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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 23 février 2021 26 min

Couvre-feu, passeport vaccinal, "islamo-gauchisme", Éric Zemmour en 2022... Le "8h30 franceinfo" de Jordan Bardella

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Jordan Bardella, bonjour. Les habitants des Alpes-Maritimes, surtout du littoral autour de Nice, se réveillent ce matin avec un certain nombre de restrictions supplémentaires. Les centres commerciaux de 5000 m2 sont fermés et à partir du week-end prochain, pendant deux week-ends, ils devront rester chez eux toute la journée. Ils ne pourront sortir qu'une heure pour se promener et c'est tout. Est-ce que c'est le type de mesures qu'il fallait, sachant qu'elles sont prises évidemment à cause de la situation épidémique, l'épidémie qui flambe à Nice et sa région ?

0:29
Jordan Bardella

Je crois qu'il faut sortir des mesures aujourd'hui arbitraires, générales, impliquées sur l'intégralité du territoire. Effectivement, en fonction des situations épidémiques locales, ne pas s'interdire de prendre des mesures locales. Mais il faut faire ça avec cohérence.

Et si on décide de territorialiser les restrictions en fonction, à un moment donné, d'un pic épidémique bien identifié, étudié, analysé, notamment par l'analyse des eaux usées sur lesquelles on a pris beaucoup de retard et qui permet de suivre l'épidémie en temps réel, alors à ce moment-là, il faut aussi territorialiser les réouvertures et permettre dans les zones du pays, notamment à l'ouest, notamment en Bretagne, sur toute la partie ouest du pays où le virus ne circule pas, la réouverture d'un certain nombre de lieux.

Je pense évidemment aux lieux culturels, aux musées, au théâtre, au cinéma, un certain nombre de lieux culturels, le lieu du patrimoine qui sont aujourd'hui en danger de faillite et qui perdent énormément d'argent.

1:20
Présentateur

Vous êtes d'accord avec Marc Le Fur, notamment député à l'ère des Côtes d'Armor, qui a écrit en ce sens au Premier ministre pour demander une adaptation des mesures au niveau local.

1:29
Jordan Bardella

Oui, bien sûr, il faut surtout sortir, et je crois que c'est l'essentiel des mesures complètement arbitraires. J'ai l'occasion de rentrer chez moi entre 17h30 et 18h, et vous voyez comme moi l'afflux considérable que cela représente dans les supermarchés, dans les hypermarchés, dans les commerces, sur les routes.

Je prends à témoin cette étude qui a été publiée par le CHU de Toulouse, et qui indique que le couvre-feu à 18h a des effets contre-productifs, et que d'après l'étude qui a été faite de manière extrêmement précise, indique que le couvre-feu à 18h a eu, en tout cas dans la zone de Toulouse, dans la ville de Toulouse et les communes avoisinantes, l'effet inverse d'une diminution de l'épidémie, et que ces mesures qui créent un afflux de population massif a évidemment entraîné une accélération de l'épidémie. Donc nous demandons la levée du couvre-feu à 18h, parce qu'il n'a aucun sens sanitaire. Dans toute la France ou uniquement sur les zones les moins touchées ?

Pour l'instant le couvre-feu n'a pas produit d'explosion, n'a pas produit de baisse, donc il ne sert à rien. Il n'a pas contenu le couvre-feu, il n'a pas contenu l'afflambée épidémique qu'on a vue en Allemagne ou chez nos voisins. L'étude du CHU du Toulouse est extrêmement claire qu'on ait un couvre-feu, je veux dire qu'il faille empêcher les rassemblements, du moins les limiter, peut-être le soir, la nuit, éviter un certain nombre de déplacements après 20h, 21h. Ça peut se discuter et je veux bien l'entendre, je veux bien entendre que la décision de la part du gouvernement ne soit pas évidente à prendre de ce point de vue-là.

Mais franchement, le couvre-feu à 18h, qui consiste à bloquer tout le monde, à entraîner des bouchons considérables, à entraîner de la panique chez les gens. Vous ne croyez pas qu'on est dans un climat aujourd'hui déjà extrêmement anxiogène ? Ça fait un an qu'on vit avec une épidémie dont on ne voit pas le bout. Parce que, pardon, mais moi je vois qu'Israël aujourd'hui a engagé son déconfinement avec la réouverture, vous l'avez vu, des lycées, des collèges, des centres commerciaux, en ayant vacciné 82% de sa population.

3:17
Présentateur

Nous, nous avons vacciné 1,7% de la population israélienne qui a obtenu les deux doses.

