Ukraine, dette et Ve République : Anne Hidalgo face aux médias indépendants
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Bonsoir, bonsoir à toutes et à tous. Bienvenue dans Face aux Indés, la grande émission politique hebdomadaire des médias indépendants pour l'élection présidentielle 2022. On est en direct chaque jeudi et chaque jeudi sur ce plateau, on interroge un candidat ou une candidate que nous avons invité. Des candidats qui répondent aux questions des journalistes du Média, de Regards, de Streetpress, de Radioparleurs et aussi d'autres rédactions indépendantes comme ce soir le BondiBlog. Une émission pour vous faire vivre la campagne autrement avec ce que l'on estime être les angles morts du débat présidentiel.
Une heure pour interroger notre invitée sur son programme, sur son projet et sur sa politique. Et ce soir c'est Anne Hidalgo, la candidate du Parti Socialiste qui nous a rejoint sur ce plateau. Anne Hidalgo, bonsoir.
Bonsoir, merci.
Bienvenue. Merci à vous d'avoir répondu à cette invitation. Bienvenue sur ce grand rendez-vous des médias indépendants. Vous allez avoir un peu plus d'une heure pour convaincre les Françaises et les Français qui nous regardent ce soir. Et on va tout de suite vous présenter pour celles et ceux qui ne vous connaissent pas encore. Vous avez décidé de vous lancer dans la course à l'Élysée en septembre dernier, après avoir plusieurs fois affirmé que vous n'aviez pas d'ambition sur le sujet. Vous avez 62 ans, vous vous présentez sous la bannière du Parti Socialiste. C'est votre première campagne présidentielle. Pour autant, vous n'êtes pas une novice en politique.
Beaucoup ici, ce soir, vous connaissent comme l'actuelle maire de Paris, la première femme maire de Paris. Ça fait 8 ans maintenant que vous exercez cette mandature. Ce que certains ignorent, en revanche, c'est que vous êtes né en Espagne, que vous êtes arrivé en France à l'âge de 2 ans. Vous avez commencé à vous engager au Parti Socialiste en 1994. Et avant de faire de la politique, vous avez exercé comme inspectrice du travail durant 10 ans. Aujourd'hui, vous vous présentez à la présidence de la République. On est à un mois jour pour jour, désormais du premier tour de ce scrutin, un scrutin majeur pour la mandature suprême.
Face à vous, deux journalistes indépendants, ils sont présents ce soir, qui vont vous interviewer pendant une heure. Ils sont présents sur ce plateau. Mathieu Bollard, bonsoir. Bonsoir. Mathieu, tu es rédacteur en chef à Street Press. À tes côtés, Héléna Barcaoui. Bonsoir Héléna.
Bonsoir.
Héléna, tu es journaliste au Boundy Blog. C'est vous, vous deux, qui allez cuisiner notre invité ce soir. Alors, pour toutes celles et ceux qui nous regardent, n'hésitez pas à partager vos réactions. Posez-nous vos questions sur le chat, des questions que vous aimeriez poser à notre invité. On sélectionnera trois de ces questions et on vous les posera, Anne Hidalgo, à la fin de cette émission. Et puis, bien sûr, likez, partagez cette émission. On compte sur vous pour nous donner vos avis. Et ça commence tout de suite face aux indés. C'est parti. Anne Hidalgo, on va rentrer dans le vif du sujet dès à présent. C'est notre premier thème dans cette émission. République, démocratie, institution.
Ça commence maintenant. Anne Hidalgo, l'abstention, c'est l'un des enjeux majeurs de cette présidentielle 2022. Les Françaises et les Français votent de moins en moins depuis des décennies. Vous, candidate socialiste, comment vous expliquez ce fait ?
Notre démocratie, je crois, est à bout de souffle. La République, à laquelle je suis attachée, n'apporte plus justement cette preuve de l'égalité républicaine, cette promesse dont j'ai bénéficié, puisque, vous l'avez dit, je suis née en Espagne, je viens d'un milieu ouvrier, j'ai grandi à Lyon, dans une cité, et je suis là aujourd'hui. À l'époque, l'école républicaine gratuite, laïque, permettait justement beaucoup plus ce type d'ascension. Et je pense qu'il y a une perte de confiance de beaucoup de nos concitoyens, qui s'explique aussi, je le crois, par l'accroissement des inégalités.
Quand les inégalités s'accroissent entre les personnes, entre les catégories, entre les territoires, on perd confiance dans ces institutions, dans le fait que la politique, le politique, pourrait régler les problèmes de la vie quotidienne. Et on a ce mouvement qui existe maintenant depuis plusieurs années, à la fois des aveux, aussi de dénigrement, d'éloignement vis-à-vis de la politique, des phrases sur « ça ne sert à rien », ces gens-là s'occupent juste d'eux-mêmes et pas de nous, leurs promesses, elles les engagent, mais elles n'engagent absolument pas leur réalisation. Et donc, cette situation-là, on en hérite et il nous faut redonner un souffle à la démocratie.
Moi, je propose, j'ai des propositions sur, notamment, cette démocratie continue. Ça, c'est le constat.
Justement, sur le constat, vous dites qu'il y a une déception des gouvernements successifs qui sont passés. Il y a cinq ans, c'était le Parti Socialiste qui était au pouvoir. Est-ce que c'était une bonne mandature ? Ou est-ce que, finalement, vous n'avez pas une part de responsabilité dans cette déception ?
Tout le monde a une part de responsabilité. Si vous prenez la mandature de François Hollande, il y a eu des choses positives, d'autres sur lesquelles j'ai été moi-même critique. Mais je pense que c'est un mouvement de fond qui vient de plus loin que cela. Il y a eu, pendant longtemps, cette volonté, au niveau de la représentation politique, d'ouvrir plus, d'avoir de la parité, de la mixité. Ça a été déconquête. La parité, c'est la loi de 2000 qui oblige à cette parité en politique. Mais avant, les partis étaient quand même restés très fermés à l'arrivée des femmes. Et puis, il y a eu la question de la mixité et de la diversité.
Comment on permet à des femmes et des hommes, françaises, français, issues de l'immigration, de participer aussi, de prendre part à la responsabilité politique ? Il y a eu beaucoup de choses qui ont été souvent bloquées, freinées et qui, sans doute, ont aussi découragé beaucoup de nos concitoyens. Pour autant, vous savez, moi, l'analyse que je fais aujourd'hui, parce qu'il faut faire respirer la démocratie, il faut que les partis… Il aurait fallu que les partis s'ouvrent beaucoup plus, que la présence de citoyens soit beaucoup plus importante pour, justement, pas simplement participer, mais décider, co-décider. Et la conclusion…
Juste un point, si vous permettez, à laquelle, moi, j'arrive aujourd'hui, c'est que les partis sont quand même absolument indispensables. Les partis sont indispensables pour aider aussi à structurer le débat politique, la vie politique, et les partis, quand ils ne se replient pas sur eux-mêmes, ce qui leur est arrivé à peu près à tous, quand ils ne se replient pas sur eux-mêmes, qu'ils jouent véritablement aussi ce rôle d'éducation populaire, de débat.
Moi, je vois une section du Parti socialiste, c'est un endroit où se retrouvent des femmes et des hommes de tous les âges, de conditions sociales très, très différentes, et qui essayent de débattre ensemble, d'apprendre, d'avancer, de faire pousser des idées.
