Marine Le Pen : et si elle gagnait ? #cdanslair 08/04/2017
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 20 %Attaque 55 %Défensif 25 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 71 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:11OuverteRéponse directe
Marine Le Pen peut-elle gagner la présidentielle ?
- 0:47OuverteRéponse directe
La patronne du Front National est-elle sous-évaluée par les sondages ?
- 2:03OuverteRéponse directe
Jean-Luc Mélenchon qui rattrape Fillon, c'est la surprise de cette fin de semaine ?
- 5:19OuverteRéponse directe
Si quatre candidats peuvent se qualifier, ça fait un choix important au second tour ?
- 8:10OuverteRéponse directe
Marine Le Pen baisse un peu, est-ce que les affaires l'ont impactée ?
- 12:17OuverteRéponse directe
Elle est au centre du jeu ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Peut-elle créer la surprise au soir du premier tour avec un score supérieur à 25% voire près des 30% ? »
- 2:00PrésentateurChiffre
« Pour la première fois, un sondage place François Fillon et Jean-Luc Mélenchon à égalité, 19% selon BVA. »
- 8:33InvitéChiffre
« Elle est à 25-26% dans tous les sondages, dans toutes les intentions de vote pour le premier tour depuis des semaines maintenant, avec un socle électoral qui est très fort, plus de 85%. »
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« Juste quand même un point, je pense que Marine Le Pen, à un moment, elle a profité un peu des déboires dans les affaires de François Fillon. »
- 15:45InvitéFait
« Cet homme, il ne comprend pas la France. Il nie son identité. Il l'accuse de crime contre l'humanité. »
- 15:53InvitéFait
« Monsieur Macron y cache la réalité terrifiante de son projet derrière un écran de fumée, de flou, des propos vides, creux. »
- 17:38InvitéFait
« Est-ce qu'il en a supprimé une ? Pas une. Quant à l'immigration légale, il a été champion. Mieux que j'ose pas. »
- 17:42InvitéFait
« Il a fait plus d'immigration légale que j'ose pas. »
- 17:54InvitéFait
« Les Français n'en peuvent plus de cela. »
- 18:31InvitéFait
« Cette élection est le choix fondamental en fait entre deux visions de la France et du monde. Soit nous continuons avec le système mondialiste et immigrationniste, et pour cela vous pouvez prendre qui vous voulez, aucun problème, ils sont interchangeables sur le sujet. »
- 30:29InvitéChiffre
« La France est le premier partenaire économique européen de l'Allemagne. 167 milliards d'échanges commerciaux rien qu'en 2016. »
- 30:54Invité politiqueFait
« La France va tenter de se protéger des exportations allemandes et en réponse, l'Allemagne va ériger des barrières contre les produits français. »
- 38:07PrésentateurChiffre
« François Fillon, aujourd'hui, il est à 17-18-19 selon les différents instituts. »
- 39:00PrésentateurFait
« Le 21 avril 2002, il y avait eu des manifestations toute la nuit dans Paris, ça avait été vraiment une émotion considérable. »
- 40:35PrésentateurFait
« On sait que sur son nom, elle peut faire un score. »
- 42:24PrésentateurFait
« Aujourd'hui, même si le Front National a progressé considérablement sur tout le territoire, on voit mal comment le Front National à lui seul, parce que c'est aussi une des spécificités du Front National, c'est-à-dire qu'il n'a pas d'allié pour constituer une majorité. »
- 43:56PrésentateurFait
« On connaît les lignes de fracture idéologique. Il y a deux jambes aujourd'hui au Front National. »
- 46:01Invité politiqueFait
« C'est la France que je gère ! »
- 47:48Invité politiqueFait
« Je suis un député, je suis un combattant. »
- 48:21Invité politiqueFait
« Mon père, qui était berger, disait : je pense qu'on formera toujours des aviateurs, je pense qu'on formera même des médecins, certainement, mais un paysan, si on laisse couper la racine profonde, il faut très très longtemps avant de revoir un agriculteur. »
- 55:15PrésentateurFait
« Il est prix Nobel. Il est pour la sortie de l'euro. »
- 55:55PrésentateurFait
« Les prix ont augmenté et l'immobilier a grimpé. Ça, c'est la conséquence directe. »
- 56:13InvitéFait
« Elle s'est désolidarisée de Trump qu'elle estime plutôt en considérant qu'il n'avait pas fait ce genre de choses. »
- 57:16PrésentateurFait
« La veille du premier tour le 21 avril 2002, il est à 15. Il est à 1,5 derrière Lionel Jospin. »
- 58:46PrésentateurFait
« Marine Le Pen bénéficierait du socle d'électeur le plus solide. »
Temps de parole
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Bonsoir à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. Marine Le Pen peut-elle gagner la présidentielle à cette question ? Tous les sondeurs sans exception répondent non, impossible. Le fameux plafond de Vertien comme on l'a vu lors des régionales de 2015. Marine Le Pen peut-elle gagner à cette même question la presse ? Répond oui, c'est possible. Marianne, par exemple, tire la sonnette d'alarme ce week-end. De nombreux experts et observateurs prédisent eux aussi une victoire surprise du Front National sur le modèle du Brexit en Grande-Bretagne ou de Donald Trump aux États-Unis. On sera fixé dans moins d'un mois. En attendant, une autre question se pose.
La patronne du Front National est-elle sous-évaluée par les sondages ? Peut-elle créer la surprise au soir du premier tour avec un score supérieur à 25% voire près des 30% ? Marine Le Pen est aujourd'hui en Corse. Son meeting à Ajaccio a été mouvementé. On va y revenir. La candidate qui a été malmenée pendant le débat mardi soir, notamment par Philippe Poutou, inquiète. Une grande partie de l'Europe. Nous irons à Berlin où l'hypothèse de son élection est jugée très sévèrement. Marine Le Pen, et si elle gagnait, on en parle ce soir avec nos invités. Bruno Jeudy, vous êtes rédacteur en chef du service politique de Paris Match.
Nathalie Saint-Cricq, vous êtes chef du service politique de France 2. Mathieu Croissant-Doux, vous êtes directeur de la rédaction de l'Obs. Olivier Beaumont, grand reporter au service politique du Parisien Aujourd'hui en France et auteur du livre Dans l'enfer de Montretout, c'est chez Flammarion. Bonsoir à tous les quatre. Merci beaucoup de participer à cette émission. Nous attendons vos questions par SMS et Internet, bien sûr. Cette campagne est complètement folle, on le savait, mais ça se vérifie jusqu'au bout. Pour la première fois, un sondage place François Fillon et Jean-Luc Mélenchon à égalité, 19% selon BVA. Derrière Emmanuel Macron et Marine Le Pen, eux aussi à égalité, à 23%.
Mélenchon qui rattrape Fillon, c'est la surprise de cette fin de semaine, Bruno Jeudy ? Je ne sais pas si c'est la surprise, parce que de toute façon, il faudrait déjà que ce soit confirmé par d'autres sondages. Mais ce sondage est intéressant parce qu'il confirme une double tendance. Un, c'est vrai que Mélenchon monte, et en fait Fillon monte aussi. C'est-à-dire que c'est les deux, le troisième et le quatrième, qui se rapprochent du premier et du deuxième, qui eux, le premier qui était Emmanuel Macron la semaine dernière, les plus premiers à peu près dans toutes les enquêtes, il a baissé pas mal cette semaine.
Et Marine Le Pen, qui avait baissé elle la semaine précédente, stagne cette semaine. Et du coup, elle est en tête, mais en fait, la vérité, c'est que les quatre sont en train de se rapprocher. Les deux premiers baissent, le troisième et le quatrième montent. Et on voit bien qu'il y a un resserrement général des quatre premiers, ce qui, pour reprendre ce que vous disiez à l'instant, va rendre cette fin de campagne sans doute unique dans l'histoire des présidentielles pour les dix dernières, puisque là, on va avoir un suspense non pas à deux ou trois, mais à quatre, ce qui est du jamais vu.
Et c'est vrai qu'avec quand même onze candidats, les petits, on en parleront, qui forcément vont monter un petit peu, la barre de qualification pour le second tour est en train de descendre, à mon avis, autour des 22-21%. Ça rappelle furieusement la présidentielle de 2002, vous voyez, où il y avait trois candidats qui étaient dans un mouchoir, 180 000 voix entre Lionel Jospin et Jean-Marie Le Pen en faveur du premier. Et ça, ça n'avait pas été vu par les sondeurs dans les dernières heures. Et donc, tout est possible dans cette présidentielle pour répondre au titre de votre émission. Jusqu'où ira Jean-Luc Mélenchon ? Il a une dynamique incroyable.
Quand il était à 15, on disait, non mais il n'ira pas au-delà, puis 16, puis 19.
Il fait une très bonne campagne, et puis Benoît a une moins bonne campagne. Il a changé un certain nombre de thèmes, c'est-à-dire que notamment en 2012, il considérait que l'immigration est une chance, et il s'est rendu compte que ça l'avait fait un petit peu dévisser et envoyé un certain nombre d'électeurs chez Marine Le Pen. Et là, il fait une campagne assez patriote, c'est-à-dire qu'on l'a dit 20 fois, c'est plus l'international, c'est la marseillaise. Il est très bon sur la laïcité. Il est un plus pur produit que Benoît Hamon sur la gauche, c'est-à-dire qu'il est extrêmement lisible, quand on a l'impression que Benoît Hamon est quelquefois un petit peu dans l'entre-deux.
Donc effectivement, il a sa dynamique. Et je vous le dis sur l'immigration, il est beaucoup plus nuancé qu'il ne l'était, donc ça peut éventuellement faire venir des gens qui étaient tentés par Marine Le Pen. Après, son but, c'est de doubler François Fillon. J'ai tendance à considérer que quand on dit que la France serait à 25% à droite et que François Fillon ne serait qu'à 18%, je pense que la tendance aussi de remonter de François Fillon va se matérialiser dans les prochains jours et qu'il y a un moment donné où Jean-Luc Mélenchon n'ira pas plus loin. Et puis en plus, il y a une mode en ce moment. Il y a une mode de dire que Mélenchon, c'est formidable, que Mélenchon, c'est...
