Shein : la France impuissante ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 3:00OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il faut sanctionner Shein et comment ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Comment ont réagi les agents de la DGCCRF face aux images de poupées pédopornographiques ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Quels sont les moyens que la France et l'Europe peuvent mettre en œuvre ?
- 8:00RelanceRéponse partielle
Pourquoi ces plateformes n'ont pas été interdites plus tôt ?
- 10:00OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui peut se passer maintenant avec les 200 000 colis contrôlés ?
- 12:00OuverteRéponse directe
Qui sont les Français qui achètent sur Shein ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:30Fabienne KellerFait
« Ces poupées incitant à la pédopornographie, c'est monstrueux. »
- 17:30Fabienne KellerFait
« La Commission européenne doit sévir, elle ne peut plus attendre. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
[musique] Bonsoir, bonsoir à toutes et à tous. Bienvenue, c'est Sens public, débat, chronique, reportage et expertise de nos invités. C'est ce que l'on vous propose tous les jours du lundi au jeudi à 18h et 22h sur Public Sénat.
Et voici le sommaire de ce 6 novembre avec cette question : "La France peut-elle suspendre ou même fermer la plateforme Chine ?" Après le scandale des poupées pédopornographiques, le gouvernement durcit le ton. 200000 codilis contrôlés aujourd'hui à leur arrivé à Roissie et Paris réclame le soutien de l'Union européenne dans son combat contre le géant chinois du e-commerce et la sécurité des consommateurs, l'avenir des commerces de Centre-ville qui sont en jeu.
On en débat dans une minute. Et puis dans la seconde partie de ce sens public, l'homme à la tronçonneuse qui remporte les élections de mi-mandat en Argentine. Aujourd'hui a clairement été une journée historique pour l'Argentine.
Le peuple argentin a décidé de laisser derrière lui 100 ans de déclin et de persévérer sur la voie de la liberté, du progrès et de la croissance. Nous avons atteint un point de bascule. Après 2 ans de pouvoir, Ravier Miley est-il en train de réussir son paris ?
Aurait-il sombré sans les dollars de l'Amérique de Donald Trump ? qui sont les politiques français qui veulent s'inspirer de sa politique de coupe drastique dans le budget de l'État ? réponse dans tris qu4 d'heure sur ce thème et sur les menaces de suspension de Chine.
J'attends vos questions, vos réactions en flashant ce QR code. Le bras de fer commercial va-t-il tourner à l'affrontement géopolitique avant d'en débattre avec nos experts le récit des dernières 24 heures signées Famiener. Des milliers de colis chines bloqués à Roissi ce matin pour être contrôlé au lendemain d'une procédure de suspension de la plateforme lancée par le gouvernement. 200000 colis qui vont être ouverts par les douiniers, la DGCRF pour justement alimenter les trois procédures qui ont été initiées par le premier ministre.
La première procédure, vous le savez, c'est la suspension du site. La deuxième procédure, c'est toute l'enquête judiciaire et la troisème procédure, c'est une enquête européenne. Chine dans le collimateur des pouvoirs publics après le scandale de la vente de poupée pédopornographique sur la plateforme, également épinglé pour vente d'armes par une mission d'information parlementaire.
Un cap a été franchi. Nous sommes passés de la fast fashion au fast crime. Des armes de catégorie A dont la vente et la détention sont interdites en France et qui sont à l'heure où je vous parle dans cet hémicycle en vente sur cette plateforme sans retrait de tous les produits interdits sous 48 heures.
Le gouvernement peut exiger le blocage du site mais la France veut aller plus loin et agir au niveau européen. La plateforme est de toute évidence en en en infraction avec les règles européennes et je pense que la Commission européenne doit sévir, elle ne peut plus attendre. L'offensive antiine coïncide avec le lancement à Paris du premier magasin physique au monde de la marque chinoise.
Plébiscité par les consommateurs français malgré la polémique, le géant de l'e-commerce pourrait d'ailleurs s'opposer à des sanctions unilatérales de la France en vertu du règlement européen sur le numérique. En tout cas, si euh Chine voulait le contester, il en aurait tout à fait la possibilité et ce serait dans ce cas-là à la Cour de justice de l'Union européenne, enfin d'abord dans un premier temps à la Commission européenne puis à la Cour de justice de l'Union européenne de tranché. Effectivement, la Commission européenne elle-même pourrait juger que c'est contraire au droits européens puisqueaujourd'hui ce type de décision doit être pris de manière collective.
La firme a entre-temps annoncé avoir suspendu sa place de marché dédiée à des vendeurs tiers et assure vouloir se mettre en totale conformité avec la loi française. La France est-elle impuissante face à Chine ? C'est la question de ce débat.
J'accueille Fabienne Keller, bonsoir, bienvenue. Député européenne Renew Europe Renaissance. Vincent Verrier, bonsoir, bienvenue à vous aussi.
Vous êtes journaliste au service économie du parisien. Pascal Belle, bonsoir, bienvenue directrice associée chez Cway, spécialiste de la consommation et Jonathan Boucher Pettersen. Bonsoir Jonathan, éditorialiste à Libération.
Et pour sens public, une première réaction Fabienne Keller de député, de citoyenne. Pour commencer, est-ce qu'il faut sanctionner et si oui, comment cette plateforme ? Bien sûr, il faut la sanctionner.
Ces poupées incitant à la pédopornographie, c'est monstrueux. C'est un excès de plus de la plateforme Shine qui a déjà été condamnée plusieurs fois hein dans le passé. On va le mesurer peut-être mieux aujourd'hui puisqu'il y a ce contrôle plus exhaustif par la ministre Améline Montchalin à Roissier avec le ministre des PME.
Il y a beaucoup de produits dangereux également qui semblent entrer, c'est-à-dire conforme à la réglementation. Enfin, on sait et Laurent Nugèz a réagi qu'il y a aussi des armes qui rentrent. Donc autant de raisons euh de contrôler enfin, allais-je dire, ces plateformes dont on sait qu'elles sont très largement euh qu'elle ne respectent pas nos réglementations.
Oui, parce qu'il y a effectivement Chine, mais il y a d'autres plateformes et puis il a la question de des moyens que la France peut mettre en œuvre et que l'Europe peut mettre en œuvre. Et c'est aussi pour ça que c'est très important que vous soyez sur ce plateau. Vous avez révélé Vincent Verrier ce weekend que la répression des des fraudes avait alerté après une enquête de de 48 he le parquet de Paris pour avoir découvert donc ces ces poupées pédopornographiques.
Déjà peut-être une une question. Comment ont réagit les agents de la DGCCRF quand ils ont été alertés par une par une source ? C'était en l'occurrence une source journalistique ?
Bah, pas très bien. C'est c'est pas des agents qui sont spécialisés dans ce type d'affaires. Euh là, ils ont quand même eu affaire à des images euh assez dures, à des commentaires assez assez.
