2eme EPISODE DE DÉSIR SUR CANAPÉ ! avec Prisca Thevenot : Du choc au combat !
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
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Bienvenue dans Désir sur Canapé, le podcast où nous explorons le désir d'enfant et les chemins vers la parentalité. Dans ce podcast, [musique] nous parlerons de PMA, d'adoption, de dons, de grossesses inattendues, mais également des accidents de parcours ou encore des parcours qui n'aboutissent pas vers l'enfant, mais qui pourtant nous construisent. Dans ce podcast, nous parlerons de toutes les émotions qui existent
[musique]
et qui nous traversent avec bienveillance, sincérité, comme dans une véritable séance de psy, [musique] comme dans mon cabinet, pour pouvoir mieux comprendre, écouter, mais surtout épauler [musique] ceux et celles qui traversent parcours si difficiles. En désir sur canapé, ce sont des personnalités publiques acteurs, journalistes, chanteurs, [musique] politiques qui viendront vous partager leur histoire pour que vous puissiez mieux vivre la vôtre.
J'ai le plaisir d'accueillir dans ce nouvel épisode Priscat Tevnau, député des Hautes Scèes, ex-pte-parole du gouvernement de Gabriel Atal, ex-ministre mais surtout aujourd'hui une grande militante de la santé des femmes et puis la maman de deux petits garçons. Bonjour Priska, bonjour Débora. Merci beaucoup d'avoir accepté de venir ici. Alors, on va pas mentir aux auditeurs, on se connaît très bien. On mène des combats ensemble. Donc dans la vraie vie, on se tutoi. Donc aujourd'hui, on va se tutoyer. Allez, merci beaucoup en tout cas d'être là. Merci à toi pour ce moment. Ça fait du bien aussi de prendre le temps de se poser pour raconter.
Alors, on va raconter aujourd'hui et bien ton histoire, ton parcours, ton désir d'enfant. Et j'allais te dire, je vais te laisser en premier vraiment dans un premier moment toi expliquer cette histoire-là. D'où commence ce désir d'enfant ? Quand est-ce qu'il naît dans ton esprit ? C'est on remonte à loin a priori parce que je connais un peu l'histoire. Et puis je vais te laisser dérouler ça et puis après on va revenir sur des moments de ce parcours là. Et bien de façon assez simple, je ne pourrais pas te donner un moment précis où ce désir d'enfant est arrivé chez moi puisque je crois qu'il a toujours existé. Euh je me suis toujours projetée, petite avec des enfants, entouré d'enfants.
Je je me suis jamais posé la question en fait, sauf qu'elle s'est posée à moi. De quelle manière ? sans que je le demande sur une première une des premières consultations gynécologiques que j'avais eu, j'étais très jeune puisque j'ai été une jeune fille très tôt vers 10 ans et demi à peu près. Et comme les mois passant, je n'étais pas régulière de façon assez simple, mes parents, mais ma mère et mon père m'ont dit "Bah, il faut consulter, c'est important et cetera." Et sans que je ne comprenne trop pourquoi ni comment, au fil des examens et d'une éème prise de sang, ma génologue de l'époque me dit un peu à brûle pour point.
Donc tout ça, j'ai à peu près 11 ans 12 ans, me dit à bulle pour ah bah dis donc les résultats sont pas très bons, ce qui est pas très grave donc on va faire en sorte que vous soyez régulière mais vous n'aurez pas d'enfant ou en tout cas vous allez avoir du mal. Et puis après elle me dit ça coûte temps la consultation machin. Ça s'est à peu près passé comme ça. Cette consultation tu es avec un de tes parents ou tu es toute seule ?
Ma ce qu'on faisait c'est que mes parents ma en l'occurrence que c'était ma mère ou mon père je sais plus étaient dehors et comme ça je pouvais faire ma consultation euh normale si j'avais des questions et cetera de façon assez simple mais je crois que c'était ma mère ma mère était dehors dans la salle d'attente. Donc elle n'entend pas ce qu' dis à ce moment-là, elle entend pas. Et donc moi je prends cette information-là, je je suis vraiment une gamine hein. Quand j'y reprends, je suis une enfant. Un truc que je n'avais pas demander qui me tombe comme ça mais vraiment comme un passe-moi le sel et puis sans accompagnement, sans rien que je ressors un peu sonné.
