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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 25 juin 2025 24 min

Sébastien Chenu : "Le rendez-vous de la censure, c'est à l'automne, au moment du budget"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin le député RN du Nord, vice-président du Rassemblement National. Question réaction au 01 45 24 7000 et sur l'application de Radio France. Sébastien Chenu, bonjour. Bonjour monsieur, bonjour madame. Et bienvenue sur Inter. On voulait vous entendre au lendemain de l'échec du conclave sur les retraites. Quelles conséquences politiques donner à cet échec ? Vous allez nous le dire dans un instant. Mais d'abord, après 4 mois de discussion, 18 journées de négociations, c'est la fumée noire et les partenaires sociaux qui ne parviennent pas à un accord. De quoi cet échec du conclave est-il le nom à vos yeux ?

De l'absence de culture du compromis en France ou du caractère définitivement clivé du sujet des retraites ?

0:50
Sébastien Chenu

Un peu tout ça, c'est l'échec d'abord d'une méthode. La méthode de François Béroux, dont personne n'est dupe, qui est celle de gagner du temps, en fait, de créer des artifices et des réunions là où les enjeux finalement sont minimes. Parce qu'on avait bien compris dès le début, avec le départ en particulier d'un certain nombre de partenaires sociaux, que l'enjeu n'était pas l'abrogation de la réforme des retraites d'Emmanuel Macron, mais était simplement quelques rafistolages ou quelques modifications à la marge. Même ça, ça n'a pas fonctionné en réalité.

Donc c'est un échec parce que le but était finalement à minima, probablement, et parce que derrière ça, il n'y avait pas de volonté de changer les choses.

1:33
Invité

C'est un échec de François Béroux, dites-vous. Quelles conséquences vous tirez de cette phrase-là ?

1:39
Sébastien Chenu

C'est un échec de François Béroux et les conséquences, nous allons les mesurer au moment du budget. Parce que le vrai rendez-vous, y compris d'ailleurs en ce qui concerne le poids des retraites, en ce qui concerne la politique sociale, c'est à l'automne qu'il sera jugé. Le rendez-vous budgétaire, c'est le grand rendez-vous politique de la rentrée qui décidera de l'avenir de notre pays.

2:01
Invité

Donc vous ne censurerez pas François Béroux aujourd'hui ? Vous ne voterez pas la motion de censure déposée par les socialistes ?

2:08
Sébastien Chenu

Le rendez-vous de la censure, c'est à l'automne. C'est au moment du budget. François Béroux, son tour viendra. Pourquoi ? Je vais vous expliquer.

2:15
Invité

Son tour viendra. C'est quoi ? Vous allez le censurer quoi qu'il arrive ?

2:21
Sébastien Chenu

Pas quoi qu'il arrive. On n'a rien d'automatique. Je crois qu'on a déjà démontré que nous n'avions pas la censure pavlovienne. C'est-à-dire que nous sommes capables de regarder. C'est d'ailleurs l'explication. La censure, qu'est-ce que c'est ? Ce n'est pas une fin en soi. Nous, la question que nous nous posons, c'est qu'est-ce que ça apporte aux Français ? La dernière fois, lorsqu'on a censuré Michel Barnier, on l'a fait dans un esprit vraiment responsable parce qu'on s'est dit que ça apporte aux Français des choses dans leur vie quotidienne. C'est-à-dire qu'on a empêché la désindexation des retraites.

On a empêché la hausse du gasoil non routier, qui est le gasoil utilisé par les agriculteurs. Donc, on est revenu en censurant Michel Barnier avec des choses dans le panier pour les Français.

3:00
Invité

La dernière fois, c'est-à-dire que vous aviez dit qu'on ne censurera pas Michel Barnier. Vous l'avez fait, finalement. Pourquoi on devrait vous croire cette fois-ci ?

3:09
Sébastien Chenu

Ah oui, vous nous jugerez sur nos engagements, mais parce qu'une censure, aujourd'hui, ça n'abrogerait pas la réforme des retraites. C'est ça, le problème. C'est que si nous censurons, dans les jours qui viennent, François Béroux, la réforme des retraites, elle demeure. Et qu'en fait, c'est, j'allais dire, un coup pour rien. Et nous, je vous le redis, on se pose la question, quel est le gain pour les Français ? Accessoirement aussi, le gain politique, que nous avons de tout ça au sens noble du terme. Or, à part mettre le bazar avant l'été, il n'y a pas de gain.