3:22
Jordan Bardella

Mais c'est beaucoup plus que nous. Bien sûr, 1,7% de la population française a obtenu les deux doses. Alors précisément, si il faut attendre six ans pour pouvoir revivre un peu comme avant, je pense qu'on ne va pas s'en sortir, que nos entreprises vont mourir, et que nous allons installer un climat de dépression dans le pays qui est de plus en plus inquiétant. Alors, puisque vous parlez du vaccin, on ne parle plus de l'augmentation des suicides, on ne parle plus de la dépression psychologique chez les jeunes, et ces critères, il faut évidemment en parler et agir dessus.

3:52
Invité

Alors, puisque vous parlez des vaccins, la défiance des Français à l'égard des vaccins, finalement, ne faiblit pas. Il y avait une étude du Sevipov dont on a parlé hier, un tiers des Français n'entend pas se faire vacciner. Où est-ce que vous en êtes, vous, au Rassemblement National ? Est-ce que vous dites à vos électeurs, à vos militants, il faut se faire vacciner ?

4:05
Jordan Bardella

Mais nous, on a toujours défendu le libre-arbitre. On n'a pas essayé, si vous voulez, comme l'a fait le gouvernement le 23 décembre, en l'OUSD, d'imposer la vaccination obligatoire par un projet de loi, le projet de loi Castex, qui avait été déposé le 23 décembre, deux jours avant Noël, sur le site de l'Assemblée Nationale. Nous avons toujours défendu la liberté vaccinale. C'est vrai qu'on a été réticents au départ, parce que nous n'avions que les communiqués des laboratoires. Nous avions été réticents. Et ces réticences, elles ont disparu ? Écoutez, moi, je regarde les résultats. Moi, je ne suis pas du tout anti-vaccin.

Moi, je crois dans la science, je crois dans les évolutions technologiques qui nous sont permises aujourd'hui par des moyens de plus en plus considérables. C'est vrai que les moyens, le véritable sujet aujourd'hui, c'est la faiblesse de la recherche française. La France est le seul pays du Conseil de sécurité de l'ONU, le seul pays de l'industrie pharmaceutique à ne pas avoir de vaccin. Et ça, ça doit nous questionner.

4:55
Présentateur

Donc vous, vous allez vous faire vacciner avec un vaccin en particulier ?

4:59
Jordan Bardella

Moi, il se trouve que j'ai 25 ans. J'ai la chance de ne pas faire partie de la tranche d'âge qui est en tout cas la plus exposable et la plus exposée au virus. Mais il faut que toutes les personnes qui ont des comorbidités, toutes les personnes âgées et d'une manière plus large, tous ceux qui le souhaitent, puissent se faire vacciner. Et une fois qu'on aura donné la priorité à nos soignants, par exemple, de se faire vacciner, nous nous souhaitons notamment que les fonctionnaires de police qui le souhaitent, les pompiers qui le souhaitent, que tous ces corps constitués qui sont aujourd'hui en première ligne dans la société française, puissent se faire vacciner.

D'une manière générale, on a tout raté dans cette crise. On a raté les commandes de masques, on a raté les commandes de tests, on a raté les commandes de vaccins. À l'heure où, dès le mois de décembre, nous disions, il faut confier, dès le mois de décembre, quatre semaines avant le début de la campagne de vaccination, la gestion de cette politique vaccinale, soit à l'armée, comme ça a été fait dans un certain nombre de pays en Allemagne, soit des entreprises de logistique. Regardez un exemple, les pharmaciens. Les pharmaciens nous disent, nous pouvons vacciner entre 400 000 et 500 000 personnes par jour. Pourquoi est-ce que ça n'est pas fait ?

Depuis un mois, on nous explique qu'un décret doit paraître. Donc, la vaccination en France...

6:04
Invité

Les vaccins sont arrivés chez les pharmaciens depuis ce matin. Les vaccins sont arrivés à partir de jeudi. Depuis le semaine dernière, les pharmaciens sont encore soumis chez les pharmaciens

6:12
Présentateur

et ensuite chez les médecins généralistes qui peuvent vacciner les patients à risque de 50 à 60 ans.

6:15
Jordan Bardella

Très bien, sauf que nous sommes le 23 février et que la campagne de vaccination a commencé début janvier.

6:21
Présentateur

Il aurait fallu quoi ? Que la France commande seule des vaccins à chacun des laboratoires ?

