Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewC à vous· 30 mars 2026 9 min

2027 : G. Darmanin plaide pour un rassemblement jusqu’à la gauche

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

"ni de gauche ni de gauche", comme disait F.Mitterrand. C'est "on se tourne vers la droite, on travaille ensemble et on lutte contre ceux qui veulent une union des droites". - A.-E.Lemoine: Dans "Le Parisien", hier, G.Darmanin va plus loin.

Il dit que le rassemblement pourrait aller jusqu'à la gauche, que l'arc est très large. C'est le grand écart? - M.Wesfreid: C'est une nouveauté née avec les municipales.

On a vu que la gauche était encore en plein psychodrame. On a vu qu'ils s'étaient rabibochés avec les insoumis le soir d'une élection. On sent qu'il y a des électeurs déboussolés.

On voit, à la fois dans la bouche de G.Attal et dans celle de G.Darmanin, l'idée qu'il y a un vivier au centre gauche, que R.Glucksmann n'est peut-être pas aussi solide que ça.

On a des appels du pied. Quand on lit l'interview du "Parisien", il a plus de thématiques adressées à la gauche que ce qu'il dit d'habitude. Il s'est toujours positionné comme étant très dur sur le régalien et en même temps, d'une sorte de gaullisme social sur sa gauche.

Là, il parle de l'héritage. Il demande si c'est normal qu'aujourd'hui, les gens ne puissent pas vivre de leur salaire et que le patrimoine soit si important. On sent qu'il se dit qu'il y a des voix à aller chercher. - A.-E.Lemoine: Lui aussi pense qu'il faut en passer par une primaire contrairement à G.Attal et E.Philippe? - M.Wesfreid: Il y est favorable.

La question, c'est que la primaire a du plomb dans l'aile. Les autres candidats, mieux placés que le ministre de la Justice, n'en veulent pas. E.Philippe n'en veut pas.

C'est normal, il est favori. Quel intérêt pour lui de se mettre dans une compétition avec d'autres? La primaire, en général, c'est l'arme des faibles.

Vous n'êtes pas le favori et vous demandez une compétition. Vous vous dites que vous pourrez peut-être vous révéler et que tout le monde ira derrière vous. - P.Cohen: L'effet Fillon. - A.-E.Lemoine: Ou A.Juppé. - M.Wesfreid: 30 mars 2016, 13 mois avant la présidentielle de 2017, un sondage Cevipof pour "Le Monde" montre un A.Juppé très largement en tête.

Dans les intentions de vote, on n'a pas un certain E.Macron, qui n'est même pas testé. Ces sondages sont des photographies très importantes parce qu'elles pèsent sur le débat mais ne sont pas prédictives. - A.-E.Lemoine: G.Larcher plaide pour la primaire.

Il a un argument: le temps presse. L'avantage de la primaire, c'est de gagner du temps. - S.Quéméner: On regarde ce qui s'est passé les années précédentes.

Tous les processus de sélection qui se passent au mois de janvier dans une présidentielle ne donnent pas d'élan suffisant. V.Pécresse, qui se souvient du peu de temps qu'elle a eu pour mener campagne...

Elle a pressé les uns et les autres pour dire "attention à laisser du temps au candidat, quel qu'il soit". Pour l'instant, il n'est pas question de primaire, mais l'idée est qu'il y ait un candidat de la droite et du centre, s'ils arrivent à leurs fins, avant la mi-novembre. Est-ce que G.Attal sera d'accord, si E.Philippe sort en tête des sondages, pour s'effacer?

C'est pas certain. C'est une démarche très incertaine. - A.-E.Lemoine: Le fameux comité de liaison avancé par G.Attal avec les autres formations du bloc central, ça a fait flop. - M.Wesfreid: Il a tendu la main et personne ne l'a saisie.

Il a tendu la main uniquement au camp Macron, au MoDem et aux amis d'E.Philippe. Il n'a pas tendu la main à la droite.

Il considère que la droite est ambiguë. Il y a une partie de la droite qui veut flirter avec le RN et l'autre qui regarde de l'autre côté. - P.Cohen: G.Attal se dit dorénavant social-démocrate. - M.Wesfreid: Il a vu cet espace-là à aller chercher sur sa gauche.

