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Discours / meetingConférence nationale des Doyen·ne·s de médecine· 13 janvier 2026 18 minFond programmatiqueSantéÉducation & rechercheÉconomie & entreprisesNumérique

Intervention de Philippe Baptiste, Ministre, aux 19es Assises nationales hospitalo-universitaires

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Philippe Baptiste

Monsieur Monsieur le préfet, Monsieur le préfet, madame la madame la rectrice, cher Katia, madame la présidente de l'université, mesdames et messieurs les présidents des conférences organisateurs de ces assises hospitalaux universitaires. Euh merci, merci à merci à tous les organisateurs d'avoir organisé cet événement. Euh je crois que ces remerciements, je peux les je peux les je peux les émettre au nom de toute la communauté des deschus. Euh c'est c'est vraiment très important d'avoir euh réussi à organiser tout cela. Euh mesdames et messieurs les directeurs généraux, mesdames et messieurs les euh présidents d'université, euh les Mesdames et messieurs les doyens en vos gradés.

Je suis très heureux d'être parmi vous aujourd'hui à Nant pour clôturer cette 19e édition des assises hospitalaux universitaire qui ont été ouvertes hier par ma collègue Stéphanie Rist. Je sais l'importance de ce moment qui réunit les acteurs du monde hospitalaux universitaire et qui permet de partager une vision qui est une vision prospective des enjeux de soins, des enjeux d'enseignement et des enjeux de recherche. Depuis hier, vous avez eu le temps d'échanger, de débattre et je suis convaincu que les discussions ont été riches et productives. Et pour ma part, je serai très attentif et je sais que la ministre de la santé le sera aussi.

Je serai très attentif aux propositions qui auront émerger durant ces assises. Il y a plus de 60 ans que le modèle de centre hospitalaux universitaire de Chu français a été créé. Depuis son apparition en 1958. Il a démontré sa robustesse et sa capacité à s'adapter, à s'adapter aux évolutions du système et des besoins des évolutions qui ont pourtant été nombreuses et profondes. Cette durabilité et cette résilience tiennent en grande partie au fait que les chus ne sont pas simplement des hôpitaux avec un label universitaire. Bien au-delà, le chu est un lieu où se rencontre soins, recherche et enseignement. ce qui en fait un acteur pivot de la recherche de l'innovation biomédicale.

Les exemples ne manquent pas pour illustrer ce caractère qui est absolument central. Je vais en citer quelques-uns. Évidemment, les unités mixes de recherche sous la tutelle de l'INCERM ou ou autres organismes sont très souvent hébergés par des chus et pour un/ers sous la responsabilité d'un hospital universitaire, unité mixte évidemment avec les universités aussi, les chus sont le principal promoteur public français d'essais cliniques thérapeutiques et je connais comme vous l'importance de ces essais.

Euh dans la chaîne translationnelle allant de la recherche fondamentale jusqu'au transfert industriel, les chus sont en première ligne pour l'étape clinique humaine, notamment au sein des centres d'investigation et de recherche clinique. Les chus sont aussi des membres fondateurs essentiels des instituts hospitalaux universitaires, des IHU qui ont donné toutes les preuves de leur pertinence et de leur réussite. Et enfin, plus de la moitié des publications dans le domaine biomédical sont signées ou cosignées par un jus.

Pour terminer, je mentionnerai simplement que les chus sont aussi au cœur de la production des données de santé et on sait aujourd'hui quelle est l'importance de ces données et notre notre besoin justement d'être capable de les mobiliser dans les différentes projets les différents projets qui sont qui construisent l'avenir de notre système de soins. Ce ne sont que quelques exemples mais il suffisent à souligner le rôle deschus dans le paysage de la santé en France et aujourd'hui des laboratoires de recherche qui est enfin du laboratoire de recherche jusqu'au suivi des patients.