– Et le quinquennat Hollande, il a contribué, justement, à cette dévitalisation de la démocratie. Vous, qu'est-ce que vous en retenez ? Vous représentez le Parti socialiste aujourd'hui. Qu'est-ce qui diffère du quinquennat Hollande et de vous, en fait, de ce que vous portez ?
– Ce n'est pas cette appréciation du quinquennat Hollande. C'est un processus assez long qui fait que notre Ve République s'est dévitalisée et que, pour moi, le sujet… – C'est donc pas la sixième ? – Non, non, pour moi, le sujet, c'est le quinquennat Macron. Le quinquennat Macron où il y a…
– Au quinquennat Macron, il y a quand même eu le quinquennat Hollande.
– Oui, d'accord, mais vous parlez de démocratie. Il y a des choses sur lesquelles on aurait pu faire beaucoup mieux. On fait toujours le reproche à la gauche qui assume la responsabilité de ne pas être toujours dans l'utopie ou le rêve. Parce qu'évidemment, les gens de gauche, et je suis une femme de gauche, depuis très longtemps, on met beaucoup, beaucoup de notre idéal lorsque la gauche arrive au pouvoir. Mais franchement, le sujet-là, c'est le bilan d'Emmanuel Macron. Ce n'est pas le bilan de François Hollande. Et en matière de démocratie, qu'est-ce qui s'est passé ces cinq dernières années ?
Un pouvoir ultra centralisé, une monarchie républicaine assumée, un Parlement qui n'a absolument pas fonctionné, des collectivités territoriales qui ont été bloquées, notamment par des financements et des dotations qui n'arrivaient plus, une démocratie qui s'est complètement étouffée, des médias, pardon, mais quand même très, je dirais, orientés, je ne parle pas des médias indépendants, mais des médias très orientés pour soutenir quoi ? Une parole présidentielle. Bref, les cinq dernières années sont quand même, pour moi, l'expression d'un dysfonctionnement démocratique majeur. Et les avancées…
Vous faites un constat presque apocalyptique de nos institutions. Et je repose ma question.
Non, pas apocalyptique, lucide.
Lucide, mais fort, on va dire, de l'état de nos institutions. Bien sûr, de critique, bien sûr. Voilà, de critique. Mais est-ce qu'on réforme ? Est-ce qu'on passe à une sixième république ? Et si oui, quelle forme ?
On réforme, bien sûr, et on change beaucoup de choses dans nos institutions, mais je ne propose pas de passer… On ne change pas forcément le numéro. Moi, ça ne m'intéresse pas, le numéro. Parce que si on va passer cinq ans à se battre sur le changement de numéro, avec une constituante dont on ne sait pas très bien vers quoi elle irait, ce n'est pas mon schéma. Pour moi, très clairement, pour que la démocratie soit une démocratie beaucoup plus vivante, d'abord, il faut que chacun soit à sa place. Le président doit s'occuper de l'essentiel et pas des détails.
Par exemple, il y a des tas de pouvoirs de nomination que le président a, qui ne sont pas du détail d'ailleurs, mais qui n'ont aucune raison d'être, qui n'existent d'ailleurs dans aucune démocratie avancée. Des pouvoirs de nomination qui vont jusqu'au pouvoir de nomination d'un certain nombre de directeurs, de directeurs d'agences, de patrons de chaînes télé, en passant par la validation des nominations où le Conseil supérieur de la magistrature donnerait… Bien sûr, je change cela parce que je pense que ce n'est pas au président de se mêler de cela. Ensuite, il y a un premier ministre qui, lui, est le chef du gouvernement, qui, lui, répond devant le Parlement.
Parce que dans notre République, dans notre cinquième République, le président de la République, finalement, il ne répond que devant les citoyens. Et c'est aussi la vocation du suffrage direct dans cette élection que je ne change pas. En revanche, je donne beaucoup plus de pouvoir au Parlement, à la fois dans l'élaboration de son ordre du jour, mais aussi dans des débats essentiels qu'il doit avoir. Par exemple, on y reviendra sûrement tout à l'heure, mais sur les questions relatives aux énergies, sur les questions relatives à la question du nucléaire, je pense qu'il faut des débats au Parlement. Je suis pour le grand carénage, on y reviendra.
Je pense que ça doit se discuter au niveau du Parlement.
Est-ce que vous avez une dose proportionnelle au Parlement ?
Alors, bien sûr, je propose justement pour que le Parlement soit plus représentatif aussi de la diversité des partis politiques et des formations politiques dans notre pays, qu'il y ait à la fois une élection, comme on la connaît aujourd'hui, uninominal des députés, mais que, comme ça se pratique en Allemagne, lorsqu'on vote pour un député, on vote aussi pour un parti politique qui aura une représentation à la proportionnelle.
Et ce système-là est un système qui fonctionne très, très bien, qui permettrait justement de faire rentrer aussi des députés élus à la proportionnelle au Parlement et d'apporter une plus grande diversité, à la fois dans les origines, mais aussi dans les formations politiques représentées au Parlement. Donc, je suis pour cela. Je suis également favorable, je l'ai dit, à ce qu'il y ait une intervention directe de nos concitoyens dans la vie démocratique. Je suis d'accord pour qu'il y ait un référendum d'initiative citoyenne, que ce référendum d'initiative citoyenne puisse être actionné par des citoyens.
Et je souhaite changer le rôle et la dénomination du Conseil économique, social et environnemental, le transformer en chambre de la société civile, qui serait justement cette chambre intervenant dans le processus législatif et accompagnant aussi la mise en place du RIC. Il fonctionnerait comment ? Il fonctionnerait notamment, je ferais, je pense, une différence entre les lois organiques, c'est-à-dire les lois qui touchent au fonctionnement des institutions, et les lois simples. Pour des lois simples, on pourra aller sur un million de personnes.
– Ce RIC m'a quand même expliqué pour nos spectateurs, nos spectatrices, qu'est-ce que c'est exactement. Vous avez raison, pour réformer, ça pose aussi la question de savoir comment et par qui. Je vous propose de regarder cet extrait vidéo sur le RIC, donc le référendum d'initiative citoyenne. On va en reparler avec vous dans quelques minutes, c'est juste après cet extrait de BFM TV.
– RIC, trois lettres, scandées toute la journée par les gilets jaunes. Le référendum d'initiative citoyenne est devenu la nouvelle revendication phare du mouvement. – Déjà, ça sera un très bel exemple de démocratie. – Ça correspond à l'ensemble des Français. C'est pas spécifique à une catégorie, c'est pour tout le monde. – Martelé dans les manifestations, le RIC a d'abord été érigé en mode ordre sur les réseaux sociaux. Le RIC proposerait à n'importe quel citoyen de soumettre un sujet au vote populaire sous réserve d'une approbation par un certain nombre de compatriotes.
Un dispositif inspiré des travaux sur la démocratie participative, un système largement différent des institutions actuelles. – En France, on a quand même une tradition qui est plutôt une tradition de la démocratie représentative qui serait incarnée par ses représentants parlementaires. Alors que dans d'autres pays, la notion de démocratie directe est quand même perçue de manière plus positive.
– Anne Hidalgo, Elena, vous en parlez à l'instant. Le RIC, c'était la revendication, ça l'est encore, la revendication principale du mouvement des Gilets jaunes, vous l'avez dit. Si vous, vous êtes élue dans un mois, vous prenez cette décision ?
