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InterviewRassemblement National (sur YouTube)· 20 février 2025 16 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsImmigration & asileJusticeEurope & international

Laurent Jacobelli : "Entre la peste et le choléra, le mieux est l'abstention !" (BFMTV)

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 55 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:05OuverteRéponse partielle

    Est-ce que vous savez qui disait il y a quelques jours que le Conseil constitutionnel n'est pas une maison de retraite de la vie politique ?

  • 0:10RelanceRéponse partielle

    Alors Marine Le Pen, qui disait, qui dénonçait la République des copains quand il a la possibilité de nommer Richard Ferrand ?

  • 0:27RelanceRéponse partielle

    Donc pendant plusieurs jours, vous dénoncez la possibilité de nommer Richard Ferrand à la tête du Conseil constitutionnel et à la fin, vous vous abstenez et donc vous permettez sa nomination au Conseil constitutionnel.

  • 0:36RelanceÉludée

    Il va falloir nous démontrer quelle est la teneur de cette pensée complexe au Rassemblement national.

  • 1:26FerméeRéponse partielle

    A-t-il été question une seule seconde dans le débat qu'Emmanuel Macron nomme Christiane Taubira ?

  • 2:24OuverteRéponse directe

    Florence Portelli, donc je précise que vous n'êtes pas députée, mais vous soutenez notamment dans la campagne des Républicains Laurent Wauquiez qui lui...

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:41Invité politiqueFait
    « Si vous avez cru une seule fois, si vous avez imaginé qu'Emmanuel Macron ne proposerait pas un de ses copains ou un de ses alliés à la présidence du Conseil constitutionnel, vous êtes naïf. »
  • 1:02Invité politiqueFait
    « Nous ne sommes pas aujourd'hui au pouvoir et nous ne sommes pas dans la majorité. »
  • 1:48Invité politiqueFait
    « Si M. Macron voyait son choix rejeté une première fois parce qu'il n'était pas validé ni par les LR ni par le Rassemblement National, il se serait cherché une majorité ailleurs, à gauche. »
  • 2:04Invité politiqueFait
    « Donc, entre la peste et le choléra, le mieux c'est l'abstention. »
  • 2:31InvitéFait
    « J'ai toujours eu une position très claire, c'était non à Richard Ferrand parce que contrairement au pipo, j'ai rarement entendu autant de pipo et de langue de voix pour essayer de masquer une décision qui est inadmissible. »
  • 2:41InvitéFait
    « Richard Ferrand, en plus, à la base, il est socialiste. »
  • 3:29InvitéFait
    « ça veut dire que les intérêts particuliers, ça veut dire que les intérêts judiciaires de Marine Le Pen, ça passe avant la France et les Français. »
  • 4:01Invité politiqueFait
    « En fait, vous êtes en pleine collaboration avec ce gouvernement. Vous avez des ministres, vous avez aidé les socialistes. »
  • 7:13InvitéFait
    « « Nous ne ferons pas un gouvernement des juges, nous ne serons pas un constituant, nous ne serons pas un législateur. » »
  • 8:35InvitéFait
    « Parce que quand le Rassemblement National voudra passer en force, faire un référendum illégal sur la préférence nationale en passant par l'article 11, on ne va pas rentrer dans les détails. »

Temps de parole

  • Invité25 %
  • Laurent Jacobelli24 %
  • Présentateur18 %
  • Invité 212 %
  • Invité 310 %
  • Invité 48 %
  • Invité 54 %

4,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Laurent Jacobelli, les députés du Rassemblement national se sont donc abstenus. Est-ce que vous savez qui disait il y a quelques jours que le Conseil constitutionnel n'est pas une maison de retraite de la vie politique ?

0:10
Laurent Jacobelli

Oui, on a nombreux à l'avoir dit.

0:12
Présentateur

Alors Marine Le Pen, qui disait, qui dénonçait la République des copains quand il a la possibilité de nommer Richard Ferrand ? Probablement Marine, qui l'a souvent fait. Non, cette fois Frédéric Falcon.

0:20
Laurent Jacobelli

Mais on est très nombreux à le faire.

