trompe les Français avec le corps nu. Maintenant, on a Macron euh Premier ministre.

On se demande si à la prochaine censure, Macron ne va pas se nommer lui-même à Matignon. Non mais arrête, tu vas lui donner des idées. Mes chers compatriotes, notre vie politique est compliquée, je vais la simplifier.

Il faut tenter des méthodes nouvelles et des compromis innovants. Doren avant, je serai votre premier ministre président. Ce n'est donc pas un hasard si Emmanuel Macron a nommé Sébastien Lecnu à Matignon.

C'est un fidèle et il est très très à droite. L'analyse ne casse pas trois pattes à un canard. Macron veut négocier avec le RN avec qui le cornu avait dîné.

On s'en souvient. Ayant bien reçu le signal des macronistes, le RN a donc avancé ses lignes rouges pour préparer la discussion brûlante de l'automne. C'est quoi les lignes rouges ?

Qu'est-ce qu'on enlève ? C'est quoi ? C'est le jour férier ?

C'est qu'est-ce qu'il faut enlever pour que ça passe ? Marine Le Pen a été très claire, vous le savez. Elle a envoyé un courrier à François Baou le 25 juillet dernier où elle lui a rappelé que les dispositions qu'il avait annoncé notamment en suppression de jour férier et année blanche était intolérable.

Et le cornu a annoncé vouloir être créatif pour trouver une issue à cette situation. va falloir aussi changer, être sûrement plus créatif, parfois plus technique, plus sérieux dans la manière de travailler avec nos oppositions. J'aurai l'occasion d'y revenir.

On vient d'en parler très longuement tous les deux. Un macroniste qui veut être créatif et technique dans ses relations avec les oppositions, ça sent le souffre. Et un scénario commence à se dessiner.

Le gouvernement et le RN vont mettre en scène leurs différents pendant quelques semaines et jouer au désaccord pour essayer de brouiller un peu les pistes. Baouant déjà sacrifié, le grand spectacle de la censure n'est plus nécessaire. En sousemain, seront négociés quelques concessions.

Mainten des jours fériers et suppression de l'année blanche. Peut-être même pas les deux. En échange, le gouvernement fera des coupes monstrueuses sur le social et la fonction publique pour rééquilibrer par servilité.

Il offrira des concessions immondes sur l'immigration. Avec cette séquence, le gouvernement se montrera ouvert au compromis. Le RN pourra justifier sa noncensure par ses victoires triomphantes et le budget sera adopté en 493.

Bref, l'extrême droite et le macronisme seront main dans la main pour un budget néolibéral et extrêmement réactionnaire. Les oppositions de gauche, plus réformistes, s'en sont enfin rendu compte. Vous écrivez aucun socialiste ne participera.

Est-ce que c'est définitif ? Quelles sont les conditions pour que vous changiez d'avis ? Non, moi j'ai toujours refusé euh au cours des dernières semaines, je l'ai dit, moi je ne souhaite pas entretenir la moindre confusion entre le pouvoir actuel macroniste associé euh à LR et associé à LR, c'est-à-dire à Laurent Voquier, à Prun Rotaillot, à des gens qui ne font pas mystère de leur volonté de s'écarter progressivement de ce qu'était l'espace républicain pour rejoindre l'espace de l'extrême droite.

Et donc, je suis très inquiet sur la façon dont s'orient ce gouvernement. Qu'est-ce qu'il faut pas faire pour décrocher le PS ? Hein ?

Ex la piste qui les avait tant fait baver pendant des semaines, ils se sont fait balader. Est-ce que vous êtes prêt à discuter, à dialoguer avec Sébastien Lecornu ? Est-ce que vous irez à Matignon dans une démarche constructive ?

Moi, je ne refuse jamais la discussion. Simplement, je le dis aussi nettement que je dis que j'irai discuter que si j'ai le sentiment que nous sommes baladés, que les Français sont baladés. Le problème, c'est que le PS se fait balader par le macronisme depuis des années sans en tirer les conséquences nécessaires.

La rupture doit être franche parce que Macron ne compromettra jamais son projet économique avec la gauche. Jamais. Et il n'y a qu'un homme de droite he pour l'espérer encore.