Alors qu'au moment du budget, à l'automne, nous allons pouvoir demander à François Béroux de bouger des lignes, que ce soit sur l'énergie, par exemple, ou que ce soit sur la politique migratoire.

3:49
Présentateur

Alors, citation, on va voir si le RN décide de sauver, une fois de plus, le système Macron. On peut le penser, car ce parti n'a plus de ligne. Sinon, attendre les décisions de justice et se faire accepter par la droite traditionnelle. Ça, c'est signé Jean-Luc Mélenchon sur X.

4:07
Sébastien Chenu

Vous allez donc sauver, une nouvelle fois, François Béroux. Venant de Jean-Luc Mélenchon, dont les candidats se sont désistés, dont les appels à voter au moment des législatives pour la Macronie ont été si nombreux pour faire barrage au Rassemblement National, dit bien que Jean-Luc Mélenchon n'a qu'une vision, finalement, politicienne des enjeux de notre pays. Nous, on regarde quel est l'intérêt du pays. L'intérêt, c'est de faire bouger les lignes au moment du budget. C'est d'obtenir des choses. C'est de faire en sorte que le budget qui est en construction soit au bénéfice des Français et, accessoirement, suive des demandes, c'est-à-dire suive nos lignes rouges.

4:37
Invité

Vos électeurs qui écoutent ce matin doivent se dire, mais ils sauvent encore François Béroux. Vous auriez pu le censurer aujourd'hui et provoquer soit une dissolution et une nouvelle élection et peut-être, si vous arrivez au pouvoir, abroger la réforme des retraites, parce que c'est ce que vous souhaitez, soit une présidentielle anticipée. Et là, vous décidez du statu quo. Vous décidez de sauver et de garder François Béroux à Matignon. Vous dites que c'est un échec. Elle est où votre cohérence, en fait ?

5:05
Sébastien Chenu

La cohérence, ça permet de se donner rendez-vous au moment du budget, c'est-à-dire de dire à François Béroux, qui va nous dévoiler à partir du 15 juillet, ses pistes budgétaires, ce en quoi nous sommes d'accord, pas d'accord sur l'avenir de la France. Et, comme je vous l'ai dit, son tour viendra. Si nous considérons que le budget fait l'impasse sur les grands chantiers qui sont les nôtres, fait les poches des Français, eh bien, il n'échappera pas à la censure. Vous savez, on n'a pas peur, on ne redoute rien. On a déjà voté une censure proposée par la gauche et l'extrême-gauche. On n'a aucun problème avec ça. Mais encore une fois, qu'est-ce que ça rapporte pour les Français ?

Est-ce qu'aujourd'hui, Ferton Béroux, aujourd'hui où nous nous parlons ce mercredi matin, permettrait d'abroger la réforme des retraites ? Non, est-ce que ça permettrait une nouvelle politique énergétique de faire baisser, par exemple, les tarifs de l'énergie ?

5:51
Invité

Ils vont comprendre, les électeurs, vous pensez, vos électeurs sur les marchés vont pas vous dire, ben voilà, vous protégez le système, en fait ?

5:57
Sébastien Chenu

Non, que pour les trois mois d'été, oui, les Français comprennent sans aucun problème. D'ailleurs, je ne suis pas persuadé que tout le monde ait envie de se ruer dans des campagnes électorales éventuelles en plein cœur de l'été. C'est pour prendre des vacances, en fait, c'est ce que vous dites. Non, pas vraiment, parce que, je vous l'ai dit, il y a une construction de budget à partir du 15 juillet. Et là, ça va être très intéressant, parce que c'est quand même le sort de la France. L'idée, ce n'est pas sans arrêt de faire des allers-retours et de changer de Premier ministre. L'idée, c'est de savoir quels gains politiques on a pour les Français.

Aujourd'hui, des gains politiques, il n'y en a pas avec cette censure. On n'est pas dupes non plus, c'est un peu les manœuvres du Parti Socialiste qui cherchent à se réaligner. Je vous rappelle qu'il y a quelques mois, le Parti Socialiste n'a pas voté la censure permettant à François Bayrou de dérouler son programme. Donc, nous, on compte sur nos forces, on compte sur nos logiques, on compte sur nos propositions pour faire bouger les lignes à la rentrée. Et François Bayrou devrait prendre cela, en fait, cette non-censure, comme un véritable avertissement.

