Michel-Édouard Leclerc annonce des baisses de prix et parle d'une "belle victoire"
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Bonjour Michel-Edouard Leclerc. Bonjour, comment allez-vous, tous mes voeux ?
- 0:02OuverteRéponse directe
Mes voeux également pour vous et puis surtout des voeux aussi pour que ça baisse enfin les prix.
- 1:06RelanceRéponse partielle
Alors, les industriels sont devenus plus raisonnables. On a l'impression, en vous entendant, que cette inflation, elle était due uniquement à eux.
- 1:10RelanceRéponse partielle
En tout cas, qu'ils ont voulu en profiter, quoi.
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Mais d'abord, je voudrais quand même comprendre. Vous avez dit qu'on allait revenir enfin à quelque chose de raisonnable.
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On peut espérer 2,5 à 3 % d'inflation sur les produits alimentaires cette année. J'ai bien compris.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« On va ramener l'inflation alimentaire qui était de 21% sur deux ans. »
- 0:30Invité politiqueChiffre
« On va le ramener dans la moyenne d'inflation en France. »
- 0:33Invité politiqueChiffre
« on n'aura pas plus de 3%, entre 2,5 et 3% sur ces produits qui avaient flambé. »
- 0:48Invité politiqueFait
« les industriels ont compris quand même qu'ils avaient fait une belle connerie en voulant tout prendre la mise en 2 ans, en 3 ans depuis le Covid. »
- 1:43Invité politiqueFait
« Là, on est allé taper les Français, je trouve, de manière honteuse. »
- 1:55Invité politiqueChiffre
« Si un salarié, si un collaborateur, si un chef de caisse, un chef de rayon n'est pas capable d'expliquer pourquoi on augmente le prix des pâtes de 40 % »
- 2:04Invité politiqueChiffre
« vous vous rappelez la hausse ou l'huile de tournesol de 38 % »
- 2:14Invité politiqueFait
« Le système a autorisé ça. Les parlementaires ont autorisé ça. Les politiques ont autorisé ça. »
- 3:08Invité politiqueFait
« Par exemple, tout ce qu'on appelle le grand import. Toute cette zone indo-pacifique où, on reviendra là-dessus, vous en avez parlé avec un écologiste il n'y a pas longtemps, Jean-Marc... Jean-Covici. »
- 3:28Invité politiqueChiffre
« le prix des containers, toutes choses par ailleurs étant égales, le prix des containers a été divisé par 4, par 5. »
- 3:47Invité politiqueFait
« Le marché des céréales s'est retourné. »
- 3:49Invité politiqueFait
« Le marché des cafés s'est retourné. »
- 4:16Invité politiqueChiffre
« Il y en a qui ont pris des 20% l'année dernière. »
- 4:18Invité politiqueChiffre
« Il y en a qui ont pris des 30%. »
- 6:10Invité politiqueChiffre
« Leclerc est le seul distributeur en 2023 à avoir fait de la croissance en volume. »
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Bonjour Michel-Edouard Leclerc. Bonjour, comment allez-vous, tous mes voeux ? Écoutez, merci beaucoup. Mes voeux également pour vous et puis surtout des voeux aussi pour que ça baisse enfin les prix.
Est-ce qu'on peut l'espérer pour 2024 ? Oui, Bruno Le Maire va pouvoir le dire. Et cette fois-ci, il aura raison. Et cette fois-ci, il aura raison. Alors bien sûr, ça dépend du résultat des grandes négociations que nous avons tous. Tous les distributeurs en parlent. Il y a des noms qui circulent, des résistances. Il faut fighter pas mal. Mais oui, je pense qu'on va ramener l'inflation alimentaire qui était de 21% sur deux ans. On va le ramener dans la moyenne d'inflation en France. Et je pense que pour l'année qui vient, on n'aura pas plus de 3%, entre 2,5 et 3% sur ces produits qui avaient flambé. Donc ce serait une belle victoire. Il y aura des poches de baisse.
Il y a des endroits où ça va baisser parce que les cours de matières premières ont baissé. Mais dans l'ensemble, les industriels ont compris quand même qu'ils avaient fait une belle connerie en voulant tout prendre la mise en 2 ans, en 3 ans depuis le Covid. Et donc, ils sont devenus plus raisonnables.
Alors, les industriels sont devenus plus raisonnables. On a l'impression, en vous entendant, que cette inflation, elle était due uniquement à eux.
Non, non, non. Ce serait injuste de dire ça.
En tout cas, qu'ils ont voulu en profiter, quoi.
