Allocution d'Emmanuel Macron
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Françaises, Français, mes chers compatriotes de métropole, d'outre-mer et de l'étranger, je tenais, en cet automne 2021, à revenir vers vous pour répondre aux interrogations, parfois aux inquiétudes qui sont les vôtres, sur notre situation sanitaire, économique, sociale et géopolitique. Depuis près de deux ans, nous sommes confrontés à une pandémie exceptionnelle. Nous avons tous ensemble tenu, et je le crois, fait à chaque étape des choix collectifs indispensables pour protéger chacun d'entre nous et pour nous protéger comme nation.
Nos décisions se sont toujours fondées sur la connaissance scientifique, sur l'impératif de nous protéger, sur la volonté d'agir de manière proportionnée et sur la conviction que la responsabilité individuelle et collective sont notre première force. C'est cela qui nous a conduits à décider à deux reprises d'un confinement, quand il le fallait, au printemps, puis à l'automne 2020. Ensuite, à tenir bon, avec un couvre-feu et des règles adaptées à chaque territoire, au début de cette année 2021, alors que beaucoup de nos voisins fermaient tout. Nous avons, depuis le début de cette année 2021, pu disposer de vaccins, en acheter, puis en produire.
L'Union européenne a ainsi produit plus de 2 milliards de doses de vaccins durant cette année, soit plus qu'aucune autre puissance du monde. S'agissant de la France, depuis la première vaccination en décembre 2020, nous avons injecté en 10 mois plus de 100 millions de doses. 51 millions d'entre vous sont aujourd'hui complètement vaccinés, ce qui fait de nous l'un des pays du monde les mieux protégés. Grâce au pass sanitaire et à la stratégie mise en œuvre depuis le mois de juillet dernier, nous sommes parvenus à maîtriser l'épidémie.
En rappelant ces choix et nos résultats, j'ai en cet instant une pensée à la fois respectueuse et émue pour tous nos compatriotes qui ont disparu, et pour leur famille. Et je veux à nouveau remercier nos soignants, nos volontaires, nos associations, toutes celles et ceux qui ont contribué à tous ces efforts. Pour autant, nous n'en avons pas terminé avec la pandémie. D'abord parce que des dizaines de milliers de nos compatriotes sont touchés par ce qu'on appelle le Covid long, dont les symptômes qui sont la perte de goût, d'odorat, l'épuisement, la dégradation de la santé mentale font l'objet d'une prise en charge spécifique.
Ensuite, parce que nous le savons, il nous faudra vivre avec le virus et ses variants jusqu'à ce que la population mondiale dans son ensemble soit immunisée. Et c'est pour cela que d'ailleurs, dès le début de la pandémie, la France s'est engagée pour donner des doses aux pays les plus pauvres et les pays en voie de développement. Nous sommes au rendez-vous de cette solidarité internationale et nous continuerons de le faire. Nous n'en avons pas terminé parce qu'à court terme, l'Organisation mondiale de la santé le dit, la cinquième vague a commencé en Europe. Au Royaume-Uni et en Allemagne, plus de 30 000 nouveaux cas supplémentaires sont enregistrés chaque jour.
Et si grâce à vos efforts, la situation en France est plus favorable, l'augmentation de 40 % en une semaine de notre taux d'incidence et la remontée des hospitalisations sont des signaux d'alerte. De même que la situation dans certains territoires d'outre-mer où la vaccination demeure encore insuffisante dans bien des cas et qui ont beaucoup souffert ces derniers mois. Je veux ici leur dire à nouveau la solidarité nationale et leur dire que tout continuera d'être fait comme depuis le début de la crise. Tout cela doit nous conduire à la plus grande vigilance et nous pousser à agir.
Parce que nous avons fait le nécessaire pour nous protéger, nous pouvons continuer à maîtriser la situation si chacun d'entre nous prend sa part. Mon premier message est ainsi un appel. Un appel à l'esprit de responsabilité des 6 millions d'entre vous qui n'ont encore reçu aucune dose de vaccin. Vaccinez-vous, vaccinez-vous pour vous protéger. La vaccination est ouverte à tous, sauf aux enfants de moins de 12 ans. Je rappelle qu'une personne vaccinée a 11 fois moins de chances de se retrouver à l'hôpital en soins critiques. Je rappelle aussi que des milliards d'individus sur la planète ont déjà eu le vaccin et que nous avons maintenant déjà un certain recul.
Vaccinez-vous pour pouvoir vivre normalement. Avec le vaccin, il vous sera possible d'obtenir un pass sanitaire et ainsi de vous rendre librement dans les cafés, les restaurants, les lieux de culture, de sport, de loisirs, sans test PCR. Être libre dans une nation comme la France implique d'être responsable et solidaire. Je compte donc sur vous. Face au regain de l'épidémie, les plus vulnérables sont nozénés et ceux qui souffrent d'obésité, de maladies cardiovasculaires, de maladies respiratoires ou de diabète sévère. Toutes les études montrent en effet que 6 mois après le vaccin, l'immunité diminue et donc que le risque de développer une forme grave réaugmente.
La solution à cette baisse d'immunité est l'injection d'une dose de vaccin supplémentaire, ce qu'on appelle le rappel. Une campagne a été lancée depuis la fin de l'été pour tous les plus de 65 ans et les plus fragiles. Il nous faut aujourd'hui l'accélérer. Si vous avez été vacciné il y a plus de 6 mois, je vous appelle à vous protéger en prenant rendez-vous dès maintenant auprès d'un centre de vaccination, de votre médecin ou de votre pharmacien. Il est possible de faire ce rappel en même temps que le vaccin contre la grippe. A partir du 15 décembre, il vous faudra justifier d'un rappel pour prolonger la validité de votre pass sanitaire.
Les personnes qui ont moins de 65 ans voient aussi la protection conférée par le vaccin diminuer au fil du temps. D'ailleurs au moment où je vous parle, plus de 80% des personnes en réanimation ont plus de 50 ans. C'est pourquoi une campagne de rappel sera lancée à partir du début du mois de décembre pour nos compatriotes âgés de 50 à 64 ans. Nous avons saisi les autorités scientifiques afin qu'elles puissent nous indiquer dans les tout prochains jours les modalités pratiques et les échéances à suivre. De la même manière que nous avions d'ailleurs organisé, vous vous en souvenez sans doute, durant le premier semestre, la campagne de vaccination.
Le vaccin, pour efficace soit-il, ne suffit pas. Dans ce contexte de reprise épidémique, il nous faut en même temps redoubler de vigilance. Tous les assouplissements à un moment envisagé seront donc reportés pour conserver les règles actuellement en vigueur. Même si je sais combien cela est difficile, le port du masque à l'école sera donc pour le moment maintenu. L'application des gestes barrières qui protègent autant contre le Covid-19 que contre les maladies contagieuses de l'hiver doit aussi faire l'objet d'une attention accrue. Nous avions tous un peu relâché nos efforts et c'est bien normal. Il faut donc les reprendre.
Les contrôles pour l'application du pass sanitaire dans les établissements concernés et pour les entrées dans les ports, les aéroports, les gares seront renforcées. Et nous continuerons, comme nous avons toujours fait, à adapter nos décisions territoire par territoire en fonction de l'évolution de l'épidémie. C'est donc grâce à la vaccination, au pass sanitaire, aux gestes barrières que nous pourrons continuer de vivre, ne pas restreindre d'autres libertés et ne pas refermer des activités.
