Vaccination des salariés, plan de relance, déficits, suppression de postes chez Michelin... Le "8h30 franceinfo" de Geoffroy Roux de Bézieux
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:00OuverteRéponse partielle
Après une année noire pour l'économie française, après deux confinements, est-ce que vous estimez que la reprise économique est en train tout doucement de pointer le bout de son nez en France ?
- 1:43OuverteRéponse directe
L'année dernière, le PIB a plongé de 10%. Merci, table sur une croissance de 6% pour 2021. Est-ce que ça vous semble réaliste ?
- 2:26OuverteRéponse partielle
Vous dites que ça dépend en partie de la campagne de vaccination. On est en train de la réussir, cette campagne, pour l'instant, après 10 jours ou pas du tout ?
- 2:59RelanceRéponse partielle
Parce que c'est ça, une journée de perdu de vaccination, c'est une journée de perdu aussi pour la reprise ?
- 3:59RelanceRéponse partielle
Vous dites que le gouvernement s'est planté sur le début de la campagne de vaccination. Ce sont vos mots, Jean-François Roude-Bézieux. Qu'est-ce qui n'a pas marché ?
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Pour aller plus vite, est-ce qu'il faut justement accélérer les... Penser, mettre dans la boucle les entreprises pour qu'elles accompagnent cette campagne de vaccination ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:22Invité politiqueFait
« Vous avez 15-20% qui souffrent et ceux qui souffrent, alors pas la peine de les nommer, vous les avez devinés, c'est hôtellerie, restauration, etc. sont en train de s'enfoncer parce que, évidemment, mois d'ouverture ou semaine de fermeture, pardon, après semaine de fermeture, ça devient de plus en plus difficile. »
- 1:02Invité politiqueChiffre
« Vous avez vu ces chiffres sur l'épargne qui grossit, l'épargne des Français, qui grossit de plus en plus chaque mois parce qu'on ne dépense pas. »
- 1:30Invité politiqueFait
« Elle n'a d'abord pas été en récession sur l'année 2020 et elle semble repartir de ce qu'on voit des commandes. »
- 2:41Invité politiqueChiffre
« On est passé, je crois, de quelques centaines de cas à 5 000 hier. »
- 3:30Invité politiqueChiffre
« 850 morts hier. »
- 3:51Invité politiqueChiffre
« On est à moins 9, moins 10 cette année. Les Allemands sont à moins 5, moins 6. »
- 6:42Invité politiqueChiffre
« Vous avez des entreprises, Axa France, je le cite parce qu'on en a parlé hier, qui vaccinent, pardon, 25% de leurs salariés. »
- 10:26InvitéChiffre
« Près de 3 millions de salariés ont eu recours à l'activité partielle en novembre dernier. »
- 11:11Invité politiqueFait
« Les aides baissent à partir du 1er février sur le chômage partiel de droit commun. »
- 23:49Invité politiqueChiffre
« Le marché automobile français c'est moins 25% on est revenu au niveau de 1975 en vente de voitures. »
Temps de parole
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Bonjour Jean-François de Bézieux. Après une année noire pour l'économie française, après deux confinements, est-ce que vous estimez que la reprise économique est en train tout doucement de pointer le bout de son nez en France ?
Je crois que c'est un peu tôt pour le dire. La situation de reprise, elle est très contrastée. Vous avez d'un côté, on va dire, 80% de l'économie qui tourne à 90-95% de sa capacité, avec même quelques secteurs qui marchent bien. Et puis vous avez 15-20% qui souffrent et ceux qui souffrent, alors pas la peine de les nommer, vous les avez devinés, c'est hôtellerie, restauration, etc. sont en train de s'enfoncer parce que, évidemment, mois d'ouverture ou semaine de fermeture, pardon, après semaine de fermeture, ça devient de plus en plus difficile. Donc parler de reprise, je crois que c'est assez prématuré. Tant qu'il n'y a pas, comme a dit Emmanuel Macron dans ses voies.
