Romy Schneider à la Cinémathèque : icône majuscule
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 100 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:00OuverteRéponse directe
Vous êtes commissaire de l'exposition que la Cinémathèque consacre à Romy Schneider jusqu'au 31 juillet à Paris.
- 1:22OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui vous retient chez elle ?
- 3:43OuverteRéponse directe
Romy Schneider nous est familière et cependant c'est une star, mais à la différence d'autres stars, elle ne semble pas être une star inaccessible ?
- 4:54OuverteRéponse directe
Par exemple, Sauté et elle.
- 5:56OuverteRéponse directe
Dans la représentation qu'on se fait de Romy Schneider, il y a aussi un destin tragique ?
- 7:03OuverteRéponse directe
Quel rapport y a-t-il justement entre cette star, la représentation qu'on se fait d'une vie privée malheureuse ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:29InvitéFait
« Romy Schneider, elle figure au moins deux choses pour moi. Tout d'abord, et ça peut paraître paradoxal, une certaine idée de la femme française. »
- 1:59InvitéFait
« qui ose aimer deux hommes comme dans César et Rosalie. »
- 2:08InvitéFait
« où elle quitte son mari, décide de ne pas garder l'enfant de lui, elle est seule une ado, un ado, pardon, elle se rapproche de son âme. »
- 2:35InvitéFait
« dans Connemara le personnage principal s'appelle Hélène, par sa beauté, sa bouche, sa chevelure, ce type particulier d'élégance, peut-être l'espiéglerie aussi qu'on trouve dans son œil »
- 4:15InvitéFait
« Elle était une star, mais elle a toujours refusé de l'être. Elle ne s'est jamais comportée comme ça. »
- 4:24InvitéFait
« Et c'est vrai que le sous-titre de cette exposition, c'est l'invention de la femme moderne. »
- 5:01InvitéFait
« que son premier film en France était avec Alain Cavalier »
- 5:09InvitéFait
« C'est-à-dire qu'ils se sont séparés, il l'a quitté, mais en fait, c'est lui qui est venu la chercher pour la piscine. »
- 5:15InvitéFait
« Quatre ans plus tard, ils ont tourné dans le film de Lozet, dont on ne parle jamais, l'assassinat de Trotsky »
- 5:25InvitéFait
« Mais le dernier film de Romy Schneider, ça devait être Pierre Garnet de Fer. »
- 5:36InvitéFait
« Et d'ailleurs, Romy Schneider a passé sa vie à aller chercher des êtres d'exception pour devenir cette espèce d'actrice, j'allais dire idéale. »
- 8:05InvitéFait
« les quatre dernières années de sa vie, son ex-mari s'est suicidé. Il a eu la mort absolument tragique de son fils. »
- 11:10InvitéFait
« elle joue en français avec ce petit accent. »
Temps de parole
- Invité38 %
- Invité 237 %
- Présentateur23 %
- Présentateur 22 %
≈ 4,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous savez quoi, je ne vais même pas vous dire de quoi. Il va être question, je vais juste vous faire entendre ça. Qu'est-ce que tu fais ?
Je te regarde.
Je vais finir de faire ma poche, je te fais le café. Ah, pas d'amour, pas d'amour, pas d'amour. Dis-moi, quel est le mot pour, en français, pour mentir ? Enfin, pas mentir, raconter des histoires. En allemand, c'est fâcheux, non ? Ça veut dire mentir, mais quand on invente.
Affabulé.
C'est ça. Un extrait des choses de la vie Romy Schneider, Michel Piccoli. Bonjour, Clémentine de Roudil. Bonjour. Vous êtes commissaire de l'exposition que la Cinémathèque consacre à Romy Schneider jusqu'au 31 juillet à Paris. Bonjour, Nicolas Mathieu.
Bonjour, Nicolas Mathieu.
Bonjour. Vous êtes romancier, vous étiez venu évoquer Connemara dans les matins. Votre livre publié aux éditions Actes Sud, mais je sais aussi que vous aimez beaucoup Romy Schneider. Qu'est-ce qui vous retient chez elle ?
