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interviewFrance Inter — L'invité du week-end (sur Site radio)· 3 avril 2021 20 min

Johanna Rolland : "Je fais partie de cette génération de maires qui a envie de porter une parole à gauche"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Johanna Roland, vous êtes la maire socialiste de Nantes, présidente de Nantes Métropole, présidente aussi de France Urbaine, on en reparlera tout à l'heure, l'association des maires des grandes villes, également porte-parole du PS pour la présidentielle l'an prochain. D'abord, comment votre ville de Nantes, avec plus de 320 000 habitants, et jusqu'ici relativement épargnée par les restrictions, comment cette ville de Nantes s'est préparée à ces prochaines semaines de contraintes ?

0:29
Johanna Rolland

Peut-être d'abord dire qu'à Nantes, comme dans d'autres grandes villes de l'Ouest, nous ne sommes certes pas dans le niveau maximum, mais en même temps l'épidémie va très vite. On est aujourd'hui à Nantes, à un taux d'incidence autour de 300, mais surtout nous faisons partie de ces territoires où nous avons 90% de variants. Donc oui, nous nous préparons à la mise en œuvre des mesures, avec pour moi une boussole, comment dans ce moment accompagner le plus possible, le mieux possible, les Nantaises et les Nantais. Je vais vous donner un exemple très concret.

Le gouvernement a annoncé la liste des personnels dits prioritaires pour que leurs enfants soient accueillis dans le service minimum de garde. Eh bien, à Nantes, nous avons fait le choix d'élargir cette liste. Par exemple, aux enfants des hommes et souvent des femmes qui travaillent dans les supermarchés alimentaires parce que nous considérons qu'eux aussi ont besoin de trouver une solution, comme de nombreuses familles qui, disons-le, sont quand même aujourd'hui dans la complexité, même si je crois pour ma part que l'épidémie progressait à un tel niveau que des décisions étaient absolument nécessaires.

1:39
Présentateur

Avec l'ouverture dès mardi d'un vaccinodrome au Parc des Expositions de la Beaujoire, 7 jours sur 7, quels sont vos objectifs en termes de vaccination à Nantes ?

1:51
Johanna Rolland

L'objectif, c'est clairement de pouvoir accélérer. Nous avions un centre qui permettait de vacciner par jour 400 à 450 personnes. Nous allons ouvrir en effet dès mardi un centre qui, à terme, nous permettra de vacciner 2000 personnes par jour. Pour donner un ordre d'idée, dans les deux mois et demi précédents, on a vacciné 9000 personnes à Nantes. Là, on va pouvoir passer à 19000 par semaine.

2:14
Présentateur

Et vous aurez suffisamment de vaccins ?

2:16
Johanna Rolland

Vous le savez, c'est la question clé. Depuis le début de cette crise, les maires sont mobilisés, ils sont sur le terrain. Ils ont été prêts à ouvrir des lieux, à mettre à disposition pour cela des moyens logistiques importants. La clé, c'est bien l'approvisionnement des vaccins et ça, c'est à l'échelle de l'État et de l'Europe que cela se joue. Mais la vaccination, c'est vraiment notre horizon commun. Tout doit être fait et je voudrais aussi le dire avec une attention à celles et ceux qui ne viendront pas spontanément. La fracture numérique, la fracture sociale, comment on fait dans notre pays pour permettre vraiment à chacune et à chacun d'accéder au vaccin ?

Ce sera, je crois, une des questions phares des semaines et des mois à venir.

2:57
Présentateur

Et sur le plan médical, toujours, je sais qu'il y a une grosse mobilisation de la part des soignants. Est-ce que le CHU de Nantes est en capacité de répondre aux besoins ? Parce que je sais qu'il va y avoir un nouveau CHU.

