Marine Le Pen invitée de Questions politiques
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Bonjour et bienvenue dans Question Politique, le rendez-vous de France Inter, du journal Le Monde et de France Info. Veut-elle accomplir en France ce que Trump a fait des Etats-Unis ou regarde-t-elle du côté de l'Italie qui fait trembler l'Europe ? On imagine qu'elle observe avec attention les pays où ses amis sont au pouvoir et que compte-t-elle reprendre de leurs exemples ? On va lui poser ces questions, la présidente du Rassemblement National Marine Le Pen est notre invitée jusqu'à 13h. Vos questions, vos commentaires sont les bienvenus pour intervenir à l'application France Inter ou sur internet avec ce mot-clé Question Paul.
France Inter, Question Politique, Alibadou.
La Dream Team de Question Politique, Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions. Bonjour Nathalie. Bonjour. Françoise Fressos du journal Le Monde, bonjour Françoise. Bonjour Ali.
Ça va ? Ça va bien.
Karine Bécard de France Inter, bonjour Karine. Salut à tous. Marine Le Pen s'installe dans le studio 221 de la maison de la radio. Elle va répondre à nos questions. Bonjour Marine Le Pen.
Bonjour Monsieur, bonjour Mesdames.
Et bienvenue, beaucoup de questions à vous poser. Mais d'abord et avant d'aller sur le fond de votre stratégie, allez-vous vous pourvoir en cassation après le jugement un appel qui a réduit de moitié la saisie ordonnée par la justice sur les subventions publiques à votre parti ?
Eh bien je vous donnerai cette réponse lundi car je souhaite évidemment que nous inscrivions un pourvoi. Il s'agit là d'une question de principe. Je pense que la justice ne peut pas à titre conservatoire saisir une dotation publique d'un parti politique. De la même manière d'ailleurs qu'il n'a pas le droit de saisir un groupe de presse, qu'il n'a pas le droit de faire une perquisition dans un groupe de presse parce que tout cela évidemment a une influence sur les manœuvres d'intimidation possibles à l'égard des pouvoirs équilibrés de notre République.
Le problème c'est que nous ne savons pas si l'inscription de ce pourvoi ne va pas nous obliger à renoncer aux millions que la Chambre d'instruction vient de nous rendre. Donc lorsque cette affaire sera tirée au clair, je pourrai vous répondre. Mais ma volonté est évidemment d'inscrire un pourvoi dans ce dossier.
Comment allez-vous financer la campagne des européennes ?
Nous allons tenter de faire un prêt. Vous le savez, les gouvernements successifs n'ont eu de cesse que de réduire la possibilité de financement des partis politiques. Aujourd'hui, aucune banque ni française ni européenne ne veut nous prêter pour les élections. Or, au mois de septembre, le gouvernement d'Emmanuel Macron a décidé de restreindre encore les possibilités d'emprunt. Et nous ne pouvons pas emprunter ni auprès d'une banque extra-européenne, ni auprès, ce que nous faisions avant, de particuliers au-delà de 15 000 euros par particulier. Ça devient vraiment très compliqué.
Mais quelle est votre situation financière aujourd'hui ? Quel est le montant de vos dettes, par exemple ? Parce qu'effectivement, si vous avez des dettes importantes, les banques prêtent peut-être aussi moins facilement.
Donc quel est le montant ? Est-ce qu'on peut avoir un chiffre ? Alors, je pense que LR doit avoir une recette magique car ils ont 58 millions d'euros de dettes, je crois. Et ils arrivent à trouver systématiquement des concours bancaires pour leur prêter. N'allons pas sur ce terrain-là. Vous le savez très bien, les banques refusent de nous prêter pour des raisons exclusivement politiques. Exclusivement ? Oui, exclusivement politiques. C'est pas ce qu'elles disent.
Et par exemple, dans l'affaire que vous évoquiez, c'est-à-dire cette saisie de la dotation qui revenait au FN, la motivation des juges, c'était de dire, on les met de côté parce qu'on n'est pas sûr que le FN paiera les dommages et intérêts au Parlement européen dans l'affaire des emplois fictifs dont vous êtes mis en examen. Donc, il y a quand même des raisons à chaque fois qui sont liées à une mauvaise gestion ou peut-être même, entre guillemets, à un détournement de fonds. Non, Mme Frézot, je ne vous autorise pas à dire cela. Voilà, je ne vous l'autorise pas pour une raison simple, c'est qu'il s'agit d'une diffamation. Les magistrats instruisent.
L'instruction se fait à charge et à décharge, normalement. En réalité, dans cette affaire, elle se fait exclusivement à charge, au point que les juges d'instruction, par ailleurs, ont pris fait et cause pour les arguments du Parlement européen, ce qui n'est pas dans leur attribution. Ça, c'est l'attribution du juge du fonds qui doit décider si nous sommes ou si nous ne sommes pas coupables.
Marine Le Pen, tout le monde n'est pas juriste, mais que tout le monde comprenne ce que disent les juges.
Au bout de ma phrase, tout le monde va comprendre.
Bien sûr, mais ce qu'ils disent les juges, c'est que vous avez commis une faute au Parlement européen, mais si on ne vous laisse rien, vous faites faillite. En gros, c'est ça, ce que disent les juges.
Les juges instruisent. Ça n'est pas une juridiction de jugement. Ils n'ont donc pas à juger le fonds de l'affaire. Ils ont à instruire. Ce qu'ils ne font pas, car ils doivent instruire à charge et à décharge. Et ils instruisent exclusivement à charge, en ayant pris, comme je le disais avant que vous me coupiez la parole, fait et cause pour les arguments du Parlement européen. Nous touchons, comme tous les mouvements politiques, chaque année, une partie de la dotation qui provient du résultat des élections législatives. Cet argent est entre les mains de l'État. Il n'a donc aucun risque et il peut être à tout moment saisi entre les mains de l'État.
Il n'y avait aucune justification à cette saisie, sauf, encore une fois, la conviction de ces deux juges issus ou proches du syndicat de l'administrature d'extrême gauche que nous avons commis une faute avant même un jugement. Je trouve cela très dangereux, car nous sommes le premier parti d'opposition de France. Et si on va sur cette pente-là, alors tout mouvement d'opposition peut être victime demain de méthodes d'intimidation de ce type qui visent en réalité à l'empêcher de fonctionner. Si vous reconnaissez sur le front que vous auriez peut-être quand même intérêt à améliorer la gestion des fonds publics que vous recevez.
Mais permettez-moi, Madame Fressoz, vous n'y connaissez strictement rien. Ce qui est malheureux... Non mais je lis, je lis beaucoup et je vois que vous avez eu énormément d'endettements. Madame Fressoz, vous lisez vos propres confrères.
Pas de procès d'intention, Marine Le Pen, ça ne sert à rien.
Vous n'y connaissez rien. Vous ne savez pas quelle est la situation.
Mais pas de procès d'intention, expliquez-nous.
Vous ne savez pas. Alors dites-nous, profitez-en. Alors j'ai déjà eu l'occasion de le dire. Je vous remercie d'ailleurs de me permettre d'expliquer à ceux qui nous écoutent. Nous n'avons aucun concours bancaire. C'est-à-dire que lorsque nous finançons, ce qui est une exception dans la vie politique française, l'ensemble de nos candidats, nous prêtons à l'ensemble de nos candidats. Ce sont des sommes qui sont très importantes. Les autres partis politiques demandent à leurs candidats d'emprunter eux-mêmes auprès des banques, à tout risque. Nous, nous assumons le risque en question.