6:48
Présentateur

Sébastien Chenu, revenons au fond. Je me demande si, dès les premiers jours, les organisations patronales ont voulu un accord. A commenté la négociatrice pour la CFTC. Selon vous, le MEDEF n'y est-il pas allé avec des semelles de plomb à ce conclave, en espérant qu'il n'y aura pas d'accord et que, du coup, la réforme borne s'appliquera ?

7:09
Sébastien Chenu

Probablement. Les propos, d'ailleurs, particulièrement délirants du MEDEF à la sortie de ce conclave, demandant la retraite à 67 ans, nous font penser que tout ça était un jeu de dupe. Mais enfin, la CFDT n'a pas non plus vraiment de leçons à donner. Elle est arrivée en disant qu'elle acceptait la réforme des retraites telle qu'Emmanuel Macron l'envisageait. Donc, si vous voulez, qu'est-ce qu'il restait à négocier ?

7:28
Invité

Elle a fait une erreur de dire ça, de dire, de notre côté, on obtient des choses pour la pénibilité, pour les femmes, pour les carrières hachées, et on lâche sur les 64 ans.

7:40
Sébastien Chenu

Ben oui, mais il n'y a rien. Résultat, il n'y a rien. C'est-à-dire que les mesures sur la pénibilité...

7:43
Invité

C'est la CGT qui avait raison de claquer la porte ?

7:45
Sébastien Chenu

Non, mais il y avait la CGT, il y avait FO, il y avait U2P, il y avait plusieurs organisations. Tous ceux qui, effectivement, considéraient qu'il fallait abroger la réforme des retraites à 64 ans ont raison. On ne peut pas continuer à demander aux Français autant d'efforts, et surtout avec une réforme si injuste et si coûteuse aujourd'hui. Donc, la CFDT y est allée en plombant aussi le match, tout comme le MEDEF. Mais je crois qu'en fait, tous ces gens-là sont des hypocrites. Ils savaient d'emblée que rien ne bougerait, ils jouaient des rôles.

8:12
Invité

Mais vous alors, pardon de vous poser la question, parce qu'on avait Jean-Philippe Tanguy sur l'antenne à Question politique dimanche, qui annonçait que le programme du RN pour la présidentielle de 2027 ne sera pas le même que celui de 2022, notamment sur la question des retraites. On ne s'interdit pas de demander à des gens qui ont des carrières plus faciles de faire des efforts. Qu'est-ce que ça veut dire ? On rappelle qu'en 2022, vous disiez qu'on reviendra avec nous aux 62 ans et aux 60 ans pour ceux qui commencent à travailler avant 20 ans. Est-ce que cette phrase-là sera réécrite dans le programme de 2027 ?

8:49
Sébastien Chenu

Oui, ça, ça ne va pas bouger. Ça ne va pas bouger. 40 annuités, vous avez commencé à travailler avant 20 ans, vous avez vos 40 annuités. Qu'est-ce qui va bouger ? Vous pouvez partir à 60 ans. Et ensuite, on avait dit qu'on le faisait évoluer de façon progressive jusqu'à l'âge de 62 ans avec 42 annuités. Et ça, déjà, ça fait gagner des années par rapport au système actuel. Donc ça, ça ne va pas bouger. Mais il y a d'autres choses qui peuvent bouger dans le programme. Quand Jean-Philippe Tanguy dit que le programme de 2027 ne sera pas exactement le même que 2022, heureusement, le monde a bougé. Oui, d'accord. Sur les retraites, c'est un marqueur fort.

9:19
Invité

Vous demanderez à des gens qui ont des carrières faciles de faire plus d'efforts, de travailler plus longtemps ?

9:23
Sébastien Chenu

À partir du moment où vous avez entré, par exemple, à 25 ans sur le marché du travail, vous pouvez en sortir à 67 ans après 42 années de cotisation. Non, à 25 ans, c'est qu'en général, vous ne faites pas des travaux manuels, des travaux difficiles, etc. Je suis désolé, vous et moi, faire deux ans de plus, quand on est rentré, ce qui était un peu mon cas, je ne sais pas pour vous, mais à 25 ans sur le marché du travail, on peut évidemment aller plus loin. Mais ça, ça ne change pas.

