Assemblée, Sénat : et le respect bordel ! - Reportage #cdanslair 08.03.2023
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Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 75 %Défensif 15 %
Temps de parole
- Présentateur57 %
- Invité12 %
- Invité politique8 %
- Invité 27 %
- Invité 35 %
- Présentateur 25 %
- Invité 44 %
- Invité 52 %
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C'est une image que personne n'a vue, mais qui fait réagir tout le monde. Hier après-midi dans l'hémicycle, le patron des députés LR épingle les membres du gouvernement, mis en cause par la justice.
Oui, mise en examen, dont celle du secrétaire général de la présidence de la République, excusée du peu, et pardon, monsieur le garde, celle du garde des Sceaux, accusée l'un et l'autre de prise légale d'intérêt.
Éric Dupond-Moretti, directement visé, lance alors un bras d'honneur au moment où le député quitte le pupitre, provoquant un tollé à droite.
C'est quelque chose d'assez inqualifiable, car une fois, nos collègues ont été extrêmement surpris.
La scène qui suit est déconcertante. Sommet de s'expliquer, le ministre reconnaît non pas un, mais deux gestes d'humeur.
Il n'y a pas un bras d'honneur, il y en a deux, mais accompagné de paroles à chaque fois, qui sont...
La présidente de séance est stupéfaite. Droite et RN quittent l'hémicycle. Je suspends la séance.
Invitée à s'excuser, le ministre persiste une deuxième fois, expliquant que son geste était la simple illustration des accusations portées contre lui.
Je regrette ce geste, mais j'ai dit, c'est un bras d'honneur à la présomption d'innocence.
Il faudra une deuxième suspension de séance et une troisième prise de parole pour finalement entendre des excuses.
Je n'ai pas voulu viser le président Marlex, mais si mon geste a été mal interprété, je lui présente mes excuses ainsi qu'à toute la représentation nationale.
Je vous remercie.
Une fois de plus à l'Assemblée, l'outrance a éclipsé le fond. Hier, les députés examinaient un texte pour rendre inéligibles les auteurs de violences, texte porté dans le chahut par la patronne de la majorité. Aurore Berger, invectivée, au bord des larmes, la loi est finalement rejetée. Et cette poussée de fièvre s'étendrait-elle maintenant jusqu'au Sénat ? En plein examen de la réforme des retraites, scène rarissime hier soir au palais du Luxembourg, les élus de gauche quittent eux aussi l'hémicycle pour dénoncer l'usage par la droite d'une procédure inédite accélérant les débats.
Ce recours à cette procédure est un acte de faiblesse.
Plus d'un millier d'amendements de gauche sont supprimés. Le patron des sénateurs LR assume. Là, il y avait une forme de blocage. Il faut qu'on aille au bout du texte parce qu'il y a des articles qui sont si importants pour les Français. L'obstruction, c'est pour le Parlement la négation de son rôle. C'est une sorte de 49-3 à l'envers. Et la température risque encore de grimper avec l'accélération du calendrier. Les sénateurs pourraient voter dès ce soir l'article 7 reportant l'âge légal de départ à la retraite. Puis dimanche soir minuit, le projet de loi quittera le Sénat. Pour arriver mercredi en commission mixte paritaire chargée d'écrire la mouture finale.
Jeudi prochain, elle sera soumise à l'Assemblée pour un examen qui ne pourra pas aller au-delà du 26 mars à minuit. Pour éviter à tout prix un recours au 49-3, la majorité menace désormais ses propres députés qui envisagent de s'abstenir.
Quand un député s'inscrit dans une majorité avec des éléments de programme fondamentaux et qui fait campagne sur ce programme et qui change d'avis une fois qu'il est parlementaire, c'est des situations qui peuvent conduire à des exclusions du groupe majoritaire.
Chacun durcit ses positions avant deux nouvelles journées de manifestation qui font redouter même à gauche l'atteinte d'un point de non-retour.
Si vous avez un président de la République et un gouvernement qui décident contre l'avis ultra majoritaire du peuple, c'est quoi la suite ? Comment ça peut fonctionner après ? Vous voyez bien que vous abîmez la démocratie. Vous voyez bien que là, il y a une rupture de confiance entre ceux qui gouvernent, le système institutionnel et la majorité des Français. Eh bien moi, je le dis de façon assez solennelle ce matin, c'est dangereux.
Ces prochains jours, dans la rue comme au Parlement, attention, chaud devant. Merci d'avoir regardé cette vidéo !