Parfois, nous sommes amenés du coup à avoir des dettes parce qu'un compte de campagne est rejeté, parce qu'un candidat ne rembourse pas ce qu'on lui a prêté. Mais surtout, comme les banques ne nous prêtent pas et que l'État ne rembourse que les intérêts d'emprunts bancaires, Eh bien, les emprunts que nous faisons auprès de particuliers jusqu'à présent, car maintenant c'est interdit... Ou de banques étrangères. Eh bien, c'est nous qui, en réalité, sommes obligés d'assumer la charge du paiement de ces intérêts. C'est très, comment dire, injuste. C'est très injuste parce que ça nous met dans une situation différente des autres. De surcroît. Et j'ai été également amenée à l'expliquer.
Entre 2009 et récemment, j'ai pris les deux élections européennes, parce qu'il m'apparaissait que c'était une période que chacun avait encore en mémoire. Entre 2009 et 2014, le Front National de l'époque était à 6%. Nous sommes arrivés aux dernières élections européennes à 24%. C'est une montée en puissance spectaculaire. Nous sommes devenus le premier parti de France et ça, ça entraîne une obligation d'investissement, en quelque sorte.
Parce que beaucoup plus d'adhérents, parce que des fédérations plus structurées, parce qu'une augmentation de notre dynamisme, de nos réunions publiques, et tout cela, effectivement, a entraîné, encore une fois, un investissement qui était nécessaire et qui fait qu'aujourd'hui, nous sommes le premier parti d'opposition de France. Notre dette est parfaitement soutenable. Vous êtes nombreux à revendiquer ce titre. Pour peu, Madame, excusez-moi, mais que nous soyons soumis aux mêmes règles que les autres. Et c'est cela que je voudrais dénoncer. Nous ne sommes jamais soumis aux mêmes règles que les autres.
Enfin, Madame le Père, permettez-nous quand même de douter un petit peu de la bonne santé financière de votre entreprise, finalement, de votre parti. On a découvert, alors là encore dans la presse, vous pouvez contester ce que dit la presse, mais des sommes astronomiques dépensées par exemple dans des restaurants, à partir des fonds qui vous sont versés, des indemnités européennes qui vous sont versées, on a le sentiment quand même que le train de vie au Front National est un peu surélevé par rapport au montant des dettes, même si vous n'avez pas voulu nous donner le montant tout à l'heure.
Moi, j'ai le sentiment, Madame, que vous regardez par le petit bout de la lorgnette. Il y a eu deux dîners, deux dîners au Parlement européen qui ont été contestés, qui étaient incontestablement des dîners avec un montant qui n'était pas admissible. Et immédiatement, lorsque cette affaire a été... Moi, je parle d'un dîner à Paris, à l'Amboisie, qui a coûté extrêmement cher. Oui, mais d'accord, mais c'était en réalité dans le cadre des activités européennes. Ces deux dîners ont été remboursés par la personne qui les avait organisés. Et c'est tout à fait normal et tout à fait légitime. Ceci n'a strictement rien à voir, encore une fois, avec notre fonctionnement.
Je vous rappelle également que la Commission nationale des comptes de campagne vérifie les comptes des partis politiques chaque année. Chaque année. Qui a donc un contrôle très précis de ses dépenses et que rien ne permet d'aller dans le sens de votre accusation.
Nathalie Saint-Cricq.
Pour avancer un peu, vous aviez émis l'envie d'ouvrir... Mais j'espère que la prochaine fois que vous aurez un LR sur le plateau, vous lui poserez la même question sur ses 58 millions d'euros de dettes. Non, mais attendez, il n'y a pas que l'histoire de dettes, il y a aussi l'histoire des emplois fictifs. Non, mais j'aimerais, moi. Non, mais il y a aussi des emplois fictifs, c'est-à-dire des gens qui sont payés par le Parlement européen et utilisés en France. On ne va pas faire trois heures là-dessus. Non, on peut faire juste deux secondes sur la présomption d'innocence, quand même ?
Totalement, mais est-ce que vous considérez que simplement dire que vous êtes victime, ça suffit à boucler le débat ? C'est-à-dire qu'il s'agisse d'argent, qu'il s'agisse... C'est toujours contre vous et vous êtes totalement toujours blanche comme neige. Oui, dans cette affaire des assistants parlementaires, nous sommes totalement innocents de ce qu'on nous reproche. On attendra le jugement pour le savoir. C'est extrêmement clair. Et je vais vous dire encore une fois, cette affaire a été lancée pour des raisons politiques, par M. Schultz, en cheville avec Mme Taubira, sa copine socialiste, avec une procédure d'ailleurs qui est éminemment contestable.
Donc nous sommes des députés français au Parlement européen, des députés français au Parlement européen, qui avons une enveloppe pour avoir des assistants qui nous assistent, non seulement, évidemment, comme c'est le cas d'ailleurs à l'Assemblée nationale, dans notre travail de députés d'opposition, puisque nous étions des députés d'opposition jusqu'à présent, mais également dans nos activités politiques de députés européens. Je rappelle encore une fois que rien de ce qui nous est reproché n'est justifié.
Nous avons parfaitement œuvré, et d'ailleurs, si je puis me permettre, et d'ailleurs, les députés français du Rassemblement national colonisent les premières places des députés les plus actifs au sein du Parlement européen.
C'est assez contestable, mais on va passer là-dessus.
Pardon ? Pourquoi c'est contestable, monsieur ?
Parce que si l'on sort la liste, et on ne va pas le faire tout de suite, parce qu'on va arriver au fond de notre doctrine...
Par principe, vous considérez que ce que je dis est contestable ? Non. Ah si, c'est ce que vous venez de dire.
Je dis que j'ai regardé l'activité des députés européens au Parlement.
Vous avez regardé ?
Et qu'est-ce que vous dites est contestable.
Vous avez regardé ?
J'ai regardé, Marine Le Pen. Comme j'ai regardé également l'activité des députés à l'Assemblée nationale.
Vous avez regardé, et vous venez me dire aujourd'hui...
Oui.
Qu'il n'y a pas, dans les députés français au Parlement européen, les députés du Rassemblement national ne colonisent pas une bonne partie des premières places.
Ce n'est pas ce que vous avez dit, mais on va passer là-dessus.
C'est exactement ce que j'ai dit.
Karine Bécard. C'est incroyable.
Mais enfin, ceux qui nous regardent et ceux qui nous écoutent pourront réécouter ce passage. C'est exactement ce que j'ai dit.
Karine Bécard, pour votre portrait.
Ça a l'air de vous ennuyer.
Absolument pas. Ah bon ? Pas de procès d'intention, s'il vous plaît. Ça vous ennuie davantage que moi.
Non, parce que vous avez contesté mon propos avant même que j'ai terminé de le formuler. Comme si ça vous gênait que les députés du Rassemblement national soient performants, actifs, compétents au sein du Parlement européen. Je le rappelais uniquement de fait. Moi, je trouve que c'est une très bonne nouvelle. Et je suis convaincue que les électeurs considéreront cela également comme une bonne nouvelle.
Et vous, à l'Assemblée nationale, vous faites partie des 150 députés, sur 577 les plus actifs aussi, en travaillant votre portrait. Oui, je m'y suis intéressée. Vous voyez, on a quand même regardé effectivement tout ça. Bref, après 25 ans d'une vie politique plutôt bien remplie, j'ai peur que tout ait déjà été dit à votre sujet ou à peu près. Tout le monde sait, par exemple, que vous, Marine, la Benjamin Desleupen, avez été particulièrement choyée par votre père, un père auquel vous avez toujours ressemblé, un père que vous avez beaucoup admiré. Certes, cela ne vous a pas empêché de vous fâcher et de ne plus vous parler pendant deux bonnes années, mais peu importe.