9:49
Présentateur

Mais quelle est votre ligne économique, Sébastien Chenu ? Est-ce que vous êtes un libéral ? Non, pas vraiment.

9:57
Sébastien Chenu

Vous savez, c'est ça qui, je pense, embête, angoisse ou fait fantasmer. C'est que nous ne sommes ni des libéraux, ni des marxistes.

10:04
Invité

Hier, Jordan Bardella a dit clairement, face caméra, oui, je suis libéral.

10:10
Sébastien Chenu

Mais sur un certain nombre de questions, c'est-à-dire qu'on est pour la liberté, la liberté d'entreprendre, la capacité.

10:15
Invité

Il l'a dit devant les chefs d'entreprise, il a dit oui, je suis libéral. Et la question interroge, pardon, parce que vraiment, on se demande où est votre ligne. C'est-à-dire, d'un côté, vous avez Jordan Bardella qui dit je suis libéral, et de l'autre, Marine Le Pen qui, il y a 15 jours, dénonçait l'Union Européenne, marchande et ultralibérale. Vous êtes où ?

10:30
Sébastien Chenu

Des pragmatiques, voilà ce que nous sommes. C'est-à-dire que lorsque nous considérons qu'une mesure peut avoir du sens, peut être dans l'intérêt général des Français, on l'apprendra. Et cette mesure, effectivement, c'est le fait de pouvoir...

10:40
Invité

Là, on vous parle de philosophie, quelle est la ligne politique du RR ?

10:43
Sébastien Chenu

Non, mais vous voulez nous enfermer dans une cage ? Non, je ne vous enferme pas, c'est Nicolas. Non, c'est une colonne vertébrale, là.

10:47
Invité

C'est une colonne vertébrale.

10:48
Sébastien Chenu

Mais le pragmatisme, c'est une colonne vertébrale. C'est-à-dire, trouver, effectivement, les solutions qui permettent à notre économie de créer des emplois, qui permettent à ceux qui la font vivre de le faire sans contrainte. Et de l'autre côté, l'État régulateur, protecteur, qui vient corriger les insécurités, finalement, que les Français pourraient rencontrer.

11:05
Invité

Nicolas Dupont-Aignan disait lui-même, en ayant entendu Jordan Bardella, hier, il le dit, il le dit, à force de faire des zigzags, on ne sait plus où habite le Rassemblement National.

11:14
Sébastien Chenu

Moi, je crois que les Français, et en tous les cas, lorsqu'ils votent, savent très bien ce qu'ils achètent en votant Rassemblement National. C'est-à-dire qu'il n'y a pas de surprise avec nous. Nous, on est pour un État protecteur, un État stratège, un État qui régule, mais on est pour la liberté, c'est-à-dire qu'on n'est pas pour l'État qui vient emmerder les créateurs d'entreprises, qui vient emmerder les Français, et qui vient leur faire les poches accessoirement.

11:36
Présentateur

Jordan Bardella, question de ligne, là encore, semble défendre une union des droites en 2027, au diapason avec Éric Ciotti. Marine Le Pen n'en veut pas, et vous, vous, vous êtes où ?

11:48
Sébastien Chenu

Moi, je pense que l'union des droites, c'est trop restrictif. Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas commencer par là, parce qu'il faut bien commencer par un bout. Or, visiblement, on a plus de chances de pouvoir le faire, de pouvoir unir les patriotes en commençant par la droite, mais il n'y a pas que des patriotes à droite. Moi, je suis élu d'un département et d'une circonscription où toutes les communes sont gérées par la gauche, et pourtant, le rassemblement national, ma candidature, celle de Marine Le Pen, celle de Jordan Bardella aux européennes, rassemblent une majorité dès le premier tour. Il y a des patriotes à gauche, il faut leur tendre la main.

Je vais vers celui qui me contredit, écrivait Montaigne. C'est ça, en fait, l'union des patriotes. Allez vers les Français, qui peuvent douter, mais qui se rassemblent sur une chose, la France ne peut pas s'effacer.