3:09
Johanna Rolland

Alors, si on parle de la situation d'aujourd'hui, on est en réanimation à Nantes aujourd'hui à à peu près 80% des lieux utilisés. Je voudrais vraiment saluer le personnel soignant, les médecins, les infirmières, les instaurniens. Il y a un niveau de mobilisation de notre personnel soignant qu'il faut vraiment souligner. Avec des questions pour l'avenir, la reconnaissance d'un certain nombre de ces métiers. On ne fera pas l'économie de repenser de A à Z le projet de santé dans notre pays.

3:38
Présentateur

Quel métier faudrait-il revaloriser ?

3:41
Johanna Rolland

Je crois que sur le champ des infirmiers, infirmières et des aides-soignants, c'est déterminant. Quand on connaît le rythme de travail, les horaires de nuit, les horaires de week-end, si on veut donner envie à nos jeunes à nouveau de s'orienter vers ces métiers de soins, mais des métiers qui ont une exigence, y compris dans la conciliation des vies familiales et des vies professionnelles, il y a urgence, je crois, à revaloriser de manière claire ces métiers.

4:07
Présentateur

Ça veut dire qu'on est loin du compte avec les primes accordées par Emmanuel Macron et son gouvernement de quelques centaines d'euros pour les infirmiers et infirmières ?

4:14
Johanna Rolland

Oui, je crois qu'on est loin du compte, mais sincèrement, je pense que ce sujet préexiste au quinquennat d'Emmanuel Macron. Je crois que ça fait de nombreuses années qu'on demande beaucoup, beaucoup d'efforts à l'hôpital public. Et là, on se rend compte, dans la crise exceptionnelle dans laquelle on est, à quel point on a besoin de ce service public de la santé.

4:34
Présentateur

Est-ce que la situation tendue dans les hôpitaux, les problèmes de capacité d'accueil dans tous les hôpitaux de France, est-ce que cela va modifier les plans du futur CHU de Nantes prévu pour 2026 ?

4:47
Johanna Rolland

Ça doit renforcer le nombre de lits, oui. J'ai dit au ministre de la Santé, dès le mois d'avril d'année dernière, que naturellement, pour Nantes, ce nouveau projet de service public de la santé, c'est une chance. Quand l'État est prêt à engager près d'un milliard d'euros pour soutenir un service public de santé moderne, et donc le lieu qui accueille les plus modestes et les plus fragiles, avec en même temps un niveau de recherche au niveau européen, c'est évidemment une chance pour une ville. En revanche, il faut revoir le nombre de lits, ce qu'on appelle le capacitaire. C'est un sujet que j'ai porté auprès du ministre, mais aussi localement avec les équipes.

C'est aujourd'hui un travail qui est engagé avec les équipes du CHU, qui travaillent sur plusieurs scénarios. C'est aujourd'hui une nécessité.

5:31
Présentateur

Et pour vous, donc, Johanna Roland, il ne peut y avoir d'augmentation de lits, sans augmentation de personnel. Qui va accorder ces personnels en plus ?

5:39
Johanna Rolland

Ce sera au niveau du ministère de la Santé, et donc en région, au niveau de l'Agence régionale de santé. Je crois que ce qu'il faut bien dire et redire, c'est qu'installer des lits en plus, ce n'est pas simplement une question mobilière ou immobilière, c'est d'abord des personnels, c'est d'abord des personnels formés. Donc oui, dans ce nouveau projet de CHU pour Nantes, qui est attendu par de nombreux personnels, parce que les conditions de travail, les conditions d'exercice, elles comptent, évidemment pour elles, il doit être conforté par une annonce de lits supplémentaires.

6:14
Présentateur

Alors après un an de crise sanitaire, économique et sociale, l'une des conséquences, c'est un désir d'exode pour fuir les grandes villes. Vous êtes présidente, non seulement de Nantes Métropole, mais aussi de France Urbaine, l'association des maires des grandes villes. Pour fuir les grandes villes, avoir plus d'espace chez soi, par exemple des Parisiens qui se rapprocheraient de Nantes, est-ce que vous avez pu à Nantes quantifier ce phénomène d'exode ? Et la hausse des prix, quelquefois, que ça entraîne pour l'achat d'un appartement ou d'une maison. Mais d'abord, est-ce qu'il y a des gens qui effectivement cherchent à venir en masse à Nantes, par exemple ?