Euh j'en parle un peu comme ça à ma mère en sortant en disant "Tu sais ce qu'elle m'a dit ? Elle m'a dit ça." C'était ma mère en me disant "Mais tu sais ce qu'elle m'a dit ? Elle m'a dit ça." Et ma mère ne comprend pas vraiment parce que c'était pas l'objet en plus du rendez-vous.
me dit mais non mais puis elle me dit mais n'importe quoi pas en banalisant mais presque en se disant que j'ai peut-être pas compris et puis je creuse pas et l'information était tellement violente que je l'ai enfoué mais je l'ai gardé et donc j'ai grandi avec ça en évitant soigneusement d'avoir le moins de rendez-vous possible avec un médecin pour éviter cette réalité que je garde et tu le débora encore un peu aujourd'hui que j'ai 40 ans, j'ai beaucoup de mal à spontanément aller voir un professionnel de santé alors que je dis à tout le monde qu'il faut y aller parce que j'ai toujours peur d'avoir une information à laquelle je ne suis pas préparée et qu'on m'aurait donné sans plus m'expliquer pourquoi ni m'assurer un suivi.
Donc ça laissa un traumatisme en fait. Ah ben je l'ai encore. Je l'ai encore ce traumatisme et et donc j'ai grandi mais littéralement grandi avec ce sujet-là qui m'a poursuivi longtemps. Donc voilà. Et alors qu'est-ce qui se passe derrière une fois qu'on on nous dit ça ? Comme tu le dis très justement c'est dans la tête et dans un coin de la tête. Bon, ça ça prend pas tout l'esprit mais ça existe. Mais quand on quand on commence à avoir des histoires d'amour, on rencontre des gens et qu'on se dit peut-être que je pourrais me projeter avec quelqu'un, qu'est-ce qui se passe dans ta vie ?
On se construit quand même avec ça, avec le principe que ben on aura pas d'enfant et je ne savais pas vraiment pourquoi en plus hein, mais je n'aurais pas d'enfant et puis c'est un professionnel de santé qui vous dit ça donc forcément. Et puis alors bon, les amours faisants, on se projette pas forcément avec chacun de ses amoureux, hein. Mais à un moment quand le sujet se pose réellement, ben très vite avec la personne qui est mon mari aujourd'hui, elle sont obligé de même dans le début de la relation de le dire. Il y a une angoisse, on se de la réaction de l'autre. Ben en tout cas, il y a une volonté d'être transparent.
Et donc très rapidement, je lu dis attention, moi je préfère te dire, je sais pas où toi tu en es par rapport à moi dans la relation. Ce qui est un peu étonnant en plus dans sa façon de se construire dans une relation, mais je dis en tout cas, il faut que tu saches que si jamais ça devient sérieux avec moi, tu n'auras pas d'enfant de façon naturelle avec moi. Et puis ce qui devait à la conversation se fait et tout de suite, il me dit "Mais tu sais, il y a plein de manières d'avoir des enfants pas forcément naturels." Et donc ce qu'on va faire pour te montrer que c'est sérieux, on va choisir un prénom, une fille et un garçon.
Et comme ça, ça sera bah un jour on aura un enfant, ça sera les prénoms. Et donc un un des prénoms c'était Paul. Mon premier grand garçon s'appelle Paul. Donc voilà, c'est rassurant quand il y a cette discussion et qu'il a cette réaction quasi immédiate de dire "Ben moi, je suis capable de me projeter de m et une manière en fait." Oui. Et puis je pense que c'est important aussi de le dire parce que il y a un tabou qui est quand même un peu important, c'est que je sais pas si on a honte, on est gêné mais on le dit pas spontanément. Moi je sais que même mes copines, j'en ai jamais parlé avec elle.
Alors qu'on peut se dire euh on peut se parler du "Ah b tu on peut se parler de d'histoire d'amour, on peut se parler de problématique au travail, on peut se parler de d'un tas d'objets d'un tas de sujets personnel, mais celui de la maternité et ou de l'infertilité, c'est quand même un énorme non dit dans notre société. Et j'ai envie de vous dire, c'est pas grave parce que d'une c'est un sujet comme un autre. Euh c'est un sujet sur lequel on peut avoir pas mal d'aide en plus et c'est un sujet sur lequel on peut discuter comme plein d'autres sujets. Et c'est ce que c'est ce que j'essaie de faire aujourd'hui notamment aussi avec toi, c'est de dire ben parlons-en.