Ce serait injuste de ne présenter ça que de manière un peu manichéenne. Tout le monde a eu des hausses de coûts. Tout le monde a eu des factures à la hausse. Ce que je trouve, c'est que tout le monde est parti très tard pour les renégocier. Parce que si chacun avait fait son boulot dès le début de l'inflation, s'il n'y avait pas eu un déni d'inflation, on aurait pu moins impacter les consommateurs.
On aurait pu se battre failliter, comme vous dites. On aurait pu se battre plus tôt.
Exactement. Et puis la deuxième chose, c'est que quand on est une grande multinationale, on peut étaler les hausses. Après tout, les investissements, ça s'amortit sur 10 ans, sur 12 ans, sur 15 ans. Là, on est allé taper les Français, je trouve, de manière honteuse. Et c'est ce qui fait que sur vos plateaux, je bouillonnais. C'est un truc tout simple. Pour moi, je suis dans un magasin. Si un salarié, si un collaborateur, si un chef de caisse, un chef de rayon n'est pas capable d'expliquer pourquoi on augmente le prix des pâtes de 40 %, vous vous rappelez la hausse ou l'huile de tournesol de 38 %, forcément, ça casse la confiance, ça casse la consommation, ça casse la croissance.
Et on a fait ça. Le système a autorisé ça. Les parlementaires ont autorisé ça. Les politiques ont autorisé ça. Donc maintenant, s'il vous plaît, finissons ce cycle et repartons sur une relation plus confiante avec les consommateurs.
Alors finissons ce cycle. Et vous le dites, d'ailleurs, c'était à la fois dans les rayons, mais aussi dans les couloirs de l'Assemblée, en quelque sorte. C'est-à-dire qu'il a fallu se battre politiquement, comme vous dites. Mais d'abord, je voudrais quand même comprendre. Vous avez dit qu'on allait revenir enfin à quelque chose de raisonnable. On peut espérer 2,5 à 3 % d'inflation sur les produits alimentaires cette année. J'ai bien compris. L'alimentaire est de consommation courante. Il y a encore d'autant d'alimentation. Un panier. Un hypermarché. Voilà. Mais ça ne veut pas dire pour autant que les prix vont baisser.
Alors il y en a qui vont baisser.
Ils vont juste moins monter.
La plupart vont juste moins monter. Mais il va y avoir quand même des baisses.
Vous avez évoqué des poches de baisses.
Des poches de baisses. Lesquelles ? Parce qu'il y a plusieurs endroits où ça se négocie, où ça s'achète. Ce n'est pas tout en France. Par exemple, tout ce qu'on appelle le grand import. Toute cette zone indo-pacifique où, on reviendra là-dessus, vous en avez parlé avec un écologiste il n'y a pas longtemps, Jean-Marc... Jean-Covici. Jean-Covici. Dans le cadre d'une politique de relocalisation, il va falloir probablement changer ça. Mais aujourd'hui, les jouets, le textile, viennent de là-bas. Or, le prix des containers, toutes choses par ailleurs étant égales, le prix des containers a été divisé par 4, par 5.
Donc là, on va avoir des baisses sur les productions de cette R, de cette zone géographique. Ensuite, il y a des marchés qui se sont retournés. Le marché des céréales s'est retourné. Le marché des cafés s'est retourné. Donc, normalement, même en application de la loi française, pour ceux qui se négocient en France, on va avoir des baisses sur des farines, sur des pizzas, sur les pâtes. On va avoir des baisses là-dessus. Voilà un rayon où ça va franchement baisser. Ça va franchement... Je ne sais pas de combien, mais ça va baisser. D'accord ? Après, il y a le rapport de force avec industriels et distributeurs, pour tout ce qui est les grandes multinationales.
Il y en a qui ont pris des 20% l'année dernière. Il y en a qui ont pris des 30%. Donc, cette année, on leur demande de revenir en arrière. C'est ce qui fait que vous entendez ici ou là des noms qui sont cités.
On va y venir, Michel-Édouard Leclerc. D'abord, est-ce que vous, vous continuez à vendre du Pepsi ?
Je continue à vendre du Pepsi. Je ne désespère pas de gagner notre bataille de négociation.
Attendez, quand je dis Pepsi, il faut bien expliquer les choses. Carrefour a décidé de ne plus vendre tous les produits autour de PepsiCo. C'est-à-dire non seulement Pepsi, mais aussi tous les produits dérivés. Parce qu'ils estiment que Pepsi demande des prix beaucoup trop élevés. Ils leur demandent à eux, mais pas à vous ?
Si, si, si, si. Mais on va y arriver.