Il ne prend pas que Benoît Hamon, alors du coup, si je vous écoute bien, en grande partie. Je ne suis pas sondeur, donc je suis forcément moins pointue et moins précise. Mais il y a manifestement l'espoir aussi de récupérer un certain nombre de gens désespérés par la situation économique ou qui seraient tentés de voter Marine Le Pen et qui pourraient aussi être tentés par Jean-Luc Mélenchon.
On se dirige, c'est vrai, et Bono Jeudi a raison, et c'est ce que confirment les sondages. On se dirige vers un match à quatre, finalement. On a le sentiment que les quatre peuvent... Alors c'est plus évident pour François Fillon, compte tenu de son électorat, de la droite, qui a soif de revanche, etc. Mathieu Croissando, mais si quatre candidats peuvent se qualifier, ça fait un choix assez important et multiple de second tour. Oui, alors pour l'instant, on sait qu'il n'y en a qu'un qui est testé par les sondeurs puisque la commission des sondages interdit de tester des seconds tours dits farfelus, c'est-à-dire qu'il faut que ce soit issu des simulations de premier tour.
Donc c'est pour ça qu'on a des simulations de second tour uniquement entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen parce que c'est ceux qui sont donnés en tête dans tous les instituts. Ce que disait Bruno est très juste. On est dans une présidentielle à quatre. Alors quand on tient compte de la marge d'erreur, ça sera peut-être encore plus tassé que ça. On a quand même deux favoris qui ont fait la campagne depuis début janvier en tête qui sont à partir du moment où François Fillon a dévissé, qui sont Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Il y a une vraie dynamique chez Jean-Luc Mélenchon que Nathalie résumait.
C'est vrai qu'il est en dynamique et à mon avis, il peut monter autant que Benoît Hamon peut se tasser. Donc pour le coup, ça lui fait encore quelques réserves. Et il y a sans doute un frémissement chez François Fillon, qui paraît encore peut-être un peu hasardeux de qualifier de dynamique. Mais on sent en tout cas un retour bercail d'une partie du peuple de droite qui se dit « Ok, bon, c'est peut-être pas le candidat qu'on a... » Enfin, on a voté pour lui, il nous a déçus, mais au fond du fond, on est de droite et on va voter pour le candidat de droite. Donc tout ça fait un mouchoir de poche.
Si vous ajoutez à ça le nombre d'indécis relevés par tous les instituts de sondage et le nombre d'abstentionnistes potentiels pour une présidentielle qui reste très élevée, ça transforme cette élection en patinoire, on l'a déjà dit. C'est-à-dire que tout le monde peut se casser la figure au dernier moment. Donc pour le premier tour et la qualification au second tour en tout cas, beaucoup de scénarios sont possibles. Il ne fait pas bon être favori de toute façon dans ce genre de course à la présidentielle. Il ne fait pas bon être favori. Après, il faut se souvenir quand même qu'en 2012, Jean-Luc Mélenchon, il y avait déjà une dynamique en fin de campagne qui était très forte.
Et puis, il faut se souvenir du résultat à l'arrivée, il avait fait 10 ou 11% de mémoire. Donc il ne faut pas oublier ça quand même. Après, c'est vrai qu'il est quand même poussé aujourd'hui. Il fait une campagne qui est très moderne. Il a même réussi à damer le plus en Marine Le Pen sur cet aspect-là, ou en étant très présent sur Internet, sur les réseaux sociaux. Il faut quand même savoir que c'est là où le Front National était quand même très performant jusqu'à présent. Il est bien sûr encore très présent, mais on voit que celui qui performe, c'est Jean-Luc Mélenchon.
Et je pense même qu'il prend un petit peu dans l'électorat de Marine Le Pen, dans les dernières tendances qu'on a pu voir, puisque Marine Le Pen, elle stagne et même, elle perd un tout petit peu. Donc bien sûr, il ne fait pas bon être favori dans ce scrutin. Je n'exclus pas quand même un réflexe légitimiste dans le secret des Uloirs au tout dernier moment. C'est d'ailleurs là-dessus que François Fillon mise énormément pour espérer se qualifier au second tour. Donc je pense qu'il y aura encore beaucoup de surprises jusqu'au second tour, avec cette question fondamentale, qui est celle de l'abstention, qui forcément va peser énormément, qu'elle soit forte ou faible.
Je rappelle que vous suivez le Front National pour le journal de Parisien aujourd'hui en France. Alors, elle baisse un peu, Marine Le Pen. On a dit pendant des semaines, elle n'est pas impactée par les affaires, son électorat s'en fiche. Ce n'est peut-être pas aussi juste que ça. Oui, parce que Marine Le Pen, en fait, elle a fait le plein de voix depuis déjà très longtemps. Elle est à 25-26% dans tous les sondages, dans toutes les intentions de vote pour le premier tour depuis des semaines maintenant, avec un socle électoral qui est très fort, plus de 85%. Même des électeurs de Marine Le Pen sont certains de leur choix.
Et la difficulté, c'est d'arriver à avoir une vraie dynamique de campagne. L'objectif, tout le monde le dit en interne, c'est d'être à 30%, voire un peu plus, pour créer une vraie dynamique pour le second tour. Sachant que cette dynamique, elle sera très compliquée si elle était en dessous de ce score-là, puisqu'il y a question des ralliements, des soutiens. Et ce n'est pas avec les quelques maigres voix, report de voix possibles, les électeurs potentiels d'Asselineau, de Cheminade ou Dupont-Aignan. Il y a une vraie incertitude aussi sur le résultat que fera Nicolas Dupont-Aignan. Il peut être la Christiane Taubira de François Fillon dans cette élection.
C'est-à-dire empêcher François Fillon de se qualifier pour le second tour en faisant 4%, 5% ? Les impôts ou deux qui pourraient lui manquer au moment du verdict. Juste quand même un point, je pense que Marine Le Pen, à un moment, elle a profité un peu des déboires dans les affaires de François Fillon. Parce qu'en fait, elle décolle, elle monte jusqu'à 27, 28. Et puis finalement, ensuite, c'est ces affaires à elle qui vont être un peu au centre de l'actualité. Et finalement, ça a eu un impact parce que d'abord, ça a un peu bloqué sa dynamique. Ça l'a fait baisser un peu. Puis maintenant, on voit qu'elle stagne. Alors après, c'est des sondages qui nous disent ça.
En même temps, elle continue de faire le plein. Ces meetings fonctionnent plutôt pas mal. Et c'est vrai qu'il reste une incertitude sur le vote du Front National, notamment dans tout ce qui est la deuxième, troisième couronne parisienne. Et puis le monde semi-urbain. Où là, on sait que sur les élections du quinquennat, c'est là qu'elle a fait beaucoup de voix. Et c'est vrai que sur le terrain, là, c'est évident. On fait tous les reportages en province. Et le vote qu'on entend le plus, le choix qu'on entend le plus, c'est vraiment celui de Marine Le Pen. Et ce qui est spectaculaire, c'est que c'est tout milieu confondu par rapport à il y a cinq ans ou par rapport à il y a dix ans.
Et c'est totalement assumé, surtout. Vous êtes en train de dire qu'elle est au centre du jeu ? Complètement, bien sûr. C'est ça. Elle est en tête des intentions de vote. Elle veut renverser le système. Elle fait le pari de la décomposition du paysage politique pour le recomposer autrement. On sent bien aujourd'hui que tout est fragile. Le PS Benoît Hamon est même pas... Il est cinquième aujourd'hui des intentions de vote. Le candidat de la droite, il est totalement fragilisé. Si d'aventure il ne se qualifie pas pour le second tour, que va-t-il se passer ? Est-ce que les Républicains vont imploser, exploser ? On ne sait pas. Donc voilà. Elle, bien sûr, elle est au centre de tout ça.
On a des incriques.
Un tout petit peu corrigé en disant qu'elle est de moins en moins spécifique quand même. C'est-à-dire qu'on l'a vu dans le débat l'autre soir. Alors je dirais comme Bruno, qu'on a dit pendant un moment que les emplois fictifs, toutes les histoires du Front National étaient totalement périphériques parce qu'elles n'étaient pas lisibles comme dans les hypothèses de François Fillon où ce n'était pas on donne de l'argent à quelqu'un, à sa femme, à ses enfants ou je ne sais pas quoi. Mais là j'ai l'impression que notamment son empêchement léger pendant le débat l'autre soir avec la fameuse tirade sur l'immunité ouvrière qui n'existait pas de poutou. Elle est un peu coincée.
C'est-à-dire qu'elle a été obligée de faire extrêmement attention quand je ne disais pas spécifique. C'est-à-dire qu'il y avait dans tous les candidats, dans les 11, dans les fameux 11, d'autres personnes qui étaient contre l'Europe, qui étaient souverainistes, qui étaient pour la préférence nationale et que finalement elle a été obligée. Elle est comme les gens. On dit tout le temps que les gens qui sont favoris, mais ils sont coincés parce que ce qu'ils perdent d'un côté, ce qu'ils essaient de gagner d'un côté, ils le perdent de l'autre. Je ne parlerai pas de plafond de verre, mais elle est quand même dans une période où je trouve qu'il y a un léger patinage.
Elle est coincée par ce statut de favori. Aujourd'hui, dans les 15 derniers jours, elle essaie de se présidentialiser, et elle ne voulait surtout pas faire des écarts lors de ce débat notamment, qui n'était pas un débat réussi sur la forme.
Pour Emmanuel Macron pour le premier, c'est-à-dire que quand on veut gérer son potentiel au risque de perdre quelque chose, quelquefois on risque d'être un petit peu...
