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interviewFrançois Ruffin· 22 mars 2023 6 min

Ma réponse à Macron

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

viendrais écouter un extrait dans l'interview d'Emmanuel Macron qui dit voilà en substance cette réforme non elle ne me fait pas plaisir, je suis contrainte de la faire, c'est une question de de finance, cette réforme sera appliquée d'ici la la fin de l'année. Moi j'ai surtout entendu le président de la République qui dit qu'il va prendre ses responsabilités pour l'intérêt supérieur de la nation. Qu'est-ce que l'intérêt supérieur de la nation ?

C'est son unité. Que fait le président de la République en ce ? Il produit de la division.

Et sur quand même on est dans une crise majeure, on a les éboueurs qui ramassent pas les ordures, ici à l'incinérateur d'ici on refuse de les brûler, on a du du gasoil qui va commencer à manquer dans les pompes à essence, on a des millions de travailleurs qui sont dans les rues, on a des blocages, des feux de poubelles et ainsi de suite et à quoi consacre monsieur Macron consacre son ? Il consacre 2 minutes là-dessus. Et il fait 28000 minutes sur le reste sur un discours de politique générale où il vient nous parler d'éducation, de santé, d'industrie, tout ça est bien joli mais enfin c'est complètement en dehors du sujet.

Là il y avait une crise majeure. On y a il a normalement il est responsable, il est garant de l'unité de la nation et doit apporter des chemins d'apaisement. Il y avait trois chemins d'apaisement, il y avait le retrait, il y avait la démission, il y avait le référendum.

Aucun de ces sujets n'est même évoqué. Rien. Mais quand même quand même Emmanuel Macron a parlé des des entreprises, il a parlé de de redistribution, il va y avoir du du changement, il y a quand même des des des des des éléments qui ont été qui ont été pris en compte par par le chef de l'État.

Que dalle. Que dalle vous savez parce que ça ça fait déjà 5 6 7 fois qu'il avait dit au moment des gilets jaunes, il avait dit "Ah mais franchement ces entreprises qui font trop d'argent." Il a dit au moment de la crise Covid, il a dit après la crise Covid, il ne cesse Qu'est-ce qui se ?

Il se passe que quand c'est sur les travailleurs, on leur demande pas leur avis. On leur même quand tous les syndicats sont unis, même quand il y a des millions de personnes qui sont dans la rue, même quand il y a deux Français sur trois qui sont opposés, on y va, on fonce, ça sera deux ans de plus. Voilà pour vous.

Et en revanche, avec les entreprises, bah il va s'agir de négocier, on verra bien s'il peut pas y avoir un accord, mais il faudra que ça se passe au consensus. Et vous verrez, on reviendra dans six mois, on reviendra dans un an et il y aura toujours rien de changé, il y aura toujours pas de taxe sur les super profits, il y aura rien sur les méga dividendes. ?

Parce que Monsieur Macron est à leur service et il est pas au service des salariés, il est pas au service des Français. et qu'il fallait redistribuer les les profits, l'adresser un message afin que les salariés puissent profiter effectivement de de de de de cette situation et de du bénéfice des entreprises. François Ruffin Il a dit il a dit c'est magnifique.

Il a dit c'est mais il a dit c'est magnifique. Vous n'y croyez ? Vous pensez vraiment qu'il que ça ne sera pas appliqué, ça ne sera pas ?

Monsieur Macron, je vous dis ça bah non. Et ben vous verrez, vous verrez si l'année prochaine on aura une taxe sur les super dividendes ou sur les méga profits. Moi je en tout cas je je vous lance un pari.

Vous voyez, je suis prêt à parier un mois de mon salaire et un mois du vôtre si vous voulez et on verra si dans un an il y a une taxe sur les super profits sur les méga dividendes. En revanche, on verra si d'ici un an il y a une nouvelle loi qui va contrôler les salariés. Et je suis prêt à lancer un deuxième pari.

Parce qu'il y a une certaine constance quand même dans le dans le parcours d'Emmanuel Macron, c'est pas comme si on le découvrait ce midi en mangeant une antillaise merguez. Monsieur Macron, ça fait 10 ans qu'on l'a, ça fait 10 ans qu'il murmure à l'oreille de François Hollande, qu'il instaure le crédit impôt compétitivité en tout cas, ça fait 10 ans qu'il était à Bercy, qu'il a fait la loi travail, ça fait 10 ans que maintenant il est de retour à l'Élysée comme président et qu'il fait l'impôt de solidarité sur la fortune et que de l'autre côté, il fait rien pour les travailleurs sinon les enfoncer. Donc c'est pas un truc qui est nouveau Monsieur Macron, il a une certaine constance dans son parcours et là-dessus on peut lui reconnaître une cohérence.

Moi j'invite les Français maintenant à être conscient et confiant dans leurs forces. Ils sont puissants. Si jamais il y a pas eu une majorité à l'Assemblée les semaines dernières pour voter ce projet de loi, c'est parce que les Français se sont bougés depuis des mois, parce que les députés de la majorité et les Républicains, ils se sont mis à trembler dans leurs guiboles.

Donc maintenant, il faut que ça continue et que demain, les Français, ils soient sur les blocages, qu'ils soient dans les manifestations, qu'ils continuent, qu'ils se disent que la force est de leur côté. La force est de votre côté, c'est vous qui tenez le pays debout, c'est vous qui nettoyez les bureaux, c'est vous qui êtes dans les incinérateurs comme ici et et c'est vous qui à la fin allez gagner si tous ensemble on se bouge. Voilà le message que moi je veux passer à monsieur Macron très clairement aujourd'hui.

Euh François Ruffin, une chose encore sur sur les les risques de de débordement, la la mobilisation, Emmanuel Macron est revenu sur ses ses propos qui avaient peut-être interpellé à la veille de cette cette interview. Euh il a recontextualisé euh sa phrase sur sur la la la foule. Euh il il a quand même euh vous apaisé les les apaisé les choses euh Emmanuel ?

Ouais, l'apaisement Je vous l'ai dit, il y a trois chemins, il a le référendum, la démission ou le retrait. Tout ça, tout ce qui pourra être dit comme promesse en l'air, ne participera pas à l'apaisement profond du pays. Et aujourd'hui, il y a Emmanuel Macron mène une stratégie du chaos.

Il il y a là-haut, il est l'homme qui veut le chaos. Il veut que, alors qu'il a des interlocuteurs responsables avec les syndicats, vous imaginez ce qu'il arrive à faire monsieur ? Il arrive à faire l'union de François Ruffin, Laurent Berger, Charles de Courson, LENA situation.

Tous ces gens-là qui sont d'accord pour dire que cette réforme, on n'en veut pas. Et à la place d'avoir des interlocuteurs responsables comme les syndicats, il les humilie, il les néglige et résultat, ça produit du débordement. Et je pense que c'est un choix profond du président de la République, ce choix du chaos.

Merci beaucoup François Ruffin d'avoir été en direct avec nous. Merci à vous.