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interviewC dans l'air (sur YouTube)· 22 septembre 2025 10 min

La France reconnait l'Etat de Palestine

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Il s'apprête à reconnaître l'Etat de Palestine et insiste: "Ce que veut la France, c'est la paix avec des contreparties imposées comme le démantèlement du Hamas et la libération des otages." - Une offensive médiatique pour mieux défendre sa stratégie diplomatique. Télévisions israélienne et américaine...

E.Macron justifie sa décision de reconnaître l'Etat de Palestine. - E.Macron: Nous sommes à un moment crucial où, si nous voulons la paix et la sécurité pour tous dans la région, nous devons préserver une perspective politique commune.

Nous annoncerons donc la reconnaissance, ce qui marquera le début d'un processus politique et d'un plan de paix et de sécurité. - L'aboutissement d'une initiative française lancée il y a plusieurs mois. Cette reconnaissance ne se fait pas sans certaines conditions. - E.Macron: Ce que veut la France, c'est un cessez-le-feu immédiat, que les 48 otages soient libérés sans délai, le retour de l'aide humanitaire à Gaza, un jour d'après possible à Gaza avec le Hamas démantelé et écarté du pouvoir. - Voici les pays qui reconnaissent déjà l'Etat de Palestine.

S'ajoutent une dizaine d'autres hier et aujourd'hui, dont la France, le Portugal, la Belgique, le Canada, l'Australie et le Royaume-Uni. - K.Starmer: Aujourd'hui, nous rejoignons plus de 150 pays qui reconnaissent également l'Etat palestinien. - Mais près de 2 ans après l'attaque terroriste du Hamas du 7-Octobre, cette initiative diplomatique ne passe pas du tout du côté du gouvernement israélien. - B.Nétanyahou: Vous récompensez généreusement le terrorisme.

J'ai un message à vous adresser: cela n'arrivera pas. Aucun Etat palestinien ne sera établi à l'ouest du Jourdain. Pendant des années, j'ai empêché la création de cet Etat terroriste, malgré d'énormes pressions, tant nationales qu'internationales. - Israël reste toujours soutenu par son allié américain.

Son armée a lancé une nouvelle opération dans la bande de Gaza. Tsahal veut occuper ce territoire. 25 Palestiniens ont été tués depuis ce matin.

D'autres tentent de fuir. Alors, pour eux, cette reconnaissance à l'ONU n'est pas une priorité. - D'accord, si c'est pour parvenir à une paix juste et non à des paroles creuses. - Quel Etat?

Où est l'Etat? Dans la rue ou sous les tentes? Quel est cet Etat qu'ils reconnaissent?

On ne trouve pas de quoi manger ou dormir. Laissons cela à Dieu. - Cette reconnaissance de l'Etat de Palestine ne devrait pas avoir vraiment d'effets à Gaza.

C'est avant tout une décision symbolique, politique. En France, des élus de gauche ont hissé le drapeau palestinien sur une cinquantaine de mairies. - O.Faure: Ce drapeau n'est pas celui du Hamas.

C'est le drapeau de femmes et d'hommes qui ont le droit, eux aussi, à la liberté et à l'autodétermination. Il est le drapeau de femmes et d'hommes aujourd'hui martyrs à Gaza. Il est le drapeau de ceux qui, aujourd'hui, vivent un génocide que nous devons condamner de toutes nos forces. - Le ministre de l'Intérieur, B.Retailleau, a pourtant interdit ces drapeaux au nom de la neutralité des services publics et face au risque de trouble à l'ordre public.

E.Macron, très critiqué, à droite comme à l'extrême droite. ...

E.Macron s'exprimera à 21h à la tribune de l'ONU. Il devrait prononcer ces mots historiques: "Au nom de la France, je reconnais l'Etat de Palestine." - C.Roux: Nous en discutions déjà.

Le sujet passionne toujours. Question. Il n'y a pas eu de débat avant la décision d'E.Macron?

Il décide seul? - N.Bacharan: Anthony a rappelé le travail des diplomates et du Quai d'Orsay.