Vous êtes aujourd'hui, paraît-il, complètement réconcilié. En tout cas, comme lui, vous dirigez son parti. Comme lui, vous avez disputé deux fois déjà l'élection suprême, le scrutin présidentiel. Et puis, comme lui aussi, vous avez été députée européenne et conseillère régionale. En revanche, vous avez eu un petit peu plus de mal à vous faire élire. A l'Assemblée nationale, il vous aura fallu cinq tentatives au total.
Alors, je pensais faire un traque comme ça, avec photo du candidat. Donc, Marine Le Pen, votre candidat, votre candidate sur la 16e circonscription, et avec derrière un argumentaire.
Vous reconnaissez ? Cela remonte à 1993. Vous avez donc 24 ans seulement, vous étiez face à Bernard Ponce. Et on a le sentiment, Marine Le Pen, que vous êtes là plus par tradition familiale que par pure conviction. En réalité, beaucoup l'ont oublié. Mais c'est neuf ans plus tard, à 33 ans, que vous allez politiquement crever l'écran le 21 avril 2002, quand Jean-Marie Le Pen se qualifie pour le second tour de l'élection présidentielle.
Sur la dénonciation des problèmes, sur le fait qu'avant les autres, Jean-Marie Le Pen et le Front National ont été capables de détecter les grandes menaces qui pesaient sur la France, nous avons un crédit certain auprès des Français.
Voilà, à partir de là, vous êtes invité sur tous les plateaux télé. Et l'élève a bien failli, petit à petit, dépassé le maître, puisque vous aussi, Marine Le Pen, vous avez disputé, comme votre paternelle, le second tour d'un scrutin présidentiel. Sauf que vous, qui avez été pendant si longtemps, pendant près de 15 ans, si redouté dans les débats, celui-là, celui qui aurait pu vous emmener tout droit à l'Élysée, vous êtes passé totalement à côté.
J'ai inventé le show, dans l'occurrence. Non, mais vous savez, le parti des affaires, ça n'est pas le mien, c'est le vôtre. Le parti qui ne va pas devant les juges, c'est le vôtre, pas le mien. Le parti des affaires, c'est le mien. Soyez, soyez. Oui, c'est la réalité. Faut attention à ce que vous dites, M. Macron. C'est la réalité, Mme Le Pen.
J'espère qu'on n'apprendra rien dans les quelques jours ou quelques semaines, parce que vous donnez des leçons.
Vous donnez des leçons, mais pour l'instant, personne n'a compris. J'ai compris vos amis, beaucoup ont dit du mal. C'est bon ? Je peux parler ? C'est bon, allez-y, Mme Le Pen.
Alors aujourd'hui, Marine Le Pen, vous avez changé le nom de votre parti, mais votre stratégie, vos troupes et votre rhétorique sont restées exactement les mêmes, la même petite boutique, en somme, que celle conçue par Jean-Marie Le Pen. Résultat, vos vieux combats, c'est l'Italie désormais, c'est l'Autriche aussi, la Hongrie qui les mène. Vous osez revendiquer leur victoire, mais elles ne sont les vôtres, Marine Le Pen. Petite désillusion que par procuration.
Réaction, Marine Le Pen ?
Je dois réagir à ce propos ?
Si vous en avez envie, vous êtes libre.
Je suis étonnée de la tonalité qui est utilisée dans cette présentation, mais je vous remercie en revanche d'avoir passé l'extrait avec Emmanuel Macron, parce que vous voyez dans ce débat dont vous indiquez à chaque reprise qu'il est totalement raté, ce propos-là me paraissait tout à fait justifié, puisque depuis l'élection d'Emmanuel Macron, toute une série d'affaires sont venues émailler le très court mandat d'Emmanuel Macron. Madame Le Pen, ça n'était pas ça les rumeurs qu'il y avait. L'intégralité quasiment des ministres sont pris au patte dans des conflits d'intérêts et autres affaires d'intérêts personnels.
Attention, présentez une innocence, c'est ce que vous faisiez valoir au début de l'émission. Non, non, mais vous voyez, en réalité, ce propos-là était, je crois, tout à fait justifié. Pour le reste, Madame, dans des conditions très difficiles, et vous venez encore d'en faire la démonstration, face à un traitement qui est un traitement parfaitement partiel, et vous venez d'en faire à nouveau la démonstration, le mouvement que j'ai l'honneur, effectivement, de présider, s'est hissé comme le premier mouvement d'opposition, et je l'espère demain arrivera au pouvoir pour appliquer nos idées.
Qu'est-ce qui vous fait dire que vous êtes le premier mouvement d'opposition, Madame Le Pen, aujourd'hui ? Parce que tout le monde revendique cette place-là, LR, la France insoumise, vous, donc...
Madame, juste les sondages, peut-être aujourd'hui, et puis hier les résultats. — Alors lesquels, le sondage ? — Vous savez que je suis arrivée au second tour de l'élection présidentielle. — Ça, ça ne m'a pas échappé. — C'est bien. Et qu'aujourd'hui, nous sommes donnés à égalité avec En Marche. — Un sondage Odoxa ?
— Avec, je l'espère... — Mais qui a été fait sur 500 participants. — Ah ! — On a connu des... — C'est un faux sondage, d'accord. — Non, mais... — En tout cas, on essaie de regarder scientifiquement si c'est des sondages sur lesquels on peut s'appuyer ou pas. Mais vous avez...
— Le patron d'Odoxa sera content de se faire traiter trop ça.
— Vous avez huit députés, madame. Est-ce que ça vous permet, effectivement, de revendiquer la place de premier emploi ?
— Madame, tous les sondages qui ont été effectués... Je sais que ça vous ennuie. Ça, ça vous dérange. — Mais absolument pas. — Ça vous rend triste. Mais tous les sondages qui ont été effectués nous donnent au moins en deuxième position aux élections européennes. Tout institut de sondage confondu. Moi, je pense qu'il se trompe et que nous arriverons en tête de ces élections européennes. Mais à tout le moins, accordez-moi que ça fait de nous le premier parti d'opposition en France aujourd'hui à Emmanuel Macron.
Ce qui confirme le choix qui a été fait par les Français au second tour, au premier tour de l'élection présidentielle, puisqu'il nous a mis en deuxième position derrière Emmanuel Macron. — Alors justement, le Rassemblement national hier, Rassemblement, vous aviez mis... Alors c'est des questions que j'ai essayé de poser tout à l'heure, émis la volonté d'ouvrir, de rassembler un peu plus, de ne pas rester avec votre noyau dur. Qu'est-ce que vous avez réussi à attirer dans vos filets quand on voit que Nicolas Dupont-Aignan va faire sa liste et que finalement, vous restez entouré des mêmes personnes ? — Eh bien, vous allez, là encore... — Avoir des surprises ? — Avoir des surprises.
Je ne sais pas si vous aurez des surprises. Mais vous aurez la démonstration dans les semaines qui viennent, lorsque j'annoncerai ma liste aux élections européennes, précisément de cette capacité de rassemblement. Car nous allons attirer à nous, dans ce combat des Européennes qui est fondé sur un clivage mondialiste national, des gens qui ne viennent pas du Rassemblement national, qui viennent soit de la société civile, soit d'autres mouvements politiques et qui ont pris conscience... — Lesquels ? — Mais madame, le jour où j'annoncerai ma liste, vous en aurez connaissance.