– Bien sûr, ça figure dans mes principales propositions. Je pense qu'il faut y aller, qu'il faut vraiment donner cette possibilité d'accès direct aux citoyens par le référendum dans la vie politique française. Je propose d'ailleurs, je le disais tout à l'heure, que la Chambre de la société civile, ce Conseil économique, social et environnemental qu'on transforme, accompagne les citoyens dans l'élaboration de ce RIC. Et je propose aussi un autre dispositif d'intervention directe, qui est l'amendement citoyen.
que des citoyens puissent interférer dans un processus législatif, on est en train de voter une loi, prenons une loi sur les retraites, un groupe de citoyens pourrait proposer des amendements, des amendements citoyens, qu'ils ne porteraient pas forcément par un député, comme aujourd'hui on peut essayer de le faire.
– Ils n'auraient pas le droit de vote sur ces amendements ?
– Non, mais ils auraient un droit d'amendement. Et là aussi, je propose une formule pour accompagner les citoyens dans l'élaboration de ce pouvoir d'amendement, qui consisterait à avoir dans chaque département un lieu qui permette justement de recueillir toutes les propositions…
– Des amendements qui seraient toujours, qu'on comprenne bien, validés ou non par l'Assemblée nationale.
– Ensuite qui seraient votés, mais c'est une partie…
– Un peu symbolique.
– Ce n'est pas symbolique parce que vous savez, quand vous aurez par exemple dans plusieurs départements de France, des citoyens qui vont se mettre à plancher sur un projet de loi et qui ont une idée d'amendement qui n'existe pas, qui n'a pas été porté par les parlementaires, qu'ils vont rédiger cet amendement, qu'ils vont le porter, qu'ils auront le droit à le porter et à le faire voter, c'est vrai, par la représentation nationale, ça n'est pas du tout symbolique. Je vous assure que les députés qui se retrouveront avec ces propositions-là…
– C'est un peu complexe quand même, moi je me dis, déjà à rédiger parce que ça vaut aussi pour les propositions de loi.
– Oui, bien sûr.
– Donc il faut qu'il y ait des citoyens qui soient eux-mêmes, prendre du temps pour être accompagnés,
pour faire un amendement, pour faire une proposition de loi. – Oui, et donc désassembler dans chaque département un lieu où ce travail d'accompagnement se fera. et je vous assure que plus on donnera justement ces compétences, ces capacités à des citoyens qui voudront prendre en charge ce sujet-là, mieux se portera notre démocratie. Je suis pour une démocratie continue, une démocratie beaucoup plus ouverte, dans laquelle on n'oppose pas la démocratie représentative et la démocratie participative. J'ai une grande pratique à Paris, notamment de ces sujets-là, et je pense que dans la démocratie participative, on ne peut pas être simplement dans un registre de consultation des citoyens.
Il faut absolument que les citoyens soient aussi dans une possibilité que doit leur offrir la loi, de coproduction de la loi. Et puis dans ces propositions pour revitaliser la démocratie, je souhaite aller plus loin en matière de décentralisation. Vous savez, les gouvernements…
C'est plus loin que les Gilets jaunes.
Alors je vais plus loin peut-être que les Gilets jaunes, je n'en sais rien, mais en tous les cas, je souhaite aller vraiment vers le fait que les communes, les élus locaux, les assemblées municipales soient aussi des lieux, des espaces où on décide. Vous savez, en fait, la commune, c'est l'échelon de base.
Vous transférez des pouvoirs concrètement ? Absolument. Vous transférez quoi comme pouvoir aux communes ?
Alors je compte bien sûr que toutes les compétences qui sont les compétences dans l'action directe, la mise en œuvre de services publics, de politiques locales qui peuvent être différenciées entre les régions, entre les communes, que ce soit vraiment portées par les collectivités territoriales. Vous me direz, la loi leur permet aujourd'hui. C'est vrai, sauf qu'elles sont de plus en plus verrouillées par un système budgétaire où l'État contrôle absolument tout, retire cette autonomie des collectivités locales. C'est moins dans les compétences que dans le budget, c'est ça ? Et beaucoup plus dans les transferts de budget.
Et je pense que beaucoup de choses qui, aujourd'hui, sont dans le giron de l'État, qui sont très mal organisées… C'est pas un chiffre comme ça à donner, mais effectivement que, par exemple, toutes les tâches qu'aujourd'hui les collectivités assument pour le compte de l'État soient véritablement remboursées. Je vous donne un exemple. Paris est une ville et département. Nous exerçons une compétence, par exemple, dans l'aide personnalisée à l'autonomie, c'est-à-dire pour les personnes âgées. Cette aide-là est versée par le département de Paris. C'est une compétence obligatoire.
L'État nous oblige à verser une aide, et c'est très bien, il faut vraiment qu'on accompagne les aînés, mais sauf qu'il n'y a aucun remboursement de ce que, par exemple, le département fait pour le compte de l'État. Et donc, là, par exemple, c'est intégralement remboursé tout ce que les communes, les départements ou les régions font pour le compte de l'État, pour leur donner, justement, cette possibilité. Voilà, c'est aussi une proposition.
Justement, Anne Hidalgo, si le Parti Socialiste veut rassembler sur un vote populaire, il devra le faire aussi derrière des propositions. Vous en avez énoncé quelques-unes à l'instant. On va aborder, dès à présent, la deuxième partie de cette émission. Et on va s'interroger sur trois thèmes de votre programme. Ce sont nos journalistes qui les ont choisis. Ce sont ces thèmes, les quartiers populaires, la police et la dette.
On a lu votre programme et les mots « quartier populaire » n'y apparaissent pas. Est-ce que ça veut dire que vous n'avez pas d'ambition pour ces quartiers ? Non. D'abord, ça apparaît dans mes propositions. Alors, peut-être pas dans une synthèse, mais en tous les cas, bien sûr que ça apparaît. C'est une recherche américaine. D'accord, ok. Mais bon, est-ce que ça… Évidemment, mon sujet, et je rentre par la question des inégalités et de la lutte contre les inégalités. Les inégalités, elles sont à la fois sociales et territoriales.
Et bien sûr que, dans ce que je dis, notamment sur la décentralisation, il est évident que les quartiers populaires, les quartiers qui aujourd'hui concentrent une partie de la population qui est en situation de pauvreté ou de vulnérabilité, sont des quartiers dans lesquels il faut faire plus. Comment j'y rentre ? J'y rentre aussi par le service public. Le fait que, dans ces quartiers-là, le service public doit être assuré avec des moyens, bien sûr, plus importants, qui ne peuvent pas simplement reposer sur le budget de la commune. Donc, j'y rentre parce que la question de la lutte contre les inégalités, elle est au cœur de ma proposition.
– C'est l'État qui y rentre, notamment, avec des dépenses publiques.
– D'abord, vous savez, pour résoudre les problèmes d'inégalités, il faut plusieurs choses. Faire en sorte qu'il y ait du travail partout, faire en sorte que l'école fonctionne et fonctionne bien et mieux dans les quartiers populaires où la situation est plus difficile, où la disponibilité des enfants va être souvent aussi perturbée par la situation sociale des parents, ou par le fait aussi que beaucoup d'enfants d'origine étrangère sont dans des familles où on ne parle pas la langue et où c'est beaucoup plus difficile pour les parents culturellement de s'impliquer dans l'école. Donc, bien sûr que ça passe par l'école et par les moyens donnés à l'école pour fonctionner.