Je voudrais qu'on regarde ensemble des images de Marine Le Pen qui est en Corse aujourd'hui. C'est plutôt une terre de droite. Ce n'est sans doute pas un hasard si elle fait l'événement là-bas. Ça a été très compliqué, climat très tendu pour le meeting. Regardez ces images. La salle a dû être évacuée après des bagarres. L'exclusion de manifestants. Alors finalement, elle a pris la parole dans une autre salle, et elle a pu tenir son meeting presque, j'allais dire, normalement. Oui, je le disais, la Corse, Bruno Jeudy... Oui, la Corse traditionnellement, en tous les cas pour les deux dernières présidentielles, avait largement plébiscité Nicolas Sarkozy, 2007 et 2012.
Mais Marine Le Pen fait un bon score en 2012. Elle est deuxième de mémoire derrière le candidat des Républicains. Et même son père faisait des scores de chiffres en Corse. Mais là, elle va clairement chasser sur les terres de François Fillon. C'est sûr. Non, mais bien sûr, elle voit bien que François Fillon conserve un vivier important. Et même si aujourd'hui, il reste à distance dans les sondages, elle sait bien qu'il va y avoir d'une manière ou d'une autre une remontée du candidat de droite. Donc là, maintenant, elle va mettre le paquet sur les terres où François Fillon, en principe, devrait faire des voies.
PACA, la Corse, là où, au fond, on sait où sont les réserves de voies de la droite. Et en même temps, celle de Marine Le Pen. Et où sa thématique peut être porteuse.
C'est-à-dire qu'on sait très bien qu'en Corse, il y a un mouvement d'exaspération assez anti-immigrés, qui n'est pas totalement récent, mais depuis une dizaine d'années, anti-immigration, enfin anti-islam, extrêmement accueillant. Elle a beaucoup parlé. Qui a énormément une présence de pieds noirs assez importante. Donc elle a effectivement tout intérêt à essayer de capitaliser sur cette espèce de ressenti. Et je pense que l'arrivée des nationalistes ou des ex-nationalistes tout à l'heure, effectivement, a une confrontation. Mais vous vous souvenez, son père, il n'avait pas été extrêmement bien accueilli la dernière fois. Il a même été empêché de tenir un meeting.
Là, finalement, je pense qu'il y a eu, je ne sais pas comment ça s'est passé, mais il y a eu une vingtaine ou une trentaine de personnes. Mais elle comptait bien essayer de fédérer tous les gens qui considèrent que la Corse est au Corse, en clair.
Ce matin, elle a donné une interview à Corse Matin. Elle a parlé de spécificité Corse, qui nécessite des lois particulières sur le plan fiscal et budgétaire. Bon, elle sait parler aussi à son électorat. C'est du clin d'œil plus qu'appuyé. Elle leur a dit cet après-midi, vous êtes Corse et vous êtes Français. Vous êtes les deux, restez les deux. Elle a tenu, comme le soulignait Nathalie, un discours très anti-immigration cet après-midi, qui est un retour assez fondamental, sans doute aussi pour faire le lien avec notre conversation précédente sur le débat. Quand elle se polie, quand elle se banalise, comme le soulignait Nathalie, elle perd sa spécificité.
Et là, elle est obligée de remettre un coup. Alors en plus, dans cette région, comme on le soulignait, où cette thématique est beaucoup instrumentalisée, pas tellement par... c'est toujours compliqué quand on veut calquer l'échiquier politique nationale sur l'échiquier politique Corse. Ça ne marche pas, parce qu'on sait qu'il y a des logiques qui ne sont pas les mêmes. Les gens ont des étiquettes, ils appartiennent à des partis, mais c'est toujours très difficile de faire le calque. En revanche, la thématique de l'immigration, elle l'a entonné, à la fois pour parler aux Corse, et puis pour qu'on entende parler d'elle ce week-end, sur ce thème-là, à 15 jours de la présidence. Justement.
Retour tout de suite sur les principales déclarations de Marine Le Pen durant ce meeting à Ajaccio. Cet après-midi, la présidente du FN en a profité pour attaquer ses principaux adversaires, à savoir François Fillon et Emmanuel Macron. Et tout cela à 14 jours du premier tour. Julien Lenay.
Cet homme, il ne comprend pas la France. Il nie son identité. Il l'accuse de crime contre l'humanité. Il ne respecte pas les valeurs de la République. Il ne reconnaît pas la culture française. Bon, bref, il n'est donc pas digne d'en devenir le président. Ça paraît être une évidence. Monsieur Macron y cache la réalité terrifiante de son projet derrière un écran de fumée, de flou, des propos vides, creux. Il ne veut pas que les Français se rendent compte que son projet est totalement destructeur.
Alors vous voyez, ce qu'il enchaîne comme des perles, les banalités qui se succèdent dans ses discours destinés à plaire à tout le monde, sont en fait une tactique de communication visant à détourner l'attention du projet de captation des richesses fondamentales, par ses Françaises, bien sûr, par ses puissants amis. Comment d'ailleurs avoir la moindre confiance dans ce bébé Hollande ? C'est un bébé Hollande, hein ? L'immigration et l'insécurité. Super. L'une et l'autre ont explosé, mais explosé, hein ? Jusque dans les plus reculés de nos villages.
Il a même dans les domaines où la France pourrait encore avoir un peu de souveraineté, je pense à nos forces de l'ordre et à notre défense nationale, totalement affaiblit notre puissance. Est-ce que M. Fillon, une des mesures, une, qui attire inexorablement chez nous des dizaines de milliers de gens, attirés par la santé gratuite, l'école gratuite, le logement d'urgence, les aides sociales, etc., est-ce qu'il en a supprimé une ? Pas une. Quant à l'immigration légale, il a été champion. Mieux que j'ose pas. Il a fait plus d'immigration légale que j'ose pas. Il faut quand même le faire, bon. C'est écrasement, cet étouffement fiscal. Les Français n'en peuvent plus de cela.
Je laisse la casse sociale à M. Fillon et à M. Macron, qui recevront d'ailleurs sans doute la récompense, la petite médaille de leur patronne, Angela Merkel. Alors vous le voyez bien, vous avez tous bien compris, cette élection est le choix fondamental en fait entre deux visions de la France et du monde. Soit nous continuons avec le système mondialiste et immigrationniste, et pour cela vous pouvez prendre qui vous voulez, aucun problème, ils sont interchangeables sur le sujet. Soit nous rompons avec le système et nous choisissons la voie de la souveraineté et de la protection de nos intérêts.
Le meeting de Marine Le Pen, donc cet après-midi à Ajaccio. Olivier Beaumont, comment analyser la campagne de Marine Le Pen ? C'est une drôle de campagne. Elle est au centre du jeu, on l'a dit. Donc elle est constamment attaquée. Elle est cernée par les affaires. Mais du coup, est-ce qu'elle est audible ? C'est difficile. Moi je trouve quand même que dans cette campagne, il y a un petit manque de souffle, je trouve, dans la campagne de Marine Le Pen, puisque au-delà en effet de ces meetings chaque samedi, alors pourquoi le samedi ? Parce que c'est fait pour en parler le dimanche autour de la table.
Et puis ces petites réunions publiques, ces petites cartes postales qu'elle fait en milieu de semaine, alors un coup dans un hangar, un coup... Mais au-delà de ça, il n'y a pas de rythme, il n'y a pas de tonalité. Et c'est vrai qu'elle a été quand même gênée par cette histoire des affaires, qui aurait pu lui porter bien plus préjudice quand même que cela, puisque globalement, ça n'a pas eu trop de prise dans l'opinion. Mais d'ailleurs, ce meeting cet après-midi à Jacques Seau, je trouve qu'il est vraiment symptomatique, puisqu'il y a quand même une image forte de cette candidate qui se présente comme la candidate apaisée, qui est obligée de changer de salle pour faire un meeting ailleurs.
C'est quand même la première fois dans cette campagne qu'on voit un candidat exfiltré pour aller dans une autre salle, avec des faits de violence dans la salle où elle était attendue. Donc ce symbole comme ça de la France apaisée. Et puis, ça veut dire que cette candidate qui, ne semble-t-il, n'est pas la bienvenue sur tout le territoire de la République française. Donc c'est compliqué pour quelqu'un qui aspire à diriger la France, à occuper la fonction suprême.
Et puis même dans son discours, je trouve qu'il y avait quelque chose de très bancal dans ce qu'elle a pu dire, avec un discours finalement très jacobin, en terre de Corse, où elle fait des petits clins d'œil quand même, en acceptant quelques concessions fiscales, budgétaires, en allant même jusqu'à faire une proposition de ne plus faire de matchs de football le 5 mai, en mémoire de Furiani. Bon, sans aucune offense, mais c'est un petit peu gadget quand même, puisque les matchs de foot dans les clubs, c'est le week-end, donc pour ça tombe un 5 mai. Donc voilà, on sent qu'elle se cherche, et ça rend un petit gloubi-boulga quand même assez diffus, je trouve.
Question SMS, Marine Le Pen préférerait-elle affronter Macron ou Fillon au second tour ? Macron ? Macron incontestablement pour Reims. D'ailleurs, elle le fait moins maintenant, mais pendant plusieurs semaines, elle a essayé d'installer ce match, d'anticiper ce match de second tour, entre ce qu'elle appelle les patriotes, c'est-à-dire son camp contre les mondialistes, représenté par Macron, qui serait une sorte de UMPS concentré, c'est-à-dire la droite et la gauche, comme il l'a dit lui-même en parlant de son mouvement. Donc c'est vrai qu'elle préférerait ce candidat plutôt que François Fillon. Et d'ailleurs, on a vu que cet après-midi, elle s'en prenait très sérieusement à François Fillon.