Oui, il y a aussi les commentaires des acheteurs. Les commentaires c'est même pire que la que la que la poupée puisqu'on a le détail de de de l'utilité de cette poupée. Donc nous, on les a on les a écrit, je j'ai pas forcément envie de les les répéter mais c'est on va pas les répéter mais malheureusement c'est monstrueux.
Oui, moi les interlocuteurs que j'ai eu euh au téléphone quand on a quand on a révélé cette affaire, c'était des des agents qui étaient pas très bien en fait. C'était des agents qui euh qui ont travaillé pendant 48 heures sur cette affaire et qui euh bah pour la première fois ont été confrontés pendant euh plusieurs heures à des images qui euh qui qui est pas c'est pas le c'est pas leur quotidien, c'est pas c'est pas leur habitude. Et donc ensuite, ils ont effectivement saisi le parquet de Paris qui a ouvert une enquête.
Pascal est belle, si ce euh ce ce bras de fer est passionnant, c'est parce que euh on se pose la question de la puissance ou de l'impuissance de la France, mais des États en général face à à un géant du e-commerce comme comme Chine. Qu'est-ce qu'on peut en dire déjà une première fois ? Ensuite, on va détailler toutes ces thématiques.
Alors, en effet, c'est des plateformes qui arrivent sur l'Europe, hein, et on sait un petit peu pourquoi. Parce que c'est ça a été bloqué au niveau au niveau américain parce que maintenant, il y a une taxe qui fait que quand on achète un colis de 3 € si ça vous coûte 103, les Américains en prennent de moins en moins. Donc forcément ces plateformes ont augmenté le marketing sur toutes les plateformes européennes et donc il y a en effet une accélération de de leur entrée sur le marché.
Donc c'est vrai que on a déjà eu quand même un exemple en 2021 où la plateforme Wish qui qui une plateforme américaine celle-ci. Voilà, une plateforme américaine et on avait en effet la DGCCRF avait avait observé qu'il y avait plein de de de produits dangereux hein comme UFC que choisir vient de le révéler sur Chine. Donc on voit qu'on peut quand il y a des des choses qui sont qui contreviennent à tous les tous les textes de loi interdire un site.
Et c'est vrai que là donc ça la réglementation a sans doute changé. Donc on se pose la question depuis un moment pourquoi ces plateformes sur lesquelles on sait depuis longtemps qu'il y a quand même des bon ils suivent pas du tout le puisqu'ils ont déjà eu des amendes he pourquoi est-ce que ça pas été interdit plus tôt et on comprend dans le débat qu'en effet c'est pour des raisons géopolitiques et et qu'on l'Europe a pas forcément voulu être en conflit avec la Chine quoi en fait he c'est que ça ça dépasse le droit de la concurrence et les enjeux sont sans doute au-delà de de simplement de de pas respecter la la protection des consommateurs le droit de la protection du consom. On peut peut-être rappeler d'un mot Vincent Verrier.
Il y a effectivement déjà eu deux condamnations, je crois 40 millions d'euros une première fois 150 millions d'euros. Alors c'est pas exactement pour la procédure mais Chine a déjà été condamné par la France. Oui. 40 millions d'euros pour des pour des pour des promotions qui n'en étaient pas.
H c'està dire qu'on annoncé des promotions de 50 % et en fait le le prix était était le même et puis une amende de 150 millions d'euros pour pour des données personnelles qui avaient été recueillies sans le consentement des des clients. Ouais. Et d'ailleurs là Fabine Keller, c'est aussi une loi européenne qui qui s'applique sur la question de la ça s'appelle la RGPD là le règlement général de la protection des données.
C'est ça. Absolument. Ce règlement s'applique depuis longtemps et mise en œuvre en France par l'ACNIL.
Et puis depuis l'année dernière, on a ce qu'on appelle le DSA qui est un règlement qui exige de la PL par des plateformes une régulation pour s'assurer notamment que des produits dangereux ne sont pas diffusés, ne sont pas vendus, que des produits illicites ne sont pas vendus. Et ce ce texte est très bien fait puisque les règles les règles sont d'autant plus sévères que la plateforme est grande et Shane est une très grande plateforme. Donc elle peut être sur un pourcentage de chiffre d'affaires par exemple qui va jusqu'à 6 % ce qui est tout à fait considérable et donc elle doit mettre en place des autocontrôles hein où elle vérifie puisqu'elle n'est comme vous l'avez rappelé pas seulement vendeur de ses produits mais elle sert de plateforme pour d'autres vendeurs et là visiblement puisqu'elle vient de le suspendre là elle maîtrise et contrôle rien du tout et c'est là que beaucoup de produits là pour le coup des précurseurs de drogue des armes semblent être diffusées Alors, dans ce que vous dites, il y a un mot qui me semble important, c'est autocontrôle.
On y reviendra un peu plus tard parce que évidemment, pour l'instant, on a un peu l'impression que l'autocontrôle n'a pas fonctionné. Alors, ce que veut montrer le gouvernement évidemment, c'est qu'il s'empare de de la question, qu'il est actif. On avait deux ministres euh à Roissi ce matin pour euh médiatiser l'action des douanes qui est une action réelle. 200000 colis achetés sur Chine qui ont été ouverts pour vérifier leur conformité en droit français.
On écoute Amélie de Monchala. Au fond, ces plateformes ne peuvent pas se réfugier derrière des algorithmes, ne peuvent pas se réfugier derrière des vendeurs tiers en expliquant que ce n'est pas de leur responsabilité. Nous, nous ne nous réfugions pas.
Nous nous engageons. Et je veux ici dire que peut-être les Français ne le savent pas, la première frontière commerciale du pays, ce ne sont pas nos frontières terrestres, sont pas nos routes. C'est Roisie. 90 % des 800 millions d'articles qui sont arrivés en 2024 en France sont arrivés ici en Roie.
Ils arrivent par avion. Tout ce qui est ici, c'est tr à quatre avions déjà qui ont été arrêtés, d'autres qui arrivent. Et donc les douanes sont en première ligne.
Elles sont mobilisées, elles sont outillées, elles ont des moyens renforcés. Pascal est belle. Qu'est-ce qui peut se passer maintenant ?
En fait, bon, il y a une médiatisation évidemment, c'est aussi de la communication, mais ça peut servir à nourrir un un dossier, une procédure, une instruction éventuellement le contenu de ces colis. Ah oui, bien sûr. Donc en fait, c'est vrai qu'on sent qu'il y a que le fait de faire monter médiatiquement ce sujet, ça oblige en effet à faire plus de contrôle.
