WHIRLPOOL : QUE MACRON REVIENNE AVEC UN GILET JAUNE ! (ft RTL)
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Ce matin après ce nouveau rebondissement, vous vous adressez directement au Président de la République. Vous lui demandez de rendre des comptes auprès des salariés. Qu'est-ce que vous voulez dire ?
Il s'était rendu lui-même sur le site à l'automne 2017 et il avait dit : "Regardez, ça va être un formidable cluster, je vous garantis un emploi pour tous, tous les salariés seront repris." On est un an et demi après ça et c'est la débâcle intégrale. Surtout il y a des millions qui ont été mis sur la table, des millions qui ont été mis sur la table notamment par l'Etat, et pendant tout ce temps-là, il n'y a eu aucun comité de suivi.
Il n'y a pas eu de regard sur ce qui était fait par l'entrepreneur. Les passages successifs avec les boîtes à lettres électroniques, et puis des voiturettes avec des batteries, puis des cages d'ascenseur : il n'y a eu aucun regard sur le projet industriel. Nous nous avons alerté très tôt.
Ca fait plusieurs mois, ca fait six mois maintenant qu'on a alerté, qu'on a envoyé un courrier à Emmanuel Macron président de la République, à Muriel Pénicaud, ministre du Travail, où on leur dit notre profonde inquiétude. Parce que les salariés ils ont passé une année à ne pas produire. Ils n'avaient pas grand-chose à produire, voire rien à produire.
Ils faisaient quoi ? Ils faisaient du travail de jardinage, ils faisaient du travail de nettoyage, ou ils s'occupaient comme ils pouvaient dans les ateliers. Ca nous préoccupait et on demandait qu'il y ait un regard.
Et on n'a eu aucune réponse. Même pas une réponse polie, du Président de la République, aucun intérêt pour ce dossier, c'est-à-dire qu'il vient faire un coup de com en mettant le gilet jaune sur le site de Whirlpool WN. Et derrière il n'y a plus personne, on n'a plus d'interlocuteur.
Lorsqu'on tire l'alarme, il n'y a personne qui vient, il n'y a personne qui vient dire les solutions qui sont envisagées et ainsi de suite. Donc maintenant c'est au Président de la République de débloquer des fonds pour assurer une pérennité à l'entreprise, peut-être pas la sous la forme WN, ou au moins permettre que les salaries ne sortent pas en slip de cette histoire et qu'ils aient un avenir professionnel. Mettre plus de fonds, François Ruffin, mais le fond du problème, c'est le carnet de commande WN.
Il n'y a pas de travail, il n'y a pas de travail, alors comment fait-on ? D'abord il fallait pas confier à une entreprise et donner des dizaines de millions à quelqu'un qui n'avait pas de marché en face. Je suis désolé, ce n'est pas à moi de faire des audits.
C'est pas moi l'analyste financier. Normalement il y a des milliers de personnes qui sont payées pour faire ça au ministère, à Bercy, qui sont payées pour le faire. Et qui ne le font pas.
Il y a des gens à l'Elysée. Il y a un cabinet. Il y a tout ça et ces mecs-là ils ne le font pas.
C'était peut-être un pari sur des nouvelles technologies ? Vendre des armoires réfrigérées, peut-être qu'ils ont cru qu'ils avaient un marché qu'ils n'ont pas eu finalement ? Quand il y a 180 salariés qui font du jardinage et du nettoyage, normalement il doit y avoir des gens de Bercy qui descendent pour voir ce qu'il se passe dans la boutique.
Je suis désolé. Je suis un petit entrepreneur moi-même, mais si mes salariés ne font rien pendant des mois, on s'est très bien que la trésorerie elle va plonger. N'importe quel commerçant, n'importe quel artisan, n'importe quel petit patron de PME il comprend ça dans ce pays.
Il n'y a quand même pas que les journalistes qui ne vont pas le comprendre, avec les gens de Bercy. Ca s'appelle un ministère de la reconquête industriel. C'est en train de devenir un ministère du désert industriel.
Et on attend le lendemain des européennes pour balancer les plans sociaux en série. Vous trouvez ça normal ? François Ruffin, vous étiez venu avec Jean-Luc Mélenchon et Manon Aubry rencontrer les syndicalistes de WN, c'était le mois dernier pendant la campagne des européennes.
Jean-Luc Mélenchon avait même pourfendé l'Europe qui soit-disant, nous protège. Mais que peut faire l'Europe ? On ne voit pas bien le rapport dans ce dossier.
C'étaient les syndicalistes de Whirlpool que nous avions rencontrés. Les syndicalistes de Whirlpool, c'est très concret avec le dossier européen puisque les sèches-lingues étaient produits à Amiens, ils ont été délocalisés en Pologne pour baisser le coût du travail alors qu'ils continuent à être consommés dans le nord de l'Europe et en particulier en France. On voit très bien que l'Europe est là une machine à dumping social.
On va pas refaire l'élection européenne. Mais on voit très bien que c'est une machine à dumping social. Je peux vous assurer : qu'est-ce que ça fait quand d'une part il y a cette Europe qui produit ça et qui délocalise Whirlpool et que derrière on a une promesse avec le Président de la République, devant toutes les caméras et tous les micros du pays, devant toutes les institutions, on se dit bon sang !, même moi qui suis plutôt méfiant, même moi je me dis que si tous ces gens-là ils se déplacent sur le site pour nous faire des promesses, c'est quand même que les promesses elles vont être tenues.
La confiance elle devient nulle dans toutes les institutions et en particulier dans la parole du Président de la République. Vous attendez que l'Etat remette plus d'argent. Merci beaucoup François Ruffin d'avoir été l'invité de RTL Midi.
François Ruffin