Ce comité de liaison, ce n'était pas une proposition folle. Le MoDem a dit que c'était pas le moment, qu'il y avait le problème en Iran, que les Français se demandaient combien ils allaient payer le prix à la pompe. E.Philippe, qui était le soir même au JT de France 2, a dit: "Ca existe déjà.

On se parle déjà." Fin de non-recevoir. Pour l'instant, le rassemblement a beau être brandi par certains, on en est loin. - A.-E.Lemoine: Où en est le bon sens qui présiderait à cette union? - S.Quéméner: Ils se sont posés sur beaucoup de sujets.

Il faudrait qu'ils trouvent une ligne commune sur la retraite. Est-ce que c'est les 67 ans brandis par E.Philippe à un moment?

Sur tous les sujets sociétaux, ils ne sont pas d'accord. On sait que B.Retailleau défend la ligne de F.Fillon de l'époque, c'est-à-dire une forme de libéralisme conservateur ou de conservatisme libéral.

Il n'est pas sur la ligne de G.Attal. Le problème, et c'est ce qu'ils vont devoir prouver sur les programmes, c'est de montrer qu'ils ne sont pas uniquement contre le RN et que leur seul moteur n'est pas la trouille.

La question va être de savoir ce qu'ils proposent aux Français, comment proposer un macronisme 2.0. C'est pas tout à fait le macronisme, qu'ils proposent.

Les anciens du PS ne sont pas compris dans cet arc tel que présenté aujourd'hui. Effectivement, il y a la question de que dire et que proposer aux Français. Il ne suffit pas d'avoir un super candidat.

Il faudra dire quelque chose. - M.Wesfreid: On pensait qu'après ces municipales, ce serait un sprint.

On se rend compte qu'il y a pas mal de candidats, à commencer par E.Philippe, le favori, qui ralentissent. Il a annulé un meeting. - P.Cohen: Il est reporté. - A.-E.Lemoine: Sous prétexte de marathon de Paris... - M.Wesfreid: Certains ont dit qu'ils ont mis en avant le fait qu'il y avait la guerre en Iran.

Certains se disent que c'est pas le moment, que les primaires vont peut-être s'enliser. On n'en parle pas, mais à gauche aussi, c'est mal parti. Ce n'est donc peut-être pas le bon moment d'aller tout de suite sur les idées.

Là, on pensait qu'il y allait avoir une accélération. Tout à coup, tout le monde se regarde, à part G.Attal. - P.Cohen: Il a reculé la parution de son livre. - M.Wesfreid: C'est toujours le 28 avril.

Il a prévu derrière une tournée en Afrique, un grand meeting en juin. Il est le seul à accélérer. Est-ce que ce pari tactique sera le bon, c'est-à-dire de foncer au moment où tout le monde se regarde et se dit que c'est trop tôt?

E.Philippe est favori. Le problème des favoris, c'est qu'ils ne veulent pas faire de fautes.

Ils attendent, regardent, se disent que c'est peut-être pas le moment. A trop vouloir attendre, c'est dangereux. - P.Lescure: A gauche, il fait peu de doute que J.-L.Mélenchon sera candidat.

Au PS, J.Guedj a annoncé vouloir se présenter à la présidentielle. Hier, sur France 3, une primaire pour désigner un candidat, c'était pas sa priorité. - J.Guedj: La primaire, c'est secondaire.

On essaie de départager des candidats quand on ne sait pas s'ils sont d'accord sur l'essentiel. Vous voyez le piège dans lequel on tombe. A parler de la primaire, il faut décider si c'est un conclave, un tirage au sort, un sondage, un chifoumi...

Je veux que les gens se mettent d'accord sur une orientation politique, d'abord. - P.Lescure: Pour revenir aux sondages, en dehors de J.-L.Mélenchon, c'est la candidature de R.Glucksmann qui semble se détacher, mais de très peu. - S.Quéméner: Quand on regarde R.Glucksmann, il est sondé entre 10,5 et 12,5 %.

Il était plutôt optimiste. La gauche est très dispersée dans notre sondage. C'est aussi parce qu'on a pris une candidature écolo, etc.

Pour l'instant, on n'a pas encore la photo exacte. - M.Wesfreid: L'autre enseignement de ces municipales, c'est que ceux qui poussaient à gauche pour une primaire, c'est-à-dire O.Faure et M.Tondelier, sont les grands perdants de cette séquence.

O.Faure, on a vu les bisbilles avec LFI. M.Tondelier, comme patronne des Verts, a perdu plein de villes.