6:56
Johanna Rolland

Alors, Nantes fait partie des villes qui ont une dynamique démographique, mais ça ne date pas de la crise sanitaire. En réalité, on parle de deux mouvements d'habitants qui étaient en Ile-de-France et qui souhaitent venir s'installer dans les grandes métropoles. Et puis, on parle aussi de gens qui étaient dans les métropoles et qui voudraient pouvoir s'installer plus loin. À Nantes, on n'a pas encore constaté concrètement des chiffres qui nous confirmeraient ça. Quoi qu'il en soit, moi, je crois que ce qui est essentiel, c'est que les Françaises et les Français puissent choisir le territoire où ils ont envie de vivre. Et que pour cela, il faut deux choses.

Quand on veut pouvoir habiter dans les grandes villes, il faut que les grandes villes continuent à construire, notamment des logements sociaux, si on veut pouvoir accueillir des classes moyennes, si on veut pouvoir accueillir des gens qui ont des revenus modestes. Et puis, il faut surtout penser les interactions entre les grandes villes et les territoires périurbains et ruraux. C'est un sujet qui me tient beaucoup à cœur. C'est ce que j'appelle l'alliance des territoires. Dans ce pays, on a voulu opposer en permanence ces dernières années les villes et les campagnes, comme si nos questions n'étaient pas liées.

Si on veut relever le défi de la transition écologique, il va bien falloir penser les complémentarités. Qu'on parle de mobilité, qu'on parle d'alimentation, c'est en cherchant des solutions dans la réciprocité qu'on va avancer. Mais ça, c'est vrai que c'est un changement de modèle, c'est un changement de paradigme, mais en tout cas, c'est une des choses qu'on porte à France Urbaine.

8:23
Présentateur

C'est de la sociale écologie, ça ?

8:26
Johanna Rolland

C'est totalement de la sociale écologie, oui, je vous confirme. Je vais prendre un exemple concret à Nantes. On a signé ce qu'on appelle un contrat de réciprocité avec le pays de Ré. On a dit, OK, sur des sujets aussi concrets que la mobilité, que l'alimentation, si on veut trouver des réponses aux habitants de la métropole, mais aussi aux habitants du pays de Ré, par exemple, développer le covoiturage, parce que c'est bon pour le pouvoir d'achat et c'est bon pour le climat, c'est en réfléchissant ensemble qu'on avancera.

Si on veut avancer sur un autre modèle d'alimentation, eh bien, une métropole comme la nôtre doit pouvoir accepter, pour donner là aussi un exemple très concret, un projet d'abattoir mobile qui vise à des circuits plus courts, qui vise à des circuits plus durables. Vous savez, pour moi, la sociale écologie, ce n'est pas un concept, ce n'est pas un slogan, c'est des valeurs, c'est des convictions que nous, les maires, nous traduisons très concrètement dans la vie quotidienne. Quant avec Mathieu Klein à Nancy, Michael Delafosse à Montpellier, Nicolas Maillard aussi, Niol Arouan, Nathalie Aperet, Olivier Bianchi et d'autres, on traduit dans notre quotidien de maire tous les jours ces mesures.

Par exemple, en mettant en place, comme je le ferai à Nantes, je l'espère après le vote du Conseil métropolitain de vendredi prochain, la gratuité des transports en commun le week-end. Là encore, parce que c'est bon pour le climat et que c'est bon pour le pouvoir d'achat des gens et dans la période, je crois qu'on doit être extrêmement attentif à cette question sociale, eh bien, c'est en effet la traduction en acte de cette sociale écologie.

9:50
Présentateur

Johanna Roland, maire PS de Nantes, vous venez d'être nommée également porte-parole du Parti Socialiste en vue de l'élection présidentielle. Est-ce que ça annonce pour vous un futur destin plus national que local ?