La seule manière de gouverner là, ce sera de ne pas faire ce qui a été fait les deux précédentes fois sans majorité. On est obligé de nouer des relations, il faut un pacte de non censure avec toutes les forces qui ont participé au front républicain. Non seulement Gluxman est un traître, mais en plus il a le sens politique d'une en pensant qu'il va pouvoir infléchir le gouvernement vers la gauche.

Macron vient de nommer un ennemi à Matignon et Gluxman, trop obsédé par sa propre carrière et le pouvoir, veut encore croire à l'ouverture macroniste à gauche. Bon, le PS n'est pas tombé encore dans ce piège grossier. Je ne veux pas la moindre confusion.

Moi, je souhaite que nous puissions parler du fond. Je ne veux pas un pacte, je ne veux pas une plateforme commune qui serait celle que qui nous amènerait à gouverner ensemble. Nous ne gouvernerons pas ensemble.

Mais la séquence budgétaire qui s'annonce ne fait que commencer et le gouvernement cherchera sans aucun doute à semer le chaos à gauche en promettant quelques clopinettes au PS comme la dernière fois. Mais indépendamment de ce que fera le PS et Gluxman avec son seul député, la séquence n'est pas bien partie pour gauchiser le gouvernement. Et donc tout ça ne peut pas bien se terminer.

Cette séquence ne pourra pas bien se terminer parce que le désaccord entre le macronisme et la gauche est fondamental. La question de monsieur Macron depuis juillet 2024, c'est pas un problème d'ego. Moi je crois pas du tout à ça.

C'est que il tient à sa politique d'offre et de compétitivité, je je schématise, en faveur des plus riches et que pour lui Mordicus, il veut essayer d'imposer ça. Donc là, il a le dernier budget à passer parce que après, j'allais dire que s'il passe cet obstacle, il pourra aller jusqu'à 2027, il a le dernier l'obstacle passé. Et oui, derrière les lectures psychologisantes, il y a aussi une lecture bassement matérialiste.

Macron ne veut pas qu'on change de politique économique. Il veut que tout reste comme maintenant. Tout ça, c'est politique au sens fort.

L'extrême droite, il ne faut pas l'oublier, c'est le parti qui rêvait de rigan et de démanteler l'État. Autrement dit, c'est le programme économique du macronisme radicalement incompatible avec celui de la gauche. Je ne veux pas simplement d'un retour d'un impôt sur la fortune.

Je veux qu'on touche je veux en fait je veux qu'on touche au à ceux qui ont un patrimoine important et qui aujourd'hui sont totalement délestés de ce fardeau fiscal. Comprenez bien que quand vous vous payez vos impôts, vous êtes à peu près entre vos cotisations sociales et votre impôt sur le revenu, votre TVA et cetera, vous payez environ 50 % de vos revenus. Pour les ultra riches, c'est 27 %.

Qui peut comprendre dans ce pays que plus on est riche, moins on est imposé ? Et donc moi, je veux évidemment l'inverse. Cependant, le choix de Macron de se tourner vers l'extrême droite allège la pression à gauche.

Ça pourrait ouvrir de nouvelles perspectives si les partis acceptent de sortir de leur position retranchée pour proposer une véritable alternative à ce conglomérat national capitaliste. Cette unité programmatique profonde qui relie désormais le bloc central et l'extrême droite se retrouve dans leur gestion du mouvement du 10 septembre. réprimer sauvagement un mouvement qu'il délégitime et méprise.

Les choses sont désormais très claires. La mobilisation n'a rien d'une mobilisation citoyenne. Elle a été détournée, confisquée, captée par la mouvance de l'extrême gauche de l'ultra gauche, appuyé par le mouvant des insoumis.

En nomant le cornu à Matignon, Macron s'assure de reconduire cette politique ultra répressive et illibérale que la droite a toujours soutenu en se cachant derrière l'ordre républicain. La technique de gouvernement d'un parti populiste, c'est de choisir des bouqu émissaires. C'est de radicaliser les minorités.

C'est de dire le problème c'est alors ils choisissent hein, c'est l'immigré, c'est le juif, c'est le capitaliste. Il y a toujours un bouc émissière à détruire. Voilà, ça dépend des choisissez entre Mélenchon et Le Pen, c'est les mêmes techniques.