Ça passe aussi par l'accès à un autre service public fondamental qui est aussi un sujet dans les quartiers populaires, c'est la santé et tout ce qui a trait à la prévention. Et donc, évidemment que dans mon projet, la question de l'hôpital et de la lutte contre tous les déserts médicaux, qu'il s'agisse du secteur rural ou dans les quartiers politiques de la ville, est absolument prioritaire. Donc, ça passe par des services publics forts. Ça passe aussi par la sécurité, parce que ce sont souvent dans ces quartiers-là qu'il y a la plus grande vulnérabilité et que les questions de sécurité sont le moins bien assumées par la police nationale.
Et souvent, les collectivités dans ces quartiers-là, qui ont peu de moyens, peuvent difficilement mettre en place aussi une police municipale de proximité pour permettre de faire vivre en paix la population. Donc, bien sûr que ça passe par des services publics, ça passe donc par du travail, par des services publics essentiels, et ça passe aussi par un accompagnement social dans les propositions qui sont les miennes. Vous aurez vu qu'il y a un certain nombre de propositions individuelles qui concernent qui ? Les classes moyennes et les catégories populaires.
Par exemple, pour accompagner la transition écologique, je mets en place des aides spécifiques, directes sur la rénovation des logements. Sur le logement, vous allez revenir,
mais pour le coup, pardonnez-moi d'y revenir, mais il y a une histoire particulière entre le Parti socialiste et les quartiers populaires. On a beaucoup écrit là-dessus au Bondi Blog sur ce qu'on appelle aussi une trahison, en fait, ce qui est ressenti par certains habitants
comme une trahison. Il y a des promesses qui n'ont pas été respectées. Là, je vois par exemple qu'il y a le droit de vote
des étrangers aux élections locales dans votre programme.
C'est presque un running gag, en fait. D'abord, je ne reprends pas votre histoire de trahison. Vous savez, peut-être que vous le percevez comme ça. Ah, c'est pas mon histoire de trahison, nous, c'est qu'on va voir des gens qui nous parlent de ça. Oui, moi, j'ai grandi à la duchère. Qui ont ce sentiment-là, en fait. J'ai grandi à la duchère.
C'est la même chose qui revient assez régulièrement parmi les gens qui rencontrent en tant que journalistes sur le terrain.
Je suis d'accord avec vous que dans les quartiers populaires, il n'y a pas simplement un sentiment, mais il y a eu effectivement un abandon. Mais la critique qui consisterait à dire c'est le Parti socialiste, ça, je ne suis pas d'accord avec vous. Il y a un exemple, le droit de vote des étrangers, ça fait combien de temps que ça y est ? Vous savez, par exemple, Vaud-en-Velin, ville dirigée aujourd'hui par Hélène Geoffroy, qui a été ministre, d'ailleurs, de la ville. Quand je vais avec elle à Vaud-en-Velin, les gens ne lui disent pas vous êtes du Parti socialiste et vous nous avez trahis. Ils disent vous avez été au ministère, en charge de la politique de la ville.
Vous avez essayé de faire bouger les choses. Ça n'a pas bougé assez vite, mais ils ne lui disent pas ça. Pardonnez-moi, je peux vous prendre plein d'autres exemples. Donc ne soyons pas dans, je dirais, un jugement définitif, affirmatif. J'ai le sentiment, en vous écoutant, que le sujet de l'élection présidentielle qui vient, c'est de régler le bilan de la gauche de gouvernement, alors que pour moi, le sujet qui vient, c'est d'éviter un nouveau mandat d'Emmanuel Macron, qui est quand même celui qui n'a rien fait pour ces quartiers-là. C'est quoi vos propositions sur le logement, par exemple ? Je réponds peut-être sur le droit de vote et après sur le logement.
Droits de vote des étrangers aux élections locales, oui, c'est une promesse que la gauche a faite. Pourquoi elle n'a pas pu être tenue ? Parce qu'il faut une majorité qui n'est pas une majorité simple, parce qu'il faut qu'il y ait au Sénat et à l'Assemblée… – Il y avait le Sénat, l'Assemblée nationale, où il y avait une majorité de gauche pendant que l'invente ? – Non, il y a eu un temps que très court, où ces majorités-là ont existé. – C'était pas une majorité ? – Non, non, non, je ne suis pas d'accord du tout avec vous. Il y avait une autre possibilité qui était de passer par référendum, et à ce moment-là, le référendum n'aurait pas forcément donné le bon résultat.
Je suis d'accord avec vous, il faut régler cette chose-là, comment je le ferais ? Moi, dans mon programme, j'inscris ce droit de vote des étrangers aux élections locales, parce qu'il me paraît indispensable. Indispensable, justement, pour redonner confiance à toutes ces Françaises et ces Français issus de l'émigration, mais qui sont des citoyens de résidence. Et y compris moi, dans ma pratique de maire, je fais en sorte qu'ils participent. Alors, bien sûr, en respectant la loi, je ne peux pas leur donner le droit de vote, mais je fais en sorte qu'ils participent, et pas simplement aux questions relatives aux étrangers dans la commune qui est la mienne. Donc, comment on fera ?
Eh bien, s'il faut passer par le référendum, parce que je pense qu'il faudra passer par le référendum, je nourrirai ce référendum, je prendrai le temps de faire en sorte qu'il y ait le débat dans le pays, que ce débat soit apaisé, qu'il ne soit pas caricaturé, qu'il puisse être porté, que l'on démontre que tous ceux qui seront pour, et que, évidemment, présidente de la République pour ce dispositif-là, je m'engagerai personnellement. Pour faire quoi ? Pour montrer que c'est une nécessité pour faire en sorte que notre démocratie fonctionne mieux.
Ça, c'est vrai que cet engagement-là, il n'a pas été fait de cette façon, et que nous sommes encore à attendre et à revendiquer ce droit de vote des étrangers aux élections locales.
– Les engagements que vous pouvez prendre, justement, là-dessus, on les a entendus sur le droit de vote, sur le logement, qu'est-ce que vous prenez comme engagement ?
– Sur le logement, en plus j'ai des preuves, sur le logement, puisque sur la question du logement, il est absolument indispensable, d'abord de construire du logement, pour pouvoir loger, de rénover toute une partie d'un parc de logement, notamment dans les quartiers populaires, qui est très dégradé et qui a été délaissé, donc relancer la construction. Je m'engage à faire 150 000 logements sociaux, dont 60 000 très sociaux.
Faire en sorte, et notamment que les communes qui refusent d'appliquer la loi SRU qui impose 25% de logement social dans chaque commune, que les communes qui refusent de l'appliquer ne soient pas simplement, ne réceptionnent pas simplement un constat de carence du préfet, mais que le préfet, c'est-à-dire l'État, reprenne la main pour faire à la place et délivrer les permis de construire qui sont nécessaires pour équilibrer, parce qu'on a besoin de rééquilibrer. Ça, c'est quelque chose sur lequel j'ai…
Vous avez donné la loi SRU sur la question de la mixité sociale. Il y a une question aussi sur le logement.