Romy Schneider, elle figure au moins deux choses pour moi. Tout d'abord, et ça peut paraître paradoxal, une certaine idée de la femme française. Alors paradoxale parce qu'elle est autrichienne au départ, et puis paradoxale aussi peut-être parce que ça date des années 70, et ça pourrait paraître un peu suranné. Alors il me semble que ça n'a pas pris une ride qu'elle représente une femme française à la fois libre, vaillante, très puissamment sensuelle, mais qui n'est jamais un objet, qui mène de front son travail, son intimité, qui ose aimer deux hommes comme dans César et Rosalie.
Et puis vous savez, il y a ce film de Sauté, parce que pour moi, Romy Schneider, c'est quand même beaucoup les films de Sauté, où une histoire simple, où elle quitte son mari, décide de ne pas garder l'enfant de lui, elle est seule une ado, un ado, pardon, elle se rapproche de son âme. Enfin, elle suit les mouvements de son cœur, mais sans être jamais une victime en fait. Alors ça, ce serait la première chose. Elle figure un certain type de femme française que je trouve toujours très actuelle.
Mais surtout, Romy Schneider, pour moi, et c'est un peu comme ça qu'elle prend forme aussi dans Connemara, dans Connemara le personnage principal s'appelle Hélène, par sa beauté, sa bouche, sa chevelure, ce type particulier d'élégance, peut-être l'espiéglerie aussi qu'on trouve dans son œil, qui est si désarmante, sa manière de manifester sa joie, et puis la sorte de génie qu'elle semble remettre à vivre, parce que ce n'est pas si facile de vivre, et il faut savoir prendre à la fois le bonheur et le malheur, et en même temps, ce tremblement intérieur, la fragilité qui ne cesse jamais de passer dans son regard, par tous ces aspects, Romy Schneider me rappelle à moi, tout simplement, une femme que j'aime.
Et vous savez, le cinéma, il ne témoigne pas seulement du monde que nous regardons, il ne restitue pas seulement la vie, c'est aussi un écran sur lequel on projette notre propre monde. Et pour moi, le visage de Romy Schneider sera toujours ce signe, ce signe, cette figure qui me ramène à une autre femme qui compte énormément dans ma vie. Donc c'est à la fois quelque chose de général et puis quelque chose d'intime.
Mais alors, Clémentine de Roudy, vous qui êtes commissaire de cette exposition consacrée à Romy Schneider, Nicolas Mathieu vient d'évoquer Romy Schneider comme femme française, ce qui veut dire que Romy Schneider nous est familière et cependant c'est une star, mais à la différence d'autres stars, elle ne semble pas être une star inaccessible ?
Alors déjà, il a tout dit.
Non, non, vous avez encore beaucoup d'autres choses à dire.
Il n'y a plus rien à dire parce que j'ai l'impression que Nicolas a vraiment résumé et a dit exactement ce qu'il fallait dire sur Romy Schneider. Et effectivement, elle était une star, mais elle a toujours refusé de l'être. Elle ne s'est jamais comportée comme ça. Et ça aussi, c'est quelque chose d'incroyablement moderne. Et c'est vrai que le sous-titre de cette exposition, c'est l'invention de la femme moderne. Et c'était vraiment, vraiment ça, j'allais dire mon ambition. Mais oui, c'est-à-dire qu'en découvrant la carrière, en découvrant le travail de Romy Schneider, moi j'ai découvert une femme totalement différente que celle dont j'avais pu imaginer en fait sa carrière.
Elle est totalement différente. C'est elle qui est allée chercher tous les plus grands réalisateurs. Il y a plein de films dont on ne parle pas. Souvent, c'est beaucoup plus romanesque de raconter une histoire, souvent dramatique. Et on ne se penche pas sur la véritable histoire.
Par exemple, Sauté et elle.