On aura peut-être pas de réponse surtout mais on aura un accompagnement. Tu le dis très justement puisque là tu parles comme la militante que tu es. Mais la Priska qui un jour son compagnon et pose la question, tu le dis toi-même. C'est pas une évidence de le dire. En effet, ça devient compliqué de l'en parler puisqu'il y a quand même eu un silence de 10 ou 15 ans autour du sujet depuis que tu le sais jusqu'au moment où il y a cette discussion. Et au final, quand j'ai ré quand j'ai décidé que c'était aussi le temps pour moi d'en parler, j'en ai parlé. J'en ai parlé. J'en ai parlé à à un professionnel de santé qui était qui est devenu mon gynécologue. D'ailleurs, ils sont ils sont deux.
Euh de façon extrêmement simple, posée. J'ai eu du coup dès l'instant moi j'accepte d'en parler. J'ai eu un accueil juste exemplaire exemplaire. Et ben ça enlève un poids monstrueux. Ça enlève un point. Je pense que c'est ça aussi de savoir de pouvoir en parler, de pouvoir le dire. Pas besoin de dramatiser. C'est déjà suffisamment compliqué comme ça. Et puis on se rend compte surtout qu'on n'est pas seul d'une pour être accompagné et malheureusement dans cette situation là. Qu'est-ce qu'il te disent ? Tu tu dis très justement ces deux médecins, ils sont exemplaires, ils vont m'aider. Qu'est-ce qu'il te disent par rapport à ce qu'on t'a diagnostiqué à un moment donné ?
Donc sur lequel il y a même pas de nom d'ailleurs. Oui. Est-ce que ça prend un nom ? Est-ce que ça prend une forme à ce ? Oui, c'est c'est le SOPK. Donc ça a été dit après. On m'a dit bah on va alors tout de suite, je me souviens très bien, premier rendez-vous, c'est pas dramatique. Alors rien que d'avoir je me souviens en plus relevé sa tête parce qu'il m'avait refait des examens et cetera. me dit "Mais c'est pas dramatique.
Bon, on va on va accompagner, on va voir." Euh et puis je me souviens de sa deuxième phrase, c'était "Mais sinon ça va ?" Et je dis "Ah bah non, parce qu'en fait on va le faire ensemble." Et en fait rien que de dédramatiser le sujet qui est quand même un sujet complexe, j'étais accompagné enfin et je suis accompagnée des professionnels de l'infertilité. Euh et en fait rien que de dédramatiser, de direz on va on va y aller ensemble étape par étape, ça fait du bien.
Ça fait vraiment du bien par rapport et ça ça m'a fait le sujet de ben de cette phrase qui est restée quand même importante euh du comme si c'était un coup prêt qu'on m'avait imposé puis d'un seul coups ça ça sorte on permet d'en parler, on dit pas que forcément on va avoir une solution en tout cas on dit qu'il y a un chemin et donc ça c'est très agréable. Donc cette petite phrase, elle devient un mantra pour le parcours qui suit. Et il ressemble à quoi ce parcours-là ? Une fois qu'on a dit c'est un un SOPK, alors pour ceux qui ne le savent pas, donc le SOPK c'est le syndrome des overpystiques quand même qui touche une femme sur 7 en France.
Je pense c'est important de le dire euh qui est malheureusement met à peu près 7 ans pour un diagnostic à peu près même chose que l'endométriose. Donc c'est pasin, c'est une des premières causes d'infertilité en France. Une fois qu'on a le mot, qu'est-ce qui se passe pour toi derrière dans ce parcours là ? Ben moi, il y a tout simplement le le sujet. Donc c'était à peu près euh 1 an avant mon mariage et puis après euh mon gécologue me dit "Bah quand vous est-ce que vous avez un désir d'enfant tout de suite ?
Enfin, je l'ai toujours eu mais est-ce que vous voulez un enfant maintenant ?" Mo je suis pas non, je suis jeune mariée, je commençais un nouveau job, j'avais 28 ans, je me suis dit bon et il m'a pas mis la pression.
jamais dit eh ma chérie déjà que ça va être un peu compliqué ton truc si en plus voilà si en plus tu veux prendre le temps de réfléchir mais tout de suite bon bah pas de souci et voilà et puis je me enfin c'était pas très longtemps avant que j'apprenne que j'étais enceinte je pense alors j'arrive même pas encore à savoir s'il y a un oubli de pilule pas la pilule et cetera, je sais pas je prenais la pilule à l'époque et puis s'avère que je tombe enceinte à peu près un an après ce fameux rendez-vous Je fais un test de grossesse, je l'appelle, il me dit "Bon, pas de précipitation, tu vois comment ça est, où çaen est, tu fais une confirmation quand même par une prise de sang." C'était pile au moment des vacances du mois de juillet.