Inchu, c'est pas autre chose qu'une convention constitutive qui le rend, excusez-moi pour cette la palissade he tout à la fois hospitalier et universitaire. Mais au-delà de cette évidence sémantique, je crois que cette association entre le monde des soignants et le monde universitaire qui est très fusionnel continue de répondre aux attentes des concepteurs de ce modèle il y a plus de 60 ans. Le site Nanté est allé encore un peu plus loin puisque c'est le seul établissement expérimental qui a intégré le chu dans ses membres en y regroupant soins, formation, recherche et innovation. Et l'exceptionnel projet immobilier en cours quartier de la santé sur l'île de Nant en sera la concrétisation.

Surtout, l'association hospital universitaire répond et continue à répondre aux besoins actuels. Nous continuons d'avancer pour élargir le modèle à la maillotique et aux professions paramédicales qui sont encore trop peu universitarisées. Je l'évoquais tout à l'heure, répondre aux enjeux d'efficience et de compétitivité de la recherche biomédicale a bien sûr nécessité des adaptations. Les évolutions récentes de notre gouvernance scientifique ne sont pas anecdotiques avec par exemple la création du comité présidentiel de la science qui qui conseille directement le président de la République, c'est un exemple ou des agences de programmes au sein des grands organismes de recherche.

Ces évolutions témoignent d'une ambition claire : placer la science au cœur de la décision publique et renforcer la cohérence de nos priorités nationales. L'agence de programme en santé qui est placée au sein de l'INCER mais qui associe de fait tous les acteurs, les universités, les autres organismes de recherche et cetera, forte de plus d'un an d'existence joue un rôle clé dans cette dynamique de construction pour accompagner et pour suivre des programmes prioritaires comme les autres agences de programme.

la vocation apporter une stratégie au niveau national, mais les acteurs de terrain peuvent et surtout doivent s'en emparer pour proposer des déclinaison perte d'abord pour construire cette stratégie évidemment avec l'agence mais aussi pour en proposer des déclinaisons qui sont adaptées au contexte et au contexte local et les chu sont évidemment légitimes et pleinement intégré à la gouvernance de ces agences de ces agences de programme en santé et dans l'appropriation de ces priorités. Au-delà du simple pilotage de la recherche, la France doit aussi renforcer sa capacité à transférer les résultats de la recherche pour nourrir l'innovation.

C'est vrai pour la santé, c'est vrai pour tous les domaines de la recherche. Nous devons renforcer le continuum qui va du laboratoire à l'usine ou du laboratoire aux clients ou du laboratoire aux patients. C'est particulièrement important pour que nous gardions la maîtrise de notre avenir au lieu de dépendre de solutions qui sont développées par d'autres avec un risque de vulnérabilité qu'on ne peut pas minimiser. C'était hier et avant-hier à la grande messe européenne du spatial et je tenais exactement le même discours dans un contexte évidemment radicalement différent. C'est les mêmes enjeux.

C'est notre capacité en tant que français, en tant qu'européen à maîtriser notre destin à travers la recherche, à travers l'innovation, à travers le transfert et à travers les produits de demain. De nombreux dispositifs incitatifs existent pour accélérer et faciliter ce transfert. Les universités, leschus, des organismes nationaux de recherche ont su développer aussi des partenariats locaux dans toute leur diversité. Il est essentiel que ces partenariats facilitent le quotidien des chercheurs et des effets leviers sur l'obtention de financement. Et je crois que l'échu doivent pouvoir s'en emparer plus encore qu'aujourd'hui.

La structuration des pôles universitaires d'innovation, les PUI permet au chu d'être partenaires et de coconstruire une stratégie d'innovation entre les acteurs de l'écosystème d'un même territoire. Les chus au côté des universités sont de formidables laboratoires d'innovation pour y accueillir des start-ups, des entreprises pour évaluer des solutions au plus proches des patients et Nant est un exemplaire en la matière. Les chus doivent pouvoir interagir davantage avec les pôles universitaires d'innovation pour bâtir sur leurs atouts mutuels. Cette articulation entre la stratégie nationale et la déclinaison locale est indispensable.