Pour l'instant, je reste maître, pardon, de mon calendrier, de la même manière, d'ailleurs, que mes adversaires politiques restent eux-mêmes maîtres de leur calendrier. Nous sommes à huit mois des élections et nous avons encore quelques semaines devant nous, précisément pour peaufiner cette liste de rassemblement. — Vous sentez que ça vient d'où, plutôt, les gens qui ont une proximité ? Quand on entend Laurent Wauquiez, qui, souvent, utilise des thématiques, des expressions qui sont exactement les mêmes que vous, vous pensez que c'est du côté des Républicains que vous pouvez essayer de récupérer des gens ? Vous sentez que c'est...
On ne vous demande pas de la liste, les noms qui auraient sur votre liste. On vous demande tout ce que vous sentez. — Mais madame, déjà, nous avons rassemblé autour de nous des gens qui venaient de la droite et de la gauche. C'est déjà le cas. C'est le cas depuis déjà un certain nombre d'années. Mais il ne vous a pas échappé que, dans le bassin minier, nous avons gagné l'intégralité des circonscriptions aux élections législatives. Le bassin minier, c'est un territoire qui était très ancré, par exemple, à gauche. Vous le savez. Bon. Donc, nous sommes les nationaux.
C'est-à-dire que nous rassemblons des gens qui viennent de la droite et de la gauche, mais qui considèrent que la nation ne doit pas disparaître et avec elle disparaître les protections qu'elle offre au peuple. Et nous sommes confrontés aux mondialistes, c'est-à-dire aux gens qui, comme Emmanuel Macron, sont pour une Europe fédérale, plus de pouvoir à une Europe fédérale, et une dissolution, en réalité, des nations et des pouvoirs qu'elles possèdent. C'est un vrai grand clivage. Et il est en train de traverser, vous le voyez bien, toute l'Europe.
C'est ce clivage qui s'est imposé en Italie et qui a fait que des mouvements aussi différents, il faut bien le dire, que 5 étoiles et la Ligue, ont réussi à constituer un gouvernement en commun. Est-ce que vous allez essayer de rechercher l'électorat de Jean-Luc Mélenchon ? Dans les propos que vous dites, est-ce que c'est ça que vous cherchez ? Je parle à tous les Français. Et encore une fois, je n'ai plus envie de les mettre dans des cases gauche ou droite. Je pense que ça n'a plus de sens. Je pense qu'aujourd'hui, le grand clivage, à mon avis, Emmanuel Macron l'a compris d'ailleurs.
Il dit conservateur progressiste.
Oui, lui il dit ça, mais moi je dis mondialiste et national. Emmanuel Macron lui-même a attiré à lui des gens du Parti Socialiste, enfin de l'ancien Parti Socialiste, et des gens qui viennent de la droite, mais qui ont en commun autour d'Emmanuel Macron, cette conviction que la règle économique majeure, c'est le libre-échange total, c'est l'ultralibéralisme, que les nations ne doivent mettre aucun obstacle aux lois du marché, que les frontières doivent être totalement ouvertes à une immigration, dont je dis qu'elle est absolument massive.
et pardon, laissez-moi juste terminer mon analyse, et que les règles de fonctionnement doivent être celles de la concurrence internationale, que je considère comme profondément déloyale. Ça, sur cette base-là, effectivement, il y a un pôle qui se constitue, et nous, nous sommes le pôle inverse. Alors vous dites, est-ce que vous confirmez que la tête de liste sera bien du Rassemblement National, et que ce sera bien loué à Lyon ? Mais pas du tout, je ne vous confirme strictement rien, car le choix de la tête de liste n'a pas encore été fait. Mais vous êtes plutôt sur une tête de liste politique, c'est ça ? Mais nous verrons, encore une fois, la forme que prendra cette liste.
C'est important, c'est ce que nous allons défendre dans ces élections européennes, et avec qui nous allons le défendre, car quel est mon objectif ? Mon objectif, c'est pas seulement d'arriver en tête des élections européennes, mon objectif, c'est de constituer au sein du Parlement européen une véritable...
Alors ça, on va en reparler. Une dernière question sur la liste, malgré tout. On a beaucoup entendu parler de l'arrivée de Thierry Mariani, un républicain également, du parti Les Républicains. Est-ce que finalement, il en sera ? Parce que ça, c'est quand même un secret qui dure depuis 8 mois. Le suspense, on ne tient plus.
C'est vous qui créez un suspense qui n'existe pas. Ah ben non, c'est lui aussi, et puis c'est vous. Mais il n'y a pas de suspense. Il y a une liste qui sera annoncée. Il y a une liste qui sera annoncée le moment venu.
Nathalie Saint-Clic.
Juste sur l'immigration, on a l'impression que Jean-Luc Mélenchon, quelquefois, tient des propos qui ressemblent un peu aux vôtres. Est-ce que vous avez l'impression qu'il va un peu sur vos terres, pour le coup ? Puisque Françoise vous a demandé si vous n'alliez pas sur les siennes. Il est d'ailleurs, quelquefois, contesté dans ses rangs, en considérant qu'il a une position moins généreuse en matière d'immigration. Est-ce que vous trouvez qu'il a un peu sur votre... Moi, il me semble que lui et tous ceux qui sont autour de lui restent convaincus de la nécessité de l'ouverture totale des frontières.
Et si peut-être, dans son fort intérieur, il est conscient, comme il est un homme intelligent, ce ne serait pas étonnant, que l'immigration massive est un véritable danger pour notre pays, il ne l'exprime pas. Il ne l'exprime pas parce qu'en fait, il est tenu par ses troupes. Et en cela, il manque de courage. Incontestablement, il manque de courage. Mais vous ressentez chez lui quelque chose de commun dans le diagnostic ? C'est-à-dire qu'il hésite. Il hésite entre la posture qui est celle de l'extrême-gauche depuis des années et des années, qui est, il faut régulariser l'intégralité des clandestins, il ne faut aucun obstacle à l'immigration.
Tous ceux qui veulent s'installer dans notre pays sont les bienvenus. Et puis, la position consistant à dire que l'immigration étant la petite fille de la mondialisation sauvage, il est assez difficile de lutter contre la mondialisation sauvage et en même temps d'accepter l'immigration massive. Mais il va falloir qu'il fasse un choix. Et si je puis me permettre, ces Européennes, c'est une vraie œuvre de clarification des positions des uns et des autres. Aujourd'hui, on ne peut plus jouer sur l'ambiguïté. LR a joué sur l'ambiguïté pendant des années. Ils étaient en même temps pro-Union européenne et un peu anti-Union européenne.
Quand ça les arrangeait, selon les plateaux, selon les personnes qui s'exprimaient, ils vont être obligés d'être clairs lors de ces élections. Alors justement, on va essayer de clarifier aussi votre conception de l'Europe. Il en est de même peut-être de la France insoumise qui va être obligée de clarifier sa position. Mais votre discours aujourd'hui aussi, parce que moi j'ai été quand même très surprise par le discours de Fréjus qui a marqué votre entrée politique le 16 septembre. Vous dites « submersion migratoire ». Vous dites « folle politique immigrationniste ». Vous parlez de prise d'assaut. Est-ce que vous êtes sûr que c'est la réalité française en ce moment ?