Enfin, c'est parce que la France a très tôt misé sur la recherche sur les traitements et que nous avons su en commander très en amont que nous bénéficierons d'une nouvelle arme pour lutter contre le virus avec l'arrivée, dès la fin de l'année, des premiers traitements réellement efficaces contre les formes graves de Covid-19. Durant toute cette période, notre nation s'est toujours attachée à protéger chacun d'entre nous sur le plan éducatif, économique et social. Nos enfants, nous avons été l'un des pays du monde qui a le plus ouvert ses écoles. Nos jeunes, nous avons accompagné les étudiants avec le repas à 1 euro et des aides spécifiques pour les boursiers.
Les plus précaires, grâce à une politique d'hébergement social inédite et aux aides exceptionnelles versées, nous avons évité à près d'un demi-million de nos compatriotes de basculer dans la pauvreté. Nos artistes, artisans, indépendants, salariés, entrepreneurs ont été accompagnés avec le chômage partiel, les prêts garantis par l'État, le fonds de solidarité et de nombreuses aides sectorielles. Nous continuons et continuerons d'adapter nos réponses en fonction des besoins. C'est pourquoi, par exemple, les prêts garantis par l'État seront prolongés jusqu'en juin 2022. Nous avons aussi soutenu nos soignants.
Nos soignants qui ont tant donné durant la crise et éprouvent aujourd'hui une légitime fatigue. Ils ont été augmentés de 200 à 400 euros net par mois en moyenne. 500 établissements hospitaliers vont être restaurés, des milliers de maisons de retraite rénovées grâce à un effort sans précédent de 19 milliards d'investissements partout sur le territoire. Ces mesures, qui s'ajoutent à beaucoup d'autres, comme la fin du numerus clausus pour les médecins ou l'augmentation du nombre de postes d'infirmés, font que jamais depuis la création de la sécurité sociale, nous n'avions autant investi dans la santé. Il le fallait. Il le fallait après des décennies d'abandon, de sous-investissement.
Mais il reste, je le sais, encore beaucoup à faire. Cette stratégie du quoi qu'il en coûte, couplée aux 100 milliards du plan de relance que nous avons décidé grâce à notre initiative européenne, non seulement nous a permis de résister à la crise, mais de rebondir plus fort aujourd'hui. Notre croissance dépasse les 6%. La France est en tête des grandes économies européennes. Le chômage est au plus bas depuis près de 15 ans. Et nous sommes l'un des seuls pays du monde où le pouvoir d'achat a continué à progresser, en moyenne, et où la pauvreté n'a pas augmenté.
Nous avons réussi tout cela en maîtrisant nos dépenses publiques, puisque notre déficit sera inférieur à 5% de notre produit intérieur brut dès cette année. Tout cela, c'est le fruit de nos choix collectifs. Et c'est aujourd'hui encore que nous devons prendre de nouvelles décisions pour rester maîtres de nos vies comme citoyens et maîtres de notre destin comme nation pour les années qui viennent. Oui, parce que nous avons devant nous une forme d'accélération du monde, des grandes décisions qui sont à prendre.
D'une part, notre situation économique reste toujours à consolider, dans un monde où les tensions sur les approvisionnements et les coûts des matières premières et de l'énergie génèrent pénurie et inflation. Je sais que beaucoup d'entre vous le vivent. D'autre part, parce que nous ne devons pas viser seulement 7% de chômage, mais bien le plein emploi. Nous sommes en train progressivement tous ensemble de réussir, de faire en sorte que chaque Française, chaque Français puisse par son travail construire sa vie, mener à bien ses projets.
Notre économie crée des emplois comme jamais, au point que dans des secteurs comme la restauration, les bâtiments travaux publics, les services, l'artisanat ou l'industrie, tous les entrepreneurs me disent peinés à recruter aujourd'hui. Au moment où 3 millions de nos compatriotes se trouvent encore au chômage, cette situation heurte le bon sens. Pour la dépasser, pour faire en sorte que toutes les offres d'emploi soient pourvues, nous devons agir sur tous les fronts. Depuis 4 ans, le travail paye mieux, avec l'augmentation de la prime d'activité de 100 euros au niveau du SMIC, avec la défiscalisation des heures supplémentaires et des pourboires, avec les baisses d'impôts inédites.
Par rapport au début du quinquennat, c'est au minimum 170 euros de pouvoir d'achat par mois, en plus, pour les bas salaires. Il faudra dans les années à venir poursuivre ces choix et financer notre modèle social en taxant moins le travail, encore. Nous avons aussi beaucoup formé. Avec 15 milliards d'euros mobilisés depuis 2017, jamais autant de moyens n'avaient été engagés pour la montée en compétence des moins diplômés et des demandeurs d'emploi. Pour notre jeunesse aussi, nous avons déployé un effort spécifique avec la réforme de l'apprentissage et de l'alternance, atteignant en ce moment même des chiffres records, et grâce au plan Un jeune, une solution.
Nous avons aidé 3 millions de jeunes à trouver une formation ou un emploi ou un accompagnement. Ce qui fait qu'au moment où je vous parle, le taux de chômage pour les jeunes est au plus bas depuis plus de 15 ans. Pour les 500 000 jeunes sans emploi et les moins qualifiés, j'ai annoncé dans la lignée de ce que je vous avais dit le 12 juillet dernier, le lancement, pour le 1er mars prochain, du contrat Engagement Jeune. Un contrat et non un revenu, parce qu'aux droits que nous ouvrons, à savoir 20 heures de suivi intensif, une allocation pouvant aller jusqu'à 500 euros, correspondent des devoirs. Un devoir d'assiduité, un devoir de suivre les formations proposées et de s'engager pleinement.
Plus largement, pour que le travail permette de vivre dignement et paie toujours davantage que l'inactivité, nous conduisons en ce moment même une indispensable réforme de l'assurance chômage. Depuis un mois, les règles ont commencé à changer pour rendre la reprise du travail plus attractive dans tous les cas. Et à partir du 1er décembre de cette année, une nouvelle étape va s'engager. Il faudra avoir travaillé au moins 6 mois dans les deux dernières années pour pouvoir être indemnisé. Alors qu'aujourd'hui, les droits au chômage sont ouverts au bout de 4 mois de travail.
Enfin, Pôle emploi passera en revue les centaines de milliers d'offres d'emploi disponibles sans réponse dès les prochaines semaines. Les demandeurs d'emploi qui ne démontreront pas une recherche active verront leurs allocations suspendues. Le 12 juillet dernier, j'avais évoqué devant vous la nécessaire réforme des retraites. La situation sanitaire que nous vivons et qui est en train de se dégrader partout en Europe, le souhait unanime exprimé par les organisations syndicales et professionnelles de concentrer les efforts sur la reprise, le besoin de concorde dans ce moment que vit notre nation, font que les conditions ne sont pas réunies pour relancer aujourd'hui ce chantier.
Pour autant, notre volonté de sauver notre modèle par répartition et d'en corriger les inégalités, n'a pas changé. Ce 1er novembre, la retraite minimale pour les agriculteurs, qui est attendue depuis si longtemps, est entrée en vigueur. Et dès 2022, il faudra, pour préserver les pensions de nos retraités et la solidarité entre nos générations, prendre des décisions claires. Elles feront légitimement l'objet de débats démocratiques indispensables. Mais elles devront suivre, à mes yeux, des principes simples. Travailler plus longtemps en repoussant l'âge d'égal.
Aller vers un système plus juste en supprimant les régimes spéciaux, en harmonisant les règles entre public et privé, et en faisant en sorte qu'au terme d'une carrière complète, aucune pension ne puisse être inférieure à 1 000 euros. Aller enfin vers plus de liberté, c'est-à-dire permettre de partir en retraite progressivement, d'accumuler des droits plus rapidement pour celles et ceux qui le souhaitent, d'encourager le travail au-delà de l'âge légal aussi, pour celles et ceux qui en ont envie. La retraite ne doit être ni une contrainte ni une angoisse, mais un choix plus libre, plus simple, plus lisible.