6:26
Jordan Bardella

Je pense que si la France s'était tournée directement vers les laboratoires, on s'en serait mieux sortis. Parce qu'à chaque fois qu'on confie quelque chose à l'Union Européenne, c'est un naufrage systématiquement.

6:37
Invité

Mais vous entendez l'argument inverse qui dit, voilà, ça aurait été la foire d'empoigne entre les pays européens, ce serait fait concurrence.

6:42
Jordan Bardella

Parce qu'aujourd'hui, c'est quoi ? Moi, ce que je regarde aujourd'hui, c'est que nous n'avons pas de vaccins. Et nous n'avons pas de vaccins parce que de l'aveu même de la présidente de la Commission européenne, qui l'a indiqué dans les parlementaires européens, qui nous l'a indiqué il y a quelques jours, il y a une dizaine de jours, l'Union Européenne a été totalement défaillante. L'Union Européenne a été totalement opaque. Nous, nous avions demandé en tant que parlementaires européens d'avoir accès aux contrats, d'avoir accès au nom des négociateurs. Vous pouvez aller consulter ces contrats en tant que parlementaires européens ? Non. La procédure a été levée par la Commission européenne.

Nous avions réclamé la transparence sur ces contrats. Je vous rappelle que l'Union Européenne s'était chargée notamment de commander un éventuel traitement contre la Covid, qui était le remdesivir, alors même que le laboratoire Gilead avait indiqué qu'il n'avait aucun effet sur le Covid-19. Ça fait plusieurs mois, plusieurs années qu'on cherche à refourguer ce médicament. L'Union Européenne a quand même passé commande. Donc, si vous voulez, il y a des vraies questions de transparence qui se posent. Et on a dit qu'il ne peut pas y avoir de confiance dans le vaccin s'il n'y a pas de transparence.

Donc, on nous a proposé, on a proposé aux parlementaires européens, c'est vrai, suite à notre demande, de consulter les vaccins. Or, la plupart des informations importantes, les prix, les noms des négociateurs, les clauses de responsabilité, étaient biffées. Tout était grisé, avec les formules de politesse qui étaient accessibles. Donc, tout ça participe d'un climat. Quand le gouvernement nous dit, on ne va pas rendre la vaccination obligatoire, mais fait passer un projet de loi, quelques jours de Noël, encore une fois,

7:59
Présentateur

en indiquant que la vaccination n'est pas obligatoire en France, finalement, ce projet de loi n'est pas passé.

8:04
Jordan Bardella

Parce que ce projet de loi n'est pas passé, parce que beaucoup de gens de l'opposition se sont mobilisés pour que ça ne soit pas le cas. Donc, il faut aujourd'hui généraliser les tests salivaires. Il faut sortir des mesures absolument arbitraires et réfléchir à une manière de vivre avec, parce qu'on va aussi se tourner vers une période où on risque d'être confronté de plus en plus à des épidémies. Vous avez vu que le virus Ebola revient. Et je veux dire, si on met le pays sous cloche et sous confinement pendant des années et des années, je crains que ce modèle ne soit pas viable à terre.

8:29
Présentateur

On continue de parler de cette campagne de vaccination qui se termine dans les jours qui viennent dans les EHPAD, notamment. Est-ce qu'il faut les rouvrir ? C'est la question qu'on vous pose dans un instant, juste après le fil info à 9h moins 20 avec Diane Ferschit.

8:40
Invité

Ces mesures-là étaient absolument nécessaires. La réaction sur France Info du gériatre au CHU de Nice et membre du conseil scientifique Olivier Guérin face aux nouvelles restrictions dans les Alpes-Maritimes. Il est possible que ce modèle puisse être reproduit ailleurs, affirme Olivier Guérin. Et à Dunkerque, le maire en appelle au gouvernement. Le taux d'incidence est de 900 pour 100 000 habitants dans la ville. Le Royaume-Uni, lui, en est au déconfinement avec un calendrier très étalé. Première étape, le 8 mars, pour la réouverture des écoles.

Pour les commerces, ce sera en avril, avant les bars, les restaurants et les stades mi-mai, une stratégie prudente mais irréversible selon le Premier ministre Boris Johnson. L'appel du double champion olympique de natation Alain Bernard, il cherche à rassembler des patients opérés par un chirurgien de GAP soupçonné d'avoir appliqué une pratique interdite. La maire du nageur en a été victime avec des séquelles assez lourdes. Et puis cette vidéo exceptionnelle publiée par la NASA, l'arrivée de son module Persévérance qui s'est posé sur la planète rouge avec un son enregistré au micro, le bruit d'une bourrasque de vent martienne.