10:04
Johanna Rolland

Je fais partie de cette génération de maires qui a envie de contribuer à porter une parole à gauche. Aujourd'hui, dans nos villes, je le disais, nous expérimentons des choses. Mais faire de la politique, ce n'est pas simplement gérer, c'est porter ses convictions. Et ce qu'on invente à l'échelle locale, ce qu'on partage aujourd'hui dans ce collectif de maires que j'évoquais, oui, on a envie de le porter dans le débat national. D'abord parce que je n'ai pas envie, nous n'avons pas envie que la gauche écolo dans ce pays, elle se retrouve à devoir choisir entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen à l'élection présidentielle.

10:39
Présentateur

Et en vue de ce deuxième tour, est-ce que vous partagez l'idée, Diany Jadot, d'une candidature commune des gauches et de l'écologie afin d'être présent au second tour ?

10:49
Johanna Rolland

Je crois en effet que cette idée d'un projet commun d'abord, parce que parlons des idées avant de parler des personnes, parlons du fond avant de parler des égaux, faisons des propositions sur les sujets d'aujourd'hui.

11:01
Présentateur

Vous savez bien qu'il va toujours s'agir des égaux à un moment ou à un autre.

11:05
Johanna Rolland

Oui, le moment venu, bien sûr, que la question de l'incarnation se posera, parce que la présidentielle, c'est la rencontre entre un homme ou une femme et un pays. Et Anne Hidalgo pourrait être dans la course ? Je finis juste. Si on commence par les personnes sans parler du projet, je crois sincèrement qu'on ne sera pas à la hauteur de ce que les Françaises et les Français attendent de nous. Anne Hidalgo, elle a lancé, vous le savez, une démarche. J'ai rejoint cette démarche parce que je crois qu'il y a au moins trois choses qui sont très intéressantes dans la manière dont elle l'a posée. D'abord, justement, qu'on part des idées. Ensuite, qu'on part des territoires.

Ce que moi, j'appelle la République du réel. On est quand même dans une France qui reste très jacobine. Si on veut vraiment un nouveau mouvement de décentralisation, il va falloir s'appuyer sur ce qui se passe dans les territoires. Et puis enfin, elle a fait le choix d'ouvrir cette démarche aux acteurs de la société civile. Et ça, je crois que c'est aujourd'hui absolument indispensable. Donc, dans cette démarche, personnellement, je porterai notamment les sujets d'alliances des territoires qu'on évoquait tout à l'heure.

12:04
Présentateur

Et des services publics.

12:06
Johanna Rolland

Et des services publics. Parce que je crois que s'il y a une chose que cette crise a révélée, c'est bien à quel point on a besoin de services publics. Et notamment, de services publics locaux.

12:16
Présentateur

Alors, pour vous donc...

12:17
Johanna Rolland

En regardant la situation concrètement, des masques au centre de vaccination, la puissance logistique aujourd'hui, elle est dans les collectivités locales.

12:25
Présentateur

Johanna Roland, donc pour vous, la candidate la mieux placée, qui incarnerait le mieux la présidentielle, c'est donc Anne Hidalgo. Tout le monde n'est pas d'accord avec ça au Parti Socialiste. Est-ce qu'il va falloir en débattre ardemment, j'allais dire violemment, certainement pas, mais ardemment ?

12:40
Johanna Rolland

D'abord, je rappelle qu'Anne Hidalgo n'a pas déclaré de candidature. Pour l'instant, elle a lancé une démarche. Je crois que c'est important de respecter chacune des étapes. D'abord, parce que moi, les habitantes et les habitants que je vois sur le terrain, pour l'instant, ils me parlent de la crise sanitaire. Pour l'instant, ils me parlent de la manière dont ils vont réussir à faire garder leurs enfants. Donc, respecter les démarches, oui. Ensuite, évidemment, Anne a, de mon point de vue, de nombreuses qualités pour pouvoir incarner demain quelque chose.

13:06
Présentateur

Un autre sujet, l'occupation des théâtres par des professionnels de la culture qui demandent notamment la réouverture des lieux culturels. Comment la mère socialiste de Nantes que vous êtes, regarde-t-elle ces mouvements sociaux ?

