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interviewTMC / Quotidien (sur YouTube)· 15 mai 2026 24 min

Simon Abkarian et Antonin Baudry ont humanisé un monument : de Gaulle

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

C'est votre saga historique en deux volets. Le premier volet sort le 3 juin, c'est l'âge de fer. Le second volet sort le 3 juillet et s'appelle J'écris ton nom.

Une saga jamais réalisée sur la résistance française pendant la Seconde Guerre mondiale à travers le parcours d'un homme hors norme, le général de Gaulle. Avant de vous donner la parole, laissez-nous nous dire en une phrase. Une Jean-Michel, une phrase. [rires] Tu auras le temps, tu auras le temps de dire ce que tu veux après, mais là juste une phrase sur le film et sur eux.

Vous avez humanisé un monument et vous l'avez fait de manière émouvante et ça c'est formidable. [applaudissements] Merci. Une phrase.

Moi, j'ai appris énormément de facettes de cette histoire que je pensais j'ai appris le nombre de la signification d'un nombre de stations de métro en 2h30. Non, blag. Je je pensais pas être [rires] une spécialiste de cette période.

Je pensais pas être une quiche non plus. Il y a plein de facettes que je connaissais pas. Mais pour autant, j'ai pas vu le temps passer et quand le film a touché à sa fin, j'aurais pu enchaîner vraiment avec plaisir sur la deè partie.

J'ai très hâte de l'avir. Paul pour moi ce film c'est un manuel d'audace politique parce que ce qu'on mesure pas c'est à quel point ça a failli foirer toute l'aventure gaiste à Londres. Ça s'est joué à très peu de choses.

Il y a des gens qui se retournent contre lui, il perd le soutien de l'entourage de Churchill. Les Américains peuvent pas le piifrer depuis le début. Donc en fait, on se rend compte que le destin de la France, il s'est joué à une succession de hasard et les planètes se sont alignées et personne ne s'explique pourquoi, quoi.

Donc l'audace paye toujours. Et moi, je dirais un grand film d'aventure. Je peux rajouter hollywoodien ou non ?

Non. Non. D'accord.

OK. Donc un grand film d'aventure. Vous montrez le film au festival de Cann le 20 mai prochain.

Est-ce que Est-ce que Cann ça fout la trouille ? Je parle au Real d'abord. Non, c'est c'est c'est très c'est un bonheur de pouvoir montrer son film à Cann.

Ça va donner de la visibilité. Ça c'est c'est que du bonheur honnêtement. Vous êtes stressé ou pas ?

Non. Non. Non.

Et Simon Turcan ? Non. C'est la fête du cinéma quoi.

C'est c'est toujours un événement. On va pas faire comme si c'était normal que j'allais à Cann. Je suis je suis je j'y vais pas tous les ans donc je suis content d'y aller et mais non, je je suis serein, heureux de présenter le travail qu'on a fait tous ensemble et tout ensemble.

Alors, est-ce que vous vous souvenez à quel moment et comment de Gaulle est arrivé dans votre vie ? Ben, je me souviens quand je suis allé voir un jour ma femme en lui disant "Je veux faire un film sur de Gaulle." Elle m'a dit "Bah, c'était il y a longtemps." Ouais, c'est c'était il y a 7 ans. 7 ans ?

Ouais. Ouais. Et elle m'a dit "Ben oui." Je dis "Bah comment ça ?" "Ben oui." En fait, [rires] cétait sa réponse.

Bah oui. Et et elle m'a rappelé que quand on s'était rencontré, le jour où on s'était rencontré, j'avais les les mémoires de de Gaulle à la main parce que j'avais quoi oublié. Et Simon, quand est-ce que de Gaulle est arrivé dans votre vie ?

Est-ce que c'est à travers lui ? Ah non, moi bien avant. Bien avant ?

Bah oui, parce que quand j'avais 9 ans, je suis allé au Liban parce que mon père a décidé de nous nous de nous ramener au Liban et j'allais dans une école de jésuite et les gamins, ils sont mis à m'appeler De Gaul dans la cour. Ah bon ? Bah ouais, c'était mon surnom De Gaul à l'école.

