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InterviewRadio France (sur Site radio)· 20 juillet 2026 5 minContradictoireActualité / polémiqueAgriculture & alimentationEnvironnement & énergieÉconomie & entreprises

"C'est une guerre de l'eau qui se profile" : la députée du Finistère Sandrine Le Feur critique la loi d'urgence agricole

Audio original de l'émission.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:28OuverteRéponse partielle

    Vous allez voter contre ce texte ce soir. Est-ce que vous pouvez nous expliquer pourquoi ?

  • 0:59RelanceRéponse directe

    Quels sujets ont été dénaturés ? Notamment, qu'est-ce qui ne vous convient pas précisément ?

  • 2:11OuverteRéponse directe

    Vous utilisez ce terme de guerre de l'eau.

  • 2:39OuverteRéponse directe

    Comment on fait pour se positionner dans tout ça, pour donner quand même de la ressource aux agriculteurs, mais qu'il n'y ait pas trop de ressources prises sur le reste des ressources ?

  • 3:37OuverteRéponse directe

    Quels sont les défauts de ce texte ? Est-ce que c'est un projet de loi d'urgence agricole ?

  • 3:49OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qu'il aurait fallu qu'il y ait dans ce texte ? Ou qu'est-ce qu'il faudrait pour améliorer la situation des agriculteurs ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:11Invité politiqueFait
    « C'est pour moi une guerre de l'eau qui peut demain se faire parce que la priorité, évidemment, l'eau potable pour l'alimentation humaine. »
  • 1:25Invité politiqueFait
    « Et puis, on a l'usage agricole qui a été mis sur le même plan que la biodiversité. »
  • 1:48Invité politiqueFait
    « Je pense qu'on a besoin de stocker beaucoup plus d'eau, surtout en Bretagne, puisqu'on a beaucoup d'eau de surface et très peu d'eau souterraine. »
  • 1:59Invité politiqueFait
    « Les zones humides stockent beaucoup plus d'eau que les bassines de stockage. »
  • 3:18Invité politiqueFait
    « On a fragilisé la protection des captages. »
  • 4:02Invité politiqueChiffre
    « Ce texte, vous vous rendez compte, il a 78 articles. C'est énorme. »
  • 4:35Invité politiqueChiffre
    « et qui dit bien que 50% de notre PIB mondial dépend de la biodiversité. »

Temps de parole

  • Sandrine Le Feur68 %
  • Présentateur32 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

L'invité d'ici Brediselle, c'est maintenant. Et on continue à vous parler de l'usage de l'eau. Oui, puisque le Finistère est passé en alerte sécheresse renforcée avec des restrictions sur les usages de l'eau. Dans ce contexte, cette actualité, le projet de loi d'urgence agricole qui doit être voté ce soir à l'Assemblée nationale. Le texte prévoit notamment le doublement des capacités de stockage de l'eau à des fins agricoles d'ici 2035. Bonjour Sandrine Lefeur. Bonjour. Vous êtes députée de la quatrième circonscription du Finistère avec nous ce matin en direct. Vous-même agricultrice et vous allez voter contre ce texte ce soir. Est-ce que vous pouvez nous expliquer pourquoi ?

0:34
Sandrine Le Feur

J'attends de voir ce que le gouvernement va proposer puisque le gouvernement peut encore proposer des amendements pour modifier le texte. Mais effectivement, aujourd'hui, le texte notamment sur la partie eau et zone humide ne me convient pas. On avait réussi à trouver un compromis à l'Assemblée nationale, mais le Sénat a complètement dénaturé le texte. Et nous avons des élus locaux qui sont très inquiets par rapport à ce texte sur le sujet de l'eau.

0:59
Présentateur

Quels sujets ont été dénaturés ? Notamment, qu'est-ce qui ne vous convient pas précisément ?

1:05
Sandrine Le Feur

Je pense notamment à la priorisation de l'usage de l'eau pour l'usage agricole. C'est pour moi une guerre de l'eau qui peut demain se faire parce que la priorité, évidemment, l'eau potable pour l'alimentation humaine. On a aussi la sécurité civile avec les incendies. Et puis, on a l'usage agricole qui a été mis sur le même plan que la biodiversité. C'est-à-dire que lorsqu'on a des rivières qui seront limites pour maintenir une bonne vie dans les rivières pour les poissons, la biodiversité, il y aura possibilité de continuer à la pomper pour l'usage agricole. Pour moi, sur le stockage de l'eau, je n'ai pas vraiment de soucis.

