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interviewBFMBUSINESS· 8 juillet 2026 9 min

Thème d'avenir : "Les valeurs bancaires ont de beaux jours devant elles" - 08/07

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

BFM Bourse, vos placements, nos conseils sur BFM Business. Les banques en bourse, mais pas qu'en bourse, dans leur ADN même, sont en pleine métamorphose. Il en est convaincu, David Benhamou, nous rejoint Action Alternative Investment. Bonjour David. Bonsoir. Les bénéfices des banques françaises ont bondi l'an dernier sur un an de 10%, malgré une surtaxe exceptionnelle ici en France. Mais ce n'est pas de ça que vous venez de nous parler aujourd'hui.

0:23
Locuteur non identifié

Non, non, parce que ça fait l'an dernier, les années précédentes, ça fait 20 et quelques trimestres qu'on parle des bons résultats du secteur, du fait qu'elles délivrent des résultats au-dessus des attentes, etc. Mais tout ça s'est accompagné d'une très belle performance boursière. Mais ce qu'il y a de beaucoup plus intéressant, c'est ce qui s'est déroulé sur la partie crédit. Puisqu'en fait, on a assisté au fur et à mesure des trimestres de bons résultats du secteur à une amélioration très très forte des notations de crédit des banques. On a eu une avalanche d'upgrades par rapport aux downgrades. Les ratios 2025, c'est plus de 4 fois.

Et ça, ça s'est traduit par, par exemple, dans nos fonds de dettes subordonnées, qui étaient avant sub-investment grade. Aujourd'hui, en fait, les émetteurs sont à moins et le portefeuille, en fait, il est BBB, BBB+. Donc, ce qui s'est passé, c'est quand même assez spectaculaire. Et ça, ça a des conséquences pour le secteur qui sont importantes en termes de coût de financement. Puisqu'évidemment, les notations s'améliorant, le coût global du capital du secteur s'est abaissé. Donc, tout ça, c'est un cercle vertueux. Ça facilite la consolidation et les rachats, l'efficacité opérationnelle. Donc, tout ça, tout ça est lié.

1:45
Présentateur

Oui, l'avalanche de rehaussement de notations de crédit sur le secteur financier, c'est vraiment ce qui vous frappe et ce qui, pour vous, pourrait marquer une véritable puissante impulsion pour plus de consolidation. C'est vraiment ça que vous venez de nous annoncer aujourd'hui. C'est au-delà de leur bonne santé, etc. On va vers une consolidation historique peut-être de ce secteur bancaire désormais.

2:02
Locuteur non identifié

Oui, on voit en Europe que ça a commencé puisqu'on a maintenant des opérations tous les trimestres. On a des nouvelles opérations qui sont annoncées. Rarement des opérations qui sont en cross-border puisqu'on voit encore des contraintes, des barrières nationales. Mais on voit quand même qu'il y a une tendance qui s'est lancée. En France, on a vu deux banques mutualistes françaises faire des opérations à l'étranger. BPCE avec Novo Banco et puis Alliance Crédit Mutuel avec Oldenburg et chez Landesbank en Allemagne. Voilà, donc on voit que c'est en train de se dérouler. Alors évidemment, il y a des barrières. On a tout ça l'impression. On a l'impression que c'est lent.

On parle de la consolidation du secteur, mais on a l'impression que ça n'avance pas.

2:53
Invité

C'est-à-dire que ça fait quand même des années et des années qu'on en parle. Alors on sait qu'il y a une forme de crispation politique, peut-être chez nous en France, qui empêche des fusions transfrontalières. Enfin, tout du moins dans un sens, peut-être pas dans l'autre. On a vu BNP avec BNL en Italie il y a quelques années. Ça s'est très très bien passé. On imagine mal une banque italienne racheter une banque française. Donc ça se passe toujours dans des sens avantageux. Malgré tout, on a l'impression que ces crispations politiques, ça ne fait pas que le sujet. Il y a aussi des crispations vraiment économiques et sur le business qui ont l'air d'empêcher le mouvement.

3:27
Locuteur non identifié

Oui, puis il y a des barrières qui sont techniques, c'est-à-dire des règles de calcul de capital, de liquidité, qui imposent encore en quelque sorte une préférence locale. Mais ce qu'il y a de fascinant, c'est que quand on regarde, aujourd'hui quand on regarde les Etats-Unis, il y a des grandes banques, Bank of America, Citigroup, JP Morgan, on a tous ces géants qu'on trouve absolument tous fascinants. Et en fait, ce qu'on a oublié, c'est que tout ça s'est déroulé il n'y a pas si longtemps que ça, cette consolidation aux Etats-Unis. En fait, dans les années 90, entre 94 et 99, il y a eu deux changements de texte qui ont permis cette accélération. Alors ce qui est incroyable, c'est qu'on a...

4:15
Présentateur

Et vous allez nous en parler parce que c'est peut-être ce qui va arriver en Europe aussi, ce qui s'est passé sous l'air Clinton pour le secteur bancaire américain, ce qui lui a permis de prendre une nouvelle dimension sous Bill Clinton, arrive peut-être ici en Europe. Qu'est-ce qui s'était passé à l'époque sous Bill Clinton ?

