Frédéric Duval, directeur général d'Amazon : "Nous avons créé près de 30 000 emplois en France !"
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Questions et réponses
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Est-ce qu'Amazon est un voleur d'emplois, Frédéric Duval ?
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Est-ce que vous contestez ces calculs et ces chiffres ?
- 1:22OuverteRéponse directe
Combien d'emplois allez-vous créer cette année ?
- 2:05OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'il n'y a pas un report des commerces de proximité vers votre plateforme ?
- 2:39RelanceRéponse directe
C'est totalement faux. Combien d'emplois allez-vous créer cette année ?
- 2:55OuverteRéponse directe
Quel type d'emplois, Frédéric ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Amazon a créé depuis l'année 2000, date de son implantation, près de 30 000 emplois en France. »
- 1:33InvitéChiffre
« Entre 2000 et 2018, le commerce de détail a augmenté de 20% dans ses emplois en France, là où Amazon était présent. »
- 1:45InvitéChiffre
« Sur les trois dernières années, le commerce a créé 100 000 emplois. »
- 3:03InvitéChiffre
« Oui, en CDI, 500 CDI, absolument. »
- 3:14InvitéChiffre
« 9300 CDI en France à la fin 2019, 9300 personnes qui travaillent dans nos centres de distribution. »
- 4:19InvitéChiffre
« J'ai communiqué aussi l'ensemble de la contribution fiscale de l'entreprise de 250 millions d'euros en 2018. »
- 5:39InvitéChiffre
« Nous avons fait environ 4% de résultats l'an dernier au niveau mondial. »
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Bonsoir à tous. Le commerce est en plein bouleversement. La grande distribution supprime des emplois. Chez Auchan, par exemple, les syndicats ont rendez-vous demain avec la direction et ils redoutent des suppressions de postes. Pendant ce temps-là, un autre acteur annonce, lui, qu'il continue à se développer en France et qu'il crée des emplois. Cet acteur, c'est Amazon. Bonsoir Frédéric Duval.
Bonsoir Jean-Lémarie.
Directeur général d'Amazon en France. Est-ce qu'Amazon est un voleur d'emplois, Frédéric Duval ?
Mais pas du tout. Amazon se concentre sur l'expérience client. Amazon essaye de rendre des services qui sont des services partout disponibles sur le territoire. Il permet d'avoir le même choix, qu'on soit à Paris, dans une grande ville ou bien en région, et d'avoir accès à cette longue liste de produits qui sont disponibles, à des prix qui sont égaux et avec un service.
Donc voilà, là vous nous présentez Amazon. Si toutefois il y avait encore des Français et des auditeurs qui ne connaissaient pas Amazon.
Et c'est disponible pour tous les Français et donc c'est pour cela qu'Amazon a le succès.
Il y a quelques semaines, Mounir Madjoubi, l'ancien secrétaire d'État au numérique, vous a accusé d'avoir détruit près de 8000 emplois en France en 2018, notamment dans les commerces de proximité. Est-ce que vous contestez ces calculs et ces chiffres ?
Mais je conteste totalement ces chiffres et ces calculs. Amazon a créé depuis l'année 2000, date de son implantation, près de 30 000 emplois en France. Personne ne conteste les créations, on parle de seuls positifs ou négatifs. Mais j'y viens, j'y viens, j'y viens. Et l'étude dont vous parlez, qui date d'ailleurs de 2016, qui était faite aux Etats-Unis, extrapolée en France, c'est de l'acrobatie mathématique. Ce que je peux vous dire, c'est qu'entre 2000 et 2018, le commerce de détail a augmenté de 20% dans ses emplois en France, là où Amazon était présent, la période pendant laquelle Amazon était présent.
Et puis ces chiffres-là sont à nouveau confirmés par la DGE, la Direction Générale des Entreprises, qui dit que sur les trois dernières années, le commerce a créé 100 000 emplois. Eh bien nous avons créé, en partie, durant ces trois ans, une somme importante.
Vous voyez les habitudes de consommation qui changent, Frédéric Duval. Est-ce qu'il n'y a pas un report et un report de plus en plus important tout de même des commerces, et encore une fois de certains commerces de proximité vers votre plateforme, qui a du succès ?
Je pense absolument que les Français ont effectivement accès, par notre intermédiaire, à des produits partout où ils se trouvent. Je pense aussi que notre site est une chance pour tous les commerçants, pour toutes les entreprises qui souhaitent en bénéficier, pour vendre partout en France et au-delà de la zone de chalandise, qui est leur zone de chalandise naturelle, qui est celle de leur centre-ville, celle de leur petite ville.
Quand vous entendez M. Madjoubi, qui est député, qui dit qu'une création d'emplois chez Amazon fait perdre environ deux emplois dans les commerces traditionnels. C'est totalement faux. Combien d'emplois allez-vous créer cette année ?
Nous allons créer de nombreux emplois, et nous commençons aujourd'hui, et nous l'avons annoncé, vous l'avez dit, par démarrer un nouveau centre, un centre qu'on appelle CrossDoc à Saint-Lys, et ce centre CrossDoc débouchera sur 500 emplois dans les trois ans à Saint-Lys.
Quel type d'emplois, Frédéric ?
Ce sont des emplois de préparateurs de commandes, ce sont des emplois de responsables de ressources humaines, ce sont des emplois... En CDI ? Oui, en CDI, 500 CDI, absolument. Et ce sont des emplois qui sont de bons emplois, et des emplois stables, vous savez que...
Ce que vos détracteurs contestent précisément, en disant que ce sont toujours des emplois de qualité médiocre.