C'est une première Persévérance, va passer au moins deux ans sur Mars.

9:46
Locuteur non identifié

France Info, le 8.30 France Info, Jérôme Chapuis, Laurin Sénéchal.

9:52
Présentateur

L'eurodéputé Jordan Bardella, vice-président du Rassemblement National, invité de France Info ce matin, on parlait de ce vaccin. La campagne, elle se termine, ça avance quand même. Donc dans les EHPAD ces prochains jours, les trois quarts des résidents des EHPAD ont déjà reçu au moins une dose et ils auront les deux doses d'ici les prochaines semaines. Les cas commencent à baisser les contaminations dans les EHPAD. Est-ce que c'est donc le bon moment pour rouvrir les EHPAD, pour en finir avec les restrictions et surtout l'isolement des résidents ?

10:21
Jordan Bardella

Oui, il y a quelque chose d'assez inhumain qui m'a beaucoup choqué pendant cette crise. Ça a été vrai d'ailleurs pendant toute la première partie du confinement, le premier confinement qu'on a vécu l'an dernier.

C'était l'interdiction qui était faite à beaucoup de nos concitoyens d'aller voir leurs parents qui étaient parfois malades, souffrants, âgés, dans des EHPAD, de voir qu'il y a encore des cas de Français qui témoignent tous les jours auprès de vos confrères dans la presse, qui expriment leurs témoignages, leurs souffrances aussi, et qui indiquent qu'ils ne peuvent pas aller voir effectivement leurs parents qui sont malades dans les hôpitaux parce qu'il y a des restrictions qui s'appliquent.

10:52
Présentateur

Ceux qui sont malades du coronavirus en l'occurrence.

10:54
Jordan Bardella

Oui, tout à fait. Donc, à un moment donné, vous voyez, il y a des questions de dignité humaine qui se posent, il y a des questions morales, et il faut effectivement pouvoir permettre à tous ceux qui le souhaitent, dans le respect, encore une fois, d'un protocole sanitaire, je veux dire, les gens ne sont pas fous, il faut arrêter d'infantiliser les Français de manière permanente. Après les fêtes, tout le monde nous a expliqué que ça serait la flambée épidémique. Cette flambée épidémique, elle n'a pas eu lieu. Mais grâce au couvre-feu à 18h ou pas ? Après le mois de novembre, pas après le couvre-feu à 18h, je ne crois pas. Peut-être un couvre-feu, c'est vrai, mais pas le couvre-feu à 18h.

Souvenez-vous que l'Institut Pasteur nous indiquait, après le mois de novembre, qu'on ne pourrait pas passer sous les 9000 contaminations, qu'on y arriverait quoi qu'on fasse. Ça n'a pas été le cas, et heureusement. Donc, je veux dire, il faut être extrêmement prudent. Il y a quelques jours, on nous parlait d'une nouvelle flambée épidémique qui nécessitait un reconfinement immédiat dès le lendemain. Quelques jours plus tard, l'intégralité des ministres sont arrivés sur les plateaux en indiquant que, bien heureusement, ça n'était pas arrivé. Donc, pour vous, on rouvre les EHPAD. La démocratie des experts, attention. Donc, pour vous, on rouvre les EHPAD.

Oui, mais je veux dire, à un moment donné, la société va devoir rouvrir dans le respect des protocoles sanitaires, mais maintenant, il va falloir donner des échéances. Est-ce que quelqu'un pense à nos restaurateurs ? Enfin, je veux dire, le gouvernement, il y a 4 semaines, nous a dit rendez-vous dans 15 jours pour faire un point sur le couvre-feu à 18h. Puis, personne n'en parle du couvre-feu à 18h. Les restaurateurs, on fait quoi ? Donc, on supprime les restos dans la situation sanitaire. Notre civilisation supprime la possibilité d'aller au restaurant, de prendre un café. À un moment donné, il va falloir réfléchir. Il y a une réouverture.

Je veux dire, on se dirige vers un beau jour, vers un printemps. Malgré les nouveaux variants et malgré la remontée des cas de ces derniers jours. Mais moi, je veux dire, attention avec tout ça. On nous avait indiqué que ce serait quasi l'apocalypse. Après les fêtes, ça n'a pas été le cas. Encore une fois, l'épidémie a reculé de 17% la semaine dernière dans le monde. Donc, je veux dire, ça baisse plus. On est sur un plateau, vous avez raison. Non, mais je veux dire, devant une épidémie qui va probablement durer, qui va peut-être s'installer comme un virus saisonnier, eh bien, effectivement, il va falloir réfléchir à la possibilité de vivre avec, à des alternatives au confinement.