Je finis, j'ai des preuves sur le sujet, puisque dans une ville comme Paris, on est parti de 12% de logements sociaux en 2001. On est quasiment à 25% aujourd'hui de logements sociaux. Ça a été une politique délibérée, volontariste que j'ai portée, avec des moyens conséquents, y compris ces cinq dernières années, où, revenons au bilan d'Emmanuel Macron, la construction s'est effondrée, et notamment la construction de logements sociaux, et y compris la rénovation du parc social. Donc, bien sûr, c'est un sujet majeur, parce qu'avoir un toit sur la tête, et un toit digne, et un logement abordable, c'est vraiment une priorité, et rééquilibrée.
C'est une priorité, et vous avez une proposition sur le sujet qui nous a un peu interpellés, où vous proposez que chaque ménage, en fait, ne dépense pas plus d'un tiers de ses revenus dans ce logement. Comment on fait, en fait ?
On va voir son proprio, et on lui dit, en fait, moi, je gagne 1 500 euros, donc ce ne sera pas plus de 500 euros.
D'abord, on construit du logement pour qu'il y ait plus de logements abordables, à des prix abordables dans le pays. Deuxièmement, on fait aussi le contrôle des loyers, parce que ça aussi, la maîtrise des loyers, on le pratique à Paris, ça marche, et il faut le faire, et je me battrai pour qu'on puisse continuer à le faire. L'encadrement des loyers, vous voulez dire, ça marche à Paris ? Oui, ça marche à Paris, l'encadrement des loyers, et on a... Les demandes, elles ne sont pas excessives, enfin, elles ne sont pas quand même très dissuasives sur les propriétaires. Ne faites rien, et ça sera mieux. Ne prenez aucun outil. C'est une question, c'est comment on fait pour que ça fonctionne ?
Oui, et bien, ça fonctionne en y mettant les moyens, et c'est bien de dire, ça ne marche pas, et voilà, on pourrait faire mieux. On peut toujours faire mieux, mais ce que je peux vous dire, c'est qu'il y a beaucoup de locataires à Paris qui ont vu leur prix, justement, de loyer bloqué, parce qu'ils étaient au-dessus de ces règles posées, fixées sur l'encadrement des loyers. Donc, il faut le généraliser et le pratiquer à grande échelle. Et peut-être, dernier élément, comment marche cette aide, cette allocation spéciale au logement, complémentaire, que je veux mettre en place pour qu'on n'ait pas à payer plus de 30% de son... C'est un bouclier logement, c'est ça ? C'est un bouclier logement.
Pour moi, c'est avec la Caisse des dépôts et consignations qu'on créera le dispositif. On impliquera, bien sûr, la Caisse des allocations familiales pour pouvoir verser cette aide, et ça sera en fonction du niveau de revenu, en fonction de la disponibilité existante de logements à un prix abordable ou pas, que les personnes déposeront un dossier et qu'elles seront accompagnées par cette aide au logement. C'est comme une APL complémentaire qui permettra de compenser pour qu'elles n'aient pas à payer plus de 30% de leur revenu. Pourquoi cette aide ?
Parce que, vous savez, en matière de logement, ces 30 dernières années, gros, il y a 30 ans, la part du logement dans le revenu d'aménage, elle était de 12%. Aujourd'hui, elle est de 30%, voire 40%, voire 50%. Donc, il faut mettre en place, justement, une règle qui permette, par cette aide sociale, qui sera une aide, d'ailleurs, qui bénéficiera sans doute beaucoup aux habitants de toute la France, mais beaucoup aussi aux habitants des quartiers populaires.
On va parler d'un autre sujet, lui aussi, fortement lié au quartier populaire, c'est celui de la police. On regarde tout de suite cette vidéo, elle est tournée par le magazine Street Press.
Je m'appelle Antoine, j'ai 30 ans, je suis policier à l'ULI 93, qui est chargé de lutter contre l'immigration régulière. Mon boulot, c'est d'arrêter des étrangers, uniquement de les interpeller, de les ramener au commissariat, de les placer en retenue, d'aviser la préfecture en leur soumettant le dossier, et de leur notifier la mesure de la préfecture.
Emmanuel Macron demande donc un tour de vie sur le renvoi des étrangers en situation irrégulière. Les expulsions d'étrangers en situation irrégulière sont-elles en hausse de 19%, avec 23 746 éloignements ?
Alors là, journée de chip, c'est vers 9h30, on commence à s'activer, on regarde la réquisition, où est-ce qu'elle est, sur quel secteur on va aller, et derrière, on commence l'opération à proprement parler, on interpelle, on choisit, chaque fonctionnaire va se faire ses critères. Alors moi, je sais que le mien, le premier, on ne va pas se mentir, ça a été la couleur de peau. Les Blancs, on les occulte complètement, et puis on va chercher le Noir, l'Arabe, ou le Pakistanais, quoi. Clairement, on en repère un, on se dirige vers lui tout de suite. On ne peut pas faire d'immigration, de lutte contre l'immigration irrégulière, de contrôle comme ça, sans faciès.
Ce fonctionnaire de police, c'est moi qui m'ai enregistré ce témoignage,
c'est un fonctionnaire qui travaille donc dans une unité de lutte contre l'immigration irrégulière, qui est présent dans la rue, en Seine-Saint-Denis, et qui explique que tous les jours, il fait du contrôle aux faciès, que sa hiérarchie le sait, le laisse faire. C'est un problème réculérant. Comment on fait pour mettre fin à ces contrôles aux faciès ?
D'abord, ça doit être sanctionné. Ça n'est pas acceptable que des contrôles se fassent de façon aléatoire et aux faciès. Ça n'est pas possible de laisser cela et sanctionner par, moi je propose, une autorité indépendante, qui soit l'équivalent aujourd'hui de l'IGPN, qui d'ailleurs, quand elle fait des enquêtes, les fait très sérieusement.
Je ne mets pas en cause la façon dont ils les font, ces enquêtes-là, mais je souhaite que ce soit une autorité indépendante, parce qu'évidemment que les forces dépositaires de l'autorité publique ne peuvent pas se retourner en dehors des règles et des lois qui sont celles de notre pays, contre nos concitoyens ou contre des personnes au motif de leur couleur de peau. Donc évidemment qu'il faut des sanctions contre les policiers ou les hiérarchies qui donneraient ce type de consignes et des sanctions qui doivent être exemplaires.
Mais moi, je vais vous dire une chose, parce que quand même, vous parliez tout à l'heure des quartiers populaires, oui, il y a un sujet de relations police-population sur lequel il faut travailler. Pour moi, il faut y travailler notamment par la formation des policiers, intégrer les questions relatives au racisme, à l'antisémitisme, à l'homophobie et au sexisme dans la formation des policiers et des gendarmes pour qu'ils aient évidemment les bases de cela.
C'est de la formation, par exemple, vous savez, moi, dans la police municipale que j'ai mis en place à Paris, j'ai mis en place une formation spécifique sur ces quatre sujets-là parce que je souhaite vraiment qu'il y ait, que les policiers municipaux soient alertés et formés sur ce type de situation. Mais je veux vous dire quelque chose. Pour moi, aujourd'hui, la question de la sécurité est une question majeure et majeure notamment où ? Dans les quartiers populaires parce que c'est l'endroit où nos concitoyens, souvent les plus vulnérables, ne sont pas du tout ou très peu protégés. Ils sont soumis à quoi ?