0:21
Présentateur

Donc pendant plusieurs jours, vous dénoncez la possibilité de nommer Richard Ferrand à la tête du Conseil constitutionnel et à la fin, vous vous abstenez et donc vous permettez sa nomination au Conseil constitutionnel. On connaissait cette expression de la pensée complexe qui était habituellement attribuée aux macronistes. Il va falloir nous démontrer quelle est la teneur de cette pensée complexe au Rassemblement national.

0:41
Laurent Jacobelli

Si vous avez cru une seule fois, si vous avez imaginé qu'Emmanuel Macron ne proposerait pas un de ses copains ou un de ses alliés à la présidence du Conseil constitutionnel, vous êtes naïf. Nous, on ne l'a jamais cru. Et on le dénonce d'ailleurs. Cette pratique d'Emmanuel Macron, cette tendance d'Emmanuel Macron ne nous est pas agréable. Donc il a présenté un de ses copains. Et on s'est retrouvé face à ce choix. Ce qui n'est pas le nôtre. Mais nous ne sommes pas aujourd'hui au pouvoir et nous ne sommes pas dans la majorité. Et donc on s'est dit quoi ? On s'est dit aujourd'hui on a M. Ferrand. C'est un très mauvais choix. Qu'est-ce qu'on fait ? Est-ce qu'on prend le risque ?

C'est un très mauvais choix mais on le laisse passer. Est-ce qu'on prend le risque d'avoir Mme Taubira ? Parce que je ne sais pas qu'il n'a jamais eu la question de... Pensez complexe mais je vais aller au bout de ma... Qui est du juriste pour le coup. M. Macron, est-ce que vous croyez qu'il est du genre si on lui refuse...

1:24
Présentateur

Juste pour dire la chose. A-t-il été question une seule seconde dans le débat qu'Emmanuel Macron nomme Christiane Taubira ?

1:31
Laurent Jacobelli

Mais je crois que le nom a circulé bien sûr mais je vais vous expliquer pourquoi.

1:34
Présentateur

Jamais vu.

1:34
Laurent Jacobelli

Il avait circulé à cause de Yann-Bronne-Pilé qu'il a démonté. Je vais vous expliquer pourquoi. Si M. Macron voyait son choix rejeté une première fois parce qu'il n'était pas validé ni par les LR ni par le Rassemblement National, il se serait cherché une majorité ailleurs, à gauche. Et donc il aurait proposé un nom inacceptable pour les Français. Dupond-Moriti, Taubira ou ce qu'il ne voulait... Une fois encore si parce qu'il aurait eu les socialistes et il aurait eu la LFI. On est forcément face à des mauvais choix. On est forcément face à des mauvais choix. Donc, entre la peste et le choléra, le mieux c'est l'abstention.

Et moi j'entends les cris d'orfraie de certains qui participent à la majorité et qui n'ont rien fait pour qu'on ait un autre choix que M. Ferrand et qui même au Sénat ont voté différemment à l'Assemblée Nationale. Oui, c'est un mauvais choix. Est-ce que c'est le pire des choix ? On aurait pu avoir encore pire.

2:24
Présentateur

Florence Portelli, donc je précise que vous n'êtes pas députée, mais vous soutenez notamment dans la campagne des Républicains Laurent Wauquiez qui lui...

2:31
Invité

J'ai toujours eu une position très claire, c'était non à Richard Ferrand parce que contrairement au pipo, j'ai rarement entendu autant de pipo et de langue de voix pour essayer de masquer une décision qui est inadmissible. Richard Ferrand, en plus, à la base, il est socialiste. Donc, par rapport à Christiane Taubira, il n'y a pas vraiment beaucoup de différences sur le fond. Je ne suis pas d'accord. Si on ne voulait pas d'un socialiste, il ne fallait pas nommer Richard Ferrand.

On ne peut pas être le parti qui se targue d'être la vraie droite dure sur l'immigration et la sécurité et de mettre un socialiste pendant 9 ans à la tête du Conseil constitutionnel, je termine, qui ne changera pas la jurisprudence du Conseil concite sur les questions d'immigration et de sécurité. Vous venez de montrer votre vraie nature. Tout cela, c'est du paravent. Votre discours musclé, c'est du paravent. Là, vous aviez l'occasion de censurer Richard Ferrand, vous ne l'avez pas fait, vous êtes dégonflé. Et pourquoi ? Parce qu'il y a le calendrier judiciaire de Marine Le Pen.