12:25
Invité

Là aussi, il y a deux lignes. Il y a deux lignes, reconnaissez qu'il y a deux lignes. Que Marine Le Pen, elle dit, ni droite, ni de gauche. Elle dit patriote, ni droite, ni de gauche. Et vous avez un Jordan Bardella qui, de plus en plus, vante l'union des droites.

12:36
Sébastien Chenu

Elle dit au-delà de la droite et de la gauche.

12:38
Invité

Oui, mais vous avez un président de votre parti qui ne dit pas ça, qui dit les victoires futures. Je lis son livre. Les victoires futures passeront par l'unité du camp patriote et par une capacité à agréger les orphelins de la droite orléaniste. C'est exactement ce que je viens de vous dire.

12:51
Sébastien Chenu

Il faut bien commencer par quelque chose pour unir les patriotes. Or, il est plus facile aujourd'hui, dans l'échiquier politique, d'unir des patriotes venant de la droite que ceux venant de la gauche. Mais ça se fait dans les urnes.

13:03
Invité

Alors, une question rapide sur les violences durant la fête de la musique ce samedi, parce que c'est une question importante, est la question des piqûres. Il y a 150 personnes qui ont été piquées. C'est un nouveau fléau, ces piqûres. Comment on fait pour lutter contre ces mômes qui vont profiter de la fête de la musique et qui se font piquer ? On ne sait toujours pas ce qu'ils leur injectent.

13:23
Sébastien Chenu

Oui, alors ce n'est pas les piqûres en tant que telles qu'il faut, qui sont à mettre en question. C'est l'insécurité, les actes d'insécurité. Aujourd'hui, c'est les piqûres. C'est aussi en parallèle les coups de couteau, etc. Il y aura toujours des façons d'exprimer une violence. Ce qu'il faut, c'est évidemment la sanction et la prévention. Les deux leviers. Or, aucun des deux n'y est. Je vois qu'il n'y a d'ailleurs pas d'effet Retailleau en matière d'insécurité dans notre pays. Ça continue à se dégrader. Faites de la musique, manifestations sportives. Le résultat est toujours le même. Bruno Retailleau peut chaque semaine ouvrir un dossier, faire des moulinets du bras.

Ça continue à se détériorer. Tant qu'on n'arrivera pas à ouvrir le dossier de la justice des mineurs, avec les difficultés. Je ne dis pas que tout ça est facile. Mais la justice des mineurs, la responsabilité des parents, vous ne ferez pas le chemin. L'insécurité, les insécurités, elles sont multiformes. On le voit bien, vous parlez des piqûres. Mais on voit bien que ce sont les homicides, ce sont les homejackings, ce sont la hausse des agressions sous différentes formes. Il y a donc la nécessaire réponse pénale, la responsabilisation des parents, j'en parle. Et puis, évidemment, dans l'insécurité sont mis en cause les mineurs et les étrangers dans des proportions excessivement importantes.

Tant que vous ne soulevez pas, que vous ne traitez pas ces deux questions, celle des mineurs, celle des étrangers, vous n'y arrivez pas.

14:39
Présentateur

Avant de passer à l'international, on passe au standard. Bonjour Maurice.

14:44
Auditeur

Bonjour. On vous écoute. Je voulais poser une question à votre invité. C'est la taxe Zuckman qui était juste et qui a été justement refusée par le Sénat. Et là, c'était une mesure sociale qui, justement, ne pénalisait pas les Français.

14:59
Présentateur

La taxe Zuckman. Merci Maurice pour cette question. Taxe sur les très, très, très riches. Retoqué. Sébastien Genu.

15:10
Sébastien Chenu

Nous, on a un modèle de fiscalité qui demande effectivement la mise à contribution, notamment des entreprises qui font des super profits, notamment une taxe sur les rachats d'actions. On ne s'aligne pas sur les propositions des autres. L'idée, sincèrement, c'est aussi d'empêcher les gens fortunés de quitter le pays, parce que ce ne sera pas un gain, évidemment, s'ils s'en vont, ils ne paieront pas davantage d'impôts. Donc la taxe Zuckman, en cela, elle n'est pas pertinente. Mais mettre à contribution des gens, notamment sur des taxes qui ne soient pas forcément pérennes, la taxe sur la contribution qu'on demande aux entreprises lorsqu'ils font des sur-profits, elle n'est pas pérenne.