4:26
Locuteur non identifié

C'est ça, ça nous donne en fait un éclairage intéressant sur l'Europe. Ce dont il faut se souvenir, c'est que jusqu'en 94, aux Etats-Unis, vous ne pouviez pas ouvrir une succursale dans un autre Etat que là où vous étiez. C'est dingue. Imaginez, on est un petit peu en avance en Europe puisqu'on peut ouvrir des succursales dans d'autres Etats. Donc il y avait un texte qui datait des années 20 qui s'appelait le McFaderac, qui vous empêchait d'ouvrir des succursales. Donc il y a eu une première réforme en 94, le Rig the Steel Act, qui a permis aux banques de commencer à ouvrir des succursales dans d'autres Etats, puis surtout de faire des acquisitions.

Ce texte-là, ça a donné naissance à Citigroup. C'est dingue. Et ensuite, en 99, un autre texte qui a aboli cette fois-ci, vous vous souvenez du Glass-Tigroup Act qui empêchait globalement de rassembler une banque retail, une banque de détail avec une banque d'investissement. Mais tout ça, ça a été aboli en 1999 et ça a donné naissance à Bank of America. C'est arrivé là-bas et vous vous dites que ça va arriver ici ? En fait, quand on regarde, on a les mêmes problèmes, je dirais moins importants, puisque nous, on peut déjà ouvrir des succursales de banques européennes dans d'autres Etats, mais on a des contraintes en termes de capital.

Par exemple, un régulateur va vous imposer de mettre plus de capital, de garder une côté de capital important au plan local, alors que vous pourriez la tenir dans votre maison mère, tout simplement en considérant. Pareil pour la liquidité. Il y a tout un tas de petits détails, on laisse aux Etats des préférences nationales qui empêchent tout ça. Mais voilà, il y a depuis maintenant 24 mois une volonté, alors d'abord qu'il y a une volonté étonnamment politique, puisque les trésors ont poussé finalement pour remettre la compétitivité au cœur des réformes bancaires, et puis les régulateurs qui poussent de leur veau.

Donc, on est petit à petit, on est dans les années 90, pour le secteur bancaire quelque part.

6:33
Présentateur

Le rapport Draghi évoquait tout ça, ce que vous nous disiez, sur justement ce type de réformes à mettre en œuvre, parce qu'on sent que les instances européennes souhaitent mettre en œuvre le rapport Draghi, il n'a pas été voté, mais voilà.

6:41
Locuteur non identifié

Absolument, c'est ça qui a réveillé un petit peu les foules, entre guillemets, et qui a fait prendre conscience à tout le monde qu'il faut qu'on avance, parce qu'on est en retard.

6:50
Présentateur

Donc ce que vous nous dites est dans ce rapport Draghi. Vous sentez que là, les astres s'alignent pour que ces réformes se mettent en place, ou il y aura encore trop d'obstacles, trop de lenteur ? Cette fois, ça va se faire ? C'est ça que vous désignez ?

6:59
Locuteur non identifié

Ça va se faire, petit à petit, parce qu'elles ont commencé, il y a des résistances nationales, ce qu'on appelle l'EDIS, qui est l'union des dépôts, qui est quelque chose de clé, on progresse à petites touches, à petits pas.

7:17
Présentateur

Et quel banc vous voyez comme fleuron de ce mouvement à venir ? De transformation, de nouvelles dimensions aussi, comme les banques américaines ont pris une nouvelle dimension dans les années 90 ?

7:26
Locuteur non identifié

Les grandes banques qui ont déjà opéré des consolidations, entre guillemets, transnationales, BNP par exemple, qui est déjà sur plusieurs implantations européennes, et qui donc a déjà des process, et je dirais un plan de marche ou un plan de bataille, clairement ce sont des banques qui peuvent lancer plus que les autres, Unicrédit, alors on voit Unicrédit avec Commerzbank, mais Unicrédit a déjà à peu près une quarantaine de pourcents de son activité en Allemagne, avec Hupo-Ferrenzbank qu'elle avait acquise il y a longtemps, donc la double culture ou la triple culture entre guillemets, parce que ce sont des banques qui ont aussi des implantations dans d'autres pays, donc toutes celles qui ont déjà cette expérience-là, on les processe, les systèmes pour intégrer, pour consolider.

8:10
Présentateur

– Merci beaucoup, donc David Bellamou, peut-être le big bang du secteur bancaire européen, parce que c'est vrai que les banques européennes ont perdu beaucoup en taille, comparé aux banques américaines ces dernières années.

8:19
Locuteur non identifié

– Absolument, ce sera une très bonne nouvelle pour l'actionnaire aussi, enfin ça continuera, entre guillemets.

8:24
Présentateur

– Oui, parce qu'en plus elle délivre des dividendes, c'est un secteur qui est vrai, c'est vrai, a beaucoup d'arguments. David Bellamou, Axiom Alternative Investments avec nous, merci beaucoup David. – Sous-titrage ST' 501