D'accord. Parce que je venais de France et comme De Gaul est une figure emblématique de l'histoire de France, du coup, on m'appelait De Gaulle. D'accord.

Donc à l'âge de 9 ans, c'est pas donné à tout le monde. Monz n'avait pas encore poussé à l'époque. Moi moi j'aimé Deul.

Ouais, c'est vrai. Non, j'aime bien. Ah oui.

Tu veux qu'on s'y mette ? Non. [rires] Trop tard.

Ambre, avant de parler de de Gaulle, parlons d'Antonin Baudri et de Simon Abcarion. Oui, absolument. Parce que quand on apprend qu'il y aura un film ambitieux sur de Gaulle, la première question qui vient en tête, c'est "Ah bon ?

Mais par qui et avec qui ? C'est une matière qui est tellement pas anodine que le ticket de départ est vraiment un enjeu. Or, avec vous, Antonin Bauder mon général, on a un duo très adapté à ce défi et on va voir pourquoi.

On commence par vous Antonin Baudri, l'homme aux 35 vies. Sans déconner, votre LinkedIn doit paniquer. Vous commencez par être un mat.

Vous faites la prestigieuse école polytechnique, puis vous découvrez que vous adorez la littérature, vous allez dans une autre grande école Normal Sup, dites-moi si j'ai une connerie, un mémoire sur Prou jusqu'ici tout va bien. Puis des études de cinéma où vous faites un autre mémoire sur le grand cinéaste honggais ou Kaarwai. Après vos études de ciné, vous allez logiquement en politique.

Après des études de ciné, vous [rires][raclement de gorge] devenez diplomate. Vous travaillez au côté de Dominique de Villepin au ministère des affaires étrangères. De cette expérience, vous tirez le scénario d'une bande dessinée qu d'orsait un grand succès couronné de prix comme le prestigieux Fu d'Or au festival d'Angoulem.

Autre récompense prestigieuse, la BD est adaptée au cinéma par le cinéaste Bertrand Tavernier, un film qui vous emmène au César. Avec Tavernier, vous apprenez la réalisation et en 2019, vous écrivez "Réalisez et sortez votre premier film, Le Champ du loup". Un thriller ambitieux dans un sous-marin avec un incroyable travail du son et un casting All Stars François civil au marcy Redakateb.

Le film Cartonne en salle vous vaut une nomination au César du meilleur premier film. Voilà, c'est nourri de tout ça que vous adaptez la vie de De Gaulle. Vous avez un cerveau de diplomate, un œil de scénariste, un cœur de cinéaste, un premier [grognement] film qui parle déjà de suspense et de guerre et vous en avez chié sur Prou.

Donc normalement vous pouvez faire ça [rires] à peu près. [applaudissements] Ça c'est pour vous. Simonarian, [acclamation] vous aussi au moment d'incarner de Gaulle, vous le faites depuis quelque part à la fois par votre identité et par votre parcours.

De Gaulle, c'est une voix, une stature, un charisme et on va montrer en une minute pourquoi vous êtes l'homme de la situation. Vous êtes un grand acteur de théâtre. Vous avez commencé au sein du théâtre du soleil de la méteuse en scène Arian Nouchkin.

Vous avez souvent joué Shakespeare ou des tragédies antiques. Vous avez gagné des molières plusieurs fois, aussi bien en tant qu'acteur qu'en tant qu'aôur et metteur en scène. Vous êtes aussi un grand acteur de cinéma.

Par exemple, un fidèle de Cédric Lapiche avec qui vous avez tourné beaucoup de fois. Mais on vous a aussi vu en méchant de films James Bond dans Casino Royal, ce qui est quand même pas rien. Et vous avez joué des films qui touchent à l'histoire.

Vous avez incarné par exemple le résistant Micha Manouian pour le réalisateur Robert Gedigan. Tout ce qu'on vient de citer n'est pas anodin. Acteur de théâtre, vous savez déclamer des textes grandiloquants.

Donc les discours de de Gaulle, c'est bon. Vous avez une palette de jeux très large, vous avez un métier immense. Mais aussi pour finir, en plus de l'aspect technique du rôle, il y a aussi une question d'âme.