Aujourd'hui comme hier, vous le voyez, le travail continue donc d'être notre boussole, le fil rouge de notre action. Non seulement parce que pour chacun d'entre nous, c'est le travail qui nous permet de créer des liens, d'augmenter notre pouvoir d'achat, de progresser tout simplement dans la vie, en accédant à la propriété, en protégeant notre famille, nos proches, en concrétisant nos projets. Mais aussi parce que sur le plan collectif, le travail de tous est ce qui nous permet en tant que nation de faire nos choix et de garantir notre indépendance.
C'est par le travail et par plus de travail que nous pourrons préserver notre modèle social, nos retraites, la prise en charge des malades, l'accompagnement des familles, la meilleure inclusion à l'école, au travail ou dans les structures adaptées pour les personnes en situation de handicap. C'est par le travail aussi que nous permettrons à nos aînés de vivre plus longtemps chez eux ou d'être accompagnés. Une cinquième branche de la sécurité sociale a été créée. Elle sera pleinement mise en œuvre dans les mois qui viennent et d'ici au 1er janvier, les professions du soin et de l'aide à domicile auront vu leur salaire revalorisé.
Nous sommes en train collectivement, en ce moment même, malgré la pandémie, de construire pas à pas un véritable service public de l'autonomie pour nos aînés. Nous le finançons et le financerons par davantage de travail. C'est par le travail de tous que nous pourrons continuer de rendre notre État plus solide. Nous avons, depuis 2017, recruté 10 000 policiers et gendarmes. Nous avons substantiellement augmenté le budget de la justice d'une manière inédite. Les résultats sont là. 36 attentats déjoués, la baisse d'un quart du nombre de cambriolages et de vols de véhicules, des saisies et des arrestations records en matière de trafic de drogue.
Mais très clairement, nous sommes lucides sur le travail qui reste à faire. La violence est de retour dans toutes les sociétés occidentales et exige d'aller plus loin. Nous devons ainsi poursuivre et renforcer nos actions pour lutter contre les violences faites aux femmes, pour mieux protéger nos enfants. Et dans le prolongement des travaux du Beauvau, une loi de programmation pour nos sécurités intérieures est en cours de discussion. Elle sera présentée au premier trimestre 2022 et donnera plus de moyens et allégera les contraintes bureaucratiques de nos forces de l'ordre.
Nous avons aussi lancé des états généraux de la justice qui, réunissant tous les acteurs, déboucheront au printemps sur des mesures fortes à la fois pour que la justice soit rendue plus vite et que les peines prononcées soient réellement exécutées. C'est par le travail de tous, enfin, que nous pourrons bâtir notre indépendance énergétique. Nous vivons chaque jour les conséquences de la situation actuelle. Le plein plus cher à la pompe, la facture de gaz et d'électricité qui augmente. Ce que nous vivons ces dernières semaines nécessite des réponses d'urgence. C'est pour cela d'ailleurs que le gouvernement a bloqué les prix du gaz.
C'est aussi pour cela que ceux d'entre vous qui gagnez moins de 2 000 euros net par mois aient recevoir une indemnité inflation exceptionnelle de 100 euros. Mais si nous voulons payer notre énergie à des tarifs raisonnables et ne pas dépendre de l'étranger, il nous faut tout à la fois continuer d'économiser l'énergie et d'investir dans la production d'énergie décarbonée sur notre sol. C'est pourquoi ? Pour garantir l'indépendance énergétique de la France. Pour garantir l'approvisionnement électrique de notre pays et atteindre nos objectifs, en particulier la neutralité carbone en 2050.
Nous allons pour la première fois depuis des décennies relancer la construction de réacteurs nucléaires dans notre pays et continuer de développer les énergies renouvelables. Ces investissements nous permettront d'être à la hauteur de nos engagements. Au moment où nous allons clôturer la COP26 à Glasgow, c'est un message fort de la France. Vous le voyez bien. Et nous le pressentons tous. Dès à présent, nous nous préparons à affronter les défis de l'avenir. Car nous vivons une révolution profonde avec la pandémie, nous avons éprouvé notre vulnérabilité. Ce virus, soudain, a bloqué le monde entier.
Nous avons redécouvert notre dépendance vis-à-vis de l'étranger, y compris pour des produits de première nécessité, des masques, le paracétamol ou d'autres. Nous avons réappris avec le vaccin que l'innovation pouvait tout changer et parfois en quelques mois avec une rapidité inédite. En même temps, les grands enjeux d'avant la crise n'ont pas disparu. la protection de la planète, le défi démographique, le vieillissement, la montée des inégalités. Nous avons donc d'une manière inédite tant de décisions à prendre en même temps, tant d'investissements historiques à faire pour relever tous ces défis, pour maîtriser notre destin. Le marché seul ne suffit pas.
Il faut assumer une intervention publique forte avec, dans quelques domaines clés, des investissements importants. des investissements de la nation, des investissements aussi de l'Europe. C'est pour cela que j'ai lancé le plan France 2030, doté de 30 milliards d'euros sur 5 ans, pour investir dans 10 secteurs très porteurs d'avenir comme la décarbonation de l'industrie, le véhicule électrique, l'avion zéro carbone ou encore la culture, la santé, le spatial ou le maritime, pour éduquer et former nos jeunes dans ces métiers d'avenir, pour sécuriser en France la production de composants et de technologies essentielles comme les semi-conducteurs, la robotique ou le cyber.
Notre objectif est clair que les produits et les technologies qui feront l'économie, les emplois et en quelque sorte les vies de 2030 ne viennent pas seulement des Etats-Unis ou d'Asie mais bien aussi de France et d'Europe. Certains pensent ce rêve inatteignable. Je crois tout le contraire. Je crois que cela relève même de l'ambition faisable du volontarisme lucide si aujourd'hui nous continuons de mener les réformes, les transformations et si nous investissons.
Oui, la France a les moyens de conforter ses positions de grande puissance éducative, industrielle, agricole, d'innover, de créer et produire en tenant nos objectifs climatiques et de biodiversité si nous investissons, si nous levons les freins à l'action, les complexités inutiles et les corporatismes. Mais la France ne sera pas forte seule. Les enjeux sont tels dans le choc des puissances continentales qui se déploient sous nos yeux que seule une entente européenne, solidaire et volontaire peut apporter à chacun de nos pays européens un relais et une force de frappe. Il suffit d'ouvrir les yeux pour mesurer combien nos intérêts se rencontrent et s'accordent.
C'est dans ce contexte du choc des puissances américaines, chinoises, russes et de déstabilisation de nombreuses zones du monde que notre pays aura dans deux mois la charge de présider l'Union européenne. car les orientations de l'Union ne sont pas lointaines ou évanescentes. Elles sont même la trame de nos vies et des années qui viennent. Sans l'Union européenne, nous n'aurions pas si vite disposé du vaccin. Nos partenaires ne sont pas des étrangers. Sur ce continent qui nous a été donné par le destin, ils sont confrontés aux mêmes vagues, aux mêmes orages que ceux que nous rencontrons.
C'est donc avec eux que nous tâcherons dans les prochains mois de mieux affronter les défis qui sont les nôtres. Ensemble, de mieux protéger nos frontières extérieures. Ensemble, de continuer à rebâtir avec l'Afrique une relation de paix, de stabilité et de croissance. Ensemble, de mieux réguler les géants du numérique. Ensemble, de bâtir une stratégie crédible de réduction de nos émissions de CO2 compatibles avec notre souveraineté industrielle technologique. Ce nouveau modèle d'investissement et de croissance auquel je crois pour la France et pour l'Union européenne est celui que je défendrai en votre nom dès janvier prochain en prenant la présidence de l'Union.