Mais dit "Tu as prévu de partir ?" Je dis "Oui oui, écoute, manière mon numéro, pars tranquille mais bon si jamais ça tient pas, c'est pas grave. En revanche, tu as un problème, tu me dis." Donc il me dit quand même prends avec toi des examens de santé si tu vas en dehors en dehors de France. Et puis on se voit à la rentrée pour voir ce qu'il en est. Donc en plus même sur ça entre guillemets sans se le dire, on se dit entre nous que ça va pas tenir. Mais comment tu l'accueilles du coup cette il y a à la fois la belle nouvelle de cette grosse inattendue mais il y a aussi un peu le coup près. Ça peut ça peut s'arrêter.
Oui mais c'est arrivé et en fait dans notre échange c'est plutôt ça quand même c'est arrivé donc sans que tu le veuilles en plus c'est arrivé. Donc pour moi, c'est déjà une super nouvelle et on l'accueille dans notre échange comme ça. Donc déjà ça fonctionne au moins sur une partie de l'étape quoi. Voilà. Donc je pars en vacances et il me dit euh je lui dis je très bien, je lui dis je le dis ou pas ? Il me dit fais comme tu le sens. Dit peut-être vis-le déjà, vivez-le entre vous déjà.
Et comme on part en vacances, on se dit "Bon, l'été passe, je reviens et donc le pile le jour où j'ai rendez-vous euh pour avec lui pour voir où ça en est, mais j'ai des saignements." Donc j'étais dans la salle de bain, je bon, j'ai un peu la réponse de ce qui va se passer quoi. Puis j'arrive puis alors hop là, il y a un nombre de kistes, on voyait pas en fait, il ne voyait pas. Mais je vois rien, je vois rien, je vois rien, je vois rien, je vois rien. Et puis finalement on voit mais il y a quand même beaucoup de kisses. Puis il me dit "Mais non, c'est encore là." Je me dis pas c'est encore là, mais la grossesse est là.
Et donc c'est ben il faut quand même que tu ailles faire une certaine échographie et cetera pour savoir où ça est parce qu'il y a quand même beaucoup de kistes mais vraiment beaucoup. Bon mais il y a toujours pas le c'est pas la joie mais on dit c'est encore là. Bon, étape après, comme il m'avait dit quelque part euh un an avant, étape après étape et euh juste je me souvens j'allais prendre parce que c'était un autre dans un autre cabinet pour faire cette euh cette échographie un peu spéciale. Je me souviens plus du nom hein, je le dis assez simplement et je me souviens que j'étais dans la voiture en train de me garer.
Juste en descendant, je vois qu'il m'avait essayé de me joindre et je prends il me dit juste pour info, en général on les le professionnel te fait entendre le cœur. Peut-être qu'il va te pas te demander. Il me dit préviens juste si toi tu as envie ou pas d'entendre. Et rien que ça c'est pas anodin pour une grossesse dont on sait pas si elle va rester. Je rentre dans ce cabinet et je dis au professionnel juste alors moi je lui dis du coup comme je savais je lui dis bah je ne veux pas entendre le cœur. Euh et le professionnel semble m'entendre mais bon il me dit bah oui la grossesse est encore là compliqué on verra.
et il me fait écouter alors que tu as indiqué que que tu ne le voulais pas et que mon gynéco m'avait dit attention tu peux demander à ne pas l'entendre parce que manière il le voit donc tu as pas besoin forcément tout à fait bon je dis rien là je suis là bon pas cool mais vraiment pas cool c'est pour ça que je dis aussi il y a la relation humaine qui est importante dans ce dans je suis pas en train de dénoncer ce professionnel de santé mais je te fais une demande je vois pas en quoi elle est pas respectée respecté donc je rentre je fonds alarme dans ma voiture et spontanément je j'ai créé à ma mon gynécologue par mail, je lui dis "Si un moment vous avez une minute dans la journée juste pour que je vous en parle" et il m'appelle dans la journée entre deux rendez-vous il me dit "Bon, c'est pas grave, c'est pas grave.
Bon en tout cas tu as entendu hein, pas grave tu vois tu vois ça fonctionne hein." Et toujours ce côté positif, toujours ce côté positif. Qu'est-ce que ça fait chez toi au moment où tu entends le cœur ? Alors que en effet tu dis "Je ne le veux pas". Tu l'entends ? Qu'est-ce que ça produit ? Peut-être un espoir qui va être douché très rapidement. Et donc ça c'était dur en fait alors que jusque-là je vivais cette grossesse, ce début de grossesse comme ben ça c'est possible même si ça dure pas c'est pas grave. Et là, je me suis dit en fait non, là ça y est, j'ai entendu comment je vais accepter si ça dure pas, ça devient réel. Et voilà.