Oui, je suis convaincue que c'est la réalité française en ce moment. Je suis convaincue que le niveau de l'immigration dans notre pays est spectaculaire. Mais si je puis me permettre, ce sont les chiffres qui le disent. Il y a à peu près 410 000 personnes qui légalement entrent chaque année dans notre pays. Il y a un nombre de clandestins qu'on ne veut pas connaître. Et je pense qu'il y a là une volonté du gouvernement de nier la réalité. Je crois qu'il y a un rapport parlementaire d'un député LR et d'un député En Marche qui ont indiqué que ne serait-ce qu'en Seine-Saint-Denis, il y avait entre 150 000 et 400 000 clandestins.
Si on s'attache sur la base de ce chiffre, même si probablement la Seine-Saint-Denis est l'endroit où il y a le plus de clandestins, à essayer de savoir le nombre de clandestins qui existent aujourd'hui dans notre pays, c'est considérable. Alors que feriez-vous ? 50 000 mineurs isolés, 100 000 demandeurs d'asile, un chiffre jamais atteint jusqu'à présent. Donc oui, il y a une transformation de l'immigration. On connaît votre diagnostic, vos propositions.
Qu'est-ce que vous proposez justement pour y mettre fin à l'échelle de l'Union Européenne ?
Vous connaissez mon diagnostic. Je suis très ravie de l'apprendre, cher monsieur, mais ceux qui nous écoutent peut-être ne le connaissent pas. Donc je viens dire aujourd'hui que nous passons à un nouveau stade. Nous étions confrontés à l'immigration. Aujourd'hui, nous sommes confrontés à des flux migratoires, c'est-à-dire à des migrations de population qui entraînent des problèmes supérieurs. Je viens donc dire qu'il faut à nouveau maîtriser nos frontières. Je ne veux pas que ce soit l'Union Européenne qui décide à ma place. Allons jusqu'au bout. Concrètement, qu'est-ce que vous faites ? Vous mettez des douaniers ? Vous mettez des murs ? Comment est-ce que vous faites ?
Je n'ai jamais vu de murs aux frontières de la France. Comment vous faites ? Depuis des décennies, à l'époque où la France maîtrisait sa politique d'immigration, il n'y avait pas de murs. Il y avait des contrôles aux frontières. Mais vous savez, les contrôles aux frontières, si je puis me permettre, c'est la partie émergée de l'iceberg. Parce que la plus grande politique de maîtrise de l'immigration, c'est la maîtrise des visas. Or, nous ne cessons d'augmenter le nombre de visas que nous accordons. Nous mettons de surcroît en place une politique depuis des années qui vise à aspirer une immigration. Les pompes aspirantes de l'immigration, c'est le droit du sol.
Ce sont les aides sociales qui sont accordées, y compris aux clandestins. Par exemple, l'aide médicale d'État, qui coûte aujourd'hui une véritable fortune. Quand on la compare, par exemple, aux soi-disant cadeaux fiscaux que fait le gouvernement pour les uns ou pour les autres. La possibilité, sans contribuer, de pouvoir avoir accès à toute une série de services publics offerts par la nation française, tout cela, ce sont des pompes aspirantes de l'immigration. Je pense qu'il faut tenir un discours de clarté et de vérité et dire, nous ne pouvons plus accueillir... Et droit d'asile, migrant économique, vous mettez tout ça dans le même sac, vous faites une distinction.
Non, il y a évidemment une distinction à faire. Ce que je dis, c'est qu'aujourd'hui, la majorité de ceux qui arrivent en déposant une demande de droit d'asile sont en réalité des migrants économiques. Mais c'est ce que dit Emmanuel Macron aussi, c'est la même manière. Et donc, des clandestins. Or, ce que dit Emmanuel Macron, je ne sais pas. Il fait la distinction entre... Ce qu'il fait, je sais, il laisse sur le territoire l'ensemble de ceux qui sont déboutés du droit d'asile. Puisqu'un nombre dérisoire de ceux qui sont déboutés du droit d'asile sont renvoyés dans leur pays d'origine. Vous vous faites comment ?
Alors, je propose, moi, que les deux membres de droit d'asile ne s'effectuent plus sur le territoire national. Je pense qu'elles doivent se faire dans les consulats et dans les ambassades de France de n'importe quel pays du monde. Ça veut dire qu'ils seront traités sur place et que ceux qui obtiendront le droit d'asile, et eux seuls, pourront rejoindre le territoire national. Donc, par exemple, les Syriens... Étant entendu, pardon, que je pense que, de surcroît, les critères pour accorder le droit d'asile doivent être revus, car ils sont aujourd'hui accordés de manière... C'est-à-dire ? C'est quoi ? Qu'est-ce qui doit être revu sur les critères ? Qu'est-ce qui vous semble faible ?
Je pense que... Les pays d'origine... Le principe même du droit d'asile, c'était d'accorder la protection à ceux qui étaient les victimes de leur gouvernement. C'est-à-dire qu'ils, confrontés à des difficultés, ne pouvaient pas se tourner vers leur gouvernement pour obtenir le règlement de leurs difficultés, car ils étaient persécutés ou discriminés par leur propre gouvernement. On voit bien qu'aujourd'hui, ça s'est beaucoup élargi, qu'aujourd'hui, le fait de vivre simplement dans un pays en guerre ouvre le droit d'asile. Je crois que ça n'est pas raisonnable, pour une raison simple.
C'est que si nous faisons cela, si nous acceptons les gens qui vivent dans un pays en guerre ou les gens qui sont victimes du changement climatique, alors c'est 250 millions de personnes qu'il faudra accueillir. Ça n'est pas raisonnable. Donc je suis pour revenir à un droit d'asile qui soit extrêmement ferme, mais encore une fois, qui soit analysé en dehors du territoire national. Alors est-ce que ça se suppose de rompre les accords de Schengen, de dire que la politique migratoire revient 100% nationale ? Et dans ces cas-là, il y a quand même toute une politique. Par exemple, l'Europe donne de l'argent à la Turquie pour garder sur son sol des migrants.
Est-ce que vous remettez en cause cette politique-là ? Qui va payer ? Comment vous financez cette politique nationale ?
Marine Le Pen.
Oui, je suis pour arrêter Schengen tout de suite. Je pense qu'il n'est pas admissible que la France, par exemple, soit obligée d'accepter des gens sous prétexte que l'Allemagne leur a accordé des papiers. Ça, c'est la libre circulation au sein de l'Union européenne. Je pense que c'est une très mauvaise politique compte tenu de la pression migratoire face à laquelle nous allons nous trouver dans les années qui viennent, du fait également, bien sûr, de la démographie africaine. C'est même, j'ai envie de vous dire, une véritable folie.
Ce que je ne veux pas comprendre, c'est qu'on se défend mieux seul qu'au niveau européen où on essaye d'harmoniser les règles, où on essaye de trouver le moyen d'amortir ce choix. Excusez-moi, mais l'Italie a bien passé un accord avec un certain nombre de pays pour limiter la venue de clandestins sur son territoire. Ce sont des accords bilatéraux. Lorsque Mme Merkel va en Algérie pour négocier que l'Algérie reprenne sur son territoire les clandestins algériens qui sont en Allemagne, ça n'a rien à voir avec l'Union européenne, ça. C'est bien un accord bilatéral qui est passé. Et vous savez pourquoi elle le fait ? Parce que c'est ça qui fonctionne en réalité.
Ce sont les accords bilatéraux qui fonctionnent. Ça n'empêche pas qu'un groupe de pays peut se mettre ensemble d'accords pour mener un certain nombre d'actions. J'avais proposé il y a déjà plusieurs années que la marine espagnole, la marine italienne et la marine française puissent arraisonner les bateaux de migrants pour les mettre en sécurité et les ramener à leur port de départ. Voilà par exemple le cadre d'un accord international entre les nations qui pourrait parfaitement fonctionner. Mais il n'en demeure pas moins que nous devons avoir la maîtrise de notre politique migratoire.