Et ensuite, ce qu'il faut espérer, c'est que ce sujet-là va peut-être mettre un peu plus de responsabilité sur la clientèle qui va comprendre. Et je pense que sans doute que l'argument qui est le plus facile à comprendre pour un consommateur, c'est sans doute la dangerosité en terme de santé. C'est là-dessus qui que le consommateur peut se sentir concerné. sur les les autres sujets, même si 60 % des des Français considèrent que c'est une concurrence complètement déloyale, hein, puisqu'ils ont compris que il y a du dumping, que les prix sont pas ceux qu'on devrait payer.
C'est pas pour autant que le consommateur va choisir de pa y aller. On l'a vu hier, il y a une à l'ouverture du magasin Chine à l'intérieur du BG à Paris. Ce qui ce qui est difficile, c'est qu'il faut il faut pas que ça devienne moralisateur vis-à-vis des consommateurs parce que sinon ça crée des tensions dans le pays.
On en a on en a beaucoup et et sans doute que c'est assez légitime en fait d'aller vers des des consommations moins chères. C'est Ouais. On va on va continuer d'en parler de la question des consommateurs et de la leur part de responsabilité mais quand même je reviens parce que vous vous parliez de de Wish Vincent Verier, on avait j'ai tout bêtement vérifié cet après-midi, elle est de nouveau accessible sur les moteurs de recherche.
Donc qu'est-ce qui s'est passé ? Il ils se sont mis en conformité, ils sont mis en conformité, ils sont revenus dans le dans dans le jeu et aujourd'hui ils sont accessibles que n'importe quelle plateforme. Donc c'est vrai que c'est c'est limite.
C'estàd qu'elle pendant un temps cette plateforme a été on va dire sortie de France. Ouais. que elle n'était pour être précis si on tapait Wish donc plateforme américaine celle-ci hein sur le moteur de recherche elle n'apparaissait pas il fallait trouver d'autres moyens d'autres trou moyens donc il possibilité de se connecter sur des sites des sites voisins dans des pays voisins.
Donc c'est encore possible mais naturellement si vous tapiez wish en France enfin dans le dans votre barre Google ça ne fonctionne pas tu une forme d'interdiction sur le marché français on peut dire ça comme ça c'est peut-être ce qui arrivera avec Chine. On on on verra bien. Le le chemin est encore long quoi.
C'est un outil pour bloquer mais on voit qu'il est pas complètement efficace. Oui, effectivement. Alors la question des responsabilités, vous avez commencé à à l'évoquer Pascal estbelle.
Je vous propose de revoir ces images d'hier, donc ouverture du magasin Chine au au BHV. D'un côté, il y avait des manifestants et de l'autre les clients. Hon à vous.
Voilà, on t'avoue. Il y a voilà un certain nombre de de militants notamment écologistes qui qui pointaient les la responsabilité des des consommateurs. Jeathan, vous vouliez revenir sur ces images ?
Oui, parce que enfin ces images elles sont elles sont intéressantes, elles sont faciles à juger parce qu'on comprend, j'allais dire le les mois d'un certain nombre de citoyens qui veulent pointer la responsabilité. Je rappelle que Chine, c'est 25 millions de clients en France. C'est quasiment le le pays le plus actif en Europe et le plus important pour pour la marque.
Mais je suis assez d'accord avec ce que j'ai entendu Yan Brosa, donc sénateur communiste de Paris euh qui disait qu'en fait c'était un peu la solution de facilité de culpabiliser le consommateur alors que le vrai enjeu pour la puissance publique c'est évidemment de s'intéresser au producteur et à l'interlocuteur fautif Kchine. Parce que taper sur les consommateurs bibronnés à la surconsommation qui peuvent souvent pas se payer autre chose parce que c'est on est dans cette espèce de culture de la face fashion et de la consommation un peu extrême. Ils sont conscients ce que vous disiez c'est ils sont conscients d'acheter des produits qui sont pas des produits de qualité voir parfois des produits dangereux mais encore une fois je trouve que c'est passé à côté du vrai sujet.
Alors c'est quoi le vrai sujet ? Bah c'est donc c'est l'enjeu de la régulation à l'enjeu. Donc échelle nationale, c'est normal que le gouvernement dégaine mais tout le monde a bien compris que sur ces sujets-là, c'est à l'échelle européenne qu'il y a une chance que les choses bougent et des textes existent comme on l'a rappelé.
Euh à ce titre, bon dans les discussions budgétaires par exemple, on a vu que ça avait bougé sur la taxation des petits colis. Au moins l'idée de dire que on n'est pas aveugle vis-à-vis de ce phénomène et qu'en terme de concurrence déloyale, on essaie de contrebalancer la la production à bas coup. Euh les chiffres sont ahurissants et ils augmentent en permanence, quelle que soit la prise de conscience par ailleurs du consommateur. 12 millions de petits colis qui arrivent chaque jour par avion dans l'Union européenne quand même.
Donc là, on voit évidemment cette opération avec 200000 colis qui vont être ouverts, tout ça. Une goutte d'eau dans un océan d'horreur. Euh et en fait, si on si on prend un peu de recul chimie, ils sont pointés depuis des de mois par les pouvoirs publics. tous les gens qui s'intéressent un petit peu à la question, que ce soit du côté des fédérations de commerce ou que ce soit de des associations environnementales ou de défense des droits humains, on découvre pas le sujet Chine et on a quand même le sentiment forcément un peu injuste qu'il a fallu l'arrivé au BHV, donc dans le monde réel d'une certaine manière de façon concrète et ce scandale moral des poupées pédopornographiques pour que tout d'un coup ça bouge, qu'on s'agite et c'est tout à fait légitime que qu'il se passe des choses.
Et c'est vrai qu'on a ce sentiment assez régulièrement que voilà s'attaquer à Chine comme s'attaquer à Alibaba comme s'attaquer à Wish comme s'attaquer à Temu, ça dépasse le simple bras de fer commercial et on rentre dans des considérations géopolitiques dans lequel on l'a dit plusieurs fois dans cette émission, c'est la bataille entre des empires, la Chine, les États-Unis, l'Europe. Est-ce que l'Europe est capable de rentrer dans ce rapport de force ? C'est une question qu'on se pose dans peu près tous les domaines.
Je je l'ai pas écrit mais je le rajoute parce que j'y pense les sites porno. On a été dans ce genre de rapport entre des entreprises ultra performante sur le plan de la rentabilité avec des enjeux énormes et des habitudes culturelles qui sont très ancrées. Ça vaut pour la consommation des réseaux sociaux, ça vaut pour la consommation de la phase fashion.
Voilà, tout ça c'est des rapports de force qu'il faut assumer. Alors avec quand même, posons-nous la question de du rôle que nous consommateurs on peut jouer. Oui, ils ont ils ont un rôle à jouer en y pensant.