Les alternatives au confinement, c'est ne pas lâcher la recherche d'un traitement. C'est continuer à généraliser, comme l'ont fait un certain nombre de pays, les tests salivaires.

12:56
Présentateur

Et c'est permettre le contrôle des frontières.

12:59
Jordan Bardella

C'est permettre le contrôle des frontières. Parce qu'encore une fois, ça fait des mois que nous avions réclamé que soit exigé un test PCR, juste un test PCR.

13:07
Présentateur

On n'a pas demandé un mur ou un barbelé. Et c'est le cas aujourd'hui, y compris au sein de l'espace Schengen. Juste à ce qu'il faut, mettre en place l'espace Schengen dans le monde. Le passeport sanitaire.

13:15
Jordan Bardella

Juste reconnaissez que sur cette question des frontières, nous avons été les premiers à en parler, et que tout le monde nous a rayonnés. que le Président de la République nous a expliqués, avec condescendance, avec mépris, avec arrogance, que le virus n'avait pas de passeport, que c'était du repli nationaliste. Donc admettez que nous avions eu peut-être raison, avant tout le monde, sur un certain nombre de choses.

13:32
Présentateur

Jean-Anne Bardella, le passeport sanitaire, est-ce que vous êtes pour ou est-ce que vous êtes contre ?

13:35
Jordan Bardella

Je veux bien débattre d'un passeport sanitaire sur une maladie comme Ebola, dont le taux de mortalité est de 90%. Donc vous êtes contre. Donc sur une maladie dont le taux de mortalité est relativement faible sur les personnes qui ne sont pas à risque, qui ne sont pas âgées, etc. Nous, nous ne sommes pas favorables. Nous sommes favorables à ce que ceux qui souhaitent puissent se faire vacciner. Et puis il faut arrêter de supprimer des lits. Parce qu'à l'hôpital de Juvisy, vous voyez, dans ma région en Ile-de-France, on a fermé 50 lits qui avaient accueilli des patients Covid en septembre.

On continue les projets de groupement hospitalier, notamment dans le nord de Paris, à Saint-Ouen, qui vont aboutir à la suppression de plusieurs dizaines de lits d'hôpitaux. Donc je veux dire, à un moment donné, il faut arrêter avec cette politique d'affaiblissement des services publics, redonner aux personnels hospitaliers les moyens de travailler convenablement.

14:19
Présentateur

Redonner des moyens à l'hôpital, on a bien compris. On va passer à un autre sujet. On a beaucoup de sujets à voir avec vous. Jérôme Chapuis.

14:24
Invité

Et notamment la question de l'organisation Génération Identitaire, issue de la droite nationaliste, sous le coup d'une procédure de dissolution. En quoi est-ce que c'est si important pour Marine Le Pen et pour vous de défendre Génération Identitaire ? Mais on ne défend pas... On n'est pas l'avocat de...

14:40
Jordan Bardella

Je veux dire, je veux être très clair, on n'est pas l'avocat de Génération Identitaire. Oui, mais vous les défendez. On dit juste que dans notre pays, il y a quand même un certain nombre de libertés, de libertés fondamentales, de libertés d'association, de libertés d'expression. Et vous voyez, ces grandes libertés, et je prends à témoin ce papier de The Economist qui parlait de la presse étrangère, qui parlait il y a quelques jours de la France comme d'une démocratie défaillante. Et moi, je vois effectivement nos libertés reculer.

Alors c'est vrai avec Génération Identitaire, dont je ne suis ni ment, dont je ne suis pas l'avocat, avec qui nous avons beaucoup de divergences sur les moyens d'action, pour être précis, un certain nombre de cadres du Rassemblement National sont issus de Génération Identitaire. Lesquels ?

15:17
Invité

Notamment Philippe Vardon, qui a été promu au Bureau National.

15:20
Jordan Bardella

Qui n'était pas à Génération Identitaire, qui a eu un passé dans la mouvance identitaire quand il était jeune, et avec laquelle il a rompu. Maintenant, on parle d'une association qui n'a pas été condamnée par la justice. Pardon, moi je suis très factuel et je m'en tiens au droit.

15:37
Invité

dont certains membres ont été condamnés.

15:38
Jordan Bardella

Non, l'association Génération Identitaire, je ne suis pas l'avocat, j'essaie juste d'être factuel.

