Brigitte Macron : le joker du Président #cdanslair 17.08.2017
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 48 %Attaque 14 %Défensif 38 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:56OuverteRéponse directe
Est-ce que vous pouvez nous raconter les coulisses de cet entretien ?
- 2:07OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y avait des demandes particulières, des exigences ?
- 3:22OuverteRéponse directe
Elle était en confiance avec vous, on peut le dire ?
- 3:38OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous avez ressenti ?
- 4:20OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est quand même un joli coup pour l'Élysée ?
- 5:23OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on peut dire quand même qu'elle intrigue les Français, cette femme ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:03Invité politiqueFait
« Le 26 juillet, à l'Élysée. »
- 2:14Invité politiqueFait
« En fait, c'est une assez longue histoire, parce que j'ai rencontré Brigitte Macron il y a plus d'un an, alors que son mari n'était pas encore candidat, presque par hasard, à une exposition. »
- 2:35Invité politiqueFait
« Et puis après, je lui ai régulièrement envoyé des mails, auxquels elle a toujours répondu, en lui disant que j'aimerais beaucoup l'interviewer, évidemment pour le « elle ». »
- 3:05Invité politiqueFait
« Négocié l'interview, c'est-à-dire qu'elle a demandé une interview, et assez vite, Brigitte Macron a dit qu'elle serait contente de la faire avec nous. »
- 3:42Invité politiqueFait
« Ce qui m'a frappée, c'est sa liberté de parole. Elle n'a vraiment esquivé aucune question. »
- 3:50Invité politiqueFait
« Et en même temps, ce qui m'a frappée, c'est la manière dont elle parle, où elle choisit extrêmement ses mots. »
- 4:42InvitéFait
« La première dame, ça n'existe pas en France. »
- 4:46InvitéFait
« Je suis seulement la femme du président de la République, c'est lui qui a été élu, ce n'est pas moi. »
- 8:46Invité politiqueFait
« Je ne me sens pas première dame. »
- 9:04Invité politiqueFait
« Je suis Brigitte Macron. »
- 9:37Invité politiqueFait
« Les Français ont élu Emmanuel, ils ne m'ont pas élu moi, même s'ils savaient bien sûr que nous formions un couple. »
- 10:18Invité politiqueFait
« Et pendant ses 100 premiers jours, elle a enchaîné les rencontres. »
- 11:04Invité politiqueFait
« Je lui donne mon avis et il en fait ce qu'il veut. »
- 11:10Invité politiqueFait
« Ce que je souhaite plus que tout, c'est ne jamais lui porter préjudice. »
- 37:37Invité politiqueFait
« si vous avez dix caméras autour de vous, les gens n'ont pas la même liberté de parole »
- 40:33Invité politiqueFait
« femme de président un rôle détesté par Claude Pompidou en 1969 »
- 40:48Invité politiqueFait
« la femme de Valéry Giscard d'Estaing doit lutter contre sa grande timidité »
- 41:52Invité politiqueFait
« un rôle dangereux, elles ne sont pas élues mais la politique n'est jamais loin »
- 42:25Invité politiqueFait
« Mélania Trump reprend presque mot pour mot un ancien discours de Michelle Obama »
- 43:58Invité politiqueFait
« une première dame peut devenir l'atout maître d'un président »
- 44:00Invité politiqueFait
« Michelle Obama y est parvenue aux États-Unis en restant la plus populaire »
- 46:43Invité politiqueFait
« elle parle de sa proximité avec la mort »
- 53:53InvitéFait
« moi j'ai pas envie de me retrouver enfermée ici et j'aime bien de temps en temps me camoufler »
Temps de parole
- Invité politique33 %
- Invité18 %
- Invité 217 %
- Présentateur16 %
- Invité 313 %
≈ 1,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonsoir à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. Appelez-moi Brigitte, c'est le titre de cette longue interview accordée par l'épouse du président au magazine Elle. Un entretien-événement car Brigitte Macron ne s'était jamais exprimée officiellement depuis la présidentielle. Bien sûr, rien n'a été laissé au hasard, à commencer par le choix du journal. La première dame parle d'abord aux femmes. Pas de hasard non plus dans les thèmes de l'interview, son histoire, sa vie à l'Élysée, ses engagements. On découvre une femme qui semble heureuse dans sa nouvelle vie. Ça n'a pas toujours été le cas des premières dames qui l'ont précédé.
Une femme qui n'hésite pas à parler de son couple, une histoire simple, dit-elle, et de son mari. Son seul défaut, c'est qu'il est plus jeune que moi. Pas de politique, certains le regretteront, car on n'en saura pas plus sur son rôle et son influence auprès d'Emmanuel Macron. Mais on sait maintenant qu'il y aura bien un statut de première dame, ou en tout cas une transparence sur cette fonction. Et on connaît un peu mieux cette femme qui fascine la presse et une partie des Français, cette femme qui pourrait bien être le joker du président. On en parle ce soir avec nos invités.
Olivia de Lamberterie, c'est vous qui avez réalisé cette interview de Brigitte Macron pour le magazine Elle, pour lequel vous êtes éditorialiste et grand reporteur responsable de la rubrique Livres. Jean Garrigue, vous êtes historien spécialiste de la vie politique française. Je rappelle votre dernier livre, Président au cœur du pouvoir, c'est aux éditions du Faune. Marcelo Vesfred, vous êtes journaliste politique au quotidien Le Figaro. Anne-Sylvène Chassani, vous êtes chef du bureau parisien du Financial Times, pour lequel vous avez couvert l'élection d'Emmanuel Macron. Bonsoir à tous les quatre, merci beaucoup de participer à cette émission en direct.
Nous attendons bien sûr vos questions par SMS et Internet. Toute la presse était sur le coup, et c'est vous qui avez décroché le scoop, la première interview de Brigitte Macron. Est-ce que vous pouvez nous raconter, Olivia de Lamberterie, un tout petit peu les coulisses de cet entretien ? Quand a-t-il lieu, d'ailleurs ? A-t-il eu lieu et où ?
Le 26 juillet, à l'Élysée.
À l'Élysée ?
Oui.
Est-ce qu'il y avait des demandes particulières, des exigences ? Interviewer la première dame, ce n'est pas une interview comme les autres.
En fait, c'est une assez longue histoire, parce que j'ai rencontré Brigitte Macron il y a plus d'un an, alors que son mari n'était pas encore candidat, presque par hasard, à une exposition. Et tout de suite, on a parlé de livres, puisque mon métier, c'est d'être aussi journaliste littéraire, et qu'elle a été pendant très longtemps une prof de lettres et de latin. Et puis après, je lui ai régulièrement envoyé des mails, auxquels elle a toujours répondu, en lui disant que j'aimerais beaucoup l'interviewer, évidemment pour le « elle ».
Et puis, lorsque son mari a été élu, là c'est Érine Doherty qui a fait l'interview avec moi, qui est la directrice de la rédaction de elle, qui a repris la main et qui, là, a négocié avec son chef de cabinet. Négocié ? Négocié l'interview, c'est-à-dire qu'elle a demandé une interview, et assez vite, Brigitte Macron a dit qu'elle serait contente de la faire avec nous. Et puis après, là où je dis négocier, c'est qu'Érine a négocié les thèmes de l'interview, ce que nous, nous avions envie de faire, et ce qui allait tout à fait, d'ailleurs, avec ce qu'ils avaient envie de faire.