Ça veut dire que le copinage, ça veut dire que les intérêts particuliers, ça veut dire que les intérêts judiciaires de Marine Le Pen, ça passe avant la France et les Français. Eh bien, honte à vous. Je vais vous répondre, parce qu'il y a une mise en cause grave. Nous, vous nous avez dit qu'on était à droite molle, vous êtes extrême droite flasque. C'est scandaleux d'avoir fait ça. Et franchement, j'ai honte pour vous. Je vous dis certainement...

3:46
Laurent Jacobelli

Vous êtes très nerveuse, parce que... Non, je ne vous ai pas interrompu.

3:54
Invité

Allez-y, allez-y.

3:55
Présentateur

La réponse de Laurent Jacobini, on entendra ensuite Guillaume Tabard et Thomas Lohan.

3:57
Laurent Jacobelli

En fait, vous êtes en pleine collaboration avec ce gouvernement. Vous avez des ministres, vous avez aidé les socialistes. Certains d'entre vous se sont désistés aux législatives pour faire passer des socialistes ou des gens du centre. Vous venez aujourd'hui nous donner une leçon. Mais madame, vous avez un ministre d'État, LR, monsieur Bruno Retailleau. Que n'a-t-il agi auprès du président de la République pour essayer d'infléchir ces décisions ? Vous avez un président de groupe à l'Assemblée nationale, monsieur Wauquiez. Un des deux sera votre futur patron. Que n'a-t-il agi ? Il a agi, il a été très clair. Vous êtes au gouvernement.

Attendez, excusez-moi, au Sénat, au Sénat, le Sénat-Puréaire n'est pas à avancer. Pas tous.

4:36
Invité

Vous, il n'y en a pas à tous. Vous, il n'y en a pas à voter. Vous voulez être utile ? Vous voulez être utile ? Alors, à ce moment-là,

4:42
Laurent Jacobelli

puisque vous êtes membre du gouvernement, agissez vos amis. Je peux répondre à ça ? Vous êtes dans le bloc.

4:48
Invité

Monsieur, on n'est aucune notion de politique. S'il vous plaît, s'il vous plaît,

4:51
Présentateur

là, c'est pas très audible. C'est d'avoir mis à Richard Ferrand pendant une semaine. C'est pas très audible. Laurent Jacobelli, Florence Portelli. Je vous donne la parole dans un instant. Et restez polis. C'est un conseil que je vous donne. S'il vous plaît, tout le monde est poli ici. En échange, c'est intéressant. Et ça reste audible. Guillaume Tabard. Ce qui est intéressant dans la justification du Rassemblement national, c'est qu'il parle aussi de l'audition de Richard Ferrand ce matin en expliquant qu'ils ont été rassurés sur ce qu'il a dit sur le gouvernement des juges et en rappelant que Marine Le Pen déclenchera un référendum sur l'immigration si elle est élue.

Ça veut dire qu'au fond, le calcul, et je vous interrogerai dans un instant, Laurent Jacobelli, c'est de dire... Oui, et vous aussi, Thomas Le Rouen. Ne vous inquiétez pas. C'est de dire, Richard Ferrand au Conseil constitutionnel, laissera passer les souhaits de Marine Le Pen quant à un référendum sur l'immigration alors que, pour ceux qui nous regardent, en termes de droit, il y a plus qu'un doute sur la possibilité de consulter les Français sur l'immigration.

5:43
Invité

Oui, alors après, il y a un débat et on peut défendre les deux thèses sur la possibilité ou non d'un référendum sur l'immigration. Sur la question du versement des prestations sociales, etc., on peut dire que ça entre dans le champ actuel de l'article 11.