Je repensais à la période peut-être qui date un peu mais quand il y a eu les mobilisations citoyenne sur la fourrure animale par exemple, on sait que l'association PTA un certain nombre de de consommateurs ont rejeté cette réalitéélà qui était très ancrée. On a trouvé des substituts pour que l'esthétique de la fourrure existe mais pas le mal-être animal. Mais avoir les moyens d'être un consommacteur comme on dit, c'est un mot qui qu'on entend depuis longtemps, c'est pas forcément donner à tout le monde dans l'alimentaire.
On le sait que consommer bio, consommer local, consommer vertueux, ça a parfois un coût supplémentaire. pas toujours et ça s'équilibre mais on voilà on va dans des va et vi et on voyait quand même que quand il y a eu la crise de l'inflation sur le ou la hausse des prix de l'énergie dans les arbitrages très vite voilà on voit que la junk food reprend du poil de la bête pareil pour l'électroménager pareil pour beaucoup de biens du du quotidien on a cette tension cette schizophrénie du consommateur citoyen qui hésite entre ses valeurs et son porte-monnaie et puis il y a le travail forcé quand même. Il a le travail forcé.
Ça, je pense que c'est une campagne qui a beaucoup impacté, campagne européenne beaucoup portée en France par Raphaël Gluxman avant même son entrée formelle en politique, mobilisation citoyenne, pression des ONG, ça a eu et certains responsables public, ça a eu un impact significatif ces dernières années avec l'établissement d'une liste noire. Donc on a beaucoup suivi avec des entrées, des sorties, des marques qui mettaient en avant le fait qu'elles avaient pris conscience et qu'elles changaient de fournisseur. Euh et à l'échelle européenne, il y a eu en mai 2004, dans 2024, pardon, une avancée qui était intéressante, c'est la directive sur le devoir de vigilance des multinationales.
Donc ça ça vise à responsabiliser les multinationales sur l'ensemble de leur chaîne de production. donc responsabilité à l'égard des sous-traitants qui contribuaient à la confection de leur leurs produits pour prévenir les violations des droits environnementaux des droits humains. Ça avait été considéré comme un progrès, un fragile progrès mais un progrès.
Et c'est vrai que depuis un an et demi, on a notamment dans le cadre du bras de fer avec Donald Trump, bras de fer commercial où une très forte pression sur ces sujets-là et beaucoup d'entreprises américaines étaient concernées. On va de plus en plus vers des vers des reculs qui s'annoncent avec quand même la droite, l'extrême droite et pas que qui trouvent le moyen de porter ces sujets là à l'échelle européenne. Bref, le combat fait que commencer dans bien des domaines et concernant Chine et chacun a un rôle à jouer, ça il faut pas se mentir mais dans l'ordre les pouvoirs publics en priorité le consommateur dans un deuxième temps.
Peut-être tout le monde ensemble dans cet ordre là effectivement et vous avez donné le chiffre, on va le rappeler 25 millions de de clients en France, c'est le premier marché européen. Vincent Verrier, qui sont les les Français qui achètent sur sur Chine ? Est-ce qu'il y a C'est toujours compliqué un peu de répondre à une question comme celle-là, mais il y a une sorte de portrait robot ?
C'est plutôt des jeunes, c'est des effectivement Oui, voilà, c'est plutôt des jeunes avec des des revenus assez modestes. Faut quand même savoir qu'en France, on est à près de 18 % de de smicar. Donc effectivement, il y a beaucoup de français, beaucoup de nos compatriotes qui ont des qui ont des revenus modestes et qui comptent chaque euro tous les mois.
Donc quand vous avez des produits qui sont vendus à 1,50 € 2,50 € que vous pouvez renouveler comme ça assz assez facilement, ben effectivement on est tenté de d'aller acheter ces ces produits. Donc c'est vrai que la culpabilisation du de des des des personnes qui vont acheter ces ces produits euh elle existe mais en même temps le gouvernement est quand même conscient que on peut pas faire tout et n'importe quoi. C'estàdire qu'on va il est là pour protéger le consommateur.
En même temps, il se dit "Je peux pas aller trop loin parce que j'ai des compatriotes vous l'avez rappelé, c'est 25 millions de personnes qui qui en achètent. Donc c'est ces deux ces deux cordes qu'il faut tirer, le protéger mais en même temps pas non plus faire n'importe quoi parce que ces produits sont consommés. Oui, effectivement avec tiens, on va donner la parole à certaines de euh de ces clientes puisque là en l'occurrence ce sont des clientes qui étaient venues à l'ouverture du magasin Chine hier au BHV à Paris.
J'esp les [rires] c'est pas à nous d'interagir, c'est plutôt plus haut de de de l'État. C'est eux qui doivent agir. C'est c'est pas nous.
Nous, on a des faibles revenus et euh ce de magasin comme avant et ben ça nous permet d'acheter plus régulièrement des vêtements et voilà. Je n'ai jamais acheté sur Shane, je n'ai jamais acheté euh en ligne les produits chinois, mais les médias en ont fait une telle publicité que je suis venue par curiosité. Quand on peut profiter des prix pas chers, et ben c'est quand même bien de pouvoir changer plus souvent.
Votre avis Fabien Keller ? Alors c'est vrai que moi j'ai une formule que j'aime bien, c'est que le consommateur il a le pouvoir de sa carte bancaire mais c'est peut-être un peu facile à dire. Oui, en l'occurrence je pense que c'est très simple.
Il faut que ce qui est vendu sur les plateformes subisse les mêmes règles que ce qui est vendu dans les magasins. Mais c'est pas le cas. Et c'est pas le cas.
Donc à charge a cette autocontrôle. Donc bien sûr. Donc à charge pour nous pouvoir public de nous assurer de cette mise en œuvre.
C'est fait par la France qui se mobilise et le relais euh va être pris très rapidement. Ça a été déjà annoncé par la Commission européenne. Ma collègue Stéphanie Yoncourtin a écrit hier déjà à la Commission européenne pour demander alors c'est notre process européen qu'une enquête soit conduite probablement sur la base des contrôles fait aujourd'hui fait par la DGCCRF il y a quelques jours qui puisse réellement prouver que Chine à grande échelle euh laisse passer des produits dangereux non conformes à la réglementation laisse passer alors là quand on est dans la pédopornographie on est même dans un autre registre d'ailleurs hein de et c'est beaucoup plus sévère en terme de réglementation. ce qui peut conduire à la suspension cette fois par la Commission européenne hm de Chine donc en Europe, pas seulement en France parce qu'on est tous conscients que l'empêcher de vendre en France si ça se vend en Belgique ou juste à côté et même si c'est interdit en Europe, on sait qu'il y a des techniques, des technologies qui nous permettent d'acheter à partir de pays limitrophes.
Ouais. Mais on n'est pas non plus les seuls à s'inquiéter de nos consommateurs. Donc on peut penser que l'Europe fera un exemple et puis c'est c'est ça arrangerait aussi la France de pas être toute seule dans dans un combat contre un géant chinois quoi.