Je vous le dis, 9300 CDI en France à la fin 2019, 9300 personnes qui travaillent dans nos centres de distribution, dans nos différents services, et qui sont très heureux de le faire, et dans une bonne ambiance.
Selon France Bleu Normandie, vous envisagez de créer un site près de Rouen, à Petit Couronne, sur l'ancien site de la raffinerie Petro Plus, est-ce que vous le confirmez ?
Alors, vous me permettrez de ne pas commenter l'ensemble des rumeurs, parce que je vous confirme que nous recherchons des sites, je vous confirme que de nombreux sites sont concernés aujourd'hui par de nouveaux centres de distribution, nouvelles agences de distribution, nouveaux cross-docs en France, mais je ne vais pas faire la liste aujourd'hui, ce soir.
Rouen ?
Je ne vous commenterai pas Rouen.
Régulièrement, Amazon, Frédéric Duval, est accusé de ne pas payer tous ses impôts en France, ou tous les impôts qu'il devrait. Il y a quelques semaines, pour la première fois, vous avez publié des chiffres. Vous affirmez qu'en 2018, vous avez payé en France 250 millions d'impôts et de cotisations. C'était combien l'an dernier, en 2019 ? C'était plus ?
Alors, j'ai effectivement communiqué, parce qu'on me le demandait souvent, le chiffre de l'affaire de l'entreprise en 2018, 4,5 milliards d'euros. J'ai communiqué aussi l'ensemble de la contribution fiscale de l'entreprise de 250 millions d'euros en 2018, et je l'ai fait pour deux raisons. Je voulais répondre à une première question, qui c'est de savoir, est-ce qu'Amazon est assujetti à la loi fiscale française ? Et la réponse est oui, évidemment. La deuxième chose, c'est, est-ce que cette contribution fiscale, elle est significative en France ? Et la réponse aussi à cette question, c'est oui, puisqu'elle se chiffre en centaines de millions d'euros.
Donc, je vous repose ma question très simple. L'an dernier, c'était combien ?
L'an dernier, on verra. Aujourd'hui, on vient de terminer l'exercice. On verra quand on sera prêt à communiquer sur ces chiffres-là.
Combien de bénéfices faites-vous en France, Amazon ?
On fait des bénéfices qui sont relativement peu nombreux, et je ne communique pas là-dessus. Mon point n'est pas de parler des bénéfices que nous faisons en France, mon point est d'expliquer que notre contribution fiscale, elle est importante en France.
Pourquoi ne pas donner ce chiffre, tout simplement ? Par souci de transparence, puisque vous affichez, dites-vous, un souci de transparence.
Tout simplement parce qu'aujourd'hui, en France, nous avons de multiples activités, comme vous le savez, et que parler d'un bénéfice ne veut pas dire grand-chose. Nous avons une activité retail qui est très peu profitable. Je pense, niveau concurrent, niveau partenaire, ni les entreprises avec qui vous travaillez. Je vous le dis, et d'ailleurs, au niveau mondial, l'entreprise Amazon Monde est une entreprise relativement peu profitable. Nous avons fait environ 4% de résultats l'an dernier au niveau mondial.
Quel est votre taux d'imposition effectif en France ?
Eh bien, alors, ça aussi, je voudrais être très clair avec les Français, le taux d'imposition qui s'applique aux bénéfices d'Amazon est le même que le taux d'imposition qui s'applique aux bénéfices d'Amazon est le même que celui qui s'applique aux autres entreprises. On n'est pas, on est assujetti à la loi fiscale française.
Je n'aurai pas ma réponse sur les bénéfices. Depuis quelques mois, comme les autres grandes entreprises du numérique, vous devez payer en France la fameuse taxe GAFA, Frédéric Duval. Combien a-t-elle coûté à Amazon pour l'instant ?
Alors, la taxe GAFA, comme vous le savez, était votée par le gouvernement. Non, effectivement, nous payons la taxe GAFA. C'est un chiffre que je ne divulgue pas, que je ne vais pas vous donner.
Vous êtes avare en chiffres, Frédéric Duval.
Ceci étant, ce que je peux vous dire, c'est que la taxe GAFA, qui est une mesure unilatérale du gouvernement, nous aurions préféré qu'elle soit traitée dans le cadre de l'OCDE. Et nous travaillons, d'ailleurs, avec le gouvernement, avec l'OCDE, pour que ça soit le cas.
Il y a des discussions en ce moment toujours entre la France et les Etats-Unis sur ce sujet ultra sensible. Alors, je vous pose la question autrement, puisque vous avez décidé de répercuter cette taxe sur les vendeurs qui utilisent votre plateforme. Combien leur avez-vous fait payer au titre de la taxe ?
Alors, effectivement, des économistes de renom avaient expliqué qu'une taxe, qui est la taxe GAFA, qui est une taxe basée sur le chiffre d'affaires, et non pas une taxe qui est basée sur le résultat, allait être répercutée, très certainement, comme une TVA, aux utilisateurs du service. Et ça fait combien, en France ? Et c'est ce qui s'est passé. Et nous répercutons. Aujourd'hui, comme je vous le disais, cette taxe a été versée au titre de 2019. On est encore en train de finaliser. Je n'ai pas le chiffre exact à vous donner aujourd'hui.
Frédéric Duval, le patron d'Amazon en France, qui défend, y compris à la radio, son modèle. Vous étiez ce soir l'invité Éco de France Info. Merci à vous.
Merci Jean-Denémy. Merci.
Merci. Merci. Merci. Merci.