Mes chers compatriotes, nous avons surmonté ensemble ces derniers mois une conjonction inédite de crise. La pandémie, ses conséquences, le terrorisme, les désordres géopolitiques et j'en passe. J'ai tâché à la cavalcade de retranscrire tout ce que nous sommes en train de faire et ce qu'il convient de conduire pour les mois à venir. Mais durant tous ces mois, nous sommes restés soudés, fidèles à ce que nous sommes, profondément humains. Alors je vois bien, je sens bien, j'entends bien l'incertitude, les doutes, parfois la fatigue, quelquefois la colère quand je viens à votre rencontre qui se manifeste. La période est difficile pour beaucoup d'entre vous, angoissante.
Mais regardez ce que nous avons réussi durant ces derniers mois en agissant ensemble, unis. nous avons réussi l'impensable. Alors je vous le dis avec beaucoup de conviction, n'ayons pas peur. Croyons en nous, croyons en la France, en une France qui reste elle-même forte de son histoire, de sa culture, de sa langue, de sa laïcité, de ce qui l'unit. Forte de son esprit de résistance à la dilution dans un monde qui va à la soumission au dogme, aux obscurantismes, au retour du nationalisme. Forte de sa volonté d'embrasser l'avenir et de continuer d'assumer sa part d'universel. Croyons en nous, nous le méritons. Vive la République et vive la France.
Voilà donc pour l'intervention du président de la République. 27 grosses minutes, Yael Gost, avec vous, qu'on va faire le premier point, voir un peu ensemble, balayer ce qui a été dit, puis on reviendra sur certains points précisément, sur le Covid, sur les retraites, bien sûr, sur le nucléaire aussi, et beaucoup de choses. Les mots à retenir peut-être sont dans ce qu'ils viennent juste d'être prononcés. Croyons-en nous, n'ayons pas peur.
C'est ce qu'on retrouvera dans les unes probablement. N'ayons pas peur et souvenons-nous de la date à laquelle nous sommes, 9 novembre 2021, 51 ans, jour pour jour, après la mort du général de Gaulle, qui a été célébré à Colombais aujourd'hui. Il ne le cite pas, il n'y fait pas référence, mais il y a des mots qui résonnent. L'esprit de résistance, croire en ce que nous allons faire ensemble, soyons unis face aux obscurantistes, au retour du nationalisme, tout ça évidemment ce sont des messages politiques à lire en filigrane.
Il ne nomme personne, il n'est pas candidat, il est candidat juste à la présidence française de l'Union Européenne prochainement, mais évidemment ça transpire sur la fin. Alors oui, ça veut dire
qu'il n'est pas candidat,
mais... Et le bilan est fait. C'est-à-dire que vous avez 27 minutes de bilan.
Voilà, il y a du sous-texte quand même, c'est le moins qu'on puisse dire parce qu'effectivement, et c'est un peu ce que vous disiez d'ailleurs tout à l'heure avant que ça commence, Yael, on était parti sur un bilan, là franchement, je pense qu'on a tout balayé.
Tout a été balayé, d'ailleurs, il le dit dès le début, bilan de deux ans de crise. Je vais faire le bilan de deux ans de crise comme s'il fallait mieux tourner la page derrière. C'est ça un petit peu l'idée et vous avez donc, tout est décliné chapitre par chapitre sur la crise sanitaire avec, on les mentionne quand même, vigilance, puisque le Covid ne disparaît pas, augmente, il cite les chiffres en Allemagne, au Royaume-Uni, l'incidence qui monte très très fort et donc, 15 décembre, l'annonce principale rappelle, a justifié pour tous les plus de 65 ans, rappel vaccinal, troisième dose pour pouvoir prolonger son pass pour pouvoir prolonger son pass le 15 décembre.
Pour ces publics-là, il faudra une troisième dose.
On va y revenir tout à l'heure et en détail avec Christine Rouziou dans un tout petit instant sur les détails effectivement de ce pass sanitaire. Quelques mots encore quand même sur le général Yael Gauze. Moi, je vois deux annonces. La première, c'est il n'y aura pas de réforme des retraites ou en tout cas pas encore.
Pas encore. Il en donne les principaux traits mais pour le futur.
Et là encore, on s'interrogeait sur le discours du président ou le discours du candidat. Là, pour le coup, est-ce que ce n'est pas le discours du candidat qui prend le pas sur le discours du président ? Moi, président, je n'ai pas le temps, j'ai six mois mais ne vous inquiétez pas, ça viendra derrière.
Dans ce bilan, vous avez des ponts qui sont jetés vers 2022 et vers la suite s'il était réélu. C'est ça qu'il faut comprendre dans son allocution. Il dit les conditions ne sont pas réunies aujourd'hui, situation sanitaire qui se dégrade, besoin de concorde nationale, des partenaires sociaux qui ne le veulent pas. Donc, les conditions ne sont pas réunies, il n'y a pas de réforme des retraites là, avant la fin de ce quinquennat.
Mais il dit dès 2022, on prendra des décisions claires, travailler plus longtemps en repoussant l'âge légal, fin des régimes spéciaux, 1000 euros de retraite minimale, plus de liberté pour partir progressivement, soit plus tôt, soit pour travailler plus tard après l'âge légal. Ça, c'est ce à quoi il s'engage mais pour un programme de campagne à venir s'il candidate, ce qui est un secret de Paulichinelle. Ensuite, vous avez évidemment tout ce qui concerne France 2030. là aussi, sous investissement pour l'avenir.
Et même avant d'aller à France 2030, il y a l'annonce sur le nucléaire. Alors, avec un petit flou,
il dit nouveau réacteur. Est-ce qu'il parlait des SMR, les petits réacteurs dont il a déjà parlé il y a trois semaines ou des EPR qui seraient évidemment l'annonce principale ce soir ? Ça veut dire qu'on relance le programme nucléaire conformément aux recommandations de RTE, le rapport qui a été sorti à 15 jours.
On y reviendra là aussi un peu plus dans le détail effectivement voir quel est celui des six scénarios ou en tout cas dans les trois derniers, plutôt celui que semble-t-il le président peut-être a retenu. Je voudrais qu'on salue Christine Rousiou qui nous a rejoint. Bonsoir, Madame Rousiou. Bonsoir. Vous êtes virologue, membre de l'Académie de médecine et avec vous, on va revenir sur les annonces qui ont été faites sur le plan médical de cette annonce et donc les suites du Covid et de la pandémie.
Première mesure qu'on retiendra à Christine Rousiou, c'est désormais accélération de la troisième dose pour les plus de 65 ans parce qu'à partir du 15 décembre, ils seront tenus à inscrire cette troisième dose pour que leur passe sanitaire puisse continuer à fonctionner. Est-ce que vous dites oui, c'est une bonne chose ? Est-ce que vous dites c'est peut-être un peu raide ? Qu'est-ce qu'en pense la virologue que vous êtes ?
Moi, je pense que c'est très bien. Je pense que c'est une très bonne mesure. C'est une incitation à faire cette troisième dose qui est vraiment nécessaire pour les plus de 65 ans vu qu'ils ont été vaccinés assez tôt et ils sont vaccinés depuis... Ils ont eu leur deuxième dose depuis plus de six mois. Par contre, par contre, la deuxième décision de faire un rappel à une troisième dose aux 50-64 ans sur la base de 80% des plus de 50 ans sont en réa actuellement, je trouve que c'est un peu insuffisant. Vraiment, nous, on était plutôt favorables à une vaccination, à un rappel beaucoup plus large, les plus de 18 ans. Et là, je pense que se limiter à 50 ans, c'est un petit peu dommage.