Elle était en confiance avec vous, on peut le dire ? Je pense qu'elle était en confiance. Cette relation qui existait déjà, vous l'avez dit. Est-ce qu'on peut dire que vous êtes la seule à pouvoir juger, que c'était un exercice vraiment très maîtrisé, qu'elle s'est un peu lâchée dans cette interview ? Il y avait un cadre, vous nous l'avez dit. Qu'est-ce que vous avez ressenti ?
Ce qui m'a frappée, c'est sa liberté de parole. Elle n'a vraiment esquivé aucune question. Et en même temps, ce qui m'a frappée, c'est la manière dont elle parle, où elle choisit extrêmement ses mots. Elle a un tic, sans doute, d'ancien professeur, c'est qu'elle répète souvent deux fois la même chose. Comme pour bien asséner ou faire comprendre sa pensée, elle s'exprime très très bien, et avec une sorte de sincérité qui est très désarmante.
On va revenir évidemment sur ses déclarations, ce qu'elle vous a confié au cours de cette interview. Est-ce qu'on peut dire, Jean Garrig, au-delà de cette interview, que c'est quand même un joli coup pour l'Elysée ?
Oui, on pourrait avoir une analyse politique et dire que c'est aussi peut-être une réponse à la polémique qui a renflé autour de ce fameux statut de première dame, qui ne veut rien dire d'ailleurs, car la première dame, ça n'existe pas en France. Et elle insiste bien, et elle a tout à fait raison, en républicaine qu'elle est, en disant « je suis seulement la femme du président de la République, c'est lui qui a été élu, ce n'est pas moi ».
Il y a eu toute une polémique, à mon avis un peu inutile, parce qu'en réalité ce qu'on cherchait, ce qu'il me semble que cherchaient Emmanuel Macron et Brigitte Macron, c'était avoir une charte de transparence, puisque au fond on est quand même dans une période où on recherche la transparence, il fallait de la clarté sur une fonction, celle de femme de président de la République, peut-être un jour de Marie de la Présidente, sur une fonction qui est pour l'instant un petit peu floue. On ne sait pas quel est le budget, les collaborateurs, etc. Ce sera bien d'avoir quelque chose de clair là-dessus.
Ok, ça c'est la partie, j'allais dire, un peu formelle, vous avez raison d'insister là-dessus, mais est-ce qu'on peut dire quand même, Marcelo Vesfret, qu'elle intrigue les Français, cette femme ? Elle passionne les Français, le mot intrigue peut être un peu péjoratif ?
On a un cas de figure qui est quand même diamétralement opposé à ce qu'on a connu au début du quinquennat de François Hollande, avec une Valérie Trier-Veller qui, elle, au contraire, n'a jamais su rencontrer l'opinion publique, a essayé, fait beaucoup d'opérations de communication aussi, je me souviens d'opérations en direction des enfants qui ne partaient pas en vacances, etc., mais qui n'a jamais su recoller les morceaux depuis, vraiment il y a eu un divorce très rapidement avec l'opinion publique, elle n'en a jamais rattrapé.
Et là, on est dans un cas de figure différent, il y a un intérêt, il y a un attrait, il y a un attrait à l'étranger qui explique sans doute aussi pourquoi le choix de elle a été fait, parce qu'elle a des éditions à l'étranger, ce qui permet aussi de décliner cette interview à l'étranger.
Là où je serais un peu plus nuancé, c'est que sur le coup de com', on y reviendra peut-être, mais ça me paraît quand même assez incroyable qu'il y ait eu une polémique, que l'Elysée n'ait pas su maîtriser la thématique de la première dame, le rôle de la première dame, et compte tenu du fait justement que c'est une personnalité qui suscite plutôt la sympathie des Français, et compte tenu du fait qu'il était assez facile d'avoir un discours en disant « On va encadrer les pratiques, Naguère, on ne savait pas trop qui faisait quoi, maintenant on va les encadrer, or là on a une communication assez tardive, l'interview a été faite le 26 juillet, elle est publiée à la mi-août, on a laissé s'installer quand même une polémique, et les contre-feux sont allumés relativement tard.
» Anne-Sylvène Chassani, c'est vrai qu'elle fascine à l'étranger ? Oui, elle fascine, je pense que tous les couples présidentiels français ont tendance à fasciner, c'est vrai qu'il y a un côté aussi assez atypique du couple présidentiel français, donc ça suscite beaucoup l'intérêt, il y a une partie quand même très romanesque de leur histoire d'amour, dont ils ont beaucoup joué pendant la campagne, qu'ils ont mis en scène, c'est un peu forcé de la mettre en scène, donc il y a un énorme intérêt pour ce personnage et pour ce couple, c'est vrai.
Quelques photos posées, 4 pages d'interview, Brigitte Macron a donc choisi le magazine Elle pour sortir de son silence, elle raconte sa vie à l'Elysée, ses combats, ses doutes, et évoque le fameux statut de première dame qui fait tant parler. Lucie Lémard.
On la voit, mais on ne l'entend pas.
Pour la première fois depuis l'élection, Brigitte Macron sort de son silence.
Aujourd'hui, elle se confie au magazine Elle et raconte le vertige des premiers instants où tout bascule. Cela m'est arrivé au QG de campagne, assise sur le canapé. Quand j'ai vu le visage d'Emmanuel apparaître à la télévision, j'ai pris conscience et là, l'inquiétude. Vais-je savoir ? Trois mois plus tard, Brigitte Macron ne s'est toujours pas faite à son nouveau costume de première dame. Je ne me sens pas première dame. C'est la traduction d'une expression américaine, une périphrase dans laquelle rien ne me plaît. Quand je l'entends, j'ai toujours envie de regarder derrière moi. Mais de qui parle-t-on ? Je ne me sens ni première, ni dernière, ni dame. Je suis Brigitte Macron.
Lorsque le père Pedro de Madagascar est venu me rencontrer, il m'a demandé comment dois-je vous appeler ? J'ai répondu Brigitte. Informelle, Brigitte. Le président, lui, aurait bien aimé donner un statut officiel à son épouse. Mais pétitions et polémiques perturbent les projets de l'Elysée. Aujourd'hui, Brigitte Macron apporte des précisions. C'est très clair dans mon esprit. Les Français ont élu Emmanuel, ils ne m'ont pas élu moi, même s'ils savaient bien sûr que nous formions un couple. Le statut de première dame va être déterminé non pas par une loi, mais par une charte de transparence qui expliquera que je ne suis pas rémunéré, quelles sont mes missions et les moyens.
Sur le site de l'Elysée seront mis en ligne mes rendez-vous, mes engagements, afin que les Français sachent exactement ce que je fais.
Car Brigitte Macron a elle aussi ses engagements. Autisme, éducation, culture. La première dame dit aimer aller sur le terrain.
Et pendant ses 100 premiers jours, elle a enchaîné les rencontres. En France, mais aussi à l'étranger. J'ai appelé Mélania Trump par son prénom. C'est une femme très soucieuse d'éducation, de faire et de bien faire, touchante. J'ai eu de nombreux échanges avec les conjointes de chefs d'État ou de gouvernement. Elles ont toutes le désir d'être utiles. Servient la France et épaulé le président. Depuis toujours, l'ex-enseignante lui murmure ses conseils à l'oreille. Je lui donne mon avis et il en fait ce qu'il veut. Ce que je souhaite plus que tout, c'est ne jamais lui porter préjudice. C'est mon obsession. Si je sens un jour que ma présence est compliquée pour sa présidence, je m'effacerai.