Non, vous savez, l'économie c'est psychologique, c'est de la confiance collective. Et tant qu'on a cette incertitude devant nous, collectivement, que ce soit les entrepreneurs, mais aussi les salariés, aussi les consommateurs, c'est très difficile de se projeter. Vous avez vu ces chiffres sur l'épargne qui grossit, l'épargne des Français, qui grossit de plus en plus chaque mois parce qu'on ne dépense pas. Donc la consommation se tient à moins, je ne sais pas combien c'est, au mois de décembre. Enfin, il y a eu un peu de reprise par rapport à novembre, mais parler de reprise aujourd'hui me paraît prématuré. Alors mondialement, par contre, c'est différent.
C'est un des problèmes, c'est que l'Asie, la Chine est repartie. Elle n'a d'abord pas été en récession sur l'année 2020 et elle semble repartir de ce qu'on voit des commandes. Vous savez, les chiffres chinois sont sujets à discussion, mais quand on regarde les commandes, les vraies commandes, vous voyez, en dur, c'est-à-dire les commandes d'automobiles, de pièces, etc., oui, c'est reparti.
Alors ici, en France, l'année dernière, le PIB a plongé de 10%. Merci, table sur une croissance de 6% pour 2021. Est-ce que ça vous semble réaliste ?
J'allais dire, même réponse. Je suis désolé de vous dire, je ne sais pas. Je sais que ce n'est pas terrible de dire ça à la radio. Ça va vraiment dépendre de la vitesse à laquelle on vaccine, la vitesse à laquelle cette épidémie s'arrête. Ce qui peut rendre optimiste, c'est un, le vaccin, deux, le fait qu'il y a une forte saisonnalité, on le voit bien, de cette épidémie. Et qu'on peut se dire que quand les températures vont monter au mois de mars, d'avril, enfin, dans cette période-là, au printemps, les choses vont repartir. Donc, plus 6, ça paraît réaliste à ce stade. C'est tout ce qu'on peut dire.
Vous dites que ça dépend en partie de la campagne de vaccination. On est en train de la réussir, cette campagne, pour l'instant, après 10 jours ou pas du tout ?
Bah, écoutez, moi, je fais le même constat que 95% des Français. Non. Alors, heureusement, hier, ça a accéléré. On est passé, je crois, de quelques centaines de cas à 5 000 hier. Donc, l'ouvainement a l'air de changer le cap. Mais il s'est quand même planté au départ. Il y a 30 millions de Français qui sont prêts à vacciner, si on en croit les sondages. Et je ne suis pas sûr que les autres... Parce qu'un Français sur deux, oui. Oui, et je ne suis pas sûr que les autres ne soient pas prêts à se vacciner. Ils attendent de voir. Donc, il faut y aller à fond. La vaccination, c'est la solution numéro un, parce que ça crée une immunité collective et ça permet de travailler.
Et donc, plus il y aura de gens vaccinés, entre ceux qui ont déjà eu le Covid et les gens vaccinés, plus on se rapproche du moment où on retrouvera une vie...
Parce que c'est ça, une journée de perdu de vaccination, c'est une journée de perdu aussi pour la reprise ?
Alors, c'est d'abord une journée de... C'est une journée, il faut quand même dire les choses dans l'ordre, une journée de perdu pour des vies. Des gens qui n'auraient pas été vaccinés qui vont mourir. 850 morts hier. Exactement. C'est d'abord ça, la vaccination. Mais évidemment, c'est aussi une journée de perdu par l'économie. Et c'est là où les chiffres qui ont circulé la semaine dernière étaient terribles. C'est par rapport aux autres. Parce que si nos voisins vaccinent plus vite, ça veut dire qu'ils repartiront plus vite. Et on a déjà eu un confinement plus strict. Vous vous souvenez un des chiffres. On est à moins 9, moins 10 cette année. Les Allemands sont à moins 5, moins 6.
Donc on risque aussi d'avoir ce phénomène de perte de part de marché et de compétitivité.
Vous dites que le gouvernement s'est planté sur le début de la campagne de vaccination. Ce sont vos mots, Jean-François Roude-Bézieux. Qu'est-ce qui n'a pas marché ? Il n'a fait pour l'instant que suivent les préconisations d'un organisme indépendant qui s'appelle la Haute Autorité de Santé, qui avait dit que la priorité, ce sont effectivement les pensionnaires des EHPAD, puisqu'ils représentent à eux seuls un tiers des décès depuis le début de cette crise. On s'est trompé de cible ?