Elle contribue à assurer la cohérence des priorités scientifiques et à renforcer la souveraineté et la compétitivité internationale de la recherche biomédicale française et européenne, domaine dans lequel nous avons, je le crois, un certain retard à combler par rapport à d'autres pays. Je ne peux que me réjouir que vous ayez pu faire avancer votre réflexion collective au service de cette stratégie qui doit aller vers un partenariat plus affirmé, plus assumé, respectant les missions et les spécificités de chacun.

Je sais que vous avez pu aboutir à une déclaration commune d'intention entre les conférences santé, France Université, l'INCERME, je crois même que ça a été signé à quelques instants et je tiens à le souligner dans un climat qui me semble-t-il est un climat apaisé. Je vous en félicite et je reste à votre écoute pour accompagner la mise en musique des pistes que vous avez identifié. Laissez-moi maintenant revenir quelques instants sur le rôle qui est le vôtre dans le contexte particulier que nous connaissons aujourd'hui. La science en particulier biomédicale est constamment menacée, y compris dans les grands pays que l'on pensait jusqu'alors être de puissants alliés.

La recherche sur les maladies infectieuses émergentes et les vaccins a été décimé aux États-Unis alors qu'il elles y occupaient une place incontournable et que nous sortons à peine d'une crise majeure. C'est un domaine dans lequel la France investit fortement sur le plan fondamental et clinique notamment autour du programme France vaccin. La France et l'Europe doivent résister à toute forme d'obscurantisme et de lutte informationnelle. Votre rôle est là essentiel. Montrer que l'hôpital est un lieu de science me semble donc fondamental.

Les professionnels de santé sont parmi les premiers acteurs dans la diffusion de la science parce que leur pratique est fondée sur des données probantes et parce qu'ils sont constamment en lien avec des patients, c'est-à-dire des concitoyens. Au sein des chilles, les étudiants sont imbibés de cette approche en suivant l'exemple de leur père, mais cela doit se poursuivre bien après la formation. L'approche scientifique de la démarche clinique doit être inscrite dans toutes les professions de santé et maintenu tout au long de la vie professionnelle. Ce point me permet de faire une transition évidemment vers les questions de formation.

Les chus sont aussi au cœur des réformes des études de santé. Ces réformes ont été nombreuses ces dernières années. Certains collègues, on dirait trop nombreuses mais enfin c'est ces réformes ont été nombreuses. Elles étaient rendues nécessaires par l'évolution des besoins mais ont parfois été trop complexe qui a parfois pesé sur les sur les chux. Les personnels hospitalaux universitaires sont en première ligne pour la mise en œuvre de ces réformes et les chus doivent aussi s'adapter pour accueillir un nombre croissant d'étudiants et répondre aux besoins de formation.

pour répondre à l'augmentation des fluxillon en médecine en odontologie pour renforcer l'encadrement en médecine générale, accompagner la montée en charge de sites récents et soutenir l'universitarisation de la maillotique ainsi que celle des professions paramédicales. Plus de 450 postes universitaires, dont 400 pour leschus ont été créés au cours des quatre dernières années. Sur le long terme, nous devons poursuivre l'adaptation de nos capacités de formation pour répondre aux besoins de professionnels dans tous les territoires, tout en respectant le bon équilibre entre les exigences d'une recherche d'excellence et le besoin d'avoir une recherche qui soit partout sur les territoires.

Ce renforcement des capacités de formation a été nécessaire car il faut garantir une formation de qualité partout et pour maintenir l'excellence de la médecine française. Je veux redire devant vous que je partage avec la ministre en charge de la santé une attention toute particulière à la question des territoires. Là encore, vous jouez un rôle incontournable avec les facultés de santé. Les chus sont les animateurs et les chefs de fil d'un réseau territorial de soins au service de la formation. Je souhaite à ce titre revenir sur la réussite des expériences d'universitarisation des territoires qui sont unanimement salués par les acteurs territoriaux.