5:58
Présentateur

Ce qui n'est pas ce que propose

5:58
Invité

le Rassemblement national. Mais c'est un autre débat. Sur ce qu'a décidé le Rassemblement national cette fois-ci, je pense que l'intérêt, peut-être même le seul intérêt, c'est vrai que j'ai un peu de mal à comprendre les arguments, parce que si on dit qu'on ne censure pas quelqu'un parce que ça pourrait être pire, pourquoi avoir censuré Barnier ? Parce qu'après lui, ça aurait pu être pire et donc ça. Mais l'intérêt, je pense, pour le Rassemblement national, c'est de montrer, de démontrer à tout le monde, et d'abord à ses adversaires, qu'effectivement, aujourd'hui, rien ne peut se faire sans lui et qu'il est au centre du jeu.

Après, je pense qu'il peut être aussi de démasquer, la persistance d'un traitement à part des élus du RN. Ce qui est frappant, c'est que lorsque Michel Barnier tente d'obtenir la non-censure du RN, on dit que Michel Barnier est l'otage du RN. Lorsque François Bayrou tente d'obtenir la non-censure du PS, les mails ne disent pas qu'il est l'otage du PS, comme s'il y en avait pour qui c'était légitime et d'autres pour qui ça ne l'était pas. Voilà, il y a un vote. Je pense que tous les députés sont à pied d'égalité dans ce vote. Et après, chacun assume ses conséquences. Sur le supposé deal, parce que c'est ça qui est en jeu, est-ce qu'il y a eu, comme le dit la gauche, un marchandage ou non ?

Bon, prenons ce qu'a dit Richard Ferrand. Lorsque Richard Ferrand dit « Nous ne ferons pas un gouvernement des juges, nous ne serons pas un constituant, nous ne serons pas un législateur. » D'un point de vue, ce n'est pas un clin d'œil fait au RN, c'est un rappel d'évidence et le bienvenu. Je veux dire que, heureusement que Richard Ferrand, et comme tout président potentiel, rappelle qu'il ne veut pas d'un gouvernement des juges. Je pense que c'est une salubrité politique. Et l'inverse, c'était étonnant.

Deuxième point, si d'aventure, il y avait eu dans l'esprit de Marine Le Pen l'idée d'obtenir une décision favorable sur la QPC, je pense que le calcul serait illusoire parce que, maintenant que Richard Ferrand est marqué par la gauche par ce doute, cette opprobre sur ce vote, quelle première chose il va faire ? On a beaucoup parlé de ce fameux devoir d'ingratitude. Le devoir d'ingratitude, il ne va pas l'exercer maintenant à l'égard de Macron, mais à l'égard de Marine Le Pen, puisqu'on l'accuse d'être son candidat. Donc, jamais... Thomas Le Grand, sur ce sujet, vous voulez intervenir ? Sur ce sujet, oui, je voulais intervenir.

Richard Ferrand, c'est un très mauvais candidat pour deux raisons. Parce qu'il n'a pas la crédibilité juridique et il est connu surtout dans sa vie politique pour sa fidélité, ce qui n'est pas grave dans la vie politique, ce qui est plutôt bien, mais pour être président du Conseil constitutionnel, ce n'est pas le mieux pour sa fidélité envers le président de la République. Et je pense que c'est parce que c'est un très mauvais candidat que le Front National, le Rassemblement National l'a laissé passer.

Parce que quand le Rassemblement National voudra passer en force, faire un référendum illégal sur la préférence nationale en passant par l'article 11, on ne va pas rentrer dans les détails, mais c'est illégal depuis un arrêt, l'arrêt Hochmaï, on ne va pas rentrer là-dedans. Eh bien, évidemment, le Conseil constitutionnel va rappeler la loi. Et qui va rappeler la loi ? Un fidèle d'Emmanuel Macron. Et on pourra dire que c'est un politique, regardez, c'est un fidèle. Il a fait deux ans de droit à peine. Donc, c'est tout à fait limpide. C'est un investissement sur l'avenir.

9:08
Présentateur

Un investissement plutôt malin. Bravo. En quelques mots, Laurent Jacobelli, avant de retrouver Anthony Lebeau à l'Assemblée Nationale, puisqu'il s'y passe aussi une motion de censure. Laurent Jacobelli, vous espérez de la part de Richard Ferrand une sorte de retour sur investissement ? C'est-à-dire qu'il laisse passer votre volonté de consulter les Français sur l'immigration ?