Et bon bah finalement ça a tenu euh un petit guerrier, ça a tenu euh et ça s'est passé. Euh mais du coup, j'avais écrit au professionnel, j'avais dit je lui avais écrit un mail, je lui avais dit "Faites attention quand il y a une demande après ça peut arriver, vous avez pas fait attention mais dites-le à ce moment-là. Hop ! Je savais pas. Mais moi, vous m'avez fait entendre, vous m'avez rien dit. Vous m'avez vu presque en larme sur votre truc. Vous avez enfin c'est important, on vient, on n'est pas des machines, vous n'êtes pas une machine, il y a besoin d'une relation importante surtout quand vous savez que vous avez un dossier qui est pas évident.
Et euh et donc j'avais répondu et le professionnel avait répondu aussi en me disant "Oui, effectivement, je prends note." Donc je pense que c'est important aussi de dire quand il y a des loupés. Oui, c'est important. Et et surtout d'abord pour soi et puis le professionnel et puis pour le professionnel pour qu'il puisse éventuellement évoluer parce qu'il avait peut-être pas pris conscience de l'importance à ce momentl ou de l'histoire qu'il y a autour.
et il avait reconnu enfin je vous parle d'un truc quand même qu'il y a 12 ans maintenant ça a beaucoup évolué en si peu de temps mais il y a 12 ans ce que je suis en train de dire c'est un ultra tabou hein moi c'est parce que j'étais soutenue par mon gynéco que je me sentais la capacité de dire les choses sans manque de respect et juste en disant bah voilà aujourd'hui ça paraît complètement fou de se dire ça mais c'est heureusement que ça a quand même beaucoup évolué et donc je fais ma grossesse d'une façon extrêmement étonnante mais d'une d'une zénitude absolue. Tout se ce qui devait être une devait être compliqué de rentrer dans la grossesse finalement l'it.
Ce qui devait être une grossesse quand même sous vigilance finalement s'avère à ne plus l'être. Euh et puis ben je vis pleinement cette grossesse, même peut-être trop pleinement puisque je prends plus de 28 kg. [rires] Il fallait la montrer ? Non, il fallait la vivre. J'étais bien. J'avais pas envie de me freiner. J'avais envie et puis je me disais ça sera peut-être ta seule grossesse en fait. Voilà ce que je me disais à l'époque. Donc je vis cette grossesse pleinement en ayant de temps en temps peut-être aussi peur de plein de choses. Je me souviens prendre un dodan en voiture pour moi c'était ah on sait jamais. Enfin vra je dis des trucs qui paraissent complètement dingu mais en vrai non.
J'avais peur. Non parce que la majorité des femmes ont des angoisses et il y a rien d'idiot dans ces angoisses. J'avais ma témoin de mariage qui avait perdu un bébé à 7 mois de grossesse. Donc en fait voilà toutes ces histoires là. J'ai pas vécu dans une surprotection, mais j'ai fait très attention. Euh, c'est-à-dire que même là récemment, j'ai une très bonne amie qui m'a annoncé sa grossesse. Hop, tous les automatismes sont revenus juillets. Alors là, tu vois le B9, le machin, tout est revenu automatiquement quoi. Et j'ai dit, je te fais pas ça pour te mettre une pression, mais juste pour te dire, j'ai eu cette pression, ne te la prends pas forcément mais vis-le pleinement.
Et donc moi, oui, j'avais pris plus de 28 kg, je crois. Franchement, c'était génial. Oui. Alors ma grossesse, on pouvait pas la on pouvait pas la cacher, je peux vous dire franchement. Mais mais voilà. Et donc j'ai vécu cette grossesse. Mais vraiment ça a été un moment mais [grognement] j'ai adoré être enceinte, adoré. Mon accouchement s'est plutôt bien passé, même très bien passé en vrai. L'après coup, non. Étonnamment, je devais être la femme la plus heureuse du monde.
J'avais un bébé en bonne santé, un mari ultra bienveillant qui était là, qui a pris à l'époque plus que son congé de paternité qui n'avait pas encore été augmenté d'ailleurs parce que c'était en 2014 mais qui avait pris, qui était disponible et cetera. Et en fait, j'ai fait une dépression pass partout assez violente qui n'avait pas encore de nom euh parce que je savais pas ce que c'était vraiment.