Il y a un match qui est lancé entre les deux. D'ailleurs, ils vont comme ça se poursuivre. Lui était en Corse la semaine dernière, elle y est cette semaine. Il va à Nice, elle va aller à Nice, il va à Marseille, elle retournera probablement dans la région. Donc on voit bien que le match est lancé. Moi, je pense que l'un des problèmes de Marine Le Pen, et c'était déjà le cas en 2012, elle ne l'a pas résolu, et ça reste son boulet, c'est l'euro. Je pense qu'aujourd'hui, s'il y a un plafond de verre, et moi, je reste prudent sur cette question-là, parce que Marine Le Pen, elle peut très bien être beaucoup plus haute que ce que disent les sondages aujourd'hui, c'est la question de l'euro.
Et pourquoi la question de l'euro ? Parce que d'abord, les Français, pour l'instant, ils tiennent à l'euro. Et surtout, parmi les Français, il y a une catégorie qui est encore plus sensible à cette question-là, c'est les 55 ans et plus, et là, il y a un vrai problème, notamment avec la droite patrimoniale, qui, elle, justement, peut-être qu'elle pourrait aller vers Marine Le Pen, cette partie de la droite qui n'y est pas aujourd'hui. Mais je crois que l'euro est vraiment l'obstacle aujourd'hui. Oui, mais elle ne peut plus reculer sur cette question. L'euro, c'est son mantra, c'est son...
Mais ça a été une question qui a été débattue lors d'un séminaire, il y a déjà un certain temps, au sein du Front National, où ils étaient tous là, et il y a eu grosse discussion au sein du mouvement du Front National. Et de toute façon, c'est la marque de fabrique de Marine Le Pen. C'est ça. C'est l'inspiration Florian Philippot, et elle reste sur cette question-là. Moi, je pense que c'est ce qui la bloque aujourd'hui. Mathieu Croissando, c'est sa marque de fabrique ou c'est son boulet ? C'est son boulet, je pense. Ce qui est très paradoxal, c'est que Le Pen est arrivé en tête assez vite dans les sondages, et on disait sans faire campagne.
Elle n'a pas besoin de faire campagne, personne ne parlait d'elle, on ne parlait pas de son programme. Elle engrangeait le score que faisait le Front National, surfant sur son dernier score, celui des régionales de 2015. Donc en gros, elle arrivait à ce niveau-là sans faire campagne. Depuis qu'elle fait campagne, ça tourne autour d'elle, autour de son parti, alors un peu moins des relations avec son père, parce que ça, c'est un truc qu'elle a soldé, mais ça ne tourne pas autour de son programme, sauf sur une question, qui est celle de l'Europe. Et malheureusement pour elle, sur cette question-là, elle est beaucoup moins claire qu'elle ne l'était auparavant. Bruno le soulignait.
Après les régionales, il y a eu une espèce de réunion au Front National pour justement consacrer à ces questions économiques qui avaient empêché, selon les ténors du Front National, leur candidat de passer au second tour. Et là, la question de l'euro, c'est apparu au grand jour lors du débat, quand elle a été tansée par François Asselineau, qui lui est un défenseur du Frexit, et qui nous dit, moi j'active l'article 50 tout de suite, et puis voilà, et qu'est-ce que vous faites vous Madame Le Pen ? Et on a vu que Marine Le Pen commençait à tourner autour du pot, dire oui, mais on peut en sortir, un peu comme le plan A, plan B de Mélenchon, que personne ne comprend.
Et c'est assez symptomatique, parce que c'est le seul qui peut citer un point clivant de son programme qui a fait débat depuis trois mois. Personne. Et c'est à la fois, peut-être bien pour elle, mais en tout cas assez pauvre pour sa candidature, parce qu'elle n'est plus associée. Alors, les gens vaguement se disent, le Front National est anti-immigré, le Front National est maintenant plus étatiste qu'il ne l'était auparavant, mais des mesures simples, ou des slogans chocs, il n'y en a plus au Front National. Nathalie Saint-Cric.
D'ailleurs, c'est pour ça que François Fillon ne l'attaque presque jamais, sauf sur l'euro, y compris dans le débat, parce qu'il a très bien compris qu'il veut récupérer des gens du Front National, c'est en montrant qu'il y a un manque total de crédibilité, de logique, ou de sérieux. Sur cette histoire, Mélenchon est lui assez discret aussi, il n'a jamais eu de position aussi catégorique, et c'est pour ça que François Fillon a bien compris que c'est par le biais de l'économie et de la peur que peuvent avoir les gens qui ont une assurance vie, je ne sais quoi, ou simplement un compte ou un livreur, en se disant, ça va mal finir.
Et de fait, chez les retraités, c'est le truc, et c'est ça, à mon avis, c'est ça qui la bloque, je suis d'accord avec vous, il y a un moment donné, où elle ne peut pas aller plus loin, parce qu'elle en parle de moins en moins. Mais...
Elle a quand même essayé, cet après-midi, justement, elle en a parfaitement conscience, et elle a essayé de faire un petit peu de pédagogie, justement, autour du processus de sortie de l'euro, et en expliquant, justement, qu'elle ne ferait rien dans la violence, que ça se fera par la concertation, et donc elle a essayé, comme ça, cet après-midi, dans son discours, d'expliquer un petit peu, de faire le discours de la méthode, en empêchant toute sortie brutale, et il y a, en effet, cette volonté de vouloir rassurer cet électorat, ce vote retraité, qui peut être capital pour elle.
Sur cette sortie de l'euro, on le dit, ça inquiète les personnes d'un certain âge, ça effraie les marchés financiers, il y a un risque, d'ailleurs, réel, pour notre économie, ça a été... Tous les économistes se sont penchés sur la question, on a entendu tout et son contraire.
Lorsque François Fillon, à partir du 24 janvier, il y a eu les révélations cascades sur les emplois fictifs présumés de son épouse, Marine Le Pen est passée en tête à ce moment-là dans les sondages, et là, on a vu une inquiétude, d'abord sur les marchés financiers étrangers, c'est-à-dire les marchés financiers en Asie et dans les pays anglo-saxons, où là, il y a eu des notes qui ont été faites, des remontées de notes dans tous les grands instituts financiers, les banques, où là, il y a vraiment... La France est devenue, on a pointé un risque électoral sur la France en cas d'élection de Marine Le Pen.
Les étrangers, et notamment les anglo-saxons, sans doute parce qu'ils ont raté Trump, l'élection de Trump, sans doute parce qu'ils n'ont pas vu également le Brexit, ils ne veulent pas rater Le Pen, ce qui fait qu'il y a ce risque du point de vue de l'étranger qui est plus élevé quasiment qu'en France, où on pointe le risque électoral. Il y a un risque économique réel. Marine Le Pen, elle fait souvent un tour de passe-passe quand on lui pose la question, enfin, au Front National. Moi, je me souviens, il disait à une époque, la Suisse n'a pas l'euro, est-ce que la Suisse est pauvre, est-ce que la Suisse va mal ?
C'est faire semblant de méconnaître l'incroyable imbrication de notre économie dans le système européen aujourd'hui. C'est rayé d'un trait de plume le fait que la France fait 60% de ses échanges avec l'Allemagne. Bref, toute cette déconstruction-là, Marine Le Pen ne l'explique pas. Et donc, est-ce qu'au in fine, si on n'avait pas l'euro, ça irait mieux ? Personne ne peut répondre à la question. Mais on sait en tout cas qu'à court terme, voire à moyen terme, ça serait très compliqué pour l'économie française. Vous l'avez dit, toute l'Europe attend avec impatience, parfois aussi angoisse, les résultats de notre élection présidentielle.
À Berlin, on redoute particulièrement une victoire de Marine Le Pen. Le couple franco-allemand serait presque instantanément en instance de divorce. Reportage Léa Baraco et Clément Voyer.
À plus de 800 kilomètres de Paris, il y a une autre capitale où l'élection présidentielle française est scrutée de près. Berlin, partenaire européen historique de la France. Et dans les rues de la ville, il y a une candidate qu'on connaît un peu mieux que les autres. Vous savez qui est Marine Le Pen ?
Bien sûr que je connais Marine Le Pen, évidemment. Très conservatrice de droite.
Elle est à la tête du parti d'extrême droite. Elle poursuit ce que son père a initié. Elle incarne cette poussée de l'extrême droite qu'il y a partout en Europe.
Elle veut quitter l'Union Européenne. Que la France quitte l'Union Européenne.
Et mettre en place une politique protectionniste. Et elle veut des liens plus étroits avec la Russie.
Une élection suivie par les citoyens et par leurs dirigeants. Car la ligne de Marine Le Pen n'est pas franchement du goût de la chancelière allemande. Quand Angela Merkel reçoit tour à tour ces dernières semaines les candidats François Fillon, Emmanuel Macron, et Benoît Hamon, Marine Le Pen, elle, et persona non grata.
Je crois qu'il est clair qu'il n'y a aucun point commun entre la politique défendue par le Front National et celle de la chancelière. Marine Le Pen,
une menace pour l'avenir de l'Europe, selon Berlin. Outre-Rhin, la percée dans les sondages de la candidate du FN inquiète, autant qu'elle intrigue. Dans le quotidien Handelsblatt, rares sont les semaines où on ne parle pas de celle qui pourrait créer la surprise. Là, par exemple, c'est le dernier article qu'on a publié sur l'élection française.
On y parle de Marine Le Pen et du risque que son élection représenterait pour les marchés financiers et pour la zone euro.
Une élection française qui passionne, bien plus que les précédentes, selon ce journaliste. Le père de Marine Le Pen, lui, n'était pas perçu comme un risque, mais plutôt comme un phénomène purement français qui a parfois obtenu de bons résultats à certains scrutins. Mais avec Marine Le Pen, il n'est plus exclu qu'elle l'emporte et qu'elle devienne présidente.