Même si elle est pas toute seule. Moi j'entends tout à fait le la théorie et l'existence de tout ce que vous décrivez est totalement vrai. Donc il y a un cadre vertueux qui a été mis en place.
Mais si on prend des exemples que j'évoqué d'autres marchés face auquels un rapport de force a été engagé. On a évoqué plusieurs fois les amendes dont Google a été la cible. euh la dérive d'un Twitter devenu X qui contrevient à toutes les règles de régulation, de modération, de tout ce qu'on veut.
Donc c'est c'est là où il y a parfois un décalage et une attente aussi du consommateur citoyen de se dire les règles existent et j'étais le premier à saluer quand Thierry Breton a fait ce boulot de commissaire tout à fait volontariste et tout à fait efficace. Mais qu'est-ce que ça a changé dans notre réalité, dans notre rapport à ces grands acteurs ? Il y a eu des options mais peut-être insuffisantes 40 millions pour Wish.
Je suis pas sûr que ça les a empêché de dormir hein. Oui, même si au total ça fait 200 millions 4050 faits nouveaux. Il y a deux faits nous la pédopornographie hein.
On lutte contre cela et j'espère que vos vos collègues ont pu se rapprocher des spécialistes qui sont notamment les ceux qui sont sur la plateforme Pharaos hein qui gèrent tout ça. C'est univers absolument glo mais où il faut qu'il y ait des policiers qui gendarmes qui s'investissent pour en limiter l'impact. Donc ça c'est monstrueux et c'est enfin c'est toutes nos valeurs qui sont remises en cause.
Et l'autre aspect c'est l'aspect d'arme. Laurent Nugèz a indiqué que un des assassins enfin récent s'était c'était procuré son arme sur sur SH. Donc on commence à accumuler des preuves dans des domaines qui sont quand même de l'ordre de la sécurité publique et même si parfois on est inquiet de réglementer trop un marché c'est la plateforme Chine encore une fois.
Ça va être facile pour eux de dissocier le côté on se débarrasse de la person. Je pense je pense que tout ça est très mû. Nous en parlons déjà beaucoup et c'est deux faits nouveaux pédopornographie et violence et armes.
Acquisition d'armes. On pourrait parler de trafic aussi de stupéfiants qui sont diffusés grâce à ces plateformes. C'est pas Chine qui produit directement mais qui héberge la diffusion de ces produits qui sont soit des drogues soit des précurseurs de produits chimiques dangereux.
Donc il y a une prise de conscience qui va nous permettre, nous c'est les Européens mais les Français, les Allemands, les Italiens, tout le monde hein subit cette situation de passer à une échelle supérieure. J'ai confiance. Espérons que ça ira suffisamment vite parce que c'est toujours un peu le problème euh de du fonctionnement de l'Europe à à 27.
Mais ça fait beaucoup réagir nos téléspectateurs, téléspectatrices. Jo qui nous écrit de Lyon. Comment se fait-il que l'on découvre tout à coup ces nonconformités ?
N'y a-t-il pas eu des contrôles préalables ? On a un petit peu répondu tout à l'heure en parlant d'autocontrôle et des limites de l'autocontrôle. Première question.
Ensuite, Jean-Claude qui nous écrit de Bordeaux. Temou, TMU ou Amazon vendent la même chose. Alors, je suis pas sûr de qu'on puisse dire ça, mais pourquoi ces marques ne prennent-elles pas les les mêmes sanctions ?
Peut-être un mot là-dessus. Vincent Verrier, est-ce que vous êtes allé vérifier justement parce que Amazon c'est encore plus géant ? Est-ce qu'on peut trouver des des choses aussi horribles sur Amazon ?
On n pas été vérifié sur sur Amazon. Mais d'abord, je voulais revenir sur la première question. Paris, on a fait l'interview du porte-parole de de chaîne en France.
On lui a posé la question, on lui a dit les autocontrôles. Les autocontrôles. Donc il nous a expliqué qu'il y avait quatre niveaux de de contrôle.
Donc il nous a détaillé et à la fin on s'est dit mais quatre niveaux de contrôle et à la fin on se retrouve avec une poupée ou euh vendue à des péo criminels. Ouais. euh avec des des mentions qui sont quand même assez claires et ça passe à travers.
Donc quand on entend ça, au final la conclusion qu'on a eu nous un peu aux Parisiens, c'était que les contrôles il y en avait pas. Oui. Ou où ils sont où ils sont fait pour laisser passer le maximum.
C'est c'est des contrôles faits sur documents. On va jamais voir les produits. Euh véritablement, nous on a vraiment eu le sentiment que c'est c'est ces contrôles, c'était des contrôles, on va dire, un peu factice et que derrière ça représente, il y avait pas de réalité.
Euh la poupée quand vous la voyez, quand vous voyez la description, on on peut on a du mal à imaginer qu'elle pu passer à travers quatre niveaux de contrôle. Même une détecterait enfin c'est c'est même pas on n' pas assez de bras pour il y a trop de il y a trop d'œuf. C'est n'importe quel balayage parade de des images telles qu'elles apparaissent sur le site devraient clignoter.
Mais ce qui ce qui est fou c'est qu'ils aient pas la lucidité de se rendre compte à quel point c'est ça dépasse les bornes en fait. Ça ça donne un sentiment en fait d'impunité totale, donc du coup quand même de pas grande peur du gendarme. Donc encore une fois le gendarme est en train de se muscler et sûrement que par le rapport de force ça changera.
Mais on a vraiment le sentiment d'être dans un Far West où ces acteurs-là sont capables d'embaucher un ancien ministre de l'intérieur, Christophe Castaner comme responsable du RSE. Il est parti certes. Oui, mais on était déjà dans le n'importe quelle personne qui connaît un tout petit peu le sujet.
Je suis pas spécialiste. Chine clignotait déjà comme étant un vrai sujet. Donc on est quand même dans cette espèce de confusion entre pouvoir public, alors pas tous évidemment, je vous mets vraiment pas dans ce sac là, loin de là, mais entre des acteurs publics de premier plan et ces acteurs qui trouvent des relais, que ce soit dans le lobbying traditionnel ou dans la façon de voilà de par l'argent quoi.
Donc je pense que c'est naïf. Je pense qu' qu'il se sentent un peu dépassés. Ils ont fermé leur marketplace.
Ouais. Alors marketplace, on réexplique. Donc c'est effectivement les autres places de marché qu'ils hébergent.
Euh voilà, c'est des produits qui sont pas fabriqués par chaî vendus sur la plateforme de de chaîne. Euh nous l'analyse qu'on a eu au Parisiens, c'est de se dire qu'en fait il y a tellement de produits qui respect qui respectent pas les règles européennes qui sont dans la capacité de tous les sortir. Et donc à un moment pour éviter se retrouver d'une situation où tous les matins un député, un journaliste, un simple citoyen lève la main en disant "Ce produit il est pas bon, ce produit là il est pas bon." Qu'est-ce qu'ils ont fait ?
