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speechyoutube.com· 16 mars 2025

Discours de Laurent Wauquiez, Président du groupe d'amitié France-Arménie à l'AN, au dîner du CCAF

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Je ne vais pas être trop long pour surtout lester ensuite du temps à nos frères de combat, que ce soit François-Xavier ou Raphaël. Et je trouve très beau que nous soyons ici unis, politiques venant de plein d'horizons autour de cette cause de l'Arménie. D'abord, cette médaille me touche énormément.

Elle me touche et je voudrais y associer à la fois les élus de la région qui sont ici présents, les représentants des communautés arméniennes d'Auvergne-Rhône-Alpes, qui m'ont appris ce qu'était l'Arménie. Je voudrais aussi bien sûr remercier Mourad, je voudrais remercier Ara, je voudrais remercier Nadia, que je cherche des yeux dans la salle. Ara et Nadia, c'est vous qui m'avez emmené la première fois, il y a maintenant quasiment sept ans en Arménie.

Je n'en connaissais rien. A l'image malheureusement de ce que sont beaucoup de nos compatriotes, qui n'ont pas été élevés dans l'apprentissage et l'histoire de ce qu'a été le drame de l'Arménie. C'est sans doute le voyage que j'ai fait qui m'a le plus transformé.

Et j'ai été, comme j'aime à le dire, traversé par cette Arménie. Celle des monastères qui sont assis sur la roche, celle de cette jeunesse merveilleuse de Yérévan, celle de ce courage de ce peuple qui ne ploie jamais. Nous sommes allés devant le corridor de l'Alcine, au moment où, au Vanès, la mâchoire de l'Azerbaïdjan se refermait sur les 150 000 destins qui étaient de l'autre côté de la frontière.

Et j'ai ressenti cette rage de se dire qu'au moment où tout cela s'opérait, c'était avec le silence assourdissant de la communauté internationale. Et nous nous sommes battus, Anne, conjointement, puisque c'est un projet que nous avons tous porté ensemble, pour essayer d'avoir un convoi qui secoue cette chape de silence. Je me souviens aussi de ce sentiment d'injustice quand nous sommes allés à Kapam et qu'on voyait les drapeaux de l'Azerbaïdjan, qui étaient placés comme une provocation pour empêcher, cher Georges, le fonctionnement de l'aéroport et déjà prendre tous les sommets pour préparer les étapes d'après.

Il faut avoir vu cela pour comprendre ce qu'est le dessin d'Aliès. Je me souviens aussi de ces leçons de courage, lorsque nous étions avec les étudiants de l'université franco-arménienne. Et Patrick, nous avons décidé ensemble de financer la rénovation de cette université franco-arménienne qui était en état lamentable et que nous devons restaurer parce que nous le devons à cette amitié entre la France et l'Arménie.

La région, nos deux régions, ont décidé de le financer. Cette leçon de courage d'une étudiante qui avait perdu son frère pendant le conflit en Artsakh et qui était là, bien debout, et qui n'était pas décidé à baisser le regard. Et je me souviens aussi de ces leçons d'énergie, de ce qu'on ne dit pas suffisamment aussi, le dynamisme de cette économie, de cette recherche, de tout ce qu'il y a autour aussi de la nette économie, de ces start-up qui composent potentiellement l'essence de ce dynamisme de l'économie arménienne parce que là sera l'avenir si l'on veut combattre les richesses qui sont produites par le gaz d'Azerbaïdjan.

Et je me suis fait une promesse, c'est de se tenir aux côtés de l'Arménie. Nous l'avons fait, je veux remercier Nadia avec l'action de Lugab. Parce que le choix qui a été le nôtre, et merci de l'avoir rappelé, c'est de se concentrer sur la défense du Sionic.

Tous ceux qui connaissent l'Arménie savent que le prochain enjeu pour l'intégrité de l'Arménie se fera au Sionic. Tous ceux qui ont compris ce qu'était le destin et la volonté de l'Azerbaïdjan ont compris que la prochaine proie serait le Sionic. Nous avons donc décidé d'investir massivement toute notre aide sur le Sionic.

Nous avons jumelé chacune des communes du Sionic avec une commune d'Auvergne-Rhône-Alpes. Et nous avons porté des projets qui sont des projets de formation, des projets de développement économique, des projets de soutien à ce qui est la santé. Parce que la volonté de l'Azerbaïdjan, c'est d'isoler les villages les uns après les autres pour pousser la population à partir de ce que sont les territoires ancestraux du peuple arménien.