À la limite, moi, je ne suis pas le mieux placé pour savoir quelle est la bonne cible. Ce que je constate simplement, c'est-à-dire presque bêtement, c'est que des pays comparables avec le même type de population sont allés beaucoup plus vite. Comme l'Allemagne. Ne serait-ce que l'Allemagne ou d'autres. Donc, il y a des raisons pour ça. Est-ce que, ce que je crois comprendre, on a été, comme souvent, trop bureaucratique, avec ce fameux guide de 45 pages, le consentement...
Ça, c'est le guide pour les EHPAD qu'Olivier Véran s'est engagé hier à simplifier, raccourcir un point.
Pardon de le dire comme ça, mais le fait qu'il y a un certain nombre de choses qui ont été mises en place depuis 3-4 jours, on a simplifié manifestement le procès, ça montre bien qu'au départ, on avait pris trop de précautions. Et c'est vrai que je peux comprendre, puisqu'on a une énorme juridisation... Judiciarisation, merci de ces durs à dire des procès, ce qui a eu ces perquisitions, etc. Donc, il y a une espèce d'épée de Damoclès. Je pense que le gouvernement a eu peur. Moi, je ne peux pas me prononcer là-dessus. Mais, si vous voulez, à un moment, on ne peut pas dire qu'on est en guerre contre le virus et faire toutes les précautions qu'on fait en temps de paix.
Je crois qu'il faut aller plus vite. Donc, on a besoin de ce vaccin. Je le dis vraiment. On a besoin de ce vaccin. Et c'est vraiment un élément important de reprise. Oui, de reprise.
Pour aller plus vite, est-ce qu'il faut justement accélérer les... Penser, mettre dans la boucle les entreprises pour qu'elles accompagnent cette campagne de vaccination ?
Oui, les entreprises, elles peuvent faire deux choses. D'abord, elles peuvent aider leurs salariés quand ils veulent se faire vacciner. En Israël, par exemple, à 18h, les centres de vaccination sont ouverts pour les moins de 60 ans. Et les entreprises laissent partir les gens pour se faire vacciner. Donc, ça, nous, on est prêts à le faire le plus vite possible. Et elles peuvent aussi vacciner en entreprise. Vous savez qu'on fait plusieurs centaines de milliers de vaccins contre la grippe, plutôt dans les grandes entreprises. Ça, on ne pourra le faire, réalistiquement, que quand le vaccin AstraZeneca sera validé par l'Agence de santé européenne. Pourquoi ?
Parce que les doses de vaccins, c'est moins 70 degrés. Donc, ça réclame une logistique très compliquée à mettre en entreprise. Mais dès qu'on est... Alors, il y a deux conditions. Il y a ce vaccin. Et puis, le fait qu'on vaccine les gens plutôt de moins de 60 ans, puisque nos salariés, à priori, sont plutôt des gens jeunes et donc pas dans la cible prioritaire. Mais on est prêts à le faire. On le fait pour la grippe avec beaucoup d'efficacité. Vous avez des entreprises, Axa France, je le cite parce qu'on en a parlé hier, qui vaccinent, pardon, 25% de leurs salariés. Donc, ça marche. On sait faire. Donc, décentralisons, si j'ose dire. Donc, on fait confiance aux maires,
on fait confiance aux profets, on fait confiance aux chefs d'entreprise et aux salariés volontaires.
Oui, alors, bien sûr. C'est important de le dire. Volontaires et anonymes. Il n'est pas question pour nous de dire, toi, tu viens de travailler parce que tu étais vacciné. D'abord, c'est illégal.
Ni question que ce soit une forme de passeport sanitaire, c'est-à-dire que les vaccinés puissent, par exemple, revenir au travail avant les autres pour ceux qui étaient en télétravail.
Non, mais alors, sur le sujet du passeport sanitaire, qui est important, moi, j'y suis favorable, mais pour des usages bien précis. C'est-à-dire ? Par exemple, voyager à l'étranger, il va être probablement obligatoire dans certaines compagnies aériennes d'avoir ce passeport sanitaire. Donc, on va en avoir besoin. Certains cadres, alors, il y a moins de voyages, bien sûr, mais il y a encore des gens qui voyagent. Mais par exemple, on peut réfléchir à des événements professionnels sur une base de volontariat. Vous avez un salon professionnel. Obligation de montrer qu'on a été vacciné à l'entrée. Obligation, mais vous n'êtes pas obligé d'aller au salon professionnel, soyons clair.