Le parti de gouvernement, c'est un parti qui essaie de rassembler le plus grand nombre. C'est plus compliqué. C'est un effort.

D'ailleurs, de manière générale, la dictature, c'est la facilité. La démocratie, c'est un effort. Tu me tranges, tu m'étrangles.

Tu m'étranges. Allez, fou le camion. C'est l'intervention de police.

Fou le camp. Non non, je travaille, je travaille, je travaille. Je suis journaliste.

J'avais pas le droit d'étrangler la loi. La loi, il il y en a qui sont morts comme ça. Alors, que retenir de cette séquence macronienne ?

En prenant un peu de recul, on voit une stratégie assez simple, l'organisation permanente du chaos. Pendant l'été 2024, Macron a repoussé sans cesse la nomination d'un gouvernement au nom d'une trêve estivale inventée de toute pièce. Ce délai présenté comme un gage de sérénité n'était en réalité qu'un artifice permettant de maintenir l'incertitude et de paralyser le débat politique.

Résultat, la discussion budgétaire s'est engagée dans un climat de tension inoui et sous la pression du calendrier. La nomination de François Bairrou après la démission de Michel Barnier s'inscrit dans cette même logique. Choisir une personnalité clivante pour jeter encore plus d'huile sur le feu.

En installant Bairou, un premier ministre dont le profil divise d'emblé. Après s'être fait censurer son premier choix, Macron savait qu'il braquerait les oppositions et créerait un nouvel espace de conflictualité. Et comme pour parachever cette mise en scène, le clou du spectacle fut l'engagement de la responsabilité du gouvernement par Bairou lui-même, renouant avec l'arme de la motion de confiance.

On touche ici au cœur de la manœuvre. Les échecs de Barnier et puis Bairrou à ne pas se faire censurer ne sont plus des échecs, mais au contraire la continuation de cette même logique. Quand ça résiste, pousser la crise encore plus fort, aggraver les enjeux pour tout le monde.

La menace de capitulation financière du FMI, ce n'est pas un signe de la gestion catastrophique des macronistes, mais une arme pour contraindre les oppositions à se soumettre. Les censures et motions de confiance sont alors essentielles pour maintenir le système politique sous cette pression tétanisante. L'objectif n'est pas de stabiliser mais au contraire de produire une atmosphère de crise permanente.

La censure c'est l'incertitude, c'est le risque de vide politique et financier. Bref, c'est la menace de l'inconnu et plus elle est utilisée, plus la situation devient illisible et plus elle est anxiogène. Cette stratégie est doublement efficace pour le pouvoir.

Non seulement elle fabrique un climat d'urgence qui légitime les passages en force, mais elle déporte aussi le débat. Parce que c'est aussi ça le problème. Au lieu de discuter uniquement du contenu du budget, de la répartition des efforts fiscaux ou des priorités économiques, on déplace un peu la question vers le terrain de la confiance et de la stabilité.

Ce n'est rien d'autre que du chantage et c'est particulièrement transparent avec l'utilisation des outils d'exception comme le 493 qui ne règle rien sur le fond. Bien au contraire, ils accentuent l'impression d'instabilité et produisent un sentiment d'anxiété généralisé dans l'opinion publique comme dans les institutions. Loin d'apaiser, ils divisent.

C'est ici toute la logique macronienne, tout conflictualiser et fabriquer l'instabilité pour que la situation ne soit plus lisible et donc qu'elle soit encore plus angoissante. Cette dramaturgie du chaos permanent n'est donc pas un accident ou une simple maladresse. Elle est devenue une méthode de gouvernement.

Elle repose sur l'idée que l'insécurité politique permet d'affaiblir les oppositions et de détourner le débat des enjeux sociaux et budgétaires concrets. Le chaos est devenu un objectif en soi parce qu'il oblige les autres à s'en occuper et permet au gouvernement de passer renforce. Alors pourquoi Emmanuel Macron fait-il cela ?

Sa côte de confiance est en Berne et celle de ses ministres aussi. Bref, les Français commencent à avoir clair dans son jeu. Mais en réalité, Macron a très bien compris qu'il avait perdu.