Prendre un acteur d'origine arménienne qui a grandi au Liban pour jouer de Gaulle, c'est pas un écart par rapport à la vérité biographique. Au contraire, ça rajoute un écho très fort en plus. Voilà le duo très particulier qui se cache derrière la bataille de Ga [applaudissements] est-ce que pour rebondir sur ce que dit Ambre, est-ce que ça a joué l'origine arménienne ?

De toute façon, oui, parce que l'acteur que je suis est constitué de de d'où je viens, de mes identités différentes, de mes origine, enfin voilà, de des pays que j'ai fréquenté. J'ai un passeport libanais, je suis français, je suis arménien d'Anatolie, enfin tout ça tout ça bien sûr, je parle aabe, je comprends l'arabe, tout ça compte évidemment, ça me constitue. Mais ce qui me tient, ce qui me contient, c'est la langue française.

C'est elle qui me tient le mieux. C'est ce qui me maîtrise de parce qu'on dit souvent je maîtrise le le français mais c'est le le français qui me maîtrise, qui me tient, qui me constitue. Vous avez dit pardon quelque chose que je trouve magnifique.

J'ai eu une note d'intention de votre part sur le rôle de De Gaul où vous expliquez que par cette histoire de famille justement, vous dites en gros moi un un pays dévasté, je sais ce que c'est. Quitter son pays, je sais ce que c'est. Et donc quand sur le plateau en de gaul je dis le mot France, c'est pas un mot anodin quoi.

Ça ça me sert la gorge à chaque fois. Je crois que c'est ce que vous disiez. [applaudissements] [applaudissements] J'allais j'allais vous demander Antonin comment vous avez choisi Simon mais je crois qu'on a la réponse là.

Un film de 5h16 en deux parties. Le premier raconte le refus de la capitulation de la création de la France libre. On vient de voir la bandeannonce.

On voit des bandannonces sur ce plateau. Il y a pas la même ambiance et là je peux vous dire qu'il y avait pas une mouche. On a pas il y avait pas une mouche qui volait.

Tout le monde était comme ça côté à l'écran. [applaudissements] On est d'accord ? Ouais tout le monde.

L'interprétation de Simon est tout simplement incroyable. Je vais vous poser la question à tous les deux. Comment vous avez travaillé pour devenir de Gaulle ? pour faire les gestes de De Gaulle, le phrasé de De Gaulle, le De Gaulle qui parle mal anglais, tout.

Moi, je me suis préparé à ce rôle, ça fait 41 ans que je suis acteur, 42 ans. Ça fait 42 ans que je me prépare en fait parce que je prends mon travail sérieusement parce que je suis censé représenter des personnes. J'ai la responsabilité de représenter des gens à l'écran ou au théâtre.

Donc c'est c'est quelque chose qui non pas qui m'obsède mais sur sur laquelle je m' sur la précision sur la précision parce que je pense que la précision est une forme de poésie en soi. Être précis dans sa pensée, dans son corps ou dans son émotion, comment la tenir ou comment la laisser partir, c'est un art. Certains voilà me contrediront sur le fait que ça en est un.

Mais moi je pense que c'est un art que celui de jouer. Et il se trouve que Antonin a cette comme ça c'est ce souci de précision aussi. Donc là-dessus, on s'est bien entendu évidemment j'ai travaillé le corps, évidemment que j'ai visionné jusqu'au moment où j'ai plus voulu le faire des des images d'archives.

Ouais. Et pourquoi vous avez plus voulu à un moment ? Parce qu'à un moment donné, il va falloir faire que l'imagination se mette en marche aussi.

Vous l'appropriez, c'est ça ? L'approprier et puis laisser l'imaginaire de de le mien est ce le mien est celui c'est c'est un métier. Je je le mien est celui d'Antonin et celui de tous les les les acteurs et les actrices qu'il y a sur le plateau faire le travail.

C'estàd que je suis pas dans l'obsession anthropologique de la représent. C'est impossible de représenter de Gaul de cette manière-là. Il faut le jouer et le jouer tenter si bien qu'on puisse se perdre à l'intérieur de ça.

S'y perdre, être dans le perdu de ça. C'est un peu paradoxal que je ce que je dis mais ça ne l'est pas. Et et le scénario était vraiment bien écrit.