Je pense qu'on a besoin de stocker beaucoup plus d'eau, surtout en Bretagne, puisqu'on a beaucoup d'eau de surface et très peu d'eau souterraine. Mais on a aussi la nécessité de devoir préserver nos zones humides. Et nos zones humides, aujourd'hui, sont mises à mal. Les zones humides stockent beaucoup plus d'eau que les bassines de stockage. On a besoin de les préserver. Et aujourd'hui, dans ce texte, elles sont grandement mises à mal, alors qu'elles sont l'alliée des agriculteurs au quotidien.

2:11
Présentateur

Sandrine Lefeur, vous utilisez ce terme de guerre de l'eau. On voit aujourd'hui, en effet, même au sein de la majorité présidentielle, d'un côté, la ministre de l'Écologie, Monique Barbu, qui dit que c'est un texte, ce projet de loi qui modifie la politique, qui organise le partage de la ressource en eau, avec notamment des changements de tutelle des agences de l'eau. De l'autre côté, la ministre de l'Agriculture, Annie Gennevard, dit que faire réjouer ce texte par idéologie achèverait de désespérer les agriculteurs.

Comment on fait pour se positionner dans tout ça, pour donner quand même de la ressource aux agriculteurs, mais qu'il n'y ait pas trop de ressources prises sur le reste des ressources ?

2:44
Sandrine Le Feur

C'est tout à fait possible. Mais vous savez, même les élus locaux, aujourd'hui, qui se battent au quotidien pour fournir de l'eau potable et de qualité à la population, ne sont pas favorables à ce texte qui modifie aussi la gouvernance de l'eau. Mais au quotidien, ce que l'on doit faire, et ce texte, à la base, le faisait, c'était augmenter les capacités de stockage. Comme je vous l'ai expliqué là-dessus, il n'y a pas de souci. Et en contrepartie, on améliorait la qualité de l'eau. On préservait mieux les captages d'eau potable. Ça, c'était un deal qu'on avait passé avec les agriculteurs. Ils étaient tout à fait d'accord de le faire. Et aujourd'hui, on voit bien qu'on a dénaturé ce texte.

On a fragilisé la protection des captages. Et on fait du stockage à outrance sans vraiment concertation locale. Donc ça, c'est problématique. C'est-à-dire qu'on a vraiment besoin d'une concertation locale pour faire du stockage d'eau avec les élus locaux. Et aujourd'hui, même les élus locaux ne sont pas favorables à ce texte.

3:37
Présentateur

Une dernière question, Sandrine Lefer. Vous êtes vous-même agricultrice. Quels sont les défauts de ce texte ? Est-ce que c'est un projet de loi d'urgence agricole ? Il répondait à la crise agricole. Qu'est-ce qu'il aurait fallu qu'il y ait dans ce texte ? Ou qu'est-ce qu'il faudrait pour améliorer la situation des agriculteurs ?

3:52
Sandrine Le Feur

Je crois qu'il faut un texte qui soit court et qui se base, qui travaille uniquement sur comment on redonne du revenu à l'agriculteur. Pour moi, c'est ça le vrai sujet. Ce texte, vous vous rendez compte, il a 78 articles. C'est énorme. Pour un projet de loi d'urgence, on ne peut pas avoir un texte de 78 articles. Il faut des textes courts qui changent vraiment la vie des agriculteurs au quotidien et notamment qui interviennent sur la capacité à redonner du revenu. Après, il y a tous les sujets environnementaux. Mais encore une fois, penser que l'environnement n'est pas l'allié des agriculteurs, c'est une grave erreur. On a l'économiste, le jeune économiste, M.

Bilal, meilleur économiste sur 2026 que j'ai auditionné dans ma commission et qui dit bien que 50% de notre PIB mondial dépend de la biodiversité. Et donc, la biodiversité, l'environnement, les zones humides sont des alliés. Et on le voit bien avec la canicule que l'on subit aujourd'hui. Les agriculteurs qui possèdent des zones humides sont très heureux parce qu'ils ont aujourd'hui de l'herbe verte dans leur pâture et pas de l'herbe jaune. Donc, on a vraiment nécessité de conserver ça. La biodiversité et l'environnement sont des alliés et il faut s'en saisir pour pouvoir produire demain.

5:06
Présentateur

Merci Sandrine Lefeur, députée de la 4e circonscription du Finistère, d'avoir été avec nous ce matin sur ICI, Bray Zizel, avec ce texte qui doit donc être voté ce soir à l'Assemblée avant de passer au Sénat demain en vue d'une adoption définitive. Il est 7h.

"C'est une guerre de l'eau qui se profile" : la députée du Finistère Sandrine Le Feur critique la loi d'urgence agricole — Sandrine Le Feur · Pourquijevote