9:25
Laurent Jacobelli

Est-ce que vous croyez une seconde ?

9:26
Présentateur

Qu'il rende une décision favorable à Marine Le Pen sur la question de l'inégalité ?

9:29
Laurent Jacobelli

Et pour dénoncer, justement. Si moi, je suis terminé. Vous me posez plein de questions, vous ne vous écoutez pas la réponse. Si, si, si, on écoute. Est-ce que vous imaginez une seconde que Richard Ferrand, une fois nommé, nous aidera ? Personne ne l'imagine. Personne ne le croit. Vous pourrez l'attaquer facilement parce que ça fidèle. Non, mais attendez. Une fois encore, nous sommes dans l'opposition. Nous ne choisissons pas les candidats. Nous avons voulu éviter le pire. Et c'est ce qu'on va faire jusqu'à la prochaine dissolution ou l'élection présidentielle. Moi, je ne veux pas entendre de leçons. Et je vous le dis très calmement. S'il vous plaît, s'il vous plaît.

Je vous le dis très calmement, Madame Portelli, je ne veux pas de leçons de gens qui ont un pied dans la majorité et qui sont des ministres et qui, derrière, font semblant d'être dans l'opposition en nous demandant de ne pas censurer les gouvernements. C'est illisible, incompréhensible. C'est de la petite politique. Nous, on veut éviter le pire.

10:13
Présentateur

Je vous donne l'occasion de répondre dans un instant. J'aimerais juste qu'on aille retrouver comme promis Anthony Lebeau. Anthony qui suit cette journée à l'Assemblée nationale avec une motion de censure déposée par les socialistes sur les propos, le sentiment de submersion migratoire. Et Anthony, François Bayrou, on a profité pour répondre assez vertement aux socialistes. C'est ça ?

10:31
Invité

Oui, et les débats, d'ailleurs, ont été assez houleux en début d'examen de cette motion de censure déposée par le Parti socialiste. L'EPS, par la voix de son oratrice de groupe, va d'abord affirmer que le gouvernement, je cite, s'est écrasé devant l'extrême droite, pactisant avec l'ombre, fin de citation, accusant une nouvelle fois aussi le Premier ministre d'avoir employé cette expression, je cite, de sentiment de submersion migratoire, fin de citation. François Bayrou est ensuite monté à la tribune, a répondu devant un hémicycle quasi vide et en fait, il s'est moqué. Il s'est moqué de cette sixième motion de censure, une motion de censure à blanc pour faire semblant. S'est-il amusé ?

Écoutez le Premier ministre. C'est la sixième que nous examinons en cinq semaines. Et voilà la motion de censure la plus cousue de fil blanc de toute l'histoire parlementaire. Si l'on peut dire une motion de censure à faux, une motion de censure à blanc, après avoir à juste titre refusé quatre motions de censure à balles réelles. Et voilà le parti de Blum, de Jaurès, le parti de François Mitterrand et de Jacques Delors, dont j'imagine vous devez bien avoir dans vos locaux des portraits, réduit à une motion de censure pour faire semblant. François Bayrou a voulu tourner en ridicule cette motion de censure du Parti Socialiste qui a agacé, énervé les députés du PS qui étaient présents.

On a assisté, Benjamin, depuis la tribune de l'hémicycle, à un échange assez tendu entre Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, et le Premier ministre. Olivier Faure pointant du doigt le Premier ministre en lui disant « Je cite pas de mépris, vous allez le regretter », fin de citation. François Bayrou lui rétorquant, je cite « Ne me menacez pas, M. Fort, vous aurez le sarcasme et le ridicule », fin de citation. Après cela, la majorité des députés PS qui étaient présents se sont levés, ont quitté l'hémicycle.

Et puis un mot de la fin, quand même, Benjamin, puisque le vote devrait intervenir d'ici une heure et cette motion de censure n'a aucune chance d'aboutir puisque le RN ne la votera pas.