Elle est sur un moment, justement, identifié pour les empêcher de délocaliser. Donc, en fait, je pense que c'est là aussi qu'on retrouve notre logique pragmatique.

15:54
Invité

Une question sur l'international, c'est le cessez-le-feu, donc, depuis quelques heures, après 12 jours d'une guerre lancée par l'armée israélienne avec les Américains, visant les installations nucléaires iraniennes. Le cessez-le-feu, donc, est-ce que vous le regrettez ? Vous auriez espéré qu'ils continuent, qu'ils obtiennent la chute du régime iranien ?

16:11
Sébastien Chenu

La chute du régime iranien, elle appartient aux Iraniens. Le monde va mieux, d'ailleurs, ira mieux demain sans ce régime de Taré, sans ce régime de Mollah. Voilà, ce qu'il faut saluer, c'est effectivement la fin d'hostilité qui pouvait permettre à des gens de perdre la vie. Ce qu'il faut saluer, c'est l'affaiblissement du régime iranien et son incapacité demain à menacer de façon nucléaire les équilibres d'Israël et du monde. Et ça, il faut s'en féliciter. Le monde va mieux aujourd'hui qu'il allait il y a 12 jours. Le monde va mieux.

16:41
Invité

Grâce à Benjamin Netanyahou et à Donald Trump ?

16:43
Sébastien Chenu

Aussi, bien entendu. Ils ont fait le sale boulot. Ils ont fait le boulot que personne ne voulait faire depuis des années et se débarrasser, en tous les cas, de la menace nucléaire iranienne. Et je crois une bonne chose. Maintenant, il y a le régime. Demain, ça ne veut pas dire que la fière est finie. Il y a le régime iranien. Je pense sincèrement qu'il en a pris un bon coup dans l'aile, qu'il aura du mal à se maintenir. Et il faut soutenir le peuple iranien pour venir à bout de ce régime. Mais c'est au peuple iranien de décider de son avenir.

17:09
Présentateur

Donald Trump, qui déconcerte une nouvelle fois ses alliés de l'OTAN, en restant évasif sur son engagement à les défendre s'ils étaient attaqués. Il répète que pour lui, il faut que chaque pays de l'OTAN alloue 5% de son PIB aux dépenses militaires. On en est très loin. Mais selon vous, on n'y échappera pas à ce 5%. Il faut lui promettre de viser cet objectif ou c'est du chantage ?

17:40
Sébastien Chenu

Non, mais je pense que la seule promesse qu'on doit avoir, c'est nous, un réarmement national, c'est-à-dire un budget de la défense qui soit conséquent. Ça, c'est la seule promesse qu'on peut se faire à nous-mêmes. On n'a pas de compte à rendre à Donald Trump. Non, mais notre défense militaire nécessite largement d'aller au-delà de 5 milliards d'investissements. Mais ce n'est pas à Donald Trump de fixer nos objectifs, y compris dans l'OTAN. Là, c'est ce qu'il fait. D'accord.

18:04
Invité

Et si vous étiez au pouvoir aujourd'hui, vous demanderez 5%. Comme à tous les membres de l'OTAN.

18:09
Sébastien Chenu

D'accord, mais on n'est pas obligé de répondre aux doigts et à l'œil à Donald Trump. Donc vous lui dites non. Oui, on dit d'abord qu'on doit se réarmer nous-mêmes nationalement en matière de défense.

18:17
Invité

Dominique de Villepin était à notre micro à votre place hier. Il a annoncé le lancement de son parti, la France humaniste, se positionne pour 2027. Il affirme revenir sur le devant de la scène pour que les Français ne soient pas prisonniers d'un clivage entre la radicalité de la France insoumise et la radicalité du RN. Est-il un candidat sérieux pour 2027 ? Il peut attirer vos électeurs ? Il est patriote, non ?

18:36
Sébastien Chenu

Non. Ah non, ça ne nécessite pas de développement, si. Non, je pense que personne n'attend Dominique de Villepin. Enfin, Dominique de Villepin fantasme sur l'idée qu'on l'attende. Ça fait 20 ans qu'il n'a pas participé au débat public, qu'il n'a rien à dire. Aujourd'hui, il a trouvé un petit créneau. Sincèrement, il n'y a pas un Français que je croise qui me dit vivement Dominique de Villepin. Personne ne se réveille le matin.