Voilà pour les principales déclarations. Il y en aura d'autres que nous vous ferons découvrir dans quelques minutes dans cette émission. J'aimerais qu'on s'arrête un instant sur le statut. Est-ce que cette réponse qu'elle vous fait, Olivia Delamberterie, vous suffit ? Pardon, mais ce n'est pas très clair, je trouve.
Non. Ce qui est intéressant, c'est que depuis 24 heures, j'entends que l'Élysée aurait changé ce statut après la polémique. Moi, cette interview, je l'ai faite le 26 juillet, alors que la pétition n'existait pas encore et que la polémique n'avait pas encore lieu. Et que la réponse que m'a faite Brigitte Macron n'a pas été changée d'un seul mot après que la polémique soit née. Mais qu'est-ce que vous comprenez, vous, de sa réponse ? Je comprends que son mari, nous dit-elle, avait envie de faire cesser une sorte d'hypocrisie à avoir une première dame qui était là, qui n'était pas là. Brigitte Macron a tout à fait conscience du côté job pourri.
C'est-à-dire que c'est un travail pour lequel il n'existe pas de statut aujourd'hui. Si vous êtes beaucoup là, on dit que vous en faites trop. Si vous n'êtes pas là, on dit que vous ne faites rien. De toute façon, elle a tout à fait conscience et elle assume absolument cette ambivalence. Après, ce dont elle a envie, elle, c'est de transparence. Que les choses qu'elle va faire, et c'est une femme qui est très pragmatique, qui a envie vraiment, je pense, de faire bouger les choses, soient sues par tous les Français, ainsi que le coût de fonctionnement de son service avec trois personnes qui travaillent avec elle.
Question SMS. Toutes les épouses de président ont accompagné leur mari dans leur fonction sous la Vème République. Pourquoi créer un statut pour Brigitte Macron ?
Non pas pour que son rôle, son périmètre change, mais pour qu'il soit défini, justement. Parce que tout s'est fait quand même dans le flou artistique depuis Yvonne de Gaulle. Et chacune a amené sa sensibilité. On pourra en reparler éventuellement. Mais chacune était différente de celle qu'il avait précédée, y compris Valérie Trier-Weidel, qui avait un statut un petit peu à part parce qu'elle n'est pas l'épouse en titre du président. Mais il était assez normal quand même qu'on sache quel était le budget qui était consacré à la sécurité, au secrétariat, à la représentation de cette femme de président de la République, qui n'est pas une première dame.
Parce qu'on était quand même dans un flou, je le répète. Donc là, il y a une volonté de transparence qui me semble assez logique, je le répète, dans la période qui est la nôtre. Après, il va falloir voir en détail ce que ça représente. Si c'est un moyen d'augmenter le budget qui lui est alloué ou au contraire de le réduire. Après, il y aura sans doute d'autres polémiques autour de ça. Mais incontestablement, il y a un rôle qui a été défini par la pratique. Donc il faut le définir.
Est-ce qu'on sait quels sont les moyens financiers, humains, mis à la disposition de Brigitte Macron ? Est-ce qu'elle a un bureau ? Elle a des collaborateurs ?
Elle a un bureau qui est le même que celui qu'occupait d'ailleurs Valérie Trier-Vellaire, dans ce qu'on appelle l'aile madame. C'est l'aile qui, traditionnellement, accueille les bureaux de l'épouse du chef de l'État. Elle a deux assistants, elle a un attaché de presse, elle a un chef de cabinet. Au fond, elle a une équipe qui est à peu près celle qu'avait Valérie Trier-Vellaire, en nombre de personnes. On est sur le long terme dans un mouvement, de toute façon, où les choses se clarifient de plus en plus. Statut ou pas, Naguère, on ne savait pas combien une épouse de chef de l'État avait de collaborateurs. Ça fait quand même un moment qu'on sait. On sait combien Bernadette Chirac en avait.
On en avait 21. On sait combien certains ont eu. Les choses se sont précisées. Est-ce qu'il fallait aller jusqu'à la définition d'un statut ? En vérité, le budget aujourd'hui de l'Élysée est audité par la Cour des comptes. Donc il y avait une possibilité de savoir ce qui est utilisé. Là, c'était la volonté d'Emmanuel Macron d'aller un peu plus loin. Et puis, disons-le aussi, il a une obsession qui est toujours de vouloir tourner la page de François Hollande. François Hollande avait eu une période avec Valérie Trier-Vellaire et une période avec Julie Gaillet, qui était une sorte de fantôme de l'Élysée. Il voulait lui montrer qu'on passait à quelque chose de très différent.
Anne-Sylvaine Chassani, vous avez compris en lisant cette interview quelle première dame elle veut être ?
Non, je n'ai pas bien compris justement parce que d'un côté, elle dit qu'elle donne son avis sur tout et que si jamais ça porte préjudice à la présidence, elle s'effacerait. Donc elle admet quand même un rôle, en tout cas un rôle qu'elle veut jouer. Et par ailleurs, elle dit « je ne suis pas première dame ». Donc il y a un peu un paradoxe, disons. Et puis par ailleurs, cette charte qu'on appelle un statut, une charte, etc., ça définit quelque chose de plus clair, en effet, qui s'était installé dans les pratiques. Mais finalement, on peut se poser la question de pourquoi est-ce que l'épouse du président qui n'est pas élue aurait droit à déconseiller ?
Pourquoi est-ce qu'elle aurait droit à déconseiller ? C'est un débat, en fait, qu'il faudra voir. Mais je dirais que ce débat, en général, est plein de paradoxes. C'est-à-dire que d'un côté, on veut un président qui ressemble à un roi, à un monarque. C'est vrai. Mais quelque part, dès qu'on parle de statut de privilège qu'on donnerait à son épouse, puisque ce sera un monarque, il aurait bien une épouse, dire « ah non, c'est plus possible ». Donc, vraiment, je trouve que c'est révélateur de plein de tiraillements de nos institutions et de la façon dont les Français voient ces institutions.
Mais attention, parce qu'elle ne dit pas « je ne me sens pas, première dame », elle dit qu'elle n'aime pas cette expression. Et je pense qu'en revanche, la fonction, elle s'y est coulée avec beaucoup de naturel, de facilité. Et ce qui m'a frappée, c'est à quel point elle semble à sa juste place, justement.
Elle s'y était préparée, selon vous ?
Je ne pense pas, parce que c'est une femme qui vit dans l'instant présent et qu'elle a eu beaucoup à vivre pendant la campagne. C'est vrai. Et je ne pense pas qu'elle se soit beaucoup projetée. Après ce statut, si j'ai bien compris, c'est un statut qui n'est pas du tout gravé dans le marbre pour les présidences à venir. Et moi, qui souhaite énormément qu'un jour, il y ait une femme à l'Elysée, je ne sais pas si ce sera le statut du premier monsieur, je ne sais pas comment dire, premier, voilà, first gentleman à l'Elysée. C'est vraiment un statut pour elle, dans un désir de transparence.
Et dans quelques temps, vous pourrez aller sur le site de l'Elysée et vous aurez le nom de ses conseillers, ce que chacun fait, et son emploi du temps.