15:43
Présentateur

Pour des faits de violence,

15:44
Jordan Bardella

pour des pénétrations sur des lieux privés. D'accord, mais l'association Génération Identitaire a été déboutée de tous les reproches qui lui étaient faits par la Cour d'appel de Grenoble. Elle est encore poursuivie en ce moment. Premièrement. Deuxièmement, lorsque le ministre de l'Intérieur, qui est probablement un peu vexé d'avoir raté son débat face à Marine Le Pen et qui essaie de se rattraper en se disant qu'il va satisfaire peut-être l'aile gauche de la République En Marche en organisant la dissolution de Génération Identitaire. Je ne crois pas que ce soit une association qui menace aujourd'hui clairement la sécurité nationale. Je pense qu'il y a beaucoup d'organisations.

16:14
Présentateur

Ils ne se substituent pas aux forces de l'ordre quand ils vont faire des opérations à la frontière.

16:17
Jordan Bardella

Mais monsieur, ce n'est pas ce qu'a dit la justice.

16:19
Présentateur

Ça, ce sont des procédures qui sont encore en cours. Ils ont gagné certaines procédures, d'autres sont encore en cours. La Cour d'appel de Grenoble

16:24
Jordan Bardella

a débouté totalement les reproches qui étaient faits à Génération Identitaire. Donc vous voyez, on est sur un terrain extrêmement glissant. Et de remettre en cause aujourd'hui le droit d'une association d'exister au motif qu'elle s'oppose à l'immigration. Moi, je veux bien qu'on explique qu'elle s'y oppose avec certains moyens. C'est ça qui est reproché par le gouvernement.

16:43
Invité

Notamment, le journal Libération, ce matin, se procurait le courrier des autorités. Il déroule des banderoles avec marqué non à l'immigration. C'est ça, avec des personnes en uniforme, avec des voitures siglées, des personnes qui portent toutes le même vêtement, avec des voitures siglées, qui peuvent, selon le gouvernement, être...

17:00
Jordan Bardella

Vous êtes journaliste, soyons précis. On parle de jeunes. Non, mais attendez. Enfin, moi, je veux bien, mais je veux dire, c'est fou. Alors, on va être précis. On parle de jeunes. Attendez. On parle de jeunes qui déroulent avec des parkas, donc des doudounes, avec un logo, le logo de leur association, des banderoles avec marqué non à l'immigration. Je veux dire, c'est ce qu'on appelle de l'agite propre. C'est ça, aujourd'hui. C'est ça, aujourd'hui, menacer la sécurité nationale, menacer la République. Et quand je lis, parce que, vous voyez, moi, j'ai pris position. J'ai pris position pour la défense des libertés.

En voyant la lettre qui leur a été écrite par le ministère de l'Intérieur et qui dit de manière très claire que Génération Identitaire inciterait à la discrimination pour non appartenance à la nation française. C'est-à-dire que le fait d'établir une distinction entre ceux qui appartiennent à la nation française et ceux qui n'y appartiennent pas serait un motif de trouble à leur public et de menace pour la sécurité nationale. À ce moment-là, on dissout la fonction publique qui fait la différence qui permet l'embauche uniquement de citoyens français. À ce moment-là, on dissout la démocratie française qui empêche les ressortissants étrangers de voter aux élections.

Donc, je dis juste, et encore une fois, je ne partage pas tout ce qui est dit sur le fond. Honnêtement, on a des divergences sur le fond, on a des divergences sur la manière d'agir. Je dis juste qu'on est dans un climat, aujourd'hui, de recul des libertés dans notre pays. Et c'est vrai que la loi Avia, qui a été retoquée par le Conseil constitutionnel et qui vise à placer la liberté d'expression, notamment sur Internet, sous la tutelle des GAFA. Donc, je dis juste ça. Je dis, attention, on est dans un climat de recul des libertés dans notre pays, dont même certains médias étrangers parlent de démocratie défaillante qui, moi, m'inquiètent.

Et je dis qu'aucun autre gouvernement que celui d'Emmanuel Macron n'aura autant agi avec force contre les libertés individuelles dans notre pays.

18:36
Présentateur

Jordan Bardella, vous restez avec nous. D'abord, un petit coup d'œil sur le fil d'info à 9h10 avec Diane Farchit.