Ils ont fermé la marketplace. Ouais. Parce que le risque pour eux, il est quand même pas un.
C'estàd dans 48 he en même temps 24 he si les produits sont pas retirés là c'est les armes mais demain si on trouve d'autres produits. parliz de drogue, vous parlez et ben le risque c'est que la la Oui, c'est de sujet, il y a ce qui est illégal et ça tout à fait c'est à quoi ça répond et il y a ce qui détruit nos commerces, ce qui détruit nos commerces. Alors les commerces, on va en parler un peu plus tard la question la question et puis ça renvoie à la photo qui est derrière vous de l'accueil de Chine notamment au au BHV.
Il y a je sais qu'il y a par exemple le maire écologiste de Grenoble aujourd'hui là qui a qui a qui a demandé au patron enfin au propriétaires euh de du BHV à Paris de ne pas accueillir Chine dans le magasin de Grenoble. Bon bref, on reparlera de ce pardon de de l'expression bad buzz, mais c'est celle qui me vient euh euh et du drôle de choix qu'a fait le propriétaire de euh de de cette marque. Mais euh je voudrais revenir quand même à à la mécanique de ces plateformes euh Pascal est belle et notamment de Chine.
Comment il parce que on était sur les consommateurs, les consommatrices, comment il poussent à la consommation ? Alors ce qu'on a observé c'est que notamment par exemple Temou quand il y a eu euh des restrictions sur le marché américain, c'est qu'ils ont multiplié par deux euh le la partie de promotion avec des influenceurs en fait ce qui sur le marché européen sur le marché européen. Donc en fait c'est vraiment par des influenceurs euh sur lesquels tombent les jeunes où il y a beaucoup de publicité où on voit des gens qui vous donnent envie qui vont défaire des paquets devant vous et cette on crée ce désir de consommation qui est un peu impulsif et on clique sur le lien et on va acheter des choses.
Donc c'est c'est par ce biais là qu'ils sont rentrés et c'est vrai que par rapport à d'autres plateformes comme Amazon qui avaient finalement négocié avec des acteurs physique européens parce que ils font tous la même chose c'està-dire que c'est pas nouveau en fait he on a quand même en effet Alibaba, on a quand même TikTok Shop, on en a des tonnes qui sont qui sont là 30 % des ventes des habits se font sur des plateformes. Donc on voit bien que finalement eux ils ont voulu passer en force que par le biais des réseaux sociaux en fait hein. Et c'est un peu ça qui qui s'est passé et finalement c'est ça ça monte très très vite parce qu'ils ont un modèle qui est que ils fabriquent en fait ils utilisent en effet digital, c'est-à-dire dès qu'il y a un produit qui plaît h il il le multiplie la fabrication et il pousse ce produit-là.
Donc en fait, c'est que le la digitalisation permet finalement d'optimiser les ventes et c'est ça qui fait que ça a été beaucoup plus rapide que les plateformes précédentes avec en plus des fausses promos, on en parlait tout à l'heure, pour lequel Chine entre autres a été a été condamné. Alors, il y a une une solution puisquon va essayer de de rentrer un peu dans le détail des solutions françaises et européennes. Vous l'avez évoqué tout à l'heure, c'est la taxe sur les petits colis.
On en parle tout de suite avec Audre Vetas. On va détailler ce ce que la France est en train de de mettre en place. Bonsoir Audrey, bienvenue à vous pour freiner cette afflu de colis de Chine, Temu ou AliExpress, l'Union européenne réfléchit à une taxe sur les petits colis.
En effet Thomas, parce que depuis 2010, les colis d'une valeur de moins de 150 € échappent à toute taxe quand ils entrent dans l'Union européenne au nom de la fluidité douanière. Oui, mais voilà, depuis la création des plateformes que vous avez évoqué, Chine, TMU ou encore AliExpress, le nombre de ces petits colis a explosé. En 2024, c'est 4,6 milliards de petits colis qui sont entrés sur le marché européen.
Et vous voyez ce chiffre très impressionnant, 91 % en provenance de Chine. Écoutez, la commissaire en charge de la souveraineté technologique à ce sujet. Nous avons donc constaté une augmentation des produits de faible valeur vendus par des commerçants non européens sur des plateformes de marché en ligne.
Et nombre de ces produits se sont révélés peu sûrs, contrefaits ou même dangereux. L'idée de la Commission européenne, c'est d'imposer des frais de 2 € sur chacun des colis qui arrivent à de l'extérieur de l'Union européenne. Une décision qui est poussée par la France, par la Roumanie aussi.
Oui, mais voilà, comme toujours avec l'Union européenne, ça prend du temps. Cette mesure ne pourrait pas voir le jour avant 2027 au mieux. Et donc, je le disais en amorce, la France a décidé de prendre les devant en incluant dans son projet de budget une taxe de 2 € sur tous les articles contenus dans ces petits colis.
Donc, si vous avez 5 articles, c'est 2 € par article. Le problème, c'est que ça pourrait être reté au niveau de l'Europe justement parce que ça compromettrait l'uniformité du système douier commun. Pour éviter un bras de fer avec Bruxelles, la France a une solution, faire passer ses 2 € pour des frais de gestion au nom de la charge de travail que tous ces colis imposent aux douers.
Avec quelle conséquence si ça rentre en vigueur pour les consommateurs ? euh et bien il y aura ces conséquences forcément euh sur les consommateurs parce que les les frais même s'ils sont payés par les plateformes, bah ils seront vraisemblablement répercuté euh sur le prix des produits. C'est ce qui s'est passé euh notamment aux États-Unis quand Donald Trump a imposé euh des droits de douanes à 150 % pour les produits importés de Chine.
Bah, ça s'est forcément répercuté sur les produits aux États-Unis. reste à savoir si une augmentation de quelques euros, vous en aviez parlé tout à l'heure, suffira pour euh empêcher les consommateurs d'acheter ces produits. Merci beaucoup Audrey.
Alors, qu'est-ce qui se passe maintenant Fabien Keller ? Parce que là, on narrête pas de dire l'Europe va pas assez vite. Donc sur cette [rires] taxe spécifique là, que on en est où et qui peut accélérer ? euh tout le monde, mais sur le sujet fiscal euh sur la fiscalité douanière, on a une frontière commune.
La logique c'est vraiment la fiscalité européenne. Sinon, ça se déplace d'un port à l'autre ou d'un aéroport à l'autre, hein. Si les colis arrivent à Charleroi, au lieu d'arriver à Roissi, on a rien gagné.
Donc Charleroi en Belgique juste à côté hein. Donc euh la réflexion existe au niveau européen. J'ai entendu la remarque de madame Vertas.