Ils sont soumis au trafic, au trafic de stupéfiants, au deal, à des situations de non-droit. On n'oppose pas, notre sujet, c'est quand même la police. C'est notamment la question du racisme. Exactement. Oui, oui. Non, le sujet de la police, c'est d'abord avoir… C'est la question. Non, il n'y a pas de racisme systémique dans la police. Voilà. Je refuse, et en tous les cas, je ne suis pas dans le procès des policiers.
On a besoin de plus de policiers, mieux formés, plus présents sur le terrain et qui exercent leur mission de policiers dans le respect des lois et des règlements avec une formation qui leur permette, effectivement, de faire leur boulot correctement sans dépasser le cadre de la loi. Donc ça, c'est quand même mon propos très clair là-dessus. C'est un policier-là,
qui est un policier que j'ai rencontré. C'est un policier qui témoigne. Oui, je ne dis pas qu'il n'existe pas,
au contraire.
Ce policier, il est chargé de faire de la lutte contre l'immigration irrégulière par le contrôle d'identité. C'est la méthode qu'on lui demande que sa hiérarchie lui demande. Il va aller dans la rue, on lui dit « Votre but, c'est d'arrêter des sans-papiers ». Forcément, à partir du moment où on a mis en place ce cadre-là, il va aller contrôler les Noirs et les Arabes. Et c'est là où c'est le système qui est en cause.
Ce que vous posez, ce n'est pas le sujet systémique de la police, c'est la politique... Est-ce que le système produit du racisme ? C'est la politique d'immigration décidée notamment par ce gouvernement qui pose un problème.
Lorsque, notamment, ce gouvernement a refusé d'accompagner les réfugiés qui arrivaient pour pouvoir permettre qu'ils accèdent à des titres de séjour ou au moins qu'on puisse examiner leur situation et que ce gouvernement d'Emmanuel Macron avec d'abord Gérard Collomb puis ensuite avec Darmanin a décidé de tout faire pour laisser dans l'invisibilité et même dans la clandestinité tout ce qu'on a appelé les Dublinais et de pousser et de donner comme consigne à la police de faire des contrôles au faciès. Ce qui est en cause, ce n'est pas le policier qui fait un contrôle que sa hiérarchie lui a demandé. C'est la politique d'immigration qui est en cause dans ce qui est fait là.
Et moi, je peux vous le dire, je me suis élevée complètement contre ce qui a été fait quand on a eu en 2017, en 2018, des campements notamment justement entre Paris et la Seine-Saint-Denis et qu'il y avait un refus de ce gouvernement de pouvoir accompagner. – Pardon ?
– Vous dites on a eu des campements, ils sont toujours présents.
– Ils sont toujours présents, mais c'était des campements à plusieurs centaines de personnes. Je vous parle du campement de la Porte de la Chapelle, je vous parle du campement du Millénaire où il y avait plus de 700 personnes à un moment donné. Il y a toujours des campements, je suis d'accord avec vous et je continue à le dénoncer et à réclamer que l'on puisse mettre en place un dispositif d'accueil qui permette un, de faire le point sur la situation des personnes. Deuxièmement, aussi de permettre d'avoir accès à un médecin aux droits essentiels et que l'on puisse accompagner les personnes vers le statut qui est le leur. C'est ça qui est en cause.
– C'est un constat qu'ici je crois personne ne remet en cause. La politique d'Emmanuel Macron sur la question migratoire, personne sur ce plateau ne la défend.
– Non, mais c'est ça qui est en cause.
– Ça n'empêche pas de considérer qu'il y a un problème de racisme dans la police et est-ce que en disant que ce problème n'existe pas, c'est aussi ce qui crée cette structure avec les quartiers populaires.
– Non, non, les quartiers populaires ils réclament de la police et écoutez les mères de famille dans les quartiers populaires, qu'est-ce qu'elles vous disent ? On veut des policiers en bas de l'immeuble plutôt que des dealers. – Encore aujourd'hui le bondy blog
publie une vidéo où un couple a reçu des tirs de la part d'officier
de la BAC à ce temps et où la personne qui a reçu – Mais en fait c'est inadmissible. – Est-ce qu'on supprime les BAC ? – Non, on ne supprime pas les BAC on a besoin des BAC pour intervenir dans des situations qui sont – Oui, dans des situations qui sont vous vous rendez compte ? Là, vous êtes en train d'inverser les choses c'est pour ça que j'ai repris les choses dans l'autre
– Mais ils sont régulièrement pour être à la fois dans le maintien de l'ordre
– Je vais y revenir pour moi la sécurité est un droit et d'abord pour les personnes qui vivent dans les quartiers populaires parce que ce qu'elles réclament je suis désolée et j'y ai vécu aussi ce qu'elles réclament c'est justement de pouvoir sortir de chez elles sans avoir peur d'être agressées ou sans rencontrer un dealer et sans que leurs enfants ne soient pris dans cette économie parallèle du deal de drogue que l'on voit dans ces quartiers-là ça c'est le point numéro un point numéro deux quand des policiers sortent du rôle qui est le leur et vont produire ou avoir des actes qui sont des actes racistes ou des actes violents qui ne rentrent pas dans le rôle qui est le leur parce qu'ils n'ont pas le droit de faire usage de la force publique de cette façon-là et bien il faut les sanctionner et je veux une autorité indépendante pour enquêter et les sanctionner troisièmement on ne peut pas ce qui est en cause dans l'exemple que vous avez montré là c'est la politique d'immigration et la façon dont la politique d'immigration est conduite et notamment la façon dont elle a été conduite ces cinq dernières années et on a besoin des BAC on a besoin est-ce que moi j'ai tourné avec la BAC la nuit je sais très bien à quoi est confrontée la BAC la nuit la BAC
ce qu'elle a de particulière la BAC c'est que il y a des brigades qui sont dédiées à des types de criminalité la lutte contre l'immigration irrégulière la lutte contre les stupéfiants la BAC historiquement quand elle a été créée elle a été créée pour la Seine-Saint-Denis d'abord avant d'être généralisée et elle a une histoire qui est une police pensée pour les quartiers populaires et c'est cette histoire-là qui à mon avis est le nœud de départ du problème l'histoire c'est celle-là oui peut-être mais moi je ne suis pas
d'accord avec vous on a besoin de ces brigades d'intervention pardon
sur quoi vous n'êtes pas d'accord
exactement je ne suis pas d'accord avec le fait que la BAC serait en soi un problème on a besoin de ces brigades d'intervention de ces femmes et de ces hommes formés à des situations extrêmement difficiles j'ai tourné avec eux je sais à quoi on est confronté à partir de 3h du matin c'est plus tout à fait le même environnement dans lequel on est ils vivent des situations extrêmement dangereuses et on a besoin d'eux pour nous protéger moi je ne vous ne m'entendrez jamais jamais tenir un discours de défiance vis-à-vis de la police en revanche la police doit assumer ses responsabilités dans un cadre de règles et de droits que l'état doit faire respecter si jamais
et les personnes victimes de violences policières vous leur dites quoi aujourd'hui et bien je leur dis
qu'il faut évidemment qu'elles puissent obtenir réparation si elles ont été victimes d'une violence exercée par un policier ou d'un acte ou d'un propos raciste exercé par quelqu'un qui est dépositaire détenteur de l'autorité publique il faut bien sûr l'accompagner pour qu'elles puissent bénéficier d'une réparation de ce droit et que la personne soit condamnée mais pour moi il n'y a pas de systémisme par la formation des policiers des policières et par une police et par une police républicaine qui est une police qu'il faut absolument bien sûr à la fois soutenir et former
on va passer à un autre sujet mais qui est quand même lié à ce que vous proposez on va parler de la dette et de l'inflation la cour des comptes a lancé mercredi 16 février un avertissement sur le niveau d'endettement de la France la dette publique en France a atteint au troisième trimestre 2021 la somme de 2834 milliards d'euros on devrait bientôt franchir la barre les 3000 milliards d'euros c'est environ 120% du PIB français c'est énorme c'est aussi le moment de la question d'actu Anne Hidalgo vous vous proposez plus de services publics notamment dans les quartiers populaires on l'a entendu déformation donc une hausse des dépenses de l'Etat on a de la dette aujourd'hui on fait quoi avec cette dette pour lutter contre cette dette pour la résorber on met en place une hausse des impôts on efface une partie de cette dette qu'est-ce qu'on fait exactement ?