18:41
Invité

Les premières doses arrivent cette semaine pour la campagne de vaccination anti-Covid en entreprise. Elles sont réservées aux salariés âgés de 50 à 64 ans qui sont à risque. Les médecins, comme les employés concernés, doivent être volontaires. Le taux d'incidence dépasse les 900 cas pour 100 000 habitants à Dunkerque. C'est quatre fois la moyenne nationale. Le maire demande au gouvernement un examen en urgence de la situation de sa ville. Ce taux d'incidence, il est supérieur à celui du secteur de Nice dans les Alpes-Maritimes, le département qui sera lui soumis à un confinement local inédit en métropole les deux prochains week-ends.

Il s'appelle Biocami ou Spray Nasal Covid défense la vente de ce futur spray présenté comme révolutionnaire pour combattre le Covid et suspendu. Selon son fabricant, il est censé détruire le virus à 99% mais l'agence de sécurité du médicament n'a reçu aucune preuve de son efficacité. Avec 11 cas de Covid parmi les joueurs, le 15 de France multiplie les contaminations depuis son retour de Dublin et à moins d'une semaine de son match face à l'Ecosse, le comité des 6 nations dira demain si la rencontre est maintenue.

19:41
Locuteur non identifié

France Info Le 8.30 France Info Jérôme Chapuis Laurin Céléchal

19:49
Invité

Alors, Jordan Bardella, des fans, des amis du polémiste Éric Zemmour lancent aujourd'hui un site internet. Ils souhaitent qu'il soit candidat à la présidentielle. Ça vous fait sourire ? Vous accueillez ça comment ? Non, parce que

20:02
Jordan Bardella

j'anticipais votre question. J'étais certain que vous alliez me la poser. Vous y croyez ou pas ? Honnêtement, non. Moi, j'ai beaucoup d'admiration pour Éric Zemmour, pour son talent, pour son franc-parler et pour ce qu'il a pu écrire. Mais pas au point de vote, mais je vois beaucoup de gens, trouver une alternative à la candidature qui va être défendue par le Rassemblement national, c'est celle de Marine Le Pen. Moi, ce que je regarde, c'est que Marine Le Pen est aujourd'hui dans les sondages qui sont publiés dans la presse à 48%, crédité entre 46 et 48% au second taux de l'élection présidentielle. Et ce qui veut dire que la victoire, elle est possible. Voilà.

Donc moi, je dis aux Français, il faut saisir la présidentielle comme un horizon de sortie de crise, de sortie des crises, de toutes les crises que nous connaissons. C'est vrai et on n'est plus attaqué sur le fond parce que... Mais Éric Zemmour, on ne vous fait pas peur. Ça ne vous inquiète pas. Parce que tous les diagnostics qu'on a mis sur la table depuis des années sur l'abandon de notre souveraineté, sur les délocalisations, sur la nécessité de faire le patriotisme économique, sur la montée de l'islam radical dans notre pays, sur tous ces grands sujets sur lesquels une majorité de Français aujourd'hui s'accordent à penser la même chose. Nous avions eu raison avant tout le monde.

Mais en creux, ça ne signifie pas que Marine Le Pen ne fait pas l'unanimité dans vos rangs ? Ça signifie qu'elle fait quand on est à 48% au second temps de l'élection présidentielle. Mais là, en l'occurrence, Éric Zemmour, ça veut dire qu'on fait l'unanimité. Mais moi, je ne crois pas à cette candidature. Je vous le dis clairement, je ne crois pas à cette candidature et j'appelle tous ceux qui souhaitent défendre la souveraineté nationale et la nation française dans cette présidentielle parce que ça va encore être un véritable choix de société, un choix aussi pour les libertés à se rassembler derrière la candidature de Marine Le Pen.

Moi, vous voyez, je n'ai aucun ennemi à droite comme à gauche. Il y a beaucoup de gens qui, pendant un certain nombre d'années, depuis le début du quinquennat, ont émis des critiques à notre égard. Mais ce n'est pas grave. Vous disiez que vos idées ne sont jamais des ennemis mais toujours des partenaires.

22:06
Présentateur

Certains disent justement que vos idées, elles sont arrivées jusqu'au gouvernement avec l'utilisation du mot islamo-gauchisme par la ministre de l'Enseignement supérieur Frédéric Vidal. Mais écoutez, la critique a été faite ici même sur ce plateau par Jean Chambaz, le président de Sorbonne Université la semaine dernière.