C'està dire, j'ai jamais eu ni l'envie ni le l'idée de changer une virgule du scénario parce que c'était vraiment bien écrit. Euh sur les gestes, c'était quoi le plus dur ? Est-ce que ce sont les gestes à voir ensemble ?

Comment comment vous avez travaillé ce ce le perso ? Non, en fait moi j'ai assisté au moment qui était un moment assez magique. O était tous les deux avec Simon dans une salle de mixage donc complètement insonorisé avec un mixeur et en fait on a travaillé d'abord la voix et la la façon de parler.

Donc vous aviez des archives sur un écran, j'imagine. Ouais mais alors assez tôt et Simon et moi, on on s enfin je crois que dès le départ même, on avait pas envie d'être dans l'imitation. Oui.

Euh et ce que Simon a trouvé c'est une forme d'incarnation à travers la musique. C'est une musique la voix c'est une musique de Gaul. Elle a une musique très particulière, une façon de scander ses phrases.

Essayer de limiter n'a pas vraiment de sens. Et en revanche, j'ai assisté au moment où Simon a trouvé la musique. Et ça c'était magique parce qu'à partir du moment où il a trouvé la musique, il avait déjà le regard, les gestes, tout ça, ça va avec.

Il y a il y a quelque chose qui voilà, le personnage est là. J'ai vu beaucoup de maquillage. Alors, mais alors j'imagine qu'il y en a pour les cheveux tout ça, mais tout à l'heure quand je vous ai vu en loge, j'étais frappé combien vous vous lui ressembliez en fait.

Peut-être, peut-être. Là, j'ai les cheveux teints mais peut-être la statue. Des ti un peu rasé devant, c'est ça le Oui, rasé devant de des oreilles rajoutées en maquillage.

C'était 1h40 de maquillage. Euh, je vous raconter un truc. Le premier jour, on a été tourné, il y a un gars que je connais qui faisait de la figuration, avec qui j'ai fait du théâtre et qui me dit : "Les oreilles, c'est vachement bien, mais le nez, ça se voit pas du tout." Oh merde ! [rires] [applaudissements] Mais non, il dit 1h40, c'était 1h40 tous les matins.

Tous les matins. 1h40 des oreilles, machin tout ça. [raclement de gorge] Ça veut dire quand même le véôt quoi.

Oui, le véo. Ouais. Vous êtes allé sur sa tombe ?

Ouais. Pourquoi ? Ça c'est mon histoire mais je voulais créer un voilà une espèce de d'accord tacite entre lui et moi.

Je voulais je voulais qu'on se parle. Et pour jouer le de Gaulle privés, vous y êtes pris comment tous les deux de Gaulle nuus dans sa baignoire, on le voit dans son bain. De Gaulle ému avec sa femme et sa fille.

De Gaulle, je l'ai dit, nul en anglais. Comment vous y êtes pris ? Ça c'est un deal qu'on connaît pas et il y a zéro archives.

Ouais. Ouais. les archives en fait finalement enfin comme dit Simon il y a un moment est libéré aussi de manière générale et donc il y a un moment où on recrée le personnage forcément en fait on le voit vulnérable.

Oui, il l' il est tout le temps partout où il va le plus faible dans la pièce. Ouais. Est-ce qu'il est seul ?

Parce qu'il est seul parce que contrairement Oui. Il est à la tête d'une fu au début la France libre. C'est ça quelque chose parce que on peut peindre en général conquérrant décider et vous présenter l'inverse.

Quelqu'un qui est un peu désemparé qui est pris dans une histoire extraordinaire et et il n'y a que sa folie qui lui permet de vivre cette histoire qui est son génie aussi. Je suis la France. En fait Antonin vous dites c'est un fou furieux en fait un petit peu à cette époque là.

Il faut l'être. Il est illuminé il faut l'être au lendemain de la capitulation pour aller dire à Kurkill la France capitulera pas. Alors qu'elle a capitulé.

Je suis la France. Ils sont deux dans la pièce. Il dit je suis la France.