Par exemple, Sauté, mais avant Sauté. On ne sait pas, on sait peu qu'elle a tourné avec Wells, que son premier film en France était avec Alain Cavalier, que son histoire d'amour avec Alain Delon est bien plus romanesque que ce qu'on a voulu en dire. C'est-à-dire qu'ils se sont séparés, il l'a quitté, mais en fait, c'est lui qui est venu la chercher pour la piscine. Quatre ans plus tard, ils ont tourné dans le film de Lozet, dont on ne parle jamais, l'assassinat de Trotsky, qu'ils devaient tourner l'un contre l'autre de Pierre Garnet de Fer et puis la mort, évidemment, les a empêchés. Mais le dernier film de Romy Schneider, ça devait être Pierre Garnet de Fer.
Ils ont eu une amitié amoureuse, je ne sais pas quel terme on peut employer, mais qui était d'un romanesque absolu. C'était deux êtres profondément romanesques. Et d'ailleurs, Romy Schneider a passé sa vie à aller chercher des êtres d'exception pour devenir cette espèce d'actrice, j'allais dire idéale. Mais oui, parce que tous les réalisateurs voulaient tourner avec elle, parce que c'était une panne à modeler. C'est-à-dire qu'elle se donnait, elle se livrait totalement aux réalisateurs pour être dans un jeu absolument, je ne sais pas, unique, totalement.
Dans la représentation qu'on se fait de Romy Schneider, Nicolas Mathieu, il y a aussi un destin tragique ?
Oui, et ça c'est quelque chose qui est assez beau dans cette exposition, c'est son caractère chronologique. Et on voit, c'est le cas de tous les comédiens de toute façon, mais on voit aussi le temps marquer ce corps, ce visage des premiers films où elle est si jeune et où les films autrichiens qu'elle tourne avec sa mère, etc. Et puis on la voit devenir une femme, une quadragénaire. On voit aussi sur son visage dans les derniers films combien les épreuves de la vie l'ont marquée. Et sans doute que ce caractère tragique et sa mort prématurée ont donné une aura particulière à cette comédienne et un attachement très profond des spectateurs français.
Oui, parce qu'elle est morte à 44 ans, elle a commencé à souffrir de dépression à une trentaine d'années. C'est quand même là aussi une existence tragique. Quel rapport y a-t-il justement entre cette star, la représentation qu'on se fait d'une vie privée malheureuse ? Son fils est mort accidentellement et n'a pas probablement survécu à cette disparition. Elle s'est suicidée quelques mois plus tard.
Alors, pardon. Je crois que la difficulté de vivre n'est pas quelque chose qui n'appartient qu'à Romy Schneider. Je ne suis pas du tout certaine qu'elle souffre à dépression à l'âge de 30 ans. Simplement, elle a eu des épreuves de vie absolument... Oui, je crois qu'elle est morte de chagrin. Elle ne serait pas la seule. Non, ce que je veux dire, c'est qu'on résume... Voilà, on en fait une dépressive. Moi, je n'ai pas du tout découvert une dépressive en travaillant sur elle. Je n'étais pas du tout spécialiste de Romy Schneider. Je l'aimais infiniment, mais tout d'un coup, non.
J'ai vu plutôt quelqu'un qui avait une pulsion de vie très, très forte, qui était quelqu'un qui était incroyablement et infiniment joyeux, qui avait une vue qui... Vraiment ! C'est-à-dire que simplement... Enfin, simplement, ce n'est pas du tout simplement. Ce n'est pas ça, la vie n'est pas simple. Mais effectivement, les dernières années de sa vie, les quatre dernières années de sa vie, son ex-mari s'est suicidé. Il a eu la mort absolument tragique de son fils. Et puis, elle a souffert d'un cancer aussi, qu'elle s'est fait opérer dans le plus grand secret. Et elle est morte de chagrin. Je ne suis pas du tout certaine qu'elle se soit suicidée.
C'est-à-dire qu'elle n'a pas délibérément pris les médicaments pour mourir cette nuit-là. Mais son cœur s'est arrêté de battre parce qu'il n'avait plus la force de se baguerrer. Il n'avait plus la force de vivre. Quand on connaît aussi la relation qu'elle a avec David, donc son fils. Voilà, mais quand on parle avec Sarah, sa fille, quand on parle avec tous les gens très proches, Jean-Louis Lévy, personne ne me parle de quelqu'un de triste. Bien au contraire, c'était quelqu'un qui était une tornade de vie, vraiment. Et d'ailleurs, on le voit bien. C'est une actrice qui tournait 3, 4 films par an. Non pas parce que c'était une névrose aussi souvent. Non, parce que c'était sa passion.