Et moi je viens de dire que lorsque nous aurons la maîtrise de notre politique migratoire, je pense qu'il faut arrêter l'immigration. La limiter au minimum incompressible.
Donc ça veut dire par exemple pas de quotas ? La question de savoir s'il faut des quotas ou pas. Et puis une question subsidiaire. Vous parliez tout à l'heure du droit du sol. Il faut le remettre en cause ? Vous êtes favorable au droit du sang ?
Alors je suis très opposée aux quotas. Parce que les quotas, c'est une promesse de ceux qui ne veulent rien faire. Sarkozy nous a fait le coup des quotas. Aujourd'hui, Wauquiez nous fait le coup des quotas. D'abord, je ne sais pas... Au Canada, ça marche très bien. D'abord, je veux dire... Oui, mais ça marche très bien dans les systèmes anglo-saxons qui ne prennent pas en charge en réalité les gens qui arrivent chez eux. Si, ils les prennent en charge justement. Non, ils les prennent. Ils en prennent peu, mais ils leur assurent un minimum pour vivre, se loger et tout. Oui, très peu par rapport à ce que ça nous coûte à nous et ce que nous leur accordons.
Mais les quotas, ça peut fonctionner quand on a besoin d'immigration. Mais on n'a pas besoin d'immigration. On a 6,5 millions de chômeurs dans notre pays. Attendez, vous savez parfaitement qu'il y a aussi... On a 6,5 millions de chômeurs dans notre pays. On n'en a pas besoin. Donc moi, je viens leur dire, ne venez plus. Nous n'avons plus rien à vous offrir. Peut-être un jour, dans 10 ans, dans 20 ans, dans 30 ans, on aura peut-être besoin de réouvrir, peut-être, progressivement, les portes à immigration. Mais aujourd'hui, stop, c'est terminé. Ça n'est plus possible. Et sur le droit du sol ? Et sur le droit du sol, je suis très opposée au droit du sol. Donc droit du sol...
Et permettez-moi de lancer un signal affectif, amical et fraternel à nos compatriotes maorais et guyanais, qui sont, eux, non pas livrés à la submersion migratoire, mais à l'invasion migratoire. Car à Mayotte, c'est une véritable invasion migratoire. Vous savez bien que Mayotte, ça ne représente pas le territoire français. Il y a même une proposition d'un député En Marche, de manière à ce que le droit du sol soit gelé, pour être sûr de ce que font les parents des enfants. Donc on ne parle pas de Mayotte. Je voulais juste vous poser une question. Non, on va parler de Mayotte. On va parler de Mayotte. Car Mayotte, encore une fois, est un territoire français abandonné par l'État français.
Abandonné à la violence, abandonné à l'insécurité, qui, en l'occurrence, est la conséquence de l'immigration massive qu'il subit. Tous les parlementaires en sont convaincés. Et Mayotte, c'est notre futur. Non, Mayotte, ce n'est pas notre futur. Mais bien sûr que si, c'est notre futur. Car les mêmes règles entraîneront les mêmes effets. Je vais juste vous faire préciser quelque chose. Vous dites maintenant, stop totalement à l'immigration. Est-ce que vous considérez que c'est pour des raisons économiques, comme vous l'avez dit, en fonction du nombre de chômeurs, ou est-ce que vous considérez que c'est pour des raisons culturelles ou sociétales ? Mais les deux, mon capitaine, les deux ?
On voit bien que nous sommes victimes aujourd'hui d'une insécurité grandissante, dont une grande partie est la conséquence de l'immigration anarchique que nous avons vécue dans les dernières années. Je le dis très simplement. Et encore une fois, cette situation est devenue terrifiante. Voilà. Terrifiante. Et chaque Français s'en rend compte. Il y a les conséquences de ces cul-de-sac dans lesquelles on a installé l'immigration massive, dans lesquelles s'est installée l'immigration clandestine, qui sont pour la plupart devenues des zones de non-droit, dont Mme Aubry vient de découvrir l'existence, après 17 ans à la tête de Lille.
Elle dit, il y a des quartiers qui sont des zones de non-droit dans lesquelles la République ne rentre plus. C'est vrai, tous ces quartiers-là ont été livrés, soit au fondamentalisme islamiste, soit à des mafias criminels. Et aujourd'hui, on n'y rentre plus. Donc, tout plaide aujourd'hui pour arrêter l'immigration que nous subissons. Tout plaide également pour régler le problème de l'insécurité avec un certain nombre de mesures immédiates. Renvoie des étrangers convaincus d'avoir commis un délit ou un crime sur notre territoire. Accords bilatéraux avec les pays dont sont originaires les étrangers pour qu'ils puissent faire leur peine de prison dans leur pays d'origine.
Ça libérera 22% des places de prison. Ça évitera, Mme Belloubet, de nous proposer de vider les prisons, c'est-à-dire de relâcher les délinquants dans la nature. Elle n'a pas proposé ça. C'est exactement ce qu'elle a proposé. Non mais pardon, c'est exactement ce qu'elle a proposé. Elle a proposé de ne plus mettre en prison. Elle a proposé un certain nombre de peines de substitution qui pour des gens... C'est exactement la méthode Taubira. C'est la méthode Taubira.
Comme on ne veut pas construire de places de prison et on ne veut pas limiter la présence et renvoyer chez eux les étrangers délinquants dans notre pays, eh bien, on va renvoyer chacun chez soi avec évidemment le risque, et vous le savez bien, de la récidive. Vous savez très bien qu'elle a limité le cas possible, notamment dans les trucs de bracelet électronique. C'est pas des... Oh, le bracelet électronique ! Oui, bah oui, bah oui. Il y a des temps de pays dans lesquels tu utilises. Ça va se sauver, ça, le bracelet électronique. Mais elle n'est pas la seule responsable. Car il y a également un problème avec la justice dans notre pays.
Lorsque l'on voit que l'adjoint au maire qui a été assassiné à Rodez l'a été par un homme condamné 42 fois pour violence, il y a un problème de laxisme majeur à l'égard de la délinquance. Et moi, je viens le dire, aujourd'hui la France est victime d'un véritable ensauvagement. Un véritable ensauvagement avec des lynchages publics dans les rues, avec des agressions au goûteau, avec des égorgements comme on l'a vu cet été, avec une violence gratuite qui ne cesse d'augmenter. Et je suis sûre que les mères de famille que vous êtes, comme moi, eh bien, sont convaincus du danger que vivent nos enfants.
Et vous n'êtes pas dans une stratégie de rendre la société complètement anxiogène pour créer des oppositions. – Bien sûr, ça va être de ma faute, bien sûr, mais Madame Fresso, ça fait des années que vous nous faites le coup. C'est toujours de notre faute. Si vous voulez, il y a un rappeur qui fait un clip ignominieux dans lequel il appelle à pendre des blancs et à tuer des bébés. Et qui est coupable ? Eh bien, c'est nous. C'est nous qui avons dénoncé cela. On est coupable. Daesh fait des atrocités. Celle qui est coupable, c'est Marine Le Pen, qui publie des tweets pour dénoncer Daesh. Et aujourd'hui, vous nous dites la même chose. C'est nous qui créons la peur.