18:56
Invité

Dans les sondages de popularité, il est en tête ?

18:57
Sébastien Chenu

Oui, parce qu'en fait, on se souvient de son discours, d'un discours qu'il avait prononcé qui était intéressant. Mais vous savez, c'est l'espèce de nostalgie qui rend populaire des gens qui, à un moment, nous ont peut-être un peu fait espérer ou fait rêver. Dominique de Villepin, aujourd'hui, à part la France insoumise, il ne fait rêver personne.

19:12
Invité

Souhaitez-vous, comme Jordan Bardella, une présidentielle anticipée ?

19:15
Sébastien Chenu

Mais nous souhaitons nous débarrasser de la politique d'Emmanuel Macron et que nos idées arrivent au pouvoir. La première étape, c'est d'abord des législatives anticipées.

19:22
Invité

Pourquoi il a dit ça ? Pardon, je vous demandais de faire l'exégèse de Jordan Bardella, mais il semble avoir une liberté de ton de plus en plus et dire des choses qui ne sont pas dans la ligne du parti. Donc, on aimerait savoir quelle est la ligne du parti, puisque vous êtes porte-parole et vice-président. Il a dit, le 16 juin, donc il y a 10 jours, sur RTL, en cas de chute de Bayrou, il estimait que seule une présidentielle anticipée permettrait de sortir de la crise. Il ne parle pas de dissolution des législatives, il parle d'une présidentielle anticipée.

19:49
Sébastien Chenu

Oui, mais il y a, parce qu'en fait, je pense qu'il dit ce que disent beaucoup de Français, vivement qu'Emmanuel Macron se casse. On n'en peut plus, vivement que ce président de la République qui abîme tant le pays s'en aille.

19:58
Invité

Et donc, vous souhaitez quoi ? Une présidentielle anticipée ou des législatives ?

20:01
Sébastien Chenu

Nous, on souhaite une majorité pour arriver au pouvoir. La première des choses, d'abord, on souhaite gouverner. On souhaite gouverner et le plus tôt possible, et le plus clairement possible.

20:09
Invité

Donc, une présidentielle anticipée.

20:11
Sébastien Chenu

La première étape, c'est d'abord des législatives anticipées.

20:13
Invité

Ah, donc vous n'êtes pas d'accord avec lui ?

20:14
Sébastien Chenu

La première étape, nous nous le disons, c'est une demande de législatives anticipées. Il faut vous mettre d'accord, hein ?

20:19
Invité

Sébastien Chaudy, il faut vous mettre d'accord, parce que vous avez le président du parti qui dit ça. Ce n'est pas antagoniste. Sachant qu'évidemment, nous, on réfléchit. On dit présidentielle anticipée, ça veut dire quoi ? Ça veut dire Marine Le Pen. Marine Le Pen ne peut pas se présenter.

20:31
Sébastien Chenu

Quand je dis une législative anticipée, Marine Le Pen ne peut pas s'y présenter davantage. Donc, vous voyez bien que le sujet, ce n'est pas Marine Le Pen. Marine Le Pen n'espère pas députée, elle n'espère pas président de la République. D'accord, mais quand je vous dis une législative anticipée, je ne vise pas Marine Le Pen. Marine Le Pen ne regarde pas son intérêt personnel. Elle se demande comment le pays peut se redresser. Nous considérons que la première réponse, c'est la législative. Et puis, quand les choses se coincent, il faut demander à celui qui les a coincées de les décoincer. Emmanuel Macron a la clé pour décoincer tout ça.

20:59
Invité

Et vous l'avez dit, Jordan Bardella ?

21:00
Présentateur

Absolument. Un mot sur les propos controversés d'une de vos députées, Caroline Parmentier, élue députée du Pas-de-Calais depuis 2022, proche de Marine Le Pen. Elle était journaliste pour le quotidien catholique présent entre 1986 et 2017. Mediapart a exhumé plusieurs de ses articles dans lesquels elle avait entre autres comparé l'avortement à un génocide moral, idéologique et même physique, déplorant que le maréchal Pétain ait été sali et diabolisé ou assimilé le préservatif à une tromperie criminelle qui met en danger des vies humaines. Que vous inspirent ces propos ? Et là aussi, c'est la ligne du RN ?