Le cinéma était sa passion. Et elle le faisait de façon exceptionnelle.
Nicolas Mathieu, le personnage de cette femme très belle, intelligente, qui est donc frappée par le malheur plusieurs fois, qui lutte, qui combat, et puis, hélas, qui à la fin renonce.
Je ne sais pas si c'est un renoncement. Il me semble que c'était quand même un personnage effectivement très solaire. Il émane ça très fort dans l'exposition. On voit aussi cette puissance d'exister. Et puis, c'est peut-être une force qui va. C'est-à-dire que très tôt, on l'enferme dans des rôles de midinette. Et puis, ça va aller sa carrière quand même jusqu'à l'importance d'aimer des films durs. C'est quelqu'un qui avait quand même une puissance artistique très forte. Alors, effectivement, on est toujours tenté de relire un destin en fonction de sa conclusion. Mais ce n'est pas comme ça que ça se passe en réalité.
Ça dépend dans les tragédies, vous savez, c'est comme ça que ça se passe, Nicolas Mathieu.
Oui, parce qu'on a dans les tragédies, on croit au destin. On croit que tout est décrit d'avant. Vous êtes romancier, vous devez croire quand même au destin. Mais certainement pas. Moi, mes personnages, je les laisse vivre leur vie. Souvent, ils me surprennent par ce qui leur arrive à la fin. C'est le cours des choses. Pour reprendre une expression qui sera adéquate, là, en l'occurrence, ce sont les choses de la vie. Alors, elle a eu affaire à des choses de la vie qui peut-être ont excédé ses forces à un moment donné. Mais elle a eu une vie pleine, entière. Je pense, avec beaucoup de joie et d'accomplissement, des histoires d'amour quand même assez hors du commun.
Et puis, des réalisations artistiques qui demeurent... Je ne sais pas, si on regarde sa filmographie, ça donne un peu le tournis.
Gémentine de Roudil, il y a les films de Sautet, évidemment. Vous avez évoqué L'Ozay. D'autres films peut-être moins connus que Romy Schneider a éclairés.
Le film de Cavalier, Le Combat dans l'île, qui est un magnifique film, qui est le premier film d'Alain Cavalier, qui est son premier film en français. Il a parlé aussi de ce génie du jeu, qui fait que deux ans après son arrivée à Paris, elle joue en français avec ce petit accent. Il y a le Welles, le Procès, puis il y a toute cette carrière américaine de comédie légère. Le premier film de Woody Allen, le film avec Jack Lemmon. C'est ça aussi ce que je trouve extraordinaire. C'est cette espèce de virtuose où elle peut tout jouer, quoi, Romy Schneider.
Après, on parle beaucoup de cette rencontre avec Piccoli, mais sa rencontre, en fait, c'est avec La Voleuse, le premier film de Jean Chapeau qu'elle tourne à Berlin. C'est ça qui est extraordinaire dans la filmographie de Romy Schneider, c'est qu'il y a plein de films qu'on ne connaît pas et qu'on a encore à découvrir. Donc, voilà, il y a tout son travail aussi autour de l'Allemagne, de la mémoire et de la Seconde Guerre mondiale aussi, que je trouve magnifique. C'est quelqu'un qui a tourné cinq films autour de cette histoire-là, de ce drame qu'elle a vécu, évidemment, personnellement, pour dénoncer, pour toujours alerter.
Et ça, je trouve ça aussi magnifique, cette façon qu'elle avait de s'engager.
Clémentine Deroudil, votre exposition Romy Schneider à la Cinémathèque est visible jusqu'au 31 juillet prochain. Moi, je conserve le catalogue que vous avez consacré à cette formidable actrice. Et puis, Nicolas Mathieu, eh bien, on a la possibilité de lire Connemara, si ça n'est pas encore fait, votre très beau roman, publié aux éditions Actes Sud.