Une chose après l'autre, peut-être, non, Christine Rousseau ? Oui, oui, mais enfin, c'est déjà que le 15 décembre, donc on sera déjà en hiver, le virus va circuler. J'ai trouvé très intéressant le fait, pour moi, le virologue, d'entendre un président de la République expliquer que six mois après le vaccin, l'immunité baisse. Des mots comme ça dans la bouche à présidence, ça interpelle quand même, c'est pas mal. Le fait qu'il rappelle que la troisième dose fait remonter l'immunité, il a vraiment bien compris ce schéma. Cependant, je trouve que limiter aux plus de 50 ans est vraiment un peu juste. Avec quand même,
pardon, Mme Rousseau, avec quand même pas d'assouplissement sur le port du masque, notamment à l'intérieur et aussi dans les écoles, pas d'assouplissement sur les gestes barrières et surtout contrôle plus régulier, plus fréquent et plus actif, on va dire, du pass sanitaire, ce qui permet peut-être de compenser la lenteur à vos yeux, en tout cas, de la troisième dose pour les moins de 50 ans.
Oui, oui, oui, il faut vraiment renforcer, ça c'est vraiment une bonne analyse de la situation épidémiologique, ça je suis absolument d'accord. Le port du masque dans l'école, il n'a pas dit que ce serait sur l'ensemble du territoire. Moi, je pense qu'il faut maintenant passer à l'ensemble du territoire, ça je pense que c'est bien. Le renforcement des gestes barrières, je pense que c'est très bien. Une ambiguïté pour les 50-64 ans quand ils auront leur rappel de la troisième dose, est-ce qu'eux aussi seront soumis, leur pass sanitaire sera conditionné à cette troisième dose ? C'est une ambiguïté qui n'a pas été élevée. Moi, je l'ai compris en creux,
moi je l'ai compris en creux, j'ai compris que c'était dans le package en fait.
Ce sera pareil que pour les plus de 65 ans, ça je pense. Il a souligné l'accès au traitement. Alors, je vous en parlais, Madame Roussou,
j'ai même envie de vous dire c'est quoi ce traitement ? Parce que c'est la première fois qu'on en entend parler de manière aussi claire en disant oui, oui, on peut commencer dès le mois de décembre, dès la fin de l'année, en fait, contre les formes graves, dit-il, de quoi on parle ?
Oui, je ne suis pas tout à fait sûre que ce soit juste. Il est vrai que l'État a acheté 50 000 doses de molnupiravir. Cependant, nous n'avons pas encore tous les résultats sur cette molécule. C'est juste un communiqué de presse. Il va y avoir aussi le médicament, un antiprothéase associé au ritonavir pour Pfizer, proposé par Pfizer. Disons que dans les mois qui viennent, il va y avoir des médicaments. Ces médicaments, ces traitements sont vraiment pour donner un début de maladie à des gens qui ont des comorbidités et des risques de formes graves.
Parce que moi, ce que j'ai entendu là, c'était que c'était sur les formes graves que ça fonctionnait. Voilà,
les risques de formes graves. Par contre, dans le traitement des formes graves, on a les anticorps monoclonaux. Effectivement, peut-être que le gouvernement a décidé d'élargir l'utilisation de ces anticorps monoclonaux qui, effectivement, marchent bien. mais on a deux classes de médicaments, les anticorps monoclonaux et puis maintenant, les nouveaux antiviraux proposés par Merck et proposés par Pfizer qui vont être là en début d'année. Mais il y en aura d'autres en 2022. Donc c'est vrai qu'on passe à une nouvelle période et c'est bien que le gouvernement ait un engagement vis-à-vis de ces médicaments.
Mais alors, Christine Rosio, en entendant cette histoire de traitement, je m'imagine, par exemple, alors moi je suis vaccinée, mais quelqu'un qui a une forme grave allait chez son médecin généraliste, enfin qui risque une forme grave, y aller maintenant en disant au fait, j'ai entendu le président, il dit qu'il y a des traitements, donc allons-y, comment ça marche ? Est-ce qu'un médecin sera capable de répondre à ce genre de questions ?
Alors c'est... D'abord, les médicaments ne sont pas disponibles aujourd'hui même, mais c'est l'intérêt de ces médicaments antiviraux, c'est qu'ils vont pouvoir être prescrits par la médecine ville de ville puisque ce sont des gélules et donc c'est beaucoup moins difficile que des produits injectables à injecter tous les jours. Merci beaucoup. Les traitements de 5 jours avec deux pilules deux fois par jour, donc ça sera accessible y compris en médecine de ville.
Merci beaucoup Christine Rousio, vous restez avec nous bien sûr si vous le souhaitez. Avant de passer à un autre sujet et saluer d'ailleurs Fabien Cazot qui nous a rejoint. Bonsoir. Bonsoir. du service économique de France Inter. Un mot quand même encore là-dessus sur le Covid, Yael Gauze. On appuie effectivement sur le pass sanitaire et la troisième dose. On est dans le même genre de méthode quand même que la méthode 12 juillet, c'est-à-dire qu'il y a la carotte d'accord mais il y a quand même le bâton derrière pour taper. Attention, si vous n'y allez pas, de toute façon à un moment vous le paierez d'une manière ou d'une autre.
Vous avez vraiment un phénomène très psychologique en France, c'est-à-dire que la figure même, l'annonce même du figure paternelle présidentielle qui va à la télé incite les gens à prendre des rendez-vous pour avoir la troisième dose. Vous avez eu une accélération x3, x4 je crois depuis ce week-end de demandes de rendez-vous et dans l'été, en deux mois, lorsqu'Emmanuel Macron le 12 juillet appelle à un été de la mobilisation, c'est 10 millions de primo-vaccinés dans la foulée de cette carotte et du bâton du pass sanitaire dont vous parliez Fabienne. Donc effectivement, c'est un effet psychologique pour rester maître de notre destin et de l'épidémie.
Nous maîtrisons l'épidémie, il faut qu'on continue à la maîtriser. Voilà le message que délivre ce soir aussi Emmanuel Macron.
Fabien Cazot, c'est sur autre chose que je vous attends Fabien. Deux thèmes principaux. D'abord, la réforme de l'assurance-chômage on continue, elle avance, donc droit dans ses bottes.
Elle est indispensable.
Exactement, droit dans ses bottes. Il y avait deux grandes réformes. Il y a la réforme de l'assurance-chômage, il y a la réforme des retraites. Il y en a une pour laquelle on continue, on reste droit dans les bottes, on va poursuivre, il n'y aura pas l'interruption. La réforme des retraites, en fait, c'est fini. Les conditions ne sont pas réunies. On s'en étonne ou au fond, on ne s'en étonne pas ?
On ne s'en étonne pas vraiment parce que ça recoupe un peu tout ce que nous disait depuis plusieurs semaines des voix dans la majorité au gouvernement, au sein de l'exécutif. Mais ça va mieux en le disant et ça va mieux en l'entendant dans la bouche du président. Les conditions ne sont pas réunies. Il faudra prendre des décisions claires dès 2022 sans presse-t-il d'ajouter. C'est vrai que ces dernières semaines, il y avait eu plusieurs hypothèses qui avaient été mises sur la table.
L'idée de faire une réforme à minima en gardant les points qui faisaient le plus consensus dans la réforme, les sujets qui ne fâchaient pas comme la retraite minimum à 1 000 euros ou la suppression de régimes spéciaux auxquels finalement les Français sont plutôt favorables dans les sondages d'opinion. On remet tout ça plus tard, on en parlera. Ce sera un vrai débat démocratique a dit le chef de l'État et rendez-vous l'an prochain.