Je suis la France. Ouais mais De il le dit pas comme ça exactement en fait ça Deinir il appelait le connaêtable parce que déjà il avait 20 ans hein tout le monde le trouver bizarre et voilà de Gauls a toujours été un type hors norme vraiment seul beaucoup de gens qui le rencontrent à l'époque le le le racontent. J'ai vu un type très bizarre aujourd'hui qui l'impression qu'il sort du Moyen-Âge.

C'est un homme sans âge sans sans époque. Enfin c'est très étonnant pour les pour les gens qui l'ont rencontré à l'époque. C'était quelqu'un de très étonnant.

Ouais. L'une des premières scènes du film décrit la débacle de mai juin 40. De Gaulle et colonel.

Un soldat lui dit "C'est la débandade mon colonel." Et Deaul lui répond : "Est-ce que j'ai l'air de débander ?" Exactement. [rires] Est-ce que ça, typiquement, il l'a vraiment dit ?

Bah, de toute façon, tous les tous les comment dirais-je, quand on écrit un film et c'est un film de fiction basé sur des faits réels. Oui. On écrit tout.

Donc après moi je je m'inspire de de choses dont je sais qu'elles ont existé mais je m'octroie une liberté assez absolue euh tout en tout en faisant attention que quec soit possible et voilà et que ça soit dans le sens de l'histoire et du personnage. J'ai demandé à John Jackson, auteur de cette excellente biographie. Le le les films sont basés sur ce sur cette autobiographie là.

C'est ça. Et et je lui ai demandé d'être mon consultant euh historique et j'ai eu un échange assez nourri avec lui. C'est-à-dire que j'écrivais des scènes et puis euh ça ça me donnait une liberté de savoir que lui allait pouvoir me dire "Bon là oui, c'est exactement ça le sens de du personnage, le sens de l'histoire ou là attention tu t'écartes pour telle raison." Voilà, il est venu sur le tournage euh c'était plutôt pendant l'écriture non ?

Oui, il est peut-être passé Oui, il est passé sur le plateau mais il était pas présent sur le tournage. Alors, il y a une scène que je connaissais pas mais que toi tu connaissais. De Gaul va voir Churchill.

Churchill le reçoit en robe de chambre. Le général dit au britannique, "J'ignorais que c'était carnaval." Et Churchill répond "Tout le monde ne peut pas s'habiller en soldat inconnus." Alors, le dialogue génial et certifié par les historiens.

Oui. Oui, ça oui, ça ça existait. Churchill est un combattant de la Première Guerre mondiale.

Il connaît bien la France Churchill. Il était dans la Somme. Il connaît bien la France Churchill.

Et donc quand il lui dit euh soldat inconnu, c'est parce qu'il sait que en 1920, on a fait euh on a il y a un soldat inconnu à Paris et donc euh mais il faut une présence d'esprit pour lui répondre. Ça c'est le le les scènes entre les deux sont formidables parce qu'il y a des oppositions, il y a beaucoup de tendresse entre eux. C'estes deux fous, ces deux folies que révèlent la guerre.

On passe à côté de De Gaul et de Churchill, il y a pas la 2e guerre mondiale. Mais la guerre, elle est révèle et révèle deux hommes hors norme différents de tout le monde qui sont au bon endroit au bon moment et du bon côté et ils sont ensemble. C'est extraordinaire.

Simon Russell Bill joue Churchill. Est-ce que vous pouvez dire deux mots sur lui qui est il est il est incroyable dans le rôle de Churchill ? Ah oui, moi je l'avais appéré dans la mort de Staline où il jouait un personnage quand même très différent qui est Berria.

Ah et alors en Angleterre, c'est un acteur de théâtre qui est considéré comme le meilleur acteur de sa génération. C'est un peu le le Gérard Philippe anglais de cette génération là. Et il est il est extraordinaire.

C'est vraiment c'est un bonheur. Il a souvent joué Churchill parce que parce qu'il lui ressemble. il avait fait un autre churkill mais très passager, c'est-à-dire que il y a pas beaucoup de scènes avec lui et cetera et moi je le trouvais pas si en je trouvais pas le film si voilà et donc j'étais un peu gêné au moment de l'appeler [rires] et euh parce que je voulais dire bon j'aurais que tu joues Churchill mais en même temps pas exactement et il m'a dit tout de suite ah ouais ouais ouais moi ça me dit bien de jouer Churchill parce que j'en ai fait un que je déteste.