Le mot statut, c'est peut-être ça l'erreur, on va dire, initiale de communication d'Emmanuel Macron. C'est qu'il part pendant la campagne, il en fait des tonnes là-dessus. On se souvient que Brigitte Macron est appelée sur scène, elle est une des vraies stars de cette campagne. Et là, il part sur l'idée du statut. Et statut est un terme qui veut dire, justement, laisse entendre connotation privilège, moyen. Alors que charte, qui est le terme qui va arriver courant du mois de juillet, alors c'est vrai que la pétition n'est pas encore arrivée, mais c'est déjà un sujet polémique à l'Assemblée nationale, où les députés mélenchonistes en font un sujet de polémique.
Et le mot charte est plus simple, c'est simplement, évoque simplement le fait d'encadrer des pratiques.
Jean Carril.
Alors cela dit, les députés mélenchonistes, ils font polémique sur à peu près tout ce que fait Emmanuel Macron. Mais c'est le jeu d'une minorité qui veut être visible. Mais pour en revenir à ce qu'on disait tout à l'heure sur le rôle, par exemple, on apprend qu'elle ne veut pas gêner l'action de son mari. Mais ça n'a pas été le cas de toutes les femmes de président. Danielle Mitterrand, on sait qu'elle est intervenue à plusieurs reprises sur le front de la politique étrangère. Elle a pris des choix, elle a posé des actes, comme de recevoir le Dalaï Lama, qui ont posé d'énormes problèmes à la diplomatie de son époux président. Et Dieu sait que le Quai d'Orsay, c'est un peu rebellé contre ça.
Donc c'est important aussi de voir quel est le périmètre que ça signe, Brigitte Macron. Sur le fait qu'elle décide de conseiller son époux, ça, ça a été le cas de toutes les épouses de président, y compris d'Yvonne de Gaulle, qui était quelqu'un de très réservé, mais dont on sait que sur un certain nombre de sujets, on aura peut-être l'occasion d'en reparler, elle était présente.
Olivia Delamberterie, pardon, mais c'est la petite frustration qu'on a en lisant votre interview, c'est qu'on aimerait l'entendre parler, la lire, parler de politique. Parce qu'elle a été extrêmement présente, ça a été rappelé à l'instant pendant la campagne. Pourquoi ne veut-elle pas en parler ?
D'abord, le « elle » n'est pas un journal politique. Ce n'est pas faux. Ce n'est ni un journal « people » comme j'entends depuis hier. C'est un journal féminin. Et ce qui nous intéressait, nous, c'était le décryptage de cette femme qui est devenue en un an une icône internationale. C'est le décryptage d'une femme qui est très transgressive par sa façon d'être. Et ma question, c'était, est-ce qu'elle-même est d'une nature transgressive ? Parce que ce qui est intéressant, c'est que c'est une femme qui est une grande bourgeoise, qui est mariée à un banquier, qui a trois enfants, et qui aurait très bien pu ne pas travailler. Et qui a 30 ans, se met à être professeur.
Qui a une maîtrise de lettres, mais qui passe son capès, qui découvre les joies de l'enseignement. Et puis qui, un jour, est saisie par sa rencontre avec Emmanuel Macron. Mais je ne pense pas du tout que ce soit une femme transgressive, par nature, ce n'était pas...
Mais est-elle une femme politique ?
Je ne pense pas non plus que ce soit une femme politique. Quand on... Je pense... En la rencontrant, je pensais à Anne Pinjot. Anne Pinjot, qui n'était pas du tout une femme politique, mais qui, maintenant on le sait, d'ailleurs on le voit dans la magnifique correspondance de Mitterrand l'année dernière, on voit qu'elle a eu une grande influence sur son mari. Et en même temps, je pense que ce n'était pas une influence politique, que le musée d'Orsay lui doit beaucoup, par exemple.
Ce n'était pas son mari.
Ce n'était pas son mari, mais c'était sa compagne.
La compagne. C'était la deuxième vie de François Mitterrand.
Et je pense qu'elle avait une influence peut-être plus grande que Daniel Mitterrand, d'ailleurs.
Anne-Sylvaine Chassani. On l'a vue quand même extrêmement présente, je le disais, pendant la campagne. Et on a le sentiment, notamment dans ce documentaire qui a suivi au plus près Emmanuel Macron, qui a été diffusé dans la foulée de l'élection, que c'était sa principale conseillère.
Je pense que non seulement elle était présente pendant la campagne, tout le monde a pu le voir, à Bercy, elle l'assistait aux réunions du cabinet du ministre. Ce qui est absolument inédit d'avoir l'épouse. C'était complètement inédit. Donc elle assistait aux réunions d'agenda. Elle avait son mot à dire. Elle a appuyé des nominations, notamment pour changer chef de cabinet, etc. Donc c'était quelqu'un qui avait un vrai pouvoir d'influence. Et donc je ne pense pas qu'elle ait renoncé du jour au lendemain. Alors peut-être qu'elle voit bien que la situation est différente, mais je pense que naturellement, c'est un couple qui s'est...
Enfin, l'ascension d'Emmanuel Macron, sans verser dans la psychologie, je dirais, de comptoir, mais c'est quand même ce couple-là. Et puis d'ailleurs, Emmanuel Macron lui-même l'a mis en scène, a bien montré, en voulant donner un statut à sa femme, a bien montré que c'était quelqu'un dont il ne pouvait pas se passer d'un point de vue politique, et pas que privé, pas que intime, mais aussi politique.
Mais parce qu'ils font penser, je trouve, un peu à Obama. C'est un couple qui est assez fusionnel. Et lui, il a une phrase qui est incroyable. Non seulement, je pense que l'amour est rentré à l'Elysée, si je puis dire, qui avait déserté d'une certaine façon depuis quelques présidents, et le bonheur est rentré à l'Elysée. Lui, il a une phrase où il dit « Je ne réussirai pas mon mandat si Brigitte est malheureuse à l'Elysée ». C'est une phrase qui est très étonnante.
C'est vrai que depuis le couple Pompidou, il n'y a jamais eu un couple aussi fusionnel, et une femme qui aura joué un aussi grand rôle dans l'ascension politique de son mari. Y compris d'ailleurs, là aussi on fait un peu de psychologie, mais la transgression initiale de leur couple, c'est-à-dire de ce jeune élève de lycée qui est dans cette différence d'âge. Cette différence d'âge, etc. Cette transgression initiale, on peut dire qu'elle est quand même à la base de précisément cette transgression politique qui a choisi de franchir Emmanuel Macron depuis deux ans. Ce qu'il a fait est quelque chose de totalement atypique.
Et on sait bien que derrière cette volonté-là, derrière cette capacité à transgresser, il y a l'origine de son couple avec Brigitte Macron. Donc là, c'est vrai qu'on est en présence de quelqu'un qui aura joué un rôle exceptionnellement prégnant, je veux dire, dans l'ascension politique de son mari. Marcelo Vestred. Oui, et par rapport à ça, je trouve que l'interview qui est une opération de communication, mais c'est normal, en politique, on fait de la communication. Et elle minimise à dessein son rôle en montrant qu'elle est en retrait, alors qu'on sait qu'elle joue un rôle déterminant. Mais voilà, il y a cette polémique qui s'est greffée et qui fait que maintenant, elle minimise.
Et je reviens sur le timing. Cette interview que vous avez faite en juillet, elle sort au mois d'août pendant les vacances pour qu'on ne puisse pas dire que ça vient télescoper, c'est ce que dit l'Élysée, l'agenda politique. Autre chose, ce statut, cette charte, pardon. Pourquoi on ne l'a toujours pas ? Pourquoi on doit attendre la fin du mois d'août pour espérer avoir un texte qui fera quelques lignes ? Puisque c'est simplement déterminer un nombre de conseillers, et on les connaît déjà, ils ont déjà été nommés, et budgéter leur coût. Le coût est déjà budgété.