Mais du coup Fabien, sur le D2022, est-ce qu'on peut imaginer effectivement certaines de ces mesures entre janvier et mai, on va dire, avril-mai, ou est-ce que quand il nous parle de 2022, il s'imagine dans un 2022 présidentiel ?
Il a parlé de débat démocratique indispensable donc ça renvoie à la campagne présidentielle. On peut imaginer que pour 2022, après dans un temps présidentiel, effectivement, il y ait une réforme dont il a d'ailleurs tracé des axes parce qu'au-delà de la retraite minimum à 1 000 euros et des régimes spéciaux, il a parlé des sujets qui fâchent aussi, donc de travailler plus longtemps, d'harmoniser le public et le privé et puis on voit aussi cette logique de vouloir mettre un dispositif qui laisse la liberté, plus de liberté à chacun de choisir comment il part, quand, plus tôt, plus tard, avec quel niveau de pension.
Je pense que le président était contagieux. Oui, il vous a tracé votre rume, Fabien. Il était enrhumé. Il est enrhumé. Élysée confirme, président enrhumé ce soir.
Absolument. Alors, il y a plusieurs choses aussi sur le point économique, Fabien Cazot, que je voudrais voir avec vous. Il y a eu un bilan, on le disait tout à l'heure avec Yael, que c'était vraiment du bilan pré-campagne, en fait, on va le dire comme ça. Un vrai bilan, pardon, mais un peu en contraste quand même avec l'atmosphère qui est celle de la France aujourd'hui. J'ai retenu cette phrase qui dit le pouvoir d'achat a augmenté de 170 euros en moyenne pour les salaires les plus bas. C'est probablement l'un des chiffres qui va être commenté parce qu'il y a beaucoup de gens aujourd'hui qui s'interrogent sur et qui se demandent d'ailleurs s'ils ont vraiment touché ces 170 euros.
On n'est pas dans le mood, pardon de le dire comme ça, du débat qu'on entend actuellement chez les bas salaires.
Et pourtant, Emmanuel Macron s'est voulu le plus concret, le plus chiffré possible. D'ailleurs, le fait de chiffrer à ce point les mesures, ça montre bien que ça répond à un scepticisme de l'opinion qui estime de ne pas avoir vraiment eu un pouvoir d'achat qui a augmenté ces derniers temps sous le coût effectivement de la hausse des prix de l'énergie, sous les hausses de coûts dans l'alimentaire.
C'est vrai qu'il y a eu toute cette partie où il a rappelé les bons résultats disons macroéconomiques, les chiffres, les taux de croissance, le chômage au plus bas depuis 15 ans, les déficits qui seront en dessous de 5% dès cette année 2021, ce sont des agrégats macroéconomiques mais ce ne sont pas des résultats que ressentent dans leur quotidien les français en particulier les plus modestes.
Et avec un moment puisque vous l'avez à peine évoqué, un morceau du quoi qu'il en coûte si je puis dire, ce sont les prix garantis par l'Etat qui se poursuivent jusqu'en juin 2022.
C'est ça et c'est une possibilité laissée aux entreprises de rembourser plus tard.
Alors l'autre point et on va y venir en détail qui fera parler de lui et qui est un point important c'est celui du nucléaire Fabien Cazot et effectivement pour le coup il a raison sur les faits c'est la première fois qu'on relance le problème nucléaire en France et depuis très longtemps. Je vois qu'il est en train de lever le doigt juste une seconde c'était sur le nucléaire
c'est un enjeu très important pour lui c'est dans le plan France 2030 il y a cet investissement dans une énergie décarbonée l'objectif c'est neutralité carbone 2050 il revient de Glasgow de la COP26 Emmanuel Macron et il envoie un message il en avait envoyé un il y a trois semaines sur la création des SMR la recherche prototype français c'est des petits réacteurs nouvelle génération 10 fois plus petits que les EPR mais qui pourraient aider la France à s'équiper dans cette électricité décarbonée et là
on va voir un expert nucléaire dont on nous dit et là c'est les EPR dont il est question entre les lignes
il ne va pas au bout de sa phrase Emmanuel Macron dit nouveau réacteur mais ce sont bien des EPR dont on parle on a pour l'instant un seul prototype en germe qui pose un peu des problèmes de retard et de financement très très lourd et cela dit
les SMR qui ne sont pas prêts puisqu'on a à peine un prototype nous en France pour l'instant
il n'existe qu'un en place en Russie actuellement
voilà donc quand même on dit révolution énergétique Fabien Cazot l'argument lui est servi
sur un plateau par la hausse des prix de l'énergie par la nécessité de se rendre indépendant des prix des hydrocarbures
et par le calendrier avec la COP26
et voilà qui appelle à la décarbonation et même toute une filière nucléaire française qui du coup compte bien prendre cet argument là pour exporter des réacteurs pour aider les pays qui prennent en ce moment des engagements sur le zéro carbone à l'horizon 2050 ou 2070 en disant voilà achetez nos réacteurs nucléaires et vous vous affranchirez du charbon
je voudrais vous allez rester avec nous évidemment tous les deux je voudrais qu'on salue Nicolas Goldberg bonsoir monsieur Goldberg
bonsoir
vous êtes expert énergie chez Columbus Consulting moi j'aimerais que vous peut-être vous éclairiez un petit peu notre lanterne sur ce qu'annonce le président au sujet du nucléaire est-ce qu'on parle d'EPR est-ce qu'on parle des fameux SMR est-ce qu'on sait de quoi on parle ?
en fait on sait assez bien de quoi on parle quand on regarde la séquence qui s'est déroulée ces derniers jours hier vous avez eu une conférence de presse d'EDF pour dire que la filière était prête à répondre à la demande de nouveaux EPR qu'il y avait eu le plan Excel chez EDF pour former des salariés aux futurs métiers du nucléaire avec la soudure mais également d'autres métiers autour de la sûreté c'est loin d'être un hasard cette conférence de presse c'est tenu hier donc effectivement dans son allocution M.