Ce n'est pas une obligation de vaccin.
Donc, pour les salons professionnels, montrer qu'on a... Oui, je prends cet exemple parce que je pense que c'est un bon exemple.
C'est-à-dire que vous voulez, vous allez réunir 10 000 personnes du monde entier dans un salon professionnel. On peut leur dire, vous ne pouvez vous inscrire que si vous avez ce passeport sanitaire.
Mais pas d'obligation de vaccin pour l'entreprise, pour aller au bureau. Non, évidemment, non.
Mais encore une fois, je dis, c'est illégal. Les données sanitaires du salarié sont anonymes, et heureusement, et il n'en est pas question. Mais pour des usages précis qui permettent de relancer des activités,
pour aller au restaurant aussi, par exemple ?
Pardon ?
Pour aller au restaurant aussi, par exemple ?
Non, les restaurants, il me semble, c'est à discuter avec les professionnels, que là, c'est trop, si vous voulez, parce que c'est des activités du quotidien.
Vous entendez déjà les éventuelles réactions pour ressusciter une telle proposition de la part des anti-vaccins qui nous disent, certes, il n'y a pas d'obligation de se faire vacciner, mais si vous nous empêchez de partir à l'étranger, d'aller dans des salons, d'aller dans des réunions, c'est... Partir à l'étranger,
ce n'est pas moi qui nous empêche, c'est certaines compagnies aériennes qui vont l'imposer, c'est dans les tuyaux. Sur les salons professionnels, pardon, mais c'est... Enfin, je veux dire, c'est un acte volontaire, vous n'êtes pas obligé d'installer un salon. De toute façon, tous les salons, maintenant, auront une version virtuelle, sur Zoom ou autre,
et une version présentielle. Il est 8h42, le fil info, avec Mélanie Delonay, et on poursuit avec vous dans un instant. Geoffroy Roux de Bézieux.
La fermeture prolongée des restaurants, mais aussi le couvre-feu ou la campagne de vaccination au menu d'un conseil de défense sanitaire ce matin à l'Elysée. Il sera aussi question de la réouverture des remontées mécaniques. Le président de Domaine Schiable de France demande ce matin sur France Info au gouvernement de tenir son engagement et de rouvrir les pistes dès demain. Plus de 7000 personnes ont été vaccinées depuis le début de la campagne de vaccination en France, dont 5 000 hier. 500 000 doses du vaccin de Pfizer doivent être livrées dans la journée.
La moitié des enseignants de collèges et de lycées disent s'être déjà auto-censurés sur les questions religieuses pour éviter un incident. Autant ont déjà vu des élèves contester un enseignement pour des motifs religieux. C'est une enquête de l'IFOP pour la fondation Jean Jaurès et Charlie Hebdo. Aux Etats-Unis, c'est le contrôle du Sénat qui est en jeu et donc la possibilité pour Joe Biden d'appliquer son programme. Pour cela, les démocrates doivent remporter les deux sièges en jeu en Géorgie. C'est déjà fait pour l'un des deux selon des médias américains. C'est aussi aujourd'hui que le Congrès certifie le résultat de l'élection présidentielle.
Au même moment, les partisans de Donald Trump vont aller manifester dans les rues de Washington. France Info
Le 8.30 France Info Salia Brakia Marc Fauvel
Toujours avec le président du MEDEF, Geoffroy Roude-Bézieux. Près de 3 millions de salariés ont eu recours à l'activité partielle en novembre dernier. Beaucoup d'entreprises tiennent aujourd'hui car elles sont perfusées aux aides de l'État. Que va-t-il se passer quand ça va s'arrêter ?
Tout dépend de... Encore une fois, la citation me pendait. Pour ce qui est du chômage partiel, les aides baissent à partir du 1er février sur le chômage partiel de droit commun. Nous, on est assez à l'aise avec cette idée de continuer les aides entre guillemets quoi qu'il en coûte sur les secteurs qui restent fermés ou leurs fournisseurs. Il ne faut jamais oublier qu'il y a les secteurs fermés puis il y a ceux qui gravitent autour en quelque sorte et par contre de commencer à réduire progressivement sur le reste de l'économie qui tourne entre guillemets alors pas complètement à 100%.