d'abord de quelle dette on parle parce qu'il y a notamment une dette qui est aussi liée au Covid qui est là et c'est déjà aussi
avant le Covid
oui c'est vraiment
on parle d'une situation qui remonte qui a doublé depuis 2019 quand même
mais on parle quand même aussi là d'une situation où la dette Covid est là et doit être remboursée et c'est un sujet un sujet majeur c'est un sujet pas simplement en France mais dans toute l'Europe pour moi il nous faut absolument continuer à investir dans différents domaines deux domaines essentiels pour moi la transition écologique ça se fait par de l'investissement et l'investissement c'est pas de la dette l'investissement par exemple dans la transition écologique c'est aussi une résorption d'une autre dette qu'on calcule jamais qui est la dette écologique c'est-à-dire la dette qu'on laisserait aux générations futures parce qu'on n'aurait pas fait ce qu'il fallait faire notamment en matière de transition énergétique et le deuxième aspect sur lequel on doit accepter une dépense publique qui doit être une dépense publique forte c'est pour nos services publics pourquoi ?
parce que si on finance pas l'école si on finance pas l'hôpital qu'est-ce qui se passe ? et bien on a des inégalités qui croissent on a plus qu'un sentiment on a une perte de confiance on en parlait au début de cette interview de nos concitoyens dans les institutions on a une montée des populismes une montée de tout ce qui est radicalité et on a finalement des situations de chaos et donc il faut absolument aussi investir dans les services publics
vous avez parlé de l'énergie notamment il y a une actualité en ce moment c'est la guerre en Ukraine vous avez demandé ce matin sur France Inter un embargo sur les importations de gaz et de pétrole ça va avoir des conséquences sur les ménages français notamment Elena ?
Oui qu'est-ce que vous comptez faire sur l'inflation notamment sur le coût des carburants ?
Alors je l'ai proposé d'ailleurs depuis le mois d'octobre j'ai proposé dès le mois d'octobre avant je dirais la guerre en Ukraine et avant cette proposition d'embargo sur le gaz russe de faire de baisser la TVA sur l'essence voilà de passer la TVA à 5,5 sur l'essence pour permettre de façon temporaire pour permettre à nos concitoyens qui ont besoin de leur voiture pour aller bosser c'est moins le cas dans des grands centres urbains où il y a des métros des transports en commun c'est beaucoup plus le cas par exemple dans des zones périurbaines ou dans des territoires ruraux baisser la TVA sur l'essence bloquer les prix de l'énergie évidemment si on fait un embargo et je souhaite qu'on fasse un embargo pour isoler Poutine un embargo sur le gaz russe ça veut dire qu'il faut aussi mettre en place des moyens qui coûtent évidemment puisque quand vous baissez la TVA ça veut dire que c'est une rentrée moindre dans le budget de l'État mais que nous devons assumer et d'ailleurs on rentre dans une période encore nouvelle il y a eu la pandémie avec un plan de relance européen avec des critères européens tous les critères de stabilité qui ont volé en éclats et il fallait le faire sinon c'était un effondrement de nos économies
les partenaires européens notamment
oui non mais ça ça s'est fait partout en Europe le fait de permettre justement le chômage partiel partout soutenir l'économie soutenir les salaires soutenir l'activité de nos pays européens ça s'est fait dans une décision européenne et heureusement que ça a été fait parce que la vocation de l'économie c'est pas de se retourner quand même contre les populations et cette dette là est présente et il faudra évidemment voir comment elle s'étale et comment elle se résorbe mais il va falloir faire un deuxième plan et ce que j'appelle de mes voeux aussi européen justement sur la question de l'énergie donc je propose une accélération des moyens d'investissement proposés par l'Europe à chacun des pays sur la transition écologique et notamment sur les énergies renouvelables et je propose aussi que dans ce plan d'investissement qu'il va nous falloir mettre en place là du fait de cette guerre en Ukraine que l'on prenne aussi les dispositions pour accompagner les ménages d'autres pays européens l'ont déjà fait je pense à l'Espagne qui a déjà par exemple baissé les taxes la TVA ou les taxes d'Etat sur tout ce qui a trait aux énergies pour permettre le chauffage etc.