Voilà, ça met trop longtemps. Euh mais je pense que ce qui est en train de se passer en France, il faut le savoir, c'est suivi dans toute l'Europe, hein. L'histoire des poupées, c'est un choc européen.
Euh le fait qu'il existe et puis c'est peut-être, pardon nous interrompre, c'est peut-être aussi une occasion que tout le monde attendait pour pouvoir taper plus fort sur la plateforme. Bien sûr, c'est une révélation avec des faits derrière. Ouais, je vous disais les 200000 colis qui vont être analysés, ce sera très intéressant de connaître le pourcentage de produits non conformes, défectueux, dangereux, illicite et cetera.
Il y aura de l'info dans ce puisqu'il n'était pas prévenu hein au moment de l'arrivée des Il y a eu quelques enquêtes de presse qui déjà pas mal mais ou on le savait tout ça mais là on va le mesurer. On le savait là, on va le mesurer. Pardon hein mais euh pourquoi la question c'est quand même je vous laisse revenir mais pourquoi on n pas agi plutôt ?
C'est toujours facile à dire quand on est journaliste assis sur son sur son siège de présentateur. Alors les journalistes nous alertent depuis longtemps, les ports nous alertent depuis longtemps, les ports et les aéroports parce qu'en fait on a en gros un doublement du nombre de paquets qui arrivent depuis 21. Oui.
Et donc le taux de contrôle, il a pas pu suivre. Donc le taux de contrôle s'est effondré, laissant la porte plus ouverte plus largement à des fraudes. Mais c'est pas non plus, il y a aussi un problème écolo, c'est pas très raisonnable de faire rentrer plein de produits qui avant rentraient sous forme de containers homogène, aujourd'hui sous forme de petits paquets emballés qui coûtent extrêmement cher en terme de d'émission carbone.
Donc tout ça est convergent et va dans le sens d'une fiscalité au petit paquet. faut les décourager pour mieux les contrôler, pour éviter les produits dangereux et va surtout dans le sens de l'application des réglementations qu'on évoquait tout à l'heure ou sur la euh le contrôle autocontrôle recontrôlé derrière par les plateformes. Elles doivent être autorisées parce qu'elles participent à l'organisation des marchés.
Elles protège les consommateurs pour avoir accès à des produits pas chers. Mais dans la mesure où elle respecte les principes de sécurité et les la réglementation générale de tous les produits. On doit pas trouver en ligne des produits qui seraient interdits.
Oui, on est tous d'accord làdessus. Alors, question de Dominique de de du Pouin. Pourquoi c'est une affaire européenne ?
On parle d'un magasin en France. Non, pourquoi on doit on doit attendre que l'Europe donne son feu vert parce qu'elle est belle ? Parce que c'est vrai quand on entend Audre Betas, on se dit bon ben voilà, cette taxe sur les petits colis, ça peut être une partie de la la solution.
Pourquoi il faut attendre une un feu vert européen ? Alors, c'est vrai que sur le magasin physique, il pourra pas se passer les mêmes choses, hein. C'est-à-dire que évidemment comme les les produits sont devant les les consommateurs, on mettra pas des des poupées pédopornographiques et on ne mettra pas des armes dans le magasin.
Donc mais on devrait pouvoir appliquer la même logique à un magasin. Voilà. Donc c'est c'est qu'en effet c'est pas du tout le même phénomène.
Là là pourquoi Chine cherche des magasins physiques ? C'est bien parce que on va interdire la publicité. On espère bien la Commission européenne puisque cette loi sur l'Ultra Fast Fashion devait devrait être mise en application en 2026.
Donc comme ils vont on va leur interdire petit à petit de faire de pouvoir continuer à recruter sur les réseaux sociaux, ils ont besoin de magasins physiques et ils savent très bien puisqu'il y a déjà eu des magasins éphémères qui a une clientèle qui qui fait la queue. En fait tout le monde se bat statutaire et c'est une logique de vitrine aussi. Oui bien sûr.
Et puis ça ça renforce ça renforce l'image de la marque, la notoriété et voilà. et et donc ils jouent cette carte là parce qu'ils sont un petit peu obligés. Il faut juste dire quand même que il y a il y a une troisème façon euh de d'agir, c'est qu'en effet la notoriété euh d'une marque quand il se passe ces phénomènes-là, c'est aussi les entreprises qui en terme d'investissement euh sont pas suivies par les investisseurs si ils ont une mauvaise image de marque.
C'està-dire qui va continuer à financer ces marques là s'ils sont dénoncés, s'ils ont des actions qui mais la question la question, elle se pose aussi pour Frédéric Merlin, le le l'actionnaire de le propriétaire de du BHV qui a décidé d'accueillir Chine physiquement dans ses magasins. le le la mauvaise image, ça a commencé bien avant la révélation des de des ventes de ces poupées pédop pornographiques. Vincent Verier, quelle mouche l'a piqué ?
C'est un peu la question que je me pose depuis plusieurs semaines. Moi, pourquoi il Ouais euh moi il faut relancer un modèle économique qui s'appelle le BHV. Et donc c'est vrai que quand on voit qu'il y a 25 millions de Français qui achètent ces produits, on se dit on a une locomotive extraordinaire qu'on peut mettre qu'on peut faire rentrer dans le BHV.
Ensuite, il y a les éléments de langage qui sont assez assez forts en disant "Je fais rentrer les gens les Français modestes dans un temple de la consommation qui était avant réservé à des gens qui étaient qui étaient plus aisés." Donc il doit faire vivre ses commerces. Il trouve là une locomotive qui s'appelle Chine mais dit "Pourquoi pas ?" Il tente la chose après mais avant même le scandale, il y a déjà la Fédération du prête à porté qui est vend debout contre Chine.
Il y a des des des marques françaises qui ont fermé les unes après les autres. Il sait bien que ça va être mal reçu quand même cette initiative. Mais il est en jour, regardez la fiche.
Ah bah oui, ça il l'assume complètement faire il a une publicité gratuite. Oui, bien sûr. Un bad buzz ça fait il y a pas mal de de clients hier qui disait ben moi, j'avais pas prévu de venir mais finalement on en a parlé, je je suis là.
Il y a petit un petit bbol quand même parce que hier les gens qui venaient acheter, ils avaient un bon d'achat à utiliser au BHV qui correspondait à la somme qu'ils avaient dépensé en achetant des produits Chines. C'est un cité à venir. Voilà.
Donc il y avait pas uniquement que des afficionnés à de la marque, il y avait aussi autre chose. Ouais effectivement. Il faut avoir conscience que ce modèle de distribution est fragile dans nos villes.
Il y a différents grands magasins qui ferment. Il y a des commerces qui vendaient plutôt des produits français ou européens qui ont fermé hein des petites chaînes au cours des dernières années. Donc il faut avoir conscience que cette forme de commerce est fragilisée.