Après, il y a un sujet important, c'est le mois de mars puisqu'on arrive à l'anniversaire des prêts garantis par l'État. Là, il faut commencer à rembourser. Alors, non, enfin non, oui et non au sens où il y a une possibilité de réétaler sur un an enfin d'avoir un moratoire pardon, d'un an supplémentaire et je pense qu'il sera fortement utilisé pourquoi ?
Parce que quand ça a été pensé il y a un an tout le monde se disait dans un an on sera sortis de la pandémie donc on commence à rembourser voilà, en réalité malheureusement on n'y est pas et donc il y a cette idée qu'on avait poussée auprès de Bercy et que Bruno Le Maire a mis en place qui est que on peut négocier avec sa banque enfin l'entreprise peut négocier avec sa banque la possibilité de reprendre un an de moratoire pour rembourser à partir de... On repousse ou on annule est-ce que toutes les entreprises vont devoir effectivement rembourser ce prêt ? Écoutez, un prêt ça se rembourse C'est comme la dette vous voulez dire ?
C'est comme la dette exactement Il n'y a pas d'exception pour les entreprises Non mais après il y aura des sujets individuels notamment dans ces secteurs-là qu'il faudra examiner au cas par cas J'ajoute un petit point un peu technique mais qui est très important c'est les notes Banque de France Vous savez les entreprises sont notées et c'est en fonction de ça qu'elles ont des crédits Or il va y avoir une série de notes Banque de France avec les bilans de 2020 qui vont être catastrophiques et ça c'est un sujet qu'on a porté aussi à Bercy pour essayer de travailler avec la Banque de France pour éviter qu'il y ait une espèce d'avalanche si vous voulez de dégradation de notes un peu automatique qui serait catastrophique Donc là j'y vais cet après-midi à Bercy voir Bruno Le Maire pour discuter justement de comment on fait pour éviter au mois de mars au mois d'avril une espèce d'avalance de faillites Vous savez que les faillites Alors justement
vous avez des chiffres sur ces faillites ?
Alors on a les chiffres de cette année et le paradoxe c'est qu'on est à moins 30% en nombre de faillites De cette année de l'année 2020 Les faillites ont baissé 30% par rapport à l'année précédente Mais c'est très artificiel puisqu'il y a eu beaucoup d'aides Il y a eu ces fameux prêts garantis par l'Etat Et donc la question c'est est-ce qu'il va y avoir une vague de faillites entre on va dire avril et l'été ? Très difficile de répondre Ce qui est sûr c'est que dans les fameux secteurs dont on parlait les 15-20% de l'économie il y en aura et il y aura une forme
de rattrapage malheureusement Alors il y a la question de ces prêts garantis par l'Etat et puis il y a la question plus générale du plan de relance les 100 milliards qui vont être investis par le gouvernement pour relancer l'économie Voici ce qu'on disait hier matin le président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand chez nos confrères de France Inter
Le plan de relance tel qu'il a été conçu voilà quelques mois excusez-moi il est aujourd'hui déjà dépassé La décision notamment qui visiblement sera prise de prolonger la fermeture des cafés et des restaurants il ne faut pas se dire oui mais ce n'est pas grave ils vont fermer certains mettront la clé sous la porte ils réouvriront et les entrepreneurs qui eux-mêmes se sont engagés personnellement ils vont se retrouver quoi en quasi-faillite ? Non ce n'est pas possible Le plan de relance est déjà dépassé ?
