Le journal de 8h - 05/06
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« Les noirs sont appelés les nègres, les arabes les bougnoules, les juifs des fils de putes. »
- 5:11InvitéChiffre
« On va économiser sur une année un peu plus de 40 000 euros de loyer. »
- 6:42InvitéFait
« Nous travaillons le jour, la nuit, les dimanches, les jours fériés. »
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Vous écoutez RMC, vendredi 5 juin, l'info sur RMC. Et 8h01, merci d'être avec nous. Céline Kalman est là pour les dernières informations. Céline, bonjour.
Bonjour à tous. Nègres, singes, fils de juifs, des policiers de Rouen renvoyés en conseil de discipline pour des propos racistes, antisémites, échangés en privé sur la messagerie WhatsApp. L'affaire a démarré avec le dépôt de plainte d'un policier qui a découvert ses enregistrements. Le télétravail au cœur d'une réunion ce matin avec une partie du gouvernement et les syndicats pour certaines entreprises. Ce sera désormais la nouvelle norme. Des salariés abasournis, ceux de la sucrerie de Toury en Orélois. L'entreprise va fermer ses portes. Elle est pourtant restée mobilisée durant toute la crise pour fabriquer la matière première pour le gel hydroalcoolique. Bienvenue à tous sur RMC.
Des policiers de Rouen sont donc renvoyés en conseil de discipline pour des propos racistes. Les fonctionnaires sont mis en cause par un de leurs collègues noirs. Il a découvert un groupe de messages audio sur WhatsApp avec des propos très crus, racistes, donc sexistes, antisémites, Quentin Vinet. Oui, c'est en décembre dernier que ce policier noir, Alex, découvre sur le téléphone d'un de ses collègues qu'il est la cible de propos racistes de la part d'autres policiers, des stagiaires, mais aussi des titulaires. Ces propos racistes sont prononcés dans des messages privés sur WhatsApp que Mediapart et RT Radio se sont procurés. Des échanges que je vais citer.
Les noirs sont appelés les nègres, les arabes les bougnoules, les juifs des fils de putes. C'est un déferlement de haine contre ceux qui sont appelés les ennemis de la race blanche. Le policier noir visé dans ses messages prévient sa hiérarchie. En décembre, la police des polices, l'IGPN, est saisie un mois plus tard. En janvier, nous sommes en juin, les policiers incriminés sont renvoyés en conseil de discipline. Ils risquent d'être révoqués, mais Mediapart écrit qu'en attendant, ils sont toujours en activité. Merci Quentin. Stanislas Godon, délégué général du syndicat de police Allianz, c'était ce matin sur RMC.
Il a condamné ses propos, mais rappelle donc qu'une enquête disciplinaire est en cours. J'ajoute que la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, sera votre invité Jean-Jacques à 8h30 sur RMC et BFM TV. À six jours, des obsèques de George Floyd à Houston ou Texas. Une première cérémonie d'hommage a eu lieu hier soir à Minneapolis. Des centaines de personnes ont observé 8 minutes 46 secondes de silence, comme le temps qu'a passé le policier à genouiller sur son cou lors de son interpellation. De nombreux rassemblements hier aux Etats-Unis avec une nouvelle vidéo de violence policière. Un homme de 75 ans qui est poussé, qui chute lourdement.
Le maire de Buffalo, dans l'état de New York, précise ce matin que la victime est dans un état grave, mais stable. Les deux policiers impliqués ont été suspendus. En France, les manifestations pourtant interdites à cause de la crise sanitaire se poursuivent, contre les violences policières et contre le racisme. 2000 personnes à Lille hier soir, des incidents en fin de soirée, des événements organisés spontanément via les réseaux sociaux. Olivier Chantereau. Quand Lille se remémore, cette manifestation marseillaise du 2 juin, elle n'en revient toujours pas. En voyant autant de monde, aussi déterminé, autant de jeunes que de moins jeunes, c'était très émouvant.
3000 personnes marchant contre les violences policières suite à un appel sur les réseaux sociaux seulement 24 heures avant. Je cherche un mouvement à Marseille, je n'en trouve pas. Je vois que quelqu'un cherche aussi à Marseille. On décide de lancer un mouvement en se disant qu'on ne sera pas beaucoup, mais il vaut mieux peu que zéro. On a eu des réponses de collectifs, on a eu des gens qui se sont déplacés de façon très spontanée. Des rassemblements, il y en a eu partout en France. Une contestation globale qu'explique Farid Temsamani, porte-parole de l'association Banlieue Plus. Il est d'abord le fruit de l'émotion mondiale de ce qui s'est passé aux Etats-Unis.