Macron a évoqué publiquement la construction de nouveaux réacteurs nucléaires sans préciser de quoi il s'agirait enfin dans le timing imparti si on veut avoir des nouveaux réacteurs nucléaires d'ici 2035 c'est plutôt sur des EPR que ça va le jouer et quand on voit qu'hier EDF a annoncé que la filière nucléaire était prête à répondre à la demande de construction de nouveaux EPR on peut raisonnablement imaginer qu'on va partir là-dessus
sachant que cette conférence de presse intervient quelques jours une petite dizaine de jours seulement après que les scénarios de RTE aient été annoncé et que parmi ces scénarios il y en a 6 3 qui sont des scénarios énergie renouvelable et nucléaire mais dans ces scénarios-là dans mes souvenirs Nicolas Goldberg ça va très loin on va de 8 à 14 EPR si on commence maintenant si on commence demain comme semble-t-il c'est le cas la cadence c'est quoi ça ressemble à quoi en fait
alors effectivement RTE a publié il y a une dizaine de jours ce qu'ils ont appelé les futures énergétiques 2050 donc 3 scénarios avec de nouveaux EPR et 3 autres scénarios avec une sortie de nucléaire en 2050 ou en 2060 et dans les scénarios avec de nouveaux EPR on était entre 8 et 14 EPR parce que c'est ce que la filière a dit qu'elle pouvait faire de plus c'est pas une limitation administrative ou autre c'est la filière nucléaire qui a dit voilà d'ici 2050 on peut faire au maximum 14 EPR éventuellement on peut faire des SMR en plus donc des petits réacteurs nucléaires modulaires on parlait juste avant c'est vraiment tout ce qu'on peut faire si on décide aujourd'hui de construire de nouveaux réacteurs nucléaires la filière nucléaire nous dit qu'ils seront là au plus tôt en 2035 donc on voit bien que si on veut laisser nos émissions de gaz à effet de fer d'ici 2035 il va falloir miser aussi sur autre chose donc la sobriété l'efficacité énergétique les énergies renouvelables mais après 2035 on pourra avoir de nouveaux EPR ce que la filière dit c'est lançons déjà 6 EPR lançons-les par paire
pour profiter
des synergies des constructions d'un chantier à l'autre on pourrait avoir du coup entre 6 et 8 EPR en service d'ici 2040 et potentiellement entre 2040 et 2050 on pourrait accélérer on pourrait accélérer pour monter jusqu'à potentiellement 14 EPR alors c'est très ambitieux et d'ailleurs RTE l'a noté dans ses scénarios c'est qu'aujourd'hui des EPR il y en a deux en service en Chine avec Chine il y en a d'autres en construction à Inquipoint au Royaume-Uni où ça se passe à peu près bien mais on a toujours le souvenir de l'EPR d'Olti Liotto en Finlande qui a fait faire faillite à Areva et de l'EPR de Flamanville en France qui ne marche pas du tout et qui a rencontré beaucoup de difficultés industrielles
mais du coup est-ce que ça veut dire M. Goldberg que vous depuis votre chapelle en fait depuis la chapelle qui est la vôtre vous dites oui il fallait faire cette annonce maintenant de toute façon parce qu'il y a non seulement une urgence peut-être à le faire pour que ce soit prêt d'ici à 2035 mais surtout à s'assurer qu'on va le faire et qu'on va le faire bien vous faisiez la comparaison à l'instant avec Flamanville et d'autres encore
alors moi j'ai pas de chapelle si on décide d'en faire c'est maintenant qu'il faut décider effectivement parce qu'il y a toujours un temps de lancement après il y avait d'autres scénarios énergétiques possibles sans EPR qui représentent aussi d'autres défis notamment celui de déployer beaucoup plus d'éoliens offshore d'éoliens onshore d'avoir beaucoup plus de solaire alors qu'on est très en retard sur nos objectifs et de construire un système hydrogène pour pallier l'intermittence des renouvelables et de poursuivre
la vie des centrales déjà existantes
voilà de poursuivre aussi les centrales existantes pendant un petit temps donc moi j'ai pas de chapelle c'est à dire si on voulait le faire effectivement il vaut mieux essayer de le faire dès maintenant si on veut espérer les avant en 2035 c'est le choix qu'a fait le président de la république moi je trouve ça sain qu'il l'ait fait maintenant pour qu'on puisse en débattre pendant la présidentielle et peut-être après ensuite à Tienne Kepler nous verrons si vous m'entendez toujours
je vous entends toujours absolument et je vous laisse finir votre phrase monsieur Goldberg advienne que pourra
advienne que pourra on verra si effectivement les déboires de Flamanville et Holti-Giotto sont bien derrière nous et si on arrive à faire sortir de terre ces EPR dans les temps voulus parce qu'il y a quand même une urgence climatique et si on décale après 2035 on va commencer à être en retard sur nos objectifs de neutralité carbone dont parlait le président donc c'est un pari industriel qu'il a décidé de prendre
merci beaucoup Nicolas Goldberg Yael Goz dimension politique mais il a raison sur ce point là évidemment dimension politique
très forte c'est un point de différenciation énorme et assumé c'est déjà un thème
de campagne de toute façon c'est déjà un thème de campagne c'est déjà un thème de campagne
et on a les deux pieds dedans et vous avez aujourd'hui en France deux principales forces politiques qui s'opposent à ce schéma là c'est la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon c'est Yannick Jadot qui est à Glasgow en ce moment à la COP26 pour les écologistes mais à part ces deux forces politiques il y a un consensus qui se dégage de plus en plus sur la nécessité de ces EPR donc Emmanuel Macron il sait là qu'il parle d'or quand il dit ça quand il s'engage sur le nucléaire a priori il n'y a pas beaucoup beaucoup beaucoup de coups à prendre et rien qu'hier soir dans le débat premier débat des républicains à droite vous aviez un concours de qui dirait le plus d'EPR 8, 10, 15, 14 c'était un peu la foire aux EPR hier soir
un peu d'ailleurs un peu curieusement des EPR et des éoliennes de manière assez fracassante à l'intérieur de la campagne alors qu'on pouvait s'en douter mais à ce point là peut-être pas en fait non ?
comment dire vous vous souvenez d'Emmanuel Macron réduisant les écologistes à des amiches adeptes de la lampe à huile on est dans la continuité de cet affrontement là entre une écologie qui serait pragmatique et une écologie qui serait idéologique évidemment il s'agit de cliver au maximum en vue de la campagne qui arrive
et on a bien vu le temps qu'on a passé dans le débat des républiques ne serait-ce qu'hier sur les éoliennes qui a été un temps infini Fabien Cazot ?
Oui et puis il y a aussi une nécessité de cohérence économique et énergétique avec les objectifs justement on disait 2035 on parle de l'hydrogène vert ça veut dire de l'hydrogène qui est fabriqué sans énergie thermique sans charbon le nucléaire permet de faire cette réaction mais avec de l'électricité bien sûr c'est l'électrolyse on casse la molécule d'eau on récupère les atomes d'hydrogène et donc si la source évidemment c'est de l'énergie nucléaire il y a zéro carbone et simplement pour signaler aussi qu'Emmanuel Macron s'étant pressé de rajouter quelques mots après avoir parlé du nucléaire en disant et on développera aussi les énergies renouvelables donc c'est pas non plus la porte fermée aux autres sources d'énergie
ce qui est aussi on s'en souvient dans les fameux scénarios de RTE absolument des panachages exactement il y a toujours du panachage dans aucun de ces scénarios
en même temps énergétique
exactement c'est une sorte de en même temps énergétique en effet qu'est-ce qui se passe Yael pardon la question est un peu ouverte qu'est-ce qui se passe après ce genre de discours comment en cette période dans la période qui est la nôtre comment il est mal axé ce discours là
écoutez c'est un discours de transition il est en transition le président donc c'est un discours où on sort de plus en plus de l'habit présidentiel pour aller vers l'habit du candidat je vois des réactions un peu partout là sur Twitter ce soir ce qui est très reproché à Emmanuel Macron c'est d'avoir utilisé 27 minutes et 30 secondes d'un temps public comme ça pour faire son bilan quasi autopromo et projeté aussi sur ce qui serait son deuxième quinquennat il a le droit il est en fonction il peut évidemment d'autres l'ont fait avant lui de mener cet exercice mais effectivement c'est un énorme plaidoyer pro-domo c'est à dire j'ai réussi à vous sortir de la crise sanitaire je vous ai amené finalement la France à 6-7% de croissance avec un taux de chômage inespéré nous l'avions fait ensemble on ne l'imaginait pas au début tout est super tout est génial j'ai réussi je suis retombé sur mes pattes j'ai eu cette parenthèse sanitaire qui m'est tombée dessus mais je vous ramène à la boussole initiale qui était la valeur travail donner une chance à chacun de réussir dans ce pays en se serrant les coudes voilà il boucle la boucle évidemment c'est un récit politique qu'il fait ce soir de son action des 4 ans écoulés dans une projection à venir il manque le mot maintenant candidat on verra quand est-ce qu'il arrivera ce candidat visiblement pas avant la présidence française de l'Union puisque c'est bien là-dessus qu'il a terminé son discours
absolument bonsoir Mathieu Gallard bonsoir vous êtes directeur d'études chez Ipsos on en parlait à l'instant avec Yael Goz est-ce que vous avez entendu le président Macron ou avez-vous entendu le candidat Macron ce soir ?