Euh et en fait, je me suis retrouvée avec peut-être ce trop plein euh de bah tout va bien et cetera, mais en fait je suis fatigué, je ne comprends pas ce qu'il y a à mon bébé parce qu'il avait euh il avait un problème pas un problème mais un truc assez fréquent chez les petits garçons de de système digestif pas encore bien formé. Donc il vomissait beaucoup, il prenait pas beaucoup de poids mais au-delà de ça c'était normal. Euh et donc euh donc j'ai fait une vraie dépression parom, une bonne vraie bonne dépression parom. Donc voilà, comment tu comment tu arrives à à t'en rendre compte ? Parce que certaines femmes ne se rendent pas compte au bout d'un moment qu' rendu compte après coup.
C'est après coup. Ouais, je m'en suis rendu compte au bout d'un an parce qu'en plus on peut pas le dire. Euh pour tout le monde, on a la vie parfaite. On a un un mari qui vous aime. On a un enfant alors qu'on peut pas censé en avoir. Tout va bien, on a un job, enfin tout roule. Et en fait, non, tout roule pas du tout. Moi, par moment, j'avais juste envie de dire "Stop, je suis pas heureuse en fait les gars." Mais comment vous dites ça à des gens qui considèrent qu'en fait tout va bien. Donc, je n'en ai parlé à personne, même pas à mes amis. Je n'en parlais pas à mes amis. Même encore aujourd'hui, je crois que je leur ai pas vraiment parlé. Non pas parce qu' découvrir. Oui.
Et puis parce que c'est fait maintenant. En revanche, la seule personne avec qui j'en parlais vraiment, c'était avec mon mari qui m'a accompagné, qui m'a aidé, qui a accepté le fait d'avoir une personne en face de lui qui lui dit "Tout va bien dans ma vie mais je suis pas heureux." Et euh et ça c'était cool. Et même je vois que du coup ma relation avec mon bébé a pas été la même qu'avec parce qu'effectivement j'ai eu la chance d'avoir un deuxième enfant après qu'avec mon deuxième. Euh qu'est-ce qu'il y a de différent dans cette première grossesse ? Ben parce queen fait pas la grossesse. La grossesse, les deux étaient vraiment parfaites.
Dans ce premier médicace dans cette deuxième maternité, sur la première maternité, je m'en voulais auprès de mon enfant. C'est un sentiment de culpabilité qui ne vous lâche pas en se disant "J'ai la chance de t'accueillir. Tu es un bébé parfait." Exemple mais vraiment parfait. C'est un bébé parfait qui faisait ses nuits à 2 mois qui enfin franchement top qui rigolait tout le temps, qui soyait tout le temps. Enfin franchement top et moi j'étais pas bien. Et donc c'est un double sentiment de culpabilité en fait et on s'enferme, on se replie un peu. C'était voilà.
Et et donc oui, sur ma 2uxème maternité, comme j'étais un peu plus au fait de tout ça, il y a des choses que je voulais faire différemment, mais je l'ai vécu différemment. Euh mais euh mais voilà, encore plein de sujets tabou où on a le droit de dire ça va pas. Et je vous parle d'un truc d'il y a 12 ans. Donc oui, encore aujourd'hui, on dit oui, c'est normal de pas sortir de la maternité en étant super. N il y a 12 ans disait pas ça en fait. Faut fallait que ce soit parfait, fallait que ce soit génial, fallait que tout soit nickel et cetera. D'autant plus quand on était censé pas avoir d'enfants et qu'on en avait un.
Et c'est pour ça que je dis oui, il y a encore beaucoup de chemins à faire mais déjà acceptons qu'on en a fait un grand nombre de dire que bah ça va pas et c'est OK. Et c'est OK. On pouvait pas dire ça il y a 10 ans, il y a 12 ans. On navait pas le droit de le dire. Et cette deuxième grossesse parce que finalement la première elle est un peu miraculeuse, tout se passe formidablement bien. Bon hormis le postpartom mais il y a pas d'appréhension sur cette deuxième grossesse qui doit arriver alors que là on se dit est-ce que le coup de chance va revenir ? Est-ce que et puis comment je vais vivre après une fois qu'il sera là ?