de leur population donc il faut bien sûr accompagner par ces mesures là qui sont à la fois des mesures pour les particuliers mais aussi des mesures pour les entreprises parce que beaucoup d'entreprises vont aussi et sont déjà en difficulté du fait de l'augmentation du prix de l'énergie
C'est entendu à Nidalgo on a une tradition face aux Indés on aime bien certaines traditions chaque rendez-vous on interroge notre invité sur une question d'actualité c'est l'heure de l'invité surprise et cette fois-ci on a choisi de parler avec lui d'une actualité qui vous concerne à double titre tout d'abord à la fois la maire de Paris qui s'est engagée sur les Jeux Olympiques 2024 et puis aussi la présidente qui veut se donner les moyens d'une reconquête économique par l'écologie c'est l'intitulé de cette partie de votre programme il y a un sujet qui se concentre qui concentre ces deux aspects ce sont les jardins d'Aubervilliers en Mille de France Aubervilliers ce sont pour celles et ceux qui ne connaissent pas des jardins ouvriers parfois centenaires qui doivent être amputés de près de 4000 mètres carrés de parcelles pour la construction d'un nouveau centre aquatique un centre qui doit servir à l'entraînement des athlètes pour les Jeux Olympiques de 2024 les opposants au projet viennent d'obtenir sur décision du tribunal administratif l'arrêt des travaux et l'annulation du PLUI c'est-à-dire le plan local d'urbanisme qui validait ces travaux je vous propose tout de suite d'écouter Dolores Mitjatovic elle habite à Aubervilliers et elle est membre du collectif Jardins à défendre d'Aubervilliers on la regarde
Bonjour madame Hidalgo je voulais vous poser une question concernant les JO Paris 2024 qui sont votre grande action au jardin d'Aubervilliers que nous défendons depuis bientôt deux ans 4000 mètres carrés de jardins ont été détruits il y a eu d'autres destructions sur la Seine-Saint-Denis il y a des arbres qui ont été coupés à l'air des vents au parc de la Courneuve je voulais savoir comment vous pouviez justifier le fait que vous vous prétendez les premiers JO verts écolo avec un bilan carbone positif ce qui paraît quand même une supercherie parce que comment on peut aboutir à un bilan carbone positif quand on a coupé des centaines d'arbres adultes grands au parc de la Courneuve et qu'on a détruit 4000 mètres carrés de terres nourricières vivrières voilà je voulais vous poser cette question
d'abord
on est pris par le temps très rapidement Anne Hidalgo
la question des jardins d'Aubervilliers des jardins ouvriers c'est un sujet qui n'est pas directement lié aux JO mais qui était un programme de la maire d'Aubervilliers l'ancienne et soutenue aussi par l'actuelle maire d'Aubervilliers donc c'est une proposition sur la base des JO mais qui n'est pas nécessaire au plan des JO puisqu'on n'a pas prévu de faire le centre aquatique à la place des jardins d'Aubervilliers et il se fait à côté sur un terrain le centre aquatique sur un terrain qui appartient d'ailleurs à la ville de Paris et qui était précédemment occupé par l'entreprise ENGIE la justice dira ce que la maire d'Aubervilliers peut faire ou pas faire voilà
la justice a tranché notamment hier
en disant
qu'il y avait une incohérence quand même entre ces projets d'aménagement des JO et le développement durable qui est aussi que vous proposez dans votre programme
c'est un sujet de proposition de la commune d'Aubervilliers de proposer d'y faire des bassins c'est la piscine olympique quand même non non la piscine olympique n'est pas à cet endroit là la piscine olympique est à Saint-Denis et elle est c'est un centre d'entraînement non mais ce n'est pas
c'est la piscine d'entraînement est-ce que c'était une erreur de faire ça
la maire d'Aubervilliers c'est son affaire c'était pas celle des JO jamais il n'a été demandé jamais il n'a été demandé dans le cadre des JO de mettre en place de supprimer c'est la maire d'Aubervilliers avant et encore aujourd'hui qui porte ce projet là et jamais du côté des JO on a dit qu'on avait besoin de supprimer ces jardins là je n'ai pas à penser cela ce que je sais c'est que ce que je peux vous dire c'est que ce projet c'est avec le développement durable oui c'est absolument le projet le projet des JO Paris 2024 est un projet qui est un projet écolo qui est un projet qui va nous permettre d'accélérer la transition écologique donc l'écologie
si je vous écoute l'écologie elle passe par la bétonisation notamment de ces jardins
vous pouvez dans la caricature exprimer ce genre de choses vous aurez évidemment les JO de Paris portent cette ambition et je suis très heureuse de les porter et avec beaucoup de fierté parce que ces JO qui vont avoir un impact très positif en Seine-Saint-Denis vont aider à la transformation de ce territoire vont permettre à beaucoup de jeunes de participer à un événement exceptionnel d'avoir aussi de l'emploi de pouvoir accélérer la rénovation d'un d'un secteur très très important et qui va nous permettre aussi d'accélérer la transition écologique de ce Grand Paris dans lequel une grande partie des JO vont avoir lieu qui est d'ailleurs soutenue par beaucoup d'associations écologiques qui ne disent pas exactement ce que dit Madame je respecte tout à fait son combat mais pour moi très clairement
je pense que peut-être
pas tous les Français mais en tous les cas les Français sont convaincus par les JO et par la beauté la force aussi que va nous apporter ce grand projet
vous allez avoir l'occasion de le vérifier donc c'était une question enregistrée en tout cas par Martin Baudrero rédacteur en chef à Radio Parleurs le collectif Jardin à défendre lui il appelle à une marche climat populaire ce dimanche à Pantin dès 13h pour marcher jusqu'au siège du comité d'organisation des Jeux Olympiques qui est installé au Bervilliers ce sera peut-être l'occasion d'aller les rencontrer et de leur faire passer aussi ce message nous on va faire passer dès maintenant la parole des spectateurs et des spectatrices de cette émission c'est notre compréhère Irving Magui qui a sélectionné trois questions des internautes alors on en a une première de Fred Callaghan êtes-vous revenu plus revenu universel ou taxation du capital pour lutter contre la précarité
je propose dans mon projet 50 milliards d'euros de financement nouveau la remise en place d'un impôt sur la grande fortune pour pouvoir justement financer toutes les mesures d'accompagnement social de la transition écologique je propose aussi qu'on aille chercher du côté par exemple de l'évasion fiscale qui continue à être un vrai sujet 6 milliards d'euros pour compléter en tous les cas le financement de ma proposition je propose une taxation par exemple des des successions avec un barème qui au-delà notamment pour les grandes successions ramènera aussi environ 8 milliards d'euros je propose qu'on aille beaucoup plus loin en matière de taxation des multinationales que ce qui a été proposé notamment par l'OCDE et qui nous permettra au niveau européen voilà donc je suis évidemment pour qu'on aille chercher une grande partie du financement de nos services publics dans des impôts qui sont des impôts notamment pour ceux qui aujourd'hui sont très très loin du niveau de vie de la plupart de nos concitoyens
et donner le temps fil malheureusement on arrive déjà au bout de cette émission Anne Hidalgo une dernière question quand même la numéro 2 d'Europe Écologie des Verts Sandra Régol a assuré hier sur France Info qu'elle voterait Mélenchon au second tour s'il devait se retrouver face à Macron si un candidat ou une candidate de gauche autre que vous se retrouve au second tour Anne Hidalgo est-ce que vous ferez de même face à Emmanuel Macron
moi je ne réponds pas à une question de politique fiction et je compte bien peser pour être au second tour merci
si ça devenait à devenir vous ne voulez pas vous engager
c'est ma réponse
c'est votre réponse
et elle est très claire
Anne Hidalgo merci beaucoup d'avoir répondu à notre invitation sur ce plateau merci d'avoir répondu à l'invitation des médias indépendants merci aussi à Mathieu merci à Héléna également d'avoir co-interviewé et animé cette émission merci à vous et on vous donne rendez-vous dès les prochaines semaines pour de nouveaux rendez-vous de nouvelles rencontres merci beaucoup la semaine prochaine et dans les prochaines semaines vous pourrez rencontrer d'autres candidats on remercie également les rédactions de Street Press du Média de Radio Parleurs de Regards du Bondi Blog qui ont travaillé sur cette émission ils et elles sont nombreuses autour de ce plateau également à avoir permis cette émission merci à eux merci à elles bien sûr n'hésitez pas à liker à partager cette émission soutenez les médias indépendants des médias qui sont garantis 100 milliardaires aux commandes à très bientôt et très bonne soirée
on a quasiment un suicide de paysans tous les jours
on dit comme je le pense je trouve qu'il y a là-dedans beaucoup de la maturie l'écœurement de la frustration et quand il y a une élection on se dit ben oui on y va aussi parce que ça fait partie du combat pour défendre le pouvoir d'achat c'est d'abord d'augmenter les salaires un SMIC à 1800 euros brut si les élections
menaçaient l'ordre social existant je peux vous dire que du jour la main sera interdit
nous allons lancer dès aujourd'hui un programme de nouveaux réacteurs nucléaires 14 EPR en avant c'est la fête nous on ne veut plus
en voir un seul dans les allées du pouvoir le sort des femmes se règle autour d'une discussion bien virile d'homme à homme
l'enseignement supérieur n'a aucun prix pour la quasi-totalité des étudiants qui est beaucoup plus financée sur argent public que partout dans le monde
l'université ne sera pas privatisée ne se fera pas par l'argent
Anne Hidalgo