22:22
Locuteur non identifié

Il y a une orientation de ce gouvernement qui va draguer des secteurs de l'opinion publique dans des endroits assez nauséabonds. On est en train, avec ces interventions gouvernementales successives, de se retrouver dans le camp de la Hongrie et de la Pologne en Europe. C'est assez grave. les gouvernements polonais et hongrois commencent à intervenir dans la vie interne des universités pour limiter le droit de la liberté académique.

22:53
Présentateur

Jordan Bardella, vous qui dites depuis tout à l'heure d'être un défenseur de la liberté, est-ce que ça vous inquiète le fait que le gouvernement réclame une enquête sur l'islamo-gauchisme ?

23:02
Jordan Bardella

Non, je pense qu'il a raison. Je pense qu'il a raison parce que... Ce n'est pas une atteinte à la liberté de chercher ou d'enseigner. Enfin, faire une enquête n'est pas une atteinte à la liberté, monsieur. Pardon, on a encore le droit de mettre en place des enquêtes dans notre pays sur des sujets aussi graves qu'est celui de la mainmise de toute une partie de la gauche et c'est vrai d'une partie de l'université française avec l'idéologie islamiste. Quand l'UNEF, par exemple, fait élire une représentante voilée dans son conseil d'administration, c'est de l'islamo-gauchisme. UNEF qui se battait il y a encore quelques années dans notre pays contre le port du voile à l'université.

Lorsque Sciences Po organise un Hijab Day dans l'une des institutions les plus prestigieuses de la République, c'est de l'islamo-gauchisme. Lorsqu'une université, chez moi, à Saint-Denis, l'université Paris VIII, organise des camps d'été des coloniaux, c'est-à-dire des réunions qu'ils appellent racisées interdits aux blancs, c'est de l'islamo-gauchisme. Et c'est vrai qu'il y a dans notre pays aujourd'hui toute une matrice intellectuelle où se diffuse la haine de la France qui vise à se complaire avec l'idéologie islamiste et à, si vous voulez, être dans une logique de culpabilisation permanente des majorités où il faut désigner des coupables.

Les Français sont coupables, les Français sont racistes, les Français sont islamophobes, les Français sont sexistes. C'est une victoire

24:19
Présentateur

pour le Rassemblement National d'entendre une ministre évoquer ce terme qui vient de...

24:22
Jordan Bardella

C'est en tout cas une défaite pour toute une partie de la gauche. Vous vous souvenez qu'il y a quelques mois encore, M. Mélenchon et ses amis, M. Jadot, toute une partie de la gauche ont participé à cette manifestation de la honte où, au mois de novembre 2019, ils ont participé à une manifestation à quelques mètres du Bataclan ou des islamistes et notamment les islamistes du CCIF ont hurlé à la Akbar. Donc oui, il y a toute une partie de l'université française toute une partie de la gauche qui est noyautée par... qui baigne dans l'islamo-gauchisme et dans une certaine forme d'idéologie anti-nationale et anti-française.

Et c'est vrai d'ailleurs qu'une partie des élites lorsque moi j'entends... On est sur le service public lorsque j'entends votre patronne Mme Delphine Ernot indiquer celle en tout cas de France Télévisions et on est ce matin sur France Télévisions indiquer en 2015 qu'il y a à la télévision française trop de mâles blancs de plus de 50 ans. Ça veut dire quoi ? Mais c'est pas de l'islamo-gauchisme ça. Ah, ça participe d'une même bain intellectuelle et ce même bain intellectuel c'est celui de la culpabilisation des majorités qui vise effectivement... C'est pas bien de vouloir plus de diversité à coaliser

25:26
Présentateur

une chaîne publique qui ressemble plus à la France. Dans la diversité. Donc vous assumez

25:31
Jordan Bardella

une certaine forme de racisme. Je pose la question. Vous assumez donc une certaine forme de racisme. Parce que si on explique qu'il y a trop de mâles blancs depuis de 50 ans ça veut dire qu'il n'y a pas assez de quoi. Donc, non mais voilà je veux dire il faut assumer les choses. Donc il y a une idée... Donc ceux qui se prétendent je veux dire que ceux qui se prétendent en tout cas aujourd'hui antiracistes dans notre pays et qui sont les fers de lance du combat antiracisme dans notre pays sont en réalité les véritables racistes.

25:54
Présentateur

Et ça sera le mot de la fin. Jordan Bardella eurodéputé vice-président du Rassemblement National. Bonne journée à vous. Bonne journée à vous.

Couvre-feu, passeport vaccinal, "islamo-gauchisme", Éric Zemmour en 2022... Le "8h30 franceinfo" de Jordan Bardella — Jordan Bardella · Pourquijevote