Non je ne dirais pas les choses comme ça même si ce que dit Xavier Bertrand n'est pas totalement faux c'est un plan de relance qui a été conçu pour réinvestir et réindustrialiser le pays avec un tropisme transition climatique ça ça reste complètement valable et d'ailleurs il a plutôt bien démarré dans les appels à projets etc.
mais moi je pense qu'il faut le compléter avant l'été avec un volet sur toute l'économie présentielle c'est-à-dire l'économie qui souffre et effectivement il faut qu'on ait il n'y a rien dans ce plan de relance pour les hôtels pour l'événementiel pour les stations de ski pour tous ces gens-là qui auront une année enfin ont eu une année 2020 catastrophique auront de nouveau une année 2021 catastrophique
donc il faut remettre plusieurs milliards d'euros sur la table il faudra remettre
des milliards d'euros combien je ne sais pas c'est vraiment des milliards et puis on se posera la question je le dis ça a été une discussion qu'on a eu longuement toujours avec Boïno Le Maire il faudra peut-être réfléchir à un moyen de faire sortir l'épargne les français
ce qu'ils peuvent en tout cas ont épargné assez massivement l'an dernier gale on parle de 200 milliards 200 milliards d'euros ce qui ferait si tout c'est ce qui n'arrivera pas évidemment si on débloquait tous les livrets A les codes des vies et tout le reste pour ceux encore une fois qu'ils peuvent l'équivalent de plan de relance comment est-ce qu'on incite les français
c'est une vraie question parce que si vous voulez ne faites pas pardon de dire les choses un peu trivialement ne faites pas boire un âne qui n'a pas soif c'est-à-dire que les français ils consomment quand ils ont confiance et s'ils ont placé cet argent
c'est sans doute qu'ils ont peur aussi de ce qui va se passer
ils ne voient pas l'avenir ce que je disais tout à l'heure donc ce deuxième volet du plan de relance je préfère appeler ça un deuxième volet du plan de relance il faudra qu'il y ait une dimension pour tous ces secteurs sévèrement touchés d'un côté et une réflexion sur la demande mais moi je ne suis pas pour un plan de demande massive type baisse de TVA pourquoi ? parce que ça favorise les importations il faudra plutôt réfléchir à des choses ciblées un chèque alimentaire comme l'a proposé alors chèque alimentaire c'est pas idiot
la FNSEA a dit banco c'est pas idiot
un chèque vert nous on avait proposé je ne sais pas si on ne se souvient pas des mesures qu'on a proposées en mai parce que tout ça c'est très à très matin le monde d'avant on avait proposé un chèque vert pour encourager souvent les produits verts sont plus chers pas forcément mais ça c'est souvent le cas parce qu'ils coûtent plus cher à produire donc il y a peut-être des idées à travailler plus segmentées que je baisse la TVA ou ce type de mesures
est-ce qu'il va falloir travailler plus pour sortir de la crise ?
alors si vous voulez la première question c'est comment on fait pour retravailler normalement puisqu'aujourd'hui on ne retravaille pas normalement
juste après l'épidémie
alors justement la question le débat il faudra l'avoir je pense pour la présidentielle parce que c'est là où ça va se cristalliser oui je pense qu'on a besoin de réfléchir à ça on travaille moins en France que la moyenne des pays de l'OCDE on travaille moins en fait en durée de travail dans l'année c'est pas Deryb Nobadaire qui compte c'est la durée dans l'année et puis on travaille moins tout au long de la vie et ça nous amène évidemment au débat sur la retraite alors vous savez il y a deux manières de raisonner il y a une manière que vous connaissez qui est de dire il y a des chômeurs il n'y a pas assez de travail pour tous donc on partage le travail
ça c'est notre question normalement si vous voulez bien vous laisser les questions on recrute massivement
et puis il y a une deuxième qui est celle qu'on comporte depuis longtemps et qui est quand même corroborée je ne veux pas trop polémiquer mais qui est corroborée par beaucoup de statistiques qui montrent que plus on travaille moins il y a de chômeurs dans un pays c'est mathématique le travail crée de la richesse la richesse crée de la protection sociale crée des impôts et crée du travail
donc vous êtes pour qu'on travaille plus plus longtemps au lieu de recruter massivement
pardon ?