Le meurtre affreux de ce père de famille à Minneapolis. Et donc c'est venu en plus de ce que nous vivons, ce que nous connaissons ici en France, notamment dans les quartiers populaires. Et effectivement, en parallèle, d'une affaire malheureusement connue qui est dite Adama Traoré. Et puis surtout, le déni de justice dans notre pays. À Marseille, une autre manifestation contre les violences policières est prévue demain. Le coup de grâce pour l'étude de l'ANCET sur l'hydroxychloroquine. Étude qui, lors de sa parution, avait été qualifiée de foireuse par le professeur Raoult. Hier, trois des quatre auteurs de cette étude controversée ont décidé de se rétracter.
Mais avant cela, la France et l'OMS avaient décidé de suspendre les essais cliniques. L'Organisation Mondiale de la Santé a déjà fait machine arrière. RMC 8h06, le télétravail, l'heure du bilan. À 10h ce matin, réunion entre le ministère du Travail et les partenaires sociaux pour faire un point sur le positif, le négatif de travailler à distance. En tout cas, certaines entreprises voient aujourd'hui plus d'avantages que d'inconvénients dans cette manière de travailler. Réminc. Depuis trois semaines, Julien Lozano a abandonné ses locaux en région parisienne. 100% télétravail désormais pour son entreprise de location immobilière.
Ces dix salariés restent à la maison avec des avantages certains. Les collaborateurs étaient plus concentrés et surtout, on s'est rendu compte qu'ils étaient moins stressés. Quand vous venez de passer une heure, une heure et demie dans les bouchons ou dans des transports surpeuplés, effectivement, vous n'arrivez pas à 9h le matin tout à fait opérationnel et détendu. Autre changement de poids, le fait d'économiser un loyer. Pas négligeable pour une jeune entreprise. On va économiser sur une année un peu plus de 40 000 euros de loyer. Ça représente 15% de notre vie de janvier. Ce jeune chef d'entreprise veut toutefois continuer à voir physiquement ses collaborateurs.
C'est essentiel pour Benoît Serres, vice-président de l'Association Nationale des Directeurs des Ressources Humaines. On l'a vu pendant la période, les gens qui étaient tout en télétravail, quelquefois souffraient d'isolement. Ensuite, ceux qui étaient en télétravail tout le temps avaient le sentiment de plus travailler. Ce qui n'est pas forcément vrai d'ailleurs. C'est simplement parce que vous n'avez pas ces moments de pause que vous avez dans une entreprise. Aller prendre un café avec un collègue, discuter dans le couloir, etc. Des risques psychologiques pour les salariés qui seront au menu des discussions ce matin entre organisations patronales et syndicats.
Eux sont défaits après avoir appris la fermeture de leur usine, la sucrerie de Toury en Nord-et-Loire, qui existe depuis 145 ans. Usine qui produit du sucre, comme son nom l'indique, mais aussi du surfain qui sert à l'élaboration du gel hydroalcoolique. Pendant tout le confinement, les salariés ont travaillé 7 jours sur 7 sans compter leurs heures, mais ça n'a pas suffi. Reportage sur place de Florian Chevalet, Romain Cluzel. Une usine au ralenti, seulement 60 employés présents contre 128 en janvier. Après 27 ans dans la sucrerie, Frédéric Rebiffé n'accepte pas la fermeture prochaine de l'entreprise. Ça me donne envie de chialer parce que j'ai passé plus de la moitié de ma vie ici.
Il y a eu une transmission du savoir, il y a eu une transmission du métier, l'amour de notre métier. Quand on voit à quoi ça en est réduit aujourd'hui et comment ça va finir, c'est de la tristesse et de la colère. Depuis un an, ce représentant CGT se bat avec ses collègues pour sauver des emplois. Parmi eux, Kevin, il a écrit une lettre au président de la République en avril. En pleine crise du Covid, l'usine a continué à produire du surfin, la matière première pour le gel hydroalcoolique. Nous travaillons le jour, la nuit, les dimanches, les jours fériés. Participons à cet effort de guerre en prenant des risques pour notre santé et celle de nos proches.