Et ce qui a renforcé l'intérêt à son égard,
c'est qu'elle ne représente plus seulement un parti protestataire. Avec les expériences du Brexit et de Trump, on ne peut pas exclure qu'elle puisse l'emporter au second tour. C'est ce que les hommes d'affaires redoutent. Car la France est le premier partenaire économique européen de l'Allemagne. 167 milliards d'échanges commerciaux rien qu'en 2016. L'élection de Marine Le Pen, cela signifierait une possible sortie de la France de la zone euro et la fin donc de cette relation privilégiée.
« S'il n'y a plus
ce marché commun, nous allons retomber dans les égoïsmes nationaux.
La France va tenter de se protéger des exportations allemandes et en réponse, l'Allemagne va ériger des barrières contre les produits français.
Et tout le monde va remonter ses droits de douane.
Ce serait une idiotie, c'est tout simplement stupide. »
Des inquiétudes sur le plan économique mais aussi politique. Car si Marine Le Pen l'emporte, ce sera sans doute la fin d'une histoire, celle du couple franco-allemand. Le moteur de l'Europe, comme on l'appelle, aurait alors bien du mal à tourner.
« Question SMS. À l'idée de Marine Le Pen à l'Élysée, les pays étrangers semblent très inquiets. Pas tous d'ailleurs. À tort ou à raison ? » Olivier Beaumont. « En tout cas, pour l'Allemagne, il y a une vraie inquiétude puisque si demain, Marine Le Pen était du président de la République, l'Allemagne se retrouverait coincée entre Washington, Paris et Moscou. En effet, c'est l'effondrement, c'est la fin du couple franco-allemand. Je note aussi que l'Allemagne, c'est un pays qui a une tradition véritablement européenne, une véritable culture européenne. Donc, pour Marine Le Pen, Marine Le Pen est un véritable repoussoir. Y compris aussi du côté de l'extrême droite allemande.
Je relève que quand il y a eu un grand rassemblement des extrêmes droites européennes à Koblenz, en Allemagne, fin janvier, Marine Le Pen était l'invité de l'AFD qui est l'extrême droite allemande de Frauke Petry et Frauke Petry était très critiquée en interne au sein de l'AFD parce que pour une grande partie des militants de l'AFD, Marine Le Pen est considérée comme un candidat qui a un programme socialisant, socialiste. Donc, vous voyez, dans l'extrême droite allemande, elle est mal perçue. On n'a pas encore essayé de répondre à la question de l'émission. Peut-elle gagner ou plus précisément, qu'est-ce qui pourrait la faire gagner ?
Qu'est-ce qui pourrait faire mentir les sondages qui, jusqu'ici, ne veulent pas entendre parler d'une victoire au deuxième tour de Marine Le Pen ? Nathalie Saint-Cré.
Que chacun compte sur les autres pour aller voter contre Marine Le Pen et que finalement, chacun comptant sur les autres, personne ne le fasse et que sur un malentendu, si je puis dire, les choses puissent se faire. Moi, j'ai du mal. L'abstention forte aussi, éventuellement ? Oui, une abstention forte ou des gens qui disent qu'on verra bien. Alors, il y a la thèse du « on a tout essayé, essayons-la ». Moi, je n'y crois pas énormément. J'ai du mal à croire que l'abstention sera aussi forte au moment du vote. C'est peut-être une intuition idiote, mais j'entends tellement parler politique partout. Je ne parle pas dans ma rédaction parce que ça, c'est une évidence.
J'ai l'impression qu'on voit les audiences des débats, on voit les audiences des émissions. J'ai l'impression qu'il y a une forte... Je ne crois pas du tout que les gens se moquent de cette édition ou soient dégoûtés. Alors après, on l'a dit 20 fois, que ça se cristallise plus tard, que ça mette plus de temps, mais je ne pense pas que cette abstention sera aussi forte.
Alors après, il peut toujours y avoir une surprise, mais je crois quand même que que ce soit les milieux économiques et financiers, que ce soit les retraités, que ce soit les gens qui ont de l'argent ou qui espèrent en avoir, que ce soit les jeunes qui ont envie de pouvoir bouger, voyager, qui sont sur une autre logique, je ne vois pas comment les thèses qu'elle met en avant.
Il y a trop d'obstacles, vous voulez dire ?
J'ai l'impression. J'ai l'impression qu'au bout d'un moment, ça peut se coaliser pour...
Il faut voir. Vous avez fait, Mathieu Croissandeau, une une de l'Obs, il y a tout un dossier, il y a quelques semaines, sur les 100 premiers jours. Honnêtement, c'était assez étonnant de voir comment c'était, parce que c'était sur la base de son programme. Non, on était parti, évidemment, de son programme pour essayer de décrire ce que pouvaient être les 100 premiers jours, sans tomber dans la politique fiction totale, donc en prenant des bases de ce qu'elle avait annoncé. Juste pour rebondir sur ce que disait Nathalie, ça dépend quand même un peu de l'adversaire qui aura en face au second tour.
On a été pour l'instant, à chaque fois que le Front National est arrivé dans un deuxième tour, avec un réflexe de Front dit républicain, qui a souvent fait, d'ailleurs, que les électeurs de gauche allaient voter pour le candidat de droite qui était opposé, si on prend de mémoire vers 2002 ou les élections régionales en PACA et en Haute-France, les électeurs de gauche se sont rassemblés pour aller voter pour Christian Estrosi, en l'occurrence, ou Xavier Bertrand. Si, en face de Marine Le Pen, il y a un candidat qui peut rassembler, on ne parle pas de convaincre tout le monde, mais qui peut rassembler, je pense qu'elle n'a absolument aucune chance.
Et dans cette catégorie de candidat qui peut rassembler, on peut mettre Emmanuel Macron, parce qu'il est un peu à trappe-tout, c'est son côté positif. C'est le pari des Allemands d'ailleurs. Si on est, avec un second tour qui oppose Marine Le Pen, un candidat extrêmement clivant, Jean-Luc Mélenchon ou Jean-François Fillon, là, on est dans l'inconnu total. Est-ce que les électeurs de gauche iront voter comme un seul homme pour François Fillon ? Je n'en suis pas certain. Ils l'ont fait en 2002 en votant pour Jacques Chirac qui, à l'époque, avait une image qui était au-delà de son caractère politique, même une image national, abîmée. C'était déjà marqué par les affaires.
Les affaires, c'était super menteur, des gens étaient allés voter avec une pince à linge pour se boucher le nez. Mais enfin, bref, il avait fait 80%. Je ne suis pas absolument certain qu'on n'aura pas de niveau-là.
Mais que les électeurs de gauche
aillent comme un seul homme voter pour Fillon, ça sera clair. Et que les électeurs de droite aillent comme un seul homme voter pour Jean-Luc Mélenchon, comme un seul homme. Je n'en suis pas. Je pense qu'ils sont allés voter pour Christian Estrosi en PACA. Donc, à mon avis, ça doit pouvoir se faire au niveau national. Non, moi, je crois que... Répondez à la question de Mathieu Croissant. Vous voyez, les gens de droite allaient voter pour Mélenchon ? Alors, ça, pour l'instant, c'est difficile. Parce que là, pour le coup, c'est tellement pour l'instant le second tour inattendu. Mais c'est vrai que la question se posera. Plus le candidat est clément, plus c'est...
Je crois, pour revenir à la question de l'émission, la victoire de Marine Le Pen est possible. mais peut-être plus que pour les autres, ça va se jouer au premier tour. Aujourd'hui, à 25, il n'y a pas réellement une dynamique. La dynamique, elle l'aura si vraiment, tout à coup, il y avait une percée au-delà de 30. D'ailleurs, c'est son pari. Le pari du Front National, c'est de surprendre et de rester dans les sondages. Ils étaient à 27, 28, il y a encore quelques jours. C'est vrai qu'au-delà de 30, là, la question se posera vraiment d'une victoire de Marine Le Pen. parce qu'en plus... Régional, elle fait 40. Elle fait 40, elle passe à 42. Elle passe à 42.
Et Marion Maréchal fait 40, elle passe à 45. On voit qu'elle est bloquée. Mais c'est-à-dire que son pari à elle, je ne suis pas certain, évidemment, que ça marche, mais son pari à elle, c'est de faire un 30 et de prendre de l'avance sur les candidats type Fillon ou type Macron. Là, aujourd'hui, c'est vrai qu'on voit bien que dans cette campagne, la dynamique, ça ne fonctionne pas comme elle pouvait l'espérer. Finalement, elle a fait le plein des voies un peu dès la fin janvier, dès le début février lorsqu'elle est entrée en campagne depuis Lyon. Et puis depuis, ça ne bouge pas, voire même... Ça baisse. Et ça baisse un petit peu. Olivier Beaumont, de l'hypothèse d'une victoire.
L'hypothèse d'une victoire, ça va se jouer aussi quand même sur... On parle de cette fameuse dynamique sur le comportement de l'électorat de François Fillon. C'est-à-dire que... Si, il est battu à l'issue du premier tour. François Fillon, il ne faut pas oublier quand même que fin décembre, début janvier, c'est lui le favori des sondages. Bien sûr. C'est lui qui est crédité du score que fait aujourd'hui Marine Le Pen dans les intentions de vote, c'est-à-dire de 25-26%. François Fillon, aujourd'hui, il est à 17-18-19 selon les différents instituts. C'est-à-dire qu'il a perdu entre 6 et 7, voilà, 7-8% même des électeurs qui se sont un petit peu éparpillés à droite, à gauche, j'ai envie de dire.
Mais le pari de François Fillon et donc de se qualifier pour le second tour et donc d'être un... Puisque Marine Le Pen, elle rêve d'un second tour avec Emmanuel Macron, c'est d'aller... Pas forcément d'aller chercher, bien sûr, d'aller parler aux électeurs indécis qui n'ont pas fait leur choix, mais peut-être aussi d'aller récupérer cet électorat de droite qui l'a quitté, peut-être momentanément l'espère-t-il en tout cas, et qui pourrait revenir dans ses 15 derniers jours de campagne. Et là, forcément, ça lui permettrait de se qualifier pour le second tour et là, ça hypothèque très fortement les chances de victoire de Marine Le Pen.