au lieu de recruter massivement
car plus de chômeurs mais c'est pas au lieu justement c'est plus plus un pays produit de richesse plus il recrute plus il crée de travail mais si vous voulez travailler plus encore une fois c'est plus juste pour finir ce débat là
c'est plus au long de sa vie c'est repousser l'âge de départ à la retraite sur quel levier ? je crois pas que c'est le débat qu'il faille avoir maintenant vous l'avez ouvert il y a quelques semaines ce débat vous l'avez refermé aussitôt je l'ai ouvert il y a quelques mois sur la boîte oui on n'en parle plus jusqu'à la présidentielle
non mais on n'en parle plus pour une réforme on peut en parler c'est pas un tabou mais la vraie question c'est comment on fait tout de suite
pour retravailler là maintenant tous donc Bruno Le Maire se trompe quand il dit que par exemple la réforme des retraites qui est censée nous faire faire des économies est une priorité de la fin du gouvernement alors ça c'est une question c'est une question
du quinquennat du gouvernement on avait compris c'est une question dans la question c'est à dire on a creusé la dette massivement et on a creusé on a oublié tous les déficits des régimes sociaux assurance chômage sécurité sociale etc etc il y a là aussi deux attitudes possibles il y a celle j'aime beaucoup Arnaud Montebourg qui dit ben non on remboursera pas on annule une partie on annule une partie je pense que c'est fondamentalement une erreur parce que malheureusement heureusement c'est la réalité on nous prête de l'argent et si on nous prête de l'argent le jour où on ne rembourse pas on ne nous prêtera plus donc non on ne rembourse pas et donc comment on fait pour rembourser ben oui il faut commencer à donner quelques petits signaux et la retraite peut être une manière de rembourser une partie des déficits mais moi je ne suis pas pour remettre un grand débat sur la retraite avec l'aspect régime à points etc parce que ça c'est très anxiogène mais pourquoi pas pourquoi pas avant la fin du quinquennat faire par exemple ce qu'avait fait Marisol Touraine il y a maintenant trois ans c'est-à-dire augmenter les trimestres de cotisation parce que c'est une méthode assez juste ça prend en compte l'âge de début de travail donc c'est relativement égalitaire par rapport aux gens qui ont travaillé tôt ça ça peut être un débat qu'on peut avoir avant 2022
Geoffroy Roux-de-Bézieux président du MNF invité de France Info il est 8h52 le fil info avec Mélanie Delaunay
et cette annonce à l'instant de Michelin le fabricant de pneus va supprimer jusqu'à 2300 postes sur les 21 000 qu'il compte en France l'entreprise assure qu'il n'y aura pas de départ contraint pas de réouverture à l'horizon pour les restaurateurs mais le fonds de solidarité sera bientôt élargi le plafond va être relevé de 200 000 à 3 millions d'euros selon les informations de France Inter pour inclure les grands groupes d'hôtellerie-restauration il sera question des restaurants ce matin en conseil sanitaire de défense mais aussi des stations de ski et de la carte des zones où le couvre-feu a été avancé le premier ministre Jean Castex doit prendre la parole demain l'armée française assure que ces avions ont tiré sur un regroupement de djihadistes et qu'il n'y a pas de bavure dans le centre du Mali des villageois affirment au contraire que des civils ont été tués au cours d'une fête de mariage entrer dans le vif du sujet ce soir pour Raymond Domenech et Mauricio Pochettino les deux nouveaux entraîneurs de Ligue 1 de football le premier fera ses débuts sur le banc de Nantes qui affronte Rennes à la Beaujoire et le second sera à Saint-Etienne avec le Paris Saint-Germain France Info
Le 8.30 France Info Salia Braquia Marc Fauvel
Toujours avec Geoffroy Roude-Bézieux le président du MEDEF sur l'ouverture des commerces le dimanche en janvier pas de règles nationales mais des concertations et des décisions qui ont été prises localement est-ce que vous vous approuvez la méthode ou vous vous dites non en fait je regrette un peu
les débats de bord n'étaient pas été plus volontaristes parce que les commerçants ont énormément souffert l'année dernière même avant ils ont besoin de rattraper ce chiffre d'affaires quand vous fermez à 18h à Nevers ou dans l'est de la France c'est du chiffre d'affaires perdu le dimanche permet de rattraper parce que la consommation s'étale c'est en plus intelligent du point de vue sanitaire parce qu'il y a moins de monde concentré au même moment donc on aurait pu être plus allant tout le temps c'est des mesures exceptionnelles oui et ouvrir partout encore une fois c'est pas c'est pas le même débat que faut-il généraliser le travail le dimanche en temps normal on est vraiment dans du rattrapage et jusqu'à quand dans ce cas là jusqu'à qu'on puisse retrouver des horaires normaux par ailleurs parce que ce sera pas le cas là en janvier
mais est-ce que vous le demandez pour février
continuons oui n'oubliez pas que le couvre-feu à 20h ça a aussi des impacts sur tous les magasins puisque ça veut dire que les gens partent plus tôt donc ça fait moins de trafic donc moins de chiffre d'affaires donc moins d'emplois derrière
le protocole la règle du télétravail va changer à partir de demain pour tous ceux qui étaient en télétravail 5 jours par semaine à partir de demain il y a obligation de revenir au moins une journée par semaine si je refuse il se passe quoi ?