Je vous avoue que j'aurais quand même espéré une réponse. Malgré leur licenciement à venir, impensable pour les employés de ne pas aider, explique Stéphane Delannoux, salarié depuis près de 30 ans. Nous, on pouvait faire de l'alcool, on a fabriqué de l'alcool. C'est peut-être pas grand-chose, mais on a fait ce qu'on a pu faire. Et aujourd'hui, on peut être fiers de nous. Et ce qui m'a choqué, c'est quand on reçoit un papier pour avoir le droit de circuler, comme quand on est ouvrier indispensable. Mais un ouvrier indispensable, il n'est pas dehors qu'un jour après. Résigné, Stéphane et ses collègues appellent à une reconnaissance de leur travail en sauvant l'usine et les emplois de Toury.
En Guadeloupe, le préfet et le rectorat ont envoyé au maire une mise en demeure de rouvrir les écoles fermées depuis le début de la crise du coronavirus. Les règles pour visiter les prisonniers assouplis depuis mardi, il est désormais possible notamment de venir à deux avec un enfant. La distanciation sociale reste toutefois maintenue. Maxime Brandstatter a pu le constater dans la maison d'arrêt d'Hony Pontoise. Lala patiente devant l'entrée de la maison d'arrêt du Val d'Oise. Elle a réussi à obtenir un parloir pour voir son neveu.
Pas mal de familles, ils appellent. C'est dur pour avoir un rendez-vous. On met le masque, le gel. On ne s'approche pas trop. Même pour lui, il est content de nous voir.
Amel sort d'un parloir avec son mari. On est loin l'un de l'autre, dans une petite pièce. Au bout de la salle et moi de l'autre, ils sont plus proches des sauveillants que de nous. On est quand même de la famille. Même s'ils sont masqués, on est masqués aussi. On sait très bien qu'il ne faut pas contaminer la personne qu'on vient voir. Donc si on est malade, on sait qu'on ne va pas venir. Face au risque de contamination, Nourédine Brahimy, le directeur de la prison, a dû établir un protocole strict pour que les parloirs reprennent. Et il l'a expliqué aux détenus. L'instation sociale veut dire ne pas se toucher, bien évidemment. Ça, ils n'ont pas le droit de le faire.
Mais non seulement ils n'ont pas le droit, mais ils le comprennent très bien. On peut déporer un seul incident depuis la réouverture des parloirs en considérant qu'on a à peu près 5 ans de visite par jour. Aussi, les détenus s'informent, communiquent avec leur famille. Et prendre le risque d'attraper, d'être contaminés par le Covid, ça impacte aussi la santé des uns et des autres. Ils l'ont très bien compris. Interdit jusqu'ici, les enfants des détenus peuvent revenir voir leurs parents depuis le 2 juin. Du monde attendu sur la route pour ce week-end, c'est le premier où l'on peut s'éloigner à plus de 100 km de son domicile.
L'occasion de retourner voir ses amis, sa famille, dont on a été privés pendant 2 mois et demi. Et pourquoi pas aussi visiter l'un des premiers monuments historiques à rouvrir le domaine de Chambord, Romain Poiseau. Archiviste, conservateur, guide, tout le monde s'y met pour nettoyer le château avant l'ouverture. Pour l'occasion, c'est le ménage. Aspirateur à la main, Virginie, est chargée de recherche au service de la conservation. Chauve-souris, des oiseaux se sont laissés aussi enfermés dans le château, donc ils ont fait pas mal de dégâts. Oui, on sent que le château a vraiment vécu sans nous. Alors, dehors les chauve-souris, place aux touristes. Le gel hydroalcoolique bien installé.
Guillaume Trouvé, directeur des bâtiments et jardins, contrôle le dispositif sanitaire mis en place avant l'ouverture. On a fait un parcours fléché à l'intérieur du château. Mais que les visiteurs se rassurent, le château a été conçu à la Renaissance pour éviter la propagation des virus. Déjà sous François 1er, ils avaient peur des épidémies. C'est pour ça qu'on a un espace qui est très aéré naturellement, les couloirs sont très larges, l'escalier à double révolution. On monte par un sens et on descend par le sens sans jamais se croiser. Habituellement, le domaine accueille en moyenne 2500 visiteurs par jour, mais le directeur général, Jean Dossonville, ne se fait pas d'illusions.
On n'aura pas les groupes scolaires, les groupes de seniors, ni les visiteurs internationaux. On s'attend à faire un petit mois, ce qui en même temps, sur le plan sanitaire, règle beaucoup de problèmes parce que ça règle les problèmes de jauges. Il attend avec impatience la réouverture des frontières européennes. À Chambord, 35% des visiteurs viennent de l'étranger.
Bien, merci Céline. Vous allez partir pour Chambord ce week-end ? Oui, pourquoi pas. Bon, d'accord. Bon, allez.