Ben en fait la deuxième pour le coup j'avais arrêté la pilule en se disant bon pareil mon gynécologue me dit on verra et si tu as besoin ben on fera le chemin ensemble donc il me dit vi puis c'était les fêtes de fin c'était vers la fin d'année il me dit tu verras en fait la grossesse arrive assez rapidement donc pareil rebelotte oui on sait pas si ça va tenir ou quoi et en fait ça tient en fait ça tient donc c'est pour ça que je dis j'ai eu euh presque 15 ans de entre ce fameux moment dans son de ce cabinet médical à 12 ans jusqu'à mes 26 27 ans et puis 30 ans où j'ai cru que je ne pourrais pas tomber enceinte et finalement j'ai eu deux grossesses qui se sont très bien passées deux maternités qui avec leurs histoires chacune et heureusement se sont très bien passées mais aussi parce que j'ai eu un accompagnement qui me sécurisait en me disant si ça ne va pas au bout c'est on sera à côté on avancera et je pense que ce que je dois enfin si j'ai juste un truc à dire c'est tous les parcours sont pas les mêmes.
Toutes nos façons d'intégrer nos parcours d'ailleurs ne sont pas les mêmes. On a le droit de réagir différemment d'une d'une histoire à l'autre et c'est normal. Et ce que j'ai envie de vous dire c'est plutôt de dire c'est OK, acceptons-le mais acceptons d'en parler. Donc oui, ma deuxième grossesse s'est super bien passée. Je n'ai pas pris 28 kg cette fois. Je me suis dit c'est bon, on va arrêter. Euh j'ai euh j'ai été un peu plus maître de de mon accouchement parce que bah je l'avais vécu la première et que donc là je voilà, je je voulais être un peu plus acteur du sujet. Euh je n'ai pas eu de dépression postpartome euh et mais parce que j'avais vécu l'autre.
Enfin voilà, on apprend aussi ce qui est normal. Euh mais voilà, je pense que c'est ça qui est important. Si j'avais un truc, on avait déjà parlé toutes les deux, mais si j'avais un truc à que j'aurais aimé peut-être changer, c'est de pas rester dans mon ON dit pendant 15 ans, de pas grandir avec ça parce que parce que encore aujourd'hui, j'ai un rapport euh euh au sujet et c'est pour ça que je suis engagée sur la santé des femmes parce que moi-même, j'ai pas encore fait peut-être l'introspection de tout ça à titre perso. C'est pour ça que je suis très engagée pour les autres, très engagé pour les autres. Mais je si j'avais un truc à changer, c'est pas dans ce nom dit pendant 15 ans.
Est-ce que j'emporte encore aujourd'hui des micros petites séquelles quoi. Oui, mais qui sont essentiels. Qui sont essentiel qui sont essentiels puisqu'il s'agit de s'occuper de soi aussi. Exactement. Je vais pas le redire mais je le dis à tous mes patients, il faut s'occuper de soi. C'est indispensable, n'est-ce pas ? Qu'est-ce que ça change parcours là, cette complexité là ? tout ce que tu viens de nous raconter euh très je dire très humainement. Qu'est-ce que ça change dans ton parcours de vie ? Est-ce que ça a changé quelque chose ? Oui. Est que ça t'a changé ?
Ouais, je suis moins attentif sur ces sujets là au regard des autres parce que je me dis pas, c'est pas que je m'en moque, c'est que je me dis pas qu'à priori je vais être jugé. Je me dis qu'à priori, je vais être aidé maintenant et que s'il y en a qui ont envie plutôt de juger, passe autre chose et que et que je me dis que c'est pas bien sûr qu'on a des j'ai des amis très très proches qui sont là qui aident, qui accompagnent, qui que j'aide aussi et que j'accompagne et puis d'autres moins mais c'est pas grave en fait. Tout l'enjeu c'est plutôt de pas considérer qu'à priori on sera jugé. Et c'est ça. Donc on peut dire toute la journée, il faut briser les tabous. Briser les tabous. Ouais.
En fait, faut surtout dire vous serez par défaut aidé. Soyez rassurés parce que par défaut vous serez aidé. Simplement dire parler. Ouais. Enfin ok, si je parle et que ma parole est pas accueillie euh je te racon Non, parle pas en fait. Non, on sera accueilli parce qu'aujourd'hui les mentalités en tout cas dans notre pays ont énormément évolué. L'accompagnement s'est fait, les endroits où cette parole peut être accueillie le sont et donc je pense qu'on est dans une société mature et mure pour pour accueillir ces paroles sur l'inferalité, sur l'infertilité, sur la parentalité en général et et quand je dis parentalité, c'est maternité et paternité. Les deux un c'est important.
euh et que je pense qu'aujourd'hui, ça y est, la France est prête. Donc euh soyez rassurés, allez-y. Vous aurez toujours toujours une capacité à être entendu et accompagné. Donc ce combat que tu mènes aujourd'hui, c'est un peu une conséquence de tout ça. Bien sûr, c'est une conséquence de tout ça. Euh je j'ai pu faire des erreurs. J'espère que d'autres les feront pas. Euh moi je vois qu'il y a beaucoup de gens qui parce que je je gère moi-même mes réseaux sociaux qui m'écrivent en message privé en me disant "Ah ben ça alors j'ai aussi bien des papas, des mamans, des femmes, des hommes. J'ai aussi beaucoup de grands-parents qui m'écrivent." Pour quelle raison des grands-parents ?