Le maillage territorial par des enseignants universitaires dans les centres hospitaliers non universitaires et dans les maisons de santé plur pluridisciplinair démultiplie les capacités de formation mais aussi de recherche et permett d'élargir le concept de stage universitaire d'y accueillir plus d'étudiants qui se sentant bien encadrés auront tendance à s'y installer. Renforcer la place de l'université au sein des formations paramédicales et du territoire offre aussi la possibilité au campus de santé territoriaux de faciliter le recrutement d'étudiants issus de ces territoires et souvent avec des profils qui sont très différents de ceux des grandes villes.

Mais c'est aussi un levier pour renforcer l'approche pluriprofessionnelle de leur formation et mieux partager les compétences entre acteurs de santé et infin de favoriser une meilleure répartition géographique des professionnels. C'est aussi le sens de l'évolution que je porte résolument avec la ministre de la santé pour les modalités d'accès aux études de santé. Le dispositif mis en place en 2020, peut-être trop complexe et parfois perçu comme inéquitable, sera simplifié dans un modèle unique de première année assurant un équilibre entre les matières purement biomédicales et d'autres compétences utiles aux professionnels de santé.

Ce principe de diversification, je crois qu'il est essentiel non seulement évidemment pour les étudiants qui vont poursuivre dans le monde médical, mais aussi pour la majorité des étudiants qui ne vont pas poursuivre dans le monde médical. Et je tiens et je crois que c'est vraiment partagé par la ministre de la santé, à ce que nous trouvions une solution collectivement avec évidemment les doyens d'un côté mais aussi les présidents d'université de l'autre.

trouver une solution pour cette première année qui soit à la fois plus simple mais qui garantisse aussi aux jeunes qui ne réussissent pas entre guillemets à passer dans le monde de la santé de poursuivre leurs études dans d'autres filières sans revenir à des cycles d'échec qu'on a pu connaître avec la passesse. Ce point me semble être absolument essentiel. Vous le savez, une concertation est en cours pour une mise en œuvre de ce nouveau modèle. qui que qui reste à définir, que vous devez définir euh et qui doit se mettre en place en 2027. Travailler sur les tout débuts de la formation est important car disposer d'une excellence hospitalau universitaire nous oblige.

Il faut savoir attirer et garder les meilleurs profils. Depuis les accords de Séure et les assises hospitalau universitaires de 23, nos ministères ont porté de nombreuses mesures pour améliorer l'attractivité des carrières tant sur le plan de la rémunération que les droits à la retraite et du statut. Je ne les détaille pas, vous les connaissez. D'autres mesures étaient restées en attente. La ministre Stéphanie Rist l'a déjà annoncé, je vous le confirme.

Nous pouvons aller un peu plus loin sur les statuts hospitalaux universitaires, notamment sur la question du temps de travail et nous allons travailler sur les conditions des plus jeunes qui ont une vocation à devenir des hospitalau universitaires titulaires. Mesdames et messieurs, le succès du modèle hospitala universitaire ne doit pas nous laisser céder. à l'inaction. D'importants défis sont devant nous. Je pense notamment à la question des ressources humaines en santé et à la qualité des formation. Les débats, je le sais, sont parfois vifs en la matière.

Ils doivent nous inciter d'une part à avoir une approche rationnelle et scientifique et d'autre part à penser l'ensemble des métiers de la santé dans leur globalité. La formation et la recherche sont des leviers fondamentaux pour accompagner les mutations de notre système de santé. Je pense aussi à la question de la recherche clinique pour laquelle nous avons besoin de trouver de de retrouver de la compétitivité et sortir un petit peu de la complexité actuelle. Un travail interministériel a d'ailleurs été lancé à ce sujet.

En tant que ministre en charge de la recherche, je resterai attentif, vraiment attentif à ce que tout soit mis en œuvre pour préserver et développer notre excellence scientifique dans le domaine biomédical. jusqu'à l'innovation. Pour réussir, le monde du soin et le monde de l'enseignement supérieur et de la recherche doivent travailler main dans la main. Ces assises sont le signe que c'est déjà très largement le cas. Poursuivons ensemble cet effort au service de la science, de la santé et de tous ceux qui travaillent au quotidien pour leur bonne articulation. Je vous remercie.