13:21
Johanna Rolland

Avec grande attention. Nous avons, avec mon adjoint, Aymeric Sesot, depuis le début de la crise, rencontré les acteurs culturels. Ils ont des revendications et des demandes assez claires. D'abord, moi, je veux saluer, pour celles et ceux que je rencontre à Nantes, leur sens des responsabilités. Ils mesurent bien la situation sanitaire. En revanche, il y a aujourd'hui un certain nombre d'hommes et de femmes qui n'ont pas travaillé depuis plus d'un an. Les comédiens, bien sûr, les chanteurs, les premiers métiers peut-être auxquels on pense. Mais n'oublions pas tous les métiers qu'il y a derrière.

Ceux qui travaillent comme câbleurs, ceux qui travaillent à l'éclairage des gens qui sont privés d'emploi depuis un an. Donc, je crois que c'est bien légitime qu'ils demandent la reconduction de l'année blanche des intermittents.

14:02
Présentateur

Jusqu'aux travailleurs, par exemple, les saisonniers dans l'hôtellerie, ça peut aller jusque-là l'extension de l'année fiscalement blanche ?

14:10
Johanna Rolland

Alors, je crois que la question des saisonniers dans l'hôtellerie est une question de nature différente puisque là, l'année blanche, c'est bien sur les intermittents. Ensuite, il y a un deuxième débat qui est la manière dont les choses se passent dans le secteur du tourisme qui est à l'évidence aujourd'hui un des secteurs économiques les plus touchés par la crise économique qui est la conséquence directe de la crise sanitaire.

14:30
Présentateur

Johanna Roland, vous aviez, au moment où vous avez présenté vos voeux à la population nantaise par vidéo d'ailleurs, vous avanciez cette volonté chez vous de réconcilier l'économie et l'écologie, ça on en a parlé, on l'a compris, mais aussi l'art et la nature. Qu'est-ce que ça signifie ?

14:51
Johanna Rolland

Vous savez peut-être que Nantais est connue et depuis longtemps pour être une grande ville de culture. nous faisons partie de ces villes qui ont un lien très particulier, très fort, très intense avec la culture et ça pour moi c'est quelque chose d'important parce que je crois qu'on a particulièrement besoin en ce moment de quelque chose qui nous rassemble, de quelque chose qui nous dépasse, qui nous élève et qui permet de partager des émotions. C'est la raison pour laquelle avec d'autres, j'ai dit que Nantes le moment venu pourrait faire partie des villes pilotes pour expérimenter justement des réouvertures.

Mais dans ce monde qui bouge, moi j'ai fait le choix de prendre totalement le chemin de la transition écologique et donc de cette question de la nature et notamment de la nature en ville. Pas de la nature au sens décoratif, au sens du paysage mais de ce qu'on veut retrouver en termes de biodiversité, de rapport au vivant. Je crois qu'il y a quelque chose à inventer dans cette conjugaison entre nature et culture. Un parc demain où on rencontre une œuvre sur l'espace public, eh bien je crois que c'est une perspective assez réjouissante.

15:57
Présentateur

Et si c'est possible, la Folle Journée aura lieu au mois de juin avec un nouveau directeur ou une nouvelle directrice d'ailleurs ?

16:03
Johanna Rolland

Oui, nous faisons tout pour que la Folle Journée puisse avoir lieu. C'est un moment attendu par de nombreux Nantais mais bien au-delà d'ailleurs de notre territoire. Donc j'espère vivement et j'en profite pour adresser à Rosine Bachelot un salut amical et un prompt rétablissement que la Folle Journée comptera dans les festivals qui marqueront le début d'une reprise culturelle.

16:25
Présentateur

La Folle Journée de Nantes devait avoir lieu le 9 avril et ça pourrait avoir lieu quand au final ? Vous avez une idée un peu du calendrier ? Soit tout à la fin

16:34
Johanna Rolland

du mois de mai soit tout début juin c'est ce à quoi nous travaillons en lien avec les services concernés.