Donc on est vraiment, on sent que l'Élysée patauge un petit peu et attend le meilleur moment pour que ce ne soit pas interprété politiquement.
Que pense la presse étrangère de Brigitte Macron ?
Alors, intérêt plutôt positif, vraiment un intérêt positif. C'est vrai que la différence d'âge, leur histoire d'amour intéresse beaucoup. La façon de s'habiller.
Mais elle fait les unes.
Oui, et puis il y a eu beaucoup d'articles, notamment de chroniques sur statut, first lady ou pas. C'est un sujet qui passionne.
Est-ce qu'elle est comparée à d'autres premières dames étrangères ? Est-ce qu'elle est...
Non, mais c'est vrai que c'est un personnage en soi, cette Brigitte. Puisque, en effet, la différence d'âge, sa manière de parler qui est très directe, elle est quand même assez... Moi, je l'ai rencontrée, elle est assez gonflée, elle n'a pas la langue dans sa poche. Donc c'est vrai que c'est un personnage en soi, même sa façon de s'habiller, qui est assez flamboyante, est en soi un sujet d'intérêt.
Sa popularité, on a quand même du mal à la mesurer. Il n'y a pas de sondage... Sur Brigitte Macron.
C'est plutôt la réaction des médias. Peut-être une sorte de sympathie qu'on peut sentir comme ça dans la population. Mais c'est vrai que c'est très difficile, surtout dans une période de vacances comme ça, où les gens sont un peu moins concernés. Ce qu'on voit quand même, c'est que c'est quand même une femme qui a quelque chose à dire. Enfin, on a connu aussi dans le passé des femmes de présidents plus réservées, plus sur leur compte à soi. Là, on a quelqu'un qui a une carrière professionnelle derrière elle, qui a une connaissance, qui est une femme de culture. C'est quand même intéressant.
Et je dois dire quand même que, si vous regardez la série des femmes de présidents de la Ve République, on a finalement eu une galerie plutôt intéressante, justement, des femmes qui, chacune à leur façon, avaient quelque chose à dire en réalité.
Dans cette interview, Brigitte Macron évoque sa vie quotidienne à l'Elysée. Elle dit aussi que ce qu'elle vit avec son mari est finalement une histoire simple. Mais elle reconnaît avoir été prise d'une sorte de vertige la nuit de son élection. L'horaire peut.
Dans son interview, Brigitte Macron revient sur cette soirée de mai dernier où sa vie a basculé. Son mari est élu président de la République. Les yeux embués, elle le rejoint sur la scène. Avec Emmanuel, je suis tellement habituée à ce qu'il m'arrive des choses extraordinaires que je me demande toujours quelle va être la prochaine aventure. Et cela dure depuis 20 ans. Pourtant, jusqu'à la dernière minute, celle qui a accompagné son mari tout au long de sa campagne refuse de croire à une victoire assurée. « Beaucoup ont cru qu'après le premier tour, nous pensions que c'était gagné. À tort. Jamais nous n'avons pensé ça. D'autant que je ne suis pas dans l'anticipation.
Pour moi, une chose n'existe que quand elle arrive. Pas avant. » Pragmatique, Brigitte Macron l'était déjà au moment de sa rencontre avec le futur chef de l'État. À l'époque, le jeune élève a 15 ans. Pendant plusieurs mois, la professeure tente de garder ses distances avec cet amour hors normes. « C'est moi qui ai dit à Emmanuel de partir faire sa terminale à Paris parce que je pensais que c'était mieux pour lui. Il n'y avait rien entre nous à ce moment-là, mais les comérages allaient bon train. » Des ragots qui n'ont jamais cessé. Avec la notoriété de son époux, Brigitte Macron doit faire face à de nombreux commentaires, parfois misogynes, notamment sur les 24 ans qui les séparent.
La première dame raconte qu'elle essaye d'ignorer les médisances et préfère opter pour une pointe d'humour. « Le seul défaut d'Emmanuel, c'est d'être plus jeune. C'est une plaisanterie entre nous. On ne se vit pas un instant dans la différence d'âge. On petit déjeune, moi avec mes rides, lui avec sa fraîcheur, mais c'est comme ça. Si je n'avais pas fait ce choix, je serais passée à côté de ma vie. » Une première dame qui assume. Malgré leur écardage et un parcours politique fulgurant, pour Brigitte Macron, son couple semble finalement presque normal. On se vit comme un couple parmi d'autres. Depuis qu'on s'est rencontrés, on est d'accord, on n'est pas d'accord.
On se dispute, on arrête de se disputer. Quand je lis des choses sur notre couple, j'ai toujours l'impression de lire l'histoire de quelqu'un d'autre. Pourtant, c'est une histoire simple. Une histoire simple pour un destin compliqué sous le feu des projecteurs pendant les cinq prochaines années.
Je voudrais quand même qu'on s'arrête sur cette formule. Une histoire simple, vraiment ?
Je pense que c'est la manière dont elle le vit après 20 ans. En même temps, elle ne cache pas que ça a été très difficile. Et comme elle est très fine, elle raconte juste qu'il y a eu des comérages lorsqu'elle a rencontré son mari. Mais lorsqu'elle parle, elle a une longue tirade sur Flaubert et sur la médiocrité de la province. Et là, je pense que cette tirade, elle éclaire un autre passage de l'interview. Elle explique que c'est très dur. Et lorsque, pendant la campagne, c'est vrai qu'elle est devenue une icône, mais c'est vrai aussi qu'elle a été quand même le sujet d'une misogynie et d'attaques qu'on aurait dit vraiment d'un autre temps, proprement choquantes.
Et elle dit que ça a été très dur parce qu'elle a revécu, je pense, sans faire de la psychologie, 20 ans plus tard, les mêmes attaques qu'elle avait subies en province.
Elle dit, « Quand je lis des choses sur notre couple, j'ai toujours l'impression de lire l'histoire de quelqu'un d'autre. »
Parce qu'elle est assez drôle en même temps aussi. Quand elle dit « Le seul défaut d'Emmanuel, c'est n'être plus jeune que moi », évidemment, c'est une private joke ou une plaisanterie entre eux. Ce qui semble assez net, c'est qu'elle a bien précisé d'abord qu'elle n'avait pas été son professeur contrairement à ce que beaucoup ont écrit. Ce qui était assez intéressant aussi dans cette interview, c'est une femme sur laquelle on a tant écrit et tout d'un coup d'avoir sa version à elle.
Et je pense qu'elle tenait à rectifier le fait qu'il n'avait jamais été son élève, qu'il ne s'était rien passé lorsqu'ils étaient ensemble à Amiens, que ça, c'était des choses importantes pour elle et que ce n'étaient pas les parents d'Emmanuel, comme cela a été beaucoup écrit, qui avaient expiltré, comme on a dit leur fils à Paris, mais que c'était elle qui lui avait conseillé de partir.
La question de la différence d'âge, la question, j'allais dire, presque crue. Vous avez eu envie de lui poser ? Non, on lui a posé. Vous l'avez posé ? Qu'est-ce que...
On lui a posé. Et pour elle, c'est un non-sujet. C'est un non-sujet sensible ?
C'est un non-sujet sensible ou pas ?