En me disant "Bah moi, mon fils ou ma fille ou mes enfants sont dans des parcours pas forcément évidents. Ils osent pas en parler. Moi, ils m'en ont parlé. Mais euh mais du coup, merci de dire que c'est pas évident et je pense que c'est ça qu'il faut aujourd'hui pouvoir dire. Euh on a cette capacité à pouvoir en parler globalement, pas forcément auprès de celles et ceux qu'on croit d'abord a priori, mais de façage générale et euh et je pense que notre société est prête vraiment, elle est prête.
Alors, on arrive presque au bout de notre entretien, mais j'aimerais que tu prennes un petit temps face caméra pour bah soutenir ceux qui sont en difficulté aujourd'hui ou qui sont dans des parcours un peu compliqués. Qu'est-ce que tu auras envie de leur dire ? Qu'est-ce Comment tu auras envie de les aider aujourd'hui ? Déjà de dire bah déjà de te remercier pour créer ce moment, on peut se parler, on est en plus on est à l'aise, on est confortablement assise. C'est très agréable [rires][souffle coupé] déjà dire il y a pas de fatalité.
Euh il y a absolument pas de fatalité dans la capacité à pouvoir parler de parentalité dans tout ce que ça veut dire aussi bien quand on est une femme que quand on est un homme aussi. Et vraiment, j'insiste parce que la parentalité ne doit pas se rés doit pas se résumer à simplement le corps de la femme. C'est quelque chose qu'on doit pouvoir parler qu'on soit une femme ou un homme. Et ensuite dire et bien dans la société dans laquelle on est, c'est-à-dire la société française, euh tous les modèles de famille sont acceptés et acceptables et à accompagner.
Donc parlez-en soit à des professionnels de santé, soit et ou d'ailleurs à des associations, à des collectifs, à des personnes comme des Boras qui peuvent vous aider. Et moi je peux le dire assez simplement sans tout dévoiler, mais que j'orienté un certain nombre de personnes qui avaient aussi besoin de temps en temps de poser les valises et de pouvoir en parler chez Débora. Je pense que c'est ça aussi qu'il faut dire. euh on n'est pas forcément euh censé euh tous penser la même chose, tous voter de la même façon, mais en revanche, on doit être en capacité de tous s'accompagner et de s'écouter sans ce juger. Et donc euh je pense que le réceptable que tu es en train de créer permet cela.
Et moi, j'ai envie de vous dire surtout faut dire merci à Débora de le faire. [rires] [souffle coupé] C'est adorable. Mais c'est pas de moi dont on parle aujourd'hui. C'est Oui, mais c'est important. Oui, mais c'est important aussi de dire que on n'affronte pas tous ces sujets là si on est tout seul. D'accord. Et on n'est pas forcément en couple déjà. On a le droit de vouloir aborder la parentalité sans être en couple et c'est heureux. Et donc on a le droit de trouver une aide ailleurs, que ce soit dans sa famille proche, des amis proches ou ailleurs. Et ça c'est OK aussi de le dire. Merci beaucoup Priska pour ce moment.
Donc comme vous l'entendez, on a eu beaucoup d'humanité, une histoire fort complexe mais en même temps fort heureuse et puis qui donne un combat extraordinaire. Je le dis, je le soulligne parce que c'est rare [musique] les gens qui s'engagent sur la santé des femmes aujourd'hui, on est de plus en plus nombreux mais c'est encore très compliqué. Donc merci infiniment. Écoutez, j'espère que cet épisode en tout [musique] cas vous aura touché comme moi il me touche parce que c'est un combat que nous menons. Je vous dis à très bientôt et surtout n'oubliez pas, nous sommes très nombreux, comme vous l'avez constaté, être concernés par cette question.
Donc nous on se retrouve dans un nouvel épisode de Désir sur [musique] canapé. Je vous dis à très bientôt.