12:28
Présentateur

Anthony Lebeau, en direct de l'Assemblée nationale avec Vincent Gauthier. Bon, Guillaume Tabard, pour François Bayrou, une motion de censure qui va être écartée, la sixième, beaucoup, un peu de temps, ça réplique à Notre-Dame de Bétaram et sa contre-attaque. L'enjeu pour lui maintenant, ça va être de dire « Là, c'est bon, on peut vraiment aller sur le fond des sujets maintenant qu'on a écarté ces obstacles ? » Écoutez,

12:49
Invité

il a réussi, en tout cas, ces deux journées. C'est-à-dire qu'il a lancé une contre-attaque politique sur l'affaire Bétaram avec des arguments assez... Encore fini. Peut-être pas, mais enfin, exactement le fond. En tout cas, la gauche voulait transformer l'affaire Bétaram en affaire Bayrou. Bayrou, moi, aura réussi à ce que ça redevienne purement une affaire Bétaram. Ensuite, il échappe à cette censure. Tranquille, non, parce qu'il y a un autre événement qui est demain. C'est pas... C'est pas... Au calendre grec, c'est demain, c'est la remise du rapport de la Cour des comptes sur les retraites.

Or, ce rapport était destiné à donner le coup d'envoi de ce fameux conclave sur la réforme des retraites. François Bayrou, qui avait fait ses calculs, avait intégré la fameuse participation de l'État à la retraite des fonctionnaires, au paiement... Il va être contredit. Il va être contredit. Bon. Et franchement, c'est pas un service que rend Pierre Moscovici à la Cour des comptes que de dire, en gros, finalement, le conseil n'est pas si grave. Donc, François Bayrou va devoir maintenant se battre pour éviter que, pour le coup, une coalition de la gauche et du RN impose une refonte de la réforme des retraites dans un sens forcément plus coûteux.

Je pense que l'erreur, en tout cas, le risque qu'a pris François Bayrou, c'est d'avoir cédé au PS sur le point qu'en toute hypothèse, le sujet terminerait à l'Assemblée. Or, dès que le sujet revient à l'Assemblée, rien n'interdit à ce que constituent des majorités, pour le coup, des majorités contre, et une fois encore, la gauche et le RN sont d'accord pour abolir la réforme la réforme borne. François Bayrou devra faire preuve d'énergie pour empêcher cela. Thomas Leroux, quelques secondes. Non, c'était pour... Cette motion de censure est absolument ridicule. La motion de censure de la gauche, si elle avait eu une chance de passer, la gauche disait qu'elle la retirerait.

Donc, quand on fait une motion de censure pour qu'elle ne passe pas juste utiliser la motion de censure comme une tribune pour affirmer ce qu'on a affirmé, je trouve ça assez dommage. Je voulais juste souligner parce que je tape sur la gauche et ici, je suis le seul représentant visiblement d'une presse qui est plutôt gauchophile. Je suis légèrement. Oui, oui, mais justement, on peut être critique, on n'est pas suiviste toujours. Je suis souvent critique sur mon camp. Je réponds quand même à ce que vous m'avez dit tout à l'heure.

Il faudra que vous expliquiez quand même aux téléspectateurs et à votre électorat que ce serait plus condamnable d'être ministre de l'Intérieur et d'essayer d'agir concrètement pour limiter justement l'insécurité, pour essayer de réguler l'immigration. Et en revanche, que ce serait légitime d'aller soutenir Richard Ferrand qui va avoir une jurisprudence, qui va porter en tous les cas une jurisprudence qui ne sera pas favorable au projet de loi sur l'immigration. Vous avez expliqué cette contradiction-là à vos électeurs. Bon courage.

15:30
Présentateur

Bien, on évite de retourner

15:31
Laurent Jacobelli

sur le débat, je ne vais pas retourner. Pour parler de la motion de censure, on a en fait des fausses oppositions qui ont un vrai problème. C'est qu'elles travaillent avec le gouvernement Emmanuel Macron et elles ont besoin d'envoyer un signal. Le signal de la gauche c'est de faire une fausse motion de censure pour faire croire qu'ils sont dans l'opposition. Le signal de Mme Portelli c'est de faire semblant de refuser M. Ferrand. C'est un péché originel qui veut nous faire pardonner. Là, c'est plus ramé. On continuera ce débat. Merci Madame, Messieurs d'être venus nous voir.