Le 1er qui a poussé à cette reconnaissance, c'est F.Mitterrand. - C.Roux: Justement, arrêtons-nous sur ce que disait chaque président. ... - P.Allémonière: Oui.

Il s'est remis en phase avec le Quai d'Orsay et sa cellule diplomatique. Le dernier push, ça a été l'attaque au Qatar. La perspective historique est intéressante.

L'idée de l'Etat palestinien, même si elle est là en 47 lors de la division à l'ONU, validée en 48...

C'est Y.Arafat qui lui donne corps. Il prend cette idée et l'incarne.

Le fameux keffieh dont s'est enroulé Arafat, qui l'a rendu célèbre, l'idée du nationalisme palestinien, ça apparaît en 36, lors de la 1re intifada palestinienne. On voit le keffieh, le foulard des agriculteurs palestiniens, devenir chargé de symboles. Arafat prend ce symbole et fait naître l'idée de cet Etat.

Après, les gouvernements et chefs d'Etats étrangers, dont la France, le reprennent. On se souvient du fameux "obsolète", "caduc" lancé par le président français. Mais les Etats arabes sont beaucoup moins intéressés par ce projet.

C'est ça, la grande histoire. Ils pourraient presque récupérer du territoire pour eux. Ils n'ont jamais été intéressés. - C.Roux: Les Palestiniens sont intéressés par le fait que la France soit leader dans la reconnaissance de l'Etat de Palestine? - P.Allémonière: Je suis en lien avec des journalistes palestiniens francophones formidables.

Dans un texte assez émouvant, l'un d'eux a dit: "On ne pense pas à cette reconnaissance. Ce que l'on pense, c'est à ne pas mourir. On est dans la mort, on a échappé à la mort et ça arrive beaucoup trop tard." - J.André: J'ai aussi pu avoir des contacts sur le terrain.

Ils me disent: "On est contents, c'est bon à prendre, mais on attend la suite." - P.Allémonière: En Cisjordanie. - J.André: La façon dont E.Macron a dit qu'on allait le faire même si les conditions n'étaient pas remplies, c'est qu'il y a une urgence à Gaza.

La semaine dernière, l'ONU a déclaré qu'il s'agissait d'un génocide, que ça remplissait 4 des 5 conditions de la convention. Mais en Cisjordanie, la colonisation avance. La menace de rétorsion des Israéliens est d'annexer une grande partie de la Cisjordanie.

Il existe des cartes de ce que peut faire B.Smotrich, avec des zones A, B et C. Il voudrait faire passer toutes les zones B en zones C, c'est-à-dire sous contrôle israélien complet. - C.Roux: Il dit clairement, le ministre des Finances, que "la seule réponse à cette démarche anti-israélienne d'annexion des terres de la patrie et du peuple juif en Judée Samarie est l'abandon de l'idée absurde d'un Etat palestinien". - J.André: C'est en partie ce qui est déjà fait.

Depuis le 7-Octobre, les conditions n'ont fait que se dégrader en Cisjordanie. Il y a une avancée claire des colons, des barrages routiers partout. - P.Allémonière: 900 barrages! - J.André: La ville de Ramallah est entourée de barrages.

Les Israéliens décident s'ils ouvrent ou ferment. Tout est impossible. La vie est terrible.

La zone C, c'est là où les Israéliens ont tous les pouvoirs. C'est techniquement du territoire palestinien, mais vous ne pouvez pas construire sans l'autorisation des Israéliens si vous êtes palestinien. Ils refusent systématiquement.

Des écoles sont financées par l'ONU ou l'UE et les Israéliens les rasent tous les 6 mois. - C.Roux: Vous nous expliquez...

Merci pour les détails. C'est passionnant. S'il y a une précipitation dans la reconnaissance de l'Etat de Palestine, c'est pour mettre un terme à cela?

Mais la riposte d'Israël pourrait être accélérée? - J.André: C'est un risque, on est d'accord.

Mais Israël a déjà accéléré.