Les premiers jours, toujours dans ce scénario, les premiers jours de Marine Le Pen présidente, même le soir du 7 mai, on se souvient, le 21 avril 2002, il y avait eu des manifestations toute la nuit dans Paris, ça avait été vraiment une émotion considérable. C'est la même chose qui se produit ou c'est... Ça sera un choc considérable. Ça sera un choc.
C'est dès le lendemain du premier tour, en fonction du score de Marine Le Pen, si elle est en tête et en fonction du niveau qu'elle aura atteint, il y aura de toute façon une réaction dans le pays qui se traduira par des manifestations, par des gens qui défileront en disant « c'est pas ma France », par tout le peuple de gauche qui, en plus, il n'est pas représenté. Et d'autant plus que, ou le peuple de gauche ou le peuple de droite ne sera pas représenté dans ce second tour. Donc, il y aura besoin d'une revanche. On disait souvent un troisième tour social. Là, ça sera un entre-deux-tours dans la rue. Mais c'est vrai qu'il y a des manifestations très importantes dans l'entre-deux-tours.
Trois grosses manifs avec un 1er mai... Un militaire ? Qui était un des rares premiers militaires. Voilà. Où il y a quasiment plus d'un million... Enfin, en France, 1,3 million manifestants. C'est vrai que ça peut être compliqué très rapidement puisqu'on parlait précédemment de l'incertitude économique. Mais il y a forcément une incertitude politique. Elle même dit qu'elle ira d'abord négocier avec les partenaires européens pour la sortie de la zone euro et qu'elle reviendra très vite vers le peuple pour un référendum. Si le peuple français lui dit non, ce qui est potentiellement très possible, qu'est-ce qu'elle fait ? Eh bien, elle l'a dit qu'elle...
Alors, là, c'est le chaos politique aussi. Donc... Mais enfin, le chaos politique, il sera de toute façon dans le scénario cauchemardesque de son élection. La majorité qu'elle aura derrière aux législatives ou pas. Il va falloir qu'elle constitue une majorité. On sait que sur son nom, elle peut faire un score. On sait que avec une étiquette Front National, des candidats peuvent faire un score. Mais le scrutin législatif ne leur a jamais été favorable pour l'instant. Donc ça, c'est une véritable inconnue. Est-ce qu'elle arrive à faire des personnels avec une partie de la droite et laquelle... Justement. Et son gouvernement, c'est quoi ? Avec une équipe quand même
dont on ne voit pas exactement...
Nous, on avait mis Nicolas Dupont-Tégué en Premier ministre. Ah oui, c'est vrai, dans votre scénario. Et après, une équipe ministérielle Front National avec peut-être une ou deux prises de guerre à la droite façon ouverture comme a pu le faire Sarkozy à son époque de la gauche. Mais peut-être certains seront tentés par le pouvoir. Maréchal Le Pen a toujours donné une dizaine de noms à droite potentiellement disent-ils qui pourraient être... Avez-vous entendu parler de cette hypothèse de Bernard Cazeneuve qui resterait à Matignon en cas de victoire de Marine Le Pen ? Expliquez-nous ça. Les textes se lui permettent. Comment ça, les textes se lui permettent ? Le Premier ministre, il est issu...
Il peut rester... C'est une tradition républicaine qui veut que le Premier ministre rende sa démission au moment où un nouveau président est élu. Mais c'est le chef de la majorité. Donc, normalement, c'est au moment des législatives que ça se joue. Donc, si elle est élue présidente de la République et si elle lui dit « Bon, maintenant, il faut sortir de Matignon, il peut tout à fait dire... » J'aurais jusqu'aux législatives. Jusqu'aux législatives.
On peut imaginer à Matignon, à Fort-Chabrol, on peut imaginer plein de choses aussi qu'il n'y ait pas de tradition républicaine. Ça paraît très compliqué
quand même.
On peut imaginer qui c'est ça. Non.
Quoi qu'il arrive, si je vous entends, si Marine Le Pen est élue, on est quand même face à une crise politique majeure. Quoi qu'il arrive. Ah ben, c'est un séisme. Et surtout, la question, c'est de savoir comment Marine Le Pen constitue une majorité un mois plus tard à l'Assemblée nationale. Aujourd'hui, même si le Front National a progressé considérablement sur tout le territoire, on voit mal comment le Front National à lui seul, parce que c'est aussi une des spécificités du Front National, c'est-à-dire qu'il n'a pas d'allié pour constituer une majorité. Alors, elle comptera sur une dislocation sans doute des Républicains.
Il faudra voir d'ailleurs si les Républicains auront une seule consigne et adopteront une consigne unique pour l'entre-deux-tours. Est-ce que ce sera... Est-ce qu'on sait bien qu'il y en a qui appelleront à voter pour le concurrent qui resterait, Emmanuel Macron ? Alors, Jean-Luc Mélenchon, la question se pose pour l'instant pas entre eux. Mais il y aura forcément... Je vous rappelle que la consigne du parti, c'est le nini jusqu'à présent. Bien sûr. Et cette consigne-là, il faudra voir comment... Si elle tient. Si elle tient. Elle tiendra peu de temps. Je pense qu'on est sur les plateaux de télévision. Oui, je pense. France 2 à 20h01 ou 20h02. Il y aura des invités qui viendront...
Mais ça sera un tel séisme qu'il est possible qu'il y ait un changement de nature du régime. Si elle... Le temps qu'elle ait cette majorité ou si elle n'a pas cette majorité, ils ont prévu d'avoir une pratique du pouvoir beaucoup plus référendaire qui changerait la tradition française. C'est-à-dire que le pouvoir législatif serait quand même assez entamé. Olivier Beaumont, est-ce que tout le parti, tout le Front National est derrière Marine Le Pen ? Ou c'est plus compliqué que ça ? Là, en tout cas, pour cette campagne, oui. Ils veulent gagner. Donc ils sont derrière... Officiellement ? Officieusement ? Bien sûr, on connaît les lignes de fracture idéologique.
Il y a deux jambes aujourd'hui au Front National. On va la résumer très clairement. La ligne Philippot qui est une ligne souverainiste, étatiste, patriote. Et puis une ligne plus libérale incarnée par la nièce Marine Maréchal Le Pen qui est elle plus portée bien sûr sur les questions d'identité, d'immigration. La même Marine Maréchal Le Pen qui, en tout cas, c'est ce qu'a dit Marine Le Pen, ne sera pas dans le gouvernement de sa tentative et de la présidente, mais qui par contre, en revanche, a des intentions très fortes pour diriger le groupe Front National à l'Assemblée. Et ça... Mais j'ai lu qu'elle pourrait quitter la politique, je ne comprends pas très bien. Oui, alors ça...
J'ai eu le sentiment qu'elle faisait, pardon pour l'expression, qu'elle faisait un peu la gueule. Non, alors... Marion Maréchal Le Pen. Elle le dit depuis son premier jour où elle est entrée à l'Assemblée Nationale. Elle a toujours dit qu'elle ne se voit pas de faire de la politique à vie. Elle a vu les ravages de la politique dans sa famille. Et donc, voilà, elle a toujours dit qu'après on voit qu'elle a été happée par tout ça. Elle a été candidate aux élections régionales. Elle est candidate à nouveau dans sa circonscription de Carpentras. Si elle la gagne, elle sera forcément la chef naturelle du groupe FN. Où sera-t-il rebaptisée ? C'est quand même une gaffe de Marine Le Pen.
Bien sûr, parce que là, c'est un véritable contre-pouvoir. C'est une erreur dans sa campagne. C'est une phrase, une petite phrase qu'elle n'a pas pu retenir. Et c'est une erreur parce qu'on compagne dans un parti où, encore une fois, je le dis, elle n'a pas d'allié et là, elle a réveillé quelques... Et on a vu comment Jean-François Copé avait pollué avec la coproduction législative le quinquennat Nicolas Sarkozy. Marine Le Pen pourrait faire très bien pareil si d'aventure Marine Le Pen était demain... Alors, Marine Le Pen, elle s'est autoproclamée, on le sait, candidate de la France oubliée, candidate de la ruralité aussi. Il y a un autre candidat sur ce créneau, c'est Jean Lassalle.
OVNI de la politique. L'élu Béarnet a crevé l'écran pendant le débat mardi soir, parfois un peu malgré lui. Mais il a une forme d'authenticité et ce n'est pas un novice en politique loin de là. Reportage en Corrèze aux côtés de Jean Lassalle, Romain Bessnenou et Mathieu Vibaud.
C'est la France que je gère !
Avec Jean Lassalle, une journée de campagne électorale commence par un petit tour au bistrot. A deux semaines de l'élection, le candidat fait étape dans le centre de la France à la rencontre du monde rural qui l'affectionne tant.
Je suis de tous les candidats incontestablement celui qui connaît le mieux la France avec ses plis et replis y compris intimes. Il faut aimer la France. Allez, on y va ! Au bistrot ! Tournée générale !
Personnage excentrique, authentique, dit-il. Jean Lassalle,
séduit par son style théâtral et ses mots simples à l'adresse d'un électorat qui s'estime laissé pour compte.
Marie ! Avec Marie ! Merci Marie ! Merci Marie !
Un homme sympathique qui parle de notre langage, qui est de la ruralité et qui est quelqu'un
que je sens proche de nous.
Son authenticité, son franc-parler, son langage intéressant. Franchement, comme tous les Français, on en a marre de la politique politicienne.
De toute façon, ils vont bien voter pour moi, tous les autres, on va vous baiser. À 61 ans,
Jean Lassalle est sans aucun doute l'un des candidats les plus atypiques de cette élection présidentielle et cela ne date pas d'aujourd'hui. Monsieur ! Comment ça se dit ? Il se fait connaître en 2003 à l'Assemblée nationale lorsqu'il interrompt Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, en entonant un chant de son enfance.