Ça devait leur sembler être une une bouée de sauvetage. Ils l'ont mis au dernier étage pour que tout le monde, j'imagine passe par les étages d'en dessous, hein. Mais évidemment, c'est extrêmement choquant. et Shane a tenté la notabilisation en fait hein en étant vous rendez compte en face de la mairie de Paris dans la plus belle ville du monde hein.
Ah oui, ça on voit bien l'intérêt de de Chine d'être d'être à cet endroit-là d'ailleurs. Alors là, ils ont tenté, ils ont réussi. On revient sur le scandale provoqué par la vente de ces poupées pénoparographiques.
Le patron de Chine qu'on voit en photo hein, Donald Tank, c'est ça, c'est c'est son nom. Il a il propose une rencontre à Ber enfin il essaie de montrer pates blanches. C'est ça Vincent Verry.
Oui, à plusieurs reprises, il a essayé de de contacter Bery pour pour être reçu. Après, ce qui est compliqué pour pour le ministère de l'économie, c'est qu'il une enquête qui est en cours. Oui.
Donc ça c'est un peu compliqué de de de recevoir le patron alors que l'enquête est en cours, ça va un peu brouiller les messages. Là, ce que vous envoyez le ministère de l'économie comme message, c'est consommateur, on prend les choses en marre, on prend on prend des mesures, on se laisse pas marcher sur les pieds. Là, s'il reçoit le patron de Chine en ce moment, ça peut paraître un peu compliqué, hein.
Ouais. Puis alors, il y a un autre argument, il y a l'argument écologique puis l'argument, pardon, je vais trop vite, de la santé des acheteurs et et Emmanuel Grégoire, député socialiste, candidat à la mairie de Paris qui était devant le BHV hier, il pointait cette question à l'écoute. Est-ce que les consommateurs en question les amis interrogés, est-ce qu'ils savent que un certain nombre d' nombre de ces vêtements sont faits par des prisonniers politiques ?
Qu'est-ce qu'ils savent ? Pour la santé parce qu'ils sont couverts de produits chimiques. Est-ce qu'ils savent que ces vêtements vont tomber en ruine peu de temps malheureusement après le leur achat ?
Je veux dire la course entre guillemets est freinée au bas prix pour attirer des consommateurs. C'est un réflexe qui est aussi vieux que le monde. Notre rôle à nous c'est d'éclairer sur les enjeux sous-jacents et d'une certaine manière en croyant faire une bonne affaire, on concours à la destruction d'un monde qui est celui qui nous protège collectivement.
Voilà pour la réaction de d'Emmanuel Grégoire. Pascal belle sur la dangerosité parce que je discutais avec des des gens de la DGCCRF, la répression des fraudes disait que c'était pas si simple que ça en fait. C'est vrai qu'il y a eu des des études d'association de consommateurs pour entendant la dangerosité mais si ces produits sont dangereux la DGCCRF elle a là un levier pour les interdire normalement.
Oui. Alors quand ils vont faire les contrôles à Roissi, ils vont aussi regarder ça et c'est et c'est en effet il y a quand même des fédérations qui on avait déjà fait des tests. En fait, c'est vrai que tout le monde savait qu'il y avait des colis où il y avait des produits qui passaient pas qui passaient pas le la barre en terme de dangerosité.
Ce dont on se rend compte auprès des consommateurs, c'est quelque chose qui c'est c'est un des sujets sur lequels ils sont moins informés. En fait, ils savent pas sur la dangerosité. C'est pas il y en a il y en a que 47 % qui savent que ces produits-là peuvent être plus dangereux que s'ils l'achètent ailleurs.
Donc il y a forcément ce sujet-là qui pourrait faire qu'il y a moins de qui a moins d'acheteurs, hein. C'est c'est ce qui c'est ce à quoi on est on va être le plus sensible plutôt que l'argument environnemental ou l'argument droit du travail en fait. Ouais, parce qu'il y en a des arguments.
La dangerosité, on vient d'en parler, le bilan carbone, il est calamiteux. Euh le le droit du travail, les prisonniers politiques igour, euh les poupées pédopornographiques, euh le mensonge sur la euh sur le le les fausses publicités, qu'est-ce que j'oublie ? Les armes et j'en oublie une autre, la la réglementation sur nos données personnelles.
Franchement, il est temps de l'interdire. Non, bien non, mais j'espère qu'avec tout ça, il y aura une suspension. Je sais pas combien de temps ça durera.
J'espère qu'il y aura une suspension rapide quoi. Alors nous sommes conscients de cela depuis plusieurs années. C'est pour ça qu'il y a une réglementation dessinée en 23 il y a 2 ans. l'enjeu et l'application.
Et c'est vrai que les autorités, la Commission européenne et Navire Kunen qui est passé tout à l'heure, la commissaire en charge est inquiète parce qu'elle a peur de perdre des contentieux juridiques face à parce qu'ils sont ils ont les meilleurs juristes de la planète parce qu'ils ont les moyens parce qu'ils sont extrêmement riches et parce que notre mode opératoire respecte les libertés, respecte les règles. Donc il est c'est un système juridique de droit. Et donc je pense que ce qui est en train de se passer en France est de nature à enfin faire basculer la commission dans l'action.
Nous nous y employons. C'est pour cela qu'une lettre a été rédigée par ma collègue, je l'évoqué tout à l'heure, Stéphanie, pour mettre la commission devant ses responsabilités, mais elle en est conscience et avoir le courage de tenir bon face à ces plateformes qui sont redoutables, qui sont très qui font de l'ingérence hein, qui sont très très présentes dans les institutions européennes auprès des décideurs. Il faut avoir le courage de défendre le bras armé d'un pays aussi encore j'y reviens dit tout qui sont aussi le bras armé pay si c'était simplement le rapport de force avec un acteur privé on pourrait avoir confiance effectivement dans la puissance même ressentie et intériorisée par la commission européenne mais on a tellement d'expériences que ce soit à l'échelle nationale entre la puissance publique et l'agroalimentaire que ce soit les réseaux sociaux ou les grands acteurs des moteurs de recherche enfin je enfin c'est moi j'aime beaucoup votre volontarisme.
Alors je je je voudrais compléter je voudrais compléter la Chine. Oui. au sujet de la Chine mais aussi des États-Unis qui nous interdisent entre guillemets qui nous ont menacé si d'aventure nous mettions en œuvre ces réglementation ça prouve qu'ils sont efficaces ces règlements sont potentiellement effic parce qu'ils nous protège il protège notre modèle bon 450 millions de consommateurs en Union européenne ça donne du pouvoir.
Appliquons et utilisons cette force. Merci beaucoup. Merci à tous d'avoir participé à ce débat.
Vincent Verrier, on voul évidemment dans le Parisien beaucoup de très bons articles sur ce dossier Chine depuis depuis quelques jours.
Fabienne Keller