21:40
Sébastien Chenu

Non, pas du tout. Et d'ailleurs, c'était la ligne de présent. Un journal qui nous combattait. Je rappelle que ce type de journaux d'extrême droite n'ont jamais pardonné à Marine Le Pen d'avoir fait évoluer largement, combattu une ligne, contesté ce type de propos. Donc, ils nous ont fait la guerre. À l'époque, Caroline Parmentier était dans cet organe et combattait le Rassemblement National.

22:03
Présentateur

Mais on peut défendre le maréchal Pétain et rester député du RN ?

22:07
Sébastien Chenu

Mais c'était bien avant. Elle a changé. Elle a rompu avec cette logique-là. Regardez, Edouard Plenel, lui, défendait bien Septembre Noir et l'assassinat d'athlète israélien. Je dis Edouard Plenel parce qu'il est à la tête de Mediapart. Non mais il l'est toujours. Il n'a jamais regretté ses propos. Il n'est pas élu d'un parti. D'accord. C'est important. Il est à la tête d'un organe de presse qui donne des leçons et qui juge.

22:27
Invité

La question, c'est là aussi, c'est toujours la même question. C'est votre question de ligne.

22:31
Sébastien Chenu

Caroline Parmentier a rompu avec cette ligne. Elle a rompu avec une ligne qui n'est pas la nôtre.

22:37
Invité

Elle a écrit jusqu'en 2017.

22:39
Sébastien Chenu

Elle n'était pas des nôtres jusqu'à ce moment-là. Et puis à un moment, elle a rompu.

22:43
Invité

Vous pensez qu'elle ne pense plus du tout ce qu'elle dit là ?

22:46
Sébastien Chenu

Ah oui, je pense absolument qu'elle ne pense pas du tout ça. Et surtout, je pense que c'est notre rôle de faire revenir dans le champ républicain des gens qui se sont égarés dans des propos aussi d'ailleurs intolérables. Mais il y a beaucoup de gens qu'il faut faire revenir dans le champ républicain. Moi, quand j'entends des propos d'extrême-gauche antisémite, j'ai envie de leur dire, écoutez, gardez la tête froide, revenez dans le champ de la République. C'est notre boulot aussi aux politiques, finalement, comme nous, responsables de faire revenir des gens dans le champ républicain. Caroline Parmentier a rompu avec tout ça il y a bien longtemps.

Exhumer ce genre de propos, c'est quand même un peu déloyal. Il y a des propos qui ont 30 ans, M. Demorand, des propos qui ont 30 ans des années 90. Donc à un moment, revenons sur terre. Regardons ce que Caroline Parmentier a fait depuis qu'elle est députée Rassemblement National. Je pense qu'elle est assez irréprochable.

23:30
Invité

Donc pas de sanctions, elle est bien dans vos rangs ?

23:31
Sébastien Chenu

Aucun problème. Le passé, c'est du passé.

23:34
Présentateur

Sur Boilem, sans salle, dernière question. Le parquet du régime algérien a requis 10 ans d'emprisonnement contre l'écrivain. Réaction ?

23:45
Sébastien Chenu

Beaucoup d'émotion d'abord parce que moi, ça fait longtemps que je suis ce dossier-là et pas seulement moi au Rassemblement National. Mais à quel moment est-ce qu'on utilise les leviers, la tonalité de la diplomatie française pour libérer un écrivain français qui n'a rien à se reprocher, qui n'a rien fait, qui a juste écrit, parlé, contesté ? Elle est où la réponse graduée de Bruno Retailleau sur l'Algérie ? Je pense que c'est surtout une réponse très dégradée aujourd'hui. Moi, je pense à Boilem sans salle et je demande, et nous demandons, comme l'a fait Marine Le Pen, la mobilisation du gouvernement pour libérer notre compatriote.

24:18
Invité

Et on pense tous à lui. Merci.

24:19
Présentateur

Sébastien Chenu, merci vice-président du Rassemblement National.

Sébastien Chenu : "Le rendez-vous de la censure, c'est à l'automne, au moment du budget" — Sébastien Chenu · Pourquijevote