Je pense que c'est un non-sujet dans leur vie quotidienne et que c'est un sujet sensible aux yeux du monde. mais est-ce que quelqu'un s'attarde sur la différence d'âge entre Mélania Trump et son mari ? Qui est à l'inverse. C'est vraiment un sujet et c'est pour ça qu'elle fait bouger les lignes et c'est pour ça qu'elle nous intéresse à elle. C'est par cette différence d'âge.
Il faut quand même se souvenir juste de 15 secondes mais de l'affaire Gabriel Russier au temps de la présidence de Georges Pompidou qui avait donné d'ailleurs l'occasion à Georges Pompidou d'une belle conférence de presse où il avait situé Paul-Éloire. Gabriel Russier qui avait quelques années de différence avec un de ses élèves de Terminal si je me souviens bien qui s'est suicidé quand même parce que justement le qu'en dira-t-on le regard du monde la pression de la société sur cet amour contre nature entre une professeure un peu plus âgée et son élève. C'est quand même très intéressant aujourd'hui que la société française elle accepte et même valorise le couple qu'il représente.
Sur le plan sociologique c'est quand même intéressant. C'est définitivement un couple qui est entré à l'Elysée ? C'est un couple qui est entré à l'Elysée. C'est un couple qui habite à l'Elysée. Ils n'ont pas d'autre domicile aujourd'hui que ce couple-là. On sait même c'est anecdotique mais que le président s'est créé une sorte de deuxième bureau qui est vraiment un bureau d'angle qui est juste à la sortie des appartements privés. Donc on est vraiment dans quelqu'un qui a l'habitude de travailler d'une certaine façon aussi en couple. Donc c'est vraiment un couple à l'Elysée. Est-ce qu'il lui fait de la place ? Emmanuel Macron fait de la place à Boris Macron ?
Je trouve beaucoup d'ailleurs de parler du statut.
Même depuis son élection parce qu'avant l'élection oui
on est tous d'accord. Il n'y a eu que 100 jours voilà c'est peut-être un peu court mais le fait même de vouloir d'insister sur ce statut même si l'idée c'est en effet de clarifier des pratiques qui existaient auparavant mais c'est la première fois quand même qu'un président dit je veux ma femme à côté de moi et elle joue un rôle et c'est vrai qu'il ne s'en cache pas il dit que Brigitte Macron est un soutien de tous les instants. La question c'est que moi ce que j'aurais aimé savoir c'est est-ce qu'elle assiste par exemple à des réunions de cabinet est-ce que quel est son rôle ? Voilà c'est ça ça bon
je pense pas moi je pense qu'elle a un rôle beaucoup moins politique que ce que vous êtes en train d'établir qu'elle a un rôle d'influence parce que dans les couples d'aujourd'hui il y a aussi moins d'étanchéité entre la vie privée et la vie publique si vous êtes l'épouse d'un grand patron bien sûr je pense aussi que vous avez un rôle donc je pense qu'elle a un rôle d'influence mais je ne pense pas qu'elle ait ce rôle politique que vous lui prêtez
ce qui aurait donc changé depuis la campagne car pendant la campagne on le sait elle était très présente dans les réunions y compris dans les déplacements bien sûr donc il y aura un changement depuis son arrivée à l'Elysée ce qui expliquerait la phrase je ne veux pas gêner mon mari
oui et puis quand elle dit elle a parfaitement conscience qu'elle n'est pas élue par les français son mari a été élu certes mais en tous les cas elle je pense
ne se vit pas du tout comme une femme politique alors je suis moins d'accord je pense que là on est en pleine opération de déminage mais ce qui est vrai c'est que depuis son arrivée elle s'est astreinte à un silence radio et c'est ça le plus étonnant c'est à dire qu'elle ne parlait pas énormément mais elle parlait de temps en temps or là tant que la question du statut n'était pas réglée et à l'heure qu'il est elle n'est toujours pas réglée on n'a toujours pas le moindre texte sur le sujet il est difficile pour elle de prendre la parole on a vu qu'elle a reçu sur les marches sur le perron de l'Elysée Rihanna la chanteuse donc dans un rôle semi-officiel mais la plupart de ses déplacements elle les a faits sans médias ça le rappelle bien dans l'interview parce que pour l'instant elle est encore entre deux rôles oui mais il me semble que celles qui l'ont précédé n'ont pas parlé non plus dans les premiers mois ou dans les premières semaines on a pu les voir mais elles n'ont pas parlé comme à l'instar de ce que fait Brigitte Macron parce qu'il s'agit de respecter aussi cette histoire ces codes de la présidence une femme de présidente elle peut être très présente dans une campagne présidentielle Giscard d'Estaing le premier avait poussé en avant un émone même si elle y allait un petit peu à reculons mais une fois qu'elle est femme du président elle n'a plus à avoir un rôle politique officiel en tout cas à intervenir dans la détermination de la politique donc il n'est pas question pour elle de participer à des réunions de cabinet ou autre là ce serait très choquant si elle franchissait cette ligne jaune et c'est pourquoi avoir une charte qui délimite son périmètre et pas seulement ses moyens me semble quelque chose d'utile mais aujourd'hui elle est freinée y compris dans son rôle de représentation dans des actions caritatives on l'a finalement assez peu vue on l'a vue un petit peu avec des enfants autistes mais elle veut s'investir dans l'éducatif il y a deux mois et puis parce que je crois
qu'elle a fait exprès de ne pas justement être vue parce qu'elle avait compris quand même que si vous avez dix caméras autour de vous les gens n'ont pas la même liberté de parole je suis d'accord
mais imaginez Bernadette Chirac faisant les pieds jaunes une opération que les français ont adoré sans pouvoir parler sans s'exprimer en se demandant toujours si elle allait derrière se prendre une polémique elle aurait été entravée c'est un peu la séquence qui est en train de se passer qui va sans doute peut-être on va passer à une autre étape après l'apparition de cette charte
toujours sur la politique regardez cette question SMS elle est un peu un peu raide un peu brutale mais elle dit quelque chose aussi ne pensez-vous pas qu'Emmanuel Macron utilise Brigitte Macron pour remonter dans les sondages
oui je pense que en tout cas ça tombe bien je pense parce que c'est vrai qu'elle est populaire et là aussi c'est un peu paradoxal parce qu'à la fois elle est très populaire et les français rejettent l'idée d'un statut bien sûr là bon ok mais c'est vrai qu'on sent bien qu'elle accroche bien l'opinion publique donc ça tombe bien je pense
oui on rappelle que ça a été fait le 26 juillet c'était quand même pas prévu
oui cette question est un brin misogyne me semble-t-il misogyne ? non enfin utilise ce que j'en ai vu elle ne me semble pas tout à fait femme à être utilisée aussi facilement
oui et puis c'est pas forcément l'image de la présidente de la femme de président pardon qui va redorer le blason d'Emmanuel Macron je pense que les français sont quand même assez intelligents pour voir qu'il y a quand même d'autres paramètres plus importants
mais on peut dire sans aller jusqu'à dire qu'elle est utilisée en effet quel est un atout pour Emmanuel Macron