Il n'est plus majoritaire et son projet politique non plus. En organisant ce chaos politique, il obtient deux choses. D'abord, son programme est reconduit à chaque nouveau budget que les gouvernements macroniens parviennent à faire passer.

Mais en plus déjà perdant électoral et détesté par les Français, il n'a plus grand-chose à perdre alors que ce chaos permanent est un poison pour les oppositions qui sont un peu jugés, responsables aussi. Ce chaos divise la gauche sur la façon d'y répondre et montre le RN tel qu'il est vraiment un parti servil du pouvoir conservateur incarné aujourd'hui par le macronisme. Ces méthodes réveillent les souvenirs pénibles des débuts du fascisme qui procédait de la même façon.

Se le chaos créer une atmosphère d'angoisse généralisée. Accroître la violence sociale par la division et l'agression et profiter du chaos ambiant pour imposer sa politique minoritaire et jouer des cartes fatales à la démocratie. C'est comme ça que les nazis ont incendié leur hashtag accuser les communistes pour mener une chasse aux sorcières féroces.

Aujourd'hui, des schémas similaires se dévoilent. Causer le chaos politique et en accuser les insoumis. Il y a quelques années, monsieur Mélenchon avait défini sa stratégie.

Pour obtenir à terme la révolution, il fallait tout conflictualiser entre guillemets. Conflictualiser, c'est de faire de tous les sujets une guerre, un affrontement parce que le conflit systématique mène au désordre et que le désordre abat la société. Cette méthode permet de renforcer la légitimité d'un pouvoir exécutif qui se présente comme le seul capable d'empêcher la catastrophe alors qu'il en est le premier et principal instigateur.

Et si notre constitution avait été fabriquée pour être anticrise pour permettre la stabilité politique malgré l'incertitude parlementaire, avec Macron, cette logique s'est inversée. L'arsenal constitutionnel devient un instrument de gouvernement par l'instabilité. Alors, quelle solution aujourd'hui ?

Les issues politiques ne changeront pas grand-chose. Que le cornure reparte, qu'on organise de nouvelles élections législatives, on ne voit pas bien ce que ça changera. À part une encore plus forte extrême droitisation du pouvoir.

Comme on l'a dit la dernière fois avec Salomé, la priorité c'est de rééquilibrer les pouvoirs entre l'exécutif et le parlement. La suppression pure et simple du 493 semble une première évidence. Le démantellement des outils constitutionnels de la présidence en est une seconde.

Encadrement de son droit de nomination et transfert du droit de dissolution au premier ministre. Et c'est pas pour dire que les premiers ministres macroniens auraient été mieux que le président Macron lui-même, mais quand ces premiers ministres ont essayé de passer en force et que ça a raté, ils ont dû démissionner. Alors que Macron, lui est resté.

À chaque fois que les députés ont censuré un gouvernement, ils ont en réalité redonné le pouvoir à Emmanuel Macron qui en a profité pour nommer quelqu'un de plus proche de lui. La vie politique française est durablement divisée en trois blocs qui reproduiront les mêmes schémas qu'aujourd'hui. Notre système électoral et constitutionnel n'est pas équipé pour y faire face.

Voilà, c'est tout pour cette fois. On se retrouve bientôt pour commenter l'actualité politique et parlementaire qui s'annonce brûlante. N'oubliez pas d'activer la cloche pour recevoir les notifications et de liker, commenter, partager pour diffuser une information libre, indépendante et accessible à tous.

Et en attendant, la prochaine fois, on vous laisse avec cette citation inspirante. Un prince prudent ne peut ni doit tenir sa parole quand l'observation serait contraire à son intérêt et que les raisons qu'il ont fait promettre n'existent plus. Maavel le prince chapitre 18.

La deuxième des choses, c'est dire aux françaises et aux français qu'on va y arriver parce qu'au fond, vous venez de le dire, il n'y a pas de chemin impossible. Il faut qu'on arrive à mettre fin au fond à ce double décalage. Le décalage entre la situation politique et le décalage avec ce qu'attendent légitimement nos concitoyens et concitoyens. ce que vous dites d'accord mais c'est peanuts [Musique]