Si, si, si, si, mais vous, vous estimez en tout cas pas que ce soit le chantage qui vous fasse gagner le rapport de force. Vous n'en avez pas besoin.
Je ne vais pas faire ma sainte-nitouche. On l'a fait, ça, dans les années précédentes.
On se souvient de votre guerre avec Ricard, par exemple.
Avec Ricard, autrefois avec Coca-Cola, etc. En fait, il y a rarement, je trouve, je ne dis pas ça pour tirer dans le dos de Carrefour ou de ceux qui le font, je trouve qu'on ne s'en sort jamais bien, ni l'un ni l'autre, ni le distributeur, ni l'industriel. En l'occurrence, cette année...
Enfin, ils en ont fait vraiment de la com'. C'est-à-dire que dans les rayons de Carrefour, ce n'est pas juste que vous n'avez plus de Pepsi. C'est qu'à la place où vous aviez du Pepsi, vous avez un petit panonceau avec marqué « Nous avons refusé sciemment de vendre du Pepsi parce qu'il vous demandait trop cher ». Donc, en gros, on vous prend à témoin, vous consommateurs, vous qui poussez votre caddie dans le rayon, pour vous dire « Voilà ce qu'il vous demande et nous n'accepterons pas ».
Oui. En l'occurrence, ça m'arrange bien que ce soit d'autres qui jouent le méchant. Pour une fois, ce ne sera pas moi le méchant, ce ne sera pas Leclerc le méchant.
Non, non, on sent bien que vous vous répartissez un peu les rôles. Mais enfin, cette année, visiblement, vous êtes du côté des gentils.
Voilà.
Ou en tout cas des moins méchants.
Alors, si vous voulez bien, on va en profiter. Non, mais la différence, c'est que Leclerc est le seul distributeur en 2023 à avoir fait de la croissance en volume. C'est-à-dire que...
Ça n'était pas la déconsommation dont parlaient certains beaucoup.
Leclerc a cartonné parce qu'avec notre politique de prix, on a eu un million de consommateurs supplémentaires. Donc, nous avons des arguments pour dire aux fournisseurs, vous voyez, vous aviez déconné, là, avec des prix moins chers, vous pouvez, vous aussi, refaire du chiffre d'affaires, de la croissance. Et donc, je pense que cet argument va l'emporter sur le rapport de force.
Ou enfin, vous, vous dites que vous avez fait moins cher. Mais alors, ce matin, si on ouvre les journaux, et notamment un journal de chez vous, vous êtes breton, West France, West France, grande publicité, deux pages de Lidl, qui dit « Nous avons recomparé, encore, et on est les moins chers, encore. » Et ils estiment qu'ils sont 3,6% moins chers que vous, Leclerc.
Qui dit vrai ? Dans sa publicité, il le dit forcément, parce que sinon, sa publicité, elle serait fausse. Et donc, c'est vrai que...
Il dit prix moyen comparé sur 296 produits.
Comme vous avez pu le voir, on est 2 ou 3 distributeurs à se scotcher au meilleur des intérêts des consommateurs. Lidl ne fait pas partie des mauvais. C'est souvent... Lidl est le deuxième magasin des clients d'un Leclerc ou d'un intermarché. Il a très peu de produits comparables avec nous. Il a d'ailleurs un assortiment plus faible, avec des surfaces plus petites. Mais c'est bien, même pour nous, qui sommes globalement les moins chers sur 30 000, 40 000 articles, de se faire challenger. Je trouve super fair play. Oui ?
Non, mais j'avoue que c'est assez surprenant, parce qu'en fait, cette pub, elle n'est pas très sympa pour vous. C'est quand même une pub qui est justement dans la mise en concurrence.
C'est Nadal Federer. C'est Nadal Federer. Il y a des fois, c'est lui qui gagne. En général, c'est nous. Je ne sais plus d'ailleurs lequel des deux gagnez le...
Oui, je ne saurais pas vous dire non plus. Mais disons que c'était un coup l'un, un coup l'autre. Mais ça veut dire quand même, Michel-Edouard Leclerc, que vous considérez que c'est une saine émulation.
Oui, moi je crois à la concurrence. Et c'est ça, ce qui m'a opposé à la classe politique, aux parlementaires qui ont voté les lois anti-concurrence, comme les a déjà qualifiés d'ailleurs le président de l'autorité de la concurrence. C'est ça qui nous a empêchés d'avoir une saine concurrence. Les industriels doivent redevenir concurrents entre eux. Les distributeurs sont très concurrents en France. Et il faut lever les lois qui sont restrictives de concurrence.