elle est un atout parce qu'elle fait bien attention de ne pas justement interférer au moins officiellement sur la partie politique elle ne fait pas d'erreur elle va aller sur le caritatif les français aiment ce rôle de représentation voilà là où en revanche ça peut être un peu limité ou avoir un effet on va dire un effet collatéral c'est que il y a un moment où trop de communication peut poser de problèmes et quand je dis trop de communication c'est pas je parle pas seulement de la première dame c'est qu'on a actuellement là je prends le couple dans son ensemble on a un président qui joue au football avec les joueurs de l'OM on a une première dame qui s'affiche à la une d'un grand hebdomadaire féminin il y a un moment où si les français ne voient que la communication et pas encore les résultats il peut y avoir un décalage qui là devient un peu on va dire un peu fatigant pour les français ça c'est le décalage qui peut être dangereux
première dame c'est on l'a dit souvent un cadeau empoisonné manque de préparation pression médiatique erreur de com le moindre faux pas peut avoir des conséquences politiques et elles sont nombreuses en avoir fait les frais de Claude Pompidou à Mélania Trump tour d'horizon de ce que certains présentent comme le pire job du monde Anaïs Bouissoux Clotilde Mravko et Emmanuel Bach
femme de président un rôle détesté par Claude Pompidou en 1969 l'épouse de Georges vit contrainte à l'Elysée qu'elle nomme la maison du malheur
vous n'avez pas de bons souvenirs de cette maison ah non c'était une vie que je n'aimais pas
plus tard la femme de Valéry Giscard d'Estaing doit lutter contre sa grande timidité
je crois qu'Anémone veut aussi vous adresser ses voeux
à tous et à toutes j'exprime mes voeux très chaleureux même Bernadette Chirac met plusieurs années à s'habituer
au début j'ai eu beaucoup de chagrin puis après je m'y suis faite je me suis dit que c'était la règle et qu'il fallait la subir avec autant de dignité que possible sans compter les difficultés de sa vie de couple à l'Elysée ensuite il faut dire la vérité j'étais quand même très amoureuse de mon mari mais les papillons tournaient autour de la lampe et j'en ai eu j'en ai eu des inquiétudes et des chagrins même
les épouses de président doivent laisser leur empreinte libre et engagée pour Daniel Mitterrand une touche glamour pour Carla Bruni
première dame
un rôle dangereux elles ne sont pas élues mais la politique n'est jamais loin et elle paye très cher la moindre faute de communication Valérie Triorweiler l'apprend à ses dépens 2012 pendant les législatives un tweet de soutien à l'adversaire de Ségolène Royal enflamme les réseaux sociaux courage à Olivier Falorni qui n'a pas d'émérité qui se bat aux côtés des Rochelais depuis tant d'années dans un engagement des intéressés plus grave encore qu'une erreur de communication la tricherie aux Etats-Unis nous sommes en pleine campagne présidentielle Mélania Trump reprend presque mot pour mot un ancien discours de Michelle Obama
que vous travaillez fort pour ce que vous voulez dans la vie Barack et moi nous sommes élevés avec tellement les mêmes valeurs comme vous travaillez fort pour ce que vous voulez dans la vie
être compagne de président peut même virer au cauchemar janvier 2014 Valérie Triorweiler est à l'hôpital coup de fatigue toute la presse évoque la tromperie de François Hollande c'est la fin de son couple et de son rêve de première dame
ça a été pour elle un moment pénible d'autant qu'elle n'aspirait qu'à une chose pour le coup c'est jouer le rôle de première dame pendant 5 ans elle aurait rêvé d'être épousée elle aurait rêvé d'être là à l'Elysée d'être à toutes les réunions internationales de porter de monter les marches avec élégance etc etc
la honte publique une autre première dame y a fait face outre-Atlantique en 1998 Hillary Clinton subit l'affaire Lewinsky celle d'une liaison entre une stagiaire de la Maison Blanche et le président c'était vraiment dur c'était douloureux j'ai été soutenue par mes amis on sortait et on mangeait n'importe quoi mais en déjouant les pièges du pouvoir une première dame peut devenir l'atout maître d'un président Michelle Obama y est parvenue aux Etats-Unis en restant la plus populaire un exemple pour toutes les premières dames y compris peut-être aujourd'hui pour Brigitte Macron
question SMS en Allemagne la chancelière Merkel est assez discrète avec son mari le couple Macron ne devrait-il pas prendre exemple sur eux Jean Garrigue
mais non on est dans un système présidentiel et en l'occurrence une sorte de monarchie républicaine le général de Gaulle l'a voulu ainsi les français continuent à considérer leur président comme une sorte de Deus ex machina d'homme providentiel qui peut tout faire donc la situation est très différente de celle des monarchies parlementaires ou des républiques parlementaires qui nous environnent le mari de madame Merkel il est un petit peu dans l'ombre parce que madame Merkel elle est d'abord et avant tout le chef d'une majorité qui a été élue aux élections législatives en France tout est focalisé sur la personne du président et donc de manière automatique le conjoint ou la conjointe du président est sous les feux de l'actualité c'est très difficile de comparer parce qu'on a des systèmes très différents si vous prenez le système britannique il y a eu des femmes comme Cherry Blair par exemple qui ont eu une certaine notoriété mais au fond les feux de la presse et de l'opinion ils se concentrent sur qui plutôt sur la reine sur le prince sur le prince Harry et Catherine on est dans un système totalement différent
est-ce qu'elle évoque d'autres premières dames qui l'ont précédée au cours de cet entretien
non ? non elle n'a pas donné de nom elle a dit qu'elle sentait la présence de femmes qui l'avaient précédée mais c'est tout
elle sentait la présence bien ce qu'il veut dire
je ne dis rien d'autre
est-ce que est-ce que vous avez le sentiment qu'elle va ressembler à l'une d'entre elles est-ce qu'elle sera plus proche d'une Claude Pompidou d'une Daniel Mitterrand je ne lui souhaite pas
en tous les cas le destin de Claude Pompidou qui était vraiment terrible je pense qu'elle va comme elle a toujours fait
elles ont en commun l'amour de la culture des arts c'est vrai
c'est vrai mais Claude Pompidou a été vraiment victime de calomnie bien sûr à un point enfin vraiment presque très coupable c'est pour ça que je lui ai dit que je ne lui souhaite pas le même destin je pense que comme elle a toujours fait jusqu'à présent c'est-à-dire inventer sa vie elle va inventer sa fonction c'est une femme qui est très aguerrie elle a traversé quand même des choses assez compliquées et il y a aussi une partie dans l'interview que je trouve assez intéressante dans laquelle elle parle de sa proximité avec la mort que c'est une femme qui est sûrement aussi assez mélancolique angoissée et comme toutes les angoissées elle va travailler comme une brute pour lutter contre ces angoisses et contre ces doutes ça a été un enfer
pour de nombreuses premières
oui oui oui déjà alors Yvonne de Gaulle n'est pas du tout l'Elysée mais pas plus que le général d'ailleurs mais se sont pliés à la règle de la présidentialité et donc habitait l'Elysée mais Claude Pompidou a d'emblée vécu ça comme un enfer enfin c'est une sorte d'enfermement qui est partagé par par par Georges Pompidou ce qui n'a pas empêché d'ailleurs on le disait tout à l'heure Claude Pompidou de faire de l'Elysée un lieu de promotion de l'art contemporain d'accueillir beaucoup d'artistes d'écrivains de chanteurs mais comme Guy Béard etc.