il n'y a pas d'obligation il y a la possibilité avec double volontariat
si je suis bien à la maison si je ne veux pas revenir si je n'ai pas de 3 et déconner
je ne les aime pas mais vous savez que pardon je reprends un tout petit peu en arrière d'abord je constate avec pas satisfaction mais quand même que par rapport au pari d'avril mai tout le monde disait le télétravail c'est formidable etc que ça soit côté syndical ou côté employeur on se dit attention il y a aussi des conséquences psychologiques d'isolement le télétravail c'est pas non plus l'alpha et l'oméga bon petit 1 petit 2 on a demandé mais des deux côtés côté employeur côté employé à ce qu'est cette soupape de sécurité c'est une soupape de sécurité c'est à dire le poste est télétravaillable il y a l'obligation sanitaire de le rendre télétravaillable et le salarié demande avec l'accord de l'employeur à revenir une journée par semaine
si je suis très heureux chez moi
si je veux continuer à télétravailler 5 jours par semaine est-ce que je peux le faire ? c'est le double volontariat et donc on ne peut pas obliger quelqu'un voilà exactement ça veut dire que
si le poste est télétravaillable depuis des mois je peux dire à mon employeur je continue comme ça oui mais je
vous avez vu les sondages vous avez une très grande majorité des salariés c'est quelqu'un qui n'est pas en télétravail qui vous pose cette question dans une entreprise
c'est difficile de dire à un employeur bah non même si vous voulez je veux pas revenir j'ai l'impression
que vous cherchez des cas qui n'existent pas pardon mais on a très peu de remontées les gens ont envie de revenir non mais c'est pas ça ça se passe bien vous savez madame Borne rappelez-vous au mois de novembre a débarqué dans quelques entreprises pour voir si etc etc mais est-ce que vous voyez remonter des cas oui il y a peut-être des cas épis-donesques d'entreprises où ça se passe mal où il y a des conflits sur le travail non et d'ailleurs on a signé un accord quasiment unanime au niveau national donc faites confiance au dialogue social faites confiance aux chefs d'entreprise et aux salariés
pour trouver des solutions sur le terrain Jean-François Roude-Bézieux le groupe Michelin annonce il y a quelques instants qu'il va supprimer 2300 postes en France dans le cadre d'un plan sans départ contraint précise le groupe de pneumatiques vous vous y attendez et est-ce que c'est le début de la vague dont on parlait tout à l'heure
écoutez c'est difficile de réagir à une actualité de ce type là simplement le marché automobile français c'est moins 25% on est revenu au niveau de 1975 en vente de voitures ça peut pas passer comment dire sans des conséquences sur les fournisseurs de ce secteur là donc je peux pas répondre spécifiquement sur Michelin ce qui est bien c'est que ça soit un plan de départ sans licenciement sec mais j'ai même pas eu la dépêche oui il y en aura d'autres on sait bien que dans l'industrie automobile l'industrie arénotique pardon quand les avions volent plus il y a un moment où il y a des conséquences et c'est on vient plus vite on repartira c'est à dire plus on évitera ce type de plans sociaux voilà 2300 suppressions de postes sur les 21 000 n'oubliez pas quand même que ces plans là parce qu'ils sont très médiatiques font la une de l'actualité mais que les suppressions de postes elles sont en volume elles sont pas là mais elles sont pas là c'est les non-embauches c'est les non-renaudements de CDD c'est les non-embauches d'intérimaires qui font l'essentiel des gens qui s'inscrivent au chômage merci beaucoup Geoffroy Roux de Bézieux président du MEDEF invité de France Info