Asseyez-vous !
Le front saillant, les sourcils épais, l'accent prononcé, Jean Lassalle fait sensation. En 2006, il observe une grève de la faim de 39 jours pour dénoncer la délocalisation d'une usine. Il obtient un gain de cause après avoir perdu 21 kilos.
Je suis un député, je suis un combattant.
Et puis en 2013, il se lance dans une marche à la rencontre des Français, 5000 kilomètres parcourus en solitaire durant 8 mois.
Vous ne pouvez pas voter pour moi. Vous ne pouvez pas voter ? Je veux pas donner les regards qu'elles me portent.
Candidat à l'Elysée pour la première fois, Jean Lassalle cible les territoires ruraux, les agriculteurs, les paysans, à qui il promet davantage d'aide financière et une renégociation des traités européens en leur faveur.
Mon père, qui était berger, disait, je pense qu'on formera toujours des aviateurs, je pense qu'on formera même des médecins, certainement, mais un paysan. si on laisse couper la racine profonde, il faut très très longtemps avant de revoir un agriculteur.
Ce fils de berger, ancien compagnon de route de François Bayrou, est crédité d'un point dans les sondages. Mais lui y croit dur comme fer.
Un président de la République doit aller partout.
Persuadé d'être au second tour face à Marine Le Pen.
Mais qui voyez-vous gagner à ma place ? Franchement, qui voyez-vous incarner aujourd'hui ce grand pays à la recherche d'un destin, de son destin ? Et si la France va mieux, il y a tous nos frères européens qui iront au mieux. Et si l'agriculture française va mieux, c'est aussi l'agriculture des autres pays qui se portera mieux. Parce qu'on y croira. C'est une question de volonté. C'est être ou ne pas être.
Éternel original, Jean Lassalle se rend à sa réunion publique de Corrèze dans la même voiture que celle du président de Gaulle. Vous prenez déjà pour le président ?
Il faut commencer un jour ou l'autre. Et le plus tôt, maintenant, est le mieux. Bonsoir les amis. Bonsoir les amis.
Trois heures et demie de discours lyriques, sans aucune note. Jean Lassalle vante la politique de proximité et encense le rôle des maires de France.
Je veux redonner à la commune toute sa chance parce que c'est notre histoire.
En conclusion, pas de Marseillaise, mais le chant des partisans de la résistance. C'est d'ailleurs l'une des propositions
étonnantes de Jean Lassalle,
recréer le Conseil national de la résistance.
Jean Lassalle,
donc en campagne. Question SMS. Si Le Pen veut gagner, il lui faut s'unir avec d'autres pour espérer arriver à 50%. Avec qui ? Avec Jean Lassalle ? Avec d'autres ? Est-ce que... On a vu pendant le débat qu'elle avait essayé de jeter des ponts vers Asselineau, vers Dupont-Aignan. Bon, alors Lassalle, c'est encore une autre... c'est un autre électorat et puis son positionnement politique est plus difficile à identifier d'abord. Il se retrouve un peu sur l'Europe, sur la mondialisation. Oui, oui, c'est vrai. Mais bon, lui, ça reste quand même à la base un centriste. Il était avec Bayon il n'y a pas si longtemps.
Donc, moi, je crois plutôt bon, Asselineau, Dupont-Aignan, c'est vraiment souverainiste, anti-Europe, anti-euro. Là, on est vraiment... C'est peut-être la première fois d'ailleurs que Marine Le Pen, elle-même, elle avait, pendant ce débat, Nathalie Le Relevé, presque de la concurrence. C'est maigre, quand même. Non, mais c'était maigre, c'est pas grand-chose. Oui, c'est ça. Combien ça pèsera au sort de premier tour ? Encore que Dupont-Aignan, encore que Dupont-Aignan, il a frôlé, il frôle les 5%. Il frôle les 5%, c'est pas ridicule. C'est plus déjà... La salle, Asselineau, c'est quand même maigre électoralement parlant. Mais la salle, il ne la rejoindra pas.
Les autres, c'est pas grand-chose. Non, non, la salle. Attendez, il représente aussi, je le disais, on verra le score qu'il réalisera, Jean-la salle, mais la ruralité, les zones rurales, elles vont sans doute voter Front National, ces zones rurales. En tout cas, elle a passé son temps à faire campagne là-bas.
Tout le monde est convoité, il n'y a pas qu'elle. Il y a François Fillon aussi, qui était hier, était en déplacement en Auvergne, qui convoite les zones rurales. Alors c'est vrai qu'elle a un certain succès là-bas, mais Jean-la salle, lui, son thème essentiel, effectivement, c'est la ruralité. Mais c'est un tout petit scot. Tout le monde le trouve très sympathique, quelquefois avec un peu de condescendance, mais il faut dire que dans le débat de l'autre soir, il a quand même dit des choses qui étaient incompréhensibles.
Donc c'est bien de la ruralité, c'est d'évoquer tout ce qu'il peut y avoir dans la France profonde, l'amour des paysans, l'amour des terroirs, c'est totalement quelque chose de très présent chez les Français. Mais là, je trouve que ça devient un peu... Il est un petit peu dépassé par son personnage. Voilà, il faut le prendre au sérieux, mais il faudrait aussi qu'il soit peut-être parfois un peu plus sérieux dans ses réponses parce qu'on ne peut pas se compter.
Et parmi les petits candidats, il s'est fait voler la vedette par Philippe Poutou
par Poutou, oui.
Mardi soir. Mais dans le folklore. Voilà, c'est plus... De bon, il y a toujours eu cette tradition dans la 5e depuis qu'elle existe. Il y a toujours eu des petits candidats qui... L'effet barbu. Voilà, l'effet barbu depuis 65. Il y en a toujours eu... Alors il faudrait expliquer. Marcel Barbu. Marcel Barbu. C'était le petit candidat de la première élection présidentielle de 65. Et le général de Gaulle l'avait traité un peu... Vous voyez... Enfin, c'est vrai qu'il n'allait pas débattre avec Marcel Barbu. Un dernier mot sur ces territoires désertés par l'État. On le sait, il y a eu beaucoup d'études sociologiques. Ça favorise quand même ce vote Front National.
On s'interrogeait tout à l'heure sur jusqu'où elle va aller. Quel sera le score de Marine Le Pen dans ces régions, parfois reculées, qui sont abandonnées par les services publics, par la SNCF aussi, on le sait. Elle risque de réaliser des gros scores. On l'a vu en 2012 avec des scores atteints dans des endroits qu'on n'imaginait pas, des milieux très ruraux. Globalement, le Front National... Il y a toujours eu un Front National rural, entre guillemets, mais ça n'a pas non plus été tout le temps majoritaire. Elle joue sur les services publics qui désertent les espaces ruraux. Oui, c'est pas la seule. Jean-Luc Mélenchon aussi à sa façon. Donc... Et puis c'est quand même les déserts ruraux.
Il y a quand même de moins en moins de monde. Donc est-ce que ça pèse vraiment sur l'élection ? C'est une question qu'on peut se poser aussi. Après, ça raconte quelque chose, une nostalgie qu'elle exploite française que Jean Lassalle essaie d'incarner de façon très maladroite. Et qui existe. Oui, c'est vrai.
Même Jean-Luc Mélenchon évoque aussi, d'une certaine manière, avec non pas une forme de nostalgie, mais l'existence d'une certaine idée de la France, on pourrait dire.
Autour de François Fillon, beaucoup ont expliqué que pendant la primaire, il avait démarré un peu son... Enfin, il avait capté un électorat dans cette France semi-rurale. Par exemple, les Nicolas Sarkozy et Alain Juppé n'avaient peut-être pas assez regardé...
Et qui est une des faiblesses, Emmanuel Macron, d'ailleurs, qui est sans arrêt ciblé sur son absence d'enracinement, comme si c'était une espèce de créature hors-sol mondialisée pour une France ouverte et qui n'a pas les codes et les références que peuvent avoir les autres par rapport à la France éternelle.
Et après, toutes les zones rurales ne se valent pas non plus. On sait qu'en Bretagne, elle a du mal. On sait que dans le Vignoble, le Bourguignon, pour le coup, qui était des gros scores du FN, ça fonctionne. Après, c'est sûr que Marine Le Pen, elle sort beaucoup, enfin, tout son discours. Le fil conducteur, c'est sentiment de déclassement, sentiment de déclassement politique, identitaire, économique. Et c'est vrai que la ruralité incarne symboliquement ce déclassement. Voici maintenant vos questions SMS et Internet. Ça commence très fort. Regardez, un prix Nobel d'économie française, non pas français d'ailleurs, M. Stiglitz, je ne trouve pas qu'il soit français. Il n'est pas français.
Peu importe. Il est prix Nobel. Il est pour la sortie de l'euro, nous dit cette personne qui nous regarde. Est-il un imbécile ? Encore une fois, la question de la sortie de l'euro qu'on posait tout à l'heure, c'est est-ce que ça fera du mal à l'économie française ? In fine, 15 ans, 20 ans, 30 ans après la sortie de l'euro, personne autour de cette table ne peut répondre à cette question. En revanche, dans les 15, 20, 30 ans qui viennent, oui, ça fera du mal pour les ans qu'on a décrites tout à l'heure et qui inquiètent les Allemands. Qui seraient les premières victimes de la sortie de l'euro ?
On dit souvent que c'est les classes populaires qui sont par ailleurs appelées régulièrement par Marine Le Pen à voter pour elle. On a vu en tout cas la conséquence directe que ça a eue en Grande-Bretagne avant même que le Brexit ne soit voté, c'est que quand il a été voté, les prix ont augmenté et l'immobilier a grimpé. Ça, c'est la conséquence directe. L'inflation, la hausse des taux. Là, c'est du concret.