16:39
Présentateur

Un débat qui dure depuis des années et qui n'est pas que local à propos de Nantes en Bretagne ou pas ? Le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne vous y êtes favorable ?

16:50
Johanna Rolland

Moi je ne suis pas favorable au rattachement en revanche je crois qu'on doit respecter l'expression citoyenne qui s'est faite sur ce sujet. Il y a eu sur notre territoire une pétition qui a réuni plus de 100 000 citoyens. Je crois que dans un moment où il y a des vraies questions démocratiques une forme de défiance qui s'exprime à de nombreux niveaux et de nombreux sujets quand il y a une expression citoyenne elle doit avoir un débouché démocratique.

C'est la raison pour laquelle j'ai proposé au Conseil municipal d'adopter un vœu sur ce sujet pour demander qu'il puisse y avoir une consultation sur cette question parce que je crois tout simplement que c'est respectueux de l'expression des habitants sur ces enjeux.

17:32
Présentateur

Et cette consultation aurait lieu quand ?

17:35
Johanna Rolland

Eh bien là pour l'instant nous avons adopté ce vœu nous l'avons adressé à l'État parce que ensuite évidemment c'est là que la décision se prend puisque naturellement il y aurait est la question de l'expression de la loi atlantique mais le moment venu des autres départements aussi qui sont concernés.

17:50
Présentateur

Une question d'actualité pour terminer à propos du Sénat qui a voté jeudi un amendement dit UNEF contre les réunions non mixtes un amendement contre le principe donc d'interdire à une personne de participer à une réunion en raison de sa couleur de peau ou de ses origines est-ce que vous êtes favorable à cet amendement initié par la droite ?

18:10
Johanna Rolland

Non mais moi je suis favorable ni à cet amendement ni aux réunions non mixtes.

18:13
Présentateur

Alors comment vous faites pour trancher ?

18:15
Johanna Rolland

Écoutez je crois que les choses elles sont en réalité assez simples la vie publique française elle est fondée sur le principe de l'universalisme donc quand on est sur le champ du politique on doit respecter cela en revanche je crois que la surenchère qu'il y a aujourd'hui autour de ce débat elle n'est pas raisonnable on est dans un moment où on est dans une crise sanitaire sans précédent où les français sont inquiets pour leur famille pour leurs proches ou la question sociale prend une ampleur majeure moi je pense à tous ces jeunes qui n'ont aujourd'hui pas de solution alors que 23 pays d'Europe sur 27 ont ouvert leurs droits sociaux à la jeunesse je pense à cette histoire de l'assurance chômage décidée au moment même où des millions de français des milliers de français sont dans une situation d'emploi particulièrement délicate je pense à ces mères de famille qui m'écrivent pour me dire que pour la première fois de leur vie elles savent pas comment elles vont remplir leur frigo et qu'elles doivent demander acte de solidarité de la ville franchement je crois que les sujets d'actualité aujourd'hui c'est cela ensuite sur le champ des principes je suis pour que nous soyons très clairs moi ma position c'est celle de l'universalisme ensuite on doit aussi regarder la manière dont la république accompagne chacun des habitantes et des habitants et de ce point de vue nous devons continuer à nous mobiliser pour la lutte contre les discriminations pour la lutte contre le racisme pour la lutte contre l'antisémitisme pour tous les combats qui nous rassemblent et pas pour ce qui nous divise

19:45
Présentateur

et bien merci d'être venue le dire ce matin sur France Inter Johanna Roland maire socialiste de Nantes et dont la carte de visite devient de plus en plus petite ou en tout cas il faudra écrire de plus en plus petit pour que ça tienne présidente de Nantes Métropole présidente de France Urbaine l'association des maires des grandes villes et puis aussi porte-parole du parti socialiste pour la prochaine présidentielle merci beaucoup d'être venu parler ce matin sur France Inter et bonne journée

Johanna Rolland : "Je fais partie de cette génération de maires qui a envie de porter une parole à gauche" — Johanna Rolland · Pourquijevote