Ce combat-là, nous l'avons mené ensemble. Et je veux aujourd'hui, avec Alexandra qui est ici, députer avec d'autres amis députés qui sont ici, le seul groupe d'amitié que j'ai demandé pour notre famille politique de la droite républicaine, c'est le groupe d'amitié pour l'Arménie. C'est le seul que je souhaitais avoir.

Et nous allons travailler tous ensemble. D'abord, pour une première étape, c'est que soit enfin adoptée une résolution pour la libération des otages arméniens. Il est incroyable qu'on en soit encore là.

Et aidez-moi, parce que nous avons besoin de convaincre tous les parlementaires pour que cette résolution puisse être adoptée largement à l'Assemblée nationale et au Sénat. C'est un combat que nous devons porter pour secouer cette chape de silence. Et la deuxième chose que je voudrais dire, sous forme de point d'interrogation, au moment où la France est prête à déployer une force d'interposition en Ukraine, pourquoi est-ce que ce débat n'est pas porté par la diplomatie française pour l'Arménie ?

Parce qu'en réalité, nous voyons déjà l'effet qui est porté par les observateurs européens. Serait-il si difficile de déployer, soit sous l'égide de l'ONU, soit sous l'égide de l'Union européenne, une force d'interposition dans laquelle la France ne se contenterait pas de mots, mais prendrait cette décision juste de bien faire comprendre que non, nous ne laisserons pas le destin de l'Arménie se jouer dans le silence de ce qu'est devenu la géopolitique internationale. Tout le reste ne sont que des mots et des paroles.

La seule chose qui peut permettre d'assurer sur la durée l'intégrité du territoire arménien, c'est qu'à un moment, l'Union européenne fasse clairement savoir qu'elle est prête à mettre en place une force d'interposition qui puisse permettre de surveiller les agissements de l'Arménie. Les observateurs européens ont déjà permis de mettre un taquet. Le seul taquet durable sera une présence durable de l'Europe dans cette zone du monde.

C'est notre devoir à un moment où les États-Unis ont décidé de ne plus être les défenseurs des peuples libres. Alors mes amis, nous devons protéger l'Arménie. Nous devons protéger l'Arménie parce qu'il n'y a pas de plus grande injustice aujourd'hui dans ce qui est devenue la diplomatie internationale que le fait que l'on parle de toutes les crises dans le monde, sauf celles que vit l'Arménie au quotidien.

Nous devons protéger l'Arménie parce qu'il n'est pas acceptable qu'un peuple qui a déjà connu un génocide soit à nouveau sous la menace exactement des mêmes bourreaux comme si nous n'avions rien appris de l'histoire un siècle plus tard. Nous devons protéger l'Arménie parce que dans notre conception de ce que doit être le XXIe siècle, ça ne peut pas être un dictateur financé par le gaz et les hydrocarbures qui peut ainsi menacer une démocratie la seule de cette zone juste parce que c'est une démocratie qui n'a renoncé ni à son histoire ni à sa foi. Mes amis, nous devons enfin protéger l'Arménie parce que se joue là une certaine conception de ce qu'est pour nous le XXIe siècle à venir.

Soit ce sera un XXIe siècle marqué par la barbarie, soit ce sera un XXIe siècle dans lequel nous sommes capables de défendre ce qu'était notre vision du monde et ce qu'était notre vision de ce que sont les relations internationales. Quand on parle du sursaut européen, c'est un sursaut européen qui doit valoir pour l'Ukraine, mais c'est un sursaut européen qui doit valoir pour l'Arménie, pays avec lequel les liens remontent au Moyen-Âge entre notre territoire, notre continent et le territoire arménien. Si nous étions, mes amis, en Arménie, ce verre serait plein de vin rouge.

Si nous étions, mes amis, en Arménie, par exemple à Goriche, là où les caves sont pleines et où les cœurs sont généreux, ce verre serait plein de vin rouge. Si ici, quelqu'un comprenait mon message, il me tendrait un verre de vin rouge. Je suis preneur d'en avoir un.

Par exemple, le tien, Vanessa. Merci à toi. Si nous étions en Arménie, nous conclurions nos discours par cet appel qui est un appel retentissant qui pour moi résume toute l'âme arménienne, Genats.

C'est-à-dire à la vie, mes amis, à la vie des otages arméniens, à la vie d'Artsar, à la vie de Sunnik, à la vie de l'Arménie et au devoir de la France de protéger l'Arménie. Genats, mes amis, à la vie. Merci.

Merci. Merci.