et d'être une femme de président qui était visible elle a fait par exemple il y a eu un voyage des Pompidou en 1970 aux Etats-Unis où elle a porté 32 tenues différentes pour faire la promotion de la mode française je veux dire qu'elle avait aussi cette idée d'incarner quelque chose c'était pas simplement pour le plaisir de changer de Dior à Cardin et autres mais c'était aussi montrer quelque chose de la France
plus près de nous est-ce qu'elle pourrait par exemple s'inspirer de Michelle Obama qui a été une première dame aux Etats-Unis incroyablement populaire
alors c'est vrai que c'est des systèmes quand même pratiquement différents là pour le coup Michelle Obama elle rentre dans une dans un rôle qui est très bien défini par la loi et qui est finalement très cadré et si elle ne rentre pas dans ce rôle quelqu'un d'autre de la famille va devenir first lady enfin c'est donc c'est inscrit dans les institutions aux Etats-Unis et ça a beaucoup plus de contraintes et par définition l'une des conséquences possibles c'est que la first lady américaine devient une vraie personnalité politique on l'a vu avec Michelle Obama on l'a vu avec Hillary Clinton ou avec les autres peut-être un peu moins mais ça dépend un peu des personnalités mais ça peut créer des vrais personnages politiques Michelle Obama en étant
oui au point d'ailleurs qu'on dit que Michelle Obama pourrait éventuellement un jour briguer la Maison-Blanche
la comparaison avec l'Obama paraît intéressante sur le plan de la communication parce que c'est le modèle de communication des Macron si on peut s'exprimer comme ça c'est-à-dire quand on voit Macron boxant Macron faisant son jogging Macron en tenue de militaire Macron jouant au football on est dans la coolitude à l'Obama et que cette communication-là qui est une communication d'inspiration trait à l'Obama c'est aussi une source d'inspiration pour Madame
oui mais c'est plus clair aussi parce que comme on l'a expliqué il y a un statut tout est posé, cadré
je ne pense pas qu'on puisse je ne pense pas qu'on aboutisse à ce genre de rôle en France pour ne pas qu'on puisse avoir une first lady à l'américaine c'est pour ça qu'on est un peu je trouve qu'en France on ne sait pas trop ce qu'on veut en fait oui absolument on ne sait pas trop ce qu'on veut voilà et donc on reste dans ce flou parce qu'après pourquoi est-ce que Brigitte Macron pourrait décider de n'avoir aucun rôle elle pourrait être professeure de lettres et ce serait possible c'est toute l'ambiguïté effectivement du système français où on est à la fois très démocratique donc on veut quelqu'un qui n'ait surtout pas de statut, de privilège et en même temps on a besoin d'avoir la première dame c'est que cette reine de la monarchie républicaine celle qui est quand même la femme du président et qui je le répète a toujours eu ce rôle de représentation elles l'ont toutes joué un degré ou un autre
est-ce qu'il y a aux Etats-Unis par exemple des débats sur le statut de la première dame est-ce que c'est contesté ?
Non, non c'est tellement inscrit c'est tellement la tradition c'est devenu quand c'est Hillary Clinton qui a parlé qui a fait compagne enfin c'est presque des tickets qui quand un candidat se c'est un couple
qui se présente
à la White House et c'est d'ailleurs un peu le cas en France au moins depuis les Sarkozy où c'était un couple qui s'était présenté il y a eu aussi l'affaire Cecilia qui a déserté l'Elysée
la doctrine en France elle hésite un peu entre ces modèles qui viennent de te rappeler et puis je me souviens que pendant la présidentielle quand on demandait aux compagnons de Marine Le Pen s'il allait habiter à l'Elysée si Marine Le Pen était élue Louis Allieu disait mais hors de question on élit Marine Le Pen éventuellement mais pas moi moi je n'ai pas de rôle et je m'effacerai donc c'est vrai qu'on est dans un entre deux Oui c'est très difficile même Yvonne De Gaulle femme d'effacement par excellence parfois sortait de sa gang de femmes effacées de femmes de presque j'allais dire du 19ème siècle pour prendre des initiatives quand ils reçoivent en 1961 le couple Kennedy c'est elle qui prend l'initiative d'amener Jackie avec elle alors Jackie l'archétype de la first lady à l'américaine brillante etc et elle l'emmène visiter une école de puériculture vous voyez à la fois l'effacement et puis aussi quelquefois la nécessité de prendre un petit peu la lumière
alors on n'a pas insisté aussi sur le fait que c'est une femme extrêmement érudite alors elle cite abondamment Flaubert dans l'interview mais aussi Rimbaud Baudelaire elle dit je suis libnicienne ce qui m'a donné l'occasion d'aller vérifier sur Wikipédia qui était libnis les souvenirs étaient un peu anciens en ce qui me concerne alors est-ce que cette érudition n'est pas aussi ne peut pas aussi la couper éventuellement de la réalité ou de la proximité
ça dépend quelle vision vous avez de l'érudition et des livres mais je ne pense pas la philosophe Cécile Gilbert elle a dit une chose qui me semble très juste à propos de François Hollande elle a dit s'il avait lu Shakespeare alors peut-être la face du monde n'aurait pas été changée mais en tous les cas son mandat aurait été très différent et peut-être ce serait-il méfié et aurait-il regardé de manière différente son entourage je pense que c'est assez amusant parce que pour la première fois on a vraiment au pouvoir des gens qui sont très littéraires qui non seulement lisent mais écrivent également c'est le cas
du Premier ministre François Mitterrand était très littéraire
oui mais ce n'était pas le cas de François Hollande je ne pense pas que c'était le cas de Nicolas Sarkozy je croyais qu'il lisait beaucoup Nicolas Sarkozy donc elle a une vraie érudition à l'ancienne elle vous raconte tout d'un coup des passages de Victor Hugo des choses comme il n'en existe plus et évidemment que ça vous donne une vision du monde et de vous-même différente
il y a le côté aussi pardon en prof de français c'est-à-dire les connaissances des classiques qu'elle cite abondamment du 19ème les Baudelaire les Maupassant les Flaubert et en même temps ce qui est intéressant c'est qu'elle elle a une histoire elle qui est un peu romanesque elle se vit elle-même aussi comme une sorte d'héroïne romanesque et moi j'ai trouvé la partie la plus poétante pardon de votre interview c'est à la fin où justement elle dit moi j'ai pas envie de me retrouver enfermée ici et j'aime bien de temps en temps me camoufler je me mets des bonnets des lunettes et je sors dans la rue je prends le métro voilà ça c'est on sent que cette contradiction là cette pâte humaine elle existe et c'est là où la prof de français rejoint peut-être la première dame
juste avant de passer aux questions à sms une question sur l'actualité aux Etats-Unis avec une autre première dame Mélania Trump est-ce que dans ce qui se passe en ce moment dans cette semaine folle aux Etats-Unis autour de Donald Trump est-ce que c'est compliqué pour elle en ce moment est-ce que cette vie à la maison blanche est un calvaire pour elle ou est-ce qu'elle est totalement effacée on ne sait rien
on ne sait pas grand chose il y a beaucoup de spéculation sur le fait qu'elle est très très malheureuse mais c'est un peu difficile de savoir et c'est vrai que ce n'est pas une première dame c'est un peu l'anti-Michel Obama quand même elle n'est pas aussi impliquée ni très expansive elle a un mari très expansif donc Et vous croyez
qu'il la considère comme un atout ou qu'on peut considérer qu'elle est un atout pour son mari Oui ou il écrase tout de toute façon C'est très difficile
d'être dans la tête de Donald Trump en ce moment Le psychologie de Donald Trump ça peut être est-elle populaire ? Mélania Trump elle est assez populaire mais comme son mari il est assez impopulaire c'est un couple quand même assez impopulaire en ce moment globalement
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