Je veux prendre ma revanche. Je dis parfait on est d'accord. [rires] Euh la grande bataille de ce premier volet c'est Birakim dans le désert libyen.

Comment vous avez reconstitué ça ? Ben déjà faut comprendre la la comment dirais-je la tactique de l'époque, la façon dont les Français s'organisent à ce moment-là. Donc c'est beaucoup de détails et et et comment dire faut reconstituer ça à travers à la fois le décor, les l'enterrement des soldats, le maquillage, les costumes, les armes et cetera et surtout ensuite faut faire converger tous les détails vers ce qu'on essaie de raconter qui est en fait la première fois que les Français se battent à nouveau contre les Allemands depuis depuis la capitulation et surtout des gens qui ont décidé que mourir c'était moins grave que de se rendre.

Et voilà, je trouve ça très émouvant ce ce cette décision là qui est tenue jusqu'au bout. Et donc voilà. Après, il s'agit à travers le son aussi qui est quelque chose de qui un élément très important à travers enfin tous les éléments qu'on a dans le cinéma de faire converger les choses.

Je crois qu'après le détail de où on met la caméra, moi je peux vous en parler pendant 4 heures. Je peux être intéressable mais c'est pas tellement ça qui compte en fait. C'est vraiment le voilà c'est c'est d'arriver à organiser les l'ensemble pour que ça converge.

Paul, est-ce que tu as aimais où étaient placé les caméras ? Oui, j'ai adoré où étaient placé les les caméras. Alors que j'y connais rien.

Moi, il y a une chose qui m'a beaucoup intéressé, c'est qu'aujourd'hui, on a l'impression que la Seconde Guerre mondiale en France c'était d'un côté les salots et de l'autre les résistants. Et vous vous explorer tous ceux qui ont évolué dans la zone grise entre la collaboration et les alliés. Et il y a notamment un personnage dont vous parlez dans le film, c'est l'amiral d'Arlan, un homme qu'on a jamais vu au cinéma qui est interprété par Mathieu Kassovit qui est impeccable dans le rôle je trouve.

Darl c'était le chef de la Marine en 1940. Il a été nommé ministre par Pétin puis chef du gouvernement de Vichi. Lui, c'était un collabo actif qui a même fait partie de ceux qui ont créé le commissariat général aux questions juives, mais il change de camp fin 42 et rejoint les alliés.

Les images, on le voit avec le général Eenhower et je trouve que le film, il restitue très bien les hésitations du personnage, ses atermoiements qui étaient en fait les hésitations de tout un pays à ce moment-là. Et je me demandais est-ce que c'était pas la partie la plus casse- gueule pour vous de raconter ces personnages là qui sont quand même sulfureux ? Casse Gul, je sais pas.

Euh je sais je sais pas, c'est des personnages qui ont effectivement un itinéraire qui est avec le recul assez clair en fait et donc en fait bon non je trouve pas ça de cas. C'est un collabo qui est avec Pétin puis qui rejoint les Américains au milieu de la guerre. Oui, mais alors oui, puis ça c'est c'est intéressant parce qu'avant ça d'ailleurs il était c'était quelqu'un qui au contraire avait proclamé que si que jamais il rendrait sa flotte à aux Allemands, qu'il irait en Angleterre aider les Anglais, qu'il finalement le fait pas parce que Pétin lui propose un ministère, c'est un opportuniste.

En réalité, c'est un grand militaire qui s'est perdu dans la politique et ça ça existe. C'est pas casse gueule spécialement, c'est des récits, comment dirais-je ? C'est des choses ça arrive.

Simon, vous incarnez le général au moment de de l'appel du 18 du 18 juin et je crois que ça cette scène tu l'adorais. Bah en fait, je me suis posé plein de questions là. Vous filmez ce qui est peut-être le discours politique le plus célèbre, le plus important de l'histoire de France.

Est-ce que la mise en scène et l'incarnation sont évidentes au moment de le de le jouer ? Est-ce que c'est un truc qu'on appréhende de jouer l'appel du 18 juin plus qu'une autre scène ou pas nécessairement ? Non, on appréhende chaque moment.