Alors, je vais vous donner quelques chiffres. Voilà. Parce qu'en fait, vous le savez très bien, les gens vivent aujourd'hui en fonction de la délinquance. Ils ne sortent plus dans certaines rues. Ils ne vont plus. Ils ne sortent plus à certaines heures. Ils ne s'habillent plus comme ils le souhaitent. Et ça touche particulièrement les femmes. Et vous êtes bien, évidemment, au courant de cela. On est dans une stratégie d'évitement. Notre société s'adapte à la délinquance et à la criminalité. Alors, je crée les choses. Alors, moi, je vais vous donner des chiffres. 17% des gens renoncent à sortir de chez eux pour des raisons de sécurité.
26% des femmes renoncent à sortir seules contre 6% des hommes. Les jeunes sont particulièrement inquiétés par la présence de groupes aux abords de leur domicile. Et 40% des victimes de vols avec violences dans leur quartier renoncent à sortir. C'est ça la situation dans notre pays aujourd'hui. C'est l'observatoire de la délinquance qui le dit. Alors, il faut serrer la vis. Il faut siffler la fin de la récréation. Donc, il faut mettre des policiers partout ? Mais les policiers, ils existent et ils font leur travail pour peu qu'ils soient soutenus par leur hiérarchie, ce qui n'est pas toujours le cas.
Le problème, c'est le pouvoir politique qui est derrière, qui ne donne pas les instructions au parquet. Manuel Valls, Gérard Collomb ne peuvent pas considérer que ce sont des laxistes. Ah bon ? Ah bah alors, si vous pensez que c'est une ligne... Non mais Valls, excusez-moi, mais à part les coups de menton et le point qui tape sur la table, quels ont été les résultats de M. Valls ? Aucun résultat ! Encore une fois, les 5000 leaders de délinquance qui existent dans notre pays, qui devraient être aujourd'hui sous les barreaux, ne le sont pas. On a laissé 700 quartiers être livrés aux mafias, aux criminels, aux délinquants, au trafic de drogue et aux fondamentalistes islamistes.
700 quartiers dans lesquels les policiers ne rentrent plus, les pompiers ne rentrent plus, les médecins ne rentrent plus. Et on trouve que ce résultat-là est un bon résultat ?
Donc votre politique, c'est créer des places de prison, donc construire de nouvelles prisons et mettre beaucoup de gens en prison. Et à partir de là, ça règle à peu près tous les problèmes, c'est ça ?
Mais absolument pas. Il y a toute une série de mesures. Et d'ailleurs, je veux dire, je les ai décrits dans un plan que j'ai appelé le plan Le Pen pour les banlieues, qui était la réponse au plan Borloo pour les banlieues. Et vous verrez qu'il y a une palette extrêmement large de mesures à mettre en œuvre pour pouvoir reprendre la main sur ces quartiers. Mais la première des choses, c'est évidemment de faire preuve de fermeté contre la délinquance et contre la criminalité, lutter contre l'impunité qui est celle aujourd'hui des criminels et des délinquants dans notre pays. Elle vient d'où l'impunité d'après vous ?
Vous pensez qu'Emmanuel Macron, Edouard Philippe sont contents de voir tous les jours dans Le Parisien qu'il y a un fait divers, épouvantable ? Je ne vois pas en quoi le signal politique qui est donné aux Français est un signal de mollesse. Mais ce sont des incompétents. Ah. Voilà. Et les résultats parlent pour moi. ce sont des incompétents. Mais on n'a pas très bien compris ce que vous auriez. Alors, excusez-moi, mais est-ce que vous pouvez m'expliquer pourquoi en Allemagne, il y a deux fois moins de violences qu'il y en a en France ? Pourquoi dans des pays voisins d'une autre, les chiffres de la délinquance et de la criminalité sont moins importants que les nôtres ?
Est-ce que vous ne croyez pas qu'il y a en France une idéologie qui a été portée pendant des années, qui est une idéologie de l'impunité ? Une idéologie, souvent, il faut bien le dire, venant de la gauche, qui a consisté à expliquer que les délinquants et les criminels étaient des pauvres victimes. Je crois que c'est terminé. Et qui, bien sûr que oui, et qui est portée cette idéologie, encore au moment où je vous parle, par un certain nombre de magistrats qui trouvent mille excuses, en réalité, aux délinquants et aux criminels. Alors, cette situation ne peut pas durer.
Je dis donc que l'ensemble de la chaîne pénale doit être revue, la police, avec les moyens qui leur sont donnés, mais aussi en les réarmant moralement. Et c'est ma proposition de mettre en place une présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre, car ils sont confrontés à des agressions absolument inouïes. Aujourd'hui, eux et leurs familles, je vous signale un. Parce que ce dont on ne parle pas, c'est ce que vivent les familles des policiers, des gendarmes. Et aujourd'hui, les femmes et les enfants de ces policiers, de ces gendarmes, ils se planquent, ils se cachent. On ne dit plus que papa est policier.
Parce que si on dit que papa est policier, eh bien, on est victime de persécutions à l'école. Vous vous rendez compte dans quelle société nous vivons ? Qu'est-ce qu'ils ont fait de notre France ? Eh bien, je dis que ça n'est pas une fatalité. Que tout ça, c'est la conséquence de choix politiques, que je conteste formellement. Bon, mais il y a eu une élection présidentielle
il y a un an et quelques, des élections législatives. Quand vous lisez le président de la République dans le journal du dimanche aujourd'hui, déclarer qu'il ne changera pas de politique, qu'il a été élu, pour le coup, et qu'il a une majorité de Français qui le soutiennent et que donc, il va continuer à mener la politique pour laquelle il a été élu.
Eh bien, écoutez, je dis à ceux qui nous écoutent, puisque le président de la République ne veut pas entendre les Français, il n'y a qu'une seule manière de se faire entendre. Ce sera notamment au cours des élections européennes.
Donc, on ne parlera pas d'Europe ?
Bien sûr qu'on va parler d'Europe.
Mais il y a eu une élection présidentielle. Vous avez bien passé pour le savoir. Il y a eu des élections législatives.
L'Europe désarme notre pays.
C'est votre troisième tour de l'élection présidentielle ? Mais non, mais je sais... Ça sent ça quand même. On entend ça quand vous dites ça.
Non, non, non. C'est la revanche ? Non, voilà. Je crois qu'il n'y a pas un plateau sur lequel je suis allée depuis un certain nombre de temps où je n'ai pas entendu ce terme. Ça n'est pas un combat de boxe, madame. Il s'agit là de l'avenir de notre pays. Or, l'Union européenne désarme notre pays. L'Union européenne nous empêche de protéger les Français. Non seulement en matière de sécurité et d'immigration, mais également, elle impose une politique d'austérité. Françoise Fressoz.
Elle impose une politique d'austérité qui fait que le président de la République, toutes les mesures qu'il est en train de prendre, qui tape les retraités, qui va réformer la retraite, évidemment dans le sens d'une retraite qui est moindre, qui va modifier l'indemnisation du chômage avec une indemnisation qui sera moins performante demain qu'elle ne l'est aujourd'hui. Vous êtes totalement hostile à cette idée de dégressivité des allocations chômage pour un certain nombre de personnes, notamment ceux dont on considère qu'ils ont une employabilité plus grande. Vous considérez qu'il ne faut rien toucher ? Je considère que rien ne justifie cette mesure. Et je vais vous dire pourquoi.