oui bah incontestablement c'est vrai que pour ceux qui pouvaient douter éventuellement d'une nouvelle candidature d'Emmanuel Macron à sa réélection je pense que là la réponse a été quasiment clairement donnée on a eu un président qui s'est appuyé sur les deux jambes traditionnellement d'un président qui cherchait de réélu en vantant à la fois son bilan il l'a décliné sur tous les grands enjeux que ce soit l'enjeu sanitaire l'enjeu économique l'enjeu sécuritaire et puis en se projetant dans l'avenir à la fois en donnant des pistes sur les réformes qu'il mettra en place à partir de 2022 s'il est réélu en tout cas par exemple les retraites et puis plus largement en essayant un petit peu de dessiner voilà le pays vers lequel il souhaitait se diriger notamment en parlant par exemple du plan France 2030 avec tout cet aspect d'innovation technologique de réindustrialisation
et du nucléaire qu'on évoquait à l'instant effectivement on a senti à la fois sur le volet énergie mais aussi effectivement sur le volet retraite et pas seulement d'ailleurs sur le volet économique Mathieu Gallard que évidemment qu'il parle au-delà de 2022 Emmanuel Macron sur ces thèmes-là principalement
oui c'est extrêmement clair il cherche à se projeter parce que c'est toujours le danger pour un président sortant qui cherche à se faire réélire c'est de ne s'appuyer que sur son bilan un bilan qui est jugé relativement positif par une partie des français en tout cas plus que celui de François Hollande ou de Nicolas Sorscozy à la même période de leur mandat et donc c'est vrai qu'il a il a cherché un petit peu à sortir de ce piège et voilà à se projeter vraiment vers l'avenir quelle était la France qu'il chercherait à dessiner lors de son éventuel second mandat et il l'a fait effectivement sur beaucoup beaucoup de dimensions bien au-delà de la crise sanitaire voilà sur les aspects économiques sur les aspects industriels sur les aspects environnementaux et énergétiques et de ce point de vue-là on voit que il continue ce qu'il met en place depuis la rentrée depuis le début du mois de septembre c'est vraiment d'être présent sur tous les sujets et alors que toutes les oppositions sont vraiment en difficulté avec la droite on le voit encore pour encore un mois c'est vrai aussi de ses adéluations au centre-gauche c'est vrai à l'extrême droite avec ce duel entre Marine Le Pen et Éric Zemmour lui il est là sur le terrain avec des propositions
et j'ai noté comme vous j'imagine Mathieu Gallard que quand même malgré tout parce que la campagne il doit la suivre il y a eu un petit chapitre sécurité ça n'a pas été un chapitre très long ça a été quelques mots il y a elle en une seconde et Mathieu Gallard
et de la même manière c'est pour projeter sur 2022-27 puisque ce sont deux lois auxquelles il fait référence une loi de programmation de sécurité qui arrivera au premier trimestre qui ne pourra suivre sa navette parlementaire que sur l'Assemblée puisqu'après l'Assemblée s'arrête de siéger le 28 février donc vous n'aurez pas la loi abouti c'est donc un chantier qui enjambe le quinquennat les états généraux de la justice il y fait mention aussi pareil d'ici avril avril on sera 10 et 24 avril en premier deuxième tour de la présidentielle donc ce qui débouchera sur les mesures justice là aussi c'est pour un autre quinquennat s'il y en a un autre donc tout est fait sous forme de pont jeté vers 2022
Mathieu Gallard est-ce que vous avez le sentiment qu'il réussit on va dire à être un président post-Covid à ne pas être que le président Covid ou est-ce que vous avez entendu en creux dans ce discours quelque chose qui disait dépêchez-vous de vous vacciner qu'on puisse parler d'autre chose aussi
sans doute un petit peu des deux c'est vrai que la première partie était évidemment consacrée au Covid dont il a rappelé que la situation était inquiétante chez nos voisins et donc il a voilà rappelé quelles étaient les mesures prises et dit qu'est-ce qu'il allait faire dans les semaines et les mois à venir après effectivement on ne peut pas il ne peut pas mais ses adversaires ne pourront pas non plus faire campagne uniquement sur le Covid donc il était indispensable de déployer ses arguments sur d'autres sujets et c'est vrai pour revenir à l'enjeu sécuritaire il en a parlé il en a parlé très peu mais c'est sans doute pour justement essayer de se déplacer sur d'autres types d'enjeux parce que si la campagne se fait uniquement sur les thèmes sécuritaires identitaires l'immigration etc c'est des enjeux sur lesquels malgré tout d'autres candidats sont plus à l'aise sont jugés plus crédibles par une grande partie des français et donc ça aussi pour lui ça pourrait être un danger d'où la logique effectivement de parler par exemple beaucoup de cette question énergétique et de la raccrocher à l'environnement et au pouvoir d'achat
mais alors justement est-ce que selon vous est-ce que c'est quand même une bonne idée de mêler les deux en fait c'est-à-dire de faire un début de discours qui ressemble à ce qui s'est passé le 12 juillet et puis la suite où on est vraiment sur quelque chose de vraiment totalement différent est-ce qu'on n'est pas vraiment sur deux registres et puis j'ai même envie d'ajouter quelque chose est-ce qu'aujourd'hui là où nous en sommes y compris dans la campagne un président qui dit allez-y vaccinez-vous est-ce que vraiment ça emmène les gens vers la vaccination est-ce que ça marche
alors sur le premier point oui effectivement on a eu deux phases dans le discours assez clair après il est vrai que la deuxième partie elle était plus dans ce qu'il allait enfin il dessinait à grands traits ce que seraient les principales réformes les principales directions d'un éventuel second quinquennat plutôt que faire des annonces concrètes donc là il était relativement pas flou je dirais mais encore relativement voilà tout n'était pas très clair encore mais ça dessinait des grandes directions sur l'aspect sur l'aspect de la vaccination voilà il est président il est président sortant il va être candidat à la réélection c'est un personnage extrêmement clivant néanmoins globalement les français sont désormais c'était pas du tout le cas il y a un an mais aujourd'hui ils sont relativement satisfaits de la gestion qui a été faite par le gouvernement de la crise sanitaire et de la gestion surtout du plan de vaccination ça peut donc vraiment conduire notamment les 65 ans et plus à faire ce rappel en revanche c'est vrai que pour les personnes qui aujourd'hui encore refusent de se faire vacciner même pour les deux premières doses ça n'est pas ce discours qui va les motiver très certainement
merci beaucoup merci de cette analyse Mathieu Gallaire soignez-vous j'ai presque envie de dire soignez-vous comme le président et c'est fou parce que
troisième dose de stérimard pour le président
exactement on va pas faire de la toute petite histoire mais oui ça existe
il est enrhumé effectivement il est atteint d'un rhume l'Elysée nous l'a confirmé ce soir d'où cette voix qui avait l'air d'être très matinale maintenant c'est bien une voix du soir mais de président enrhumé ce qui arrive
et Jean-Ri ce sera le dernier mot parce qu'on en voit passer beaucoup sur Twitter dites donc le président est enrhumé comme quoi un tout petit mot très très rapidement
le marché seul ne suffit pas a dit Emmanuel Macron il y a besoin d'interventions publiques fortes dans certains secteurs là aussi on a une définition du macronisme et du macronisme qui serait celui aussi qui se projetterait sur un deuxième quinquennat et qui serait en campagne
et je vous remercie beaucoup tous merci Fabien merci Yael Goz oui c'est ça il y a une pub maintenant pardon c'est exactement ça que je devais dire merci
merci seus