Ce qu'on a emprunt.
Comment Marine Le Pen a-t-elle réagi aux frappes américaines contre le régime de Bachar al-Assad ? Effectivement, c'est l'info. Oui ?
Elle s'est désolidarisée de Trump qu'elle estime plutôt en considérant qu'il n'avait pas fait ce genre de choses. Et depuis le début, elle a une ligne qui est beaucoup plus alignée sur celle de Poutine que sur une autre. Et là, manifestement, sa réaction était de même nature que celle de Vladimir Poutine. Elle a considéré que Trump n'avait pas à se mêler de ce genre de choses. Et elle a spécifié, comme d'ailleurs, elle n'est pas la seule, Jean-Luc Mélenchon également, qu'on ne savait pas ce qui s'était passé et qu'on demandait une enquête. C'est-à-dire qu'elle a fait plutôt entendre qu'elle ne croyait pas à l'hypothèse d'une attaque par Bachar al-Assad sur les populations civiles.
Poutine qu'elle a rencontrée, faut-il le rappeler.
Qu'elle a réussi à rencontrer pendant la campagne.
Trump qu'elle n'a pas rencontrée quand elle était à la Trump Tower.
Et qui d'ailleurs a dit qu'il ne sait pas qu'il s'était. En gros, il ne la calculait pas comme disent les jeunes. Elle a rencontré la Trump Tower. Et la cafétéria.
Marine Le Pen désire-t-elle vraiment devenir présidente ? Au fond, son souhait, c'est une vraie bonne question, ça n'est-il pas de rester dans l'opposition ? Elle veut gouverner ou pas ? Oui, c'est la différence sans doute avec son père qui lui, en fait, ne voulait pas gouverner. Il a été totalement presque pris de court lorsqu'il s'est retrouvé au second tour le 21 avril 2002. Même si les sondages montaient, montaient et on sentait que c'était possible. Il faut se souvenir quand même que la veille du premier tour le 21 avril 2002, il est à 15. Il est à 1,5 derrière Lionel Jospin. Non, c'est la différence. Elle, elle veut gouverner. Elle se prépare pour ça.
Elle a reconstruit le Front National de son père pour en faire un parti plus organisé, plus sérieux, entre guillemets, et je mets des guillemets évidemment à sérieux. Et puis, elle a recruté Philippot. Elle ne s'est pas réveillée il y a un an. C'est une course de fond qu'elle a entamée depuis maintenant plus de 10 ans. Déjà, d'abord, pour préparer la succession de son père, pour prendre le parti et ensuite, pour s'implanter localement, pour professionnaliser le parti avec cette quête ultime qui est celle de l'Elysée.
La remontée du Front National, il faut toujours y penser, remonte, commence en 2011 avec les cantonales où là, en fait, le Front qui était pratiquement tombé en dessous de 10, elle reprend la montée et c'est 18 à la présidentielle de 2012 et depuis chaque scrutin, le Front National a augmenté. Pourquoi n'a-t-on pas exigé la levée de l'immunité parlementaire de Marine Le Pen afin qu'elle réponde de ses actes ? On ne peut pas l'exiger. Oui, c'est ça. Parlement en paix. Elle peut dire non, j'ai mon immunité parlementaire et c'est pour ça qu'on ne peut pas m'empêcher d'être candidate à l'élection présidentielle. C'est très habile parce que ça lui a permis de ne pas être mis en examen.
François Fillon aurait pu évoquer cette immunité aussi pour ne pas répondre à la convocation des magistrats et donc pour ne pas être mis en examen. Il y a songé d'ailleurs. Il y a songé, mais en tout cas, il y est allé. Marine Le Pen bénéficierait du socle d'électeur le plus solide. C'est vrai qu'on l'entend toujours de la part des sondeurs. Mais a-t-elle vraiment réussi à élargir ce socle ? C'est toute la question. On voit bien que... Bon, d'abord, le socle s'est élargi puisque le Front National, 18 en 2012, termine les dernières élections au régional avec une moyenne autour de 25 sur l'ensemble du territoire national. Elle dépasse 40% dans deux régions. Donc, elle a élargi.
Après, sur cette élection, depuis le début de la campagne, on voit bien qu'elle a une difficulté à... En tout cas, dans les sondages, si on les regarde, elle a une difficulté à aller au-delà de 25-27, finalement. Quel est le profil des électeurs frontistes ? C'est une question large, mais enfin, si on essaie de faire un portrait robot... C'est compliqué quand vous faites ce score-là. Oui, vous parlez à toute la France. Il n'y a plus de portrait robot quand vous êtes le premier parti dans les intentions de vote, quand vous êtes entre 25 et 30, ce qu'elle a été.
Alors, on sait qu'elle a des zones de force, l'électorat populaire, les classes populaires auxquelles ne savent plus parler ni la gauche ni la droite aujourd'hui, l'électorat employé. Et des nouveaux, surtout.
Elle a des nouveaux.
Oui.
C'est les fonctionnaires. Et qu'elle a suffisait. C'est les fonctionnaires de fonction publique hospitalière, même chez les enseignants, armés, police. Donc, c'est là-dessus aussi, j'ai l'impression qu'elle a progressé, ce qui n'était pas exactement la structuration de son vote les autres fois. Donc, elle grignote des terres qui n'étaient pas typiquement des terres Front National, en tout cas des CSP ou des...
On sait là où elle est faible. L'RCT, les CSP+, et puis quand même une partie de la fonction publique. Avec un dénominateur commun pour tous ceux qui ont envie de voter pour elle aujourd'hui, c'est-à-dire la volonté de vouloir renverser la table et de tourner la page des Républicains et du Parti Socialiste et du pouvoir.
On a oublié de dire des jeunes, pas mal de jeunes.
Oui. Ce qui est assez étonnant. Premier parti, premier parti,
je le vote des jeunes qui ont oublié tout ce qui s'est passé, son père, les dérapages, les choses, et qui considèrent qu'ils ne voient absolument pas le problème de voter Marine Le Pen.
Les programmes économiques de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen ne se ressemblent-ils pas étrangement ? Il y a un lien, il y a un point commun ? Il y a quelques propositions qui sont identiques. Après, il y a aussi d'autres propositions qui sont identiques dans le programme de Mélenchon avec d'autres programmes, mais c'est vrai que sur le côté quelques propositions symboliquement qui peuvent attirer les couches populaires, la retraite à 60 ans, des choses comme ça, bon, là, oui, il y a des... Il y a une détestation de l'Europe qui est commune. Et il y a... Alors, Mélenchon, il a un vocabulaire différent sur l'Europe. Il n'est pas...
Dans son programme, il n'y a pas l'abandon de l'euro, par exemple. Il est aussi dans une démarche... Il y a un plan B. Il est dans une démarche de contestation de l'Union européenne et de renégociation des traités, mais ce n'est pas aussi cash que Marine Le Pen, pour résumer. Marine Le Pen souhaite supprimer les régions. Chercherait-elle à annihiler des contre-pouvoirs au niveau des territoires ? Oui, forcément, puisque aujourd'hui, tous ces territoires, ils sont majoritairement tenus par une majorité de droites. Elle veut mettre fin aux millefeuilles administratives, territoriales, en donnant une légitimité à la commune. Elle veut aussi supprimer les intercommunalités.
Je vous souhaite bon courage quand même, parce qu'aujourd'hui, il y a eu beaucoup de délégations qui ont été faites pour les agglomérations, les communautés de communes. Et d'ailleurs, les petites communes autour, les petites communes rurales, sont bien contentes aujourd'hui d'être agglomérées à la commune centrale, pour pouvoir bénéficier du ramassage de régions ménagères, des transports en commun, des infrastructures sportives et culturelles. Donc, bon, dans l'opinion... C'est aussi un moyen de flatter pour elles les identités régionales, puisque ces régions, dites-elles, ne correspondent plus à rien.
Elles ont été tracées sur la carte administrative et on n'est pas dans les identités locales. Comment expliquer la stabilité de Marine Le Pen dans les sondages malgré les affaires ? Alors, stabilité, peut-être pas, mais en tout cas, elle ne s'est pas effondrée comme François Pignon.
Oui, parce que je pense que c'est parce que ces affaires sont considérées comme des affaires moins signifiantes et moins décryptables par l'opinion. Quand vous employez votre femme ou vos enfants, quand on vous offre un costume, c'est quelque chose qu'on comprend tout de suite. Ces histoires d'emplois fictifs, finalement, on a l'impression que c'est un petit peu comme un mondeur père où en gros, elle a fait travailler des gens pour elle mais qui travaillaient. Et à Bruxelles. Et à Bruxelles. Donc là, en gros, il y a des gens qui travaillent qui ne sont pas payés par les bonnes personnes.
Mais le décryptage de la fraude ou de la faute morale entre guillemets est beaucoup moins net que quand il s'agit d'une histoire très caricaturale à base de famille ou de costume.
Dernière question. Et si elle n'atteint pas le second tour ? Alors là, il y a un congrès du Fonds National qui potentiellement est programmé pour la fin d'année. Ça va tanguer fort en interne et c'est là les fameuses fractures idéologiques dont on parlait tout à l'heure pourraient se réveiller. Merci beaucoup à tous les quatre. Merci à l'équipe qui a fabriqué et préparé cette émission. Dans un instant, Anne-Élisabeth Lemoyne pour Célèbdo. Demain, ne manquez pas ses politiques.
Karim Rissouli dès 18h35 et on se retrouve à 19h45 pour ses polémiques avec Philippe Poutou, Clémentine Autain, le numéro 2 du MEDEF Thibaut Langsad et l'économiste Agnès Verdier-Molinier pour un débat autour de cette question. Salariés, patrons, pourquoi ils ne se comprennent plus ? Très bonne soirée sur France 5, lundi, retour de Caroline.
Marine Le Pen