Parce que ceux qui ont une employabilité, comme vous dites, plus importante, sont ceux qui cotisent le plus. Donc si demain on leur donne moins, ils cotiseront moins. Ça veut dire qu'on va aggraver le déficit du système. Et puis surtout, je veux dire ce que je pense. Je pense qu'en réalité, ça n'est que le début. Ils mettent le pied dans la porte. Et ils mettent le pied dans la porte pour pouvoir généraliser, probablement d'ici quelques temps, la dégressivité de ces allocations chômage ou même calculer, car ça a été évoqué, calculer les allocations chômage en fonction des revenus annexes ou du patrimoine de celui qui se retrouve au chômage.
Ce qui sera, à mon sens, la dénaturation totale d'un système qui fonctionne bien, car notre système fonctionne bien. Donc il n'y a aucun problème de gens qui ne seraient pas incités à retourner au travail, qui ne traverseraient pas la rue pour voir s'il y a du boulot. Vous considérez que... Non, parce que justement, dans les pistes et la feuille de route de Mme Pénicaud, justement, ils veulent supprimer l'allocation qui permettait à ceux qui reprenaient un emploi de pouvoir avoir un revenu supérieur à ceux qui ne travaillaient pas. C'est étonnant quand même. Vous voyez ? Donc c'est tout à fait contradictoire.
En réalité, le but, encore une fois, c'est de mettre en place une politique d'austérité. Et aujourd'hui, tout le monde prend. Je veux dire, les étudiants, les retraités, ceux qui payent évidemment la CSG, c'est-à-dire les travailleurs, les handicapés, parce qu'il y a quand même eu un certain nombre de... Une augmentation de la question d'un handicapé comme le minimum de vieillesse. Oui, oui. Parallèlement, leur situation, croyez-moi, est de moins en moins enviable. Donc on se dit, mais c'est un peu mort aux pauvres, le gouvernement d'Emmanuel Macron. J'ai eu l'occasion de le dire, c'est dur avec les faibles et faible avec les forts.
Parce que dans le même temps, et c'est ça qui choque profondément nos compatriotes à juste titre, dans le même temps, des cadeaux spectaculaires, il faut bien le dire, ont été faits à ceux qui n'avaient pas besoin qu'on leur vienne en aide. C'est-à-dire ceux qui avaient, dans notre pays, le train de vie le plus confortable. Quand il dit, j'essaye de viser l'égalité réelle, c'est-à-dire, j'essaye de, plutôt que de conserver les rentes, d'essayer de rendre la société plus mobile et de donner sa chance à chacun. Vous pensez que c'est complètement, c'est une philosophie qui ne doit pas être entendue du tout ? Je veux dire, c'est une philosophie qui est vieille comme érode.
Ça s'appelle l'ultralibéralisme. On la connaît, on l'a mis en œuvre. L'Union européenne la met en œuvre depuis déjà un certain nombre d'années. Et le moins qu'on peut dire, c'est que les résultats sont catastrophiques. C'est-à-dire, la précarité, l'ultra-mobilité. On vous explique, écoutez, vous avez perdu votre emploi de vendeuse chez McDo à Paris, c'est pas grave. Vous prenez vos clics, vos claques, vos gosses, votre voiture, qui ne sera plus à vous, parce que ce sera plus intéressant de l'avoir en leasing. Sinon, on va se faire taper par le contrôle technique et vous allez aller à Rennes. Voilà.
Mais ça, ceux qui pensent ça, alors je ne sais pas si ce sont des technocrates complètement enfermés dans une grotte, mais ils ne savent pas que le coût, par exemple, d'un déménagement est absolument considérable. Donc, cette légende de l'ultra-mobilité qui va permettre à chacun de trouver un emploi est un mensonge qui vise à culpabiliser, Madame Fresseuse, ceux qui n'arrivent pas à trouver de l'emploi. Et d'ailleurs, vous aurez noté que dans l'ultra-libéralisme, c'est toujours de la faute des autres. C'est jamais de la faute des politiques.
C'est pas de leur faute s'il n'y a pas d'emploi, c'est pas parce qu'ils ont mis en place la concurrence internationale des loyales, c'est pas parce qu'ils sont en train de laisser s'effondrer l'agriculture, c'est pas parce qu'ils sont en train de supprimer l'exonération du travail saisonnier qui va évidemment avoir des conséquences très graves. Ça n'a rien à voir avec eux. C'est de la faute. Des chômeurs qui ne sont pas assez formés, c'est de la faute des chômeurs qui ne sont pas assez mobiles, c'est de la faute de ceux qui ne veulent pas traverser la rue, c'est de la faute, en réalité, de ceux qui sont privés d'emploi. Eh bien, je suis en désaccord avec cela.
Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas des fraudeurs, ça existe. Je veux vous dire, il y en a toujours eu, il y en a toujours, il y en a dans tous les pays, en règle générale, on dit qu'il y a 10% de fraudeurs. Mais 10% de fraudeurs, ça veut dire qu'il y a 90% de victimes de la perte d'emploi, de gens qui, malgré tous les efforts qu'ils font, ne trouvent pas de travail ou ne trouvent pas de travail à plein temps et sont obligés de travailler à temps partiel. Alors moi, je viens dire, les responsables, ce sont les politiques.
Marine Le Pen, on voit que vous comptez beaucoup. Il reste 3 minutes. Vous êtes dans la dénonciation vraiment de la politique de Emmanuel Macron. Vous espérez vraiment vous faire entendre à l'occasion des élections européennes. On l'a bien compris. Emmanuel Macron, ce matin, dans les colonnes du JDD, malgré tout, dit « Je continuerai ma politique. Le scrutin européen, c'est très bien, mais ça ne m'empêchera pas de continuer à avancer. Mon mandat dure 5 ans. Vous risquez d'être un petit peu déçus, même si vos résultats électoraux sont éventuellement bons. à l'occasion des élections européennes. » Qu'est-ce que vous lui répondez, Madame Macron ?
Monsieur Macron ne fait pas une politique pour me faire plaisir. Et ce que j'aimerais, c'est qu'il écoute les Français. Ce que les Français viennent lui dire. Son mandat dure 5 ans. Il vient nous expliquer « Je n'écouterai personne. Je continuerai à faire exactement comme je veux, de la manière que je souhaite, et avec des résultats qui sont mauvais. » C'est ça le problème. Il aurait des très bons résultats ou même des bons résultats ou même des résultats un tout petit peu meilleurs que son prédécesseur. Mais les résultats sont mauvais. La consommation est en train de s'arrêter, le déficit augmente, la dette augmente et le chômage augmente. Et il ne veut pas se remettre en cause.
Alors je dis aux Français, écoutez, dans une démocratie, le seul moyen de se faire entendre par le pouvoir en place, ce sont les élections. et vous aurez la possibilité de dire ce que vous pensez lors des élections européennes. L'émission se termine
une poignée de secondes.
Juste une micro-question. Il y a une commission d'enquête qui est envisagée pour juger un certain nombre d'actes de pédophilie dans l'Église. Il y a des parlementaires, il y a plein de gens qui ont signé cette pétition. Est-ce que vous considérez que c'est éventuellement au Parlement de se pencher sur cette question pour essayer de faire le clair ? Non, ce que je pense, c'est que c'est à la justice de se pencher sur cette question. Dans notre démocratie, la justice doit se pencher sur cette question-là. Mais pas au parlementaire, pas à la commission d'enquête.
Je pense que c'est aux fidèles d'aller demander des comptes éventuellement à un clergé s'ils pensent que le clergé n'a pas été à la hauteur de la protection des enfants face à ces agressions et que c'est à la justice d'aller demander des comptes aux délinquants sexuels.
Merci Marine Le Pen d'avoir été notre invitée. Merci à toutes les trois. Question politique est finie. Rendez-vous la semaine prochaine.
Marine Le Pen