Mais ce ce cette fameuse sa scine séquence, c'est aussi d'arriver à conjuguer cette émotion qu'il a rentré parce qu'il faut qu'elle soit rentrée. C'est c'est un militaire d'abord qui parle et ce qu'il dit est magnifique. C'est c'est un soldat français qui vous parle par-dessus les ondes.

C'est un soldat. C'est magnifique ce qu'il dit par-dessus les ondes parce qu'il est au-udà de la mer. Au-delà de la mer, par-dessus les ondes.

C'est très beau finalement. C'est-à-dire qu' il il se sert du beau pour atteindre le le cœur des Français. Et en même temps, il faut pas oublier que Péin, ça a été il a été le protégé de Pétin à une époque.

Donc c'est c'est le fils qui se rebelle. Enfin, je l'avais un petit peu facile psychanalytiquement, mais c'est un peu le fils qui se rebelle contre le père, quoi aussi. C'est il y a tout ça.

Donc moi, je dois jouer une chose, une seule, c'est libérer la France. Est-ce que Est-ce que je peux vous demander la la scène la plus compliquée que vous ayez eu à jouer ? Est-ce que vous en rappelez ?

Sachant que nous on a vu que le premier hein, le premier volet euh il y a un moment où ça a été enfin très compliqué. Pourquoi vous tournez vers Anton ? Non parce que j'ai j'ai pas la mémoire.

Non, ça ça franchement euh il y a aussi beaucoup la part de mes des partenaires avec qui j'ai travaillé dans dans les yeux desquels j'existais. C'est dire que vous existez à partir du moment. Oui, il faut citer Benoît Magimel, Mathieu Gassofitz euh Nicker Corberry, Karim Leclou et beaucoup d'autres mais c'est dans les yeux de l'autre vous que vous vous existez et puis c'est comme ça aussi que je suis arrivé à à surmonter ça parce que c'est la face nord hein.

Votre film sur la résistance arrive dans un contexte assez spécial. Le monde plonge dans le populisme, l'illibéralisme, l'autoritarisme, parfois même le néofascisme. Il y avait pas de question.

J'ai bien compris et c'était pas une question pour tirer fréo. Est-ce qu'on peut quand même Alors, Degul quand il arrive à Londres, il n'est pas connu et la résistance va s'organiser sur le territoire. Lui, il est à Londres.

Les chefs de la résistance, il y a notamment une réunion importante à Londres en 42. Les chefs de la résistance pensent que De Gaul n'est pas un républicain. Pens que De Gaul est plutôt un fasciste que un type bien.

Et il faut arracher à Degul. C'est une réunion extrêmement importante. J'oublie le nom du résistant de du réseau Nord.

Il faut arracher à Degul 42 une déclaration où il dit si nous gagnons en France, c'est pour unifier la résistance derrière lui hein, je maintiendrai la République. Vous êtes en train de me spoiler le film 2 là. De Gaul est un personnage.

Pardon, pardon. v de est un Deul est un personnage particulier méconnu qui déteste la 3e République. Il la déteste.

C'est la bandeannonce du 2. Ah c'est ça [rires] faire la bandance du 2. Très bien.

On parle business. Alors le fil Bah là vous êtes là business. Ouais.

OK. [rires] Le film est un enjeu économique assez fou. Le grand Paris de pâté.

On parle d'un budget de plus de 70 millions d'euros. Vous confirmez les films. Les deux films.

Ouais bien sûr. Film. Oui, c'est c'est énorme pour un pour un film 70 millions.

Deux films. Deux films. Euh donc 35 euh oui, c'est beaucoup.

Après quand on regarde les 10 les dans les 10 dernières années, les les films ambitieux, on est à peu près dans la moyenne. C'est vrai que c'est des c'est ça permet ça permet d'avoir des vrais moyens de cinéma. Ça permet de raconter les choses comme les gens l'ont vécu à l'époque.

Euh, on a 150 acteurs, 190 décors. C'est une histoire qui se qui se déploie sur énormément de terrain d'action. Ça permet ça et puis ça se voit en tout cas ce Ouais. sur l'écran.

La bataille de Gaulle, le premier volet donc sort le 3 juin, le second le 3 juillet. Vous restez avec nous. Euh Steven Colbert.